Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:48

 

carnaval

 

Dans l'antiquité, les Saturnales, fêtes en l'honneur du Dieu Saturne se déroulaient quelques jours avant la fin du mois de décembre. C ’était une sorte de carnaval évoquant l’âge d’or, sur lequel régnait Saturne.


Symbole d'un âge d'or associé au bonheur, à la prospérité, à l'harmonie, cette fête renversait l'ordre de la société. Les esclaves pouvaient momentanément jouer le rôle des maîtres, et inversement : c'était l'occasion d'un défoulement qui permettait une forme canalisée de subversion. On contestait l'ordre établi, on le remettait en cause, pendant quelques jours.

 

Les Saturnales faisaient donc intervenir le thème du renversement ou de l'inversion.

L'esclave pouvait se déguiser en maître et l'on voit bien la relation avec nos carnavals modernes où l'on se travestit, où l'on change de rôle.

 

Au Moyen-âge, les fêtes du carnaval offraient, même, l'occasion d'élire un roi et de le détrôner à la fin des festivités : là encore, on retrouve ce thème de l'inversion.

De fait, comme les Saturnales dans l'antiquité, le carnaval permet de se distraire, d'oublier les contraintes de la vie ordinaire et quotidienne, d'échapper, pendant quelque temps, à la morosité ambiante.

 

Le carnaval, coloré, bariolé est un divertissement qui nous fait oublier les tracas de notre monde, c'est une parenthèse constituée de rires, de danses, de défilés animés.

Le carnaval est bien la fête du rire et du défoulement !

 

On ne s'étonnera pas de constater que les Saturnales, le carnaval soient proches de ce que l'on appelle la parodie littéraire. Certains disent même, que la parodie trouve ses origines dans les Saturnales de l'antiquité.

 

La parodie est une imitation burlesque d'un texte qui passe par l'inversion, la dérision, l'exagération, la caricature : on renverse les valeurs pour les dénoncer, en montrer le ridicule, on s'amuse d'un genre littéraire que l'on détourne.

 

On peut, ainsi, parodier une fable, un texte épique.

 

 Dans le Virgile travesti, Scarron, auteur du XVIIe siècle, réécrit L'Énéide, l'épopée antique de Virgile, dans un registre de langue familier.
Dans Ubu-roi, Alfred Jarry reprend la tragédie Œdipe-Roi de Sophocle et dénonce, de manière caricaturale, la tyrannie du pouvoir.
Dans La cigale, de Jean Anouilh, on voit bien, dès le début du texte, en quoi consiste l'inversion parodique de la célèbre fable de La Fontaine : la cigale qui appartient au monde du show-biz a accumulé tant d'argent qu'elle éprouve le besoin de le placer...
 
 "La cigale ayant chanté 
Tout l’été, 
Dans maints casinos, maintes boîtes 
Se trouva fort bien pourvue 
Quand la bise fut venue. 
Elle en avait à gauche, elle en avait à droite, 
Dans plusieurs établissements. 
Restait à assurer un fécond placement. 
Elle alla trouver un renard, 
Spécialisé dans les prêts hypothécaires 
Qui, la voyant entrer l’œil noyé sous le fard, 
Tout enfantine et minaudière, 
Crut qu’il tenait la bonne affaire."
 
La suite de la fable montre tout le cynisme de la cigale, elle est bien à l'inverse du personnage de la fable de La Fontaine, le contraire de l'insouciance, c'est l'image même de la cupidité.
Au passage, Anouilh égratigne le monde des artistes et du show-biz âpre au gain, attaché à l'argent facile gagné dans des placements.
 La parodie se veut distrayante, amusante mais elle fait, aussi, appel à des références, à une culture littéraire : pour comprendre la parodie et l'apprécier, il faut connaître le modèle original.
 
Saturnales, carnaval, parodie, on perçoit, là, une continuité dans le rire, la dérision, la subversion...

La parodie peut être un simple jeu littéraire mais elle  permet aussi de critiquer la société, d'en montrer les absurdités, les incohérences, les injustices.

