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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:05

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Le nom même de cette organisation "civitas" évoque un passé lointain, le mot "civitas" désignant, en latin, la "cité" : l'association se définit comme un mouvement social et politique du "lobby catholique traditionaliste", un "mouvement dont le but est la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ."

 

Les termes utilisés "royauté, tradition" invitent à une régression dans les idées,  la pensée.

L'association milite activement contre le mariage homosexuel, prétendant défendre la famille traditionnelle, considérant les homosexuels comme des êtres hors norme, et même comme des malades.

 

La théorie du genre a, aussi, provoqué un tollé chez ces catholiques intégristes si bien que de fausses informations et rumeurs ont été diffusées sur internet... des photos douteuses ont été relayées sur le site de civitas montrant une professeur d'éducation sexuelle dans des positions scandaleuses. En fait, les photos avaient été prises non pas en France, mais au Canada !

 

Ces intégristes veulent donc instaurer la cité de Dieu et ont voulu censurer un film plutôt anodin qui évoque la théorie du genre : le temps d'un été, une petite fille se fait passer pour un garçon : tel est le scénario du film "Tomboy", diffusé sur ARTE.

 

Au lieu de s'insurger contre les sites de pédophilie, de pornographie qui fleurissent sur le net, cette organisation intégriste préfère s'attaquer à un film assez banal, qui ne présente aucune image choquante : le but est surtout de s'attaquer à un gouvernement qui a autorisé le mariage des homosexuels et qui offre à ces gens une reconnaissance.

 

Avec civitas,on est bien dans un obscurantisme religieux, une intolérance qui appartiennent au passé : Voltaire, en son temps, a lutté contre ce fanatisme qui se cache sous le masque de la religion...

 

Avec civitas, on retourne au Moyen-âge, dans un monde où les homosexuels étaient montrés du doigt, stigmatisés, dénoncés, ridiculisés, on retourne dans un passé fait de répression, de condamnation, de rejet, on remonte le temps pour tomber dans une idéologie passéiste et régressive, on retombe dans une propagande indigne, trompeuse, inadmissible.

 

Le temps des tartufferies est révolu : sous prétexte de défendre la foi religieuse, civitas propage une idéologie de rejet, fondée sur des rumeurs : on assiste, ainsi, à une contagion de la haine qui est dangereuse.

 

Les censeurs de civitas nous font penser à des Tartuffe qui sous couvert de religion, n'hésitent pas, eux-mêmes à répandre de fausses accusations, à semer le doute, à instaurer des divisions, des conflits.

 

On assiste, de plus en plus, à des résurgences de l'intégrisme, un peu partout dans le monde : il faut les condamner et refuser ces régressions qui portent atteinte à la liberté, à l'épanouissement des individus.

 

L'intégrisme se nourrit d'ignorance, il vise à rabaisser l'être humain, à le déconsidérer, à annihiler toute pensée et toute réflexion.

 

L'intégrisme est dangereux : il bride, il censure, il interdit, il fustige, c'est encore une des plaies des temps modernes !

 

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 18:08

mort le triomphe brueghel

 

La fossoyeuse, la faucheuse, la camarde, que de termes terrifiants pour évoquer la mort !

 

Ainsi, dans une de ses chansons à la tonalité moyenâgeuse, Angelo Branduardi nous révèle, d'abord, une image inquiétante de la mort et lui donne la parole : la mort se présente elle-même et délivre son identité : la tête couverte d'une "couronne", elle incarne la toute puissance...

 

"Maîtresse et patronne" de la vie humaine, elle affirme sa cruauté avec assurance avec des termes très forts : "dure, cruelle, déchirures". La gutturale "r" répétée retranscrit cette violence, cette âpreté.

 

La mort, représentée sous la forme d'une allégorie, parle à la première personne, elle emploie un futur qui marque la certitude : "rien n'arrêtera mes déchirures".

On perçoit son attribut traditionnel, une faux, symbole de son pouvoir et de sa souveraineté : la mort provoque la peur, elle fait "trembler" les hommes.

 

Rien de bien nouveau dans cette évocation terrifiante de la mort, pourtant, la réponse de la foule des hommes, face à l'intrusion de la mort, provoque une certaine surprise : aucune peur, mais on entend une invitation à danser, à profiter de la fête.

