Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 12:23
Déesse charmante, hâte-toi...

 

 

 

 

Chateaubriand reproduit, dans un extrait de son oeuvre, Les Mémoires d'outre-tombe, des poèmes de sa soeur Lucile : l'un d'entre eux est consacré à l'Aurore, ce moment particulier d'une journée où le monde s'éveille et se dore de teintes nouvelles... sublime poème empreint de sensibilité et de beauté.

Voici le texte de ce poème en prose :

 

L’AURORE.
« Quelle douce clarté vient éclairer l’Orient ! Est-ce la jeune Aurore qui entr’ouvre au monde ses beaux yeux chargés des langueurs du sommeil ? Déesse charmante, hâte-toi ! quitte la couche nuptiale, prends la robe de pourpre ; qu’une ceinture moelleuse la retienne dans ses nœuds ; que nulle chaussure ne presse tes pieds délicats ; qu’aucun ornement ne profane tes belles mains faites pour entr’ouvrir les portes du jour. Mais tu te lèves déjà sur la colline ombreuse. Tes cheveux d’or tombent en boucles humides sur ton col de rose. De ta bouche s’exhale un souffle pur et parfumé. Tendre déité, toute la nature sourit à ta présence ; toi seule verses des larmes, et les fleurs naissent. »

 

 

Comme dans la mythologie grecque, l'Aurore est personnifiée, grâce à l'emploi de la majuscule, elle est, aussi, présentée comme une déesse, une entité vivante dont elle a tous les attributs : "des beaux yeux, une robe, une ceinture, des pieds délicats, de belles mains, des cheveux d'or, une bouche..."

 

La personnification se poursuit avec l'utilisation de la deuxième personne et de l'impératif : "hâte-toi, quitte, prends", on entrevoit comme une impatience de la part de celle qui parle, comme si elle s'adressait familièrement à une enfant : l'Aurore apparaît si proche, si présente, si jeune.

 

Le portrait est à la fois vague et particulièrement élogieux, comme le suggèrent de nombreux adjectifs valorisants : "beaux yeux, déesse charmante, pieds délicats, belles mains, souffle pur et parfumé." On perçoit une beauté idéalisée, mais si vivante et si naturelle : les artifices ne sont pas utiles pour embellir la jeune femme.

Dès la première phrase, l'exclamation souligne, aussi, l'éloge...

 

L'auteur décrit l'aurore comme une jeune femme surprise à son réveil, qui ouvre des yeux encore embrumés de sommeil.

Chargée d'ouvrir les portes du jour, la déesse apparaît très humaine dans toute cette évocation.

Des couleurs chaleureuses et douces lui sont associées : "la robe de pourpre, tes cheveux d'or, ton col de rose"...

Et, aussitôt, on voit apparaître, sous nos yeux, toutes les teintes d'un jour naissant. 

Une sensation à la fois olfactive et tactile vient s'ajouter à cette sensation visuelle : "un souffle pur et parfumé", si bien que cette description apparaît très sensuelle.

L'Aurore suscite, enfin, la joie dès qu'elle apparaît : elle éclaire le monde, la nature et les hommes, de ses couleurs tendres ou éclatantes.

Et l'on voit soudain, à la fin du poème, les larmes de l'aurore qui peuvent symboliser la rosée du matin, dernière touche mélancolique et poétique du texte.

Les sonorités de sifflante et de chuintante qui ponctuent le texte contribuent à la douceur de cette évocation : "douce clarté... est-ce la jeune aurore, ses beaux yeux chargés des langueurs du sommeil... déesse charmante... la couche nuptiale... une ceinture... nulle chaussure ne presse..."

 

Imprégné de culture antique, ce poème écrit par la soeur de Chateaubriand suscite le rêve : un personnage divin prend vie sous nos yeux, il s'anime, devient une présence humaine.

