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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 12:51
Pour fleur bleue...



 

 

Tout le monde connaît cette expression associée à un amour naïf et rêveur : "fleur bleue".

Charles Trénet en a fait une chanson où il énumère toutes sortes de bonheurs liés à l'amour, une chanson pétillante où le poète égrène des images et des sensations empreintes de charmes.

 

Sensation olfactive, d'abord avec "un doux parfum qu'on respire", puis sensation visuelle, grâce à "un regard qui vous attire"... à "deux grands yeux qui s'abandonnent", et enfin, une sensation auditive, dans l'évocation d'une "chanson qu'on fredonne..."

Le poète imagine un personnage de jeune fille qu'il appelle "fleur bleue", symbole de beauté, de séduction.


Le regard est souligné par deux fois, comme c'est souvent le cas, lors d'une rencontre amoureuse, et les "mots difficiles à dire" suggèrent une déclaration d'amour qui tarde à venir...


L'expression "fleur bleue" qui ponctue le texte renvoie aussi à un romantisme exacerbé et remplit de joie le poète : elle restitue une légèreté, une insouciance, un bonheur qui revient sans cesse...

Dès lors, on peut envoyer à "la belle" des messages d'amour sous la forme de "pneumatiques".

Le pronom indéfini "on" marque une généralisation, et comme une extension du sentiment amoureux.

Et forcément, le monde se transforme, grâce à l'amour : "les dimanches deviennent poétiques",  le poète met du "cosmétique" dans les cheveux, pour séduire la demoiselle.

Les serments d'amour rendent heureux...  sauf que , soudain,"fleur bleue" succombe aux charmes d'un autre personnage, "un dragon à moustache".

On assiste, ainsi, à un brusque renversement de situation exprimé dans un style amusant et familier, grâce au verbe "plaquer", à l'expression "c'est vache !", et au juron "morbleu !"

Le désespoir éclate, alors, dans des larmes renouvelées, ce que suggère bien la répétition du mot :

"Larmes aux yeux,
Larmes aux yeux,
Larmes aux yeux."


Solitude, désarroi sont évoqués, mais soudain, à nouveau, un coup de théâtre semble se produire : on croit voir réapparaître "Fleur bleue".

Mais, fausse joie ! Non, ce n'est pas elle, mais "une assez grosse dame". On passe de manière comique et caricaturale du rire au drame...

Les saisons se déroulent, alors, dans la monotonie, "sans fleur bleue", et la chanson, elle-même, devient "ennuyeuse".

Mais, tout cela ne prête pas à conséquence quand on est "fleur bleue" : le poète qui parle, enfin, à la première personne, affirme avoir toute une liste de "fleurs bleues".

Il fait l'éloge de ces "amourettes passagères" et "légères", ces "fleurs bleues".

Tout au long de cette chanson, Charles Trénet nous montre toute sa virtuosité et s'amuse de cette expression "fleur bleue", qu'il fait vivre et virevolter, avec légèreté.

Le texte parodique énumère tous les lieux communs associés au sentiment amoureux : sensations agréables, exaltation, coeur qui bat, désarroi, tristesse, émotions...


Le poète nous emporte dans un récit plein de rebondissements et d'inventivité, dans un tourbillon étourdissant de gaieté et de joies...

La mélodie dansante et sautillante nous entraîne, avec elle, dans un monde de plaisirs et de bonheurs simples...


 

 

 

Les paroles :

 

http://www.charles-trenet.net/chansons/fleurbleue.html

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fleur_bleue_(chanson)




 

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commentaires

Michel JEAN 16/05/2016 21:40

Qu'elle évidente parenté avec les textes de M.Trenet ?

Michel JEAN 15/05/2016 22:33

Pardon, Albert Bausil " Le coq catalan" où...?

rosemar 16/05/2016 21:04

Merci pour l'évocation de ce poète que je connaissais pas...

Quelques jolis vers :


"Mon pays, c’est la mer, la vigne, la montagne,
les cyprès bleus où les moineaux vont se blottir,
les pommiers du Conflent, les blés de la Cerdagne,
les cerisiers du Vallespir !

Mon pays, coiffé de ses tuiles vives,
c’est l’automne roux, clair et triomphal,
c’est l’hiver traînant des roses hâtives,
sous les chars joyeux de son carnaval ;

c’est le doux printemps de l’heureuse Albère
où l’on voit des bois de micocouliers,
des pêchers fleuris dans tous les halliers
et des mimosas dans les cimetières !"

Michel JEAN 15/05/2016 13:13

L'homme aux "cinq mille" chanson: V. Scotto, le Génial musicien: G. Gerschouïn (!), avec enfin le silencieux ou le diamant !!!, Busil le seul et l'unique: il fut à l'origine de ce qui deviendrai le " l'Ocean Trenet"ou pour d'autres " le fleuve Trenet".

rosemar 15/05/2016 22:11

Merci pour ces références connues sauf Busil ???