 

La mort est invitée à festoyer : on la célèbre, on l'accueille dans les maisons, on essaie de l'apprivoiser et de la flatter : qualifiée de "maîtresse du monde", elle devient la reine de la fête.

 

La mort, image même de la douleur, de la torture, de l'horreur peut entrer dans le choeur de la danse, après avoir déposé sa faux, une façon d'amadouer la faucheuse et de la dépouiller de toute l'horreur qui l'entoure.

 

Peut-on voir dans cette chanson une façon de dire qu'il faut apprivoiser la mort pour mieux l'accepter ? Peut-on voir, ici, une manière de braver la mort et de ne pas la redouter ?

En fait, le but est aussi de "tuer" la mort, en la faisant danser et en l'incitant à oublier son ouvrage.

 

Il faut donc imaginer des stratagèmes pour ne pas se laisser dominer par la peur de la mort : profiter de la vie, danser, s'amuser... une façon de vaincre la mort. 

Chanson de mort ou chanson de vie ? L'entrain de la musique, la joie qui préside à la danse sont exaltants, pleins de gaieté et d'élan...

 

C'est une chanson joyeuse qu' a composée Angelo Branduardi, une chanson qui est, en fait, un hymne à la vie, qui nous invite à'entrer dans la danse, à nous joindre à la fête.


La musique légère, ponctuée de claquements de mains traduit un bonheur, un désir d'effacer toutes les ombres liées à l'idée de mort.

 

http://youtu.be/lWeWRw7TQRA

 

 

 

mort le cavalier de la mort très riches heures du duc de B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mort Hermes Psykhopompos

 

 

Mort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 18:49

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Décidément, les publicitaires manquent de plus en plus d'imagination, notamment dans le domaine bancaire : pour attirer le client, tous les moyens sont bons mais ils sont souvent inadaptés et ont, même, un effet désastreux.

 

Ainsi, la dernière publicité pour LCL tournée par Gad Elmaleh est un véritable fiasco... une publicité où l'on voit l'acteur, devant son public : il affirme rêver d'une banque qui soit faite spécialement pour lui , qui pense à ses propres intérêts ; la foule s'esclaffe, alors, de rire, manifestant son incrédulité.

 

Et en voix off, on entend cette phrase : "Cette banque n'est pas un rêve, c'est une réalité ! LCL, demandez plus à votre banque !"

Comment un tel argumentaire pourrait-il fonctionner ? Que l'on présente les différents services offerts par une banque, soit, mais qu'on prétende qu'une banque pense aux intérêts du client, on tombe dans la parodie et le ridicule !

 

Qui peut y croire ? D'ailleurs, les rires de la foule le démontrent : de plus en plus, les banques sont des entreprises commerciales qui nous sont devenues indispensables, dont nous ne pouvons nous passer, certes, mais nous savons depuis longtemps que les banques ne sont pas des entreprises désintéressées, qu'elles profitent de toutes les occasions pour s'enrichir de notre argent.

 

Les banques, les banquiers sont bien à l'origine de la crise que nous subissons de plein fouet, depuis plusieurs années.

 

Les banques nous servent des intérêts dérisoires pour tous les comptes qu'elles détiennent.

 

On a, vraiment, l'impression que toutes les banques se valent et se ressemblent.

 

Une telle publicité, alors que la crise bat son plein, que des gens souffrent du chômage, ne peut que provoquer le rire, mais aussi la colère et le rejet.

 

Alors que les banques et les banquiers prospèrent, que les financiers continuent à jouer avec le feu, alors que la crise sévit, partout, en Europe, on nous sert le couplet des banques qui pensent aux intérêts des clients !

 

Quelle impudence !

Décidément, les publicitaires manquent tellement de subtilités qu'ils en oublient les réalités qui les entourent ! Dans quel monde vivent-ils ? Celui de l'argent, celui des apparences trompeuses à tel point qu'ils se laissent eux-mêmes abuser par les illusions de nos sociétés ?


Personne ne peut plus, désormais, échapper au système bancaire : nos salaires sont versés sur des comptes et notre argent nous échappe : que devient-il entre les mains avides des banquiers ? Pouvons-nous le contrôler ?

