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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 10:23
L'épiphanie remonte aux origines du monde...

 

 


 

L'épiphanie : voilà un mot plein de mystères et chargé d'histoire... Le mot "épiphaneia" remonte à la langue grecque où il désigne une apparition divine, parfois, aussi, le jour qui se lève et fait surgir la lumière.

 

Le terme a été, ensuite, adapté dans la religion chrétienne, il évoque la visite des Rois mages venus célébrer la naissance du  Messie et lui offrir des cadeaux somptueux : l'or, la myrrhe et l'encens.

 

La myrrhe, résine aromatique, baume cutané, symbole de vie, l'encens, résine aux senteurs divines, l'or si rare et précieux...

La myrrhe, l'encens, des mots mystérieux, emplis de poésie, suggèrent des trésors recherchés et prisés.

 

Melchior, Gaspard, Balthazar, venus d'Europe, d'Asie, d'Afrique rendent hommage au nouveau-né.

De nombreux tableaux représentent cette scène : peintures de Fra Angelico, Botticelli, fresques de Cappadoce, icônes byzantines, tant d'oeuvres qui suscitent l'imagination...

Les Rois Mages installés dans la crèche sont des personnages somptueusement vêtus d'habits et de brocarts colorés...

 

Mais, comme la fête de Noël, l'épiphanie est, à l'origine, une célébration païenne de la lumière...

 

Le mot rayonne : il symbolise, d'abord, une manifestation de la lumière qui renaît après le solstice d'hiver...

 

Labiale, fricative confèrent de la douceur à ce nom venu d'un lointain passé, douceur de la lumière qui s'annonce, douceur des jours qui grandissent et qui préparent un renouveau.

 

L'épiphanie remonte aux origines du monde : une envie de célébrer une forme de renaissance, un espoir attendu.

 

En ce début de l'hiver, quand les froids sont rudes et glacés, on aspire plus particulièrement à des horizons plus chaleureux. On guette, au fil du temps, la croissance des jours.

 

L'épiphanie renvoie, aussi, à l'enfance, à ce jour unique où l'on tirait les rois : de nos jours, la galette est devenue le quotidien de beaucoup de familles, au mois de janvier.

 

Mais, autrefois, on fêtait l'Epiphanie le 6 janvier : c'était un jour unique où l'on se réunissait devant la galette et où était élu le roi ou la reine de la fête.

 

En Provence, c'était une couronne des rois, garnie de fruits confits qui faisait office de galette... un rituel ancien qui s'est perpétué : les enfants sont invités à désigner le morceau de gâteau qui revient à chaque convive.

 

L'occasion de se réunir autour d'un dessert festif, l'occasion de couronner un roi ou une reine, celui ou celle qui a découvert la fève ou la petite figurine cachée dans la brioche...

 

Un rituel païen, malgré l'origine chrétienne de cette fête, un rituel sympathique, chaleureux...

 

Un rituel qui mérite d'être préservé, même si l'on n'est pas croyant.

 

Désormais, l'Epiphanie se fête souvent  le premier dimanche qui suit le 1er janvier : cette année, le 8 de ce mois... dès aujourd'hui, nous allons, donc, guetter des clartés nouvelles...

 

 

Frédéric Mistral raconte, dans ses souvenirs d'enfance, cette merveilleuse rencontre de la lumière et des Rois mages : les mères invitent les enfants à aller au-devant de ces Rois... On perçoit toute la naïveté et tout l'enthousiasme de la jeunesse.

 

"Et de courir, et de courir, à la rencontre des Rois
avec nos gâteaux, nos petites galettes, et les poignées de
foin pour les chameaux. Puis, le jour défaillait. Le soleil, obstrué par un
nuage énorme, s’évanouissait peu à peu. Les babils
folâtres calmaient un brin. La bise fraîchissait et les
plus courageux marchaient en retenant.

Tout à coup :
– Les voilà !
Un cri de joie folle partait de toutes les bouches... et
la magnificence de la pompe royale éblouissait nos
yeux. Un rejaillissement, un triomphe de couleurs
splendides, fastueuses, enflammait, embrasait la zone
du couchant ; de gros lambeaux de pourpre
flamboyaient ; et d’or et de rubis, une demi-couronne,
dardant un cercle de long rayons au ciel, illuminait
l’horizon.
– Les Rois ! les 
– Les Rois ! les Rois ! voyez leur couronne ! voyez
leurs manteaux ! voyez leurs drapeaux ! et leur
cavalerie et les chameaux qui viennent !
Et nous demeurions ébaubis... Mais bientôt cette
splendeur, mais bientôt cette gloire, dernière échappée
du soleil couchant, se fondait, s’éteignait peu à peu
dans les nues ; et, penauds, bouche béante, dans la
campagne sombre, nous nous trouvions tout seuls :
– Où ont passé les Rois ?
– Derrière la montagne.
La chevêche miaulait. La peur nous saisissait ; et,
dans le crépuscule, nous retournions confus, en
grignotant les gâteaux, les galettes et les figues, que
nous apportions pour les rois..."

