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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:45
L'été qui brûle...

 

"Je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible."

Dans cet extrait de son oeuvre, intitulée L'été, Camus décrit avec lyrisme, les ruines romaines de Tipasa, dans une lumière éblouissante qui rappelle celle de l'été...

 

L'été, la saison des bonheurs ! Le mot même nous ravit et nous étonne par sa simplicité et son évidence...

Une dentale éclatante, une voyelle réitérée, et l'été nous offre sa briéveté, un temps si court, comme un éclat de vif argent, comme une brûlure soudaine.

L'été brille, s'anime, étincelle et s'évanouit, l'été nous emporte dans un souffle de lumières.
Parfums touffus de l'été, parfums intenses et prégnants, cigales enivrantes, aux échos sans cesse renouvelés !

J'aime l'été qui brûle, l'été fulgurant, l'été si fugace...
Ce mot si familier venu du latin "aestas" remonte, en fait, à un lointain ancêtre grec, le verbe "aitho", "brûler".

L'été associé à l'ardeur, à la brûlure, qui pourrait s'en étonner ?

L'été, saison des soleils éblouissants, des chaleurs torrides et intenses nous fait voir des incandescences d'éclats...
L'été brûle la peau, il dore les visages de splendeurs nouvelles, il apporte des teintes brunes.

La brûlure, c'est aussi "l'estuaire" qui semble bouillonner," l'éther" où l'air est plus pur et le rayonnement du soleil plus intense.

C'est "l'Ethiopien", au visage brûlé, "aithiops", en grec, l'homme au visage d'été.

Ces mots, "l'estuaire, l'éther, l'Ethiopien" sont formés sur le même radical ancien...

Et l'été évoque des images si variées de mer étincelante, de voiles tanguant sur les vagues miroitantes, de sables aux dorures ondoyantes...

Des embrasements de couchers de soleils, des ciels sombres couverts d'étoiles, des harmonies de bleu, des envols d'hirondelles, des jets d'eau qui se parent d'enluminures.

Des calanques aux falaises calcaires, des étourdissements de rochers qui descendent vers la mer, des écumes de blancheurs.

L'été fait resplendir des parfums, des couleurs, des rayonnements...

L'été nous ravit et nous emporte dans ses replis de lumières, il fait trembler les pins de bonheurs, il prolonge les jours et nous fait appécier des nuits apaisantes d'étoiles...



 

 

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commentaires

V
Salut rosemar<br /> <br /> tout comme fatizzo, je me suis ennuyee a lire l'etranger de camus.<br /> <br /> pas franchement palpitant le recit !<br /> <br /> Pour en revenir à l'ete, il touche à sa fin, les dahlias au jardin ont explose leurs couleurs sur une palette chromatique allant du rouge, au blanc, jaune et rose, tandis que les courgettes ne cessent de pousser dresssant un feuillage de plus d ' un metre dans lesquelles se cache un criquet qui joue une partition nocturne en solo.<br /> <br /> les tomates quant à elles feignassent sur leur pied, à desesperer ! Deux citrouilles orange et un gros concombre vert fonce se regardent de travers, en silence, la cohabitation forcee ne semble pas leur plaire, le melange des genre n'est pas profitable au jardinier, c'est note pour l'avenir.<br /> <br /> Je n'y croyais pas vraiment, mais en une saison le terrain ressemble a un jardin anglais luxuriant, un resultat qui depasse mes esperances. <br /> <br /> On a sollicite mes conseils recemment, je n'en revient pas. Une infirmiere que j'ai croise en allant au ravitaillement, m'avait appelee trois fois en masquant son no de sorte que si elle n'avait pas rapelle une 4 ieme fois, nous n'aurions pas pu discuter et echanger sur le jardinage. Elle a loue un grand terrain dans la commune ou j'habite, jouxtant sa maison, ou il faut commencer par debroussailler... un challenge qu' en pensez-vous ?<br /> <br /> bonne soiree
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R
De Camus, il faut lire aussi : La mort heureuse, Le premier homme, ou encore Noces, L'été... Un style fort et empreint de lyrisme à découvrir...<br /> Bravo pour le jardin d'été, vipère, malgré les tomates en détresse... Une belle réussite et une belle activité, pour une débutante, apparemment...<br /> <br /> Belle journée d'été, vipère
F
Joli texte en effet. Mais à propos de Camus, il y a quelques années j'ai lu "L'étranger", et je me suis terriblement ennuyé.<br /> Est-ce normal?<br /> Bises et belle soirée Rosemar
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R
L'étranger est un récit assez austère qui illustre la philosophie de l'absurde...<br /> Explication : http://commentairecompose.fr/camus/l-absurde-camus/<br /> <br /> Il faut lire Noces et L'été, des évocations pleines de poésie, de lyrisme et de sensualité.<br /> <br /> Bises de l'été !
R
Bonjour Rosemar,<br /> Bel hommage à Camus. Merci.
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R
L'été de Camus, c'est une invitation à la réflexion et au bonheur.... A lire et à relire...<br /> <br /> Merci pour ce message, Richard<br /> <br /> Belle soirée

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