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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 14:18
Balade d'automne sous la pluie...

 

 

 

Une pluie fine s'empare du jardin : des senteurs de terre et de bois s'exhalent dans la douceur de cet après-midi d'automne.

 

La pluie crépite légèrement et scande la promenade... la pluie a chassé les promeneurs et le jardin vide se peuple de ce doux murmure.

 

Les marronniers se couvrent de rouilles, panaches vaporeux aux teintes fauves.

Les troncs noircis par la pluie, couleurs d'ébène, exacerbent la rousseur des arbres.

 

Parfois, des feuilles tourbillonnent lentement et viennent joncher le sol...

 

Parfois, des marrons bousculés par la pluie tombent brusquement, avec un bruit sec.

 

A terre, ils se couvrent d'éclats nouveaux, parés de gouttelettes lumineuses.

 

Les feuilles de marronniers à terre s'illuminent de teintes vernissées : des tons de verts, des dégradés de xanthe et de bruns.

 

Des contrastes étonnants de couleurs qui nous font admirer le déroulement des saisons...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Balade d'automne sous la pluie...
Balade d'automne sous la pluie...
Balade d'automne sous la pluie...
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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 13:53
L'espérance d'un baiser : un témoignage poignant sur les camps de concentration...

 

 

L'émission littéraire La Grande Librairie était l'occasion, le jeudi 28 septembre, d'écouter un témoignage à la fois simple et poignant sur ce que furent les camps de concentration de l'Allemagne nazie...

 

Ce témoignage, on le doit à un des derniers survivants de ces camps, Raphaël Ezrail qui a écrit un récit bouleversant où il évoque ses souffrances.

 

Raphaël Ezrail a été arrêté à l'âge de 18 ans, en 1944 : il est, alors, déporté au camp de Drancy, puis à Auschwitz. Il était résistant et fabriquait de faux papiers pour des juifs.

A Drancy, il rencontre celle qui deviendra sa future femme : Liliane, dont il tombe amoureux au premier coup d'oeil.

 

Raphaël Ezrail raconte les convois de déportés : des enfants qui criaient, la peur, le dénuement...

Il raconte le froid, la morsure de la faim, la crasse, l'humiliation, les coups, des heures à travailler dans le froid par -15 ou -20 degrés.

Il raconte ensuite l'arrivée au camp : 1200 personnes au total sont là.

 

160 hommes rentrent dans Auschwitz, 49 femmes sont envoyées à Birkenau.

Et les autres sont immédiatement expédiés dans les chambres à gaz.

C'est, en fait, un médecin allemand qui désigne ceux qui paraissent aptes au travail. Après cette sélection, mille personnes sont aussitôt gazées .

 

Le lot des survivants, c'est le froid, c'est la faim, une faim terrible qui tenaille les entrailles, à tel point qu'on serait prêt à manger un chien qui vient de mourir.

 

Et tous ces déportés ne sont plus considérés comme des êtres humains : on les met en dehors de l'humanité.

Ils sont humiliés, battus, rabaissés, avilis, ravalés au rang de bêtes, ils ne sont plus rien.

 

Dans de telles conditions, comment survivre ? Raphaël Ezrail a réussi à tenir grâce à cette jeune fille qu'il avait rencontrée à Drançy. Il lui avait, alors, demandé un baiser que la jeune fille devait lui donner à l'arrivée du convoi.

C'est l'espoir de ce baiser qui l'a maintenu en vie.

 

Raphaël Ezrail pose, alors, cette question qui semble évidente : "Comment 20 siècles de civilisation judéo-chrétienne ont pu arriver à faire ce que ces hommes ont été capables de faire ?"

Comment une telle barbarie a-t-elle été possible ?

"Dieu n'était pas à Auschwitz", ajoute Raphaël Ezrail.

Il évoque, enfin, ce poème de Victor Hugo qu'il se récitait au cours de ces heures sombres :

"Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?"

 

La littérature était, ainsi, devenue un refuge pour résister aux pires horreurs, la littérature était l'ultime recours pour continuer à survivre : voilà un bel éloge de la poésie et de ses vertus salvatrices...

 

 

 

 

Le poème de Victor Hugo :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/l_expiation.html

 

 

 

 

 

 

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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 11:23
Oui, c'est vraiment le bordel...

