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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:55
C'est la rançon de Pénélope...

 

 

 

Tout le monde connaît le nom de Pénélope, ce personnage de l'Odyssée, symbole de fidélité, elle qui voue à son époux Ulysse une loyauté et un attachement sans faille, elle qui repousse les assauts des prétendants, dans l'épopée primitive...

 

Certains auteurs ont revisité ce mythe antique : on songe à Giono, qui, dans son roman Naissance de l'Odyssée, se livre à une parodie et transforme les personnages...

 

Brassens, lui aussi, met en scène cette héroïne, dans une de ses chansons : il s'adresse dans un discours direct à une Pénélope moderne qui pourrait rêver de vivre d'autres amours, et s'évader du quotidien par l'imagination... Il lui parle familièrement, en la tutoyant, ce qui permet d'actualiser le personnage.

Le mythe est, ainsi, détourné, c'est ce qui fait toute l'originalité et la saveur du texte de Brassens.

 

Le décor et les personnages sont revisités et modernisés : on voit des "rideaux, une robe de mariée sans accrocs, un Ulysse de banlieue"...

 

On retrouve les caractéristiques du personnage antique, dans une apostrophe : "Toi, l'épouse modèle, Le grillon du foyer", mais avec un supplément d'âme, peut-être une envie de s'épanouir autrement... C'est du moins, ce qu'imagine le poète...

On retrouve une sorte d'épithète homérique dans l'expression : "Toi, l'intraitable Pénélope".

 

La question oratoire qui suit, avec sa forme interro-négative, suggère des tentations, des désirs inavoués, dans un style tout en nuances, empreint de poésie, grâce au verbe "bercer" et à l'association inattendue des adjectifs : "jolies, interlopes"...

 

"Ne berces-tu jamais
En tout bien tout honneur
De jolies pensées interlopes
De jolies pensées interlopes..."

 

On retrouve, aussi,  l'image d'une Pénélope traditionnelle puisqu'on la voit "penchée sur ses travaux de toile...", en train d'attendre un "Ulysse de banlieue."

 

Et le poète la questionne à nouveau, sur la même tonalité poétique et lyrique, avec l'évocation de sentiments nouveaux : "Les soirs de vague à  l'âme
Et de mélancolie"....

 

Cette nouvelle question oratoire fait appel à des images emplies de charmes : le ciel de lit suggère des étoiles, symboles d'évasion, de rêves amoureux, peut-être un septième ciel...


"N'as tu jamais en rêve
Au ciel d'un autre lit
Compté de nouvelles étoiles
Compté de nouvelles étoiles..."

 

Les questions s'accumulent, avec insistance, évoquant des tentations possibles et suggérant par leur forme interro-négative le fait qu'elles sont inévitables et inhérentes à la fidélité  : "L'amourette qui passe, Qui vous prend au cheveux, Qui vous conte des bagatelles"..., d'autant que ces amourettes sont personnifiées, et qu'elles sont dotées de force, comme le suggère le verbe "prendre", et même de paroles : elles permettent, ainsi, de transfigurer la réalité et de voir pousser "la marguerite au jardin potager..."

 

On retrouve là des symboles traditionnels de l'amour, "la marguerite que l'on effeuille, la pomme défendue aux branches du verger..."

 

 

Une autre interrogation évoque même le souhait d'un nouvel amour annoncé par la rencontre d'un dieu, à la fois ange et démon, "qui décoche des flèches malignes".

 

Brassens suggère à merveille toutes les ambiguités de l'amour : tourment et ravissement se mêlent...

 

Cet ange tout puissant peut en venir à bouleverser l'ordre des choses : il peut faire basculer les êtres humains, "arracher leurs feuilles de vigne".

Mais, le rêve ne prête pas à conséquences, comme le montre l'expression renouvelée : "Il n'y a vraiment pas là
De quoi fouetter un cœur
Qui bat la campagne et galope..."

Le rêve est permis, c'est "un péché véniel" et c'est la "rançon de Pénélope", le prix à payer, sans doute, de la fidélité : une forme d'insatisfaction et de recours à l'imagination, à des rêveries inabouties.

 

La mélodie, toute en douceur, lente, monotone est ponctuée de légères envolées vers le rêve...

Dans cette chanson, on retrouve tout l'univers du poète : une culture renouvelée par des expressions familières, de nombreuses allusions mythologiques, un certain humour dans la façon de déconstruire quelque peu le mythe, des images originales...

