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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:55
Léa et la quête des mots...

 

 


Léa n'avait jamais vu de livres dans la maison : ses parents n'en possédaient pas, ils vivaient pauvrement, et les livres ne faisaient pas partie de leur univers.

Un jour, pourtant, Léa ouvrit le tiroir d'une commode et découvrit l'objet, un livre unique, aux pages élimées, aux vieilles senteurs de papier...

Elle se mit à feuilleter l'ouvrage avec curiosité : partout, des dessins amusants, des aventures cocasses, des histoires surprenantes, des personnages étranges...
Une famille était mise en scène : la famille Fenouillard !

Le nom lui-même résonnait comme une caricature, il fleurait bon le canular.

Aussitôt, Léa se mit à lire avec avidité ce récit illustré : elle sourit devant les bêtises des deux fillettes, Artémise et Cunégonde. 
Les dessins, aussi, étaient des caricatures : Artémise et Cunégonde étaient affublées de chapeaux identiques et ridicules.

Artémise ! Cunégonde ! Des prénoms venus d'un autre monde, d'un autre temps ! Des prénoms aujourd'hui disparus.

Léa découvrit, alors, la magie des mots et des noms, elle comprit que chaque mot avait une résonance particulière et n'était pas choisi au hasard...
Elle saisit leur valeur, elle fut sensible à des sonorités, elle se mit à l'écoute des mots.

Dès lors, Léa s'intéressa aux mots, elle voulut en découvrir d'autres, elle se mit en quête, et elle décida de lire et de s'enrichir de mots nouveaux.
Elle lut Balzac, Flaubert, elle lut Zola, Racine, Molière, elle fut avide d'auteurs variés.

"Salammbô" ! Ce nom flamboyant et étrange la fit rêver... "La peau de chagrin" attira son attention, "La rabouilleuse" suscita, en elle, effroi et curiosité.
"La mare au diable" lui parut mystérieuse...

Et les mots contenus dans ces livres étaient, aussi, une fête : une variété infinie de noms, de verbes, d'adjectifs, des mots à découvrir, des mots à partager...

Léa comprit que cet univers était infini et que sa quête lui permettrait toujours de nouvelles découvertes, un bonheur de la curiosité...
Les mots lui offraient, ainsi, la possibilité de mieux saisir le monde, de mieux l'appréhender et l'apprécier.

Une fleur n'était plus une simple fleur : son nom lui donnait plus de valeur, plus de poésie et de tendresse.
Lilas, rose, jasmin, campanule, liseron, camélia, géranium... des mots évocateurs, empreints de douceurs...

Les noms des arbres étaient aussi un émerveillement : marronnier, châtaignier, tilleul, platane, pin, chêne, micocoulier...

Les noms des étoiles la fascinaient : Deneb, Aldébaran, Altaïr, Perséides, Alpha du centaure, Sirius...

Et même les mots les plus simples, les plus ordinaires se prêtaient à des découvertes, les noms des saisons, des fruits, des jours de la semaine, des nuages....

Ainsi, Léa put redécouvrir le monde à travers les mots : elle comprit leur importance, leur humanité, elle voulut en saisir les différents sens.

Elle comprit que les mots sont essentiels, car ils sont oeuvre humaine, chargés d'histoire, d'un passé ancien, ils sont l'essence de l'humanité, de la pensée, de la réflexion, du bonheur...




 

 

 

 

Léa et la quête des mots...
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:55
Mosaïques de nuages...

 

 

 

Des nuages s'étirent, se dispersent formant des carrés, des losanges de blancs, de gris... Des cascades d'argent et de lumières côtoient des brumes ondoyantes de gris...

Le soleil semble courir derrière les nuages, glissement de l'astre du jour, mais ce sont bien les nuages qui défilent et passent devant la lumière solaire.

Les formes géométriques se disloquent, deviennent légèreté, soie, gazes ondoyantes... Les bords s'effilochent en plumetis blancs.

Des cripures se détachent, formant des étincelles, des flammèches lumineuses.

Des trouées de lumières embellissent de flammes les bords des nuages : les nuées deviennent enluminures dorées de roses sur leurs contours.

Des couleurs se côtoient : gris foncé, perle, blancs d'écumes, griselis, rose frémissant...

Des fjords apparaissent, des isthmes, des continents de blancs et de gris, des îles sur le bleu du ciel se forment puis se fondent dans l'azur.