 

 

Voici le commentaire de Chateaubriand lui-même sur les poèmes de sa soeur, Lucile :

"Les pensées de Lucile n'étaient que des sentiments; elles sortaient avec difficulté de son âme ; mais, quand elle parvenait à les exprimer, il n'y avait rien au-dessus. 


Elle a laissé une trentaine de pages manuscrites ; il est impossible de les lire sans être profondément ému. 
L'élégance, la suavité, la rêverie, la sensibilité passionnée de ces pages offrent un mélange du génie grec et du génie germanique." 

 

Mémoires d'Outre-Tombe



La biographie de Lucile de Chateaubriand :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucile_de_Chateaubriand

 

 

 

Photo : rosemar

Repost 0
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 12:16
Euro de football : après le rire, les larmes...

 

 

 

Que d'outrances dans cet Euro de fooball qui s'achève sur une "défaite" des Bleus !

 

Et aujourd'hui, encore, la presse en fait des tonnes soulignant la déception, "la cruauté" de cette finale entre le Portugal et la France.

Une finale assez ennuyeuse et crispante comme le sont beaucoup de matchs de football, d'après les commentaires que j'ai pu lire...

 

Les rêves de gloire s'étiolent... mais dans cette affaire, la gloire tient à fort peu de choses, un ballon qui rentre miraculeusement dans un but, un tir mal évalué par un gardien, etc.

 

L'équipe de France avait eu, jusqu'alors, une certaine chance dans cette compétition, et la chance a tourné hier soir.

 

Les médias sont là pour maintenir l'intérêt d'une compétition tapageuse, racoleuse : tout est fait pour attirer le public vers cet euro de foot : publicités, fan zones, titres des journaux.

 

Par curiosité, j'ai simplement regardé la "cérémonie d'ouverture" de cette finale annoncée comme épique.

Fanfare, musique pompeuse autour d'un trophée géant, puis David Guetta qui se trémousse dans une ambiance survoltée, puis l'arrivée d'une suédoise blonde platine qui chante l'hymne de l'Euro.

Une cérémonie très kitsch, un show à l'américaine, une façon de chauffer la foule en délire qui agite des drapeaux français...

Que d'artifices ! "Nous allons vivre une très très grande finale ! Ce France-Portugal promet énormément", annonce le présentateur !

L'hyperbole est partout dans le spectacle et dans les commentaires.

 

En fait, ce match n'a séduit personne, il a généré l'ennui et le jeu a été assez terne.

 

L'Euro s'achève enfin dans les larmes, disent certains.

Encore et toujours cette démesure !

Il ne faut pas s'en étonner : elle fait partie de notre monde, elle est partout, cette hybris.

Et le football, un des sports préférés des français, n'y échappe pas.

 

Bon, tout n'est pas perdu pour les joueurs de l'équipe de France : ils recevront chacun la coquette somme de 250 000 euros ! Voilà de quoi consoler les footballeurs de leur défaite, voilà de quoi les rassurer ! "Oh les pauvres ! Ils ont perdu la finale !" Mais ils ont tout de même empoché une prime conséquente...

Un pactole qui fait rêver en période de crise...

On peut remarquer, aussi, que le battage médiatique a bien fonctionné puisque plus de 20 millions de spectateurs ont regardé cette finale... encore un record qui a été battu !

La chaîne M6 qui a diffusé ce match a pu vendre des écrans publicitaires supplémentaires, une bonne affaire !

 

Le sport devient un enjeu, un argument de vente essentiel.

Quant à la performance sportive, elle est reléguée au second plan : dommage !

 

 

 

 

 

 

Euro de football : après le rire, les larmes...
Repost 0
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 13:06
La pêche duveteuse aux saveurs de l'été...

 




La pêche, fruit du pêcher montre sa rondeur harmonieuse, aux beaux jours de l'été : une peau veloutée avec des nuances infinies de rouges, de jaunes, de brun foncé, une peau fine, subtilement parcourue de filaments.