 


 

 

 

http://www.brassens-cahierdechanson.fr/OEUVRES/CHANSONS/penelope.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9n%C3%A9lope

 

 


 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:39
Les bois de palmiers du royaume de Murcie...

 

 

Pour le plaisir des mots : le palmier !

 

 

"Il s'embarqua à l'échelle de Tunis ; un vent favorable le conduit à Carthagène, il descend du navire et prend aussitôt la route de Grenade : il s'annonçait comme un médecin arabe qui venait herboriser parmi les rochers de la Sierra- Nevada. Une mule paisible le portait lentement dans le pays où les Abencerages volaient jadis sur de belliqueux coursiers ; un guide marchait en avant, conduisant deux autres mules ornées de sonnettes et de touffes de laine de diverses couleurs. Aben-Hamet traversa les grandes bruyères et les bois de palmiers du royaume de Murcie : à la vieillesse de ces palmiers il jugea qu'ils devaient avoir été plantés par ses pères, et son cœur fut pénétré de regrets. Là s'élevait une tour où veillait la sentinelle au temps de la guerre des Maures et des chrétiens ; ici se montrait une ruine dont l'architecture annonçait une origine mauresque, autre sujet de douleur pour l'Abencerage ! Il descendait de sa mule, et, sous prétexte de chercher des plantes, il se cachait un moment dans ces débris, pour donner un libre cours à ses larmes. Il reprenait ensuite sa route en rêvant au bruit des sonnettes de la caravane et au chant monotone de son guide. Celui-ci n'interrompait sa longue romance que pour encourager ses mules, en leur donnant le nom de belles et de valeureuses , ou pour les gourmander, en les appelant paresseuses et obstinées."


Dans ce texte de Chateaubriand, extrait d'une nouvelle intitulée Le dernier Abencérage, le héros maure Aben-Hamet qui revient sur la terre de ses ancêtres, découvre, avec émerveillements et émotion, un bois de palmiers situé dans la région de Murcie, au sud de l'Espagne...

Aben-Hamet, parti de Tunis, est subjugué par ces paysages de son ancienne patrie...


Le mot "palmier" nous berce, aussitôt, de ses balancements alanguis, il fait naître des paysages lointains, exotiques, des déserts de dunes et de barcanes, d'où surgissent des oasis de verdures.


Le mot nous fait rêver, avec ses sonorités de labiales, pleines de sensualité, avec ses voyelles, dont l'une, ouverte, évoque bien la forme épanouie de la palme, et l'autre, plus fermée, suggère toute la finesse des ramilles qui composent les feuilles.


On voit des paysages, au bord du Nil, hérissés de palmiers et de roseaux, on voit des palmes ondoyantes, sous un air léger et subtil.


Le mot "palme" aux origines anciennes, venu du latin "palma", a gardé sa forme originelle.


"Palma", c'est d'abord la paume de la main et le mot "paume" est issu, aussi, de ce terme latin. La feuille palmée ne ressemble-t-elle pas à une main ouverte ?


Ainsi, la "palme" et la "paume" ont une origine commune. La palme était, aussi, dans l'antiquité, un symbole de victoire, qui s'est perpétué dans la palme d'or d'un certain festival...


Le palmier, quant à lui, évoque les pays du sud, la Méditerranée, au climat doux et tempéré, il nous emmène vers l'Afrique mystérieuse, ses paysages désertiques, aux sables dorés, aux molles barcanes.


On entrevoit une palmeraie, pleine d'une fraîcheur apaisante... Le mot nous invite à une douce rêverie : empli de poésie, il donne une impression de paix, de bonheur calme et tranquille.

Le palmier nous apaise, nous fait voir des soleils renouvelés, des éblouissements de lumières, il nous fait entendre de légers bruissements.

Dans l'extrait de l'oeuvre de Chateaubriand, on voit le héros traverser "les bois de palmiers du royaume de Murcie."

L'évocation prend un relief poétique particulier, grâce à l'utilisation du nom propre "Murcie" qui évoque l'Espagne, avec des sonorités, à la fois, douces et âpres : labiale "m", sifflante "s", gutturale "r".

"Murcia ! Ségura!" Que d'exotisme dans ces noms venus d'Espagne !


Comment ne pas être sensible à la grâce de ces palmiers du royaume de Murcie ?

