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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 12:59
Le patriarche de Russie au service du Kremlin...

 

La monarchie de droit divin, cela vous dit quelque chose ? Autrefois, jusqu'en 1789, dans notre pays, le pouvoir religieux et le pouvoir politique étaient étroitement associés : le roi était censé détenir son pouvoir de Dieu. 

Un tel régime politique est une monarchie absolue dans laquelle le pouvoir du monarque souverain est légitimé par la volonté de Dieu.

 

Eh bien, en Russie, on retrouve cette association étroite du pouvoir politique et du pouvoir religieux...

"Kirill est le patriarche de Moscou, son influence est considérable en Russie, il a placé l'église orthodoxe au service de l'état, il a fait construire sur les hauteurs de Moscou une immense cathédrale dédiée aux forces armées.

Le patriarche est un soutien fervent du Kremlin, et ses discours nationalistes ressemblent, mot pour mot, à ceux de Vladimir Poutine...

"Il a appelé les croyants à protéger la patrie par la prière et non pas par la participation aux protestations sociales...", écrit Tatiana Kastouéva-Jean.

"Nous avons réussi à préserver notre indépendance, notre liberté, sur la base de toute notre histoire militaire, nous avons construit le développement de notre pays." déclare le patriarche.

A la tête de l'église russe depuis 2009, Kirill en a fait une véritable machine politico-religieuse.

 

Un jour, il a même déclaré que Vladimir Poutine était un miracle de Dieu !

" En 2015, les avions et les missiles allant vers la Syrie sont bénis par les prêtres", écrit encore Tatiana Kastouéva-Jean.

Mais le parcours du patriarche, âgé de 75 ans, n'est pas sans zones d'ombre : fils de religieux, il est soupçonné de liens étroits avec le KGB.

Attiré par le pouvoir et le luxe, sa fortune personnelle est secrète, estimée à plusieurs milliards d'euros.

Une photo officielle du patriarche est passée à la postérité : la montre du patriarche qui vaut 30 000 dollars a été effacée mais le photo-montage fait rire parce que le reflet de la montre est encore bien visible sur la table.

 

Le Kremlin finance généreusement la hiérarchie orthodoxe : il construit partout des églises.

En contrepartie, les religieux soutiennent fidèlement le gouvernement...

L'argent encore et toujours au coeur du pouvoir !

 

"Kirill est en première ligne des personnalités suspectes de compromission, de complaisance : il bénit des armes, il bénit l'agression russe en Ukraine, parce qu'il est un peu pieds et poings liés à Poutine...", commente un prêtre catholique, spécialiste de l'orthodoxie.

 

Il y a quelques voix dissonantes dans l'église orthodoxe russe depuis le début de la guerre, mais rares sont les prêtres ou les fidèles à être critiques devant les télévisions occidentales.

 

Une femme russe témoigne : "Mon père vit en Ukraine, et ça m'inquiète beaucoup, ça me fait encore plus de mal de me demander : à quoi pensent ces gens là haut, au pouvoir?"

En Ukraine, des dizaines d'églises ont été bombardées, elle ne sont même pas des refuges sûrs pour les civils..."

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/russie-kirill-le-patriarche-de-l-eglise-orthodoxe-soutient-fidelement-le-kremlin_5126047.html

 

 

 

 

Le patriarche de Russie au service du Kremlin...
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commentaires