Le fruit parfumé révèle des senteurs d'été, de soleil, de lumières... un univers d'odeurs et de douceurs car la peau invite, aussi, au toucher comme si elle était recouverte d'une fine pellicule de sucre transparent.


La pêche, fruit sensuel attire irrésistiblement le regard, par sa rondeur parfaite, ses couleurs irisées...


A l'intérieur, le fruit d'un jaune ou d'un beige clair  exhale des sucs inouis.


La chair translucide, brillante, comme laquée de bonheur, nous fait voir des saveurs rafraichissantes, elle s'épanouit en une surface lisse, glacée comme un lac de luminosité...

Au centre, le noyau montre ses aspérités rugueuses auxquelles s'accrochent quelques lambeaux de chair .

Le noyau rouge peut être savoureusement dégusté sans qu'on puisse l'avaler...

La pêche duveteuse aux saveurs de l'été nous apporte une harmonie de couleurs, de formes, de goût uniques...

La pêche, fruit de Perse nous invite à des bonheurs orientaux, à des plaisirs exotiques, à des joies infinies.

Ce mot "pêche" issu du latin "persica" nous fait voyager vers des rives lointaines : l'accent circonflexe le nimbe et l'auréole d'un charme particulier et lui confère une sorte de poésie...

 

Le mot avec sa labiale initiale, sa consonne chuintante, emplie de douceur nous convie aux bonheurs de l'été.







Photo : rosemar

Repost 0
9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 12:36
Regardez-les danser... dans les feux de l'aurore...

 

 

 

Quelle beauté et quelle cruauté dans ce poème de Théodore de Banville mis en musique par Georges Brassens ! Un poème sous forme de ballade, avec un refrain qui ponctue le texte....


Le cadre évoqué est une magnifique forêt, personnifiée dès le premier vers : on voit "ses larges bras étendus", belle image qui fait de la forêt un être humain. Le début du poème est empreint de douceur, et on assiste au réveil de la déesse "Flore" qui symbolise la nature, dans l'antiquité...


Mais cette forêt cache et recèle bien des horreurs : les branches ont servi de gibets et sont couvertes de pendus... Banville alterne, tout au long du texte, beauté, magnificence du décor et cruauté du sort réservé aux cadavres des pendus, ces sujets du "roi Louis", représentant d'un pouvoir absolu qui n'hésite pas à châtier des opposants, de pauvres gens sans doute....


La scène se passe le matin, à l'aurore, au lever du soleil, au moment où les doux rayons effleurent, caressent et dorent  la nature... tout est splendide et les pendus, eux-mêmes, deviennent "des chapelets, des grappes de fruits inouis" ! 


Quelle ironie dans ces images qui évoquent la religion et une nature luxuriante ! Plus loin, les pendus se mettent à "voltiger" dans l'air et à "danser dans les feux de l'aurore", vision d'horreur et de beauté, à la fois.

Le verbe "danser", associé à la mort, crée un effet de surprise et souligne l'horreur du tableau.

La nature est encore personnifiée, grâce à un impératif, puisque les cieux sont invités par le poète à "regarder" ce spectacle et cette chorégraphie macabre.


Toute la magnificence de l'aurore apparaît alors : "la rosée", l'azur qui commence à poindre, un "essaim d'oiseaux réjouis" qui gazouillent et "picorent gaiement" les têtes de ces malheureux pendus....


Le contraste entre la splendeur du décor et la vision des cadavres en suspension est saisissant... il permet, encore, de souligner la violence du châtiment, son injustice.


Les pendus, eux mêmes, qui "décorent" les arbres deviennent des images de beauté : le "soleil levant les dévore", et les cieux sont "éblouis" par leur sarabande !

Le décor semble s'illuminer  et se "tendre" de bleu, le soleil se métamorphose en "météore", comme pour souligner l'horreur du châtiment infligé aux suppliciés....


