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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:47

 

Photo0676

 

Des chaloupes de nuages envahissent le ciel, de leurs ombres de gris et de blancs....

Belles chaloupes de nuées sur le bleu du ciel, beau foisonnement d'écumes sur l'azur !
 
Chaloupes de vagues, chaloupes de verdures au printemps, quand les rameaux ondoient sous le souffle des vents.
 
Chaloupes de clartés matinales au rougeoiement de l'aurore !
Le mot chaloupe désigne, d'abord, une embarcation, un grand canot de transport : issu de l'ancien français, "chaloppe", "coquille de noix", c'est un dérivé du nom "eschale ou écale, écaille" qui est une enveloppe de certains fruits, noix, noisette, amande, formant une sorte d'écorce coriace, une coquille...

 

Ce mot aux sonorités de chuintante, de labiale, de voyelles variées évoque aussi, par association d'idées, les flots de la mer, ses plis et ses replis, son tangage et ses roulis.

 

La mer toujours en mouvement fait "chalouper" les navires, elle fait virevolter les embruns... la mer, toujours bercée de flux et de reflux, danse sous nos yeux...

On voit des moutonnements, des foisonnements de vagues, des veloutines d'écumes, des brouées de bleu, de verts.

 

Le verbe "chalouper" désigne, également, une démarche ondulante et ondoyante, on peut marcher ou danser en se balançant latéralement, comme pourrait le faire une chaloupe.

 

Le mot "chaloupe" peut être employé, aussi, de manière figurée : une chaloupe de nuages suggère un paquet, un groupe de nuages dans le ciel... une façon de restituer l'ondoiement des nuages dans le ciel qui font songer à des navires à la dérive...

 

Ce mot nous emporte dans des tourbillons d'écumes, de mouvements, un balancement inlassable, celui de l'onde amère, celui des tempêtes de la mer !

 

Ce mot nous fait chavirer, nous enivre de turbulences, de flottements... il nous fait entendre des enroulements de vagues, le bruissement incessant des flots... des ondes hérissées ou plus douces...

 

Ce mot nous bouscule, nous fait tanguer, nous fait percevoir le roulis des vagues, il nous berce de rêves de voyages....

 

Il nous emporte sur les flots tumultueux de la mer vers de nouvelles rives.

 

Coquille, chaloupe, deux mots qui semblent éloignées par le sens mais dont on perçoit la parenté grâce à l'étymologie, deux mots qui se rejoignent : la chaloupe se laisse emporter par les flots comme une coquille de noix...

 

 

 

http://youtu.be/Xj0jFsxhgCc

 

 

 

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Photos : Christelle et rosemar



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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 16:17

 

ecole

 

Le problème du recrutement des enseignants se fait de plus en plus aigu : posez la question autour de vous... Qui veut, désormais, entrer dans l'enseignement ?

 

Qui veut être muté, en début de carrière, dans une région lointaine, inconnue ? Qui veut affronter la violence ordinaire, l'indiscipline des élèves ?

 

Qui accepte d'être déconsidéré, méprisé dans une société où l'autorité des professeurs est sans cesse contestée par les parents, par les élèves eux-mêmes ?

 

Qui a envie de corriger des copies de plus en plus indigestes, mal orthographiées, mal rédigées, des copies de plus en plus nombreuses, car les classes sont de plus en plus chargées ?

 

Qui souhaite entrer dans un métier où l'enseignant est taillable et corvéable à merci ? Rencontres avec les parents, organisation de bacs blancs, de devoirs communs, correction des épreuves orales du baccalauréat, parfois dans des villes fort éloignées du lieu de travail et de résidence...

 

Qui a envie d'être contrôlé par des inspecteurs qui sont totalement coupés du terrain et n'en connaissent plus la réalité ?

 

La crise du recrutement des enseignants s'intensifie et ce n'est pas étonnant : même en période de crise et de chômage, le ministère a les plus grandes difficultés pour recruter de nouveaux enseignants : les candidats aux concours se raréfient...

