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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 12:14
Ma pincée de tuiles...

 

 

 

Pour le plaisir des mots : la tuile !

Dans un extrait du roman de Giono, Le hussard sur le toit, on voit le héros de l'histoire se réfugier sur les toits des maisons de la ville de Manosque : menacé par la population qui le prend pour un empoisonneur, Angelo Pardi n'a pas d'autre solution pour échapper à la vindicte populaire...

La chaleur est écrasante, et l'évocation des toits de la ville est saisissante :


"La chaleur pétillait sur les tuiles. Le soleil n’avait plus de corps ; il était frotté comme une craie aveuglante sur tout le ciel ; les collines étaient tellement blanches qu’il n’y avait plus d’horizon."

Le héros perçoit l'ardeur de la chaleur qui se répercute sur les tuiles, et il décrit un paysage saturé de soleil...

La tuile nous fait admirer des toitures de Provence, sous un soleil de plomb, des ruissellements d'ocres sur les maisons du sud...

 

La tuile protectrice recouvre les toits d'ondulations aux teintes variées d'ocre, de rouilles, de bruns...

 

Le mot fait rayonner des voyelles aiguës, une dentale éclatante "t" qui suggère des couleurs, des formes chaleureuses...

 

La tuile s'empare du soleil, fait miroiter ses ondoyances, ses enroulements, ses coulées d'embruns rougeoyants...

 

Ce mot évoque des toitures pleines de charmes, des argiles aux teintes de roux...

 

Ce terme se pare d'origines anciennes, puisqu'il remonte au latin "tegula", "la tuile", issu d'un verbe "tego", qui signifie "couvrir, protéger".

Les mots "toit" et "tuile" sont issus de ce même radical verbal...

 

Ce nom revêt une dimension symbolique, il représente le faîte d'une maison, il suggère une idée de protection, de sécurité...

 

Et, pourtant, dans un emploi familier, la "tuile" fait, aussi référence à un accident imprévu, nous montrant une tuile qui tombe d'un toit et qui peut produire bien des dégâts...

 

Terme ambivalent, la tuile peut évoquer, curieusement, une idée et son contraire...

 

La tuile suggère, aussi, les maisons d'autrefois, aux toits pittoresques et charmeurs, les immeubles modernes, ayant laissé la place au béton, ne se couvrent plus de ces carreaux de terre séchée...

 

Le mot me rappelle cette "pincée de tuiles", que souhaite revoir Claude Nougaro, à la fin de sa chanson Toulouse.... Opposant la modernité à la ville qu'il a connue, autrefois, Claude Nougaro montre son attachement à ces vieux toits de tuiles...

"Aujourd'hui tes buildings grimpent haut
À Blagnac tes avions ronflent gros
Si l'un me ramène sur cette ville
Pourrai je encore y revoir ma pincée de tuiles
Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse..."

 

"Ma pincée de tuiles" ! Quelle poésie et quelle tendresse dans cette expression quasi -culinaire !

 

Les tuiles qui recouvrent les maisons ne sont-elles pas l'expression même de la vie, du mouvement ? Elles font penser à des vagues sur les toits, des roulis de teintes variées...

 

Les tuiles des maisons de Provence dessinent des camaïeux de rouilles, des motifs ondoyants, elles confèrent aux paysages un charme inoui.

Elles donnent aux vieilles maisons une douceur, une poésie particulières...

 

  

 

     
Photo : rosemar

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 12:16
Sous le signe de Cléopâtre...

 

 

 

 

Deux journées consacrées à Cléopâtre : ce fut l'occasion d'évoquer ce personnage mythique qui a inspiré tant de légendes, de tableaux, d'oeuvres cinématographiques.

 

La ville de Nîmes a, ainsi, pendant deux jours, rendu hommage à la reine la plus célèbre de l'antiquité...

 

Des jeux romains ont été reconstitués dans le cadre somptueux des Arènes de la cité :  exercices équestres, courses de chevaux, chars de combats et gladiateurs, évocation de la bataille navale d'Actium, où s'affrontèrent la marine d'Octave et celle de Marc Antoine et Cléopâtre.

