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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 17:51
coccinelle auteur cayron gilbert
 
Coccinelle ! Adalie ! Ecarlate, corallines, éclats de rouge, amarante, sur le vert des feuilles, elle brille de lumières, elle rutile et s'embrase de spinelles sombres...
 
Cascatelle de rouge ! Ruisselet de feu !
 
Aspiole, génie des feuilles, fée des arbres, la coccinelle s'empourpre de rouges et de noirs...
 
Nymphe des bois et des fleurs, subtile, divine pointille de lumières de pourpre !
 
Poinçon de flammes sur les feuillages, on ne voit qu'elle, si petite, si légère, si rouge ! 
 
Pétales brillants, perles d'aubes rougeoyantes, embrasements de feux !
 
Lucioles rouges, étincelles d'éclats, les coccinelles ! Surprises de vermillon, de kermès, les coccinelles s'éblouissent de lumière !
 
Brillances, vivacités, lueurs de rouges ! Embruns de rouille sur les fleurs du printemps, les coccinelles mettent des couleurs vives sur le monde...
 
Rouge, noirs, lucidité, transparence de l'air, leurs teintes diffusent le bonheur, la vénusté, l'éclat...
 
Finesse, légèreté de coccinelle !
 
Humilité, étoile ardente de pourpre sur le vert des feuillages, coquelicot, incarnat, corail, sang de lumières !
 
Douce et vive, lumineuse et noire, subtile et flamboyante coccinelle !
 
 
 
 
 
 
 
coccinelle 4

Coccinelle en haut de l'article  auteur : Cayron Gilbert   creative commons  



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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 18:34
coquelicots-auteur-guy-MOLL.jpg

Le thème de la femme-fleur parcourt la littérature : Ronsard a célébré la femme maintes fois, en l'assimilant à un bouquet de fleurs... On se souvient de l'ode à Cassandre : "Mignonne, allons voir si la rose... " Ronsard évoque la fragilité de la fleur, symbole du temps qui passe si vite et en profite pour lancer une invitation à l'amour. On retrouve ce motif dans une chanson d'Angelo Branduardi, intitulée Coquelicots dans la récolte.

Dans ce poème, la jeune fille est comparée à un bouquet éblouissant de fleurs sauvages, image de beauté, de grâce, de liberté, un bouquet à venir, rempli de promesses...
 
Le poème s'ouvre sur l'évocation de "chaudes nuits d'été", et sur une expression où l'on fait ce constat : "Tu as grandi", le tutoiement souligne une familiarité et en même temps, évoque l'univers de la jeunesse. Des désirs représentés par de "Grands Feux "ont commencé, alors, à naître : on peut voir, là, une allusion à l'adolescence.
 
Les champs sont transformés en "un lit couleur de joie", image pleine de sensualité... Le coquelicot deviendra bouquet prêt à être cueilli et la jeune fille pourra se mettre en quête de celui qui viendra ramasser le bouquet.
 
Le coquelicot, couleur de feu et d'amarante représente bien, ici, le désir amoureux : les sonorités éclatantes de la consonne gutturale "k" traduisent la violence du désir qui se révèle.
 
Les danses, les farandoles de séduction se mettent en place... L'image des feux associés à l'amour revient, pour signifier la force de l'ardeur qui naît...
 
L'adjectif "curieuse" , le verbe "chercher" utilisés dans le refrain soulignent bien la quête amoureuse.
 
La jeune fille est comparée à une "branche", "la plus belle" que l'on essaie d'atteindre, puis à une "pomme nouvelle", symbole du désir et de la fragilité, une pomme destinée à être croquée et "mordue".
 
Voilà le coquelicot dans la récolte, prêt à être cueilli : la fleur, image même de la fragilité, du désir flamboyant symbolise, à merveille, cet âge où le désir fleurit, où l'adolescence se fait jour et connaît de nouveaux émois.
 
Le poème met bien en évidence la quête du désir amoureux mais aussi ses dangers et ses difficultés : la "pomme mordue" suggère, peut-être, une forme de blessure.
 
La mélodie à la fois douce et lancinante nous fait percevoir toute l'ambivalence de l'amour : quête et douleurs sont associées. 
 