Les nuages ondoient, forment des archipels, des îlots écumants dispersés sur l'horizon.

Le ciel resplendit de ces nuées d'écumes changeantes : des fleurs spumeuses décorent l'azur, le transforment, de nouveaux paysages surgissent...

Des mosaïques voient le jour, véritables entrelacs de motifs concentriques, tessons blancs et gris sur le bleu du ciel...


 

 



 

Photos : rosemar

Mosaïques de nuages...
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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 13:56
C'est bien joli, tout de même à Göttingen, à Göttingen...

 

 


Göttingen ! tout le monde connaît, désormais, ce nom grâce à la célèbre chanson de Barbara...

La chanteuse rend hommage, dans ce texte, à un public chaleureux et bienveillant, celui qu'elle a rencontré, un soir, au cours d'un concert, dans une ville d'Allemagne, à Göttingen.

Chanson de paix et de réconciliation, Göttingen montre que l'amour n'a pas de frontière, grâce à la musique et la poésie qui rassemblent les peuples.

La chanson s'ouvre sur des références bien françaises qui sont niées : "Bien sûr, ce n'est pas la Seine, ce n'est pas le bois de Vincennes", mais on trouve aussi de jolis paysages à Göttingen : le nom de la ville réitérée insiste sur ce mot qui, bien que rude et étrange dans les sonorités, en devient familier.

D'autres négations interviennent : "pas de quais, pas de rengaines, qui se lamentent et qui se traînent", allusion à certaines de nos chansons pleines de mélancolie... Mais l'amour lié à ces rengaines "fleurit" aussi à Göttingen, nous dit Barbara...

Au passage, elle souligne le goût de l'histoire tant prisée par les allemands, eux qui connaissent parfaitement notre histoire, notamment celle de nos rois.

L'énumération de prénoms qui suit, nous rend familier et sympathique ce public allemand :
"Hermann, Peter, Helga et Hans"...

Puis, faisant référence à nos contes enfantins, Barbara nous rappelle que, sans doute, de nombreuses légendes sont aussi nées à Göttingen, en Allemagne.

La chanteuse revient, ensuite, sur des décors bien français : "Bien sûr, nous avons la Seine, Et puis notre bois de Vincennes." Mais dans une exclamation qui restitue une admiration, Babara souligne la beauté des roses, à Göttingen, à Göttingen... les roses qui peuvent représenter une forme de beauté et d'harmonie.

On retrouve une référence littéraire qui nous est propre, avec l'évocation de Verlaine et de "son âme grise"... Mais, aussitôt, Barbara rappelle que la mélancolie fait aussi partie de la culture allemande.

Elle met en évidence, bien sûr, la barrière de la langue qui peut nuire à la communication, mais souligne un langage universel, celui du "sourire des enfants blonds de Göttingen", des enfants symboles de fragilité et d'innocence, quel que soit leur lieu de naissance : Paris ou Göttingen.

La chanson s'achève sur une sorte de prière, précédée d'une interjection : O faites que jamais ne revienne le temps du sang et de la haine". Barbara fait rimer les deux mots "haine" et "j'aime", pour montrer que l'amour peut triompher.

Enfin, évoquant un possible retour de rancunes, Barbara sait et affirme qu'elle gardera toujours un souvenir ému de cette ville.

On perçoit, dans ce texte, toute la sensibilité de Barbara : son attachement à la France, à Paris et ses paysages, à la culture française, mais aussi une forme de respect pour la civilisation allemande dont elle perçoit tout l'éclat. On est ému, quand elle évoque les enfants blonds, les roses, la mélancolie de Göttingen.

La mélodie, toute en tendresse et douceur, met en évidence tant de délicatesse, et d'émotions.


Et cette chanson prend encore plus de résonances, quand on sait que Barbara, enfant juive, a dû se cacher, pendant la guerre, pour échapper à la persécution et à la barbarie nazie.


 
https://youtu.be/t0sNy1xOhRc




 



Photo : rosemar

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 12:16
Des cours de latin, le mercredi après-midi !

 

 

 

Du jamais vu au lycée ! Des cours de latin et de grec ont été placés le mercredi après-midi, alors que cette plage horaire est normalement consacrée à un temps de repos, en milieu de semaine...