 

Cléopâtre ! Ce seul nom suscite le rêve ! Un personnage entouré de mystères, au destin d'exception, un personnage fascinant qui attise encore tant de curiosités....

 

Cléopâtre, reine d'Egypte a été maintes fois représentée et mise en scène, Cléopâtre la séductrice, à la beauté divine fut, aussi, un esprit cultivé et brillant.

 

Une femme moderne, libre, une reine magnifiée par la légende...

 

Elle qui séduisit César, Marc Antoine, elle qui était issue d'une famille d'origine grecque, Cléopâtre a laissé son empreinte sur l'histoire du monde et de l'Egypte.

 

Elle fit trembler Rome, elle fut l'ennemie exécrée des romains : on se souvient de l'ode du poète Horace, sur la mort de Cléopâtre, "Nunc est bibendum, Maintenant, il faut boire"... il faut boire pour célébrer la victoire d'Actium, se réjouir de la mort de la reine, mais il faut, aussi, célébrer, admirer son courage, sa détermination, sa volonté d'échapper à son vainqueur...

Cette ode est, malgré tout, une façon de rendre hommage à la reine d'Egypte...

 

A Nîmes, les deux journées consacrées à cette héroïne de l'antiquité ont permis aux enfants et aux adultes de découvrir cette reine à travers différentes représentations depuis l'antiquité jusqu'à nos jours : bas reliefs, sculptures, tableaux, films, bande dessinée...

 

Les enfants ont été conviés, dans le jardin de la ville, à des activités ludiques : confection de masques de Cléopâtre, jeux de construction de pyramides, découverte de l'archéologie, grâce à des simulations de fouilles, initiation à des jeux antiques, spectacle de théâtre improvisé, mettant en scène Cléopâtre et des protagonistes célèbres de cette époque...

 

Un stand était, aussi, consacré à la médecine égyptienne qui utilisait des végétaux, ail, oignon, pavot, orge, mais aussi, des excréments de lézards, de crocodiles...

 

Sur les visages des enfants, on pouvait lire curiosité, étonnement, bonheurs des découvertes...

 

Des enfants et des adolescents ont pris plaisir à  revêtir des toges antiques, des tuniques, des pagnes, de robes longues plissées et évasées, pour se fondre dans l'atmosphère de l'époque.

 

Ces deux journées ont permis à chacun de redécouvrir Cléopâtre, ce personnage devenu mythique, qui suscite encore de nos jours la curiosité et le rêve...

 

Pour mieux connaître Cléopâtre : une biographie...

 

 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/groupe-homonymes/Cl%C3%A9op%C3%A2tre/113829

 

Le poème d'Horace :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nunc_est_bibendum

 

http://www.espace-horace.org/iter2/ode_I_37.htm

 

Le programme de ces journées :

 

http://arenes-nimes.com/fr/grands-jeux-romains-cleopatre

 

 

Photo : en haut de l'article : représentation de Cléopâtre sur le temple d'Isis à Philae

 

Photos : rosemar

 

Sous le signe de Cléopâtre...
Sculpture égyptienne

Sculpture égyptienne

Sculpture romaine du 1er siècle av J C

Sculpture romaine du 1er siècle av J C

Sculpture en marbre 1er siècle av J C

Sculpture en marbre 1er siècle av J C

Sculpture romaine

Sculpture romaine

Cléopâtre : un dessin de Michel-Ange

Cléopâtre : un dessin de Michel-Ange

Charles Natoire : Arrivée de Cléopâtre à Tarse 1756

Charles Natoire : Arrivée de Cléopâtre à Tarse 1756

La mort de Cléopâtre   Girolamo Marchesi

La mort de Cléopâtre Girolamo Marchesi

Cléopâtre devant César de Jean Léon Gérôme

Cléopâtre devant César de Jean Léon Gérôme

Sous le signe de Cléopâtre...
Cléopâtre dans la BD Astérix et Cléopâtre   Uderzo

Cléopâtre dans la BD Astérix et Cléopâtre Uderzo

Sous le signe de Cléopâtre...

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 13:15
Vive les bonheurs simples et gratuits !

 

 

 


Dans une société où la consommation est reine, où de nombreux loisirs génèrent des dépenses, il est temps de retrouver le bonheur des plaisirs les plus simples, des plaisirs accessibles à tous.