 

 

Tandis que de nombreux éditorialistes glosent à qui mieux mieux sur un mot "le bordel" utilisé par le président de la République, on ne peut que faire ce constat :  ce mot s'applique en bien des occasions à notre monde.

C'est le "bordel" partout...

 

Oui, décidément, cette année 2017 est l'année de tous les bouleversements...

 

En France, on a assisté à l'effondrement des partis politiques traditionnels lors de l'élection présidentielle : la déroute du Parti Socialiste, la déconfiture du Front National, la débâcle du parti Les Républicains...

Emmanuel Macron, nouveau venu en politique a été élu président de la République, contre toute attente.

 

De la même façon, aux Etats-Unis, Donald Trump a remporté les élections, défiant tous les sondages. Il éprouve maintenant des difficultés à appliquer une politique assez déconcertante : ses réactions ne sont-elles pas souvent imprévisibles et désordonnées ?

 

2017, c'est aussi l'année de la mise en oeuvre du Brexit : la Grande-Bretagne a quitté l'Union Européenne, contre toutes les prévisions.

 

Et voilà que l'Espagne connaît une nouvelle crise inquiétante, avec le référendum d'indépendance organisé en Catalogne. Les tensions sont vives entre les partisans de l'indépendance et les opposants.

Le référendum qui a eu lieu Dimanche n'a aucune légitimité, car le nombre de votants n'atteignait même pas 50 % de la population. Le vote ne s'est pas déroulé selon des règles démocratiques. Dès lors, il est nul et non avenu.

Et pourtant, les indépendantistes affirment haut et fort leur bon droit.

Comment cette crise va-t-elle se résoudre ? Beaucoup d'Espagnols sont inquiets de la tournure que prennent les événements. D'ailleurs les violences policières contre les votants ont choqué l'opinion publique.

 

On assiste, ainsi, dans le monde à de grands bouleversements qui débouchent sur de profondes inquiétudes.

Parallèlement, la révolution numérique bouleverse aussi l'univers du travail : les robots supplantent l'homme dans de nombreuses tâches.

Chaque jour, on invente de nouveaux robots, aux fonctionnalités multiples... On assiste à une accélération fulgurante des progrès techniques.

Ce n'est que le début de cette grande révolution et nous ignorons encore quelles seront les conséquences de ces nouvelles technologies.

Dans tous les cas, le travail se raréfie et les politiques ne semblent pas prendre la mesure de tous ces bouleversements.

 

Les changements climatiques provoquent aussi de terribles catastrophes, entraînant l'exil de nombreuses personnes.

Nous vivons une époque où tout est chamboulé, où l'avenir lui-même paraît très incertain.

Oui, on peut le dire : "C'est vraiment le bordel..."

 

Saurons-nous faire face à tous ces problèmes qui surgissent ?

Saurons-nous résoudre tant de crises ?

 

 

 

 

 

Oui, c'est vraiment le bordel...
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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 09:23
Christine Angot : le mauvais choix...

 

 

L'émission présentée par Laurent Ruquier ONPC a donné lieu, ce samedi 30 septembre, à une scène assez surréaliste.

 

Sandrine Rousseau était venue parler de son livre évoquant l'agression sexuelle dont elle a été victime, de la part de Denis Baupin.

 

Alors que Sandrine Rousseau expliquait qu'une cellule de lutte contre le harcèlement avec des personnes "formées à écouter la parole" avait été mise en place à Europe Ecologie Les Verts,  Christine Angot s'est soudainement emportée.

"Mais arrêtez, il n'y a personne qui peut entendre..." a-t-elle affirmé, avec véhémence...

 

Et à la question posée par Sandrine Rousseau : "Mais, alors, comment on fait ?", la réponse de Christine Angot avait de quoi surprendre : "On se débrouille, c'est comme ça".

 

Autrement dit, les victimes d'agressions sexuelles sont invitées à se taire !

On imagine le désarroi de Sandrine Rousseau face à une telle incompréhension.

Christine Angot a alors quitté le plateau en hurlant : "Je retourne dans ma loge là, c'est pas possible. Je ne peux pas entendre des trucs pareils."