Les pendus semblent, d'ailleurs, devoir se multiplier puisqu'ils appellent d'autres pendus. On perçoit bien toute la cruauté du pouvoir royal, son pouvoir arbitraire puisque ce "verger" est celui du roi "Louis", idée reprise de manière insistante dans le refrain...


On ressent l'apitoiement du poète dans l'expression "ces pauvres gens morfondus"...


Les sonorités très douces du texte s'opposent à la vision atroce de ces suppliciés : la sifflante "s", la fricative"f", la chintante "ch" sont utilisées à maintes reprises et donnent une impression de douceur infinie....

 
"La forêt où s'éveille Flore, 
A des chapelets de pendus 
Que le matin caresse et dore. 
Ce bois sombre, où le chêne arbor
Des grappes de fruits inouïs..."

La gutturale "r", plus âpre, met en évidence la dureté du châtiment et sa violence.

Dans l'envoi final, on retrouve un contraste entre les misérables pendus confondus dans "un tas"et le décor qui est somptueux : "un tas de pendus enfouis Dans le doux feuillage sonore".
 
En associant ainsi la splendeur de la nature à l'horreur du châtiment, Banville dénonce d'autant mieux le sort réservé à ces sujets du roi : le lecteur ressent une émotion, une injustice révoltante.

 

La musique composée par Georges Brassens, très rythmée et lente restitue une ambiance moyenâgeuse et souligne la beauté du décor tout en insistant sur le message : une violence injuste et terrifiante.

 

Ce texte qui évoque le roi Louis comporte, aussi, une valeur intemporelle, puisqu'il dénonce l'horreur de tous les châtiments et de tous les pouvoirs arbitraires.

 

 

 

Le poème de Banville : 

 

http://www.crcrosnier.fr/mur4/prt4/banvillet4.htm

 

http://en.quetes.free.fr/archives/la-foret/articles/verger_banville.htm

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=LhamMj_T4TY&feature=youtu.be
 

 
 


   
  Photo : rosemar

Repost 0
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 10:25
Hier soir, un concert de klaxons interminable...

 

 

 

 

Hier soir, soudain, dans ma ville, un concert de Klaxons à n'en plus finir : j'ai mis du temps à prendre conscience de la signification d'un tel tintamarre, à la nuit tombée, c'était, bien sûr, pour saluer la victoire de la France face à l'Allemagne, lors de la demi-finale de l'euro de foot.

 

Comme je ne suis pas du tout cette compétition, je ne soupçonnais pas, d'abord, la raison de telles manifestations.

Beaucoup de bruit pour rien, beaucoup de bruit pour un simple résultat de foot !

Quelle folie s'empare, ainsi, des supporteurs ! On pouvait entendre des cris, des coups de klaxons réitérés qui se sont prolongés au delà de minuit.

Le football suscite de véritables délires : un tel engouement paraît incroyable pour une simple victoire !

 

Le concert s'est poursuivi tard dans la nuit : la ronde des voitures a répercuté une sorte de joie festive qui ne faiblissait pas.

Quant aux titres des journaux, ils sont, aujourd'hui, dans le même registre : l'excès, la démesure, on pouvait lire, par exemple, à la Une du Point, ce titre : Les Bleus un peu plus près des étoiles ! et plus loin cette phrase : l'hexagone peut chavirer de bonheur ! ou encore : "une victoire historique des Bleus !"

 

Un joueur de foot est, soudain, transformé en héros parce qu'il a marqué deux buts, au cours de la rencontre. Certains parlent même de super héros !

Voilà notre joueur de foot devenu un chevalier, un être d'exception, un demi-dieu !

Comme si l'héroïsme pouvait se réduire à un simple but !

 

Mais, enfin, l'héroïsme est tout autre : avons-nous perdu le sens des réalités pour assimiler des footballeurs à des braves, des modèles ?

N'avons-nous pas besoin d'autres exemples ? C'est, pourtant, ce type de modèle auquel les jeunes s'identifient plus volontiers.