 

En hiver, les gens se précipitent vers les stations de ski, pour vivre des vacances à la neige, plaisirs dispendieux, car il faut payer les équipements de ski, les remontées mécaniques, l'hôtel.

 

Les parcs de loisirs obtiennent, aussi, un succès grandissant : et toutes les attractions sont payantes, pour les enfants, comme pour les adultes.

 

De plus en plus, les gens passent du temps dans les galeries marchandes, pour acquérir toutes sortes de biens de consommation : vêtements, gadgets...

 

Le dernier i-phone, à la mode, suscite tant de convoitises, que les gens se précipitent pour l'acheter.

 

Il existe, pourtant, des bonheurs gratuits innombrables : une promenade dans la nature, un coucher de soleil aux teintes dorées, le spectacle varié des arbres d'une saison à une autre, les couleurs changeantes du ciel, les brumes du matin qui encerclent les paysages et les transforment en un monde incertain, la joie des vagues sous le soleil, le murmure du vent dans les ramures des arbres...

 

Les senteurs de l'automne, celles de l'hiver, et du printemps, les parfums des fleurs, géraniums, gardénias, muguet, lavandes et thyms de Provence...

 

Il est temps de redonner de la place à tous ces petits bonheurs gratuits, il est temps de ne plus se laisser aller au vertige de la consommation.

 

Dans un monde à la technicité grandissante, saisissons toutes les occasions pour apprécier la nature environnante, les arbres, les nuages, la clarté d'un ciel d'hiver ou de printemps...

 

Les arbres dépouillés de l'hiver nous offrent des tableaux d'une beauté inouie, des entrelacs, des réseaux de branches aux figures acrobatiques, des ondoiements de brindilles, des résilles sinueuses...

 

Une pluie fine qui clapote sur un plan d'eau, de la mousse sur un arbre, aux reflets de verts, le sourire d'un passant, celui d'un enfant qui s'épanouit et  lance un "bonjour" tonitruant, comme un éclat de vagues retentissantes...

 

Le léger bruissement de quelques oiseaux dans les branches, qui animent les arbres de l'hiver et les font vivre de leurs voix apaisantes...

 

Un pigeon qui s'attarde sur une balustrade et nous fait admirer ses couleurs moirées de verts, de roses, de gris...

 

Le monde est rempli de beautés étonnantes que nous ne voyons plus, préoccupés que nous sommes d'acquérir des objets de consommation.

 

Ne sommes-nous pas formatés pour consommer ? La publicité est partout, elle nous environne et nous avons des difficultés à y échapper, sur internet, notamment.

 

Retrouvons le goût de ces bonheurs simples : ils nous apportent un réconfort, une plénitude inégalable...

 

   

 

 

 

Photo : rosemar

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 13:29
Les bavardages encouragés par le ministère de l'Education nationale !

 

 

 

Après la pédagogie de la découverte, voici qu'apparaît celle du "papotis" : les bavardages seraient, selon certains inspecteurs, profitables et productifs pour les élèves !

 

S'exprimer est le maître mot de cette nouvelle approche : les élèves sont invités à "papoter", discuter entre eux, pour découvrir la langue, et bénéficier d'un apprentissage direct qui serait valorisant....

 

L'oral est, ainsi, privilégié, au détriment de l'écrit... Or, on sait que les élèves éprouvent de nombreuses difficultés à l'écrit...

D'ailleurs, de plus en plus, dans les classes de lycée et de collège, les bavardages vont bon train...

 

Et inutile de préciser que si l'on conseille aux élèves de "papoter", pendant les cours, ils ne vont pas rechigner, pour se livrer à une telle activité...

 

La nouvelle réforme des collèges, prévue pour la rentrée 2016, aurait tendance à encourager la pratique de cet "oral" pendant les cours.

 

Laissons nos élèves bavarder, et pratiquer la libre discussion  !

 

Comment peut-on envisager de telles méthodes, alors que de nombreux élèves éprouvent des difficultés dans l'apprentissage même de la langue ?

Comment ne pas voir que la pédagogie de la découverte a été un échec et une erreur lourde de conséquences ?

