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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 15:08
Bientôt le règne des machines ? Bientôt un monde sans travail ?

 


 

Un reportage intitulé Un monde sans travail, diffusé sur la 5, met en évidence les dangers qui guettent nos sociétés, face à un univers de plus en plus mécanisé.

En avons-nous vraiment conscience ?

 

Une quatrième révolution industrielle a commencé : elle met au travail des machines toujours plus efficaces, intelligentes et autonomes : performance, productivité, flexibilité, partout les salariés doivent impérativement s'adapter à la logique du numérique.

 

Malgré cette course effrénée pour tenter de suivre le rythme, l'humain s'essouffle... Après plus de vingt ans de réformes vaines et de chômage de masse, le monde du plein emploi appartient au passé, balayé par la révolution technologique en cours.

Va-t-on vers un monde sans travail ?

Le numérique provoque une fracture sociale, laissant hors course de nombreux demandeurs d'emplois.

 

En Californie, dans la Silicon Valley se trouve l'épicentre de la révolution numérique : l'emploi est en train de devenir un marché mondialisé sous contrôle d'entreprises privées.

Comptables, juristes, avocats peuvent travailler à distance, grâce au numérique. Le travail en freelance gagne du terrain. Le transactions se font sur internet et une société récupère 10 % des transactions. Le recrutement se fait à très grande échelle et en temps réel. Le marché du travail indépendant est en pleine expansion aux USA.

 

Sans nous en rendre compte, nous avons basculé dans le monde numérique : petit à petit, les machines sont entrées dans nos vies, au travail, dans nos loisirs, partout...

Certes, elles nous rendent service, mais avec elles, nous faisons nous-mêmes le travail, gratuitement : on se sert de l'essence à la pompe, on achète des boissons dans des machines, on utilise des caisses automatiques.

Et on oublie, au passage, tous les emplois supprimés dans de nombreux secteurs d'activité.

 

De Pôle emploi à la Poste, le malaise est général... 3000 bureaux de poste sont menacés de fermeture, et les services de proximité risquent bientôt d'appartenir au passé. La poste se robotise, avec des machines : les clients sont orientés vers des machines et non plus vers des humains. On pourrait, alors, avoir des guichets ouverts 24 heures sur 24...

Plus d'humain, mais des machines.... 

 

"L'entreprise devient elle-même une machine à broyer les humains : on donne à comprendre aux salariés qu'ils sont interchangeables. Les gens sont sommés de s'adapter aux nouvelles demandes. Face à la machine, on ne fait pas le poids" déclare justement Hélène Duffau, écrivain et formatrice indépendante.

 

"On ne supporte plus l'emploi des sociétés bureaucratisés et en même temps, on est angoissé de perdre son emploi et de se retrouver au chômage...", affirme un philosophe, mettant en évidence le paradoxe dans lequel sont enfermés les salariés.

Tâches répétitives, automatisées, emplois supprimés... l'automatisation en vient à mettre des gens dans le caniveau.

 

Et les robots sont de plus en plus performants : robots capables de percer, de visser, de porter, de classer.

"On donne à croire que tout cela est naturel et dans la juste marche du progrès... Quand on n'aura plus de boulot, qu'est-ce qu'on va faire ? On va aller très vite dans un monde écartelé entre les productifs et les improductifs : les esclaves qui vont remplir les machines, faire du câblage électronique en usine pour fabriquer des robots, les ingénieurs qui vont concevoir ce que ces personnes peu qualifiées fabriqueront... Entre les deux, la classe moyenne disparaît, on n'a plus besoin d'elle", explique encore Hélène Duffau, ex-déléguée du personnel dans l'édition.

 

L'économie locale perd chaque jour du terrain, les centres ville se désertifient au profit des centres commerciaux. Parce que c'est pratique, parce que c'est moins cher, nous devenons les complices d'une logique qui met à mal l'emploi.

 

La plupart des biens que nous consommons sont produits dans des lieux très lointains, et pour cela, on a besoin de les acheminer à proximité de leur lieu de vente, au moindre coût possible, et aujourd'hui, partout sur le territoire français, on retrouve des espaces qui sont dédiés à cette tâche : gérer les flux.

Des entrepôts aux quatre coins du territoire... la technologie est ici aussi à l'oeuvre : les robots empêchent de faire des gestes répétitifs mais réduisent les emplois. L'objectif encore et toujours est de reduire les coûts. 

Désormais, des drones peuvent même faire des inventaires.

 

Jusqu'où faudra-t-il s'adapter au nom de la productivité ? Quel sort sera réservé aux ouvriers ?

Le processus de déshumanisation s'accélère dans les entreprises de la grande distribution. Pris au piège d'une compétitivité pour s'accaparer plus de parts de marché, elles semblent condamnées à s'automatiser toujours plus.

