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Où vais-je ?

Publié le 29/01/2014 à 05:47 Par rosemar
Couverture de l'article "Où vais-je ?"

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La séparation, les amours brisées, voilà un thème qui peut toucher chacun d'entre nous : c'est ce thème qu'aborde, avec poésie et émotion, Guy Béart dans une de ses chansons intitulée : Où vais-je ?

 

La brisure apparaît, dès le début : les amants sont séparés par "le vent et les mots", association inhabituelle de termes qui montre bien la force de la rupture... La communication entre ces deux êtres n'existe plus.

 

La "gare" évoquée est, aussi, le symbole même du départ et de la séparation... on voit des enfants qui "rentrent de l'école, un moineau qui vole" : ces détails banals, ordinaires traduisent l'indifférence du monde extérieur à la douleur du poète.

 

Et, dès lors, le poète s'interroge sur le sens de sa vie : "Et moi où vais-je, où vais-je / Dans le sable ou la neige... " On perçoit sa solitude avec cet emploi de la première personne soulignée : "moi".

On ressent une certitude désabusée et inéluctable dans cette phrase au futur : "elle ne viendra plus".

 

La nuit dans laquelle déambule l'homme abandonné devient le symbole de la tristesse, de l'accablement.

 

Le poète fait allusion à la chambre qui a réuni, autrefois, les deux amants : désormais, il "s'y cogne les membres", image de la douleur, de la souffrance, de l'absence.

 

Le poète semble, ensuite, vouloir oublier cette rupture en se tournant vers d'autres amours qui paraissent déjà voués à l'échec, des amours sans âme, de passage, comme le suggèrent les expressions : "amour tordu, des bras sans visage".

 

Le poète paraît comme perdu : il pense à trouver des"amis de paille, des bistrots de ripaille", pour oublier sa peine, mais l'ivresse ne conduit qu'à renforcer la peine, la tristesse, elle mène vers la déchéance : "corps et coeur" sont perdus. 

 

Le personnage perd ses repères, ne retrouve même plus sa porte... la belle image de la clé devenue "morte" représente la détresse du poète. Les nombreuses gutturales accentuent l'idée d'une souffrance désespérée.

 

Et soudain, réapparaît la "bien aimée", dans un rêve, comme par un "sortilège" et le poète s'interroge, alors, sur son sort : bonheur ou tristesse ? L'amante a-t-elle retrouvé un nouvel amour ?

On perçoit bien, dans ce texte, tous les tourments de l'amoureux obsédé par un amour perdu : la douleur insurmontable semblable à celle d'un enfant perdu, l'égarement, l'alcool, le désarroi, l'illusion du rêve, les interrogations, les doutes que traduisent les questions.

 

La mélodie douce et mélancolique souligne bien la souffrance de la séparation. Le refrain avec les questions : "où vais-je, où vais-je ?"restitue le désarroi.

 

La fin du texte introduit une nouvelle question :"et toi où t'en vas-tu ?"On voit bien que le poète ne peut oublier encore cet amour disparu... puisqu'il s'adresse, encore, à la jeune femme, à la deuxième personne, comme si elle était encore présente à ses côtés.

 

 

http://youtu.be/w9wgKGOXSqg

 

 

 

 

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Photos : rosemar

 



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Commentaires

ALEA JACTA EST 30/01/2014 20:21


Une belle chanson douloureuse et tendre que je ne connaissais pas...et un délicat arpège à la guitare qui accompagne tout en sensibilité la mélodie...


Merci rosemar et bonne fin de soirée

rosemar 30/01/2014 21:12



Une chanson peu connue, elle méritait bien un article : je vois que tu es un connaisseur en arpège ! 


Bonne soirée AJE



NINA 30/01/2014 18:19


J'étais incapable de commenter hier, Rosemar. Car il est vrai que cette douleur-là, nous l'avons tous vécue un jour ou l'autre. Et personnellement tant de fois... ce sentiment que -horreur !- la
terre continue de tourner alors que le coeur saigne à cause de l'absence d'un être cher, aimé..
Merci Rosemar pour le qualificatif de "POETE" concernant Guy Béart. Oui, vous savez entr'ouvrir chacun des mots qu' il a voulu entr'ouvrir, appuyer où il voulait appuyer. Un poête, oui... je me
souviens de cette altercation stérile entre Gainsbourg et Béart, "art mineur", "art majeur".
Non, pour moi, il n'y a pas d'Art mineur. Il y a l'ART.. tout court... Et hélas ! tous les cons... Bonne soirée, Rosemar.


 

rosemar 30/01/2014 19:47



Musique et poésie sont associées depuis les origines : les chansons de Brassens, Brel, Ferrat, Béart sont une forme de poésie moderne, elles sont tellement chargées d'émotions, tellement
belles. Merci pour ce partage d'émotions.


Belle soirée NINA



fatizo 29/01/2014 18:59


Très belle chanson que je ne connaissais pas .


Tout est là. Les filles de passage "sans visage" . Les amis de "ripaille" avec qui l'on boit . Tout ce qu'on fait pour "oublier" .


Je ne sais plus ou est ma porte, ma clef est morte ....


Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 29/01/2014 20:57



J'ai découvert cette chanson, récemment : ce n'est pas une des plus connues de Béart mais une des plus belles : émotions, sensibilité, douleur.


Bises du sud 



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