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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 09:38
En évoquant mes grands-mères...

 


C'est, aujourd'hui, la fête des grands-mères...

 

En évoquant mes grands-mères, je ne peux m'empêcher de penser qu'elles furent pour moi importantes et même essentielles, alors que, curieusement, je ne les ai pas vraiment connues.

Une qui s'en est allée à l'âge de 45 ans, bien avant que je ne vienne au monde, une autre que j'ai à peine entrevue, décédée alors qu'elle avait 59 ans.

 

Rose, d'abord, une fille et une femme de la campagne, née dans le pays aixois : fille et petite fille de paysans, Rose était la simplicité même, elle aimait, sans doute, la nature, les arbres, les fleurs, les couchers de soleil...

Rose, aux longues mains si fines, Rose, aux cheveux bruns, Rose, une grande dame brune qui figure sur quelques photos de famille, Rose aux traits déjà burinés par le soleil...

Rose, qui fut victime des fièvres typhoïdes, juste après la guerre.

Rose, ma grand-mère, au doux sourire estompé.

 

Sa brève vie fut marquée par des joies et des peines : la naissance d'une petite fille, ma mère, mais aussi la perte d'un autre enfant, un petit garçon mort à l'âge d'un an et demi.

Rose a connu la dure vie des paysans d'autrefois, une vie faite de labeurs, de soucis, de tourments.

 

Puis, du côté paternel, mon autre grand-mère, Hortense : une maîtresse-femme, dont les parents avaient immigré d'Italie.

Une femme, au caractère bien trempé, une pionnière : une aventurière qui aimait les voyages, qui avait le goût du risque...

Un voyage au Mexique pour tenter la fortune, un autre en Côte d'Ivoire, une envie de s'évader d'un monde terne, de sortir d'une condition modeste, des ambitions, des rêves de richesses.

Une travailleuse infatigable, une fée qui pouvait confectionner de ses doigts des vêtements somptueux.

Hortense, au visage rond de l'enfance, aux cheveux blonds, aux traits tirés...

Deux tempéraments, des choix différents, deux vies opposées...

 

L'une avait choisi une vie calme et sereine, l'autre avait opté pour l'aventure, la découverte.

 

Je n'ai pas eu la chance de les connaître vraiment : pourtant, j'aurais, sans doute, apprécié de côtoyer ces grands-mères aux profils si différents...

 

J'aurais aimé, sans doute, la douceur de Rose, sa simplicité, j'aurais apprécié les récits de voyages d'Hortense, ses expériences africaines, ses découvertes.

 

Hortense, la conteuse, m'aurait enchantée de ses histoires exotiques... elle qui  savait merveilleusement raconter des anecdotes, elle qui savait captiver son auditoire.

 

Rose, elle, m'aurait enseigné l'amour de la terre, la rudesse de la vie paysanne.

 

Rose et Hortense ont connu deux guerres, elles ont dû affronter des obstacles innombrables, une vie plus rude que la nôtre.

 

Elles font partie de mon histoire, de notre histoire, et, bien que je ne les aie pas connues vraiment, elles m'ont façonnée... 

Très différentes, elles étaient pétries d'humanité, avec leurs défauts, leurs qualités, leurs joies, leurs peines.

 

Rose et Hortense, dont je connais un peu l'histoire, font partie de mon imaginaire...

Elles sont et restent, indubitablement, une part de moi-même...

 


 

 

 

 

 

En évoquant mes grands-mères...

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commentaires

Willy 12/03/2017 09:47

J'adore cette rubrique " Souvenirs", étant moi même un incurable nostalgique et mélancolique. Que faut il faire de ses souvenirs ? Philippe Lacoche dans son magnifique roman " Des rires qui s'éteignent " où il se souvient d'une femme qu'il a jadis aimée, mais dont il apprend la mort récente nous livre peut être une réponse.
" Il ne faut pas ranger ses souvenirs comme du linge propre dans une armoire. Les souvenirs doivent être portés. Ils servent à se protéger du froid du temps qui passe. Qu'importe s'ils sont dépareillés , s'ils figurent un désordre déroutant, un goût douteux. Ils sont là, importants , capitaux. Ils tombent sur nous comme une pluie de plomb fumant sur nos ombres qui fuient.Les années passent, les souvenirs s'étiolent comme de vieilles étoffes sans importance.............. Que sais je de la vie de Clara ? Ne me restera bientôt que le son de sa voix, et son rire. Évaporée à tout jamais. Il me faut faire un effort, tenter de me souvenirs, laisser des traces de ce passage sur terre fulgurant," Il faut toujours payer sa dette" disait mon camarade Rico: Il avait raison. Pour moi payer ma dette consiste à me souvenir d'elle, à graver un geste, une parole, une action minuscule, une pensée. Elle est si loin aujourd'hui. Perdue, flageolante comme les flammes de bougie timides qui se meurent dans les courants d'air hiémaux d'une église séculaire qui s’effrite."