Il faut préciser que cette séquence a été coupée lors de la diffusion de l'émission : on n'a pas vu le départ de Christine Angot.

 

Yann Moix, lui aussi, n'a pas été très amène à l'égard de la jeune femme, lui reprochant de ne pas avoir donné les détails de son agression : "J'aurais voulu voir l'agression", a-t-il dit, lorsque l'enregistrement de l'émission a repris. "Je vous ai entendu beaucoup parler sur cette violence, mais très étrangement, et avec tout le respect que je vous dois, je n'ai pas senti cette violence."

 

On avait, alors, la curieuse impression que la victime devenait coupable... coupable, d'une part, d'avoir parlé, et d'autre part, coupable de ne pas en avoir dit assez !

On le sait : souvent, quand une femme vient déposer plainte pour violences, on ne prend pas suffisamment en considération ses souffrances.
 
On les banalise, on les admet, parfois même on va jusqu'à considérer que les femmes sont elles-mêmes coupables des violences qu'elles subissent...

 

La réaction de Christine Angot a été disproportionnée et excessive devant une femme qui venait exposer sa détresse.

Ce n'est pas la première fois qu'elle fait dans l'excès et la démesure : on se souvient de ses propos face à François Fillon, lors de l'Emission politique, elle refusait d'évoquer la notion de dialogue, elle avait fait preuve d'une rare violence, ayant du mal à se contrôler.

 

On peut le rappeler : Christine Angot a été elle-même victime d'un inceste dans son enfance, ce qu'elle raconte dans un de ses romans, mais ce n'est pas une raison pour se prévaloir de détenir une vérité absolue sur la conduite à tenir face à une agression sexuelle.

 

Dans tous les cas, Sandrine Rousseau n'a pas obtenu le soutien qu'elle méritait, au regard du traumatisme qu'elle a dû subir. 

Et c'est regrettable, notamment quand on songe à toutes ces femmes qui ne sont pas écoutées, alors même qu'elles ont été agressées et humiliées.

 

Manifestement, Christine Angot a des difficultés à se maîtriser et à garder une certaine hauteur de vue et une certaine distance sur les problèmes et les événements.

 

 

 

 

 

 

Christine Angot : le mauvais choix...
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 13:24
Un terroriste assassine deux jeunes filles à Marseille...

 

 

A Marseille, un terroriste s'est attaqué, hier, à deux jeunes filles et les a tuées : deux cibles, deux victimes faciles à atteindre.

 

Est-ce ainsi que ces terroristes peuvent espérer gagner leur paradis ? En tuant des jeunes femmes, par surprise, à l'arme blanche, en les égorgeant ? Il n'y a là aucune gloire.

On est là devant un monde inversé, un monde absurde où la mort de jeunes filles devient un acte de gloire.

Terrorisme banal et terrible, barbarie qui nie les femmes, jusqu'à les tuer.

 

Dans certains quartiers, dans notre pays, les femmes sont exclues de l'espace public. Le harcèlement sexiste qui règne dans ces quartiers doit être éradiqué.

 

Le salafisme ne doit pas avoir droit de cité dans notre pays, le salafisme est contraire à nos lois : il doit être réprimé partout.

Assez de complaisance à l'égard de ceux qui ne respectent pas nos lois !

 

J'écoutais hier Danièle Obono, députée de la France Insoumise : interrogée par des journalistes de BFMTV, elle déclarait qu'elle n'aurait pas voté la loi contre le voile à l'école. Elle précisait aussi qu'elle n'était pas forcément opposée au port du voile intégral dans l'espace public.

 

"Pouvoir s'exprimer dans l'espace public, avoir une liberté", voilà les arguments qu'elle mettait en avant.

Et, pourtant, le niqab  est justement une atteinte et une entrave inadmissible à la liberté des femmes.

 

Comment peut-on ainsi admettre dans nos sociétés de telles régressions ?

De tels propos ne sont-ils pas un encouragement dangereux à une forme de radicalisation et de banalisation de pratiques religieuses contraires à nos lois ?

Danièle Obono se dit et se prétend elle-même féministe, mais de telles prises de position vont à l'encontre de la libération et de l'épanouissement des femmes.