Les prêts bancaires nous coûtent cher et nous passons, parfois, toute une vie à les rembourser.

Nous savons, depuis longtemps, que les banques ne sont pas des organismes de philanthropie : qu'on veuille nous le faire croire relève de la pure inconscience et du mépris !

 

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 19:01

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Les oursins ! Nourriture divine ! Nectar coloré au goût d'embruns et d'écumes !

 

Autrefois, mon grand-père allait, souvent, pendant les mois d'hiver, à la pêche aux oursins : il utilisait la technique de la "radasse", des filets tendus sur une chaîne, qui permettaient de racler les fonds. La pêche, près du petit port de l'Estaque, était souvent fructueuse : une bonne partie était consacrée à la vente, une autre nous permettait de goûter à ce nectar des mers....et c'était, alors, l'occasion d'une savoureuse oursinade ou dégustation d'oursins...

 

L'oursinade se pratiquait à l'extérieur, au grand air : la famille se réunissait, en cercle, autour du plat d'oursins. Il fallait, d'abord, découper, avec habileté, ces châtaignes des mers aux piquants acérés : des ciseaux affûtés permettaient d'ouvrir ces échinidés et d'en admirer l'intérieur nacré, velouté, aux couleurs dorées, ocres ou orangés.

 

L'ouverture de chaque oursin était comme une découverte, une surprise ! Parfois, c'était une grande déconvenue, car l'oursin vide de toute substance devait être mis au rebut, mais, le plus souvent, c'était un émerveillement devant les couleurs irisées de la manne offerte, en forme d'étoiles dorées.

 

Mon père se chargeait de cette tâche qui exige la dextérité et le savoir-faire d'un expert.

 

La dégustation passait, d'abord, par le regard : on avait le loisir d'admirer les teintes éclatantes de la nourriture fournie par les échinidés : des raies alignées de rouge, d'or, de jaune éclatant, d'orange...

 

On aimait aussi, au passage, humer les sucs parfumés et iodés de ce nectar divin, aux senteurs de la mer qui fleurait bon les embruns, les algues, le sel...

 

Saisir l'oursin demandait une certaine habitude pour ne pas se blesser : il fallait prendre l'objet avec délicatesse.

 

C'est alors que venait la dégustation : on pouvait se délecter de la chair pulpeuse de l'oursin grâce à un morceau de pain.

 

On s'imprègnait de senteurs marines....On goûtait tous les plaisirs de ces fruits de la mer, car l'oursin ne réclame aucun apprêt et se déguste nature : voilà un mets des plus simples, des plus naturels qui offre tous les bienfaits de la mer...

 

Ces oursinades étaient l'occasion d'une réunion familiale où l'on commentait les couleurs, le contenu : on s'extasiait devant l'abondance de la nourriture, le goût fruité, les parfums marins de ces oursins...

 

L'oursinade était un véritable spectacle : on admirait les fruits entourés d'épines de couleur sombre qui faisaient ressortir les teintes éclatantes du contenu...

Les odeurs iodées emplissaient l'espace, les paroles fusaient pour célébrer cette nourriture venue d'un autre monde, aux contours si étranges, aux éclats d'amarante.

 

La dégustation, en plein air, était une véritable fête des yeux, du goût, des senteurs de la mer.

 

 

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 16:48

 

carnaval

 

Dans l'antiquité, les Saturnales, fêtes en l'honneur du Dieu Saturne se déroulaient quelques jours avant la fin du mois de décembre. C ’était une sorte de carnaval évoquant l’âge d’or, sur lequel régnait Saturne.


Symbole d'un âge d'or associé au bonheur, à la prospérité, à l'harmonie, cette fête renversait l'ordre de la société. Les esclaves pouvaient momentanément jouer le rôle des maîtres, et inversement : c'était l'occasion d'un défoulement qui permettait une forme canalisée de subversion. On contestait l'ordre établi, on le remettait en cause, pendant quelques jours.

 

Les Saturnales faisaient donc intervenir le thème du renversement ou de l'inversion.

L'esclave pouvait se déguiser en maître et l'on voit bien la relation avec nos carnavals modernes où l'on se travestit, où l'on change de rôle.