On trouve dans ce poème tout un art de la suggestion et, en même temps, une grande force d'évocation dans les images.
 
La mélodie, légère, douce correspond bien à ce monde de l'adolescence si fragile...
 
 
 
 
 
coquelicot creative commons auteur arnaud 25
coquelicots-Robert Vonnoh
Coquelicots   auteurs : Guy Moll    / Arnaud 25  creative commons



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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 15:20

 

fonctionnaire
 

Haro sur les fonctionnaires ! Des nantis, des privilégiés, des profiteurs ! Un article paru sur le journal Le point fustige, ainsi, les fonctionnaires et préconise d'aligner le système des retraites des fonctionnaires sur celui des salariés du privé ! Voilà la solution pour résoudre tous les problèmes ! Aggraver encore la pauvreté de certains fonctionnaires qui touchent des retraites misérables et ils sont légion !

 

Pratiquer, ainsi, la division dans un pays en crise est proprement scandaleux ! Rendre les fonctionnaires responsables de tous les maux est indigne...

 

D'autant plus indigne, que les fonctionnaires sont tenus dorénavant à un total de 42 annuités pour l'obtention de la retraite, d'autant que certains gagnent durement et modestement leur vie, d'autant que les conditions de travail s'alourdissent un peu partout, car l'état s'attache à faire des économies...

 

Le métier d'enseignant, lui-même, n'attire plus les vocations : le ministère peine à trouver des candidats pour les concours d'enseignement : pourquoi ? Quelle est l'explication, alors que cette profession est présentée comme si avantageuse par certains, alors que le régime de retraite paraît si attractif ??

 

Haro sur les fonctionnaires ! On peut bien mépriser ces gens qui ne connaissent jamais le chômage ! Histoire de satisfaire ceux qui le connaissent ! 

 

De tels propos qui instaurent une division permanente sont dangereux : les fonctionnaires, s'ils sont épargnés par le chômage, ne sont pas épargnés par la crise et notamment les petits fonctionnaires...

 

L'alignement par le bas est à la mode : il s'agit de raboter, de grignoter tous les acquis sociaux et de faire payer la crise aux plus pauvres, aux plus démunis...

 

Comment peut-on tolérer de telles prises de positions face aux scandales financiers, aux paradis fiscaux qui perdurent, face aux gaspillages en tous genres des impôts des contribuables ? Les fonctionnaires sont, aussi, assujettis à l'impôt et ne peuvent en aucun cas frauder...

 

Le journaliste du Point dit qu'il faut rétablir "la justice" en alignant le système des retraites mais enfin quelle justice ? Celle qui consiste à appauvrir des gens humbles ? Car on ne parle pas, ici, des hauts fonctionnaires qui, eux, possèdent de vrais privilèges !

 

Quelle justice ? Celle qui consiste à désespérer des gens qui sont entrés dans la fonction publique, en connaissant les avantages et les inconvénients du métier qu'il avaient choisi d'exercer : mutations dans des régions lointaines, ordres de mission imposés, salaires peu attractifs ?

 

On ne peut, sans cesse, faire payer la crise aux gens qui travaillent, qui peinent à gagner leur vie, qui souffrent : d'autres solutions existent, les écarts se creusent, sans cesse, entre les plus riches et les plus pauvres, il faut lutter contre les fraudes fiscales, taxer l'argent caché des puissants !

 

Les cibles que vise ce journaliste ne sont que des leurres, les fonctionnaires sont devenus des boucs émissaires dans une société en crise : il faut s'attaquer aux gens qui profitent de la crise, qui s'enrichissent grâce à elle et non l'inverse !

 

A-t-on le droit de propager ainsi la division entre les salariés, de désigner à la vindicte populaire une catégorie de travailleurs ? 

 

Assez de leurres, assez de faux semblants ! On vit dans uns société de déni et de mensonge permanent ! Il est temps de percevoir les réalités : notre monde en oublie de condamner ceux qui sont les vrais privilégiés, ceux qui sont à l'origine même de la crise !

 

L'article du journal, Le Point :

 

http://www.lepoint.fr/economie/gele...

 

 

 fonctionnaire-copie-1

 

 



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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:47

 

Photo0676

 

Des chaloupes de nuages envahissent le ciel, de leurs ombres de gris et de blancs....