Comment ne pas en percevoir la beauté et l'élégance ?






http://www.audiocite.net/livres-audio-gratuits-romans/francois-rene-de-chateaubriand-le-dernier-abencerage.html
 

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 12:00
Un grand merci à tous les lecteurs et toutes les lectrices de mon blog...

 

 

Qui sont-ils, ces lecteurs fidèles ou plus occasionnels ?

 

En tout cas, ils sont de plus en plus nombreux à venir sur mon blog : 17 630 pages vues, au mois de Mai, 13 292 visiteurs...

 

Le printemps, le renouveau, les arbres, les marronniers, les tilleuls en fleurs, les roses, tant de sujets à évoquer en ce mois de Mai.

 

Les mots nous réunissent, et nous offrent tant de découvertes.

Les mots suscitent tant d'émotions, de bonheurs, de curiosités...

 

Les chansons, la fête des mots nous rassemblent : tant de séductions, tant d'harmonie dans ces airs que l'on fredonne...

 

Les textes tissent des liens, les textes nous séduisent et nous emportent dans leurs rondes de mots et d'idées.

 

Que la fête des mots continue, chers lecteurs, que la fête des mots nous emporte dans son tourbillon !

 

Que les mots suscitent réflexions et bonheur de les redécouvrir !

 

Que les mots nous inspirent et nous accordent leur complicité, leur harmonie, leur élégance !

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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Published by rosemar - dans blog lecteurs mots textes
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:10
Revalorisation des enseignants : c'est trop tard...

 

 

 

 

Voilà que s'annonce la fin d'un quinquennat et l'heure des promesses arrive... en même temps que se profilent les prochaines élections.

Le gouvernement annonce un plan de revalorisation des enseignants, mais qui peut y croire vraiment, après quatre années de réformes contestées ?

 

Qui peut y croire, alors que de nombreux enseignants opposés à la réforme des collèges n'ont même pas été entendus ?

Qui peut y croire, après le gâchis de la réforme des rythmes scolaires ?

 

"Un milliard d'euros débloqués pour augmenter les profs d'ici 2020" ! nous dit-on...

On a l'impression qu'il s'agit d'amadouer les enseignants en vue des prochaines élections...

Pourquoi une revalorisaton si tardive ? Pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre de telles mesures, alors que le métier de professeur connaît une crise du recrutement sans précédent ?

D'autant que cette revalorisation est prévue pour s'étaler sur quatre ans...

 

"Lors de leur première année d'enseignement, les professeurs gagneront à terme, d'ici 2020, 1 400 euros brut de plus par an. "

 

Ce "cadeau" n'est pas négligeable, certes, mais ce ne sont, là, que des promesses électoralistes...

Et d'ici 2020, ces promesses peuvent fondre comme neige au soleil...

On est, là, dans un effet d'annonce et si certains se réjouissent de ces mesures, on peut juger regrettable qu'elles interviennent trop tardivement.

 

Que ne ferait-on pas pour grappiller des électeurs qui, traditionnellement fidèles à la gauche, ont tendance à s'en éloigner, face à un gouvernement qui ne les a pas écoutés pendant 4 ans et qui les a profondément déçus ?

 

Cette démagogie rampante fait froid dans le dos.

Qu'offre-t-on aux enseignants ? Une centaine d'euros de plus par mois, mais on méprise leur point de vue, on ne tient pas compte de leur opposition à certaines réformes, notamment la réforme des collèges, menée sans concertation, en dépit du bon sens et contre l'avis même des enseignants.

Peut-on, ainsi, "acheter" les enseignants et leurs voix ?

 

Une vraie revalorisation passe, bien sûr, par une augmentation conséquente des salaires, mais aussi par une véritable écoute des difficultés auxquelles sont confrontés les personnels de l'éducation.

Une vraie revalorisation passe par des réformes acceptées par les professeurs.

 

La réforme des collèges qui supprime des heures de cours essentielles, qui a suscité tant de critiques de la part des enseignants, sera être mise en oeuvre à la rentrée prochaine. 

Si l'on veut vraiment revaloriser la fonction, il faut prendre en compte l'avis des enseignants, et considérer que leur point de vue est essentiel, car ils sont les acteurs principaux de l'éducation des enfants.

Depuis longtemps, les enseignants sont méprisés par la hiérarchie et l'administration : jugés responsables de tous les maux de la société, ils sont dévalorisés, alors qu'ils jouent un rôle primordial.