Les vrais héros sont ceux qui se dévouent pour les autres, qui se rendent utiles dans une société en crise.

Les vrais héros se mettent au service des autres : par exemple, des médecins qui partent pour sauver des enfants dans des pays pauvres.

 

Dans tous les cas, le football fait rêver encore, malgré ses nombreuses dérives : dopage, matchs truqués, corruption, argent à gogo...  et cet excès dans les manifestations de joie paraît hors de propos, pour une simple rencontre sportive où le hasard joue un rôle non négligeable.

Un match de foot tient à si peu de choses !

 

J'imagine, désormais, ce que pourra être la réaction des supporteurs si la France remporte la finale...

Dans ce cas, le chauvinisme sera encore plus à l'oeuvre.

"La France a gagné", dit-on, alors, comme si une équipe sportive représentait la réussite de tout un pays !

C'est ainsi que va notre monde : il encense des joueurs de foot et ne voit même pas ceux qui, dans l'ombre, oeuvrent pour l'humanité...

En fait, avec ces compétitions, c'est encore et toujours l'argent qui est le grand gagnant :  les commerçants, les hôteliers, les marchands de bières et de boissons se frottent les mains.

Et l'argent étant la valeur essentielle de nos sociétés, l'Euro de football vient conforter ces dérives inquiétantes.

 

 

 

 

Hier soir, un concert de klaxons interminable...
Repost 0
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 13:19
Une société du chiffre...

 

 

 

 

Nous vivons dans une société du chiffre, dans un monde de rentabilité à  outrance : les marchés se focalisent sur les chiffres de la croissance. Si ces chiffres sont bons, tout va bien. Si la croissance est à la baisse, c'est un sujet permanent d'inquiétude...

 

Les établissements scolaires sont, maintenant, tenus de faire du chiffre : chaque année, sont publiés les chiffres de réussite au baccalauréat et les lycées sont classés en fonction de ces critères.

Le chiffre ! Le maître mot de nos sociétés !

 

"Travailler plus pour gagner plus...", on se souvient, aussi, de ce slogan célèbre qui a été en faveur, lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

 

Et dans de nombreux domaines, le chiffre est essentiel.

Les médecins, dès que leurs patients entrent dans leur cabinet, exigent d'eux leur carte vitale, avant même de s'enquérir de leur santé.

Dans les cliniques, les hôpitaux, la rentabilité est à l'ordre du jour : multiplication de certains examens, interventions chirurgicales, scanners, radios, échographies, à la chaîne.

Certains médecins privilégient des traitements onéreux, peu pratiques pour le patient : prescription d'une série de piqûres qu'on peut remplacer par des médicaments plus faciles à absorber, et moins chers.

 

Dans les entreprises, les actionnaires réclament du chiffre, toujours plus de chiffre.

 

Les chaînes de télévision sont notées et cotées en fonction de l'audience qu'elles recueillent pour tel ou tel programme.

On a, ainsi, appris que M6 avait obtenu une audience exceptionnelle, lors de la diffusion du match France Islande ! 17 millions de spectateurs, un record !

 

Mais, ne serait-il pas temps de revenir à plus d'humanité ?

Ne serait-il pas temps d'oublier le chiffre ?

Les êtres humains ne sont pas faits pour vivre sous le règne du chiffre. Ils ont besoin, en maintes circonstances, d'un certain humanisme.

Et cet humanisme tend à disparaître dans un monde voué au chiffre, et à la rentabilité.

L'être humain s'enrichit d'expériences, de contacts avec autrui : soumis à cette pression du chiffre, il ne peut plus s'épanouir et acquérir l'indispensable sérénité dont il a besoin.

 

Arrêtons de nous soumettre au chiffre ! La tyrannie du chiffre nous conduit aux pires dérives !

L'être humain n'est pas fait pour vivre sous la domination de la rentabilité : ce n'est pas, là, le but d'une vie.