Belles chaloupes de nuées sur le bleu du ciel, beau foisonnement d'écumes sur l'azur !
 
Chaloupes de vagues, chaloupes de verdures au printemps, quand les rameaux ondoient sous le souffle des vents.
 
Chaloupes de clartés matinales au rougeoiement de l'aurore !
Le mot chaloupe désigne, d'abord, une embarcation, un grand canot de transport : issu de l'ancien français, "chaloppe", "coquille de noix", c'est un dérivé du nom "eschale ou écale, écaille" qui est une enveloppe de certains fruits, noix, noisette, amande, formant une sorte d'écorce coriace, une coquille...

 

Ce mot aux sonorités de chuintante, de labiale, de voyelles variées évoque aussi, par association d'idées, les flots de la mer, ses plis et ses replis, son tangage et ses roulis.

 

La mer toujours en mouvement fait "chalouper" les navires, elle fait virevolter les embruns... la mer, toujours bercée de flux et de reflux, danse sous nos yeux...

On voit des moutonnements, des foisonnements de vagues, des veloutines d'écumes, des brouées de bleu, de verts.

 

Le verbe "chalouper" désigne, également, une démarche ondulante et ondoyante, on peut marcher ou danser en se balançant latéralement, comme pourrait le faire une chaloupe.

 

Le mot "chaloupe" peut être employé, aussi, de manière figurée : une chaloupe de nuages suggère un paquet, un groupe de nuages dans le ciel... une façon de restituer l'ondoiement des nuages dans le ciel qui font songer à des navires à la dérive...

 

Ce mot nous emporte dans des tourbillons d'écumes, de mouvements, un balancement inlassable, celui de l'onde amère, celui des tempêtes de la mer !

 

Ce mot nous fait chavirer, nous enivre de turbulences, de flottements... il nous fait entendre des enroulements de vagues, le bruissement incessant des flots... des ondes hérissées ou plus douces...

 

Ce mot nous bouscule, nous fait tanguer, nous fait percevoir le roulis des vagues, il nous berce de rêves de voyages....

 

Il nous emporte sur les flots tumultueux de la mer vers de nouvelles rives.

 

Coquille, chaloupe, deux mots qui semblent éloignées par le sens mais dont on perçoit la parenté grâce à l'étymologie, deux mots qui se rejoignent : la chaloupe se laisse emporter par les flots comme une coquille de noix...

 

 

 

http://youtu.be/Xj0jFsxhgCc

 

 

 

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Photos : Christelle et rosemar



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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 16:17

 

ecole

 

Le problème du recrutement des enseignants se fait de plus en plus aigu : posez la question autour de vous... Qui veut, désormais, entrer dans l'enseignement ?

 

Qui veut être muté, en début de carrière, dans une région lointaine, inconnue ? Qui veut affronter la violence ordinaire, l'indiscipline des élèves ?

 

Qui accepte d'être déconsidéré, méprisé dans une société où l'autorité des professeurs est sans cesse contestée par les parents, par les élèves eux-mêmes ?

 

Qui a envie de corriger des copies de plus en plus indigestes, mal orthographiées, mal rédigées, des copies de plus en plus nombreuses, car les classes sont de plus en plus chargées ?

 

Qui souhaite entrer dans un métier où l'enseignant est taillable et corvéable à merci ? Rencontres avec les parents, organisation de bacs blancs, de devoirs communs, correction des épreuves orales du baccalauréat, parfois dans des villes fort éloignées du lieu de travail et de résidence...

 

Qui a envie d'être contrôlé par des inspecteurs qui sont totalement coupés du terrain et n'en connaissent plus la réalité ?

 

La crise du recrutement des enseignants s'intensifie et ce n'est pas étonnant : même en période de crise et de chômage, le ministère a les plus grandes difficultés pour recruter de nouveaux enseignants : les candidats aux concours se raréfient...

 

La situation en devient dramatique : une campagne a même été lancée pour promouvoir le métier de professeur ! Des vidéos manquant totalement de réalisme ont été mises en ligne... on y voit un professseur d'histoire évoquer une expérience : le but étant de rendre les élèves acteurs du cours ! Les élèves sont invités à créer un nouveau parti politique ! 