 

La situation en devient dramatique : une campagne a même été lancée pour promouvoir le métier de professeur ! Des vidéos manquant totalement de réalisme ont été mises en ligne... on y voit un professseur d'histoire évoquer une expérience : le but étant de rendre les élèves acteurs du cours ! Les élèves sont invités à créer un nouveau parti politique ! 

 

Comme si on pouvait, ainsi, rendre, sans cesse, les élèves acteurs d'un cours, comme si les programmes n'existaient pas, comme si l'activité d'un enseignant pouvait se limiter à animer des débats...

 

La réalité est là : dans certaines disciplines, on voit, aujourd'hui, plus de postes offerts que de candidats, et les jurys n'osent même pas les affecter tous, sur les postes, tant le niveau est, parfois, particulièrement bas.

 

Triste réalité ! Un des métiers les plus importants de nos sociétés est sacrifié à des modes : la transmission des connaissances n'est plus au coeur de ce métier, or, elle est essentielle, seules les connaissances permettent de progresser, elles sont un support indispensable de la réflexion.

 

Il faut redonner du sens, du poids à ce métier, le revaloriser non pas avec des vidéos truquées et sans intérêt, mais en remettant à l'honneur la culture, la grammaire, l'orthographe, en instaurant d'autres rapports entre enseignants et élèves : l'autorité est indispensable et les parents ne doivent pas la contester...

 

L'administration doit, aussi, soutenir les enseignants, les aider dans leur tâche, ne pas mettre en cause leurs décisions.
 
Les enseignants se retrouvent trop souvent isolés face à leur classe, leurs élèves, les parents, l'administration...
 
Oui, ce métier peut être passionnant dans l'échange avec les élèves, dans la transmission des savoirs qui est essentielle, mais à force de réformes mal pensées, hâtives, précipitées, l'enseignement a perdu de son prestige : il faut, absolument, redonner à ce métier son lustre, et en montrer toute l'importance...
L'enseignement ne devrait-il pas être une priorité dans une société moderne ? Ne devrait-il pas être au coeur et au centre de toutes les préoccupations ?
Il est temps d'arrêter les vaines réformes pour remettre, enfin,  le savoir et la culture à l'honneur !
écoles reut



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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 16:48

 

 

balsamine-auteur-jerzy-opiola.JPG

 

Aspioles de vermillons, rosaces de pourpre, balantines de fleurs enroulées sur elles-mêmes...

 

Teintes de feux, soie de papillon fragile et gracile, la balsamine enflamme ses corolles de rouges imprimées d'un blanc de lys... veloutines, pétales largement déployés offerts au regard, la balsamine libère ses éclats de couleurs...

 

Des tiges de veines rouges, des feuilles finement dentelées d'épis légers subliment les fleurs.

 

Les feuilles allongées, panaches élégants, veinées de rouge, lancent leurs flammes de verts autour des pétales, elles s'enroulent autour des fleurs somptueuses.

 

Eclats d'amarante, de blanc, la balsamine découpe ses pétales en ailes de papillons veloutées et subtiles...

 

Balsamine ! Baumes de couleurs, baumes d'élégance, de finesse !

 

Sous la fleur, une tige souple s'évase, aux couleurs de roses, fine, délicate, légère !

Douceur et éclats des teintes ! 

 

Les feuilles d'un vert sombre s'éblouissent des couleurs de la fleur... Fleur de l'ombre, fleur discrète et flamboyante à la fois, la balsamine s'épanouit sous nos yeux, s'arrondit de ses calices feutrés...

 

Elle fait voltiger des papillons de fleurs, des pétales en formes d'ailes aériennes, des rosaces, des volutes, des enroulements de couleurs.

 

Elle déroule des formes voluptueuses, des couleurs contrastées, des tourbillons, des valses qui virevoltent !

 

Sur le vert foncé des feuilles, les pétales flamboient, font exploser leurs couleurs de blanc, de feux !

 

http://youtu.be/w8LL1x6J2rU

 

 http://youtu.be/r2Xdlgii-Rc

 

 

 Balsamina_Impatiens-auteur-vinarayaj.jpg

 

 balsamine-auteur-rob-hille---libre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 14:59

 

livre (2)

 

"On n’a pas évoqué une chose quand on l’a appelée par son nom. Les mots, les mots, on a beau les connaître depuis son enfance, on ne sait pas ce que c’est", a écrit Henri Barbusse, dans L’Enfer...