 

Au lieu de rétablir des enseignements fondamentaux, comme l'orthographe et la grammaire, on feint de moderniser l'enseignement par le biais de l'oral.

C'est encore un leurre qui conduit au pire...

Destruction de l'autorité des enseignants, affaiblissement de la maîtrise de la langue, des connaissances en général....

 

Cette énième réforme va aboutir à une baisse conséquente du niveau des élèves.

 

"Comment assassiner le français ?", tel est le titre d'un article paru sur le journal Le Point, sous la plume de Jean Paul Brighelli.

On y découvre le discours de certains inspecteurs qui, au cours de réunions pédagogiques, font l'éloge de ces bavardages, désignés par ce doux euphémisme "papotis", qui tend à minimiser ce phénomène et même à le valoriser...

 

On perçoit toute la démagogie d'une telle approche : un cours doit se dérouler dans le calme pour pouvoir être assimilé par les élèves.

L'autorité des enseignants, mise à mal, battue en brèche, doit être restaurée et c'est l'inverse qui se produit.

 

Cette attitude n'est pas nouvelle : je me souviens d'une inspectrice qui déplorait la bonne tenue disciplinaire de mes élèves : "Le cours n'est pas assez vivant ! Les élèves semblent trop figés !"

 

Vive les bavardages ! Les élèves encouragés dans ce sens ne s'en priveront pas et il faut craindre que de telles consignes entraînent, encore, les élèves vers l'échec, le manque de rigueur, la dispersion,  la paresse...

 

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-comment-assassiner-le-francais-25-04-2016-2034722_1886.php

 

 

Les bavardages encouragés par le ministère de l'Education nationale !
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 12:40
Des thyrses de Bacchus s'éparpillent sur les arbres...

 

 

 

 

Des grappes de fleurs sur les marronniers du printemps... des fleurs aux blancheurs délicates, aux embruns de pistils rayonnants, frémissent sous le vent.

 

Des thyrses de Bacchus s'éparpillent sur les arbres majestueux....

 

Les calices légers, en cascades de blancs, de xanthe et de roses se hissent sur les branches...

 

Les pétales si fragiles, aux teintes de lis, éclairent les arbres du printemps, les subliment d'une écume légère.

 

Sur les feuilles vertes, les fleurettes forment des efflorescences, elles palpitent et s'agitent au moindre souffle.

 

Les feuilles oblongues, d'un vert profond, se nimbent de ces nuées si douces,  aux teintes de l'aurore...

 

Les feuilles épanouies cernent les fleurs, les enveloppent de leurs festons vaporeux, les enlacent de leurs formes généreuses.

 

Les fleurs s'irisent de lueurs du printemps, elles dessinent des embruns de lumières, sous le soleil et le ciel d'un bleu éblouissant...

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:59
En hommage à Prince : Nothing compares to you...

 

 


Une chanson qui a fait le tour du monde, une chanson qui évoque la douleur d'une séparation, un thème éternel, une chanson écrite par Prince en 1984...

 

Une chanson forcément remplie d'émotions...

 

Le texte se présente sous la forme d'un discours adressé à celui qui est parti : la première et la deuxième personne alternent, mais nulle réponse n'est attendue, car l'absence de l'être aimé semble irrémédiable : "you took your love away".

 

On compte, alors, les heures et les jours qui se sont écoulés depuis le jour de la rupture :"It's been seven hours and fifteen days".

 

Le monde en est bouleversé, le jour et la nuit s'inversent, pour montrer le désarroi de la séparation : "I go out every night and sleep all day..."

 

Certes, c'est un gain de liberté : l'amoureuse peut faire désormais ce qu'elle veut, comme le suggère la répétition du verbe "I can..."

 

Mais la douleur est omniprésente, sous la forme d'un "blues", un mal être que rien ne peut guérir.

 

Le refrain égrène cette phrase répétée comme un leit-motiv : "Nothing compares to you"...

La deuxième personne y est soulignée, en fin de vers, "you", pour insister sur l'emprise de cet amour disparu.

 

La solitude aggrave le mal : c'est ce que suggèrent l'adverbe d'intensité "so", et une comparaison poétique où apparaît "un oiseau sans chanson", "Like a bird without a song."