 

Comme si on pouvait, ainsi, rendre, sans cesse, les élèves acteurs d'un cours, comme si les programmes n'existaient pas, comme si l'activité d'un enseignant pouvait se limiter à animer des débats...

 

La réalité est là : dans certaines disciplines, on voit, aujourd'hui, plus de postes offerts que de candidats, et les jurys n'osent même pas les affecter tous, sur les postes, tant le niveau est, parfois, particulièrement bas.

 

Triste réalité ! Un des métiers les plus importants de nos sociétés est sacrifié à des modes : la transmission des connaissances n'est plus au coeur de ce métier, or, elle est essentielle, seules les connaissances permettent de progresser, elles sont un support indispensable de la réflexion.

 

Il faut redonner du sens, du poids à ce métier, le revaloriser non pas avec des vidéos truquées et sans intérêt, mais en remettant à l'honneur la culture, la grammaire, l'orthographe, en instaurant d'autres rapports entre enseignants et élèves : l'autorité est indispensable et les parents ne doivent pas la contester...

 

L'administration doit, aussi, soutenir les enseignants, les aider dans leur tâche, ne pas mettre en cause leurs décisions.
 
Les enseignants se retrouvent trop souvent isolés face à leur classe, leurs élèves, les parents, l'administration...
 
Oui, ce métier peut être passionnant dans l'échange avec les élèves, dans la transmission des savoirs qui est essentielle, mais à force de réformes mal pensées, hâtives, précipitées, l'enseignement a perdu de son prestige : il faut, absolument, redonner à ce métier son lustre, et en montrer toute l'importance...
L'enseignement ne devrait-il pas être une priorité dans une société moderne ? Ne devrait-il pas être au coeur et au centre de toutes les préoccupations ?
Il est temps d'arrêter les vaines réformes pour remettre, enfin,  le savoir et la culture à l'honneur !
écoles reut



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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 16:48

 

 

balsamine-auteur-jerzy-opiola.JPG

 

Aspioles de vermillons, rosaces de pourpre, balantines de fleurs enroulées sur elles-mêmes...

 

Teintes de feux, soie de papillon fragile et gracile, la balsamine enflamme ses corolles de rouges imprimées d'un blanc de lys... veloutines, pétales largement déployés offerts au regard, la balsamine libère ses éclats de couleurs...

 

Des tiges de veines rouges, des feuilles finement dentelées d'épis légers subliment les fleurs.

 

Les feuilles allongées, panaches élégants, veinées de rouge, lancent leurs flammes de verts autour des pétales, elles s'enroulent autour des fleurs somptueuses.

 

Eclats d'amarante, de blanc, la balsamine découpe ses pétales en ailes de papillons veloutées et subtiles...

 

Balsamine ! Baumes de couleurs, baumes d'élégance, de finesse !

 

Sous la fleur, une tige souple s'évase, aux couleurs de roses, fine, délicate, légère !

Douceur et éclats des teintes ! 

 

Les feuilles d'un vert sombre s'éblouissent des couleurs de la fleur... Fleur de l'ombre, fleur discrète et flamboyante à la fois, la balsamine s'épanouit sous nos yeux, s'arrondit de ses calices feutrés...

 

Elle fait voltiger des papillons de fleurs, des pétales en formes d'ailes aériennes, des rosaces, des volutes, des enroulements de couleurs.

 

Elle déroule des formes voluptueuses, des couleurs contrastées, des tourbillons, des valses qui virevoltent !

 

Sur le vert foncé des feuilles, les pétales flamboient, font exploser leurs couleurs de blanc, de feux !

 

http://youtu.be/w8LL1x6J2rU

 

 http://youtu.be/r2Xdlgii-Rc

 

 

 Balsamina_Impatiens-auteur-vinarayaj.jpg

 

 balsamine-auteur-rob-hille---libre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 14:59

 

livre (2)

 

"On n’a pas évoqué une chose quand on l’a appelée par son nom. Les mots, les mots, on a beau les connaître depuis son enfance, on ne sait pas ce que c’est", a écrit Henri Barbusse, dans L’Enfer...

 

Les mots constituent un réseau, un monde complexe de significations diverses, de sons différents, d'échos, de résonnances, de musiques. Ils nous permettent de penser, de communiquer, de dire, d'exprimer tellement de nuances !