 

Au Moyen-âge, les fêtes du carnaval offraient, même, l'occasion d'élire un roi et de le détrôner à la fin des festivités : là encore, on retrouve ce thème de l'inversion.

De fait, comme les Saturnales dans l'antiquité, le carnaval permet de se distraire, d'oublier les contraintes de la vie ordinaire et quotidienne, d'échapper, pendant quelque temps, à la morosité ambiante.

 

Le carnaval, coloré, bariolé est un divertissement qui nous fait oublier les tracas de notre monde, c'est une parenthèse constituée de rires, de danses, de défilés animés.

Le carnaval est bien la fête du rire et du défoulement !

 

On ne s'étonnera pas de constater que les Saturnales, le carnaval soient proches de ce que l'on appelle la parodie littéraire. Certains disent même, que la parodie trouve ses origines dans les Saturnales de l'antiquité.

 

La parodie est une imitation burlesque d'un texte qui passe par l'inversion, la dérision, l'exagération, la caricature : on renverse les valeurs pour les dénoncer, en montrer le ridicule, on s'amuse d'un genre littéraire que l'on détourne.

 

On peut, ainsi, parodier une fable, un texte épique.

 

 Dans le Virgile travesti, Scarron, auteur du XVIIe siècle, réécrit L'Énéide, l'épopée antique de Virgile, dans un registre de langue familier.
Dans Ubu-roi, Alfred Jarry reprend la tragédie Œdipe-Roi de Sophocle et dénonce, de manière caricaturale, la tyrannie du pouvoir.
Dans La cigale, de Jean Anouilh, on voit bien, dès le début du texte, en quoi consiste l'inversion parodique de la célèbre fable de La Fontaine : la cigale qui appartient au monde du show-biz a accumulé tant d'argent qu'elle éprouve le besoin de le placer...
 
 "La cigale ayant chanté 
Tout l’été, 
Dans maints casinos, maintes boîtes 
Se trouva fort bien pourvue 
Quand la bise fut venue. 
Elle en avait à gauche, elle en avait à droite, 
Dans plusieurs établissements. 
Restait à assurer un fécond placement. 
Elle alla trouver un renard, 
Spécialisé dans les prêts hypothécaires 
Qui, la voyant entrer l’œil noyé sous le fard, 
Tout enfantine et minaudière, 
Crut qu’il tenait la bonne affaire."
 
La suite de la fable montre tout le cynisme de la cigale, elle est bien à l'inverse du personnage de la fable de La Fontaine, le contraire de l'insouciance, c'est l'image même de la cupidité.
Au passage, Anouilh égratigne le monde des artistes et du show-biz âpre au gain, attaché à l'argent facile gagné dans des placements.
 La parodie se veut distrayante, amusante mais elle fait, aussi, appel à des références, à une culture littéraire : pour comprendre la parodie et l'apprécier, il faut connaître le modèle original.
 
Saturnales, carnaval, parodie, on perçoit, là, une continuité dans le rire, la dérision, la subversion...

La parodie peut être un simple jeu littéraire mais elle  permet aussi de critiquer la société, d'en montrer les absurdités, les incohérences, les injustices.

 

 

http://youtu.be/C7X24uxtiSU

http://youtu.be/IPEOLAU32zk

 

 

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fable Grandville, Ombres portées,



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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 17:31

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Dans le lointain, les fuseaux noirs des cyprès, les cédres, les pins enchevêtrés aux couleurs diffuses de verts : l'azur fait surgir des trilles qui émergent des bosquets, des flûtes, des éclats de voix, bonheurs des oiseaux qui s'éveillent.

 

Dans l'air vif du  matin, résonnent des arabesques, des sarabandes, des vrilles qui naissent dans les branches...

 

Les oiseaux font vivre et bruire les fourrés, la cyprière résonne de leur chant pendant que les pins s'éblouissent de ces frissons légers.

 

Les voix douces, frémissantes traversent l'espace, s'épanouissent, s'enflent, voix diverses, aux tons variés... Des bois, s'élèvent des pirouettes de cris qui virevoltent.

 

Quelques arbres dépouillés pleurent l'hiver, silhouettes brunes et desséchées sur l'horizon... Quelques arbres étalent leurs brouillades de roux sur l'azur... Des pins dressent leurs encorbellements de branches sur le ciel.

