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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 15:45
Pour toi tout seul je veux chanter...

 

 

Quand un chanteur s'adresse, directement et familièrement, à chacun de ses auditeurs, sans fioriture, pour délivrer un message d'amour, il compose une chanson pleine d'émotions et de tendresse.

"Un peu d'amour et d'amitié", tel est le titre de ce texte célèbre écrit par Gilbert Bécaud.

Le poète emploie la deuxième personne du singulier "toi", pour personnaliser son message.

Il s'adresse plus particulièrement à une personne "seule", qui "réclame un peu d'amour et d'amitié", et il lui déclare vouloir chanter pour elle seule.

Il établit, ainsi, un contact direct avec celui ou celle qui écoute sa chanson. "Pour toi tout seul je veux chanter"... déclare-t-il...

L'auteur imagine cet auditeur lointain qui écoute son "transistor", transformé en "complice", donc personnifié, ce qui permet de mieux établir le contact, malgré la distance.

Il laisse entrevoir un secret partagé, et imagine pouvoir "se glisser entre les ondes", pour apporter joie et consolation à l'auditeur.

Il évoque, alors, des situations où la solitude est plus particulièment présente : "Toi dans ton bateau sur la mer 
toi dans ton village lointain..."

Solitude du marin, ou de celui qui vit dans un village perdu : ce sont, là, les exemples les plus évidents de ces gens qui connaissent cet éloignement du monde.

Puis, le poète invite chacun à"poser son problème sur la table", expression concrète qui montre qu'on peut, si on le veut, oublier certains soucis qui paraissent insurmontables.

L'emploi de l'impératif, de la deuxième personne du singulier confère au message une familiarité pleine de sympathie.

"Tiens, pose-le là, sur la table Laisse passer, laisse passer... "

Le poète emploie, alors, une répétition insistante du mot "temps", pour montrer que le temps peut régler nombre de problèmes, grâce à la réflexion, la pensée.

Il rassure, aussi, son auditeur, en employant le futur de l'indicatif qui indique une certitude : "le temps te le règlera..."

D'autres conseils suivent : mieux vaut éviter les regrets, qui sont symbolisés par une belle image : "les soleils que tu as ratés". Et l'auteur délivre un message rassurant d'espoir : 
"Je te promets des soirs de fête 
Ah, mais ceux-là, faut pas les louper. "

Le langage familier suggère une proximité, une familiarité qui donnent confiance...

La chambre de l'auditeur est assimilée à "une île", image même de l'isolement qui suscite des larmes. Et le poète l'invite à sortir dans la ville pour trinquer et danser avec lui, comme le souligne l'emploi du pronom indéfini "on".

Il parvient, ainsi, à réunir tous les solitaires évoqués dans la chanson, puisqu'il faut trinquer, en pensant aux "marins sur la mer", "aux gars du village lointain"...

La mélodie lumineuse, pleine d'élan et d'entrain, nous invite à oublier nos chagrins, à aller de l'avant...


 

 

 

 

Photo : rosemar

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commentaires

Nos pistes cyclables 30/10/2016 04:28

Différence saisissante entre le jeune Bécaud et le vieux... La voix a changé.
Belle chanson.
Bises rosemar

rosemar 30/10/2016 21:27

Une belle chanson qui établit un contact avec l'auditeur, un texte chaleureux, oui.

Bises, LH

Richard Schneider 29/10/2016 16:30

Bonjour Rosemar,
Franchement, je trouve que Bécaud est injustement oublié, alors que je suis un inconditionnel de Brel, Ferrat, Trenet, Ferré, Brassens ... Certes, les intellectuels de gôche ne l'ont jamais apprécié - surtout à partir de 1965, quand il a chanté "Tu le regretteras". Certes, il n'a pas fait (en général) dans les "chansons à message". Mais il y avait - il y a - dans beaucoup de ces chansons une énergie, une gaîté, une fraîcheur qui n'ont pas échappé à Brel ou à Lama. Il y a aussi dans son répertoire quelques navets, comme chez d'autres. Mais, personne ne peut lui enlever ses talents de musicien - j'ai assisté deux fois à un récital Bécaud, et à chaque fois qu'il se mettait au piano pour interpréter Le Pianiste de Varsovie, c'était impressionnant (mélange Chopin-Bécaud) - ni ses talents de "chanteur de music-hall" - il faut l'avoir vu "jouer" Les Tantes Jeanne" ou "Les Cerisiers sont blancs".
Bonne fin d'après-midi.

