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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 11:57
Le mélilot mouillé de pluie...

 


Pour la poésie et le plaisir des mots : le mélilot !


"Le vent sentait le sable chaud, l'eau froide, l'asphodèle et le buis. Le mélilot mouillé de pluie, ruisselait d'un parfum simplet, et deux acacias fumaient comme des cassolettes.

Dans un coin lointain du ciel, maintenant pur, l'orage fuyant tordait en silence ses muscles violets. L'aile d'Iris pointait au dessus de la colline.

Il allait, à petits pas, lourd d'une volupté que distillaient l'air, la lumière, les odeurs."

C'est ainsi que Giono décrit un paysage à travers les sensations olfactives et visuelles  de son personnage, Ulysse, dans un de ses romans intitulé Naissance de l'Odyssée...

Giono restitue des parfums qui s'entremêlent harmonieusement, et qui semblent envahir l'espace...
Ulysse est sensible aux senteurs qui l'environnent, notamment à celles du "mélilot".




Ce mot rare "mélilot" nous enivre, nous enveloppe de parfums et d'échos sonores ! Ce mot fascine et intrigue ! On n'en perçoit pas immédiatement la signification et les contours...

Quelle est cette plante au parfum simplet ? Quelle est cette essence mystérieuse du mélilot ?

Mélange de miel et de lotus, cette fleur semble avoir des vertus apaisantes, pleines de douceur.

Le mélilot, couleur de miel, se couvre de grappes dorées, il exhale un parfum subtil et délicat qui séduit les abeilles...

Ce mot aux douces sonorités vient directement de deux termes grecs μέλι, méli, « miel » et λωτός, lôtos, « lotus ».

Le mélilot à fleurs jaunes de la famille des fabacées ressemble au genêt : il produit des grappes de fleurs dorées, au parfum délicat et subtil.

Le mot rayonne de ses sonorités : labiale initiale, consonne redoublée "l", voyelles variées... On perçoit, des échos sonores, des voyelles qui se répondent...

Associé aux noms du miel et du lotus, ce nom de fleur évoque des images lumineuses...

Le miel qui suggère des couleurs dorées et brunes, des visions de ruches tourbillonnantes d'abeilles, un nectar aux teintes ambrées, le miel, symbole solaire qui représente la quintessence végétale de la lumière du jour..

Le lotus, lui, est associé à des légendes antiques, notamment celle des lotophages dans l’Odyssée d'Homère : Ulysse aborde la « terre des Lotophages qui se nourrissent de fleur de lotus ». Le lotus représente l'oubli, une sorte de drogue qui procure l'amnésie à tous ceux qui s'en nourrissent...

Le lotus sacré et mythique, fleur de l'orient est, aussi, une image de sérénité et de beauté...

Le mélilot, terme assez rare, aux sonorités pleines de poésie, nous charme de ses origines lointaines : le mot "mélilotos" remonte à l'antiquité grecque... 

Et ce mot a traversé les siècles, nous est parvenu avec tous ses éclats de sonorités...

Le mélilot nous fait rêver à une nature encore intacte, aux couleurs éclatantes, au genêt, doré de miel, à toutes ces fleurs du sud aux teintes solaires : mimosa, jonquille, forsythia...

Ce mot ancien, peu usité, crée une sorte d'harmonie, dans ses sonorités : il évoque, aussi deux autres mots remplis de symboles et de légendes...

 

 


L'épisode des lotophages dans l'Odyssée :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lotophages
 

Le mélilot mouillé de pluie...
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 12:10
Pokémon go ou l'art de la vacuité...

 

 

 

 

 

Le monde moderne nous bouscule : sollicités par de nombreux loisirs, nous n'avons plus le temps de lire, de profiter des plaisirs simples de la vie.

Et voilà qu'un nouveau jeu Pokémon go nous invite à aller chercher des monstres virtuels, dans l'environnement de nos villes, à l'aide de nos i-phones.

