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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 20:36

goncourt

 

On va bientôt commémorer le centenaire de la guerre de 14 : cent ans déjà ! Nos grands-pères ont connu cette guerre, un conflit ravageur, terrible, qui a tué des millions de jeunes gens, qui les a, parfois, mutilés, meurtris à vie...

 

Cette guerre qu'a dénoncée, avec tant de hargne, Céline, dans son célèbre roman Voyage au bout de la nuit, a inspiré un auteur contemporain, Pierre Lemaître qui vient de recevoir le Goncourt 2013 : Au revoir, là haut, tel est le titre de son roman, on pourrait dire : au revoir l'espoir, au revoir le bonheur, et bonjour l'enfer, celui d'une guerre meurtrière et terrible qui a marqué une génération...

 
Dans ce roman, Pierre Lemaître raconte, avec un humour noir, l’horreur des tranchées dans les cinquante premières pages ; puis il évoque l’après-guerre.
 
Deux rescapés de la guerre deviennent des parias, sont plutôt rejetés, exclus et mal accueillis par la société de l'époque.... ces héros montent une arnaque aux monuments aux morts pour se venger.
 
L'auteur peint une société impitoyable dans laquelle les faibles sont anéantis alors que les nantis et les puissants s’enrichissent très rapidement. On peut y voir une image même de l’Europe écrasée par la crise de la dette actuelle : les chefs militaires de 1918 sont aussi insensés que les traders, les banquiers qui nous gouvernent, aussi dénués de sens moral et d'intégrité.
 
L'histoire, l'amitié, le désespoir, la misère humaine sont convoqués dans ce grand roman proche d'une épopée...
 
On perçoit l'atrocité, la saleté de la guerre, sa violence, ses excès : c'est une dénonciation virulente qui montre la cruauté des combats mais aussi tous les sacrifices inutiles qui les accompagnent.
 
Et ce qui suit la guerre est tout aussi infâme ; des profiteurs s'emparent des cadavres des morts, les utilisent à des fins mercantiles : l'horreur de la guerre n'en finit plus...
 
Et c'est encore dans ce monde là que nous vivons : celui des profiteurs, des agioteurs, des spéculateurs pour qui seul l'argent compte, au mépris de la dignité humaine et du bonheur des hommes...
 
Ceux qui vouent un culte à l'argent nous gouvernent encore, ils nous font payer leur goût du luxe, leur soif d'argent, leur cupidité sans fin et sans fond.
 
Ce roman étonnant ne décrit pas seulement la société du début du xxème siècle : il évoque notre monde, celui dans lequel nous vivons, un monde où des élites sacrifient le peuple en le livrant au chômage, à la précarité, à la peur, la misère.
 
Comme autrefois, on sacrifiait les gens dans une boucherie immonde, on les anéantit, désormais, dans une crise qui n'en finit plus...
lecture



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commentaires

Pan DieuLune 05/11/2013 21:20


« La guerre, un
massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. »


Paul
Valéry 

rosemar 05/11/2013 21:48



Merci de ce rappel : la guerre est une horreur et certains en tirent profit, c'est particulièrement scandaleux : la crise actuelle est aussi  une forme de guerre qui anéantit les
plus fragiles, les plus humbles... 


Belle soirée PanDieu...



fatizo 04/11/2013 21:46


Ca à l'air excellent, l'aurait-tu lus?


En tout cas le compte-rendu ue tu en fais donne envie de le lire, je n'en dirais pas autant du livre de Yann Moix . Marre de ce gens qui parlent d'eux dans leur bouquin .


Bises et belle soirée Rosemar

rosemar 05/11/2013 21:45



Non, à ma grande honte, je n'ai pas lu ce roman mais le sujet en relation avec l'actualité m'a intéressée : cette guerre a été épouvantable et l'horreur s'est prolongée bien après : les
gueules cassées ont été parfois rejetées... 


Bises du sud...