 

Les mots constituent un réseau, un monde complexe de significations diverses, de sons différents, d'échos, de résonnances, de musiques. Ils nous permettent de penser, de communiquer, de dire, d'exprimer tellement de nuances !

 

D'abord, ils mettent en jeu des sonorités plus ou moins douces, des voyelles plus ou moins aiguës. Les mots associés ne créent-ils pas une sorte d'harmonie musicale ? On peut, grâce à eux, entendre la violence terrifiante et terrible d'un combat, la douceur apaisée d'un soir d'automne, un moment de mélancolie alanguie.

 

On peut entendre un cri de douleur : "Ah longues nuits d'hiver de ma vie bourrelles/ Donnez moi patience et me laissez dormir !", écrit Ronsard, dans un de ses derniers poèmes, où il évoque ses souffrances, ses nuits d'insomnie.

 

Les mots chantent, crient, parlent, racontent : ils ont parfois plusieurs sens : la "grève" nous fait voir une plage qui se déroule à l'infini, ce même mot nous fait entendre des ouvriers en colère qui manifestent, qui hurlent, qui défendent leurs droits.

 

Le nom commun "pompe" désigne tantôt le faste, la magnificence, tantôt un appareil qui sert à pomper de l'eau, il peut, même, évoquer familièrement une paire de chaussures.

 

Certains termes ont un sens péjoratif, d'autres une connotation élogieuse et valorisante : un "bellâtre", une "pécore" nous sont peu sympathiques. D'autres sont dotés de suffixes à valeur affectueuse : une "fillette", une "maisonnette".

 

Les mots peuvent se combiner entre eux : véritables carambolages de mots ! Le verbe "écrabouiller" est bien la contraction de deux vocables : "écraser et bouillie".

 

Les mots comportent aussi de nombreuses connotations par association d'idées : la mer évoque l'immensité, le voyage, la liberté, le mouvement, l'évasion.

 

Les mots forment des ensembles, des familles indissociables : clamer, clameur, acclamer, déclamer, s’exclamer, proclamer, réclamer...Clara, clarifier, clarinette, Clarisse, clarté, déclarer...

 

Les mots possèdent une histoire, leur sens évolue, dérive, se modifie à travers le temps.... 

Le nom embonpoint désignait, autrefois, l' état où se trouve une personne qui est "en bon point", c'est à dire en bonne santé.
Le terme enthousiasme évoquait le fait d'être habité par une divinité, théos, en grec, c'était anciennement une "fureur prophétique ou poétique qui transporte l'esprit, et qui lui fait dire des choses surprenantes et extraordinaires."
L'adjectif superbe se disait aussi de"celui qui est orgueilleux, qui a de la présomption, une trop bonne opinion de lui-même."
 
Que de mystères dans les mots ! Que d'énigmes à découvrir, tant leur richesse est infinie !
 

 liseuse fragonard libre

 

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 15:56

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La nature qui entre par la fenêtre, avec deux "branches de tilleul", le ciel personnifié qui "cligne des yeux", des papillons qui dansent la "passacaille", voilà un cadre propice à un duo amoureux. C'est ce cadre familier que décrit Jean Ferrat, dans une de ses chansons, en rendant hommage aux paysages du sud...

 

Toute la nature s'anime et semble participer à la fête, au bonheur de la vie et de l'amour.

 

La passacaille, danse populaire d'origine espagnole qui remonte à la Renaissance évoque un monde d'autrefois, où régnait la lenteur, où l'on prenait le temps de vivre : la voyelle "a" répétée de ce mot crée un rythme plein de charme et d'harmonie.

On voit aussi un "lézard, des genêts, des bruyères", toute une faune et une végétation du sud, une ambiance chaleureuse.

 

Un oxymore, "pays de tendresse et colère" suggère bien les paysages du sud, remplis de soleil, de chaleur où soufflent, parfois, des tempêtes de mistral, pays de contrastes étonnants.