La chasse aux Pokémons est ouverte ! Le phénomène prend même de l'ampleur...

Mais, enfin, qui peut se laisser prendre à ce piège, sinon des adolescents, en manque de repères ?

Quelle est cette folie qui pousse les gens à se lancer, dans les rues, à la poursuite d'êtres virtuels ?

 

Voilà l'activité la plus stérile qui soit, mais comme ce jeu passe par un i-phone, les adolescents accros à cet objet qu'ils ne quittent plus, se laissent facilement séduire.

Au lieu de proposer une incitation à la lecture, au lieu de promouvoir la culture, ce jeu conduit les individus, comme beaucoup d'autres jeux sur internet, à se perdre dans un univers virtuel, coupé de la réalité.

 

Le prétexte invoqué serait, en fait, d'inciter les gens à redécouvrir leur ville.

Mais de qui se moque-t-on ?  Les participants à ce jeu, obnubilés par la recherche de leurs monstres, en arrivent à ne plus voir leur environnement et à être victimes d'accidents...

 

On imagine quelle pourrait être la réaction d'extraterrestres, s'ils débarquaient sur notre planète et s'ils découvraient les humains en train de se livrer à la chasse aux Pokémons !

"Salamèche, Carapuce, Pikachu, Rattata, Pichu, Fouinette" ... j'en passe et des meilleures, des monstres devenus l'objet de toutes nos sollicitations !

A coup sûr, ils nous prendraient pour des attardés mentaux, frappés de folie, des êtres dénués de raison et de réflexion.

A coup sûr, ils n'auraient aucune envie d'entrer en contact avec des êtres qui proposent de tels jeux à des adolescents.

 

En voyant quelques humains, dans les rues, portables à la main, en quête de Pokémons, ils se poseraient bien des questions sur l'avancée de notre civilisation.

Ils émettraient même des doutes sur notre intelligence.

 

Décadence, vide existentiel, ce jeu nous confronte à la réalité de nos sociétés : il nous montre l'inanité de nos vies, une absence, une vacuité, dans un monde où la consommation est souveraine.

 

Il est urgent de redonner du sens à nos vies, en privilégiant la culture, l'observation de la nature, en montrant l'intérêt de la lecture, en mettant en évidence les dangers de tous ces outils connectés qui nous environnent, et qui ont tendance à croître en nombre et en influence.

 

 

 

 

 

Pokémon go ou l'art de la vacuité...
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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 08:43
Bikini et burkini...

 

 

Bikini, burkini... Voilà deux mots qui pourraient prêter à confusion, ce que l'on appelle, en terme savant, des paronymes ! Les deux mots se ressemblent, certes, mais est-il possible de les confondre ? Ils évoquent, en fait, des réalités bien différentes : on se souvient de la célèbre chanson de Dalida qui a connu un vif succès dans les années soixante, et, depuis cette époque, le bikini, ce maillot deux pièces pratique et confortable, est devenu une tenue habituelle sur nos plages.

 

Quant au burkini, il désigne, comme chacun sait, un maillot intégral qui recouvre le corps de la femme de confession musulmane, depuis la tête jusqu'aux chevilles.

N'est-ce pas, là, une tenue inhabituelle pour profiter d'un bain de mer ?  Voilà une tenue surprenante pour se baigner !

Une tenue bien encombrante, quand on veut être libre de ses mouvements, nager... un carcan qui emprisonne la femme et qui a pour but de la préserver du regard des hommes.

 

Le vêtement devient, alors, une sorte de bouclier qui permettrait à la femme d'inspirer le respect.

La mode islamique exige que l'on ne fasse pas étalage de son corps. 

Les hommes ne sont-ils pas des "prédateurs" ? Et la femme aurait, ainsi, le devoir de se protéger, et de faire preuve de pudeur.

 

On voit bien toutes les conséquences de ces règles vestimentaires : une femme vêtue d'un bikini ou d'une jupe courte, est forcément considérée comme impudique par un musulman...