 

C'est cette tendance qu'il faut inverser...

Pour augmenter l'attractivité de ce métier, il ne faut pas seulement augmenter les salaires, il faut aussi montrer et démontrer que les enseignants ont un droit de regard sur leur propre travail et sur leurs méthodes d'enseignement. 

 

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20160316.OBS6577/presidentielle-en-vue-l-heure-de-chouchouter-les-enseignants.html

Revalorisation des enseignants : c'est trop tard...
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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 12:43
Splendeurs et merveilles d'une couvaison...

 

 

 

Les deux cygnes s'activent, maintenant, près du nid : les tâches sont partagées, et les deux oiseaux se relaient dans la couvaison.

 

Un joli partage : chacun, à tour de rôle, profite d'une escapade sur le plan d'eau pendant que l'autre, fidèle au poste, veille jalousement sur les "cygneteaux" à venir.

Sur l'eau, les plumes flottent au vent, amples, majestueuses : l'oiseau devient voile duveteuse, légère, palpitante.

 

Le temps de se rafraîchir, de s'ébrouer dans l'eau, de lisser et sécher soigneusement leurs plumes, les cygnes pratiquent l'alternance dans la surveillance du nid.

 

La toilette est, chaque fois, longue, minutieuse, car il ne faut pas abîmer le nid, avec des plumes alourdies par l'eau...

 

Après quelques rondes sur l'eau, l'animal nous offre une envolée d'ailes, des claquements sur l'onde, puis il remonte sur la berge et se livre, sous nos regards à des contorsions étonnantes pour nettoyer son plumage soyeux.

 

Le cou s'allonge, fluide, souple, ondoyant, le bec disparaît sous la toison de l'oiseau, flocons de blancs où s'évanouit mystérieusement la tête.

 

Sur le nid, le cygne se lève, parfois, pour ramener des brins d'herbe et protéger encore la couvaison future, parfois il fait rouler les oeufs avec précaution, pour qu'ils profitent, au mieux, de la chaleur des plumes.

 

L'attente se poursuit, avec constance, et recueillement.

 

Les deux oiseaux vivent dans une belle harmonie : mêmes gestes, même vigilance, même sollicitude...

Les deux cygnes nous offrent un spectacle si doux : duvet des plumes, teintes de lys et de pourpre, éclats de lumières...

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

Le cygne fait rouler les oeufs avec précaution...

Un moment de détente : promenade sur l'eau...

Retour au nid

Une toilette soignée

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 09:00
Maman, joli message sur la terrasse...

 

 



"J’entends au-dessus de moi dans les cieux 
Les anges qui murmurent entre eux 
Ils ne peuvent trouver de mot d’amour plus grand 
Que celui-ci : Maman."


Dans ce court poème, Edgar Poe met en évidence, avec tant de délicatesse et d'élégance, toute la tendresse de ce mot : "Maman"...


Indubitablement, le mot "maman" évoque tout l'amour du monde : c'est bien le premier mot qui vient à la bouche des enfants, le premier mot que l'on apprend à écrire, aussi.

C'est un doux murmure apaisant, un mot empli d'échos sonores : labiale "m" réitérée, voyelle "a" redoublée d'une voyelle nasalisée "an".

Un de mes premiers souvenirs d'écriture, c'est ce mot "maman", tracé à la craie sur la terrasse de la maison familiale...

Un mot dessiné laborieusement par l'enfant que j'étais, un mot qui exigeait toute mon attention, pour en restituer toute l'harmonie.

Trois ponts pour se protéger, un "a" pour un cercle de tendresse, deux ponts pour se protéger encore...


Et bien sûr, maman était là, pour guider mes gestes, et me montrer les lettres.

Elle était là pour me dire sa bienveillance, pour mettre en évidence le bonheur, la valeur des mots et de l'écriture.


Un moment unique, un moment qui reste gravé dans ma mémoire : je revois le sol de la terrasse, les murs de pierres, tout autour, le visage de maman penché sur moi...

Je revois ses yeux, ses cheveux bruns, son sourire.


Et puis, la satisfaction d'avoir réussi à tracer les lettres, et puis, des sourires complices, un bonheur partagé.


Le bonheur de prononcer le mot, en suivant le tracé des lettres...


Le bonheur de le redire, pour en savourer les sonorités...


