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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:37

 

desert-sahara-florence-devouard-creative.jpg

 

 

Bel hommage aux musulmanes, à leurs douleurs, leur vie de soumission, leur courage, cette chanson de Michel Sardou évoque, avec tendresse et émotion, le destin de ces femmes vouées à l'anonymat, la solitude, l'enfermement...

 

La chanson s'ouvre sur une évocation poétique et symbolique des paysages du désert : "Le ciel est si bas sur les dunes", "ciel et dunes" semblent se confondre, si bien qu'on a l'impression de "pouvoir toucher la lune"... Ce désert qui se mêle au ciel, c'est peut-être, aussi, une façon de mettre en évidence la toute puissance de Dieu, dans cet univers...

 

Ces paysages grandioses sont, ainsi, restitués dans leur beauté étrange et mystérieuse, paysages mystiques, et incendiés de soleil, si bien que la chaleur a l'air de sourdre de la terre : "pierres brûlées" et "toits" incandescents de blancheur de la ville algérienne de "Ghardaia" le suggèrent...

 

Puis, vient l'évocation des femmes, images traditionnelles de musulmanes voilées, cachées, entourées de silence... des images fortes d'enfermement dominent : elles sont "cernées d'un silence absolu, dans des jardins clos de solitude".

 

On perçoit, aussi, leur beauté hiératique, elles deviennent des "vierges de pierre, aux corps de Diane", déesse traditionnellement associée à la chasteté...

 

Mais on entend, aussi, leur "long sanglot", à travers des chants répétés, psalmodiés, le youyou des musulmanes.

Le refrain revient sur cette monodie "un cri, un chant", à la fois... L'antithèse souligne toute l'ambivalence de leur vie, une vie âpre dans des paysages de désert, l'amour, mais, aussi, la "gloire des hommes" auxquels elles doivent se soumettre.

 

On entrevoit une vie consacrée à l'homme qu'elles doivent servir, au risque de côtoyer la "mort".

 

Joie et douleurs sont mêlées dans ce chant : joie de l'amour, des enfants qui naissent, mais aussi souffrances et peurs qui viennent des "hommes et du ciel", en même temps. Cette association de ces deux termes permet de montrer la toute puissance des hommes assimilés à des dieux... On perçoit, aussi, "toutes les fureurs" de ces femmes : ce mot très fort met en évidence toutes les raisons qu'elles pourraient avoir de se révolter...

 

Leur courage est souligné et magnifié puisqu'on les voit "debout sur champs de ruines", "sous le vent glacé des collines"...

 

Elles sont comme des images figées, pour lesquelles "le temps s'est arrêté", une sorte de "crépuscule" qui les condamne à l'oubli... Le "crépuscule de Sanaa", ville du Yémen les recouvre comme leurs vêtements sombres.

 

Le dernier couplet est un véritable hommage aux musulmanes, à leur abnégation, leur beauté, leur douleur symbolisée par un cri, un "long sanglot", alors que "leurs amants s'endorment" paisiblement.

 

Le contraste est saisissant entre la douleur des femmes et l'impassibilité des hommes.

 

Les sonorités de gutturales, à la fin du texte, viennent souligner toutes les violences et les contraintes subies par les musulmanes : "un cri, la douleur, toutes les fureurs, elles portent, la peur, les forêts..."

 

Le texte est ponctué de quelques noms propres exotiques aux sonorités évocatrices d'un univers oriental : "Ghardaia, Sanaa, les forêts du Liban"... Ces mots ajoutent beauté et mystères à l'évocation de ces musulmanes.

 

La musique elle-même souligne le courage de ces femmes anonymes, elle s'intensifie dans le refrain : on perçoit cmme un cri de révolte, une envie de vivre envers et contre tout...

 

http://dai.ly/x16xdth

 

http://youtu.be/fN-J_eK2KTQ

 

 

 

 

desert-mauritanie---Ji-Elle--creative.JPG

 

 

desert-Atacama-libre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

niqab steve evans

 

 

 

 

 

 

 


 

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commentaires

jivaro 21/06/2015 12:31

Très beau duo de Sardou avec Chimène Badi.
https://www.youtube.com/watch?v=fN-J_eK2KTQ

rosemar 21/06/2015 19:49

Merci aussi pour ce duo...

jivaro 21/06/2015 12:25

Magnifique chanson que vous racontez très bien.

