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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 16:34
Leçons de drague au jardin...

 

 

 

 

C'est le printemps : le jardin s'épanouit sous le soleil, la nature s'illumine de nouvelles teintes, l'air doux envahit l'espace, les fleurs distillent des senteurs éblouissantes...

Les genêts couleur d'or répandent des odeurs enivrantes, les marronniers se parent de bouquets floconneux, les lilas commencent à se couvrir d'épis rayonnants...

Les soleils deviennent plus vifs, plus intenses....

 

Et les êtres humains se mettent à l'unisson de ce monde qui s'éveille, qui s'anime de lumières, de chants d'oiseaux...

"Le printemps déchire les robes", il affûte et aiguise les tentations et les regards, il libère les désirs, il dynamise, il apporte un regain de bonheurs, une envie de renouveau.

 

Dès lors, une simple promenade dans le parc suscite, parfois, quelques sollicitations masculines...

 

Il est étonnant d'observer ce jeu de séduction, qui, soudain, apparaît, avec l'éveil de la nature.

 

Regards énamourés, appuyés, et parfois même, des tentatives pour aborder une inconnue.

 

Un cycliste, qui circule dans les allées du jardin, me lance, avec un grand sourire, des "Bonjour, ça va ?", à chaque passage...

Un jour, alors que je quitte le jardin, il me suit et comme je lui intime l'ordre de me laisser tranquille, il rebrousse enfin chemin et prend une autre direction.

 

Une autre fois, un passant m'aborde, alors que je contemple les cygnes qui s'ébrouent sur le plan d'eau : "Ils sont beaux, les cygnes", me dit-il... "Ce sont des cygnes ?"

On imagine l'originalité d'une telle entrée en matière !!

Puis, l'homme me propose de "boire un verre". Je décline l'invitation et m'éloigne rapidement du plan d'eau...

 

Une autre fois, un jeune homme m'adresse la parole, d'une manière aussi peu originale : "Bonjour, il fait beau, on se promène ??"

 

Autant de clichés pour séduire une inconnue qui passe, autant de banalités pour attirer mon attention !

 

A l'entrée même du jardin, un homme d'âge mûr, cette fois-ci, me demande si on peut pêcher des poissons dans les bassins du parc, je lui réponds : "Ah, non, je ne pense pas".

"Je plaisante... ", me  dit-il, alors, et il enchaîne sur le fait que ces poissons ne sont pas vraiment comestibles, pestant contre la pollution des eaux.

 

Finalement, j'interromps ma marche pour me débarrasser de ce dragueur maladroit.

 

Oui, vraiment, difficile d'aborder une inconnue !

Les clichés, les phrases toutes faites, les stéréotypes reviennent, et ne peuvent que lasser...

 

Mais, oui, décidément, le printemps s'affiche, il stimule, il fait naître des désirs, il déborde d'énergie et entraîne, avec lui, des ardeurs, des rêves... même si la poésie n'est pas toujours au rendez-vous...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Leçons de drague au jardin...
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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 14:23
L'euro de football : un mois de délire !

 

 

 

Je viens de regarder le programme de l'euro de football et je prends conscience que cette folie va durer un mois complet !

 

Un mois à subir des infos consacrées à cet événement ! Un mois à constater l'engouement exacerbé que connaît ce sport...

Peut-on, d'ailleurs, parler encore de "sport" ?

 

Quand on découvre les salaires mirobolants de certains joueurs, on a des difficultés à concevoir de tels excès.

Quand on voit le comportement de certains fans de foot, on comprend que la démesure et l'hubris font partie de notre monde.

 

La fête du "sport" ? 

Trop de scandales sont venus ternir le monde du football, ces dernières années : insultes, dopage, chantages, matchs truqués, corruption au plus haut niveau...

Ce sport semble cumuler tout ce que l'humanité peut inventer pour tricher, dominer, gagner de l'argent...

On est souvent scandalisé par les salaires excessifs des grands patrons, mais que dire des sommes touchées par certains joueurs de foot ?

Qui dénonce ces dérives ?

 

Le sport devenu spectacle pour divertir le peuple, le rassasier de sensations fortes : voilà ce qu'est devenu le football.