 

L'horizon s'immobilise sous le froid du matin, les ramures des pins semblent comme engourdies de gel et de brumes glacées.

Mais les oiseaux sont là, invisibles, ils lancent leurs trilles dans le ciel, les sons se répercutent dans le silence du matin, les voix se répondent.

 

Des cliquetis, des cris, des frémissements légers parcourent l'espace, affleurent les arbres, montent sur la colline.

 

Des voix transpercent les arbres, les rassemblent dans une douce harmonie. 

 

Les voix emplissent les fourrés, animent les verdures des pins dans le froid de l'hiver. La nature semble revivre, se peupler à nouveau d'un monde inconnu, mystérieux, de voix lointaines.

 

Dans les branches touffues, s'enroulent des crécelles, des trilles, des vrilles, des bruissements de chants d'oiseaux...

 

Des clameurs, des refrains, des éclats de soie traversent et déchirent l'espace.

 

Le soleil étreint les arbres de ses éclats dorés et flamboyants : ils se remplissent de vies, se parent de la splendeur du jour...

 

 

http://youtu.be/c2zye5kKrEk

 

 

http://youtu.be/7glg1OmXRcE

 

 

 

 

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:37

 

amour-libre

 

L'amour, mille fois chanté par les poètes, donne lieu à des oeuvres inoubliables : Jean Ferrat l'a évoqué souvent. Dans un de ses poèmes intitulé "C'est toujours la première fois", il raconte l'amour fidèle, l'amour qui dure malgré la fuite du temps ou la séparation...

 

La femme est célébrée par des images : elle devient "jeune louve", "eau dormante" qui s'échappe au soleil d'été, elle est "une souveraine" d'un jardin, on la voit disparaître entre deux haies. Ces métaphores transforment la femme et l'associent à la nature, une nature pleine de beauté. Et si la femme semble s'échapper, c'est pour mieux revenir auprès de l'être aimé.

 

L'amour lui-même est magnifié par une succession d'images : l'amour personnifié "file sa laine entre les doigts parfois désaccordés" des amants, l'amour est assimilé à la "soif", à la" faim", et devient essentiel et vital pour le poète.

 

L'amour semble tisser des liens de plus en plus forts entre les êtres, comme le suggère l'image de la "laine"qui réunit et rassemble.

 

L'amoureux sait se faire humble devant la femme, on le voit "plier genoux et bras", la lèvre desséchée, on le voit "trembler". Et la déclaration d'amour n'en est que plus touchante et émouvante... Que de simplicité et de sensibilité dans ce texte ! 

 

Le refrain qui vient ponctuer la chanson est aussi, à lui tout seul, une magnifique déclaration : "Tu peux m'ouvrir cent fois les bras, C'est toujours la première fois" ...

Bien sûr, on retrouve dans ce texte des lieux communs de la littérature sentimentale : l'amour qui dévore, consume, qui émeut et fait trembler, mais Ferrat renouvelle ces images, les fait siennes.

 

Le poème avec ses évocations de la nature donne une impression de bonheur limpide et transparent... L'amour présenté comme un trésor précieux qui fait vivre, espérer apparaît plein d'évidence. Dès lors, le poète s'efface devant cet amour qui le transcende, il devient un simple "pas qu'efface le vent", encore une image empruntée au monde de la nature, pleine de beauté. 

 

La femme aimée est aussi présentée comme un pays à redécouvrir sans cesse, source de bonheurs renouvelés : elle est à la fois "proche et lointaine", elle ne se révèle pas complètement et garde, ainsi, une part de mystère...

 

La mélodie pleine de douceur souligne merveilleusement les vers et le poète peut bien dire que les mots ne sont pas assez forts pour exprimer tout son amour, mais on ressent toute la tendresse du monde dans sa chanson.

 

Jean Ferrat, poète de l'amour sincère, de l'amour vrai écrit, là, un texte qui révèle bien toute la force des sentiments, dans un langage plein de pureté et de limpidité. Quant à la musique, elle semble murmurer et s'écouler comme une source transparente.