 

Il faut redonner d'autres repères, d'autres objectifs à l'être humain et à la société dans son ensemble.

Le chiffre ne nous rend pas heureux, il annihile l'individu, le soumet à une rentabilité, l'inclut dans une masse, au lieu de lui accorder toute sa valeur.

C'est l'humanisme qui enrichit l'homme, c'est l'humanisme qui lui apporte un épanouissement et un bonheur de tous les jours.

 

 

 

 

 

 

Une société du chiffre...
Repost 0
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 11:55
Le navire roulait sous un ciel sans nuages...

 

 



Pour le plaisir des mots : le navire !

 

C'est le moment de voyager, de prendre la mer sur des navires élégants, fiers coursiers qui traversent les ondes...

 Baudelaire évoque, souvent, dans son oeuvre, des rêves de voyage et d'évasion : il imagine des traversées sur des mers houleuses, vers des pays lointains. Dans un de ses poèmes, Le voyage à Cythère, on retrouve cette thématique :


"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux 
 Et planait librement à l'entour des cordages ; 
 Le navire roulait sous un ciel sans nuages ; 
 Comme un ange enivré d'un soleil radieux."



Le mot "navire" nous emporte sur des mers, aux flots sans cesse mouvants et ondoyants, des étendues infinies de bleu où le ciel et la mer se rejoignent et se confondent...

Il nous fait chavirer, avec ses voyelles bien distinctes, le "a" bien ouvert, le "i" plus aigu, la fricative "v", pleine de douceur, la gutturale "r", plus âpre...

Le mot nous fait goûter des embruns virevoltants, des odeurs d'écumes et de liberté, des envolées de mouettes sur la crête des vagues, des senteurs d'algues marines.

Envie de voyages et de découvertes, aventures sur les ondes, mystères... le navire, c'est, d'abord, l'épopée d'Ulysse, histoire fondatrice qui nous emmène sur les rives de la Méditerranée.

Le mot est issu, d'ailleurs, d'un ancien terme grec : "
ναῦς, naus", "le navire". Homère utilise ce nom, maintes fois, dans l'Odyssée.

On y voit des navires emportés par des vents favorables sur le "vaste dos des mers", "ἐπ᾽ εὐρέα νῶτα θαλάσσης", belle image qui sert à diviniser et personnifier l'étendue marine.


Le mot nous fait voir des voiles chahutées, aux teintes éclatantes sur le bleu des vagues, des cahots, des lumières éblouissantes de reflets sur les ondes...

Des chaloupes fragiles emportées par les flots, des tempêtes, des apaisements, le flux et le reflux, les paroles ondoyantes de la mer, ses fureurs...

Le mot semble révéler élégance et fragilité, il était, ainsi, féminin aussi bien en latin qu'en grec, avec les formes "navis" et "naus".

Le terme ancien "la nef" avait gardé cette marque pleine de charme.

On perçoit une sorte de délicatesse, de finesse, dans ce nom, plus que dans le terme "bateau", issu, lui, de l'anglais "bat", "boat".


"Le navire, la nef, naviguer, navigation, nautique, nautisme, nautonier, navette, internaute", de nombreux mots sont dérivés du nom "navis".

De là vient, aussi, le nom du "Nautilus", le sous-marin de l'oeuvre de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers.


On perçoit des mots variés dont certains sont anciens, d'autres évoquent des réalités pleines de modernité : l'internaute est celui qui "navigue" sur internet.

On voit que ce radical, issu du grec ancien, "naus" a connu une belle continuité, il a traversé les siècles, nous est parvenu presque intact, avec, parfois, des évolutions de sens intéressantes.

 

Voilà un mot venu du passé qui nous fait voyager vers des îles lointaines, des paysages éblouis de soleils, des images d'étendue marine aux reflets étonnants...