Que reste-t-il de l'esprit sportif, après tant d'excès et de dérives ?

Le battage médiatique dont bénéficient ces compétitions sportives génère un business ahurissant.

"Panem et circenses"... Nous voilà revenus à cet adage du temps des romains.

C'est ce que l'on offre aux spectateurs : des jeux pour se divertir et pour oublier les problèmes du monde.

Les supporters semblent, eux-mêmes, fanatisés, leurs réactions outrancières, leurs cris, leur enthousisame relèvent de la démesure et du délire.

 

Bien sûr, cette fête du foot génère des profits pour les commerçants, les hôteliers, les gens qui vivent du tourisme...

C'est indéniable : certains attendent cette manifestation sportive comme du pain béni, comme une aubaine.

 

Mais, on ne peut que regretter tous les scandales qui ternissent le monde du football.

Et ils sont nombreux, car l'argent aiguise les appétits : certes, le football n'est pas le seul sport concerné par le monde de l'argent, mais il faut reconnaître qu'il est entouré de toutes sortes d'affaires louches et douteuses. 

 

La pratique d'un sport est louable mais quand l'argent, la corruption, les tricheries viennent assombrir les compétitions, on ne peut que mettre en doute l'esprit sportif qui devrait s'imposer dans toute compétition.

Le sport, le vrai, se pratique sur un terrain, il est bénéfique pour la santé mais quand il devient un objet de convoitise, qu'il est corrompu par toutes sortes de dérives, il perd toute valeur et toute consistance...

Toutes les compétitions modernes génèrent des excès, et le football est, sans doute, un des sports où ces tendances prennent des proportions démesurées.

Le football brasse trop d'argent, et même les plus hautes instances de ce sport sont touchées : la Fifa est au coeur de plusieurs scandales, les joueurs sont achetés à prix d'or et on peut déplorer aussi les dernières déclarations  de Karim Benzéma sur le racisme français.... celles-ci ne contribuent pas à valoriser ce "sport".

 

 

 

 

L'euro de football : un mois de délire !
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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 15:08
Pour célébrer les couleurs, dites-le avec des fleurs...

 

 

 

 

Le printemps n'est-il pas un moment opportun pour célébrer les fleurs, leurs parfums, leurs éclats, leurs formes qui s'épanouissent ?

 

Deux journées consacrées aux couleurs et aux fleurs, c'est là une bonne idée, surtout si cette fête des fleurs se déroule dans un jardin, un des plus beaux et des plus grands de France : les jardins de la Fontaine, à Nîmes...

 

Le spectacle coloré, vivant s'organise autour d'une déambulation dans les allées et sur les pelouses du parc...

 

Deux fleurs à taille humaine, une rose et une marguerite, juchées sur des pots, recherchent désespérément des abeilles, pour les butiner...

 

Accompagnées d'un jardinier musicien, elles se déplacent de groupe en groupe, en quête d'abeilles butineuses...

 

Elles sollicitent les promeneurs pour qu'ils jouent le rôle de ces insectes salvateurs...

 

Il faut, bien sûr, apprendre le langage des abeilles : "bzz bzz", pour espérer butiner les jolies fleurs, et les participants se prêtent volontiers à ce jeu de rôle, dans la bonne humeur et les rires.

 

Les costumes somptueux, les chansons pleines de fantaisie, de gaieté, le cadre verdoyant du jardin, les marronniers environnants, le soleil contribuent à cette ambiance de fête...

 

Les couleurs vives des fleurs attirent tous les regards : les fleurs humaines plantées dans des pots se déplacent cérémonieusement dans les allées...

 

Le jardiner accompagne, de son bandjo, les déambulations du groupe et soudain, le trio s'arrête auprès des promeneurs pour se livrer à une aubade joyeuse et à quelques scénettes amusantes.

Jeux de mots, allusions littéraires, invention verbale participent à la bonne humeur. 

 

Les rires fusent, les enfants sont émerveillés, les adultes applaudissent ce spectacle, plein de charmes.

 

Les fleurs sont, ainsi, mises à l'honneur dans une fête spontanée qui s'adresse aussi bien aux adultes qu'aux enfants.

Musique, chansons, couleurs, danses : un spectacle qui ravit les sens et qui fait rêver...