Une façon de décourager les élèves de suivre ces options, déjà sacrifiées en collège par la dernière réforme mise en place dès cette année.

 

Ces langues anciennes sont, ainsi, mises au rebut, alors qu'elles sont si formatrices....

Comment peut-on espérer promouvoir le latin et le grec, quand ces enseignements sont relégués en fin de journée, de 16 h à 18 heures ou le mercredi après-midi ?

 

Les professeurs de lettres classiques ont bien du mérite : ils essaient contre vents et marées de maintenir leur discipline dans les lycées.

Mais dans une société utilitariste, à quoi bon faire du latin et du grec ?

A quoi bon apprendre des langues "mortes" ?

Comme si ces langues du passé n'étaient pas essentielles, comme si ces langues ne survivaient pas à travers notre propre langue : la plupart des mots que nous utilisons viennent du latin et du grec, nos grands auteurs se sont, maintes fois, inspirés de la littérature antique.

 

Le latin et le grec permettent, ainsi, de remonter aux sources de notre culture, de mieux l'assimiler, de mieux la comprendre.

Ces langues anciennes offrent un cadre rigoureux pour l'apprentissage de la grammaire, on peut, aussi, grâce à elles, mieux appréhender la formation des mots, leur étymologie, leur sens originel, souvent révélateur.

 

Le latin et le grec sont, de plus, une ouverture sur l'histoire de l'antiquité, l'archéologie, ou encore les arts du passé, l'architecture, la peinture, la statuaire...

 

Ainsi, ces deux langues favorisent et développent la curiosité des élèves.

Or, de plus en plus, ces enseignements sont jugés inutiles, ils sont dépréciés et dévalorisés.

Une formation humaniste est pourtant essentielle dans une société en perte de repères. Tous les jeunes ont besoin de cet ancrage dans le passé.

 

La culture antique est si riche d'oeuvres diverses : théâtre, poésie, littérature, philosophie, histoire...

Il suffit de lire l'Odyssée d'Homère pour comprendre tout l'héritage que nous devons à cette culture venue du passé : un récit d'aventures passionnantes où l'homme est confronté à de nombreuses épreuves, un récit qui nous permet de saisir le sens de la vie, une épopée, un poème, un roman aux multiples péripéties... Une histoire universelle aux messages pleins d'enseignements.

 

Il suffit de lire les fables d'Esope, de Phèdre pour percevoir ce que nous devons à ces auteurs anciens...

La lecture de L'âne d'or d'Apulée nous offre une plongée dans un univers fantastique, plein de fantaisie...

C'est, là, tout le creuset de notre littérature, un retour aux sources qui permet de comprendre notre histoire littéraire.

Le latin et le grec ne méritent pas cette mise au rebut : ces langues si formatrices sont à l'origine de notre culture, et il paraît essentiel de préserver et de perpétuer cet héritage.

 

 

 

 

Des cours de latin, le mercredi après-midi !
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 07:34
Ces paquebots de l'outrance...

 

 


Notre époque est celle de la démesure, dans de nombreux domaines : surconsommation, hypermarchés dont le nom même indique un excès, gaspillages, pollution, accumulation de déchets...

Et quand on voit ces paquebots géants devenus villes flottantes, qui peuvent accueillir 5000 passagers, on prend conscience plus encore de la démesure de nos sociétés.

Une vingtaine de bars et restaurants, un théâtre, un casino, un centre de bien-être, une patinoire, un parc aquatique, un jardin botanique naturel... on se croirait non pas sur un bateau, mais dans une ville construite pour le confort des passagers...

On y perçoit un luxe démesuré, un gigantisme effrayant... les cabines se superposent, créant une impression de vertige.

Mais qui peut avoir envie de naviguer sur de telles îles flottantes ?

C'est l'univers de l'artifice par excellence : un monde où les gens se retrouvent entre eux, pour profiter d'un luxe inoui, mais que devient le plaisir du voyage et de la découverte ?

Ces voyageurs modernes ont-ils même l'occasion d'observer les paysages marins, dans la mesure où de nombreux loisirs leur sont proposés ?

Le voyage, le vrai permet une ouverture sur le monde... Qu'en est-il de ces traversées maritimes sur des paquebots aux dimensions inhumaines ?

Un casino ? Il s'agit bien d' un univers luxueux, fait pour des riches qui peuvent s'adonner aux plaisirs du jeu...