 

Je m'inquiète que certains responsables politiques tiennent de tels propos, alors que le terrorisme salafiste s'attaque, sur notre territoire, à des victimes innocentes.

 

Une femme sous un niqab n'est plus considérée comme un être humain à part entière, elle est réduite à l'état d'objet informe.

Ce n'est pas notre conception de la liberté et de la vie.

 

Quand nos responsables politiques se mettent à cautionner des pratiques religieuses qui portent atteinte à notre mode de vie, à nos libertés, c'est une façon de déroger à nos lois.

Le laxisme n'est pas de mise face à la radicalisation et au terrorisme islamiste.

 

 

 

 

 

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/politiques-au-quotidienmobilisation-contre-la-loi-travail-la-bataille-ne-fait-que-commencer-daniele-obono-986799.html

 

 

 

 

Un terroriste assassine deux jeunes filles à Marseille...
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 13:44
Coques de marrons...

 

 

 

Les marronniers se couvrent désormais de toutes les teintes fauves de l'automne : ils laissent tomber sur le sol des coques qui s'ouvrent et révèlent des marrons aux teintes de bois, aux veines circulaires et ondoyantes...

 

Jolis tableaux de l'automne posés sur le sol...

 

Les éclats du bois rayonnent, des dégradés de bruns s'épanouissent sur le fruit qui renvoie la lumière.

 

Les coques se hérissent de piquants et nous font voir des teintes d'opales et de bruns...

Les coques ouvertes s'illuminent d'éclats de lys, ombrés de brumes légères.

 

Des rondeurs apparaissent, des camaïeux se dessinent...

 

Les coques éclatées se parent de légers copeaux qui forment des corolles...

 

Belle harmonie de teintes et de formes... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Coques de marrons...
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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 14:23
Un extrait de l'Odyssée : une scène familière au bord de l'eau...

 

 


On connaît certains épisodes célèbres de l'Odyssée : les sirènes, le cyclope Polyphème, la magicienne Circé, mais on connaît moins certains passages plus intimistes de cette épopée primitive...

 

Notamment cet extrait du Chant VI où l'on voit la jeune Nausicaa aller laver du linge au bord d'un fleuve... Une scène familière et si précieuse pour comprendre la vie quotidienne à l'époque d'Homère...

 

La scène se situe en Phéacie, une sorte d'utopie, un pays d'abondance où échoue Ulysse, après une tempête, déchaînée par le dieu Poseidon.

 

La jeune Nausicaa, fille du roi Alkinoos, pressée par un songe envoyé par Athéna, se rend, avec ses suivantes, au bord d'un fleuve afin de laver son linge...

 

C'est là, en jouant à la balle après le labeur qu'elle aperçoit Ulysse.

 

La description du fleuve est élogieuse grâce à l'emploi d' un équivalent de superlatif : "périkaléa, très beau..."

Un monde d'abondance est évoqué : les lavoirs sont intarissables, l'eau est abondante... et le champ lexical de l'eau est particulièrement développé : "le courant, le fleuve, les lavoirs, l'eau..."

 

Homère décrit, dans cet extrait, un univers paradisiaque, quasi-divin : la scène est pleine de gaieté et d'harmonie, Nausicaa et ses compagnes agissent ensemble, elles sont associées dans l'énoncé.

 

Homère nous fait voir, aussi, une scène de la vie quotidienne : on apprend comment on lavait le linge, à cette époque lointaine...

Au bord d'un fleuve, ce sont les femmes qui foulent le linge dans des bassins, puis elles l'étendent sur la grève.

Elles en profitent aussi pour se laver elles-mêmes et oindre leur corps d'huile...

 

On perçoit ici une scène de la vie quotidienne, une succession de gestes simples : on dételle les mules, on leur fait brouter l'herbe, on sort les vêtements, on les lave, avec empressement et ardeur à la tâche.

 

La Phéacie apparaît comme un pays civilisé, où la propreté est essentielle : celle du linge et celle des corps, un pays d'abondance, également : l'eau coule à flots, l'herbe y est "douce comme le miel".

 

Après avoir travaillé, les jeunes filles se détendent, prennent un repas, puis jouent à la balle, dans une harmonie parfaite. C'est alors que Nausicaa aperçoit Ulysse qu'elle ramène au palais de son père.