Imaginez des fleurs humaines qui se déplacent et qui se meuvent avec souplesse.

Imaginez un jardinier qui reçoit de douces caresses de fleurs qui le titillent de leurs tiges feuillues.

 

Les chansons emplies d'humour mêlent le thème amoureux à l'évocation des fleurs et on retrouve, là, une association traditionnelle.

Manifestement, les comédiens communiquent leur bonne humeur, leur plaisir  à tous les spectateurs.

C'est un  bonheur d'assister à ces festivités qui se déroulent dans un cadre naturel.

Tout autour, les marronniers, les tilleuls offrent un décor de verdure somptueux à cette fête des couleurs.

 

 

 

 

Comédiens : Les soeurs Pétale  la Compagnie Acidu

Photo et vidéos : rosemar

Une aubade sous les marronniers

Une aubade à la terrasse d'un café...

Les comédiens se présentent...

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 11:37
La fesse mérite bien un hommage et une célébration !

 

 



La fesse ! Un mot banni du grand monde, un mot honni de tous !

Et, pourtant, la fesse a la cote, elle plaît aux regards, attise les attentions et les tentations, elle s'affiche sur des panneaux publicitaires, la fesse se veut séduisante, emplie de rondeurs et de souplesse.

Les fesses sont redondantes, à un double titre : elles vont par paires et révèlent des rondeurs...

Le mot en lui-même se veut séducteur, avec ses sonorités affriolantes de fricative "f", et de sifflante "s" redoublée, comme si le mot mimait la redondance des deux masses charnues qui les constituent...

Et même si ce mot ancien, venu d'un verbe latin "findere", "fendre", et du participe passé de ce verbe "fissa", désigne à l'origine "la fente", la fesse a des allures attrayantes.

La fesse peut être hautaine, altière, ou plus évasive, fuyante. 

On apprécie la fesse pulpeuse, ronde, gourmande. On aime la fesse charnue, moelleuse.


La fesse mérite bien un blason, tant elle suggère de rondeurs, tant elle est mise en valeur dans la silhouette, au centre du corps, tant elle est faite pour chalouper au rythme d'une démarche ondoyante et légère...

Ce mot, d'ordinaire employé au pluriel, prend encore plus de relief quand il est utilisé au singulier !


L'arrière-train, le derrière, le pétard, le postérieur n'ont pas le charme de la fesse...

Alors que ces mots pétaradent, la fesse, elle, se fait murmure léger, caresse subtile.

Elle appelle et suscite l'intérêt, elle fascine, elle déborde de sensualité et de douceur.


Dès qu'elle apparaît, le regard s'attarde, se fait insistant, comme captivé et happé par cette rondeur vue de dos...


Et le regard se fait d'autant plus insistant que l'on peut observer, sans être vu !


Les fesses traduisent aussi un équilibre, celui de tout corps humain où le nombre pair règne en maître : deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux seins, deux jambes, deux fesses...

Le mot discret, avec ses voyelles feutrées, semble être prononcé comme dans un souffle, la fesse est d'ailleurs souvent aérienne, quand elle se balance avec élégance et distinction.

Elle se glisse et se love dans des pantalons moulants, pour mieux attirer l'attention, elle est objet de séduction...

La fesse s'enfle de rondeurs apaisantes, elle évoque des paysages, des lunes rondes, des pentes douces, des reliefs pleins de charmes.

Elle suggère des astres pleins, des mondes à découvrir...

Elle nous fait voir des fruits pulpeux, aux formes arrondies et sensuelles.


La Vénus Callipyge, l'Aphrodite grecque exercent une fascination, depuis la nuit des temps : statues de l'antiquité, aux lignes épurées, aux fesses bien rondes et modelées, les Vénus Callipyges hantent l'imagination, comme d'ailleurs, les statues de kouros antiques aux fesses musclées et fermes...

Les Vénus belles fesses peuplent les chansons paillardes, elles suscitent l'enthousiasme et attirent les esthètes, les amateurs d'art.


La fesse, ce terme jugé trivial et vulgaire, mérite bien un hommage et une célébration !

     
 

 

 

 

La fesse mérite bien un hommage et une célébration !
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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 10:05
Masque noir sur plumes de lys...

