Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 09:30
Vers une obligation vaccinale ?

 

L'obligation vaccinale va-t-elle s'imposer en France ? Tel est le titre d'un débat diffusé sur France Culture... La question est posée... preuve, sans doute, que cette solution est envisagée ?

 

"Depuis que l'Autriche a annoncé que le pays allait mettre en place l'obligation vaccinale pour le 1er février et que le nouveau gouvernement allemand a décidé de la faire voter au début de l'année qui vient, ce qui apparaissait improbable encore il y a quelques semaines est devenu une hypothèse plausible en France.

 

Epidémiologistes et médecins rappellent que notre pays est un pionnier de cette obligation pour nombre de vaccins et en appellent à la responsabilité de chacune et de chacun pour mettre fin à l'épidémie.

 

Tandis que les défenseurs des libertés publiques s'insurgent, eux, contre la fin de la liberté de choix des individus quant à leur corps et à leur santé."

 

"Cette pandémie ne s'arrêtera qu'à deux conditions : soit elle rencontrera une immunité collective acquise par la maladie et compte tenu du fait que le covid est une maladie qui n'immunise pas bien, pas longtemps, et qu'il y a de nombreux variants, cela risque de durer plusieurs années, soit cette immunité collective qui est le seul moyen de mettre fin à une pandémie sera acquise par la vaccination, la vaccination universelle, et pour ce qui concerne chaque pays, il importe (parce que chaque pays est responsable de sa politique vaccinale) de mettre en place cette vaccination universelle.

Alors, il y a différents moyens d'y parvenir : il y a la persuasion, l'incitation et puis l'obligation...

Pour ce qui concerne l'académie nationale de médecine, nous avons fait une recommandation au mois de mai." explique Yves Buisson, épidémiologiste.

 

Laurent Chambaud, médecin, déclare quant à lui : "Nous avons maintenant à notre disposition un vaccin, ce vaccin se révèle en tout cas efficace sur la diminution des cas graves et donc des décès, et il est important de promouvoir cette vaccination le plus possible. La France est un des pays dans lesquels le taux de vaccination est le plus important, en tout cas chez les adultes.

"On a déjà une obligation pour une partie de la population, les professionnels soignants, et on a eu un mécanisme d'incitation fort en France. C'est un pays où l'obligation vaccinale est présente depuis très longtemps et le débat devra de toutes façons avoir lieu.

L'Allemagne, l'Autriche n'ont pas une tradition d'obligation vaccinale.

Pour arriver à contrôler cette pandémie, il faut la regarder au niveau mondial, et donc plus on va avoir de divergences dans la façon dont les pays fonctionnent, moins on sera en capacité de pouvoir contrôler l'évolution de cette pandémie."

 

Mathieu Slama, essayiste, défenseur des libertés, répond aux scientifiques : "J'ai l'impression que la science nous dit quoi faire, et là, on a deux scientifiques éminents qu'on ne saurait contredire, car j'imagine que ce que vous dites est tout à fait juste d'un point de vue scientifique, ils nous disent quoi faire et comment mener nos politiques.

Depuis le début de cette crise, les scientifiques nous disent dans les médias qu'il faut confiner les Français, donc on a confiné les Français, ils nous ont dit ensuite qu'il fallait mettre des couvre-feux, on a mis des couvre-feux, ils nous ont dit : il faut mettre un pass sanitaire, on a mis un pass sanitaire, et maintenant, j'ai l'impression qu'il y a une sorte de consensus, les scientifiques nous disent : mettons en place l'obligation vaccinale.

La politique, ce n'est pas appliquer la science. La politique, c'est quelques chose qui prend en compte d'autres aspects : l'obligation vaccinale pose une question démocratique majeure sur la question de la citoyenneté, puisque obliger les gens à se faire vacciner, c'est d'une part, toucher à leurs libertés fondamentales de manière très forte, mais surtout, cela crée de facto une sous catégorie de citoyens : ceux qui décideront quand même de ne pas se faire vacciner vont être mis en marge de la société, ce qui est gravissime..."

 

Selon Yves Buisson, "Une décision d'obligation vaccinale doit tenir compte de l'acceptabilité de la population. Nous en sommes parfaitement conscients. Là, il s'agit d'une pandémie qui a tué énormément de monde, qui a tué plus de 120 000 Français et plusieurs millions de personnes dans le monde et qui n'a pas fini de tuer. Quand on dit obligation, il faut bien préciser les choses, on ne va pas forcer les gens entre deux policiers, non, on ne vaccinera jamais personne de force. La vaccination ne peut se faire contre le gré des personnes... ne serait-ce que pour des questions d'éthique médicale.

S'il y a obligation vaccinale, il y aura une proportion de personnes qui refuseront la vaccination.