 

Un torrent se permet de "déchirer" le silence du paysage, verbe évocateur très fort qui personnifie le torrent et lui donne une force intense.

 

Et même la fumée d'une cigarette, tenue par la jeune femme s'anime d'une vie particulière, et semble participer à la beauté du décor : la fumée se donne en spectacle, fait des "pirouettes" et souligne les "longs doigts" de l'amoureuse.

 

Le poète intervient, alors, tel un vrai "saltimbanque" qui séduit par ses gestes : il s'adresse à la sensualité même de la jeune fille : "ses bras, sa bouche, ses jambes malignes..."

 

Le mot "saltimbanque", plein de vie, de joie, grâce aux sonorités de voyelles nasalisées, participe au bonheur de la scène.

 

Le pays à la fois "si riche, si pauvre" donne des leçons d'humilité et de vie : on y apprend une certaine liberté, un certain art de vivre, on y devient plus "nôtres", comme le dit si bien Ferrat.

 

Ce nouvel oxymore traduit bien l'ambivalence du sud : pays "riche" de son climat, de sa beauté, de son harmonie, mais pays "pauvre", aussi, dans son aridité, sa rudesse.

 

Le refrain, plein de simplicité et de familiarité, traduit une harmonie, un bien-être infini : "ce qu'on est bien..."

 

C'est là, une invitation à profiter du temps présent, de la nature offerte, des plaisirs les plus simples, c'est là, un poème plein de sensualité : la vision des papillons, l'odeur des tilleuls, le murmure du torrent entremêlent différentes sensations... Les couleurs de vert, de blanc, de genêt flamboyant participent à la beauté du paysage évoqué.

 

La mélodie légère, volatile donne une impression de liberté, de bonheur infini...

 

 

http://youtu.be/ez1yZuwwF7g

 

 

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photos : arbres: rosemar / Creative commons papillon : Véronique Pagnier  / genêt : Pierre Bona / lézard : DC



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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 16:14
calame 2

"Le silence est revenu encore, plein d'ivresse et de lueurs. Par moments, la musique des chalumeaux s'élançait à nouveau, glissait, puis s'éteignait", a écrit J. M. G. Le Clézio, dans un de ses romans les plus célèbres, intitulé Désert.
 
Le chalumeau... tout le monde connaît cet instrument, utilisé, de nos jours, par les soudeurs, et qui produit une flamme très chaude par la combustion, sous pression, d’un mélange de gaz et d’oxygène...
Mais, le chalumeau a été, d'abord, un simple roseau, le mot vient d'un terme grec κάλαμος, kálamos, repris et transcrit en latin, calamus qui désigne le roseau... ce mot évoque, aussi, un instrument de musique pastorale qui était, à l'origine, un roseau percé de plusieurs trous.
 
C'est le diminutif latin, calamellus " petit roseau " qui a donné le français chalumeau, au sens devenu désuet de " flûte de berger ".
 
Le "chaume" est issu de ce même radical et désigne une tige herbacée, creuse, simple, garnie de nœuds, propre aux graminées, telles que le blé, l’avoine...
 
Le terme " roseau ", lui, est dérivé de l'ancien français, ros, "roseau ", auquel on a ajouté un suffixe de diminutif... Terme moins évocateur par ses origines, il fait penser, néanmoins, à un nom de fleur, à une belle végétation... 
 
Le chalumeau originel nous fait songer, quant à lui, à un monde pastoral ancien, à un univers simple, rustique : joli instrument fait d'un roseau, il évoque des bergers entourés de leurs troupeaux, se livrant à des plaisirs musicaux, jouant des airs champêtres. Dans le texte de Le Clézio, le chalumeau et sa musique pastorale font vivre et animent la solitude du désert.
 
Chuintante, labiale, voyelles variées, le mot nous fait entendre un petit air de flûte apaisant et doux.
 
Le calame, ou roseau taillé servait, aussi, dans l'antiquité pour l'écriture : à sec, sur de l'argile, ou trempé dans une encre, sur un papyrus.
 