 

 

Dame cygne dort sur le nid, dont elle épouse la forme : masque noir sur plumes de lys...

 

Les plumes parcourues d'embruns légers dessinent de douces arabesques autour de l'animal.

 

Pas un mouvement... le bec s'efface et disparaît sous la toison de plumes, le cygne apaisé attend l'éclosion à venir, avec constance et sérénité...

 

Pas un frisson ne vient agiter ses plumes : le cygne immobile devient statue de marbre, dans une pose si élégante.

 

Des lignes ondoyantes sur son plumage, des sillons sinueux, des vagues  subtiles...

 

Derrière les feuillages, dame cygne, dans une élégance de noir et blanc, nous offre un tableau empli de charmes et d'harmonie.

 

Le corps de l'oiseau recouvre la corbeille, avec grâce et volupté, l'oiseau se love dans le nid, avec bonheur et délectation...

Et même dans ce moment d'abandon, l'oiseau nous offre une image somptueuse empreinte de majesté.

 

Quelle douceur dans ce tableau ! Quel apaisement !

 

 

 

 

 

 Photo et vidéos : rosemar

Une sieste apaisante sur le nid...

Et les importuns ne sont pas les bienvenus...

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:55
C'est la rançon de Pénélope...

 

 

 

Tout le monde connaît le nom de Pénélope, ce personnage de l'Odyssée, symbole de fidélité, elle qui voue à son époux Ulysse une loyauté et un attachement sans faille, elle qui repousse les assauts des prétendants, dans l'épopée primitive...

 

Certains auteurs ont revisité ce mythe antique : on songe à Giono, qui, dans son roman Naissance de l'Odyssée, se livre à une parodie et transforme les personnages...

 

Brassens, lui aussi, met en scène cette héroïne, dans une de ses chansons : il s'adresse dans un discours direct à une Pénélope moderne qui pourrait rêver de vivre d'autres amours, et s'évader du quotidien par l'imagination... Il lui parle familièrement, en la tutoyant, ce qui permet d'actualiser le personnage.

Le mythe est, ainsi, détourné, c'est ce qui fait toute l'originalité et la saveur du texte de Brassens.

 

Le décor et les personnages sont revisités et modernisés : on voit des "rideaux, une robe de mariée sans accrocs, un Ulysse de banlieue"...

 

On retrouve les caractéristiques du personnage antique, dans une apostrophe : "Toi, l'épouse modèle, Le grillon du foyer", mais avec un supplément d'âme, peut-être une envie de s'épanouir autrement... C'est du moins, ce qu'imagine le poète...

On retrouve une sorte d'épithète homérique dans l'expression : "Toi, l'intraitable Pénélope".

 

La question oratoire qui suit, avec sa forme interro-négative, suggère des tentations, des désirs inavoués, dans un style tout en nuances, empreint de poésie, grâce au verbe "bercer" et à l'association inattendue des adjectifs : "jolies, interlopes"...

 

"Ne berces-tu jamais
En tout bien tout honneur
De jolies pensées interlopes
De jolies pensées interlopes..."

 

On retrouve, aussi,  l'image d'une Pénélope traditionnelle puisqu'on la voit "penchée sur ses travaux de toile...", en train d'attendre un "Ulysse de banlieue."

 

Et le poète la questionne à nouveau, sur la même tonalité poétique et lyrique, avec l'évocation de sentiments nouveaux : "Les soirs de vague à  l'âme
Et de mélancolie"....

 

Cette nouvelle question oratoire fait appel à des images emplies de charmes : le ciel de lit suggère des étoiles, symboles d'évasion, de rêves amoureux, peut-être un septième ciel...


"N'as tu jamais en rêve
Au ciel d'un autre lit
Compté de nouvelles étoiles
Compté de nouvelles étoiles..."

 

Les questions s'accumulent, avec insistance, évoquant des tentations possibles et suggérant par leur forme interro-négative le fait qu'elles sont inévitables et inhérentes à la fidélité  : "L'amourette qui passe, Qui vous prend au cheveux, Qui vous conte des bagatelles"..., d'autant que ces amourettes sont personnifiées, et qu'elles sont dotées de force, comme le suggère le verbe "prendre", et même de paroles : elles permettent, ainsi, de transfigurer la réalité et de voir pousser "la marguerite au jardin potager..."

