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Les secrets du cagibi...

Publié le 09/09/2015 à 08:40 Par rosemar
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Les secrets du cagibi...

 



Le cagibi est un lieu particulier, un peu mystérieux et secret, dans une maison : on y stocke toutes sortes d'objets, de l'outillage, des cordes, des fils, des lampes.

Le mot intrigue par ses sonorités étranges, sa voyelle "i" redondante, sa gutturale initiale tempérée par la chuintante "g" et la labiale "b", un capharnaüm de consonnes variées, aux effets divers.

Le cagibi sombre, obscur suscite l'inquiétude, la curiosité, une envie de découvertes...

Le cagibi de la maison de l'Estaque était un étroit couloir qui débouchait sur une excavation plus grande, il était situé sous l'unique escalier de l'habitation et il offrait sa part de mystères.

Sur des étagères, étaient entassés des outils de bricolage, des objets mis au rebut, de vieux tableaux, des morceaux de tapisseries, des rouleaux de ficelles, tout un bric-à-brac hétéroclite.

Le couloir minuscule ne laissait guère de place pour la circulation, il fallait se lover dans la pièce avec précaution, pour éviter les obstacles des étagères.

La demi-obscurité qui régnait dans ce lieu, mal éclairé créait une vague inquiétude et contribuait, aussi, à l'étrangeté de ce réduit.

Au fond, dans l'excavation, on pouvait admirer une ancienne machine à coudre, avec pédale, une de ces machines aux décors de bois somptueux, telles qu'on les fabriquait, autrefois.

C'était le "clou" du cagibi, on pouvait s'asseoir, faire tourner le roue, écouter le bruit de la machine, s'essayer, même, à piquer quelques points.

Cette vieille relique  était une véritable oeuvre d'art : autrefois très utilisée, elle était devenue un objet de vénération, conservée par ma mère comme un souvenir du temps passé.
Sur les bords, des tiroirs recélaient des aiguilles, du fil, des dés à coudre, des boutons de toutes les formes et de toutes les couleurs.
Le bois marqueté permettait d'admirer des motifs géométriques, les tiroirs étaient ornés de ferrures ouvragées.

Une singer ! Un luxe ! 

Rien à voir avec les machines modernes d'aujourd'hui, laquées de blanc, électriques, sans socle, objets assez impersonnels.
Les machines à coudre d'autrefois étaient de véritables meubles en bois, des objets décoratifs, pleins de charmes et de secrets...

La roue, la pédale faisaient de cet engin un objet mystérieux et fascinant, même si dans les derniers temps, la machine ne fonctionnait plus vraiment, on pouvait en admirer tous les détails.

Le métal de la machine était, aussi, orné de motifs étranges, de ramages ondoyants, de feuillages dorés.

A côté, sur le sol, était posée une boîte à couture en bois qui se dépliait et laissait découvrir d'autres trésors....

Une boîte en acajou vernis qui contenait, aussi, des rubans, des boutons-pressions, des épingles à nourrice, des fils de cotons, de la laine.

Le cagibi recélait toutes sortes d'objets, mais le plus intriguant, le plus attirant, le plus mystérieux était cette machine à coudre qui ressemblait à un meuble antique ouvragé...

Placée au fin fond du cagibi, la machine à coudre était un objet de curiosité et d'admiration, elle fascinait par ses dimensions, ses pouvoirs, sa grâce.

 

 

 

 

 

Les secrets du cagibi...
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#souvenir #mots #arts #témoignage #passé
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Commentaires

L. Hatem 10/09/2015 16:03

Je ne me souviens pas d'avoir eu de tels cagibis... mais une machine semblable oui... j'avais 10 ans et ma mère a dû vendre la sienne non sans verser une larme... nous devions émigrer en Amérique du Sud pour suivre mon père...
Souvenirs, souvenirs...
Plein de bises rosemar

rosemar 10/09/2015 18:45

Oui, je comprends le chagrin de ta mère quand elle a dû vendre sa machine à coudre, un objet à la fois utile et plein d'élégance...
En fait la Singer sur les deux dernières photos n'est pas celle du cagibi, c'est une autre Singer, qui appartenait à mes grands tantes...

Bises, LH

L. Hatem 10/09/2015 16:05

D'après tes photos, la Singer n'est plus reléguée au cagibi mais tu l'a mise dans une place d'honneur...

fatizo 09/09/2015 19:41

On voit encore beaucoup de ces Singer de nos jours, mais avant tout comme objet de décoration.
Moi lorsque j'étais môme c'est le grenier que j'aimais le plus. J'y découvrais des revues anciennes, des objets des années 40 ou 50 que l'on utilisait plus.
Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 09/09/2015 20:58

Autrefois, on faisait des meubles solides et de qualité : c'était le cas pour ces machines à coudre... donc bientôt, un article sur ton grenier ??

Bises de l'été

ALEA JACTA EST 09/09/2015 11:18

Ah la Singer ! On en a eu plusieurs. Ma mère en a toujours une.J' aime la voir chausser ses lunettes et passer le fil à coudre sur ses lèvres avant de l' engager dans la machine...tout un savoir -faire que je ne risque malheureusement pas de perpétuer...
Bonne fin de journée l' amie

rosemar 09/09/2015 19:15

Et ces machines d'autrefois étaient des merveilles d'ébénisterie, je ne sais pas si ta mère a conservé son ancienne machine, avec un meuble en bois, car elles deviennent rares, ces vieilles machines : on peut maintenant transformer le socle en un meuble très décoratif... Quant au cagibi, c'est un lieu un peu magique et mystérieux : le mot lui-même suscite la curiosité, il est peut-être un croisement des noms "cabane" et "cage"... en tout cas, il a un air exotique !

Belle soirée, AJE

< L'élégance simple... Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction... >
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