Un parc aquatique sur un bateau ? Une reproduction de ces espaces artificiels qu'on trouve sur terre, avec des toboggans, des attractions en tous genres...

Mais, comment peut-on apprécier de vivre, ainsi, dans un univers où les gens sont entassés les uns sur les autres ?

Quelle évasion ce type de paquebot peut-il procurer ?

Le Harmony of the Seas, ce géant de 362 mètres de long, 66 mètres de large et 72 mètres de haut, soit l'équivalent d'un immeuble de 20 étages, ne me fait pas rêver...
J'aurais l'impression de vivre dans une usine à fric flottante...

A Venise, la lagune est menacée par la multiplication de ces paquebots géants, et les dégradations risquent d'être irrémédiables.

On imagine aussi toute l'énergie nécessaire pour propulser ces géants des mers : générateurs de pollution, ces paquebots ne sont sûrement pas écologiques.

Notre époque aime la démesure : il est vrai que ces paquebots fournissent du travail à ceux qui les construisent, dans les chantiers navals.

Mais pourquoi  construire des paquebots si démesurés, si ce n'est au nom de la rentabilité ?

Hier, mardi, un canot de sauvetage s'est décroché sur le plus grand de ces paquebots, le Harmony of the seas : cet accident a coûté la vie à un ouvrier et quatre autres personnes ont été grièvement blessées. Le bateau de croisière faisait une escale dans le port de Marseille.

Il semble, ainsi,  que la sécurité laisse à désirer sur ces bateaux où la démesure et la rentabilité l'emportent sur toute autre considération...


 


http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/27659-marseille-quatre-blesses-accident-paquebot-geant-harmony.html


 

Ces paquebots de l'outrance...
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 13:23
De l'art de prendre les gens pour des cons...

 

 

 

J'ai reçu, ces jours-ci, un mail publicitaire, m'incitant à participer à un test de culture générale : je vous laisse juges du haut niveau et de l'intérêt de ce test !

La question posée était la suivante : laquelle de ces silhouettes est un pokémon ?

Et on avait le choix entre 4 solutions : Pikachu, Dora, Hello Kitty, Mickey !

Tentez de gagner 500 euros, telle était l'annonce alléchante qui précédait ce test...

Un tel message n'est-il pas révélateur ? Une façon de dévaloriser la culture, la vraie, une façon de se moquer des gens avec une question débile, dont la réponse est évidente.

Si la culture générale consiste à repérer un Pokémon, on est tombé bien bas !

 

L'univers publicitaire ne fait pas dans la dentelle : un moyen, sans doute, de récupérer le phénomène Pokémon qui déferle, comme une traînée de poudre, en France...

 

Il serait temps de remettre la culture à l'honneur, d'inciter les jeunes à lire, plutôt que de les lancer à la recherche de monstres virtuels, aux noms farfelus.

 

Notre culture est riche d'une littérature variée, elle doit être un objet de curiosité permanent, tant elle est diverse.

C'est cette culture qui permet aux êtres humains de progresser, de s'enrichir, tous les jours, d'idées, de savoirs diversifiés.

C'est cette culture qu'il faut promouvoir et dont il faut montrer tout l'intérêt.

Que chaque jour soit l'occasion d'une découverte ! 

Lectures, visites d'expositions, promenades dans la nature, spectacles de théâtre, de musique, films... la culture est accessible à la plupart d'entre nous.

 

Il faudrait que chacun soit friand du bonheur de la découverte. La culture est essentielle et peut prendre différentes formes...

Ne nous laissons pas engluer dans le magma de la société de consommation qui nous pousse à oublier l'importance de cette culture.

 

On nous invite, sans cesse, à consommer, à acheter de nouveaux produits, parfois néfastes pour la santé, on nous abrutit avec des jeux stupides qui servent encore cette société de consommation.

 

Il est temps de réhabiliter la culture, au lieu de l'entourer de suspîcions : c'est par elle que l'homme s'élève, c'est par elle que nous accédons au bonheur.

Certes, la culture passe par un certain effort : l'homme doit franchir des obstacles pour accéder à une culture de plus en plus complexe.

 

Et c'est en progressant qu'il s'enrichit, toujours plus, de connaissances.

Refusons l'abêtissement général ! 

Refusons ces jeux stupides qui nous envahissent et ne servent à rien.