Magnifique!!!!!!!

rosemar 12/03/2017 21:18

Les souvenirs sont essentiels, oui, ils nous relient au passé et c'est comme un précieux héritage...
Merci pour cet extrait !

Bonne soirée

Michel Jean 06/03/2017 09:19

R' après mon long séjour dans la vallée de Cheylade au cœur du Cantal. Oui ! je vous confirme qu'il y a encore des familles qui vivent encore dans une forme d'Autarcie comme il y a à peu près 60 ans et plus même; dormant l'hiver au-dessus des vaches pour bénéficier d'un bon espace de chaleur gratuite et pour les filles !... gentilles et exactement comme dans le film "Farebique" maquillage en moins... la fée électricité en plus. Bye.

rosemar 06/03/2017 20:49

Le monde paysan est divers, sans doute, avec des travailleurs qui vivent dans des conditions très rudes : merci pour ce témoignage.

fatizo 05/03/2017 21:10

Moi, ce sont mes grand-pères que je n'ai pas connu, disparus très jeunes tous les 2 (environ 40 ans).
Mes grand-mères ont eu plus de chance en vivant bien au-delà de 80 ans. Une vie faite de simplicité et de travail comme à cette époque en province.
La vie était très différente de celle d'aujourd'hui. Beaucoup plus de travail, mais surement moins de pression, moins de stress aussi.
Etait-ce mieux qu'aujourd'hui?
S'ils revenaient ils diraient que oui. Mais si notre monde va mal, n'oublions pas par exemple qu'au niveau médical beaucoup d'habitants sur cette terre ne seraient plus là s'ils vivaient encore quelques décennies en arrière.
Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 05/03/2017 21:28

Je pense que la vie était plus dure autrefois : moins de confort matériel, moins d'ouverture sur le monde, et puis les deux guerres mondiales qu'ont connues ces générations.
On attend l'histoire de tes grands parents...

Bises du sud

ALEA JACTA EST 05/03/2017 13:34

Deux destins très différents, et deux personnes qui font partie de ton héritage même si elles occupent surtout un espace dans ton imaginaire.
Rose qui a vécu enracinée au pays et qui savait les secrets de la terre.Rose fauchée prématurément par la vie comme ça arrivait fréquemment à l' époque.
Hortense qui n' avait pas peur de faire sa valise pour chercher fortune et tenter de vivre ses rêves. Elle était probablement très courageuse et aussi assez romantique.
Effectivement tes deux grands-mères auraient pu t' apporter beaucoup quand tu étais enfant.Restent les photos, les témoignages et l' imagination...et aussi 1/4+1/4 de leur patrimoine génétique qui est dans tes veines...
Bonne journée l' amie

rosemar 05/03/2017 21:24

Nous sommes tous redevables à l'égard de ceux et celles qui nous ont précédés, des personnalités dont on a un peu hérité, des vies dont on a entendu parler, des histoires souvent simples et parfois plus étonnantes...

Belle soirée, AJE

Michel Jean 05/03/2017 13:17

Bonjour Rosemar, la terre ( pour les personnes qui vivaient dessus,[ Biquefare et Farebique ] ), oui ! il fallait énormément la remuer pour gagner peu d'argent, peu de chose, peu de liberté et pas de retraite en prime ou payer des retraites confortables pour des Fillon & compagnies... Bonne journée à tous.

rosemar 05/03/2017 21:21

La vie des paysans d'autrefois était rude et elle l'est encore, en effet : une vie de labeur, des salaires de misère alors que certains bénéficient de privilèges exorbitants, Fillon et compagnies....

Bonne soirée, Michel

piro 05/03/2017 10:34

Toutes ces fêtes, c'est rien que du business ! Je suppose vu ce que tu en as dit que tu ne penses pas à elle que ce jour là. Jour qui n'est qu'un concept commercial, peut être pour justifier l'ouverture des magasins le dimanche.

rosemar 05/03/2017 21:17

C'est certain : la plupart des fêtes deviennent une affaire commerciale, mais en l'occurrence, il peut suffire de quelques mots, d'un beau sourire pour faire plaisir à une grand-mère... Pour ma part, je n'ai plus de grand-mère, mais ce jour a été l'occasion de les évoquer, dans un article...

Bonne soirée

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