Maman, joli message sur la terrasse, à jamais gravé dans mon esprit...


 

 

 

 

Photos : rosemar

Maman, joli message sur la terrasse...
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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 12:33
C'était charmant, le temps des roses...

 

 

 


Notre monde privilégie et cultive l'artifice : la nature perd ses droits, la technique est triomphante, et comme Adamo le chantait déjà, dans les années 60, on aimerait retrouver "le temps des roses"...

Roses de printemps naturelles, roses qui fleurissent sous les rayons du soleil...

Le texte de la chanson, à l'imparfait, évoque un passé révolu : "Quand les roses fleurissaient, sortaient les filles..."

La floraison des fleurs s'accompagnait, alors, d'envolées de "jupons", ceux des fleurs, et ceux des filles : les jeunes filles sont, ainsi, associées et assimilées à de belles fleurs.

On retrouve, là, une comparaison implicite qui est un lieu commun de la littérature sentimentale : le thème de la femme-fleur qui a pour but de magnifier les jeunes filles.

Le verbe "danser" nous fait percevoir des images de gaieté, évoquant l'arrivée du printemps et ses bonheurs.


Le poète nous dit, ensuite, le flétrissement des fleurs qui se conjugue avec l'hiver où les jeunes filles se cachent, et s'enferment "dans leur doux écrin", comme pour suggérer des vêtements épais et chaleureux.

Les roses et les jeunes filles suivaient, alors, tout naturellement le rythme des saisons...

"C'était charmant, le temps des roses.." commente le poète, avec insistance, puisque l'expression est réitérée à trois reprises.

Opposant le passé au présent, le texte nous fait voir, dans la deuxième partie, les roses d'aujourd'hui, devenues "artificielles", cueillies en toutes saisons, "été, comme hiver".

La nature a perdu ses droits et l'ordre normal semble, dès lors, perturbé.

Les jeunes filles sont devenues, à l'unisson de ces fleurs, images artificieuses et trompeuses : on les voit "se grimer le corps et le coeur"...

On les voit "impatientes", ne supportant plus l'ennui.

On perçoit, dans cette chanson, une nostalgie du temps qui passe à travers une opposition dans les temps employés : imparfait et présent...

On perçoit une altération dans l'attitude des jeunes filles : elles "se griment", terme péjoratif qui dénonce une tromperie.

La mélodie nous invite à la rêverie, avec un crescendo, dans l'expression : "c'était charmant, le temps des roses..."

Les sonorités de fricative"f", de sifflante "s" et de chuintantes "ch" qui ponctuent la chanson suggèrent toute la douceur de ces roses d'autrefois.

La simplicité de ce texte empreint de nostalgie nous touche d'autant plus que l'artifice prend de plus en plus de place dans nos sociétés et que l'on aimerait revenir à plus de naturel, et ce, dans de nombreux domaines.

Et on se prend à rêver, "paupières closes" à ce temps d'autrefois où les bonheurs les plus simples étaient appréciés à leur juste valeur...

 

 

 

Les paroles:

 

http://www.paroles.net/adamo/paroles-quand-les-roses
 

Le clip des années 60 :

 

https://youtu.be/cnpueOFw5aQ




 

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 15:46
Le chômage, une aubaine pour les patrons...

 

 

 

Le chômage se développe constamment dans nos sociétés où les machines, les ordinateurs s'imposent de plus en plus et viennent remplacer les hommes : caisses, guichets automatisés, robots...

 

Or, ce chômage ne permet-il pas aux patrons d'imposer leurs lois aux salariés ?

Les patrons ont, ainsi, à leur disposition une masse de travailleurs qu'ils peuvent utiliser à leur gré.

Le chômage ne transforme-t-il pas les salariés en objets de consommation que l'on peut jeter, changer, manipuler en toute impunité ?

 

Les patrons peuvent exiger de leurs salariés toutes sortes de conditions de travail, ils savent que la manne des chômeurs le leur permet.

On peut même se poser cette question : le chômage ne fait-il pas le bonheur des patrons ?

Alors que de plus en plus de grands patrons s'enrichissent, les salariés, eux, s'appauvrissent, leurs salaires stagnent ou régressent...

 

Où est la justice ? Où est l'équité ?

Au fond, le business de la pauvreté et du chômage peut rapporter gros à certains : c'est ignoble.