 

 

http://youtu.be/rDYF01lBREc

 

 

http://youtu.be/t3W-lGsGZHs

 

 

 

 

 

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 18:50


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Un sondage, paru sur le journal Le point, révèle bien la façon dont on regarde et juge les fonctionnaires en France, la question posée était la suivante : "Trouvez-vous que ce soit une bonne idée de geler l'avancement automatique des fonctionnaires pendant 2 ans ?"

 

A une écrasante majorité, 71% ont répondu oui à cette interrogation. On le voit, pour beaucoup de français, il faut bloquer l'avancement et les salaires des fonctionnaires, même si un grand nombre d'entre eux ne roulent pas sur l'or et ont des difficultés à boucler leur fin de mois.

 

Non, les fonctionnaires n'ont plus la cote : ils coûtent trop cher, bientôt, on proposera même de raboter leur salaire.

 

Les fonctionnaires sont encore considérés par certains comme des privilégiés, en raison de la sécurité de l'emploi dont ils bénéficient, dans une période de crise : certes, c'est là un avantage indéniable mais beaucoup de fonctionnaires travaillent dans des secteurs difficiles : l'éducation, les hôpitaux, la police...

 

Des secteurs justement affectés par la crise : les hôpitaux sont engorgés, saturés...

Les enseignants sont confrontés à toutes les difficultés de la société : chômage, divorces, drogues, les adolescents étant de plus en plus perturbés par tous ces problèmes.

 

Qui veut, désormais, entrer dans l'enseignement ? Les jeunes qui perçoivent toute la complexité de ce métier, se détournent de cette profession.

 

Il faut arrêter de considérer les fonctionnaires comme des nantis de la république : si certains le sont, ce n'est qu'un petit nombre, la plupart des fonctionnaires subissent aussi la crise : augmentation des impôts, des prix, stagnation des salaires.

 

Pourrait-on se passer des écoles, des hôpitaux, de la police ? Tous ces secteurs sont essentiels dans le fonctionnement d'une société.

 

On dit que l'école n'est pas assez performante, mais elle n'est que le reflet de notre monde avec tous ses problèmes, ses manques, ses tares.

L'hôpital fait aussi les frais de la crise : manque de moyens, de personnels, engorgement des services d'urgence.

 

Tout le monde est touché par la crise et les fonctionnaires ne font pas exception : et même s'ils ne connaissent pas le chômage, beaucoup rencontrent des difficultés : certains enseignants n'hésitent plus à quitter "le confort de l'éducation nationale" pour entrer dans le privé ou se mettre à leur compte car le professorat devient de plus en plus lourd et ingrat.

 

Alors que certains parents démissionnent, n'arrivent pas à inculquer des règles de vie à leurs enfants, on demande aux enseignants de jouer aussi le rôle éducatif des parents : est-ce possible alors que les classes sont de plus en plus chargées ?

 

Jalouser les fonctionnaires est absurde, car tous les gens qui travaillent sont confrontés à des difficultés grandissantes dans une société de plus en plus complexe.

 

Jalouser les fonctionnaires, c'est là un esprit bien français : on regarde toujours ce qui se passe chez le voisin pour envier ce qu'il possède, sans voir les difficultés des autres...

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 15:57

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"Elles pouvaient m'emmener, me sublimer, ces invraisemblables midinettes, elles n'avaient qu'un geste à faire, un mot à dire, et je passais, à l'instant même et tout entier dans le monde du Rêve." C'est ainsi que Céline évoque la beauté des femmes américaines, divines apparitions qui subjuguent le narrateur de son roman, Ferdinand Bardamu dans "Le voyage au bout de la nuit".

 

Avec le mot "midinette", on entre dans le monde des apparences : créé à la fin du 19ème siècle, ce terme désignait à l’origine les ouvrières de la mode, qui se contentaient d’un petit repas frugal, une dînette, à midi. Contraction de deux mots, "midi" et "dînette", ce nom comporte un suffixe de diminutif -ette qui suggère une idée de légèreté, de frivolité.

 

Quel joli mot ! 

La midinette nous montre, désormais, une jeune fille ou jeune femme naïve et sentimentale qui affecte d’être une dame de qualité. C'est, là, le sens moderne du mot.