Instrument de musique, outil précieux pour l'écriture, le calame avait des usages variés... 
 
Le chalumeau, lui, a perdu son sens premier : l'étymologie en restitue le sens, permet de retrouver l'essence même de ce mot, son origine lointaine.
 
L'étymologie nous fait remonter à des temps très anciens, au début de l'écriture, à un monde de bergers, de paysans pour lesquels le roseau offrait l'opportunité de créer de la musique, de fabriquer des toitures de maisons, des paniers, des objets divers...
 
Le chalumeau, voilà un mot dont le sens a évolué avec les progrès et la modernité, un mot dont on aime les significations anciennes si riches de créativité : musique, écriture, artisanat réunis en un seul mot !
 
Art, littérature, vannerie, voilà un mot riche d'histoire et d'inventivité !
 
 
 
 
 
calame auteur bibilio municip stanislas nancy
calame Naxi Dongba scripture
calame



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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 16:43

 

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Le supermarché : voilà un lieu banal et ordinaire, que tout le monde fréquente, même les pauvres, même des SDF, on en voit de plus en plus errer dans les galeries ou à l'intérieur du magasin.

 

Le supermarché nous fait, parfaitement, découvrir ce que sont devenues nos sociétés... un monde d'inégalités permanentes : le rayon discount côtoie le rayon bio, réservé aux plus riches. 

 

Le supermarché est savamment organisé et orchestré pour inciter à l'achat compulsif : à l'entrée du magasin, on trouve une sorte de sas qui a pour but de monopoliser l'attention sur l'actualité du moment, Noël, le printemps qui arrive, Pâques, la Toussaint, le premier mai etc.

 

Le rayon beauté est habilement placé après l'entrée, puis viennent celui des vêtements et enfin celui des achats plus ordinaires et quotidiens.

La musique rythme le passage des clients, une musique d'ambiance souvent assez douce pour créer une impression agréable.

 

Le client flâne dans les rayons, choisit lui-même ses fruits, ses légumes, y passe de plus en plus de temps, tout semble offert et si accessible !

 

Le supermarché devient un vrai temple de la consommation, avec ses rites, ses habitudes : le choix du caddie, les sacs à emporter pour récupérer les marchandises, les achats, souvent, dans le même ordre immuable, le paiement en caisse, avec, parfois, des files d'attentes.

 

Le paiement s'effectue, désormais, le plus souvent, par carte bancaire, parfois par chèque, plus rarement en liquide...

 

Le supermarché n'est-il pas un condensé de nos sociétés, n'est-il pas un révélateur ? On ne voit pas la couleur de l'argent mais c'est bien l'argent qui est au centre du système : la carte bancaire facilite les achats... plus de compte savant à faire, plus de rendu de monnaie, tout semble si accessible, si facile : il suffit de taper toujours le même numéro pour payer ses achats.

 

Le supermarché s'embourgeoise : on y trouve, de plus en plus, des produits de luxe regroupés dans un même rayon : des produits rares, exotiques, biologiques, et évidemment les prix se hissent à la hauteur de ces marchandises d'exception.

 

Les rayons sont spacieux, larges et permettent une bonne circulation des caddies, le client est habilement cerné par toutes sortes de produits qui s'étalent et s'étagent.

Les prix sont, sans cesse, revus à la hausse : d'ailleurs la note, en fin de parcours, est de plus en plus salée : dans ce lieu de consommation, on use de tous les moyens pour inciter les gens à acheter, à se sentir bien, à apprécier l'ambiance...

 

Le supermarché ne nous donne-t-il pas une impression d'autonomie, de liberté totale ? On choisit les produits, on les pèse sur des balances prévues à cet effet au rayon fruits et légumes, mais en fait, les gens sont canalisés, robotisés, conditionnés pour l'achat.

 

Les couleurs, les affiches voyantes dirigent les regards, les orientent : l'homme devient un robot acheteur et ne peut guère y échapper...

Bercés par la musique, éblouis par les emballages, les clients suivent docilement l'ordre des rayons.