 

D'abord, ils mettent en jeu des sonorités plus ou moins douces, des voyelles plus ou moins aiguës. Les mots associés ne créent-ils pas une sorte d'harmonie musicale ? On peut, grâce à eux, entendre la violence terrifiante et terrible d'un combat, la douceur apaisée d'un soir d'automne, un moment de mélancolie alanguie.

 

On peut entendre un cri de douleur : "Ah longues nuits d'hiver de ma vie bourrelles/ Donnez moi patience et me laissez dormir !", écrit Ronsard, dans un de ses derniers poèmes, où il évoque ses souffrances, ses nuits d'insomnie.

 

Les mots chantent, crient, parlent, racontent : ils ont parfois plusieurs sens : la "grève" nous fait voir une plage qui se déroule à l'infini, ce même mot nous fait entendre des ouvriers en colère qui manifestent, qui hurlent, qui défendent leurs droits.

 

Le nom commun "pompe" désigne tantôt le faste, la magnificence, tantôt un appareil qui sert à pomper de l'eau, il peut, même, évoquer familièrement une paire de chaussures.

 

Certains termes ont un sens péjoratif, d'autres une connotation élogieuse et valorisante : un "bellâtre", une "pécore" nous sont peu sympathiques. D'autres sont dotés de suffixes à valeur affectueuse : une "fillette", une "maisonnette".

 

Les mots peuvent se combiner entre eux : véritables carambolages de mots ! Le verbe "écrabouiller" est bien la contraction de deux vocables : "écraser et bouillie".

 

Les mots comportent aussi de nombreuses connotations par association d'idées : la mer évoque l'immensité, le voyage, la liberté, le mouvement, l'évasion.

 

Les mots forment des ensembles, des familles indissociables : clamer, clameur, acclamer, déclamer, s’exclamer, proclamer, réclamer...Clara, clarifier, clarinette, Clarisse, clarté, déclarer...

 

Les mots possèdent une histoire, leur sens évolue, dérive, se modifie à travers le temps.... 

Le nom embonpoint désignait, autrefois, l' état où se trouve une personne qui est "en bon point", c'est à dire en bonne santé.
Le terme enthousiasme évoquait le fait d'être habité par une divinité, théos, en grec, c'était anciennement une "fureur prophétique ou poétique qui transporte l'esprit, et qui lui fait dire des choses surprenantes et extraordinaires."
L'adjectif superbe se disait aussi de"celui qui est orgueilleux, qui a de la présomption, une trop bonne opinion de lui-même."
 
Que de mystères dans les mots ! Que d'énigmes à découvrir, tant leur richesse est infinie !
 

 liseuse fragonard libre

 

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 15:56

Photo1222.jpg

 

La nature qui entre par la fenêtre, avec deux "branches de tilleul", le ciel personnifié qui "cligne des yeux", des papillons qui dansent la "passacaille", voilà un cadre propice à un duo amoureux. C'est ce cadre familier que décrit Jean Ferrat, dans une de ses chansons, en rendant hommage aux paysages du sud...

 

Toute la nature s'anime et semble participer à la fête, au bonheur de la vie et de l'amour.

 

La passacaille, danse populaire d'origine espagnole qui remonte à la Renaissance évoque un monde d'autrefois, où régnait la lenteur, où l'on prenait le temps de vivre : la voyelle "a" répétée de ce mot crée un rythme plein de charme et d'harmonie.

On voit aussi un "lézard, des genêts, des bruyères", toute une faune et une végétation du sud, une ambiance chaleureuse.

 

Un oxymore, "pays de tendresse et colère" suggère bien les paysages du sud, remplis de soleil, de chaleur où soufflent, parfois, des tempêtes de mistral, pays de contrastes étonnants.

 

Un torrent se permet de "déchirer" le silence du paysage, verbe évocateur très fort qui personnifie le torrent et lui donne une force intense.

 

Et même la fumée d'une cigarette, tenue par la jeune femme s'anime d'une vie particulière, et semble participer à la beauté du décor : la fumée se donne en spectacle, fait des "pirouettes" et souligne les "longs doigts" de l'amoureuse.