 

La midinette se donne des apparences, elle ne réfléchit guère. Dans le roman de Céline, elle apparaît comme une créature éthérée. On la voit en train de dévorer des yeux les devantures des magasins, "accaparée par l'attrait des sacs, des écharpes, des petites choses de soie, exposées" dans les vitrines.

 

Quand on parle aujourd'hui de midinette, on se représente une jeune fille fleur bleue, assez naïve et romantique. 

 

Les sonorités redondantes de ce mot, la voyelle "i" répétée, les consonnes dentales "d" et "t" qui se répondent, traduisent bien une forme de légéreté, de naïveté, de simplicité.

La midinette nous amuse, nous fait sourire, sa jeunesse lui donne une sorte d'inconscience, une forme d'élégance sympathique.

 

Le mot oscille entre tendresse et dérision, le mot hésite entre gentillesse et frivolité.

 

Bien que ce mot soit moins employé de nos jours, les midinettes existent toujours : romantiques, rêveuses, elles sont attachées à leur apparence, à leurs toilettes, à la mode.

 

On perçoit bien dans ce terme toute l'innocence de la jeunesse, toute son insouciance.

La midinette nous émeut, nous renvoie à notre enfance, à un monde de rêve, de nonchalance.

 

Les midinettes dans le roman de Céline ravissent le narrateur, deviennent pour lui des apparitions fugitives, des divinités difficiles à approcher : on perçoit une distance, car Ferdinand Bardamu, simple immigré ne semble pas avoir d'existence pour elles.

 

Le Dieu Dollar les sépare et on voit toute l'importance de l'argent dans la société américaine des années 30 : ces invraisemblables midinettes ne s'intéressent qu'aux vitrines des magasins où elles admirent des objets de luxe et ne voient même pas les êtres humains qu'elles croisent.

 

 

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 18:43


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Un châtaignier qui chante : des poutres qui craquent dans une maison, tout le monde est sensible aux bruits du vieux bois... Jean Ferrat en a fait une chanson pleine de charme et de poésie.

 

Le châtaignier, devenu charpente, est personnifié : il est présenté comme l'âme de la maison. Les poutres crient, se plaignent de ne plus porter de châtaignes. Cet arbre semble envahir la demeure, "la baraque, le grenier".

 

Cet arbre est doté de sentiments : il semble se plaindre de l' oppression du toit qui pèse... il est, aussi, doté de souvenirs : il se souvient de ses origines, il chante, donc, la chanson des bois que seul le poète entend, une chanson pleine de douceur : on peut imaginer, alors, sous nos yeux, l'image d'un bois de châtaigniers envahis d'oiseaux.

 

Les verbes "entendre, chanter" répétés de manière insistante nous font écouter la musique de ces poutres de bois : la voyelle nasalisée "an" revient pour suggérer une impression de légèreté, de tendresse.

 

La gaieté, c'est bien l'impression qui ressort de cette chanson... D'ailleurs, le châtaignier est symbole de vie et sa chanson est remplie de douceur et de joie.

 

On est sensible à la belle personnification qui joue sur le sens des mots et qui fait de la poutre une femme amoureuse : "la poutre-maîtresse" doit supporter le poids de tout le toit.

 

Le châtaignier est aussi le protecteur de la maison, il sert d'abri contre "le froid, la neige". Des mots simples, parfois familiers "baraque, bicoque" donnent une impression de bonheur vrai.

 

A la fin de la chanson, l'arbre est même assimilé à un artiste qui sait charmer l'auditoire de sa voix, de ses messages, tel un amoureux de la vie : on perçoit, là, l'image même du poète qui a écrit ce texte : le châtaignier et Jean Ferrat sont ainsi réunis et associés. La complicité est évidente puisque le poète est le seul, dans la maison, à entendre la chanson de l'arbre.

 

On ressent tout un amour de la nature, de la simplicité, des arbres. On entend les poutres craquer et on est ébloui par l'émerveillement du poète.

 

La nature est en harmonie avec le monde des humains : si l'arbre se plaint, c'est pour signaler sa présence bienveillante et protectrice, si l'arbre chante, c'est pour bercer les insomnies du poète.

 

La mélodie légère traduit un bonheur de vivre, une grande harmonie.

 

 

http://youtu.be/ArBWyTPmrNs

 

 

chataignier

 

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