 

Qui n'a pas connu la peur de perdre son emploi ? Les gens se soumettent à toutes sortes d'injonctions et deviennent dociles dans les entreprises : la peur du chômage se répand.

Tout salarié sait qu'il peut perdre son emploi, car des millions de chômeurs attendent sa place.

Les grands patrons peuvent, ainsi, faire régner la terreur dans leurs entreprises.

Le chômage serait-il  au service des patrons ? 

Il pourrait même être le principal outil de "management" des grands groupes : il ne sera donc jamais éliminé, car le chômage fait régner la peur parmi les travailleurs et c'est par la peur qu'on gouverne les peuples, depuis la nuit des temps.

 

Ce fut d'abord la peur par la religion et par l'abus de pouvoir, le "fait du prince".

Et c'est maintenant la peur par le chômage de masse qui conduit, aussi, à des abus de pouvoir.

Les emplois précaires se multiplient, partout : horaires imposés, licenciements simplifiés, salaires au rabais. Quand on ne trouve pas de travail, on est prêt à courber l'échine et à se plier à toutes sortes de contraintes.

 

On le sait : les profits des grandes entreprises ne cessent de croître, en même temps qu'augmente le chômage.

C'est comme si le chômage était la source de tous ces profits.

C'est comme si le chômage était savamment entretenu pour soumettre les salariés.

 

Hélas, il faut craindre que le chômage ait encore un bel avenir devant lui, car il constitue une manne d'exploitation de tous les travailleurs.

 

Quand on découvre cette réalité, on comprend l'ampleur du problème : l'injustice, l'inhumanité gagnent du terrain et on assiste à des régressions qui sont intolérables.

 

Quand le chômage devient un outil d'asservissement de l'être humain, on ne peut que se révolter et remettre en cause le fonctionnement de nos sociétés.

 

 

 

 

Le chômage, une aubaine pour les patrons...
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 12:26
Léo, le voleur de nuages...

 

 

 

 

Regarder les nuages ! En percevoir les nuances, les éclats dorés, les teintes variées, c'était, là, le bonheur de Léo : il passait des heures à observer la voûte céleste pour en capter toutes les formes, tous les embruns...

 

Des nuages ondoyants, vaporeux, d'autres compacts, aux contours lumineux, des nuages irisés de roses, des nuages traversés de rayons solaires, d'autres rougeoyants ou dorés... 

 

Léo rêvait de capturer les nuages : il commença par les photographier, en faire une collection d'images, et plus il collectionnait des images, plus il voulait les posséder.

 

Un jour, alors que Léo venait d'avoir 14 ans, il rencontra un magicien doté de pouvoirs extraordinaires... il espérait, ainsi, pouvoir réaliser son rêve : capturer les nuages, toucher du doigt leur douceur, percer leurs mystères...

 

Il demanda au mage s'il était possible de s'emparer de ce trésor qui paraissait inaccessible au commun des mortels.

 

Le magicien lui donna le moyen de réaliser son rêve, mais il le mit en garde : "l'être humain doit rester dans son rôle, il ne peut outrepasser ses droits"... capturer trois ou quatre nuages, c'était possible, mais pas plus...

Le mage confia à Léo une formule secrète pour attirer les nuages sur terre.

Une formule remplie d'échos sonores que Léo s'empressa de retenir....

 

Léo partit, alors, à la conquête des nuages : au soleil couchant, il s'empara d'un nuage doré, un des plus beaux nuages qu'il eût jamais vu, le nuage lui obéit, descendit sur le sol du jardin de Léo, mais aussitôt, il perdit ses couleurs de pourpre et d'or...

 

Léo était déçu : un nuage sans couleur, un nuage blanc grisé gisait à ses pieds et il avait perdu toute sa magnificence.

 

Le garçon voulut tenter une autre expérience : au petit matin, il aperçut des petits nuages d'un rose tendre, il décida de les accumuler dans son jardin.

 

Mais quelle ne fut pas sa déception, quand les nuages atterrirent sur le sol ! Ils étaient devenus gris et maussades, ils avaient perdu toutes leurs teintes adoucies par le soleil levant...

 

Pourtant, Léo ne se découragea pas : un jour de pluie, il vit un de ces nuages chargés d'averses, lourd, menaçant, il le fit descendre près de lui, mais, aussitôt, le nuage déversa un flot impétueux sur les fleurs du jardin qui périrent sous ce torrent d'eau.

