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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 08:48
Un somptueux récital de piano avec Violaine Debever...

 

Elle entre en scène, rayonnante, avec sa longue robe bleue pour un récital de piano qui nous invite à la découverte de musiques contemporaines.

Violaine Debever se spécialise en 2011 dans le répertoire contemporain si peu connu.

Au programme de ce récital : Robert Scuhmann, Scènes d'enfant, George Crumb, A little suite for Christmas, Harrison Birtwistle, Harrison's Clock n° 3, Claude Debussy, Trois préludes, et enfin Franz Liszt, Rhapsodie hongroise n° 12.

L'occasion de découvrir certains compositeurs que je ne connaissais pas du tout.

Scènes d'enfants (Kinderszenen), op. 15, est une œuvre pour piano de Robert Schumann écrite en 1838 et composée de treize courtes pièces. Malgré son titre, elle ne s'adresse pas à des enfants, mais elle a, selon les termes de Schumann, été conçue "par un grand enfant", comme "souvenir pour des personnes qui ont grandi".

On est d'abord comme envoûté par la grande douceur de cet extrait, puis la musique devient enjouée, emplie de pirouettes, presque comique, comme dans un jeu qui prête à rire.

Le rythme s'accélère ensuite comme une cascades de notes et de rires...

Le rythme change encore, se fait lent, langoureux, plein de douceur, de tendresse propre à l'enfance.

Et on retrouve cette alternance dans l'ensemble du morceau.

Nous sommes bien dans le monde de l'enfance !

 

Avec George Crumb, on entre dans un tout autre univers musical : il invente son propre langage sonore, grâce à des sons inouïs comme venus d'un autre monde.

George Crumb, né le 24 octobre 1929 à Charleston (Virginie-Occidentale), est un compositeur américain de musique contemporaine.

"On peut parler d'une véritable réorchestration avec un piano.", nous annonce Violaine Debever.

Et l'exécution du morceau interprété nécessite la préparation du piano : cordes pincées, frottées.

Le son vient de l'intérieur du piano.

Et de fait les sonorités étranges ont de quoi surprendre ! Une véhémence qui étonne, fait presque peur... des sons caverneux puis cristallins !

On entend des sons qui résonnent à l'infini, puis un long silence...

On est séduit alors par une douce mélodie qui incite à la rêverie... La pianiste joue sur les touches mais aussi à l'intérieur du piano...

Etonnante musique parfois déconcertante, nerveuse, rude, parfois emplie de douceur !

 

Harrison Birtwistle, né le 15 juillet 1934 à Accrington, Angleterre, est, quant à lui, un compositeur britannique. Il reconnaît les influences d'Igor Stravinsky, Varèse (les sonorités extrêmes) et Messiaen (les structures rituelles) sur sa musique.

 

Avec Harrison's Clocks,  Harrison Birtwistle compose une musique totalement différente qui ne s'attache pas aux sons mais aux rythmes.

Harrison's Clocks est constitué de cinq pièces inspirées des horloges maritimes du XVIIIe siècle de John Harrison.

Elles ont été inspirés par le livre de Sobel Longitude, sur la gestation douloureusement prolongée des horloges de mer de John Harrison, aujourd'hui conservées à Greenwich. Il y a cinq morceaux substantiels, chacun commençant par une ruée de notes jusqu'au bas du clavier. Dans Clock, les mouvements contraires irréguliers et les figures saccadées sont délibérément déphasés.

Ce sont des pièces virtuoses fascinantes et exaltantes. 

Le rythme est heurté, saccadé, étrange avec des répétitions : on a l'impression d'un automate qui s'emballe...

Une mélodie en évolution furtive intégrée dans un accompagnement de notes répétées dont l'articulation exige de l'endurance et de la virtuosité de la part de l'interprète...

 

Avec les trois préludes de Debussy, on est sensible, cette fois, à la richesse des évocations et de l'orchestration : c'est une invitation au voyage et à la rêverie...

Magnifique !

D'abord, La terrasse des audiences du clair de lune : une atmosphère nocturne, calme, apaisée...

Puis, Voiles : des notes claires comme des éclats sur l'eau, on a l'impression de voir des voiliers qui dansent sur les vagues...

Enfin, Ce qu'a vu le vent d'ouest : un rythme houleux, renversant, des vagues de notes qui s'accélèrent et sont de plus en plus tempétueuses. La musique nous fait ressentir les zigzags du vent, sa puissance.

 

On aborde un univers encore plus familier avec la Rhapsodie hongroise de Liszt : on assiste à un enchaînement d'impressions et de sentiments divers...

D'abord une musique intense, nerveuse, puis un rythme enfantin, joyeux, une impression de gaieté, de valse tourbillonnante.

Quelle gaieté enivrante ! On est emporté par un tourbillon de notes étourdissant et éblouissant !

 

Un tonnerre d'applaudissements bien mérité  pour Violaine Debever...

 

Sous les rappels, elle revient interpréter Le vieux château de Mussorgsky, un air empli de douce mélancolie...

 

Bravo à cette jeune musicienne qui a su enchanter tout le public !

 

 

 

 

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commentaires

A
Un beau programme interessant avec des climats très contrastés et des auteurs et de sopeuvres que je ne connaissais pas. Certaines oeuvres contemporaines sont si éloignées des "autoroutes harmoniques " habituelles et contiennent tellement de dissonances qu'elles demandent un réel effort à l' auditeur. Ce n' est pas de la musique "confortable" au sens habituel du terme. Le but final reste bien évidemment de ressentir une émotion esthétique...c'est parfois le cas, mais pas toujours. Parfois l'auditeur sature très vite.<br /> Bonne fin de soirée l' amie et merci pour ces découvertes.
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R
Je suis moi-même assez réticente face à certaines oeuvres contemporaines, mais j'ai apprécié ce récital dans son intégralité, bien que certains morceaux soient complexes, ardus, plus difficiles d'accès. Bon, la pianiste y est pour beaucoup : du talent, une belle présence...<br /> <br /> Belle soirée, AJE
P
Je viens d'écouter Harrison's clock, le morceau que vous avez mis. C'est effectivement un peu basé sur des ruptures de tempo mais ce ne sont pas des vidéo du récital dans l'ensemble. Dommage !
Répondre
R
Dommage ! Hélas, je n'ai pas été autorisée à filmer le récital qui était vraiment magique ! Le piano : un Steinway, et la pianiste, une virtuose dans son domaine... j'ai vraiment été enthousiasmée, alors que cette musique contemporaine n'est pas facile d'accès.<br /> <br /> Bonne soirée