 

Le thème des larmes vient assombrir le tableau de cette solitude... On perçoit une envie de s'évader en se livrant à d'autres rencontres, mais l'image obsédante de l'être aimé réapparaît sans cesse...

 

Et même le médecin consulté conseille des distractions, pour que l'amoureuse puisse oublier "cet idiot".

 

Et même les fleurs se sont mises à l'unisson de cette séparation, puisqu'elles sont mortes, un symbole saisissant de la douleur vécue par la narratrice...

 

Dans une dernière phrase, on rappelle la difficulté de vivre à deux, mais l'envie de recommencer, de retrouver cet amour prédomine.

 

La mélodie restitue le désarroi, la tristesse de l'amoureuse, et l'obsession d'un amour perdu...

 

 

Le texte :

http://lyricstranslate.com/fr/nothing-compares-2-u-rien-ne-test-comparable.html

 

http://www.lacoccinelle.net/243376.html

 

Prince :

 

https://youtu.be/wMH44I9JTV8

 

https://youtu.be/nkVlZ1kVPCQ

 

 

 


Photo : rosemar

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 12:49
Les volucelles tapageuses...

 

 

 

Pour le plaisir des mots... La volucelle !

 


Dans un extrait des Travailleurs de la mer, Victor Hugo décrit l'île de Guernesey, sa végétation, ses herbes peuplées de toute une faune, des insectes aux noms éblouissants, et notamment, des "volucelles tapageuses"...

 

"Maintenant, faites courir là-dedans et faites voler là-dessus mille insectes, les uns hideux, les autres charmants, sous l’herbe, les longicornes, les longinases, les calandres, les fourmis occupées à traire les pucerons leurs vaches, les sauterelles baveuses, la coccinelle, bête du bon Dieu, et le taupin, bête du diable ; sur l’herbe, dans l’air, la libellule, l’ichneumon, la guêpe, les cétoines d’or, les bourdons de velours, les hémérobes de dentelle, les chrysis au ventre rouge, les volucelles tapageuses, et vous aurez quelque idée du spectacle plein de rêverie qu’en juin, à midi, la croupe de Jerbourg ou de Fermain-Bay offre à un entomologiste un peu songeur, et à un poète un peu naturaliste."

 

Le nom "volucelle "nous entraîne dans un monde aérien, mystérieux... Quel est cet insecte au nom si éblouissant ?

 

Ce mot nous fait voir des envols, des frémissements d'ailes, des danses volubiles...

 

La volucelle, mouche somptueuse déploie des ailes translucides, qui ressemblent à celles d'un papillon.

 

L'abdomen est cuivré, cerclé de noir, avec des teintes de pourpres, de xanthes, de bruns... un corset magnifique qui fait songer à un tissu soyeux de velours noir.

 

Le bourdonnement de ces insectes envahit l'espace, les volucelles s'enivrent du parfum des fleurs et on les voit passer de fleur en fleur pour se gaver de nectar...

On les voit, sous le soleil, s'illuminer de teintes mordorées, éclats d'or sur les fleurs aux senteurs capiteuses.

On les imagine corsetées, virevoltantes, exaltées des chaleurs de l'été...

 

Le mot nous fait entendre de douces sonorités, fricative "v", sifflante "c", et nous entraîne dans un univers poétique...

Le mot nous laisse entrevoir les ailes somptueuses de cet insecte, des ailes légères, fines, d'une transparence pleine de brillances et d'éclats...

 

Les graphies du son "l" suggèrent, aussi, la forme élancée de ces ailes graciles.

 

Ce mot, aux origines anciennes, venu du latin, est issu de l'adjectif "volucer, ailé, rapide", lui-même venu du verbe "volo, voler".

 

La volucelle suscite l'admiration, par sa dénomination évocatrice, ses embruns d'ailes subtiles, son bourdonnement tapageur.

 

Ce mot ne fait-il pas rêver ? Cette mouche revêt une parure délicate, elle nous fait entendre une musique, pleine de vivacité.

 

La finale -elle nous laisse entrevoir des envolées d'ailes somptueuses.