Autrement dit, une femme vêtue, selon la mode occidentale, ne peut que susciter la convoitise et le manque de respect.

 

Comment concilier ces deux façons de se vêtir ? Est-ce même conciliable ?

On voit bien toute la distance qui sépare une femme occidentale et une musulmane qui se plie à ces lois religieuses, un fossé qui semble infranchissable.

 

La femme vêtue d'un burkini est-elle, d'ailleurs, vraiment décente, étant donné que ce vêtement moule le corps, notamment au sortir du bain ? Certains musulmans condamnent, aussi, cette tenue.

La femme devrait donc se baigner avec une armure, pour satisfaire aux diktats de la religion ?

 

L'homme, lui, est-il obligé de porter un burkini ? 

On le voit : ces codes vestimentaires appartiennent à un autre temps, un temps où la femme était asservie et soumise aux hommes.

 

L'homme musulman n'est-il pas capable de réfréner ses désirs et ses ardeurs ?

 

Comment faire cohabiter, sur une même plage, bikini et burkini ?

Comment un musulman peut-il considérer une femme en bikini ?

Qu'est-elle, pour lui, si ce n'est un être impudique, une dévergondée ? Comme si le vêtement permettait de classer, ainsi, les personnes...

 

Avec cet exemple, on prend conscience que le monde musulman doit évoluer, pour une meilleure intégration dans nos sociétés.

Certains diktats religieux sont périmés, appartiennent à un autre temps.

Les femmes ne peuvent être, ainsi, contraintes dans des carcans vestimentaires qui les empêchent de profiter librement d'un simple bain de mer.

Le burkini est indubitablement une entrave à la liberté des femmes.

D'ailleurs, certaines femmes, faisant preuve d'émancipation, se sont libérées de ces contraintes vestimentaires, une façon de ne plus se soumettre à des injonctions religieuses d'un autre temps.

 

 

La chanson de Dalida :

 

https://youtu.be/hVUwra22e-Q

 

 

 

Bikini et burkini...
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 15:32
Pinèdes...

 

 

 

 

Les pinèdes du midi font surgir et miroiter toutes les teintes de verts : anis, verts doux ou profonds, verts pâles, noirs, mordorés, verts évanescents... Les arbres tressent des camaïeux infinis de verts....

 

Les pinèdes nous parlent, nous disent toutes les merveilles de l'été : éclats de cigales, chants harmonieux qui s'élèvent vers le ciel, envahissent l'espace, dans un bruissement incessant.

Douceur apaisante de ces voix lumineuses et secrètes !

On devine, sous les branches, ces nymphes de l'été, mystérieuses, aux embruns dorés.

 

Tous les arbres, le ciel, la terre vibrent de ces paroles douces comme le miel, les pins se répondent dans un concert ininterrompu qui rythme les journées et s'attarde parfois jusqu'à la nuit...

 

Des senteurs anisés se répandent dans l'air, des parfums exaltants s'épanchent...

 

Les arbres en corolles font bruisser insensiblement leurs branches...

 

Des vagues légères, des roulis s'en emparent : les arbres respirent doucement de ces ondulations sereines et apaisées.

 

Les aiguilles, comme vernissées, se parent d'éclats lumineux, sur le ciel blanc-bleu de Provence...

Les pinèdes offrent, aussi, leur ombre bienveillante... les cigales, heureuses, lancent leurs chants renouvelés, aux échos sonores si apaisants.

 

Couleurs, éclats de voix, senteurs... les pinèdes du midi nous offrent une plénitude de sensations.

 

Quelle harmonie sous les pins ! Quels éblouissements !

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 09:52
Pour célébrer la nuit des étoiles !

 



"Enfin, lorsque la nuit a déployé ses voiles, 

La lune, au visage changeant, 

Paraît sur un trône d'argent, 

Et tient cercle avec les étoiles, 

Le ciel est toujours clair tant que dure son cours, 

Et nous avons des nuits plus belles que vos jours."

