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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 08:56
La terre ne nous appartient pas...

 

C'est l'écrivain Kamel Daoud, interrogé lors de l'émission La grande Librairie, qui a fait cette belle déclaration emplie de sagesse :

"Le virus nous ramène à notre condition humaine... nous sommes une espèce menacée, cela nous oblige à penser notre condition humaine, et pas seulement notre condition nationale ou notre condition ethnique ou religieuse... La peste est là, à nouveau. Le confinement est une fulgurante rétractation de l'humanité : nous sommes interdits de l'espace.

 

Nous avons subi plusieurs secousses : nous avons été dégagés de l'idée que nous sommes le centre de l'univers, puis dégagés de l'idée que nous sommes le centre de la terre, et maintenant, nous sommes reclus dans nos espaces, la terre ne nous appartient pas... nous ne sommes pas propriétaires du monde, même l'idée d'appréhender, de saisir, de toucher se trouve remise en cause : nous ne pouvons plus toucher les choses de la même manière, après cette épidémie, la notion même de s'approprier en touchant est remise en cause.

 

Nous sommes dans une phase de dépossession qui doit nous pousser à la réflexion."

 

"A quelque chose, malheur est bon", dit le proverbe.

 

Nous devons sans doute repenser notre rapport à la terre, et à tous les êtres vivants qui la peuplent. Nous ne sommes pas les maîtres du monde, nous ne sommes pas des dieux.

 

Ne sommes-nous pas dans l'hybris quand nous épuisons notre planète et toutes ses ressources ?

Nous avons oublié que nous nous devons de respecter la nature : les anciens Grecs l'avaient bien compris, eux qui voyaient dans chaque plante, dans chaque arbre, dans chaque fleuve, dans chaque source la présence du divin.

 

L’homme d’aujourd’hui perd de plus en plus le contact avec la nature et ses trésors : il est entouré d’objets comme le portable, la tablette, l’e-book et il en oublierait presque les réalités qui l’entourent…

Il faudrait presque réapprendre à l’humain le monde et ses richesse infinies.

 

Pollutions, dévastations de forêts, pesticides, notre planète est exsangue : nous consommons trop, nous gaspillons, nous jetons sans arrêt, et nous épuisons la terre qui nous abrite.

Nous sommes sans cesse à la poursuite de la croissance, comme si nous pouvions croître indéfiniment sur une planète limitée.

Croissance, compétition, tels sont les maîtres mots de notre monde voué à l'économie.

 

D'ailleurs, les hommes politiques ont-ils encore un quelconque pouvoir ?

Ce sont les marchés qui font la loi...

Ainsi, c'est un homme d'affaires, un homme d'argent qui est arrivé au pouvoir aux Etats-Unis : Donald Trump. On en voit les résultats désastreux.

Saurons-nous vraiment tirer les leçons de cette crise inédite ? Saurons-nous ralentir et ne plus nous vouer à l'argent et à la croissance ?

 

 

 

 

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commentaires

Pothier Bernard 01/05/2020 15:47

Excellentes réflexions... Nous ne sommes PAS PROPRIETAIRES DE CETTE TERRE ! Voilà qui doit devenir une évidence...

Semghouni moussa 30/04/2020 04:03

Ce site est magnifique, vraiment d'une grande cognition d'analyse et de synthèse des sujets cordialement le votre

rosemar 30/04/2020 22:36

Merci pour ce message...

ALEA JACTA EST 24/04/2020 19:19

J'ai bien peur que l' Hatem ne soit dans le juste. Notre confinement est en train de créer de terribles tensions.On est dans la phase de résilience durant laquelle il faut tenir le choc... Mais ensuite, il va falloir rattraper...partout ça va être le maître-mot, rattraper le manque à gagner, le temps perdu, recréer les emplois supprimés, etc...Chaque Etat va se retrouver avec sa dette et ce sera un autre cauchemar. Comment payer les pensions, les salaires des fonctionnaires, faire face aux dépenses de santé sans cesse croissantes? On peut fustiger tant qu'on veut la sacro-sainte économie, cela n'apportera aucune solution concrète à court terme...On va être obligé d' agir dans l'urgence pour qu'il n' y ait pas des millions de personnes victimes de la crise, et ça va nous éloigner du nouveau rapport au monde dont nous avons besoin et dont parle avec beaucoup de sagesse Kamel Daoud.
Bonne fin de soirée l'amie

rosemar 24/04/2020 21:39

On peut craindre un rebond, oui, mais ce sera terrible aussi pour la suite : il faudrait inventer de nouvelles solutions... La crise prouve que nous avons tout faux : délocalisations qui nous pénalisent (on ne dispose même plus du matériel nécessaire pour répondre à une épidémie), hôpitaux à l'abandon, manque de personnel, même chose pour les ehpad.

Belle soirée, AJE

Michel Jean 24/04/2020 12:54

Bonjour Rosemar, si moins d’aigrefins du corps médical vivaient sur le dos des personnes âgées, patients, etc. cela serait peut-être plus que jamais bénéfique pour cette institution qui ne cesse de plonger dans les abysses où elle n’est plus en mesure de discerner, selon le contexte. un robuste jusqu’à la satisfaction sublime, d’un travailleur à la retraite qui finit sa vie en hepad. Quant à ces virus qui remettent un peu d’ordre dans les têtes à notre M. Macron et cette clique, donneur de leçon: Le débat (de M.Macron) avec les intellectuels. Bonne journée à tous.

rosemar 24/04/2020 21:32

Ce qui s'est passé dans les ehpad était prévisible : ces établissements sont laissés à l'abandon depuis des lustres, ce sont des usines à fric où le personnel manque, où les gens sont souvent mal nourris, mal soignés : une honte !

Bonne soirée, Michel

LH 24/04/2020 10:27

Le problème est le fait qu'il n'existe pas une voie alternative à la croissance... Une fois l'économie redémarrée, si le virus le permet, ce sera à nouveau la course à la croissance pour rattraper les milliards perdus... La crise actuelle a fait fait plonger la sécu à moins 41 milliards... Notre assurance maladie sera un jour privatisée

rosemar 24/04/2020 21:27

Pas d'alternative à la croissance ? C'est ce qu'on nous fait croire... mais il doit exister d'autres solutions... par exemple :

https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-3-printemps-2014/dossier-l-ecologie-nouvel-enjeu/article/comment-penser-une-prosperite-sans

C'est peut-être utopique, mais si on continue à privilégier la croissance, on va encore à la catastrophe.