C
Sur la crise entre le patriarcat de Moscou et celui de Constantinople quant à l'église ukrainienne : "Aux rencontres des primats, dans le cadre du processus préconciliaire, le patriarche Bartholomée de Constantinople a promis qu'il ne prendrait aucune mesure visant à légaliser le schisme en Ukraine. A la synaxe des primats de Chambésy (janvier 2016), notamment, le patriarche Bartholomée a déclaré devant les primats et les représentants de toutes les Églises autocéphales qu’il reconnaissait le métropolite Onuphre de Kiev et de toute l'Ukraine, présent à la rencontre, comme l’unique primat canonique de l’Église orthodoxe en Ukraine.<br /> <br /> Pourtant, le Patriarcat de Constantinople a pris de fait plusieurs décisions fatales pour l’unité de l’Église orthodoxe. Sa Sainteté le patriarche Cyrille a fait son possible pour poursuivre le dialogue fraternel. Il s’est, notamment, déplacé à Istanbul le 31 août 2018 pour rencontrer le patriarche Bartholomée et l’éclairer sur la situation en Ukraine et sur les possibles conséquences d’une ingérence anti-canonique de Constantinople dans ce pays. Malgré cette démarche, dès le mois de septembre, le siège constantinopolitain a nommé des « exarques » à Kiev. Cette violation brutale des canons de l’Église a forcé le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe à réagir et à cesser de commémorer le patriarche de Constantinople pendant les offices pontificaux dans l’Église orthodoxe russe. Toute concélébration avec les hiérarques du Patriarcat de Constantinople a aussi été interrompue. Le Saint-Synode a donné sa bénédiction à la lecture de prières spéciales pour l’unité dans la sainte orthodoxie, récitées dans toutes les églises du Patriarcat de Moscou pendant la liturgie.<br /> <br /> Le 11 octobre 2018, le Patriarcat de Constantinople a annoncé que son Synode : « accordait l’autocéphalie à l’Église ukrainienne », alors que l’Église orthodoxe ukrainienne n’en avait pas fait la demande ; « rétablissait » dans leur rang ecclésiastique les chefs du schisme ukrainien, « annulant » les sanctions canoniques qui pesaient sur eux et les recevant sans examen avec leurs adeptes dans « la communion de l’Église » ; « annulait la charte conciliaire signée 332 ans plus tôt, actant du transfert de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou ; ouvrait à Kiev des « stavropégies ». Malgré l’appel hypocrite de Constantinople à « s’abstenir » de prendre les églises par la violence, « au nom de la paix et de la charité », les pressions exercées sur les évêques, les clercs, les moines et les laïcs de l’Église orthodoxe ukrainienne refusant de participer à cette démarche anti-canonique, n’ont fait que s’intensifier.<br /> <br /> Dans ce contexte, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, sous la présidence du patriarche Cyrille, a été contraint de prendre l’unique décision qui s’imposait : « Au vu de la poursuite des actes anti-canoniques du Patriarcat de Constantinople, reconnaître impossible de demeurer en communion eucharistique avec lui ».<br /> <br /> Le 15 décembre 2018, un prétendu « concile de réunification » a eu lieu à Kiev. Son présidium se composait, notamment, d’un hiérarque de l’Église constantinopolitaine et du président de l’époque, P. Porochenko. Le résultat de cette réunion a été la création d’une nouvelle structure, réunissant plusieurs organisations schismatiques sous l'appellation "Église orthodoxe d'Ukraine. Le 6 janvier 2019, le patriarche Bartholomée lui a remis un « tomos d’autocéphalie ».<br /> <br /> Les décisions de Constantinople n’ont pas été soutenues par les autres Églises orthodoxes. Cependant, quelques temps plus tard, sous la pression du Patriarcat de Constantinople, les primats de trois d’entre elles – l’Église de Grèce (octobre 2019), l’Église d’Alexandrie (novembre 2019) et celle de Chypre (octobre 2020) –se sont dits prêts à commémorer le leader <br /> des schismatiques ukrainiens, Épiphane Doumenko, comme chef de « l’Église d’Ukraine ». En raison de ces évènements, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe a pris la décision d’exclure de ses dyptiques et de la commémoration liturgique le patriarche Théodore d’Alexandrie, l’archevêque Chrysostome de Chypre et l’archevêque Jérôme d’Athènes et de Grèce, rompant la communion eucharistique avec eux, ainsi qu’avec les hiérarques de ces Églises qui prieront avec les représentants du schisme." https://mospat.ru/fr/patriarch/
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A
Notons que les critiques très (trop?) mesurées du pape François n'ont pas eu l'heur de plaire au patriarche.<br /> On s'en serait douté.<br /> <br /> https://lanouvelletribune.info/2022/05/russie-leglise-orthodoxe-repond-au-pape-francois-apres-ses-critiques/<br /> <br /> La rencontre qui devait avoir lieu entre le patriarche et le Pape a finalement été annulée.<br /> Par ailleurs le Pape François n' a pas le millième de l'habileté du pape Jean Paul II pour aborder ce genre de rencontres. Je préfère encore qu'il reste sagement au Vatican car je le trouve très gaffeur (euphémisme).<br /> De toutes façons, la voie diplomatique est pour l'instant totalement bloquée. Il n'y a rien à en attendre à court terme. Seule l'évolution de la situation militaire sur le terrain va amener certains changements de positions des uns et des autres.<br /> J'écoutais ce matin Hélène Carrère d'Encausse sur TF1. Je te résume son point de vue.<br /> D'après elle, les russes voient bien qu'il y a quelque chose qui cloche en ce moment mais ils préfèrent attendre. Ils ont été un peu traumatisés par l'effondrement de l'URSS et Poutine représente une stabilité, une confiance retrouvée...En Russie les changements ne viennent jamais d'en bas, ils viennent toujours d'en haut...Selon elle, il y a quelqu'un au Kremlin qui attend son heure pour faire cesser cette folie meurtrière quand les conditions s'y prêteront dans quelques semaines...ou plus....<br /> https://www.tf1info.fr/replay-lci/video-l-interview-politique-helene-carrere-d-encausse-historienne-specialiste-de-la-russie-invitee-d-elizabeth-martichoux-2219133.html<br /> Bonne journée l'amie
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R
En Russie, il existe une collusion étroite entre le pouvoir politique et l'Eglise... dès lors, difficile d'entamer un quelconque dialogue avec le patriarche Kirill, Poutine représente le camp du bien, pour lui... <br /> <br /> Merci pour les liens.<br /> <br /> <br /> Belle soirée, AJE<br />