 

Le supermarché nous permet de regrouper nos achats : pratique, spacieux, entouré de galeries marchandes, d'un parking pour se garer, il devient un lieu incontournable, indispensable : qui pourrait désormais, s'en passer ?

 

Notre monde est devenu celui des super et des hypermarchés : monde de démesure, de consommation, de confort, oui, le supermarché résume parfaitement nos sociétés...

 

Luxe, pauvreté, apparences trompeuses, inconscience, aveuglement, hubris,argent caché, secret, abondance, surabondance, gaspillage, tout y est.

 

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 16:17

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Spinelles éclatantes de rouge sombre, perlées de roses ! Canetilles de carmin éclaboussé de blanc ! Des effluves subtils s'épanchent des fleurs froissées... 

 

La fleur des dieux répand une douce odeur sucrée : petite fleur divine, aux pétales diaprés et veloutés de rose-rouge, le Dianthus nous éblouit de ses couleurs de flammèches éclatantes, de ses pampres de feux...

 

Quelles teintes d'amarante ! quels parfums subtils !

 

Les feuilles légères, souples, minces filets de verts entourent les fleurs et les boutons de leurs flots d'opaline...

La fleur rayonne de pointes pourprées et empourprées, les pétales dessinent des trames de velours aux teintes nuancées...

 

La fleur devient satin et velours de soie, elle se pare de brouées de rose, de rouges flamboyants.

La fleur devient pétales de feux, éclats de cinabre, un assemblage inoui de couleurs où le blanc s'illumine de pourpres...

 

Les pétales serrés, denses forment un tourbillon de teintes qui s'enroulent, volubiles...

Des senteurs enivrantes se volatilisent dans l'air, des senteurs de printemps envahissent l'espace...

 

Fleur de Zeus, fleur des dieux, fleur du jour rayonnant, le dianthus nous exalte de ses éclats !

Fleur divine ! Fleur de rouges vifs ! Nuées et écumes rougeoyantes ! Parviflore aux teintes éblouissantes !

 

Des vagues de rose-rouge déferlent sur la fleur et laissent leur empreinte de couleurs estompées sur les pétales...

 

Des vagues de parfums s'enroulent autour des fleurs !

 

http://youtu.be/w8LL1x6J2rU

 

 

 http://youtu.be/eaPJKz1o0R4

 

 

 

-Dianthus auteur nordzee23

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 19:54

 

arbre des fées

 

 

"Elle arrivait aux lignes d’avant-garde, la nourriture, honteusement rampante et lourde, en longs cortèges boiteux de carrioles précaires, gonflées de viande, de prisonniers, de blessés, d’avoine, de riz et de gendarme et de pinard aussi, en bonbonnes de pinard, qui rappellent si bien la gaudriole, cahotantes et pansues."

C'est ainsi que Céline évoque dans son célèbre roman, Le voyage au bout de la nuit, la nourriture acheminée pour approvisionner les soldats pendant la guerre de 14 : s'entassent pêle-mêle des blessés, du ravitaillement, du vin ou du pinard associé à la gaudriole.

 

Etonnant, ce mot "gaudriole" dans ce contexte de violence et de guerre ! Mais le vin ne permettait-il pas d'oublier toutes les misères des combats, et de se livrer à la gaudriole ? Le vin offert aux combattants n'était-il pas une façon de les entraîner, malgré tout, dans toutes les horreurs et les déviances de la guerre ?

 

Nul doute que les soldats sur le front avaient besoin de vin et de gaudrioles, pour occulter et masquer toutes les atrocités de la guerre : plaisanteries lestes, les gaudrioles ont pour but d'amuser : le mot vient, d'ailleurs, d'un nom latin, "gaudium", la joie...

 

Curieusement, le terme "joie" est issu, aussi, directement du latin "gaudium" avec une évolution phonétique notable : la consonne "g" est devenue "j".
 
On le voit : la gaudriole, la joie sont issues d'un même radical, alors que les mots ne se ressemblent guère ! Curieuse parenté de mots si différents dans leurs sonorités !
 
Les mots de cette famille sont nombreux et divers : se gausser, gausserie, joyeuseté, joyeux, jubilation, jubiler, jubilatoire.
 