Mettons en garde les jeunes, les adolescents ! Eux se laissent facilement entraîner par l'engouement pour certains loisirs.

 

 

 

 

 

 

De l'art de prendre les gens pour des cons...
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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 12:46
Des éclats de rouille et de verts...

 

 

 

L'été brûlant a roussi les feuilles du marronnier : l'arbre esplandit sur le ciel bleu d'azur...

 

Les couleurs virevoltent sur les branches, les couleurs hésitent entre automne, printemps, été.

 

Rouilles, verts, xanthes éblouissent les feuilles...

Les feuillages se parent de teintes contrastées si vives ! Le vert côtoie le brun... le brun devient éclats de rouille.

 

La lumière exacerbe toutes ces couleurs... Le bord brûlé, les feuilles font surgir des teintes nouvelles...

 

L'arbre nous dit le printemps, il nous dit l'été rayonnant, l'automne qui arrive...

Il nous raconte le cycle des saisons...

 

Voici qu'un foisonnement de couleurs, un embrasement s'emparent du ciel et font vibrer l'azur d'un bleu intense...

Voici la fête luxuriante des feuilles qui couvrent l'horizon.

 

L'arbre rayonne, attire tous les regards, les feuilles se couvrent de panaches dorés.

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Des éclats de rouille et de verts...
Des éclats de rouille et de verts...
Des éclats de rouille et de verts...
Des éclats de rouille et de verts...
Des éclats de rouille et de verts...
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 15:56
Un poète d'autrefois : l'aède...

 

 

 

La langue grecque, par ses sonorités, ses graphies, n'est-elle pas, en elle-même, une ode à la poésie ? Et l'aède de l'antiquité symbolise tout un univers poétique...

 

Voici un extrait de l'Odyssée qui illustre bien le rôle essentiel de ces poètes du passé, que l'on appelait des aèdes :

 

Ἀλκίνοε κρεῖον, πάντων ἀριδείκετε λαῶν,
ἦ τοι μὲν τόδε καλὸν ἀκουέμεν ἐστὶν ἀοιδοῦ
τοιοῦδ', οἷος ὅδ' ἐστί, θεοῖσ' ἐναλίγκιος αὐδήν.
οὐ γὰρ ἐγώ γέ τί φημι τέλος χαριέστερον εἶναι
ἢ ὅτ' ἐϋφροσύνη μὲν ἔχῃ κάτα δῆμον ἅπαντα,
δαιτυμόνες δ' ἀνὰ δώματ' ἀκουάζωνται ἀοιδοῦ
ἥμενοι ἑξείης, παρὰ δὲ πλήθωσι τράπεζαι
σίτου καὶ κρειῶν, μέθυ δ' ἐκ κρητῆρος ἀφύσσων
οἰνοχόος φορέῃσι καὶ ἐγχείῃ δεπάεσσι·


 "Roi Alkinoos, le plus illustre de tous les peuples, il est doux d'écouter un aède tel que celui-ci, semblable aux dieux par la voix. Je ne pense pas que rien soit plus agréable. La joie saisit tout ce peuple, et tes convives, assis en rang dans ta demeure, écoutent l'aède. Et les tables sont chargées de pain et de chairs, et l'échanson, puisant le vin dans le cratère, en remplit les coupes et le distribue...", ainsi parle Ulysse, dans un extrait du chant IX de l'Odyssée...




Le mot "aède" évoque immanquablement l'antiquité grecque, le poète Homère, des oeuvres qui sont à l'origine de notre littérature, deux épopées illustres : L'Iliade et l'Odyssée...

L'aède est à la fois poète et chanteur : il accompagne ses poèmes, au son d'un instrument de musique, une cithare ou une lyre.

Le mot vient du verbe grec "
ἀείδω,aeido, ou ado, chanter"... 


Ce radical est à l'origine de nombreux autres mots français, même si on ne le perçoit pas toujours : "l'ode, la mélodie, la tragédie, la comédie, la monodie" comportent ce même radical, avec un timbre '"o". Le rhapsode, étymologiquement celui qui "coud ou ajuste des chants", est proche de l'aède, mais il ne compose pas, lui-même, ses chants.

L'aède est mis en scène, à plusieurs reprises, dans les épopées anciennes : dans l'Odyssée, on le voit apparaître sous les traits de Démodocos, le poète aveugle, image probable de l'auteur grec, lui-même, Homère.

