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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 16:27
Anne Lauvergeon : l'illusion de l'image...

 


 

Oui, décidément, Anne Lauvergeon est une femme de son temps, une femme qui a su utiliser l'image pour parvenir aux postes les plus importants.

 

Le sourire, c'est sa marque de fabrique, le sourire pour convaincre, pour séduire, pour s'imposer, pour donner l'illusion.

 

Oui, mais le problème est là : Anne Lauvergeon est à l'origine de la plus grande gabegie française : patronne d'Areva, elle a conduit son entreprise à la faillite, une ardoise de 7 milliards d'euros pour le contribuable, et elle se retrouve aussi mise en examen pour présentation de comptes inexacts.

 

Anne Lauvergeon avait, pourtant, mené de brillantes études, passant par l'Ecole Normale Supérieure, elle avait obtenu l'agrégation de physique, puis avait été recrutée par le corps des mines qui sélectionne les meilleurs ingénieurs.

Au programme : l'économie, le droit public, la finance, c'est alors que Robert Pistre la fait nommer au cabinet de l'Elysée.

 

Anne Lauvergeon a, ainsi, commencé sa carrière en côtoyant les plus hautes sphères de la société : elle devient, d'abord, conseillère, chargée de mission auprès de François Mitterrand.

Elle est rapidement nommée secrétaire générale adjointe à l'Elysée, ce qui la conduit à connaître le monde politique, économique.

 

François Mitterrand lui fait une confiance totale, alors qu'il est tombé malade. Quand il décède, Anne Lauvergeon doit s'éloigner du pouvoir et de la vie politique.

A cette époque, l'association Greenpeace accuse la Cogema de rejets radioactifs, à la Hague.

A la tête de la Cogéma, Jean Syrota, un homme rigide et sévère, refuse les critiques qui lui sont adressées.

 

Le corps des mines dépêche, alors, Anne Lauvergeon et la nomme à ce poste : à 40 ans, elle prend la direction de la Cogema, le géant français de l'uranium.

 

Pour répondre aux soucis des écologistes, et des anti-nucléaires, elle fait appel à une campagne publicitaire qui se veut rassurante. Elle utilise habilement ce slogan : "Nous n'avons rien à vous cacher..."

 

Elle veut, alors, construire un géant mondial du nucléaire, elle décide de s'emparer de Framatome, fabricant de réacteurs. Elle crée Areva, un nom qui fait rêver...

Et elle use encore de l'argument publicitaire pour faire connaître son entreprise, colosse du nucléaire : de somptueuses publicités sont diffusées pour faire la promotion du nucléaire : l'image encore et toujours...

Je me souviens de ces publicités tapageuses pour Areva, ponctuées d'une musique entraînante et tonitruante.

 

Anne Lauvergeon veut aller plus loin encore, elle défend de nouvelles centrales, une nouvelle technologie : l'EPR, un réacteur nucléaire plus puissant, plus cher.... et Anne Lauvergeon réussit à vendre ce réacteur à la Finlande.

 

Ce projet pharaonique n'était pas prêt, et 14 ans plus tard cette centrale est toujours en construction ! 9 ans de retard ! Les finlandais s'inquiètent et on les comprend....

Manifestement, la technique n'est pas au point... l'ouverture est prévue en 2018. Les salariés d'Areva s'inquiètent également.

Et les contribuables français peuvent s'inquiéter aussi.

 

Sûre d'elle, Anne Lauvergeon envisage même de vendre une cinquantaine d'EPR de par le monde.

 

En 2007, elle décide d'acheter Uramine, une entreprise qui possède 3 mines d'uranium en Afrique : elle dépense 1,8 miliards d'euros. Mais ces mines se révèlent inexploitables. Un fiasco total...

 

Comment expliquer une telle erreur ? Des hypothèses ont été émises, notamment celle-ci : Anne Lauvergeon voulait vendre des centrales à l'Afrique du sud, et pour ce faire, il fallait verser des pots de vin, les gisements d'Uramine auraient été, alors, surpayés... 

 

Quand on l'interroge sur l'affaire Uramine, Anne Lauvergeon garde son éternel sourire : refusant de voir le fiasco d'Areva qui pèse sur les contribuables, voulant ne pas perdre la face.

 

Comme Jérôme Cahuzac qui a longtemps nié avoir détenu un compte en Suisse, Anne Lauvergeon nie le fiasco d'Areva, elle refuse d'avouer une gestion désastreuse de son entreprise.

 

Anne Lauvergeon n'est plus à la tête d'Areva... mais EDF en partenariat avec Areva a signé à la fin 2016 un contrat avec la Grande-Bretagne pour construire une nouvelle centrale EPR.

On peut rappeler qu'en mars 2016, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, avait démissionné en raison d'un désaccord sur la faisabilité du projet. 

 

Décidément, les français n'ont pas fini de payer la dette, le fiasco d'Areva et le manque de lucidité de ses dirigeants.

 


 

 

Source : un reportage d'Envoyé Spécial à 2 heures 16 minutes

 

http://pluzz.francetv.fr/videos/envoye_special_,152594556.html

 

 

Anne Lauvergeon : l'illusion de l'image...