Tels sont les vers que Jean Racine adressait à Monsieur Vitard, son oncle, pour évoquer les nuits qui magnifient le ciel, au dessus de la ville d'Uzès dans le Gard, où il séjourna pendant quelques mois... 


Les étoiles, la lune sont personnifiées dans un somptueux tableau, et parviennent à illuminer le ciel, d'une manière étonnante.



Le mot "étoile" nous est si familier ! Il a, pourtant, des origines anciennes et prestigieuses : issu du latin "stella", ce nom est apparenté au grec ancien "aster", et à l'anglais "star", un terme fréquemment utilisé, de nos jours, pour désigner un ou une artiste de talent...

Ce mot nous transporte dans un monde céleste, empreint de mystères...

Les mots "stellaire, constellation, astérie, astérisque" appartiennent à la même famille.

 L'astérie est le nom savant de l'étoile de mer... l'astérisque, une petite étoile, un signe graphique qui permet de renvoyer le lecteur à une référence, à une annotation...

L'étoile est, ainsi, présente, partout : dans le ciel, la mer, et même sur le papier ! L'étoile est une image si brillante...

Astre de la nuit, l'étoile brille d'un éclat particulier, c'est un symbole de beauté, d'élégance, de charme.

L'étoile est associée à nombre d'images valorisantes : une nuit à la belle étoile, l'étoile du berger, une étoile est née...

On aime, les nuits d'été, observer un ciel lumineux d'étoiles, on aime leurs noms évocateurs : la Grande Ourse, la Petite Ourse, le grand Chariot, le Cygne, Altaïr, Aldébaran, Vénus...

Que de poésie dans ces dénominations, que d'images, que de mystères à découvrir ! Que d'exotisme !

Altaïr, l'aigle en vol, dans la constellation de l'Aigle, Aldébaran, dans la constellation du Taureau, les Perséides, des pluies d'étoiles...

Des mots remplis d'échos sonores qui nous font rêver...

Les étoiles représentent un monde mystérieux, lointain, une énigme.

Elles évoquent d'autres formes lumineuses : l'anis étoilé, certaines fleurs qui font songer à des étoiles : fleurs astrales, astéracées, hélianthes, gazanias...

On perçoit d'autres images : on pense à l'étoile des neiges, à ses grands yeux, à l'étoile du berger, à un symbole de fête, on songe aux étoiles filantes, associées à des voeux de bonheur.

L'étoile peut évoquer la rêverie, l'amour, la pureté, l'innocence.

Alcyone, Aldébaran, Antarès, Maia, Véga, Bételgeuse : comment ne pas être ébloui par les noms mêmes de ces étoiles ? 

Chacun de ces mots nous révéle un univers plein de poésie, de sonorités éclatantes...

Le spectacle de la nuit a longtemps fasciné les hommes : ils ont projeté leurs rêves sur le monde stellaire, ils ont inventé des mythes.

Aujourd'hui, les hommes perdent ce contact avec le ciel et la nature : dans nos villes inondées de lumières artificielles, le spectacle de la nuit nous échappe... 


La 26 ème édition de la nuit des étoiles nous invite à renouer avec ce monde céleste : c'est le moment d'observer les étoiles filantes de l'essaim des Perséides, c'est le moment d'oublier nos écrans de télévision et d'ordinateur, pour admirer la voûte céleste...

 


Le poème de Racine :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_racine/a_monsieur_vitart.html


 


 

Pour célébrer la nuit des étoiles !
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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 08:38
Et par dessus tout ça... l'accent qui se promène...

 



 

Quand un chanteur nous emmène visiter les marchés de Provence, on est sous le charme : on entend, tout d'abord, des sons de fifres et de tambourins provençaux, comme dans une farandole.


Puis, on savoure toute une ambiance : des senteurs de la mer Méditerranée toute proche, des sensations olfactives caractéristiques du midi : "fenouil, melons, céleris", autant de produits du terroir, aux effluves prononcées.