L. Hatem 15/05/2016 09:03

Rien que le poème est déjà magnifique...
Je vois que Trenet a une bonne place dans ton blog et ton coeur.
Bises du dimanche

rosemar 15/05/2016 22:13

Trénet mérite d'être revisité, car il a écrit et composé de très nombreuses chansons dont certaines sont peu connues.

Bises, LH

ALEA JACTA EST 14/05/2016 20:43

Une chanson réjouissante et aussi très moderne dans son écriture.Trenet sait nous résumer des situations en quelques mots...Il peint toute une palette de sensations vives avec une étonnante économie de moyens...
Au sujet de l' adjectif bleu auquel on peut donner plusieurs sens figurés, sache qu' en espagnol pour traduire le " prince charmant" des contes de fées,on utilise l' expression " principe azul" qui veut dire littéralement " prince bleu"...
https://es.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%ADncipe_azul
Bonne fin de soirée l' amie

rosemar 14/05/2016 22:06

On a presque l'impression d'un dessin animé, plein de gaieté... Trénet nous emporte dans un tourbillon de mots et de notes...
C'est joli, le prince bleu de la langue espagnole !

Belle soirée, AJE

Lapin37 14/05/2016 19:55

Bonsoir tous, rosemar, ah le bleu ! la couleur des preux chevaliers des légendes ! le bleu qui a créé le pays de cocagne ;-))) et ce Trenet follet ! je sais, je sais ce qu'il était dans une époque qui ne l'acceptait pas ! et c'est curieux mais ma mère, pourtant fervente catholique, l'aimait beaucoup et considérait que le jeune de 18 ans cause d'un procès l'avait bien pris au piège pour se faire de l'argent ! et autour de lui une vraie cour de rapaces !
Il voulait tant être à l'Académie mais pas question d'admettre un "histrion" ! on ne pouvait pas lui reprocher d'être homosexuel, l'Académie en a eu de notoires (et pires) ;-))) pourtant il l'aurait mérité car il a plus fait pour la langue française que d'autres, tel Giscard qui a "commis" un roman nullissime ! La Mer et Douce France faisaient partie des chansons les plus connues au monde !!!
Je sais qu'il est de bon ton de s'extasier sur les textes des rappeurs mais je continue d'apprécier les beaux textes de Brel, Brassens, Ferrat, Ferré ... et tous ceux que j'oublie !
Je vis de bonne soupe mais j'aime le beau langage ;-)))
Bonne soirée, bises et santé à tous.

rosemar 14/05/2016 22:03

Merci pour toutes ces évocations, Lapin : Trénet savait jongler avec les mots, créer des univers, nous faire rêver, nous amuser... il méritait l'Académie, oui. Il a dû lutter contre les préjugés de son temps et ce ne fut, sans doute, pas simple.
Vive le beau langage !

Bises, Lapin et bon WE

Michel JEAN 14/05/2016 16:44

Attention attention !!! Les maitres du Grand Charles c'etait pas des mouches ...

rosemar 14/05/2016 19:39

Là, je ne comprends pas... ??

Richard Schneider 14/05/2016 15:22

Bonjour Rosemar,
Trenet est, sans doute, "le père" de la chanson française "moderne". Brassens lui vouait une grande admiration, Bécaud le citait en exemple et Brel confiait à Jean Gorini (Europe 1 en 63 ou 64) que "sans Trenet, nous (c.à.d. les chanteurs de langue française) serions tous des épiciers" !
"La Folle complainte" est dans doute une chanson unique dans le répertoire de la chanson française ...
Bonne fin d'après-midi.
PS. J'aime bien aussi "Fleur Bleue" ...

rosemar 14/05/2016 19:38

Merci pour ces rappels... le répertoire de Charles Trénet est encore, pour moi, plein de surprises : tant de chansons à découvrir ! " La folle complainte", encore une chanson que je ne connaissais pas, elle est étonnante et plutôt mélancolique, dans un tout autre registre que Fleur bleue...

Bonne soirée, Richard

Michel JEAN 14/05/2016 14:32

Et puis celle-là encore: Là-bas dans le pré plein de marguerites/Comme un grand billard mangé par les mites [...] Les mouchoirs s'agitent et les pantalons/S'en vont frôler les jupons... Pétards ce mec. Dommage que certains aspects de sa vie aient été et soient si peu drôle . J'ai acheté depuis longtemps "Boum !" grâce à une femme très âgée ( rencontré sur l'hippodrome de Chant.) qui m'expliquait que quand elle a tout perdu son fric et le moral elle rentre à la maison et t'envoie trois coups de sono à fond dans la maison avec du Grand Charles -("sacré Suzanne ! ")- Trenet. Alors me disait-elle les em.....je les em..... (?).

rosemar 14/05/2016 19:34

"Sur le fil...", quelle virtuosité dans les images ! Je ne la connaissais pas. Merci pour cette évocation...

Voici la vidéo :

https://youtu.be/XlcAuYXkf-Q