Voilà un terme "homérique", par excellence, qui nous fait remonter à l'épopée primitive : l'Odyssée, les sources mêmes de notre littérature...

 


 

 

 

 

 

 

Le navire roulait sous un ciel sans nuages...
Repost 0
4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 12:40
Une prison dorée pour des terroristes...

 

 

 

 

Télévision, salle de sport : c'est une prison de luxe qui a été aménagée à Fleury Mérogis pour Salah Abdeslam, ce terroriste qui a participé aux attentats du 13 Novembre, à Paris.

Que faire des terroristes ? C'est un problème auquel se trouvent confrontées nos sociétés. La plupart de ces fous de dieu choisissent la mort pour trouver, selon leurs folles croyances, une forme de salut, après avoir semé la terreur et la mort autour d'eux.

Mais que faire de ces jeunes gens radicalisés, endoctrinés quand ils ne se sont pas sacrifiés pour leur cause ?

Que faire de ces exaltés fanatiques ?

 

La France est en crise, les prisons sont saturées, bondées et l'on réserve une salle de sport à un prisonnier coupable des pires assassinats, afin de satisfaire ses exigences !

 

Comme on le dit familièrement, "on marche sur la tête".

Qu'attend-on de ce terroriste ? Des révélations ? C'est fort peu probable.

Eest-il décent que ce personnage reçoive un traitement de faveur ? J'imagine les réactions des victimes blessées et rescapées du Bataclan, j'imagine les réactions des  familles de ceux qui ont perdu la vie.

 

Comment peuvent-ils accepter de tels passe-droits pour un prisonnier qui a assassiné froidement des jeunes gens sans défense ?

C'est une insulte qui leur est faite, une façon de nier ce qui s'est passé le soir du 13 novembre.

Nos impôts peuvent-ils servir à faire des ronds de jambes à un terroriste ?

 

Alors que certains prisonniers connaissent des conditions de détention abominables, on accorde des faveurs à un criminel de bas étage.

La prison devient, pour lui seul, un hôtel de luxe.

On voit bien que certaines décisions sont prises en dépit du bon sens : on ne peut, ainsi, récompenser un terroriste, un fou de dieu qui n'a pas hésité à préparer et à perpétrer des attentats sur le sol français.

 

Les incohérences sont partout, elles génèrent nombre d'injustices et de difficultés.

Mais, en la circonstance, on atteint des sommets d'inconscience, et de bêtise.

Il est même question d'appliquer à ce terroriste une peine de prison à vie : dès lors, l'état français s'engage à des dépenses au long cours, pour entretenir cet individu.

 

Et, il faudrait, en plus, lui accorder des privilèges spéciaux : une salle de sport, et pourquoi pas un hammam ou une salle de cinéma ?

 

On est sidéré par le sort très particulier qui est réservé à cet assassin : notre monde rempli d'injustices et d'absurdités les perpétue même dans l'univers carcéral.

 

Notre pays dont la dette ne cesse de croître ne peut se permettre des dépenses abusivest pour un assassin qui a propagé la haine et a réduit à néant la vie de jeunes français.

 

Notre pays ne peut accorder des privilèges à des ennemis de la France qui n'ont pas hésité à meurtrir des familles, à préparer des  attentats pour tuer des gens sans défense.

 

Source :

 

http://www.lepoint.fr/societe/salah-abdeslam-beneficie-d-une-salle-de-sport-privee-en-prison-03-07-2016-2051520_23.php#xtmc=abdeslam&xtnp=1&xtcr=3

 

 

 

Une prison dorée pour des terroristes...
Repost 0
3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:53
Voici qu'une abeille cueille le miel d'une fleur de tilleul...

 

 

 

La fleur de xanthe, aux teintes de miel, se pare d'une abeille, au corset sombre, moucheté d'éclats solaires.

 

L'abeille boit le nectar, s'en abreuve : ivre de bonheur, elle se balance sur la fleur agitée par l'air de l'été.