rosemar 29/10/2016 21:25

Il est vrai que Bécaud souffre souvent de la comparaison avec Brel, Brassens. Merci pour cette évocation de la chanson, Tu le regretteras, un hommage à De Gaulle,que je ne connaissais pas. Merci, aussi pour ce témoignage : Bécaud sur scène était impressionnant d'énergie, d'enthousiasme.

Bonne soirée, Richard

Michel JEAN 29/10/2016 09:15

Dans cette immense Arène qu'était cette salle-Olympia les fantomes des émotions sont restés de partout imprimer, habitent à tout jamais ce lieu d'ami(e)s...

rosemar 29/10/2016 21:17

Un fidèle de l'Olympia, Michel ?

Michel JEAN 29/10/2016 00:53

Parfois je me demande si il ne faut pas être dans sa phase auditive pour arriver pleinement à apprécier de si belles paroles mais comme eles évoque tant d'images aussi par leurs côtés visuels toutes ses chansons ?/! Et puis il y avait cette chemise blanche avec cette cravate noire à pois blancs et cette serie de nasales et cette présence et derrière l'homme des très grands paroliers. Tous ces ingrédients étaient concentrés par la source Bécaud pour de grands moments, ("survoltés par le piano"), d'une magie qui restera trop innoubliable parmi les grands classiques de la chanson française. Encore un truc parait-il qu'à certains de ces passages le public devenait à L'Olympia complétement ravagé par toutes les émotions qu'il apportait dans les coeurs et les têtes ce que fort peu d'artistes avant et après lui ont réussie.

rosemar 29/10/2016 21:16

Monsieur 100 000 volts, c'était son surnom : pour ma part, je ne l'ai jamais vu directement sur scène, merci pour ce témoignage qui montre tout l'impact de Bécaud sur son public et la chanson elle-même témoigne de cette volonté de contact avec l'auditoire.

Bonne soirée, Michel

fatizo 28/10/2016 21:32

Bien sur je ne nie aucunement ses qualités de compositeur et de bête de scène mais je n'ai jamais trop accroché à Gilbert Bécaud.
Personnage peu sympathique, arrogant aussi.
Je me souviens d'une anecdote ou il disait qu'il faisait parti des 3 B de la chanson française, se mettant ainsi sur la même ligne que Brassens et Brel.
Pour ma part il est au moins un cran ou deux en dessous.
Et pourquoi bas Béart à ce moment là?
Bises et belle soirée Rosemar

Nos pistes cyclables 30/10/2016 04:40

Le pianiste de varsovie est tout de même magnifiquement jouée au piano et chantée...

rosemar 28/10/2016 22:04

La différence, c'est que Brassens et Brel écrivaient et composaient leurs chansons, Bécaud a fait appel, souvent, à des paroliers...
Bécaud, oui, était un homme de scène, de représentation.
Cette chanson est tout de même sympa, dans ce contact qui est établi avec le public.
Bises du sud

Michel JEAN 28/10/2016 20:11

C'est incroyable et pourtant "1€" que j'ai déboursé pour me payer les "100" plus belles chanson d'Or de M.G.Bécaud. À présent je ne m'en lasse plus. Il faut dire qu'avec Delanoë, Vidalin, Amade pour 1€ y a de quoi être bien heureux pour longtemps. Que de merveilleuses mélodies... Bonne soirée à tous.

rosemar 28/10/2016 22:00

De belles mélodies, oui, merci d'évoquer aussi les paroliers qui ont écrit pour Bécaud, leurs noms sont souvent oubliés.

Bonne soirée, Michel

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