 

Plus loin, l'auteur provençal évoque la crèche installée dans l'église :

 

"Nous autres, affolés, nous nous faufilions, entre les
jupons des femmes, jusques à la chapelle de la Nativité,
et là, suspendue sur l’autel, nous voyions la Belle
Étoile ! nous voyions les trois Rois Mages, en manteaux
rouge, jaune, et bleu, qui saluaient l’Enfant Jésus : le roi
Gaspard avec sa cassette d’or, le roi Melchior avec son
encensoir et le roi Balthazar avec son vase de myrrhe !
Nous admirions les charmants pages portant la queue de
leurs manteaux traînants ; puis, les chameaux bossus
qui élevaient la tête sur l’âne et le bœuf ; la Sainte
Vierge et saint Joseph ; puis, tout autour, sur une petite
montagne en papier barbouillé, les bergers, les bergères,
qui apportaient des fouaces, des paniers d’œufs, des
langes ; le meunier, chargé d’un sac de farine ; la bonne
vieille qui filait ; l’ébahi qui admirait ; le gagne-petit
qui remoulait ; l’hôtelier ahuri qui ouvrait sa fenêtre, et,
bref, tous les santons qui figurent à la Crèche. Mais
c’était le Roi Maure que nous regardions le plus."

 

Le texte de Mistral :

http://elg0002.free.fr/pdf/mistral_mes_origines.pdf

 

 

L'épiphanie remonte aux origines du monde...

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commentaires

fatizo 08/01/2017 23:20

Il est important de souligner que ces fêtes, à l'origine, n'ont rien à voir avec la chrétienté .
Un exemple si l'on en croit la bible, Jésus n'est pas né le 25 décembre
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/non-jesus-n-est-pas-ne-le-25-decembre_1634385.html
Mieux, d'après la bible il ne serait pas né en hiver même s'il n'y a pas de date précise
https://www.jw.org/fr/la-bible-et-vous/questions-bibliques/quand-jesus-est-il-ne/
Bises et belle soirée Rosemar

L. Hatem 08/01/2017 21:03

Eh bien j'étais perdu avec tous les noms des fêtes chrétiennes... maintenant je vois ce que veut dire l'épiphanie...
Merci rosemar et bises

Michel JEAN 08/01/2017 13:52

Bonjour Mme Rosemar, c'est qu'avec mes bonnes mamies il fallait pour y avoir droit à cette part/s de galette des rois, si longtemps attendue, espérée, chargée de nombreux et mystérieux fruits confits du Luberon voisin, rouges, verts, jaunes et si joliment accompagnés de gros grains de sucre étoilés fondant tels des flocons de neige parfumés, se rendre pour assister très pieusement à cette cérémonie religieuse qui était célébrée dans la froide petite eglise. Bien sûr ! et bien certain même ! rien que la tenue toute blanche du prêtre qui y officiait, déjà, me mettait largement en appétit, malgré ce froid de canard, ne cessait de me conditionner sur le mystère éventuel qu'il pouvait exister pour que cette couronne, avec ses fausses pierres, cette fève trop précieusement convoitée par tous subrepticement aperçue m'échoit encore. Et, quand il y avait profusion de galettes suite à des invitations c'est mon pauvre petit cerveau qui se perdait en conjectures et conjonctures qui avec mille calculs discrets calculait/carburait sur les possibilités offertes au cours de ces longues après midi glaciales remplies de trois longues et soûlantes conversation des adultes qui me semblait aussi vaines qu'inutiles. Bonne journée à tous.

rosemar 08/01/2017 17:19

Bonsoir Monsieur Michel

Des souvenirs de galettes des rois bien appétissantes, donc : une belle tradition qui s'est perpétuée...

ALEA JACTA EST 08/01/2017 11:36

Merci pour ces explications qui mettent bien en perspective cette tradition probablement d' origine païenne mais dont le christianisme saura en tirer un épisode des évangiles annonciateur de la naissance d' une nouvelle ère pour l' humanité toute entière puisque ce sont des rois venus de l'Orient lointain et mystérieux qui viennent s' incliner devant le Messie.
Un épisode qui marque de manière symbolique le début et le berceau de notre civilisation.
Très beau aussi, ce texte de Frédéric Mistral qui montre à quel point les Rois Mages excitent l' imagination des enfants et apportent aussi une part de merveilleux.
Bonne journée l' amie
PS: Pour ma part je me garde en réserve la lecture du livre de Michel Tournier dont j' ai parlé l' autre jour..Je suis assez curieux de savoir de quelle façon il a revisté le mythe.
PS nº 2: merci pour me rappeler le mot " brocart"...je l' avais un peu oublié celui-là...

rosemar 08/01/2017 17:21

Voici la vidéo avec Michel Tournier, et son interprétation des Rois mages...

http://www.ina.fr/video/I04139532

rosemar 08/01/2017 17:20

Je conseille à tous de lire ces extraits de Mistral...

rosemar 08/01/2017 17:14

Le texte de Frédéric Mistral est superbe : simplicité, vérité dans l'évocation des réactions des enfants, la description de la crèche qui suscite aussi l'émerveillement.
L'épiphanie reste une belle fête pour les enfants, une tradition à préserver précieusement....

Belle journée, AJE

ALEA JACTA EST 08/01/2017 11:50

Merci pour le lien sur l' oeuvre disponible gratuitement de Frédéric Mistral...J' en ai commencé la lecture et elle mérite le détour...

ALEA JACTA EST 08/01/2017 11:38

rectif: il a revisité le mythe.

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