 

L'abeille est comme suspendue, en équilibre, elle se gorge des parfums de la fleur en forme d'étoile.

 

Ivre, elle savoure les effluves, s'en imprègne, s'attarde longuement sur la fleur...

Les ailes translucides immobiles, elle se gave de douceurs.

 

La fleur s'agite, palpite, mais l'abeille, tenace, reste accrochée sur les pétales éclatants.

 

En équilibre, elle savoure tous les parfums, elle s'étourdit de vent, de senteurs, de couleurs et de lumières...

 

Elle vibre de bonheurs, elle s'émerveille de cette nature offerte, de ces soleils redoublés....

 

Sombre sur la fleur solaire, elle redouble les éclats lumineux de la fleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 13:29
Les mots nous parlent...

 


Les mots nous parlent de leur origine, de leur passé, ils nous racontent tant d'histoires, tant de souvenirs !

Ils peuvent faire surgir des images, des couleurs, des senteurs.

N'ont-ils pas le pouvoir de nous faire voyager dans le temps et l'espace ?

Beaucoup d'entre eux nous font remonter à leurs lointaines origines grecques et latines, ils nous font, alors, découvrir des sources originelles, nous montrent des civilisations anciennes, des façons de penser et de voir le monde...

Nausikaa aux bras blancs ! Et nous voilà transportés en Grèce, au temps d'Homère, nous voilà dans un pays nouveau, merveilleux : la terre de Phéacie, où règnent le roi Alkinoos, et sa femme Arété...

Certains mots nous emmènent vers des paysages mystérieux, des pays inconnus, des villes au passé prestigieux...

Les mots nous parlent, aussi, avec leurs sonorités si diverses, douces, légères ou plus rudes et plus âpres...

La musique des mots qui riment entre eux, qui se répondent dans une harmonie poétique !

Ils disent tant de bonheurs, tant de douleurs aussi ! Ils expriment tant de nuances diverses, tant de subtilités !

Houppelande, mousse, hiver, tourbillon, castagnette, sentier, feuille, mantille, arantèle, neige, flocons !

Les mots ne sont-ils pas une perpétuelle découverte ? Certains sont composés de préfixes, de suffixes, certains comportent un simple radical ou parfois deux ou trois qui se superposent...

Les catégories de mots sont elles-mêmes si diverses : mots variables, mots invariables, noms, verbes, pronoms, adjectifs, adverbe, conjonctions !

Conjonctions ! Et on voit les mots se rejoindre, s'unir dans des phrases harmonieuses qui se complètent !

Verbe ! Le mot par excellence ! Celui qui donne vie à la phrase, qui la fait respirer, avancer !

Adverbe ! Il vient compléter le verbe, en nuancer le sens !

Adjectifs ! Une palette d'artiste pour décrire les couleurs, les formes, les dimensions !

Les mots nous racontent leurs diversités de sens, d'origines, de sonorités, ils constituent une véritable musique, une partitition variée à l'infini...

Et notre langue est si riche de mots anciens ou plus récents ! Notre langue invente, chaque jour, d'autres mots nouveaux.

Que d'inventivité dans le vocabulaire ! Que de possibilités dans l'enchaînement des mots !

Les mots nous parlent, aussi, de tant de sujets ! Ils peuvent aborder tant de thèmes, ils peuvent exprimer tant d'idées !

Les mots nous abreuvent de découvertes, ils nous font rêver ou réfléchir, ils nous émeuvent, nous émerveillent, parfois...

Ne sont-ils pas nos compagnons de tous les jours ? Ne sont-ils pas l'essence même de l'humanité ?

Les mots nous permettent de raconter, décrire, argumenter, informer, communiquer des émotions, des sentiments, des idées.

Ils nous offrent tout un monde de découvertes, par leur forme, leur origine, leur composition...


 


 

 

Les mots nous parlent...
Repost 0

Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Http://fatizo.over-Blog.com/