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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 14:58
Le plat pays qui est le mien...

 


 

Comment dire la mélancolie, la beauté de sa terre natale ? Comment exprimer en même temps l'âpreté, la rudesse et le charme infini de ces paysages du Nord, chers à Jacques Brel ?

 

C'est un pays, délimité par la mer du Nord, dont Brel nous fait voir l'espace infini, à travers la répétition de ce mot "vague", tantôt nom commun, tantôt adjectif, un jeu sur le sens qui restitue l'immensité des paysages marins...

 

Tout semble, ainsi, se confondre, et se réunir... la mer, la terre, les dunes...

 

On perçoit "la mer, les dunes, quelques vagues rochers, les marées", tous les éléments qui composent ces terres du Nord : la Belgique.

Grâce à l'énumération, le poète restitue une monotonie, une harmonie.

 

Le paysage personnifié prend vie sous nos yeux : "les rochers ont à jamais le coeur à marée basse"... une façon d'évoquer la mélancolie de ces lieux, peuplés de "brumes" infinies...

 

Un pays balayé par le vent d'est que le poète nous invite à "écouter", avec cet impératif : "Ecoutez-le tenir..."

 

Le verbe "tenir" suggère une résistance, une volonté de vivre, une force.

 

L'emploi de la préposition "avec" tout au long du texte, fait du poète un peintre qui compose son tableau sous nos yeux...

 

La strophe suivante nous fait découvrir les cathédrales du Nord, avec leurs "noirs clochers" définis comme "d'uniques montagnes", belle image teintée de tristesse, avec l'évocation de la couleur noire des campaniles, seuls "mats de cocagne", dans ces paysages. Les seuls reliefs de ce pays sont des constructions humaines.

 

Et les "diables en pierre qui décrochent les nuages" semblent déverser sur ces terres une mélancolie qui n'en finit pas....

 

"Le fil des jours" qui devient sous la plume du poète, "l'unique voyage" restitue aussi l'uniformité des paysages du Nord, et "les chemins de pluie" se métamorphosent en "unique bonsoir"...

 

Les nombreux pluriels qui ponctuent le texte, renforcent, encore, cette impression d'uniformité.

 

Et le poète ajoute "le vent de l'ouest" à ces paysages, expression d'une volonté : "Ecoutez-le vouloir"... une façon de personnifier cette terre et d'en montrer toute la force.

 

L'évocation du "ciel", dans la strophe suivante, les répétitions du mot soulignent l'omniprésence du ciel dans ces terres du Nord : un ciel si bas que tout se confond, un "canal se perd", puis "se pend", symbole de tristesse.

 

Ce ciel associé à l'humilité devient une image de simplicité et on perçoit toute la tendresse du poète qui affirme : "Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner."

 

La violence, la dureté de ce pays s'expriment encore avec le "vent du Nord" qui vient "s'écarteler", un terme très fort qui semble traduire une torture. Les sonorités de gutturales soulignent cette virulence :

"Avec le vent du nord qui vient s'écarteler, 
Avec le vent du nord écoutez le craquer..."

 

Pourtant la dernière strophe, avec l'évocation de l'été, voit le triomphe de la vie, du bonheur : ce n'est plus l'uniformité qui domine mais une réunion d'éléments divers, "l'Italie qui descendrait l'Escaut, "Frida la blonde" qui devient "Margot"...

 

La gaieté prédomine, grâce à cette union du nord et du sud, grâce aux marins désignés par l'expression "les fils de novembre" qui reviennent enfin.

 

La chaleur est de retour dans les coeurs et dans les paysages : on voit "la plaine fumante qui tremble sous juillet".

Le vent du sud apporte le rire et la joie...

 

Chaque strophe s'achève sur cette expression "le plat pays qui est le mien...", ces mots simples traduisent l'attachement du poète, grâce à l'emploi du pronom possessif qui marque une appartenance très forte...

La mélodie très douce restitue émotion, sensibilité, tendresse.