 

Ces mouches tapageuses, qui butinent les fleurs, suscitent l'intérêt du lecteur, car le mot "volucelle", par sa rareté, ses sonorités, emporte l'imagination...

 

Quelle poésie dans ce seul nom ! Quelle poésie dans cette expression ! L'adjectif "tapageuses" vient souligner le bourdonnement de ces insectes, d'une manière inattendue, avec une formation d'onomatopée qui nous fait entendre le tapage que font ces insectes...

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 12:26
Honneur à la culture française...

 

 

 


En ces temps de mondialisation où l'on veut nous imposer une uniformisation des cultures, j'affirme ici mon attachement à la culture, à la langue, à l'âme françaises. La culture de mon pays m'a forgée, m'a façonnée : celle d'un pays épris de liberté, aimant la réflexion, la controverse, la pureté de la langue...

La langue de Rabelais au vocabulaire foisonnant, celle de Voltaire aiguisée et acérée, celle de Hugo tour à tour grandiloquente et dépouillée, celle de Baudelaire qui nous emmène au bord du rêve, celle de Zola proche parfois de l'épopée, celle de Montaigne limpide et complexe à la fois, celle de Céline pleine de familiarités et d'inventivités.

La langue des auteurs classiques, La Fontaine, La Bruyère, Molière, Racine... langue épurée, qui exprime l'esssentiel.



J'aime "l'esprit" français, une certaine liberté de ton, une envie de contestation....

J'aime la langue de mon pays, ses sonorités dures ou douces, ses éclats, ses envolées, sa poésie, son charme... la poésie de Verlaine, de Musset, de Hugo, de Racine, Corneille...

J'aime le théâtre de Racine, celui de Molière, de Giraudoux.

Que dire des romans si variés depuis le Moyen âge jusqu'à nos jours ? Romans  de Chrétien De Troyes, Lesage, Marivaux, Balzac, Flaubert, Giono...

J'aime les mots de ma langue, leur variété, leurs nuances infinies, leurs origines, tant de mots venus du latin et du grec.

Des mots familiers ou recherchés, des niveaux de langue très divers....

J'aime les idées de progrès, l'engagement des auteurs, celui de Hugo, de Zola qui défendent le peuple et ses valeurs, celui de Montaigne qui dénonce l'intolérance et les guerres de religion, celui de Montesquieu qui remet en cause la monarchie de droit divin et ses privilèges, celui des poètes de la résistance... 

J'apprécie la peinture plus particulièrement l'impressionnisme, celui de Monet, de Manet, de Cézanne, de Renoir... l'impressionnisme qui a aussi influencé la littérature : certaines descriptions de Maupassant, de Zola en sont imprégnées...
 

Comment ne pas percevoir aussi le génie musical d'Offenbach, de Bizet, de Lully, de Rameau, de Saint Saens ? 
 Comment ne pas être sensible aux chansons et à la poésie de Brassens, de Nougaro, de Brel ?
 
Musique, peinture, littérature autant d'arts dans lesquels se sont illustrés nombre de créateurs de talent !
 
Notre culture est essentielle parce qu'elle constitue nos origines, notre passé, notre ancrage et qu'elle nous permet aussi de mieux comprendre ce que nous sommes, notre originalité, nos spécificités.
 
La culture est l'âme d'un peuple, de tous ceux qui nous ont précédés, leurs pensées, leurs idées, leur idéal... Sans elle, sans ce passé de culture, nous ne serions que des fantômes sans vie, des esprits vides et arides : sans ce passé, nous ne pourrions pas nous construire et progresser...
 
 

 

 

 

 

 

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 15:29
Nuit debout : la honteuse éviction d'Alain Finkielkraut...

 

 

 

 

Exclure une personnalité, un philosophe, d'un débat démocratique, ce n'est pas glorieux, c'est même indigne de cette organisation qui se réclame de la liberté d'expression : Nuit debout.

 

Alain Finkielkraut méritait, sans doute, d'être entendu et accueilli, au sein de ces discussions qui se veulent ouvertes à tous.

 

Pourquoi l'avoir exclu ? Pourquoi l'avoir condamné au silence, pourquoi des insultes ont-elles fusé à son encontre ?