On perçoit, aussi, un air de gaieté avec des "gosses qui dansent", parmi la foule animée.

Le chanteur parle, ensuite, à la première personne, comme dans une confidence : il se définit comme un "voyageur de la nuit", belle expression qui restitue les contraintes d'un métier qui l'ont conduit à visiter de nombreux pays, sans les voir véritablement.

Habilement, Gilbert Bécaud mêle langage poétique et familier dans cette évocation : "Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle, Ai croisé des regards que je ne voyais pas..."

Et le poète exprime le désir de profiter pleinement de ce spectacle d'un marché de Provence, qui offre émerveillements et joie de vivre. 

Le moment où se déroule le marché, est évoqué à deux reprises : "le matin", suggérant un renouveau, un bonheur qui recommence.

Puis, le poète nous fait entendre la voix d'une marchande qui vante ses produits, une façon, encore de restituer toute une ambiance :

"Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d´abricots ?"

Il semble que cette marchande s'adresse à chacun d'entre nous, et l'on retrouve, dans une énumération, des produits provençaux par excellence : le thym associé à la garrigue, le safran, les figues...

Ainsi, le poète nous fait vivre l'ambiance d'un marché de Provence, les parfums, les voix, les rires, les enfants qui dansent...

L'énumération se poursuit avec d'autres ingrédients, tout aussi parfumés : 

"Voici l´estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques œillets ?"

Ce procédé suggère une idée d'abondance et permet de mettre en scène la faconde de la marchande.

Grâce à tous ces mots, on peut, aussi, entendre et savourer des sonorités du midi : "thym, garrigue, estragon, lavande".

Et, c'est, bien sûr, l'occasion d'évoquer l'accent de la Provence qui apporte un supplément d'âme à tout ce spectacle, haut en couleurs et en parfums.

"Et par dessus tout ça on vous donne en étrenne 
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas."

Un véritable cadeau, une "étrenne", nous dit le poète : l'accent est même personnifié, ce qui lui donne plus de vivacité et de charme, encore...


Enfin, le chanteur n'oublie pas de faire allusion aux "filles jolies" de Provence :

"Mais il y a, tout au long des marchés de Provence 
Tant de filles jolies, tant de filles jolies..."


Elles aussi participent à la gaieté de ce spectacle puisqu'elles donnent des "idées qui dansent..." Et le poète a hâte de les retrouver, elles qui sont "les filles du soleil", symboles mêmes d'un bonheur rayonnant : on les entend rire, s'interpeller...


La mélodie, tantôt douce ou très rythmée nous entraîne dans une ambiance de fête et nous fait vivre tous les bonheurs d'un marché de Provence : couleurs, senteurs, rires...

Grâce à différents procédés, le poète sait restituer l'accent, la vie, l'atmosphère de ces marchés de Provence, et il nous fait participer à une véritable fête des sens.

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 13:52
La carafe, un objet et un mot qui chante...

 

 

 

Pour le plaisir et la poésie des mots : la "carafe" !

 

La carafe est un objet qui chante, qui fait roucouler l'eau, un véritable objet d'art, parfois, aux couleurs chatoyantes, aux motifs d'une variété inouie, parfois translucide, de façon à révéler son contenu : eau, vin, jus de fruits...



Le mot "carafe" nous fait admirer des formes pansues, il nous fait entendre des sonorités variées de gutturales "c" et "r", de fricative "f", beau contraste de rudesse, et de douceur....

Douceur et fluidité de l'eau qu'elle contient, solidité de la substance et du vase....

La reprise de la voyelle "a" peut suggérer la cascade de l'eau qui coule de la carafe...

Joli bruit de l'eau qui glougloute et se déverse ! Jolie musique de l'eau qui lance des volutes harmonieuses de notes dans le verre....

On voit souvent, sur les miniatures persanes anciennes, des motifs de carafes, au col évasé, à la base arrondie, aux couleurs de lapis lazuli, pierres d'azur, ornées de serpents, de dragons, ou serties de rayures....