 

Ainsi, l'épopée n'est pas faite seulement d'épisodes héroïques, mettant en valeur le courage des personnages, l'épopée restitue aussi la vie ordinaire et quotidienne...

 

C'est ce qui en fait toute la valeur : on aime cette scène empreinte de simplicité et de vie.

On aime la poésie des épithètes homériques : "le fleuve au beau cours, "l'herbe douce comme le miel", "Nausicaa, aux bras blancs"...

 

Nausicaa est dans l'Odyssée une figure de la séduction  : c'est une princesse à la figure d'immortelle et Homère la compare, après cet extrait, à la déesse Artémis.

 

 

 

Le texte :

 

 Αἱ δ᾽ ὅτε δὴ ποταμοῖο ῥόον περικαλλέ᾽ ἵκοντο, 85
ἔνθ᾽ ἦ τοι πλυνοὶ ἦσαν ἐπηετανοί, πολὺ δ᾽ ὕδωρ
 καλὸν ὑπεκπρόρεεν μάλα περ ῥυπόωντα καθῆραι,
ἔνθ᾽ αἵ γ᾽ ἡμιόνους μὲν ὑπεκπροέλυσαν ἀπήνης.
Καὶ τὰς μὲν σεῦαν ποταμὸν πάρα δινήεντα
 τρώγειν ἄγρωστιν μελιηδέα· ταὶ δ᾽ ἀπ᾽ ἀπήνης 90
εἵματα χερσὶν ἕλοντο καὶ ἐσφόρεον μέλαν ὕδωρ,
στεῖβον δ᾽ ἐν βόθροισι θοῶς ἔριδα προφέρουσαι.
Αὐτὰρ ἐπεὶ πλῦνάν τε κάθηράν τε ῥύπα πάντα,
ἑξείης πέτασαν παρὰ θῖν᾽ ἁλός, ἧχι μάλιστα
 λάιγγας ποτὶ χέρσον ἀποπλύνεσκε θάλασσα. 95
Αἱ δὲ λοεσσάμεναι καὶ χρισάμεναι λίπ᾽ ἐλαίῳ
 δεῖπνον ἔπειθ᾽ εἵλοντο παρ᾽ ὄχθῃσιν ποταμοῖο,
εἵματα δ᾽ ἠελίοιο μένον τερσήμεναι αὐγῇ.
Αὐτὰρ ἐπεὶ σίτου τάρφθεν δμῳαί τε καὶ αὐτή,
σφαίρῃ ταὶ δ᾽ ἄρ᾽ ἔπαιζον, ἀπὸ κρήδεμνα βαλοῦσαι· 100


 

Traduction :

 

"On atteignit le fleuve aux belles eaux courantes, près duquel sont des lavoirs où monte en toute saison une eau claire et abondante, telle qu'il faut pour blanchir même le linge le plus souillé. Les femmes détachèrent les mules de la charrette et les poussèrent le long des rapides du fleuve pour y paître l’herbe douce comme le miel. Puis, à pleins bras, elles enlevèrent le linge de la charrette et le portèrent dans l’eau sombre des bassins, où elles le foulèrent, rivalisant entre elles d’activité. Quand elles l’eurent bien lavé et qu'il ne resta plus aucune tache, elles l’étendirent sur la grève, là où la mer forme une ligne épaisse de galets rejetés. Puis elles se baignèrent, s'oignirent d'huile brillante et prirent leur repas au bord du fleuve, tandis que les vêtements séchaient au grand soleil. Après qu'elles se furent rassasiées, elles ôtèrent leurs voiles pour jouer à la balle."

 


 


  Une conférence de Luc Ferry sur L'Odyssée :

 

https://youtu.be/RzjVWUjRYLA

 
 

 

Un extrait de l'Odyssée : une scène familière au bord de l'eau...
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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 13:52
La course à la productivité conduit à la déshumanisation des salariés : l'exemple de Lidl et celui de Free...

 

 

 

L'émission Cash Investigation diffusée sur France 2, ce mardi 26 septembre, nous révélait les difficiles conditions de travail des employés de Lidl et de Free : tout le monde connaît ces enseignes qui prospèrent, dans notre pays.