 

Léo commença à douter : les nuages n'avaient apparemment pas leur place sur la terre, à même le sol... les nuages étaient faits pour régner dans le ciel, pour être caressés par les rayons du soleil, pour susciter la curiosité, le rêve et l'imagination des enfants...

 

Les nuages étaient merveilleux, justement parce qu'ils étaient inaccessibles et lointains...

 

Les nuages devaient rester à leur place, et les êtres humains ne devaient pas perturber l'ordre du monde et de la nature.

 

Léo comprit, alors, que la beauté des nuages leur venait de leur environnement, de leur place dans le ciel, du soleil qui les magnifiait...

 

Dès lors, Léo se contenta d'observer les nuages, de garder en mémoire leurs formes, leurs couleurs douces ou éclatantes.

 

Il continua à les admirer de loin, et il commença à les dessiner : il fit de somptueux tableaux, aux couleurs de nuages, il devint peintre des nuées et acquit une renommée si grande que tout le monde se mit à l'appeler : "Léo, le voleur de nuages..."

 

 

 

 

 

 

 

Léo, le voleur de nuages...
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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 15:43
Quand les instituteurs ne maîtrisent plus la langue française...

 

 

 

 

De plus en plus, on voit, sur internet, dans des articles de journaux ou dans des commentaires, s'afficher des fautes d'orthographe grossières : confusions entre le participe passé et l'infinitif, erreurs dans les accords, confusions dans le vocabulaire, conjugaisons défectueuses...

 

J'ai même entendu, lors d'une émission littéraire sur France 5, une romancière qui était invitée pour faire la promotion de son livre, prononcer ce barbarisme : "ils croivent"...

La maîtrise de la langue française devient souvent défaillante : les fautes se multiplient, et se propagent dans les médias.

 

Mais quand les instituteurs, eux-mêmes, en charge de l'éducation des enfants commettent de telles bévues, le problème devient critique et on comprend la crise que connaît actuellement l'enseignement.

 

C'est ainsi que dans certaines académies, le niveau des enseignants n'est plus du tout à la hauteur de la fonction : un professeur se doit, pourtant, de maîtriser parfaitement sa langue, pour l'enseigner... et parfois, ce n'est plus du tout le cas...

 

Au fond, comment s'étonner d'une telle situation ? Le ministère de l'Education nationale peine de plus en plus à recruter des professeurs : ce métier de transmisssion fait peur aux jeunes, il n'est plus attractif.

 

Dans l'Académie de Créteil, notamment, on en vient à recruter des enseignants, alors qu'ils ont obtenu des notes inférieures à la moyenne, et le niveau de ces professeurs laisse fortement à désirer.

 

De nombreux témoignages sont accablants : certains instituteurs ne connaissent pas le fonctionnement des phrases interrogatives, notamment l'inversion du sujet, certains mélangent interrogation directe et indirecte, d'autres commettent des erreurs de vocabulaire, et ne maîtrisent pas les règles élémentaires de l'orthographe courante.

 

Cette situation devient préoccupante, d'autant que ces enseignants sont affectés dans des établissements où les élèves, issus de milieux défavorisés, éprouvent eux-mêmes des difficultés de langue.

 

On ne s'étonnera pas, dès lors, des problèmes que rencontrent ces élèves, quand les enseignants sont recrutés au rabais et qu'ils ne sont pas vraiment aptes à enseigner...

 

Ce métier difficile, mal payé, mal considéré n'attire plus les vocations et les meilleurs étudiants se tournent, désormais, vers d'autres professions  plus attractives.

 

On comprend aussi pourquoi notre système éducatif est profondément inégalitaire : dans certaines académies "difficiles", le ministère ne parvient pas à trouver des candidats aux concours et les enseignants admis n'ont pas le niveau requis.

 

Ainsi, notre système éducatif est à bout de souffle, et au lieu de régler ces problèmes de recrutement, en revalorisant ce métier de transmission, nos ministres s'ingénient à faire des réformes qui déstabilisent les enseignants : rythmes scolaires, refondation du collège, amoindrissement du latin et du grec, disciplines, pourtant, fondamentales pour l'enseignement de notre langue.

 

 

 

http://www.marianne.net/seine-saint-denis-instituteurs-qui-ne-savent-pas-ecrire-francais-100243093.html

 

 

 

Quand les instituteurs ne maîtrisent plus la langue française...
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