Il est aède à la cour d'Alkinoos et apparaît aux chants VIII et IX de l'épopée. Ulysse, échoué sur l'île des Phéaciens, après avoir été malmené par une terrible tempête, assiste à un banquet donné en son honneur. Démodocos chante, alors, des épisodes de la guerre de Troie : notamment la querelle entre Ulysse et Achille, ce qui déclenche les larmes du héros.

La lyre est l' instrument de l'aède : selon la légende, la lyre ou phorminx fut inventée par Hermès à partir d'une carapace de tortue à laquelle étaient fixées deux cornes d'antilope et des cordes de boyau. Hermès l'offrit à Apollon dont elle devint l'instrument privilégié et l'un des attributs. 

La littérature, à l'époque d'Homère, était essentiellement orale : les aèdes composaient et apprenaient des poèmes qu'ils récitaient, au son d'un instrument de musique.

Musique et poésie étaient, ainsi, dès les origines intimement liées et indissociables : la poésie fait intervenir des rythmes, des effets sonores, des échos...


L'aède symbolise bien cette association : il est représenté, dans l'antiquité, sous les traits d'un aveugle, inspiré par les dieux, comme si la cécité lui conférait un statut divin, et lui donnait une intériorité particulière, propice à la créativité.

L'aède, celui qui chante et fait vivre la poésie était essentiel, à l'époque d'Homère : il représentait la mémoire des peuples, il était aussi, à lui tout seul, un spectacle vivant, grâce à la musique, à la beauté des textes, il avait la capacité d'émouvoir tout un auditoire : l'aède revêtait un caractère sacré, il était souvent assimilé à un dieu...


"L'illustre aède, le divin aède" : ces épithètes soulignent la vénération que suscitaient ces poètes de l'antiquité.

Créateurs, musiciens, chanteurs, ils étaient des artistes complets qui provoquaient le respect et l'admiration...


 

 

 

Homère :

 

http://expositions.bnf.fr/homere/it/13/01.htm

 

http://expositions.bnf.fr/homere/it/12/05.htm

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 15:59
D'où viens-tu, gitan ?

 

 

 

Les gens du voyage ont souvent suscité à la fois la peur et la fascination. Venus d'ailleurs, les gitans représentent un monde mystérieux et inconnu...

Dans une chanson célèbre, le poète évoque ce peuple de nomades avec tendresse et émotion.

La chanson s'ouvre "in medias res" sur des interrogations adressées à des gitans : le tutoiement rend le discours particulièrement familier...

La chanson mime un jeu de questions-réponses : "D'où viens-tu, gitan ? Je viens de Bohême..." Trois pays d'origine sont, ainsi, évoqués successivement "Bohême, Italie, Andalousie..."

Enfin, un vieux gitan est interrogé, et sa réponse détonne : "Je viens d'un pays qui n'existe plus...", comme si ses souvenirs avaient été effacés par l'usure du temps.


Le tableau qui suit restitue magnifiquement une veillée de gitans : on voit les chevaux, en troupeau, canalisés par une barrière, "la poussière" qui les recouvre, "leurs naseaux écumants" : un tableau plein de vie et de magnificence...

On voit les gitans assis près d'une "flamme claire", magnifiés par la lumière : leur ombre palpite dans le noir, leurs silhouettes deviennent "ombres de géants."

Un tableau se dessine fait de clair-obscur : la flamme est personnifiée, grâce à un verbe d'action : "la flamme qui jette à la clairière leurs ombres de géants..."

Et, on entend monter soudain la chanson des gitans, "un refrain bizarre".

On entrevoit un spectacle complet, fait de lumière et de chants, ponctués par "le coeur des guitares". Ces instruments de musique personnifiés sont, ainsi, mis en valeur...

On connaît la passion des gitans pour la guitare, cet instrument qui évoque des images de liberté, le sud, la lumière, la douceur, cet instrument que caresse le musicien, et dont il fait naître tant d'harmonies.

Et on entend monter ce chant "des errants qui n'ont pas de frontières", belle périphrase désignant ce peuple de nomades.

Les questions reviennent dans le couplet suivant, et cette fois, elles concernent la destination future des gitans interrogés..."Où vas tu, gitan ? Je vais en Bohème".

