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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 10:50
Le schmock... la bête revient ?

 

Dans son roman intitulé Le Schmock, Franz-Olivier Giesbert aborde la question de la montée du nazisme dans les années 1930. Pourquoi les Allemands respectables ont-ils fait preuve de légèreté à l'égard d'Hitler ? Et pourquoi les juifs ont-ils autant tardé à fuir ?

 

Le Schmock, titre de son nouveau livre, est en effet un surnom gratiné du dictateur. En yiddish, "ce mot yiddish veut dire trois choses, un mot qui veut dire con, qui veut dire salaud et qui veut dire pénis, mais un pénis du genre ramollo", précise Franz-Olivier Giesbert.

 

À travers ce roman, Giesbert nous alerte sur le bégaiement de l’histoire et la perte de mémoire de l’humanité...

 

Interrogé par Thomas Rabino, journaliste à Marianne, lors du festival de la Biographie à Nîmes, l'auteur fait d'abord un éloge appuyé du roman :

"Pourquoi avoir choisi le genre romanesque ?", demande le journliste... Franz-Olivier Giesbert rappelle que dans un roman, on peut tout mettre : de la documentation, de la poésie, de la philosophie, du théâtre... on peut tout faire...

A travers le roman, on peut transmettre aussi des sentiments, des sensations, ce qui ne l'a pas empêché d'évoquer la trame historique sur laquelle il a beaucoup travaillé.

 

F. O. Giesbert s'est attaché à décrire la réalité, mais il a essayé  de la dépasser avec ses personnages.

 

Bien sûr, l'amour tient une place importante dans son livre : car l'amour était essentiel durant cette période... la mort était si proche que les histoires d'amour étaient très intenses.

Et, dans les camps, c'était encore plus important car les gens étaient séparés et cette séparation renforçait l'amour.

 

Franz-Olivier Giesbert en vient ensuite à évoquer l'antisémitisme qui ressurgit à notre époque.

Les exemples sont multiples , mais il en cite un qui l'a marqué : Alain Finkielkraut insulté par un salafiste... "Fout le camp, t'es pas chez toi, retourne en Israël..." une image violente et très forte.

Avec le durcissement du conflit israélo-palestinien qui ravive les haines communautaires, la fièvre antisémite refait surface dans l'Hexagone. 

Cimetières juifs recouverts de croix gammées, profanations, insultes, caricatures de mauvais goût, tags haineux, meurtres...

Un site en mémoire d’Ilan Halimi profané, des croix gammées sur des portraits de Simone Veil, des inscriptions antisémites à plusieurs endroits de la capitale, Mireille Knoll, ancienne rescapée de la rafle du Vel d'Hiv, tuée à coups de couteau dans son appartement du 11e arrondissement de Paris le 23 mars 2018...

 

Les actes antisémites ont progressé en France de 74% : hélas, la bête est toujours vivante, rappelle Franz-Olivier Giesbert.

Il faut donc encore dénoncer, s'indigner, stigmatiser.

 

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/denise-rescapee-d-auschwitz-j-ai-peur-que-la-memoire-s-eteigne-26-01-2020-2359655_23.php

 

https://youtu.be/BnXbb0SFlKg

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commentaires

LH 01/02/2020 22:53

Seule la démocratie, une démocratie forte et stable, peut maîtriser la bête pour qu'elle ne prenne pas un jour le pouvoir... Elle fera malheureusement de temps à autre des victimes ici ou là, mais il faut la combattre sur le terrain électoral !

LH 01/02/2020 22:54

Et sur les terrains judiciaire, éducatif aussi

Michel Jean 31/01/2020 10:26

Pour moi la grosse baston a commencé très tôt dès la première apparition des molécules organiques, mais dès que la branche animale de l’évolution perd la possibilité de synthétiser certains aminoacides dont les biosynthèses sont trop lourdes. Nous les animaux devront, dès lors, les emprunter (!!!) aux autres êtres vivants... la suite du programme est bien connue.

Michel Jean 30/01/2020 09:27

Bonjour Rosemar, moi je préfère lire: Tuez-vous les un les autres: la vie et la mort chez nos amie ou lointain cousins ...! les betes. D’étranges évolutions dessinées dans notre règne animal et même parmi de nombreux organismes de taille microbienne. Vous prendrez bien le temps de savourer ces quelques lignes qui sont consacrés àux lochemuse s ? Bonne journée à tous.

rosemar 30/01/2020 21:54

Eh oui, nos amies les bêtes sont violentes, mais jamais gratuitement... c'est tout de même un autre sujet... "cette violence quotidienne et instinctive est sans arrière-pensée, presque saine. Rien à voir avec les turpitudes humaines. Quand la lionne assassine la gazelle, ce n?est jamais avec colère. Elle fait son métier de prédateur, la gazelle le sait et ne proteste pas."

Merci pour cette référence.

Bonne soirée, Michel

ALEA JACTA EST 29/01/2020 21:25

Je prends note de ce roman.Je suis complètement d'accord avec les propos de FO Giesbert sur la capacité des bons romanciers à nous faire vivre l'histoire d'une manière intime, et de nous la rendre parfois compréhensible, intelligible (on peut en dire de même du bon cinéma). Par exemple, la mort est mon métier de Robert Merle est sans doute le roman qui m'a le plus fait pénétrer dans l'esprit d'un commandant nazi...il faut dire que Merle s'était très bien documenté et qu'en réalité il avait fait un travail d'historien avant d'attaquer son roman.
Quant à l' antisémitisme, c'est ahurissant de voir comment l'antisionnisme a été l'alibi pour lui fournir des habits neufs, et parfois avec la bienveillance d'une certaine gauche...Les insultes essuyées par Finkielkraut sont affligeantes et aberrantes....complètement irrationnelles et incompréhensibles si on ne voit pas l'antisémitisme qui se cache derrière.
Fienkielkraut qui ne s'attendait pas en fin de carrière a être taxé de racisme et de néo-colonialisme...
Bonne fin de soireé l'amie

rosemar 29/01/2020 22:55

Le roman, oui, c'est tout un univers, des voyages dans le temps, l'espace, il nous donne le don d'ubiquité, nous fait vivre des émotions, des sentiments...
Quant à l'antisémitisme, il ressurgit dangereusement dans une période troublée pleine d'incertitudes. Les exemples se multiplient et c'est inquiétant.

Belle soirée, AJE