La gaudriole a pour but de faire rire...propos licencieux, grivoiserie, gauloiserie, elle vise à créer une bonne ambiance.

La gaudriole comporte, cependant, parfois, une certaine lourdeur, elle manque de subtilités, car elle fait appel à des mots grossiers et crus assez faciles.

 

En tout cas, le mot est sympathique avec le son"o" répété, comme un écho de rires qui éclatent, avec le suffixe -ole qui peut avoir une valeur d'atténuation, ou qui marque un terme populaire, comme dans le mot "bagnole".

 

Le nom "gaudriole" appartient à un niveau de langue familier et nous fait penser à d'autres termes argotiques : "bagnole,mariole, torgnole", des mots pleins de saveur et de pittoresque.

 
"Gaudriole, torgnole, bagnole", voilà des mots familiers que Louis Ferdinand Céline utilise volontiers ! Des termes hauts en couleurs, aux sonorités qui résonnent, qui chantent !
 
Je trouve le nom "torgnole" particulièrement savoureux, bien qu'il désigne une réalité assez dure ! Le terme "gaudriole" me plaît aussi, même si les gaudrioles ne sont pas toujours de très bon goût !
 
Voilà des mots jubilatoires ! Voilà des mots qui étonnent, amusent, nous font sourire, attirent notre attention...
 
 
 
 
 
 
 
 
 Rire Beach Grün
 
Rire - Caran d'Ache

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 16:17

   éventail

 

Qui n'a jamais rêvé de laisser tomber l'éventail ?

 

Suivre le vent, se laisser emporter par un souffle de liberté, échapper aux contraintes de ce monde : qui n'en a jamais rêvé ?

 

Dans cette chanson de liberté, d'évasion, Angelo Branduardi lance un invitation à suivre le vent, symbole même de délivrance et d'une certaine audace...

 

Le poème s'adresse à une femme, désignée par le terme "belle" : on perçoit un éloge appuyé de la beauté féminine... La jeune femme, présentée "dans la poussière de rails" qui représentent une voie toute tracée, mille fois empruntée, est sommée de laisser tomber son éventail, image de l'artifice, de la vie sociale, faite de masques et de représentations.

 

Elle est invitée à "danser la vie", à se libérer du poids des mots, ceux qui enchaînent, ceux qui pèsent de leurs faux semblants : il faut suivre le rythme du monde, se laisser aller.

 

Il faut, aussi, sur les ondes, ne pas se laisser guider par un gouvernail qui peut représenter une forme de carcan, car il impose une direction.

Le poème est, enfin, une incitation à l'aventure de l'amour : "Serre le bien fort dans tes bras, le premier qui te sourira..."

 

Il faut vivre l'amour, comme un espoir, ne pas le laisser passer, et en accepter les incertitudes, voilà ce que suggère le poème.

 

Le refrain, avec ses verbes de mouvements répétés : "Va où le vent te mène" insiste sur l'idée de liberté.

 

Les nombreux impératifs adressés à la jeune femme sont autant de conseils pour l'inviter à s'évader, sortir des sentiers battus.

 

La mélodie, légère, enlevée, virevoltante nous entraîne dans ses tourbillons ! Les sonorités de fricatives "v" dans le refrain contribuent à cette légèreté... Les verbes de mouvement incitent à une évasion, une délivrance, un élan...

 

Mais, on peut se demander si nous sommes encore capables de suivre le vent dans notre monde encadré, surveillé.

Sommes-nous assez libres pour suivre nos instincts ? Souvent, c'est la prudence qui nous guide, qui nous paralyse...

 

Suivre le vent ! Est-ce encore possible ? Il faudrait l'espérer !

 

Dans un monde de surveillance, de précautions, est-il permis de suivre le vent et d'oublier toutes les contraintes de nos sociétés ?

 

Belle chanson rythmée, hymne à la liberté, ce texte d'Angelo Branduardi nous donne envie de larguer les amarres, de fuir les servitudes étouffantes de la vie ! 

 

 

http://youtu.be/wNnQi5RIjEc

 

 

 

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