Trois lieux sont, à nouveau, égrenés : "Bohême, Italie, Andalousie..."

Et le vieux gitan questionné répond : "Je suis bien trop vieux, moi, je reste ici."

On perçoit, à travers ce personnage, toutes les difficultés de la vie de nomade : un jour, cette vie errante n'est plus possible, on perçoit la fatigue et l'usure du temps.

Le refrain suggère de nouveaux voyages, de nouvelles découvertes, parfois semées d'embûches, puisqu'elles passent sur "des chemins mouvants".

Et une voix invite le gitan à "laisser encore un instant vagabonder son rêve", un rêve qui paraît bien illusoire, comme le suggère l'expression "avant que la nuit brève le réduise à néant".

Des impératifs invitent le gitan à chanter ces rêves, représentés par "un pays de Cocagne, un château en Espagne", une envie de trouver toujours et encore d'autres horizons meilleurs.


La mélodie restitue tendresse, émotion, puis soudain plus vive, elle révèle un esprit aventureux, une passion de la liberté...

Bel hommage à ce peuple errant de nomades, cette chanson parvient à traduire toute la rudesse de la vie de ces gens du voyage, leur esprit de liberté, leur passion pour la musique...


On doit les paroles de cette chanson à Pierre Cour, la musique a été composée par Hubert Giraud.




 

 

Photos : Pixabay

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Published by rosemar - dans chanson musique poésie
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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 12:07
Notre école doit redevenir une école de l'effort...

 

 

 

 

Notre école doit redevenir une école de l'effort. Depuis de nombreuses années, la volonté de nos gouvernants et de certains pédagogues a été de gommer les efforts dans le domaine de l'éducation...

 

L'orthographe mettait en jeu des règles jugées trop complexes : cet enseignement a été jeté aux oubliettes...

La grammaire posait trop de problèmes à nos jeunes élèves... Qu'à cela ne tienne, on a éliminé cette discipline pourtant essentielle des programmes. 

On a instauré des dictées à trous, des dictées préparées, gommant, ainsi les obstacles, les leçons de grammaire ont été sacrifiées sur l'autel de la facilité.

 

Et, encore une fois, la nouvelle réforme des collèges mise en place, dès cette année, va dans ce sens.

 

A quoi bon étudier le latin et le grec, ces langues anciennes, aux déclinaisons si complexes ? Il fallait, donc, les éliminer quasiment du cursus scolaire, en les intégrant dans des EPI...

Les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires ont, aussi, pour objectif de rendre l'enseignement plus ludique...

 

Mais que devient la notion d'effort, indispensable dans toute éducation ?

L'effort ne fait-il pas partie de la vie ?

N'est-ce pas notre lot quotidien ? Il nous faut faire des efforts pour travailler, pour gérer une maison, pour garder une certaine forme physique...

 

En voulant supprimer ou gommer les efforts, notre école perd le contact avec la vie même.

Il faut renoncer à toute cette démagogie qui entoure notre système éducatif, il faut condamner le laxisme.

Les enfants n'ont-ils pas besoin d'un cadre rigoureux pour s'épanouir ?

 

Relisons les textes de Rabelais sur l'éducation : le jeune Gargantua à qui ses premiers maîtres n'inculquent pas le sens de l'effort, devient paresseux, stupide, prétentieux, insolent, incapable d'apprendre et de progresser...

A l'image même de nombreux élèves d'aujourd'hui car on ne leur montre pas l'importance et la valeur de l'effort...

Un autre maître Ponocrates redresse la situation, en montrant au jeune Gargantua l'importance des apprentissages, la valeur de la culture...

Ces textes datent du 16 ème siècle, nos ministres feraient bien de s'en inspirer.

 

Les efforts permettent à chacun de progresser, d'aller de l'avant et les enfants comme les adolescents ne doivent pas en être exemptés...

L'effort, c'est depuis longtemps, l'école de la vie... Il faut réhabiliter cette notion d'effort dans notre enseignement.

C'est, quoi qu'on en dise, l'effort qui rend heureux, qui stimule, c'est l'effort qui nous porte tout au long de notre vie.

Sans effort, la vie n'a plus de sens. Sans effort, les élèves ne peuvent se dépasser, se projeter vers l'avenir.

 

 

 

 

 

Notre école doit redevenir une école de l'effort...
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