 

On retrouve là des symboles traditionnels de l'amour, "la marguerite que l'on effeuille, la pomme défendue aux branches du verger..."

 

 

Une autre interrogation évoque même le souhait d'un nouvel amour annoncé par la rencontre d'un dieu, à la fois ange et démon, "qui décoche des flèches malignes".

 

Brassens suggère à merveille toutes les ambiguités de l'amour : tourment et ravissement se mêlent...

 

Cet ange tout puissant peut en venir à bouleverser l'ordre des choses : il peut faire basculer les êtres humains, "arracher leurs feuilles de vigne".

Mais, le rêve ne prête pas à conséquences, comme le montre l'expression renouvelée : "Il n'y a vraiment pas là
De quoi fouetter un cœur
Qui bat la campagne et galope..."

Le rêve est permis, c'est "un péché véniel" et c'est la "rançon de Pénélope", le prix à payer, sans doute, de la fidélité : une forme d'insatisfaction et de recours à l'imagination, à des rêveries inabouties.

 

La mélodie, toute en douceur, lente, monotone est ponctuée de légères envolées vers le rêve...

Dans cette chanson, on retrouve tout l'univers du poète : une culture renouvelée par des expressions familières, de nombreuses allusions mythologiques, un certain humour dans la façon de déconstruire quelque peu le mythe, des images originales...

 


 

 

 

http://www.brassens-cahierdechanson.fr/OEUVRES/CHANSONS/penelope.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9n%C3%A9lope

 

 


 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:39
Les bois de palmiers du royaume de Murcie...

 

 

Pour le plaisir des mots : le palmier !

 

 

"Il s'embarqua à l'échelle de Tunis ; un vent favorable le conduit à Carthagène, il descend du navire et prend aussitôt la route de Grenade : il s'annonçait comme un médecin arabe qui venait herboriser parmi les rochers de la Sierra- Nevada. Une mule paisible le portait lentement dans le pays où les Abencerages volaient jadis sur de belliqueux coursiers ; un guide marchait en avant, conduisant deux autres mules ornées de sonnettes et de touffes de laine de diverses couleurs. Aben-Hamet traversa les grandes bruyères et les bois de palmiers du royaume de Murcie : à la vieillesse de ces palmiers il jugea qu'ils devaient avoir été plantés par ses pères, et son cœur fut pénétré de regrets. Là s'élevait une tour où veillait la sentinelle au temps de la guerre des Maures et des chrétiens ; ici se montrait une ruine dont l'architecture annonçait une origine mauresque, autre sujet de douleur pour l'Abencerage ! Il descendait de sa mule, et, sous prétexte de chercher des plantes, il se cachait un moment dans ces débris, pour donner un libre cours à ses larmes. Il reprenait ensuite sa route en rêvant au bruit des sonnettes de la caravane et au chant monotone de son guide. Celui-ci n'interrompait sa longue romance que pour encourager ses mules, en leur donnant le nom de belles et de valeureuses , ou pour les gourmander, en les appelant paresseuses et obstinées."


Dans ce texte de Chateaubriand, extrait d'une nouvelle intitulée Le dernier Abencérage, le héros maure Aben-Hamet qui revient sur la terre de ses ancêtres, découvre, avec émerveillements et émotion, un bois de palmiers situé dans la région de Murcie, au sud de l'Espagne...

Aben-Hamet, parti de Tunis, est subjugué par ces paysages de son ancienne patrie...


Le mot "palmier" nous berce, aussitôt, de ses balancements alanguis, il fait naître des paysages lointains, exotiques, des déserts de dunes et de barcanes, d'où surgissent des oasis de verdures.


Le mot nous fait rêver, avec ses sonorités de labiales, pleines de sensualité, avec ses voyelles, dont l'une, ouverte, évoque bien la forme épanouie de la palme, et l'autre, plus fermée, suggère toute la finesse des ramilles qui composent les feuilles.


On voit des paysages, au bord du Nil, hérissés de palmiers et de roseaux, on voit des palmes ondoyantes, sous un air léger et subtil.


Le mot "palme" aux origines anciennes, venu du latin "palma", a gardé sa forme originelle.