Posées à même le sol, ou sur des tapis soyeux, ces carafes dressent leur col étroit, leurs formes élégantes de récipient oriental...

Le mot est lui-même oriental, comme le suggèrent les sonorités langoureuses, la voyelle "a" réitérée, la douceur de la fricative "f", à la fin du mot...

On entrevoit des décors somptueux de palais orientaux, des richesses de tapis aux motifs chatoyants, des arabesques...

Ce mot entre aussi dans des expressions argotiques ou familières "tomber, rester en carafe"... on se retrouve, alors, abandonné "en carafe", comme une cruche, expression peu valorisante....

Ce terme peut, aussi, désigner familièrement la tête de quelqu'un, la carafe suggérant des formes arrondies...

J'aime ce mot venu d'orient, aux sonorités exotiques, devenues si familières....

J'aime ce mot aux échos de voyelle répétée, qui désigne un récipient plein d'élégance et de charme...

La carafe nous fait rêver à un monde oriental, au goût raffiné, à des tapis garnis de carafes somptueuses, à des repas arrosés de vins subtils.

La carafe nous amuse, aussi, quand elle prend un sens familier : ce mot utilisé dans des contextes variés peut susciter le rire, la sympathie, mais aussi l'admiration pour des formes élégantes....

La carafe évoque un raffinement très oriental, tout un art de vivre, dans la lenteur et l'harmonie.

Le mot nous fait accéder à diverses sensations : auditive, avec le doux bruit de l'eau, olfactive, grâce aux parfums de vins contenus dans le flacon, gustative quand on savoure le contenu, tactile, quand on perçoit la fraîcheur de  l'eau, visuelle quand on admire les motifs et les couleurs de l'objet...
 

 

 

 

 

Photos : rosemar

La carafe, un objet et un mot qui chante...
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 12:03
Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...

 

 



Combattre ses propres démons, vaincre le mal que chacun peut avoir en soi, parvenir à faire triompher le bien, c'est, là, le thème de cette nouvelle fantastique, intitulée Le chevalier double, dont l'auteur est Théophile Gautier.


Nous sommes, tous, plus ou moins, soumis à une dualité, le bien, le mal, et nous avons tous eu la tentation du mal.

Dans ce conte de Théophile Gautier, une jeune châtelaine, prénommée Edwige, mariée au comte de Lodbrog, s'est laissé envoûter par un étranger "beau comme un ange", au sourire glaçant, un chanteur, accompagné d'un corbeau noir.

L'histoire se déroule dans un pays du Nord qui n'est pas nommé, comme le suggèrent les noms des personnages aux consonances scandinaves.

Venu se réfugier dans le château de la dame, par une nuit d'orages et de tempête, cet inconnu est double : un sourire d'ange et un regard terrifiant.

On retrouve au début de ce récit, de nombreux ingrédients du conte fantastique... le lieu : il s'agit d'un château, le moment : l'histoire se déroule la nuit. L'évocation de la tempête est particulièrement inquiétante : "Il faisait un terrible temps cette nuit-là : les tours tremblaient dans leur charpente, les girouettes piaulaient, le feu rampait dans la cheminée, et le vent frappait à la vitre comme un importun qui veut entrer."

Dans cette description, on perçoit, comme souvent, dans le registre fantastique, le procédé de personnification de certains éléments du décor, ce qui accroît le mystère et la peur.

Après le départ du mystérieux inconnu, la châtelaine donne naissance à un fils, prénommé Oluf... mais elle perçoit en lui, le "regard noir de l'étranger".

Un "mire", une sorte de médecin ou de mage est consulté : il déclare, aussitôt, que le petit "Oluf" a une étoile double, une verte, une rouge, une verte comme l'espérance, une rouge comme l'enfer..."

L'enfant grandit, tantôt "bon comme un ange", tantôt "méchant comme un diable".

Choisira-t-il le bien ou le mal ?