Bon dimanche en musique.

rosemar 21/06/2015 19:48

Merci pour ce message et ces encouragements.

Bonne soirée, jivaro

L. HATEM 25/01/2015 16:13


Je me suis replongé dans Sardou juste après avoir vu le film "La famille Béllier", un film magnifique axé sur sa musique... On y parle de Sardou en tant qu'artiste intemporel !


Bises du Dimanche !

rosemar 25/01/2015 19:04



Sardou a écrit de magnifiques textes : c'est, là, un des plus beaux... On doit la musique à Jacques Revaux et Jean Pierre Bourtayre, pour ne pas oublier les compositeurs !


Bises de l'hiver, LH



alea-jacta-est 24/01/2015 19:35


Fatizo


Suite à ton commentaire je ne résiste pas au plaisir de te raconter une ancedote de cette semaine au Bahut.Un de nos élèves en difficulté scolaire, Mamadou 17 ans, qui comme son nom l' indique
vient d' Afrique noire bénéficie d' un cursus à part ( avec des contenus un peu allégés et des moyens mis à sa disposition, à savoir 1 prof pour 12 élèves)afin de lui éviter d' être en échec
scolaire.L' autre jour Mamadou a balancé en classe qu' il faudrait le retour d' un homme à poigne comme le général  Franco pour que les choses aillent mieux...


Le professeur est resté sur le cul et lui a rappellé que si Franco était de retour, lui Mamadou se retrouverait vite fait bien fait en Afrique et que par ailleurs, la garde prétorienne du
Caudillo avait été formée de légionnaires qui en Afrique portaient des colliers avec les oreilles coupées et séchées des indigènes...


Bonne soirée la foule

rosemar 25/01/2015 19:20



Merci pour le récit de cette anecdote, AJEµ



fatizo2 24/01/2015 19:19


Bonsoir Rosemar,


Cet après-midi je prennais un café et à coté de moi il y avait deux jeunes filles d'environ 18 ans, une black et une beurette, et elles disctutaient de Charlie Hebdo . Et bien malgré qu'elles
n'avaient rien de la racaille, elles mettaient sur le même plan C. Hebdo et Dieudonné, elles critiquaient la France, et défendaient la religion musulmane.


Je n'ai pas voulu engagé la conversation avec elles. Mais en voyant la jeune beurette, (mignonne, maquillée et portant les cheveux long), j'avais envie de lui dire qu'elle avait de la chance de
vivre en France. Qu'ici elle pouvait s'habiller de la sorte sans être montrée du doigt (voir pire), qu'ici elle pouvait critiquer les choix politiques du pays sans risquer sa vie, qu'ici elle
pouvait vivre sa religion sans que des ayatollah l'empechent de vivre sa vie,setc....


Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 24/01/2015 21:43



Merci pour cette anecdote bien révélatrice : bien souvent, on ne perçoit pas la chance que l'on a, en France, de disposer d'une liberté de paroles, de vie... Certaines musulmanes, même en
France, vivent sous le joug de contraintes...


Bises de l'hiver



alea-jacta-est 24/01/2015 18:56


Magnifique billet plein se sensibilité Rosemar, et merci pour cette chanson ( en fait je ne la connaissais pas...)


Je ne suis pas fan de Sardou( et je me moque souvent de ses grandes chansons " géographiques" au style un peu trop ampoulé et onirique) mais là j' applaudis sans réserves.Les cris venus des
tréfonds de la Terre s' insèrent parfaitement dans le thème mélodique, un peu à la manière de Peter Gabriel...il y a un vrai souffle et de magnifiques images sur le clip...Quel hommage à la femme
musulmane !


Je crois bien que c' est la meilleure chanson de Sardou que j' ai jamais entendue...


Allez, hop..je vais me la réécouter !...et demain matin je me la chanterai sous la douche...


Bonne fin de soirée

rosemar 24/01/2015 21:38



Une des plus belles chansons de Michel Sardou que je suis ravie de te faire découvrir : la mélodie commence en douceur pour évoquer la beauté des paysages, le silence qui est associé aux
musulmanes, puis elle s'amplifie dans le refrain : "c'est un cri, c'est un chant..." Superbe !


Belle soirée, AJE