Lidl, marque allemande qui est récemment sorti du hard discount pèse 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires : un beau succès ! Mais à quel prix ?

 

Les caissières qui officient dans ces magasins travaillent debout ... elles sont polyvalentes, elles peuvent être amenées à faire le ménage ou de la mise en rayons...

Et bien sûr, les pauses leur sont interdites : au nom de la performance, impossible pour elles d'aller boire, de discuter.

C'est l'enseigne Lidl qui a inventé le triple scannage : la caissière passe, ainsi, les produits plus rapidement... rentabilité oblige...

 

Les préparateurs de commande travaillent, eux, dans de grands entrepôts.

Ils sont guidés par une commande vocale et dialoguent avec un ordinateur grâce à un casque.

 

Un journaliste de Cash investigation a réussi à se faire embaucher dans un de ces entrepôts : 7 heures par jour, guidé par une machine, soumis à ses ordres, il va de rayon en rayon pour récupérer des produits, 250 colis par heure !

Devenu un robot, obéissant à une machine, le salarié est soumis à un taux de rentabilité.

Dans ces conditions, les salariés voient leur santé se dégrader : fréquence cardiaque trop élevée, usure des articulations, accidents du travail à répétition.

 

La peur du licenciement devient une méthode de management... Certains salariés à bout en viennent à se suicider.

L'entreprise Free est aussi un fleuron de notre économie : Xavier Neel, neuvième fortune de France, est un des patrons préférés des Français.

Mais quand on voit l'envers du décor, on est, pour le moins, désabusé...

Des employés sont mis à la porte du jour au lendemain pour des motifs anodins : retards, absences pourtant justifiées.

Au moindre débrayage, les sanctions tombent : menaces, licenciements.

Dans un centre d'appel au Maroc, des employés de Total-Call se sont mis en grève en 2016 : ils dénonçaient leur condition de travail... Aussitôt, Angélique Gérard, directrice des centres d'appel, se rend sur place.

Afin de juguler la grève, elle annonce une fermeture possible du centre... finalement, les employés qui ont fait grève ont été licenciés.

 

On le voit : que ce soit chez Free, ou chez Lidl, les méthodes employées pour gérer le personnel sont indignes, elles bafouent les droits les plus élémentaires des travailleurs : droit de grève, dignité, conditions de travail...

Ces exemples sont révélateurs d'une dégradation de la situation des salariés dans ces entreprises, mais il ne sont certainement pas isolés.

Le libéralisme fait des ravages dans nos sociétés et la nouvelle loi travail va aggraver encore les difficultés des salariés.

 

 

 

L'émission de France 2 :

 

 

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-26-septembre-2017_2380043.html

 

 

La course à la productivité conduit à la déshumanisation des salariés : l'exemple de Lidl et celui de Free...
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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 12:08
C'est le moment de lire Teintes d'automne de Thoreau...

 

 

L'automne nous offre de magnifiques spectacles : des arbres empanachés de rousseurs et de lumières, des nuances chaleureuses... Le philosophe Henry D. Thoreau nous invite à observer cette nature automnale aux couleurs flamboyantes dans un de ses ouvrages intitulé Teintes d'automne.

 

Thoreau s'attache à décrire, avec une précision digne d'un peintre, les herbes, les arbres, l'érable rouge, l'orme, l'érable à sucre, le chêne écarlate...

 

Les couleurs, les métaphores, les comparaisons nous font percevoir une nature somptueuse.

Thoreau fait exploser sous nos yeux "un embrasement jaune, écarlate, cramoisi de toutes les couleurs."

Il dépeint les formes des arbres, des feuilles et, ce faisant, il nous invite à mieux contempler le spectacle de l'automne.

 

Thoreau s'émerveille, notamment, de ces juxtapositions de couleurs propres à l'automne : le vert des pins qui rehausse les teintes flamboyantes des arbres.

 

Grâce à l'automne, la nature nous entraîne dans une véritable fête des couleurs, un festival varié, changeant, au fil de la saison...

 

Les "splendeurs automnales" inspirent à Thoreau des descriptions incandescentes : on voit des "camaïeux de jaunes et de rouges", "le jaune du chrome chaud des peupliers, des airelles d'un rouge intense..." "des arbres écarlates en plein embrasement, des teintes cuivrées..."