Quel sera son destin ? Qu'est-ce qui pourra le sauver du mal ?

Il devra combattre, de toutes ses forces, le mal qui est en lui, dans une lutte héroïque et féroce, il devra vaincre ses mauvais démons.

Ce combat est mis en scène, quand Oluf rencontre son double maléfique : un choc violent entre deux chevaliers, un choc dont l'issue semble incertaine...

Ainsi, chacun d'entre nous doit lutter contre des pulsions de haine, de jalousie, de rancoeur, chacun d'entre nous a une part d'ombre.

Ce récit fantastique a valeur de message : il nous montre toutes les difficultés de vaincre les forces du mal : le mensonge, l'hypocrisie, la méchanceté, le désir de soumettre, la violence.

Ne sommes-nous pas tous doubles ?

Il nous faut souvent affronter ces forces du mal, les vaincre, essayer de dépasser le désir de vengeance, la haine.

C'est ce qui fonde l'humanité : cette lutte passe par la réflexion, par l'effort, par des conflits internes qu'il nous faut résoudre et comment les résoudre ?

Comment affronter ses propres démons ?


Ce récit bref, fascinant, facile à lire, écrit dans un style original et vivant, nous entraîne dans un univers fantastique, tout en nous incitant à la réflexion : une lecture de vacances accessible à tous !






Le texte :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Romans_et_Contes_de_Th%C3%A9ophile_Gautier/Le_Chevalier_double

 

Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 12:47
Un signe des temps : la fin du magnétoscope...

 

 

 

Un signe des temps : la fin du magnétoscope ! C'est fini : désormais, on ne fabrique plus de magnétoscopes... Notre génération a vu la naissance et les débuts de cette innovation et elle en voit, aussi, la fin.

 

C'en est fini, aussi, du disque Vinyle, des tourne-disques, et bientôt, sans doute, on verra disparaître les CD ou compacts disques qui seront remplacés par d'autres supports, par exemple, les clés USB dont on voit le développement.

Bientôt, le téléphone fixe sera, aussi, supprimé, puisque Orange a annoncé la disparition prochaine de cette ancienne technologie.

 

On mesure, avec ces exemples, l'incroyable avancée des progrès que nous connaissons et leur rapidité : une technologie vient, sans cesse, en remplacer une autre.

Et les progrès s'accélèrent de plus en plus, avec l'arrivée d'internet : qui écoute, désormais, de la musique sur CD ? Le plus souvent, les amateurs de musique utilisent Internet pour accéder à leurs morceaux préférés.

On assiste à une déferlante d'innovations toujours plus performantes.

 

Les i-phones en sont l'illustration la plus éclatante : miniaturisés, ils sont multi-fonctions, appareil photo, caméra, téléphone, dictaphone, ordinateur.

Une merveille de technologie ! Et ce n'est, sans doute, qu'un début.

 

En même temps, on prend conscience de la fragilité de certains de ces progrès : les clés USB ont une durée de vie limitée, elles peuvent se détériorer rapidement, et elles sont, sans doute, fabriquées ainsi : c'est l'obsolescence programmée qui s'impose pour chacun de ces outils technologiques.

On mesure, avec tous ces exemples, le bouleversement que constitue l'apparition d'internet.

On mesure toutes les innovations qui ponctuent nos vies, et qui font que la technologie occupe une place grandissante dans notre quotidien.

 

Tout le monde, ou presque, possède, désormais, un ordinateur, s'en sert tous les jours, se connecte et a accès à toutes sortes d'informations.

Tous les jours, de nouvelles technologies apparaissent : certaines en deviennent farfelues...

Des scientifiques chinois auraient, ainsi, mis au point un nouveau tissu capable de se nettoyer et de se désodoriser, en étant tout simplement exposé à la lumière du soleil !

Finie la corvée de lessive ! Cela serait possible, grâce à un revêtement spécifique de dioxyde de titane !