"Palma", c'est d'abord la paume de la main et le mot "paume" est issu, aussi, de ce terme latin. La feuille palmée ne ressemble-t-elle pas à une main ouverte ?


Ainsi, la "palme" et la "paume" ont une origine commune. La palme était, aussi, dans l'antiquité, un symbole de victoire, qui s'est perpétué dans la palme d'or d'un certain festival...


Le palmier, quant à lui, évoque les pays du sud, la Méditerranée, au climat doux et tempéré, il nous emmène vers l'Afrique mystérieuse, ses paysages désertiques, aux sables dorés, aux molles barcanes.


On entrevoit une palmeraie, pleine d'une fraîcheur apaisante... Le mot nous invite à une douce rêverie : empli de poésie, il donne une impression de paix, de bonheur calme et tranquille.

Le palmier nous apaise, nous fait voir des soleils renouvelés, des éblouissements de lumières, il nous fait entendre de légers bruissements.

Dans l'extrait de l'oeuvre de Chateaubriand, on voit le héros traverser "les bois de palmiers du royaume de Murcie."

L'évocation prend un relief poétique particulier, grâce à l'utilisation du nom propre "Murcie" qui évoque l'Espagne, avec des sonorités, à la fois, douces et âpres : labiale "m", sifflante "s", gutturale "r".

"Murcia ! Ségura!" Que d'exotisme dans ces noms venus d'Espagne !


Comment ne pas être sensible à la grâce de ces palmiers du royaume de Murcie ?

Comment ne pas en percevoir la beauté et l'élégance ?






http://www.audiocite.net/livres-audio-gratuits-romans/francois-rene-de-chateaubriand-le-dernier-abencerage.html
 

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 12:00
Un grand merci à tous les lecteurs et toutes les lectrices de mon blog...

 

 

Qui sont-ils, ces lecteurs fidèles ou plus occasionnels ?

 

En tout cas, ils sont de plus en plus nombreux à venir sur mon blog : 17 630 pages vues, au mois de Mai, 13 292 visiteurs...

 

Le printemps, le renouveau, les arbres, les marronniers, les tilleuls en fleurs, les roses, tant de sujets à évoquer en ce mois de Mai.

 

Les mots nous réunissent, et nous offrent tant de découvertes.

Les mots suscitent tant d'émotions, de bonheurs, de curiosités...

 

Les chansons, la fête des mots nous rassemblent : tant de séductions, tant d'harmonie dans ces airs que l'on fredonne...

 

Les textes tissent des liens, les textes nous séduisent et nous emportent dans leurs rondes de mots et d'idées.

 

Que la fête des mots continue, chers lecteurs, que la fête des mots nous emporte dans son tourbillon !

 

Que les mots suscitent réflexions et bonheur de les redécouvrir !

 

Que les mots nous inspirent et nous accordent leur complicité, leur harmonie, leur élégance !

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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Published by rosemar - dans blog lecteurs mots textes
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 11:10
Revalorisation des enseignants : c'est trop tard...

 

 

 

 

Voilà que s'annonce la fin d'un quinquennat et l'heure des promesses arrive... en même temps que se profilent les prochaines élections.

Le gouvernement annonce un plan de revalorisation des enseignants, mais qui peut y croire vraiment, après quatre années de réformes contestées ?

 

Qui peut y croire, alors que de nombreux enseignants opposés à la réforme des collèges n'ont même pas été entendus ?

Qui peut y croire, après le gâchis de la réforme des rythmes scolaires ?

 

"Un milliard d'euros débloqués pour augmenter les profs d'ici 2020" ! nous dit-on...

On a l'impression qu'il s'agit d'amadouer les enseignants en vue des prochaines élections...

Pourquoi une revalorisaton si tardive ? Pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre de telles mesures, alors que le métier de professeur connaît une crise du recrutement sans précédent ?

D'autant que cette revalorisation est prévue pour s'étaler sur quatre ans...

 

"Lors de leur première année d'enseignement, les professeurs gagneront à terme, d'ici 2020, 1 400 euros brut de plus par an. "

 

Ce "cadeau" n'est pas négligeable, certes, mais ce ne sont, là, que des promesses électoralistes...