Moi, je trouve scandaleux que ces personnes acceptent de continuer de faire courir un virus mortel. Il faut savoir de quel côté on se place. Moi, en tant que médecin et scientifique, je considère que ces gens-là sont extrêmement dangereux.

Refuser de se faire vacciner ? Pourquoi ? Les motifs sont très vaseux, très flous." explique Yves Buisson.

 

Réponse de Mathieu Slama : "Vous faites une erreur parce que vous considérez qu'un non vacciné est un malade... Non, un non vacciné n'est pas un malade, c'est un citoyen comme vous et moi, qui paie ses impôts, qui a sa vie, qui la mène comme il veut, qui fait peut-être des mauvais choix, c'est un citoyen comme les autres et ce n'est pas un malade potentiel. Dans cette crise, on est devenus un peu tous très paranos à considérer autrui comme un malade et la vaccination serait le seul moyen à garantir qu'un être humain est autorisé à vivre socialement.

Par ailleurs, un citoyen a des raisons d'être inquiet par ce vaccin : il considère qu'il n'y a pas assez de recul ou il a le sentiment que le coût bénéfices-risques n'est pas à son avantage. C'est son droit de se poser des questions.

D'autre part, depuis deux ans, notre état de droit est en ruines et ce qui se joue, c'est notre modèle démocratique.

On s'enferme soi-même à suivre des règles qui ne sont pas toujours favorables."

 

Selon Laurent Chambaud, il faut continuer le travail de conviction.

 

 Yves Buisson, lui, considère qu'il faut aller plus haut, il faut qu'on ait un taux de couverture vaccinale de plus de 90%... on est à 76%, c'est la raison pour laquelle on a toujours de nouvelles vagues, et on aura d'autres vagues encore, d'autres hospitalisations, d'autres morts.

 

Mathieu Slama évoque encore le cas de l'Autriche : "En Autriche, avant que soit décidée l'obligation vaccinale, une autre mesure avait été annoncée qui était le confinement des personnes non vaccinées, donc si vous n'êtes pas vaccinés, on vous interdit toute vie sociale, et là, on franchissait une étape très grave : on considérait qu'il y avait une catégorie de citoyens qui ne méritaient plus de vivre une vie sociale comme les autres.

Et en France, il y a eu alors un sondage : 60% des Français étaient favorables à de telles mesures de confinement...

C'est donc une forme de consentement aux mesures qui ont été prises. Ce qui est inquiétant, c'est que depuis les attentats terroristes, une partie de la population française réclame des mesures de protection et voit de moins en moins de problèmes aux atteintes de l'état à leurs libertés. C'est exactement ce qu'on vit depuis le début de cette crise sanitaire. 

Cela doit nous interroger sur le déclin démocratique très fort qu'on est en train de vivre.

Déjà le pass sanitaire, c'est le fait de conditionner l'accès à la citoyenneté à un vaccin : c'est quelque chose de complètement inédit en France. C'est là une révolution politique sans précédent."

 

 

Laurent Chambaud, lui, insiste sur le fait qu'en Europe "on cherche désespérément une capacité de réagir de la même manière, et on n'y arrive pas. La compétence dans le domaine de la santé reste au niveau des états.

De plus, ce virus continue à circuler de manière très forte dans les pays en développement : il faudrait revoir la façon dont on peut, au niveau mondial, gérer cette épidémie."

 

Vaste programme ! Est-ce réalisable ? Pour ma part, je suis perplexe... Certains pays pauvres manquent de vaccins : comment peut-on envisager une vaccination universelle ?

 

 

Source :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/covid-l-obligation-vaccinale-va-t-elle-s-imposer

 

 

 

 

 