 

 

http://youtu.be/C7X24uxtiSU

http://youtu.be/IPEOLAU32zk

 

 

carnaval-4.jpg
carnaval-2.jpg

carnaval-14.jpg
carnaval-7.jpg

fable Grandville, Ombres portées,



Partager cet article

Repost 0
Published by rosemar
commenter cet article

commentaires

Lapin37 18/02/2014 18:02


Bonsoir tous, rosemar, certes ces saturnales débridées peuvent surprendre, surtout l'inversion des rôles sociaux mais ... il s'avère que les esclaves intelligents évitaient quand même
l'affrontement  ;-))) Non, il faut remonter plus loin dans le temps, avant que la morale ait adouci les moeurs car à l'origine il y avait mort ! les légions éloignées de Rome ont gardé la
vraie tradition, un jeune soldat était tiré au sort début décembre, vivait une douce vie joyeuse, puis fin décembre, devait s'égorger sur l'autel de Saturne - on l'y aidait si nécessaire !- c'est
la tradition du "dieu qui meurt et renaît" au profit du peuple ! Cette mort on la retrouve à la destruction du roi du Carnaval. Les traditions nous rappellent des temps où les "jeux" étaient
mortels, où la compassion, la nôtre, était peu présente, où le sang coulait ! le "bon vieux temps" quoi  ;-)))


Bonne soirée, bises.

rosemar 20/02/2014 19:06



Merci Lapin pour l'évocation de ces rites guerriers que je ne connaissais pas, des rites barbares et sanguinaires ! Les romains étaient passés maîtres dans l'art de la cruauté !


Bises et belle soirée



alea-jacta-est 17/02/2014 16:55


Bonjour Rosemar et merci pour toutes ces informations...finalement je ne savais presque rien !!!! Le carnaval correspond bien à cette idée de transgression et de défoulement une fois par an
qu' on retrouve dans toutes les civilisations.Des amis allemands m' explicaient que pendant ces périodes festives( kermesses et carnavals) il n' est pas rare de se laisser aller à quelques
infidélités conjugales sans lendemains...d' ailleurs les femmes sortent de leur côté en groupes et les hommes aussi ...comme ça, ça facilite les "rencontres" !!! Je n' ai
malheureusement pas eu l' occasion de vérifier par moi-même...


Pour toi qui aime les pastiches, je te signale au passage l' innénarrable patrick Rambaud de l' académie Goncourt, roi de la parodie au style brillant qui a écrit, entre autres,VIRGINIE Q de
marguerite "Duraille"...et MURUROA MON AMOUR


Va falloir que je remette la main sur ces ouvrages...la vraie Marguerite n' avait pas du tout apprécié..mais alors pas du tout du tout...quant à moi, je crois bien que je préfère le pastiche à l'
original !!!


http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Rambaud


Bonne fin de journée

rosemar 17/02/2014 20:50



Un grand défoulement, une façon d'oublier le quotidien  mais je ne savais pas que les infidélités étaient au programme ! Merci pour ces références littéraires que je ne connaissais
pas !


Belle soirée AJE



fatizo 16/02/2014 19:52


Merci pour ce moment de culture Rosemar. Je constate qu'Anouilh était en avance sur son temps lorsqu'il critiquait les artistes avides d'argent .


On l'a vu il y a peu avec ces artistes de gauche qui soutenaient ADOPI,ou encore avec ces acteurs qui touchent des salaires énores par film, au point qu'ils mettent en danger le cinéma français .


Bises et belle semaine Rosemar

rosemar 16/02/2014 20:56



C'était  l'occasion d'évoquer les fêtes du carnaval, une ambiance pleine de gaieté, de musique, de rires... Le texte d'Anouilh doit dater des années soixante : la cigale chanteuse
pense surtout à accumuler de l'argent, de nos jours, elle placerait son argent en Suisse, comme le font beaucoup de gens riches du show-biz : un texte plein d'actualité !


Belle semaine et bises du sud



L. HATEM 16/02/2014 18:15


Merci pour toutes ces infos Rosemar... ça paraît incroyable que le temps d'une fête, maître et esclave pouvaient inverser leurs rôles !!!

rosemar 16/02/2014 20:50



C'était sans doute un jeu, une façon de lâcher du lest pendant quelques jours, une subversion bien contrôlée...


Bises du sud !



Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Http://fatizo.over-Blog.com/