 

On est sensible à la poésie de ces évocations : des images surgissent : " les futailles diffusent un éclat pareil à la pourpre du couchant..." Les frondaisons deviennent "des nuages jaunes et écarlates, volutes, après volutes"...

Voilà qu'un "arbre tout entier ressemble à un beau fruit mûr débordant de jus savoureux..."

 

Les descriptions de Thoreau font, ainsi, appel à tous les sens : la vue avec le chatoiement des couleurs, le toucher, le goût, l'ouie, avec le léger bruit des feuilles qui tombent, ou celles qui déjà à terre, "bruissent sous les pas"...

 

Thoreau perçoit même dans la nature automnale des leçons philosophiques : décrivant la chute des feuilles "résignées à se laisser décomposer au pied de l'arbre, afin de fournir la nourriture à de nouvelles générations de leur espèce", il affirme : "Elles nous apprennent à mourir."

 

L'ensemble de cet ouvrage très bref oscille entre science et poésie : Thoreau s'intéresse à l'ordinaire, il cherche à éduquer le regard des lecteurs.

Il parvient à poétiser ce qui nous est proche, de simples arbres, des paysages...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

C'est le moment de lire Teintes d'automne de Thoreau...
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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 14:20
En Allemagne : les oubliés de la croissance...

 

 

 

En Allemagne, les mini-jobs se sont multipliés, ces dernières années : deux millions et demi de travailleurs occupent de petits boulots mal rémunérés.

 

Pour pouvoir vivre à peu près correctement, ils sont contraints de cumuler plusieurs emplois à temps partiel.

 

Le Journal télévisé de 20 heures du lundi 18 septembre nous donnait un aperçu de ces oubliés de la croissance allemande à travers un exemple : celui d'une salariée qui à Munich fait un mi-temps dans un cabinet médical.

 

Afin de compléter son salaire, elle se voit contrainte d'exercer d'autres activités : livreuse de journaux et caissière.

 

Elle commence ses journées à 3 heures du matin, elle enchaîne ensuite sur son deuxième travail : assistante dans un cabinet médical, puis elle exerce à partir de midi un travail de caissière dans un magasin de fruits et légumes.

Au total, avec ses trois emplois, elle gagne 1300 euros...

Après être tombé malade, après avoir perdu son travail, chef de rayon dans un supermarché, elle n'a pu trouver que ces contrats précaires.

En Allemagne, il ne fait pas bon être malade : on court, alors, le risque de goûter à la précarité.

 

Depuis 2005, le nombre de mini-jobs a augmenté de 6% en Allemagne : on les trouve surtout dans le commerce, l'entretien, la restauration, l'hôtellerie.

 

Pour le directeur d'un hôtel de luxe l'utilité de ces mini-jobs est une évidence : des charges patronales réduites, 28% du salaire contre 40 % sur un contrat classique, puis, une grande souplesse sur le temps de travail...

C'est ce que l'on appelle de nos jours la flexibilité.

Les mini-jobs auraient, selon certains, fluidifié et dynamisé l'emploi en Allemagne.

 

Mais selon un expert du marché du travail, ce n'est pas cette flexibilité qui a permis de relancer l'activité et de faire baisser le chômage, car on ne trouve pas de mini-jobs dans l'industrie.

 

Ainsi, deux Allemagne cohabitent : celle qui réussit avec des contrats à temps plein, et celle des mini-jobs, des précaires...

 

Un système profondément injuste qui laisse sur le bord de la route, deux millions et demi de précaires dont l'avenir est compromis.

 

Economiquement, l'Allemagne est florissante, mais les précaires n'ont jamais été aussi nombreux...

 

Ainsi à l'heure où le gouvernement s'apprête à imposer en France une plus grande flexibilité avec les nouvelles lois sur le travail, on peut se poser bien des questions sur l'efficacité de ce système...

La flexibilité crée de la précarité, mais elle n'est pas du tout génératrice d'emplois...

 

 

 

 

 

Le reportage :

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/allemagne/flexibilite-de-l-emploi-les-perdants-du-modele-allemand_2378467.html

 

 

En Allemagne : les oubliés de la croissance...
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