Overblog

De l'art invisible...

Publié le 07/06/2021 à 10:44 Par rosemar
Couverture de l'article "De l'art invisible..."
De l'art invisible...

 

En matière d'art contemporain, on aura tout vu : des oeuvres éphémères, des performances, des tableaux vides, mais là on atteint des sommets !

Voilà qu'un artiste, un sculpteur vend des oeuvres invisibles !

 

Salvatore Garau, un artiste italien, est très en vogue en ce moment. Il expose des sculptures invisibles.

Cet artiste italien a réussi à vendre une œuvre invisible aux enchères pour 15 000 euros ! On peut dire qu'il a trouvé le filon pour s'enrichir à bon compte !

 

Mais quel est le gogo qui s'est rendu acquéreur d'une telle supercherie ? On ne connaît pas le nom de l'acheteur qui s'est laissé ainsi gruger...

Pour Salvatore Garau, sa sculpture invisible existe bel et bien, et elle est une "parfaite métaphore de l'époque que nous vivons", explique-t-il à L'Unione Sarda.

"Ça fait des années que je pense à ces sculptures invisibles. Mais ce n'est que maintenant que j'ai décidé de les exposer, car c'est une parfaite métaphore de l'époque que nous vivons", estime l'artiste italien de 67 ans...

 

Une façon de susciter l'imagination du spectateur. Cet artiste est surtout un génie de l'arnaque et de la supercherie !

Vendre du vent ! Incroyable ! Et ça marche !

 

Mais quelle époque !

Il est vrai qu'on nous vend toutes sortes de produits inutiles, futiles, dans une société de consommation débridée.

Alors pourquoi pas une oeuvre d'art invisible ?

 

Une façon de fustiger une époque où les objets matériels nous envahissent ? où nous accumulons toutes sortes d'objets de consommation inutiles.

La publicité nous incite à acheter toujours plus, elle est répétitive, envahissante, elle se veut attractive, accompagnée de musique.

Nous accumulons ainsi toutes sortes de biens : des meubles, des téléphones, des objets connectés, des vêtements...

"Le monde que nous rencontrons, chaque fois que nous sortons dans la rue, que nous entrons dans les magasins est un monde riche, fascinant et beau.", disait Georges Pérec.

Tout nous pousse à consommer et à entasser...

 

Alors, le vide peut devenir lui-même, au bout du compte, fascinant !

A moins que l'artiste n'ait voulu signifier que notre époque est vide, dépourvue d'âme, de spiritualité, de projets...

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/monde/un-artiste-vend-une-oeuvre-inexistante-pour-15-000-euros-02-06-2021-2429218_24.php

#art #sculpture #peinture #consommation #société #publicité #commerce
Partager
Vous aimerez aussi

Marcel Proust à l'honneur...

Couverture de l'article "Marcel Proust à l'honneur..."

Dix mots qui ne manquent pas d'air !

Couverture de l'article "Dix mots qui ne manquent pas d'air !"

Michel Houellebecq : le peintre de la modernité...

Couverture de l'article "Michel Houellebecq : le peintre de la modernité..."

Un temple romain au coeur de la ville...

Couverture de l'article "Un temple romain au coeur de la ville..."
Commentaires

ale jacta est 07/06/2021 19:55

Il me donne des idées. Moi qui suis un fan de musique je pourrais composer la première symphonie du silence...en 3 mouvements...chaque spectateur viendrait écouter sa musique intérieure.
Blague à part j'imagine que Garau doit être un vrai artiste plasticien et qu'il a voulu, par cette provocation aller jusqu'au bout d'une logique absurde...
Bonne fin de soirée l'amie
PS: très émouvant de voir Georges Perec parler avec tant d'acuité et de justesse de l'univers consumériste en trompe l'oeil qui nous a hypnotisé depuis les années 60

rosemar 07/06/2021 22:13

Déjà ,dans les années 60, Perec avait pressenti cet emballement et cet engouement pour la consommation.
On peut, effectivement, transposer le vide dans tous les arts : la musique, la peinture, la littérature....
J'avoue que je ne connais pas l'oeuvre de ce peintre-sculpteur, et je ne suis pas à même de juger, mais cette vente d'une oeuvre inexistante ressemble à une opération de communication...

Belle soirée, AJE

Michel Jean 07/06/2021 19:08

Bonjour Rosemar, pour beaucoup d’exaltés les verrous de la société de consommation, qui aujourd’hui remplacent la religion, sont poussés à fond: un cauchemar, traversé d’inquiétude où tout se détraque, dont il est très difficile de se débarrasser sur-le-champ. Bonne soirée à tous.

rosemar 07/06/2021 22:07

On parle bien des "Temples de la consommation" que sont les supermarchés. Tout se vend, tout s'achète, même le vide ! C'est fort !

Bonne soirée, Michel

Marie-Pierre 07/06/2021 12:18

Moi qui pensais justement que notre société était un ramassis de "m'as-tu-vus" ! Pour certains artistes (méritent-ils ce nom ?) le rêve est de créer un chef-d'œuvre à partir de rien (tel Flaubert, mais là c'était vraiment autre chose). Il doit être sûr d'avoir réussi. Époque de communication où les sophistes règnent en maîtres.

rosemar 07/06/2021 22:03

Là, l'artiste a réussi à faire parler de lui : vendre une oeuvre inexistante, un exploit, si l'on peut dire ! Il est spécialisé dans l'art du vide !

< Un cygne aux plumes éclatantes illumine ces lieux... Du tourisme spatial pour des milliardaires... >
Créer un blog sur Overblog Créer un blog