 

Le poète intervient, alors, tel un vrai "saltimbanque" qui séduit par ses gestes : il s'adresse à la sensualité même de la jeune fille : "ses bras, sa bouche, ses jambes malignes..."

 

Le mot "saltimbanque", plein de vie, de joie, grâce aux sonorités de voyelles nasalisées, participe au bonheur de la scène.

 

Le pays à la fois "si riche, si pauvre" donne des leçons d'humilité et de vie : on y apprend une certaine liberté, un certain art de vivre, on y devient plus "nôtres", comme le dit si bien Ferrat.

 

Ce nouvel oxymore traduit bien l'ambivalence du sud : pays "riche" de son climat, de sa beauté, de son harmonie, mais pays "pauvre", aussi, dans son aridité, sa rudesse.

 

Le refrain, plein de simplicité et de familiarité, traduit une harmonie, un bien-être infini : "ce qu'on est bien..."

 

C'est là, une invitation à profiter du temps présent, de la nature offerte, des plaisirs les plus simples, c'est là, un poème plein de sensualité : la vision des papillons, l'odeur des tilleuls, le murmure du torrent entremêlent différentes sensations... Les couleurs de vert, de blanc, de genêt flamboyant participent à la beauté du paysage évoqué.

 

La mélodie légère, volatile donne une impression de liberté, de bonheur infini...

 

 

http://youtu.be/ez1yZuwwF7g

 

 

Papillon_Provence-auteur-veronique-pagnier.jpg

 

-_genet_epineux-auteur-pierre-bona-creative.jpg

 

 

 

 

 

 

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lezard-auteur-DC.jpg
photos : arbres: rosemar / Creative commons papillon : Véronique Pagnier  / genêt : Pierre Bona / lézard : DC



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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 16:14
calame 2

"Le silence est revenu encore, plein d'ivresse et de lueurs. Par moments, la musique des chalumeaux s'élançait à nouveau, glissait, puis s'éteignait", a écrit J. M. G. Le Clézio, dans un de ses romans les plus célèbres, intitulé Désert.
 
Le chalumeau... tout le monde connaît cet instrument, utilisé, de nos jours, par les soudeurs, et qui produit une flamme très chaude par la combustion, sous pression, d’un mélange de gaz et d’oxygène...
Mais, le chalumeau a été, d'abord, un simple roseau, le mot vient d'un terme grec κάλαμος, kálamos, repris et transcrit en latin, calamus qui désigne le roseau... ce mot évoque, aussi, un instrument de musique pastorale qui était, à l'origine, un roseau percé de plusieurs trous.
 
C'est le diminutif latin, calamellus " petit roseau " qui a donné le français chalumeau, au sens devenu désuet de " flûte de berger ".
 
Le "chaume" est issu de ce même radical et désigne une tige herbacée, creuse, simple, garnie de nœuds, propre aux graminées, telles que le blé, l’avoine...
 
Le terme " roseau ", lui, est dérivé de l'ancien français, ros, "roseau ", auquel on a ajouté un suffixe de diminutif... Terme moins évocateur par ses origines, il fait penser, néanmoins, à un nom de fleur, à une belle végétation... 
 
Le chalumeau originel nous fait songer, quant à lui, à un monde pastoral ancien, à un univers simple, rustique : joli instrument fait d'un roseau, il évoque des bergers entourés de leurs troupeaux, se livrant à des plaisirs musicaux, jouant des airs champêtres. Dans le texte de Le Clézio, le chalumeau et sa musique pastorale font vivre et animent la solitude du désert.
 
Chuintante, labiale, voyelles variées, le mot nous fait entendre un petit air de flûte apaisant et doux.
 
Le calame, ou roseau taillé servait, aussi, dans l'antiquité pour l'écriture : à sec, sur de l'argile, ou trempé dans une encre, sur un papyrus.
 
Instrument de musique, outil précieux pour l'écriture, le calame avait des usages variés... 
 
Le chalumeau, lui, a perdu son sens premier : l'étymologie en restitue le sens, permet de retrouver l'essence même de ce mot, son origine lointaine.
 
L'étymologie nous fait remonter à des temps très anciens, au début de l'écriture, à un monde de bergers, de paysans pour lesquels le roseau offrait l'opportunité de créer de la musique, de fabriquer des toitures de maisons, des paniers, des objets divers...
 