 

Aux USA, en valorisant à tout prix le numérique, on passe d'une économie à une autre, comme à Pittsburgh, ancien fleuron de l'économie américaine : la ville a investi massivement dans le créneau High tech, avec une université réputée dans le domaine de la robotique et de l'intelligence artificielle.

L'argent est l'un des moteurs qui stimulent la robotique... Une des voitures 100 % autonome a été conçue à Pittsburgh, elle roule déjà dans les rues de la ville.

Google, Uber, Apple cherchent à entrer dans la course pour emporter ce marché lucratif.

 

En 2016, plusieurs convois de camions autonomes ont convergé vers le port de Rotterdam, en Hollande, parcourant plusieurs centaines de kilomètres sans chauffeur, en toute discrétion.

Combien d'emplois vont alors disparaître ? C'est comme une maladie qui se propage.

 

"L'intelligence artificielle peut offrir beaucoup d'avantages, mais il y a a aussi mille et une façons de tout gâcher, si on agit sans réfléchir, on pourrait par exemple adopter tous la semaine de trois jours et demi de travail et recourir à l'automatisation pour le reste, ou bien avoir une autre approche : licencier la moitié des gens dont les compétences ne sont plus utiles à la société.... Imaginez un monde dans lequel les 5 % que représente l'élite des nouvelles technologies deviendraient très riches grâce à l'automatisation généralisée, tandis que 95 % de la population mondiale seraient des laissés pour compte, ce serait une catastrophe... " déclare Andrew Moore, doyen de l'école de science informatique.

 

La vague technologique qui déferle pourrait laminer des millions d'emplois dans tous les secteurs. Un véritable tsunami est annoncé dans le marché du travail et les gens n'y sont absolument pas préparés.

Ainsi, les assistants virtuels se multiplient dans les banques, dans le secteur des assurances : ils ont des capacités à comprendre, ils perçoivent quand les clients sont satisfaits, ils sont toujours disponibles.

 

Ce nouveau capitalisme numérique étend son emprise, avec l'appui des grandes banques. A Wall Street, 90 % des transactions se font désormais grâce à des algorithmes sans aucune intervention humaine.

 

Et les riches deviennnent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. 47 millions d'américains vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit une personne sur 6.

Bien sûr, la robotisation pourrait nous libérer de l'esclavage du travail... mais les politiques ne semblent pas se préoccuper suffisamment de la révolution que connaît le monde du travail : on a l'impression que ce problème n'est pas pensé et qu' on se laisse emporter par une sorte de frénésie de la productivité, sans se soucier des êtres humains...

 

 

 

 

Source :

 

https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/283763-le-monde-en-face.html

 

 

 

 

 

Bientôt le règne des machines ? Bientôt un monde sans travail ?
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commentaires