Mais, ce fameux dioxyde de titane pourrait s'avérer dangereux pour la santé ! Ce produit est cancérogène et fortement allergisant !

Ainsi, les progrès nous entraînent vers des dérives périlleuses...

On assiste à une course effrénée à l'innovation, si bien que nous risquons de nous soumettre à toutes sortes de machines et d'en devenir dépendants.

On ne peut, certes, pas arrêter le progrès et le refuser, mais il faut se défier de certains d'entre eux.

Les créateurs de progrès ne manquent pas d'idées et sont prêts à nous vendre toutes sortes de produits, dans un monde où l'argent est roi, où la consommation devient l'objectif premier.

De plus, l'abandon de certaines technologies pourra générer des difficultés, par exemple, la suppression programmée du téléphone fixe qui constitue un outil indispensable, en cas de panne électrique.

 

 

 

 

 

Un signe des temps : la fin du magnétoscope...
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 13:40
La connerie se banalise sur internet...

 

 

 

Internet est un merveilleux outil de connaissances : il offre à chacun la possibilité de s'informer rapidement, les sources sont nombreuses, variées, et pourtant, force est de constater que la connerie se répand et se banalise de plus en plus sur la toile.

 

Le prêt-à-penser se développe : le copié-collé connaît un succès grandissant, certains ne pensent plus par eux-mêmes, mais se contentent d'une argumentation toute faite, en laquelle ils croient aveuglément.

 

Copier plutôt que réfléchir et raisonner ! C'est une tendance à laquelle se laissent aller volontiers les adolescents, les élèves de collège et de lycées.

 

Mais, bien sûr, les adultes ne sont pas en reste et eux aussi se laissent entraîner volontiers vers cette tentation.

 

Internet, il faut le savoir, n'est pas une garantie de vérité, ce n'est pas parce que c'est écrit sur internet que c'est vrai ! Combien de sites répandent de fausses rumeurs, combien de sites comportent des erreurs !

Il faut, bien sûr, faire le tri.... il faut choisir, et faire preuve d'une attitude critique, en maintes occasions.

 

Or, certains préfèrent se dispenser de l'effort de la réflexion...

Ils "recrachent" textuellement ce qu'ils ont lu sur internet : la réflexion se délite et s'évanouit.

D'autres se lancent dans des affirmations hasardeuses, sans se soucier de vérité et d'exactitude. 

Par ailleurs, on voit de plus en plus les internautes se livrer à des assauts d'insultes, des propos grossiers, vulgaires : la mauvaise foi se manifeste sous forme d'injures. Bien sûr, il est plus facile d'invectiver que de raisonner.
Le réflexe remplace la réflexion : l'insulte immédiate, spontanée fuse... 

 

Internet devient une foire à la bêtise, à la haine : on aimerait que chacun mesure l'impact de certains propos, que chacun prenne conscience de ce qu'il affirme.

Certains s'amusent à émettre de fausses rumeurs, parfois dangereuses, inquiétantes : c'est ce qui s'est produit, lors du récent attentat de Munich, par l'intermédiaire de Twitter et de Facebook.

 

"Un con, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", disait Michel Audiard.

Et, effectivement les cons osent tout sur internet, d'autant plus volontiers qu'ils bénéficient d'un anonymat et d'une impunité totale.

 

Certains n'hésitent pas à mentir, s'inventent des titres honorifiques ou universitaires, se font même "mousser", afin d'attirer la confiance des autres.

Les EGO s'exacerbent et s'imposent. On en vient à mépriser l'autre, à le vilipender sans raison.

On en vient à oublier la réflexion qui permet de raisonner avec mesure et en pleine conscience.

En ces temps où le fanatisme gagne du terrain, il est plus que jamais nécessaire de combattre l'ignorance et la bêtise.

Hélas ! La connerie se banalise sur internet : cet outil de connaissances devrait être utilisé avec plus de discernement et de précautions.

 

 

 

 

 

 

 

La connerie se banalise sur internet...
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