 

 

 

http://www.paroles.net/jacques-brel/paroles-le-plat-pays

 

 

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commentaires

Michel Jean 25/02/2017 09:16

R' il y a surtout dans cette voix qui est empreinte d'énormément douceur la beauté de cette note invisible qui te fait comprendre que bien des mots simples et justes atteignent avec merveille. Une merveille de descriptions des ciels et des paysages d'ici. Bye.

rosemar 25/02/2017 21:38

Une merveille de sensibilité et un mélange de sentiments qui traversent cette chanson, oui. Et les ciels embrumés du Nord !

Bonne soirée, Michel

L. Hatem 24/02/2017 23:58

Magnifique chanson...
Les cathédrales sont les uniques montagnes...
Ce beau pays qu'est le sien survivra-t-il à la montée des océans ? Il n'est plus là pour le voir !
Bises rosemar

rosemar 25/02/2017 21:31

Une des plus belles chansons sur le pays natal : un thème qui me parle et qui parle à beaucoup de gens.
Espérons que le plat pays saura résister au tempêtes...

Bises, LH

fatizo 24/02/2017 22:07

Il y a 40 ans environ notre prof de français nous faisait étudier ce texte, et nous, comme les crétins que tu peux rencontrer dans tes classes d'aujourd'hui on s'en moquait royalement.
La première fois que j'ai vraiment écouter Brel, c'est avec cette chanson, j'avais environ 17 ans
https://www.youtube.com/watch?v=JxqNP2O4N1w
La j'ai tout compris.
Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 25/02/2017 21:28

Et puis, il y a l'interprétation de Brel qui vit et habite ses chansons. Il nous fait ressentir la mélancolie, la douleur, la tendresse, le bonheur.
Beaucoup de textes à redécouvrir dans le répertoire de Brel.

Bises du sud

fatizo 25/02/2017 00:18

La chanson " chez ces gens là"

L. Hatem 25/02/2017 00:02

En plus du lien mets le nom... parfois les liens sont inopérants !

ALEA JACTA EST 24/02/2017 17:50

Cette chanson c' est un chef d' oeuvre absolu.Personne n' a jamais mieux chanté les Flandres que Brel .
Ce canal qui se "pend".Quelle manière poétique de décrire les méandres des canaux et de les associer à l' impression de tristesse et de mélancolie qui se dégage des paysages !
Et toujours la femme et l' amour pour incarner et donner vie à cette terre.Cette Frida la blonde qui devient Margot.Je me suis toujours plu à imaginer la synthèse parfaite d'une belle blonde germanique ( flamande) qui aurait une sensibilité très latine ( wallone) et qui aimerait se laisser prendre aux jeux de l' amour.
Un texte qui termine avec le retour des belles saisons de manière lyrique...le chant d' une terre !
Bonne fin de soirée l' amie

rosemar 24/02/2017 21:30

Brel nous fait voir son pays comme un peintre, un poète grâce à des images, des personnifications qui restituent la beauté, la mélancolie, la joie, avec ce paysage qui s'anime, chante, avec l'apparition de personnages : les marins, la femme...
C'est un chef d'oeuvre, en effet.

Belle soirée, AJE

Michel Jean 24/02/2017 16:21

Bonjour Rosemar, ici cette superbe chanson te plonge toujours profondément dans une euphorie insensée, te permet d'effacer des bonheurs de craie qui durent peu sur l'ardoise, te donne aussi bien l'envie de parcourir encore ses immenses étendues jusqu'à La Panne. Tapis de sable et de plages blanches complètement désertes que le vent du nord s'emploie selon ses humeurs ou ses caprices à modeler sans cesse au gré des saisons où seules les dunes couverte d'oyats résistent. Tout un petit univers presquedramatique que l'on quitte avec beaucoup de regrets. Bonne journée à tous.

rosemar 24/02/2017 21:14

Brel décrit si bien son pays, avec tant de poésie, de douleurs, de bonheurs, de tendresse : une des plus belles chansons sur la terre natale... Merci pour cette évocation du Nord.

Bonne soirée, Michel

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