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commentaires

fatizo 08/02/2017 20:55

Comme tu le soulignes bien dans ton article, Anne Lauvergeon a longtemps été la petite protégée de Mitterrrand. Les médias aussi ont pendant de longues années mis en avant cette femme d'entreprise qui avait une réussite exceptionnelle.
Le problème désormais, c'est que l'on met en avant des gens , sans savoir vraiment ce qu'ils font.
Il y a de moins en moins de journalistes d'investigation,alors on fait confiance sur l'image. Tout le monde reprend ce que dit le voisin sans vérifier .
Et quelques années après on voit le résultat.
Idem avec Fillon, on nous dit pendant des années qu'il est plus honnête que d'autres. Une enquête du canard et tout le monde tombe des nues.
Mais si ces gens faisaient leur vrai métier de journalistes, on serait mieux informés depuis longtemps.
Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 08/02/2017 21:29

L'image, la publicité ont joué un rôle important dans la carrière d'Anne Lauvergeon... elle a reçu aussi des appuis politiques, comme celui de DSK, par exemple...
Pour le journalisme d'investigation, il commence tout de même à se développer : j'ai écrit cet article à partir d'une enquête d'Envoyé Spécial, le lien figure sous l'article...

Bises du sud

fatizo 08/02/2017 20:47

Comme tu le soulignes bien dans ton article, A

Michel JEAN 08/02/2017 20:02

Bonsoir Rosemar, à combien s'élève la/les quantités de déchets en millions de tonnes hautement radioactif autour de Limoges grâce à de très hautes compétences des cadres dirigeants, déjà à l'époque, cette belle entreprise "ce fleuron de l'industrie" Areva ? Combien d'ouvriers travaillant dans ces mines sans aucunes conditions de sécurité "même pas de gants" survécurent jusqu'à l'âge de la retraite ??? Total: 2/3%. Areva c'est ça. On oublie là régions de Limoges qui est complétément radioactive avec des taux 10 000 fois supérieurs aux normes. Là-bas de forts belles maisons d'habitations ne sont pas très chères, alors à présent vous savez à peu près pourquoi ? Bonne soirée à tous.

rosemar 08/02/2017 21:22

En effet les déchets radioactifs posent problème : on ne sait pas quoi en faire... Limoges est donc concerné par cette pollution ?

http://rosemar.over-blog.com/article-des-dechets-pour-l-eternite-108036031.html

Bonne soirée, Michel

ALEA JACTA EST 08/02/2017 19:15

Je crois qu' on avait déjà parlé d' elle dans notre communauté de bloggers.
Sur l' affaire des EPR où sont en jeu des intérêts nationaux énormes, on peut se poser des questions sur les structures hierarchiques et les mécanismes de prises de décision.
Quand Haberer avait coulé le crédit lyonnais( ça avait couté 750 FF à chaque contribuable) la presse avait titré: Y a t' il un pilote dans l' avion ? En effet, on s' était rendu compte que tous les sous-directeurs grassement payés n' avaient pas joué leur rôle de garde-fou et que Haberer régnait en maître absolu sur sa banque.Personne n' osait tirer la sonnette d' alarme.
Ici aussi, on se dit qu' il a fallu toute une chaîne de dysfonctionnements pour que Lauvergeon aille si loin dans l' erreur.Ça nous interroge sur les mécanismes de prises de décision.
On ne peut lui faire porter à elle seule tout le poids de l' erreur même si elle en a été le principal maitre d' oeuvre.
Par ailleurs, on peut se dire aussi que sur l' affaire des EPR,les décideurs jouent aussi une forme de poker qui est habituelle dans le monde de la grande industrie.On suppose que les avancées technologiques vont suivre ( parce que des premiers résultats en labo sont probants) et que le projet sera viable.Il y a eu beaucoup de décisions prises comme ça et qui se sont bien terminées et qui ont permis de dégager des bénéfices fabuleux.On peut se dire que sur ce coup-là elle n' a pas eu de chance...mais que la chance ça tient parfois à peu de choses.
Bonne journée l' amie

rosemar 08/02/2017 21:15

Je te trouve bien indulgent : le nucléaire est un secteur très sensible et on ne peut se montrer "léger" dans ce domaine... l'affaire Uramine relève soit de l'incompétence, soit d'une volonté d'emporter des marchés grâce à des pots de vin, ce n'est pas très reluisant.
Tu parles de "poker" pour les EPR, mais tu imagines les sommes engagées dans cette affaire...
Qui paiera ?? Nous, les contribuables : une dette colossale pour les générations à venir.

Belle soirée, AJE

L. Hatem 08/02/2017 18:17

Eh ben... merci pour l'info... j'ignorais tout ça !
Bises rosemar...
En tout cas les centrales à charbon de l'Allemagne ce n'est pas écologique... et le nucléaire nous reserve un nouveau Tchernobyl

rosemar 08/02/2017 21:09

Le nucléaire risque de nous coûter de plus en plus cher : démantèlement des centrales, retraitement et enfouissement des déchets, quant aux EPR, pour l'instant, ils ne sont pas fonctionnels, si tu veux mieux t'informer, tu peux regarder la vidéo qui figure en lien sous l'article...

Bises, LH

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