S
Chaque fois que je tombe sur ce genre de sujet, cela m'étonne de constater l'aveuglement généralisé dans nos sociétés de consommation. Ne vivons nous pas déjà sur le dos de vraies machines, des petites fourmis, peu gourmandes, vivant dans les sombres entrailles surpeuplées et polluées de notre planète? Que ce soit pour la production des fameux drones, et autre matériel composant ou commandant ces robots, il faudra de la main d'oeuvre. Et quand la main d'oeuvre asiatique aura récupéré toutes les liquidités, les matières premières et l'ingénierie pour vivre en auto-suffisance, pourquoi devra-t-elle continuer à nous approvisionner en robots, produits en tout genre et même alimentation, phyto-sanitaire, etc? Aujourd'hui la Glaxo fait produire les principes actifs pharmaceutiques en tonnes en Chine, les produits informatiques sont produits là-bas. Pourquoi ne voyons-nous pas ce néo-colonialisme dans lequel nous sommes (tous ces enfants dans des décharges d'electroniques à récupérer le litium, et autre matériau précieux) et nous préoccupons et rêvons à ce jour où il faudra panser l'ennui des pauvres gens sans travail? <br /> Hallucination collective d'une richesse sans fin, héritée de notre passé de demi-dieux sur Terre, les "Occidentaux" !??? Ceux qui, aveuglés par la philosophie égalitariste, ne voulaient pas des travaux manuels et usurant, mal payés, dangereux pour la santé: métallurgie et usines en tout genre...Ont inventé les robots qui se fabriquaient tout seul (en Chine) avec des matériaux précieux excavés tout seul (au Congo, etc) ou alors obtenus par la guerre faite par les robots (mais contre qui?). <br /> <br /> Une partie de l'humanité rêve pendant que l'autre travaille, bien loin: pour qu'on continue à pouvoir rêver égoïstement.
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R
C'est certain : des déséquilibres existent, et certains être humains sont exploités à outrance, le néo-colonialisme fait des ravages.<br /> Comment résoudre ces problèmes ? Quelles sont les solutions ?<br /> <br /> Bonne soirée
P
C'est effectivement une société plutôt bizarre et étrange qui se prépare. Vous parlez des robots machine qui remplace les humains pour les taches pénibles et dans leur travail mais on parle aussi de robots-tueurs, de robots-sexuels, etc. C'est assez inquiétant sur l'état mental des dirigeants du monde de vouloir résoudre les problèmes humains par cette fuite technologique. Il y a un très beau film à voir sur des paysans à l'ancienne mais complètement déboussolés par le monde actuel. Des paysans vraiment humains aimant leurs animaux mais du "vieux monde" comme disent les gens comme Macron. Des inadaptés en quelque sorte c'est ce que le "nouveau monde" pense d'eux. Le film s'appelle "Sans adieu". Si cela se joue par chez-vous il faut absolument aller le voir.
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R
Merci pour cette référence :<br /> <br /> http://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/10/25/sans-adieu-derniers-vestiges-du-monde-paysan-d-antan_5205536_3476.html<br /> <br /> Bonne soirée
F
Vive un monde sans travail.<br /> On voit déjà qu'avec le chômage de masse ceux qui se sentent exclus sont les plus violents, les plus aigris.<br /> Si demain il n'y a plus de travail l'homme devra s'occuper.<br /> Que fera-t-il?<br /> La guerre probablement. Ceux qui croient que l'homme en profitera pour se cultiver, pratiquer un sport, s'aider les uns les autres sont bien naifs.<br /> Bises et belle soirée Rosemar
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R
C'est Voltaire qui écrivait : "Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin..."<br /> L'homme aime se sentir utile, et la solution serait peut-être un partage du travail ?<br /> <br /> Bises de l'automne
M
Un site qui parle: IntelligenceOnline.
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R
Merci pour cette référence...
M
´Bonsoir Rosemar, le monde agricole, ou des milliers d’emplois ont disparus depuis, n’est pas exempté par un machinisme outrancierement agressif avec des bécanes qui s’imposent comme le remède miracle. C’est des tracteurs qui labourent parfaitement des milliers d’hectares chaque jour/nuit guidés par des GPS et nombreux autres gadgets électroniques, c’est des détecteurs d’humidite/chaleur qui déclenchent les diverses options pour les traitements chimiques, c’est aussi des robots qui organisent le trayage des vaches et traitements médicaux pour celle-ci, encore des robots qui nous fabriquent nos camenberts normands et autres roblochons fermiers. Qu’il n’est pas loin, mais révolu, le temps où clopinant des deux pieds j’acheter sur le petit marché du village un véritable fromage fermier fait maison, mais désormais le service d’hygiène l’interdit, le proscrit sous peine de fortes amendes. Tout est contrôlé par des drones: tes moutons sont comptés avec tes poules et tes lapins, bientôt se sera le tour des poireaux du jardin ou plus, Alors que des usines polluent tranquillement en déversant mille déchets dans les cours d’eau en toute impunité et dans une totale indifférence de la part des responsables politiques, qui engendrent très sûrement de multiples leucémies et autres problèmes de santé qui ne sont finalement qu’un détail anodin pour beaucoup de responsables de tels événements. Et pourtant paradoxalement on n’a jamais été autant si bien surveillés et écouter par nos services de sécurité intérieure. Bizarre autant qu’étrange. Dormons en paix. Bonne soirée à tous.
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R
Le secteur agricole est particulièrement impacté par la multiplication des machines et des robots, en effet... et tout est contrôlé et surveillé, oui, nos vies le sont aussi. Merci pour toutes ces réflexions, et ces exemples.<br /> <br /> Bonne soirée, Michel
A
Dans la course à l' automatisation on pensait que les travaux peu qualifiés disparaitraient au profit de travaux plus qualifiés, mais l' équation n' est malheureusement pas aussi simple.Pour 10 emplois peu qualifiés qui disparaissent, on crée un seul emploi qualifié ou moins.Face aux machines c' est l' humain qui perd.....Même certains ingénieurs ( pourtant qualifiés) sont en danger en Europe car grâce à internet et à la mondialisation leur travail peut être effectué en Inde ou en Chine pour 600 euros par mois...<br /> L' argent économisé en postes de travail est finalement redistribué par la société en allocations chômage...dans cette grande bataille du XXI ème siècle l' Europe ne semble pas avantagée...<br /> Malgré tout, il y a une limite à ce système.Si rien ne vient réguler ces suppressions massives d' emplois ce seront les grandes entreprises qui feront les frais également.Quand les gens n' ont plus rien il n' y a plus de gros bénéfices à faire...Donc cette dérive que tu crains est aussi mathématiquement limitée.Sans classe moyenne le capitalisme s' effondre...<br /> Bonne journée l' amie
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R
De nombreux emplois sont menacés par les machines, c'est certain : peut-être faut-il vraiment envisager un partage du travail pour un avenir meilleur... Si la classe moyenne disparaît, de fait, le système est en péril...<br /> <br /> Belle soirée, AJE