Et d'ici 2020, ces promesses peuvent fondre comme neige au soleil...

On est, là, dans un effet d'annonce et si certains se réjouissent de ces mesures, on peut juger regrettable qu'elles interviennent trop tardivement.

 

Que ne ferait-on pas pour grappiller des électeurs qui, traditionnellement fidèles à la gauche, ont tendance à s'en éloigner, face à un gouvernement qui ne les a pas écoutés pendant 4 ans et qui les a profondément déçus ?

 

Cette démagogie rampante fait froid dans le dos.

Qu'offre-t-on aux enseignants ? Une centaine d'euros de plus par mois, mais on méprise leur point de vue, on ne tient pas compte de leur opposition à certaines réformes, notamment la réforme des collèges, menée sans concertation, en dépit du bon sens et contre l'avis même des enseignants.

Peut-on, ainsi, "acheter" les enseignants et leurs voix ?

 

Une vraie revalorisation passe, bien sûr, par une augmentation conséquente des salaires, mais aussi par une véritable écoute des difficultés auxquelles sont confrontés les personnels de l'éducation.

Une vraie revalorisation passe par des réformes acceptées par les professeurs.

 

La réforme des collèges qui supprime des heures de cours essentielles, qui a suscité tant de critiques de la part des enseignants, sera être mise en oeuvre à la rentrée prochaine. 

Si l'on veut vraiment revaloriser la fonction, il faut prendre en compte l'avis des enseignants, et considérer que leur point de vue est essentiel, car ils sont les acteurs principaux de l'éducation des enfants.

Depuis longtemps, les enseignants sont méprisés par la hiérarchie et l'administration : jugés responsables de tous les maux de la société, ils sont dévalorisés, alors qu'ils jouent un rôle primordial.

 

C'est cette tendance qu'il faut inverser...

Pour augmenter l'attractivité de ce métier, il ne faut pas seulement augmenter les salaires, il faut aussi montrer et démontrer que les enseignants ont un droit de regard sur leur propre travail et sur leurs méthodes d'enseignement. 

 

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20160316.OBS6577/presidentielle-en-vue-l-heure-de-chouchouter-les-enseignants.html

Revalorisation des enseignants : c'est trop tard...
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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 12:43
Splendeurs et merveilles d'une couvaison...

 

 

 

Les deux cygnes s'activent, maintenant, près du nid : les tâches sont partagées, et les deux oiseaux se relaient dans la couvaison.

 

Un joli partage : chacun, à tour de rôle, profite d'une escapade sur le plan d'eau pendant que l'autre, fidèle au poste, veille jalousement sur les "cygneteaux" à venir.

Sur l'eau, les plumes flottent au vent, amples, majestueuses : l'oiseau devient voile duveteuse, légère, palpitante.

 

Le temps de se rafraîchir, de s'ébrouer dans l'eau, de lisser et sécher soigneusement leurs plumes, les cygnes pratiquent l'alternance dans la surveillance du nid.

 

La toilette est, chaque fois, longue, minutieuse, car il ne faut pas abîmer le nid, avec des plumes alourdies par l'eau...

 

Après quelques rondes sur l'eau, l'animal nous offre une envolée d'ailes, des claquements sur l'onde, puis il remonte sur la berge et se livre, sous nos regards à des contorsions étonnantes pour nettoyer son plumage soyeux.

 

Le cou s'allonge, fluide, souple, ondoyant, le bec disparaît sous la toison de l'oiseau, flocons de blancs où s'évanouit mystérieusement la tête.

 

Sur le nid, le cygne se lève, parfois, pour ramener des brins d'herbe et protéger encore la couvaison future, parfois il fait rouler les oeufs avec précaution, pour qu'ils profitent, au mieux, de la chaleur des plumes.

 

L'attente se poursuit, avec constance, et recueillement.

 

Les deux oiseaux vivent dans une belle harmonie : mêmes gestes, même vigilance, même sollicitude...

Les deux cygnes nous offrent un spectacle si doux : duvet des plumes, teintes de lys et de pourpre, éclats de lumières...

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

Le cygne fait rouler les oeufs avec précaution...

Un moment de détente : promenade sur l'eau...

Retour au nid

Une toilette soignée

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