Le chalumeau, voilà un mot dont le sens a évolué avec les progrès et la modernité, un mot dont on aime les significations anciennes si riches de créativité : musique, écriture, artisanat réunis en un seul mot !
 
Art, littérature, vannerie, voilà un mot riche d'histoire et d'inventivité !
 
 
 
 
 
calame auteur bibilio municip stanislas nancy
calame Naxi Dongba scripture
calame



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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 16:43

 

supermarche-2.jpg

 

Le supermarché : voilà un lieu banal et ordinaire, que tout le monde fréquente, même les pauvres, même des SDF, on en voit de plus en plus errer dans les galeries ou à l'intérieur du magasin.

 

Le supermarché nous fait, parfaitement, découvrir ce que sont devenues nos sociétés... un monde d'inégalités permanentes : le rayon discount côtoie le rayon bio, réservé aux plus riches. 

 

Le supermarché est savamment organisé et orchestré pour inciter à l'achat compulsif : à l'entrée du magasin, on trouve une sorte de sas qui a pour but de monopoliser l'attention sur l'actualité du moment, Noël, le printemps qui arrive, Pâques, la Toussaint, le premier mai etc.

 

Le rayon beauté est habilement placé après l'entrée, puis viennent celui des vêtements et enfin celui des achats plus ordinaires et quotidiens.

La musique rythme le passage des clients, une musique d'ambiance souvent assez douce pour créer une impression agréable.

 

Le client flâne dans les rayons, choisit lui-même ses fruits, ses légumes, y passe de plus en plus de temps, tout semble offert et si accessible !

 

Le supermarché devient un vrai temple de la consommation, avec ses rites, ses habitudes : le choix du caddie, les sacs à emporter pour récupérer les marchandises, les achats, souvent, dans le même ordre immuable, le paiement en caisse, avec, parfois, des files d'attentes.

 

Le paiement s'effectue, désormais, le plus souvent, par carte bancaire, parfois par chèque, plus rarement en liquide...

 

Le supermarché n'est-il pas un condensé de nos sociétés, n'est-il pas un révélateur ? On ne voit pas la couleur de l'argent mais c'est bien l'argent qui est au centre du système : la carte bancaire facilite les achats... plus de compte savant à faire, plus de rendu de monnaie, tout semble si accessible, si facile : il suffit de taper toujours le même numéro pour payer ses achats.

 

Le supermarché s'embourgeoise : on y trouve, de plus en plus, des produits de luxe regroupés dans un même rayon : des produits rares, exotiques, biologiques, et évidemment les prix se hissent à la hauteur de ces marchandises d'exception.

 

Les rayons sont spacieux, larges et permettent une bonne circulation des caddies, le client est habilement cerné par toutes sortes de produits qui s'étalent et s'étagent.

Les prix sont, sans cesse, revus à la hausse : d'ailleurs la note, en fin de parcours, est de plus en plus salée : dans ce lieu de consommation, on use de tous les moyens pour inciter les gens à acheter, à se sentir bien, à apprécier l'ambiance...

 

Le supermarché ne nous donne-t-il pas une impression d'autonomie, de liberté totale ? On choisit les produits, on les pèse sur des balances prévues à cet effet au rayon fruits et légumes, mais en fait, les gens sont canalisés, robotisés, conditionnés pour l'achat.

 

Les couleurs, les affiches voyantes dirigent les regards, les orientent : l'homme devient un robot acheteur et ne peut guère y échapper...

Bercés par la musique, éblouis par les emballages, les clients suivent docilement l'ordre des rayons.

 

Le supermarché nous permet de regrouper nos achats : pratique, spacieux, entouré de galeries marchandes, d'un parking pour se garer, il devient un lieu incontournable, indispensable : qui pourrait désormais, s'en passer ?

 

Notre monde est devenu celui des super et des hypermarchés : monde de démesure, de consommation, de confort, oui, le supermarché résume parfaitement nos sociétés...

 

Luxe, pauvreté, apparences trompeuses, inconscience, aveuglement, hubris,argent caché, secret, abondance, surabondance, gaspillage, tout y est.

 

 

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