Vers une obligation vaccinale ?
Partager cet article
Repost0

commentaires

M
Bonjour Rosemar, dans de nombreuses fratries il arrive très souvent que certaines sœurs ou frères contractent le virus plus facilement; car tout cela est fonction de leur fragilité ou le signe évident que certains sont naturellement immunisés contre de multiples agents infectieux.
Répondre
A
Les objections que tu soulèves ont bien évidemment été analysées par les épidémiologues. Ce serait leur faire injure que de croire qu'ils n'ont pas sérieusement réfléchi à cette question, et pourtant ils sont en faveur d'élargir les campagnes de vaccinations car, outre le fait que le covid représente un risque aussi pour les enfants, la circulation du virus est nettement plus freinée (même si elle n'est pas stoppée) chez les vaccinés. C'est donc une mesure de protection pour la collectivité entière...C'est pourquoi Z aurait été bien avisé de garder ses doutes pour lui, et de ne pas effrayer les parents.<br /> https://www.france24.com/fr/europe/20211215-d%C3%A9but-de-la-vaccination-des-enfants-en-france-il-ne-faut-pas-h%C3%A9siter-%C3%A0-vacciner-les-enfants-contre-le-covid-19
Répondre
A
Merci pour le lien tres intéressant. Malgré tout, tous les épidémiologistes que j'ai lu ou entendu sont d'accord pour dire que tout miser sur le vaccin est insuffisant
R
Le problème est que les épidémiologistes ne sont pas tous d'accord sur la stratégie à adopter, par exemple :<br /> <br /> https://www.sudouest.fr/sante/coronavirus/vaccin/covid-19-contre-le-virus-le-vaccin-ne-suffira-pas-previent-un-epidemiologiste-2114856.php<br /> <br />
A
L'OMS n'est pas tout à fait d'accord avec l' UE sur cette question de la vaccination des enfants et continue de dire qu'il faut donner la priorité aux campagnes de vaccinations pour les pays qui n'en n'ont pas les moyens.Donc l' OMS n' est pas contre mais estime qu'il y a d'autres priorités. Cela est donc justifié mais ça ressemble à un voeu pieux, d'autant plus que certains pays comme l' Afrique du Sud ne se vaccinent pas(ou peu), non pas par manque de moyens mais plutot à cause de réticences culturelles( ces pays -là ont affaire à d'autres virus aussi dangereux que le covid et pour lesquels il n' y a pas de vaccins.Ils ont une autre perception que nous. Certains de leurs citoyens nous disent " vous voulez me vacciner pour protéger le monde occidental")...Donc les responsables politiques européens, par souci, de pragmatisme et d'efficacité, vont mettre en application les campagnes qu'ils sont les moyens de faire chez eux...En Europe la cause est entendue: limiter au maximum la circulation du virus et imposer des restrictions aux frontières ceux qui viennent de l'étranger....
A
J'oubliais d'ajouter qu'en France vous êtes en campagne électorale, ce qui pourrait avoir un effet négatif, avec un gouvernement qui jouerait la montre et tarderait à prendre certaines décisions impopulaires...L'autre jour Léa Salamé a voulu à tout prix faire parler Z sur cette question. Celui-ci a d'abord dit que ce n'était pas son rôle d'intervenir sur le bien-fondé de certaines mesures ( d'accord avec lui, pas de polémique électoraliste sur ce sujet)...mais sous la pression de Salamé, il a fini par dire qu'il était contre la vaccination des enfants. Et bien Z aurait mieux fait de s'abstenir sur ce sujet et de garder ses doutes pour lui. Je ne crois pas qu'il dispose des connaissances nécessaires pour répondre à cette question et il devrait faire confiance aux épidémiologues( dont c'est le boulot) qui en Europe sont très majoritairement en faveur de telles campagnes.
Répondre
R
Oui, je me souviens de cette réponse de Zemmour : beaucoup de parents s'inquiètent à l'idée de vacciner leurs enfants... il est vrai qu'ils peuvent transmettre le virus, mais ils ne font pas des formes graves... (sauf pour les enfants fragiles) de plus, le vaccin n'empêche pas la transmission du virus, c'est là un problème.
A
Je précise quand même que c' est Salamé qui a poussé Z à l' erreur, car celui-ci, dans un premier temps, avait bien dit qu'il ne voulait pas aborder ce sujet, ni en faire un thème électoral...
A
Je crois que la meilleure réponse est venue d' Allemagne et d' Autriche. Toi-même tu soulignes que ces pays n' avaient pas de tradition d'obligation vaccinale et qu'ils y viennent ( ou y sont déjà venus). C'est bien parce que de simples projections mathématiques démontrent qu'il va y avoir une nouvelle hécatombe qui serait évitable...No choice...Les antivax pourront lever les bras au ciel, leur liberté ne leur donne pas le droit de mettre la vie des autres en danger.<br /> Le temps ne va pas jouer en leur faveur car on va vite pouvoir comparer les résultats de pays qui auront des politiques vaccinales différentes. Les antivax en Europe vont perdre leur combat...Seule inconnue, le temps....Combien de temps vont-ils tenir avant de perdre ce combat ?...<br /> Bonne soirée l'amie
Répondre
R
J'avoue que je ne sais pas si c'est la meilleure réponse ? Voir ce qui se passe en Israël : "confronté à la hausse des nouvelles contaminations, alors que sa population est majoritairement vaccinée à deux ou trois doses, l'État hébreu avait déjà envisagé l'administration d'un second rappel vaccinal. Une idée rejetée dimanche par le Comité consultatif sur la sécurité des vaccins qui a également déconseillé d'administrer une dose supplémentaire aux patients guéris de la maladie, s'ils ont déjà été vaccinés avec une ou plusieurs doses."<br /> <br /> https://www.lindependant.fr/2021/12/13/covid-en-israel-le-comite-consultatif-sur-la-securite-des-vaccins-dit-non-a-la-4e-dose-9989650.php<br /> <br /> Belle soirée, AJE