 

C'est une certitude : ce mouvement contestataire s'est discrédité par cette attitude de rejet et de mépris...

 

Cette exclusion peut même rappeler de tristes heures de notre histoire, hélas !

Alain Finkelkraut, penseur, philosophe n'a-t-il plus sa place, en France, dans une libre discussion ?

 

De telles évictions sont dangereuses, mais elles sont fréquentes, surtout quand une foule se laisse entraîner par des réactions primaires, dénuées de réflexion...

La foule, guidée par la haine, peut se laisser aller aux pires dénigrements, la foule n'hésite pas à vilipender, agresser, exclure.

Un article paru sur le journal Le Monde tend à minimiser les faits : "Dans une vidéo, on voit bien un homme cracher en direction de l’académicien... Mais c’est la personne qui tient la caméra qui reçoit le crachat..."

Est-ce là une excuse ? Le crachat a raté sa cible, mais le geste reste odieux et inadmissible...

Comment peut on admettre de tels comportements et les excuser ?

 

Un autre extrait de cet article :

"Selon un billet de blog de plusieurs  participants à la commission accueil et sérénité de la Nuit debout, le philosophe serait resté plus d’une heure  avant d’être pris à partie."

La belle affaire ! Alain Finkielkraut aurait, donc, pu assister à quelques débats, avant de se faire évincer et insulter.

Certains vont jusqu'à imaginer qu'il s'agit d'un "coup monté" de la part d'Alain Finkielkraut, comme si le philosophe était lui-même coupable des invectives qu'il a essuyées !

 

Je le rappelle et le répète : l'insulte ne peut, en aucun cas, servir d'arguments, l'insulte instinctive et primaire est scandaleuse.

 

L'insulte relève du réflexe et s'oppose à une véritable réflexion, si, en plus, elle s'accompagne de crachats, on atteint le comble de l'ignominie.

 

Exclure, invectiver, insulter, cracher ... de telles attitudes concentrent, à la fois, arrogance et mépris.

 

Il faut condamner ces exclusions du débat démocratique : mon expérience m'a démontré tout le mépris dont est capable une foule, tout le déchaînement de violences auquel une foule peut se laisser entraîner...

Le plus souvent, la foule se conformant à des meneurs, ne respecte plus rien.

 

Crachats et insultes sont du même ordre. Crachats et insultes discréditent ceux qui se livrent à ces débordements.

 

 

L'article du journal Le Monde, intitulé "Alain Finkielkraut expulsé de Nuit debout : les faits..."
 

 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/04/18/alain-finkielkraut-expulse-de-nuit-debout-les-faits_4904275_4355770.html

 

 Selon Caroline De Haas, militante féministe, à l’initiative de la pétition Loi travail, non merci...

"Finkielkraut, en spécialiste de la provocation et de l’invective, a voulu faire un coup"

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/19/finkielkraut-en-specialiste-de-la-provocation-et-de-l-invective-a-voulu-faire-un-coup_4904853_3232.html

 

 

 

 

 

 

 

Nuit debout : la honteuse éviction d'Alain Finkielkraut...
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 13:14
Après le Sarkozysme... le "fadisme"...

 

 

 

Après des années de Sarkozysme, où le président en exercice suscitait d'âpres commentaires sur sa personnalité envahissante, voilà que François Hollande reçoit la palme du "fadisme" qui lui a été décerné par un de nos philosophes : Michel Onfray...

 

Michel Onfray a trouvé l'intervention télévisée de François Hollande "fade". "Il a inventé le fadisme", a-t-il, ainsi, déclaré... "On écoute, on attend la fin en se disant qu'il y aura peut-être quelque chose, mais on découvre que pendant tout ce temps-là, ça a été un long discours apolitique..."

"Ce n'est pas un président... il n'a rien dit, c'est un bon communicant et non un homme politique..."

 

Le chef de l'état, en cette occasion, subit l'assaut de commentaires très critiques, venus de tous bords.

Michel Onfray ainsi que de nombreux commentateurs, des journalistes ont pourfendu le président, pour sa piètre prestation.

 

Mon but n'est pas, ici, de défendre un président dont le bilan ne brille pas par ses résultats.

Mais, je ne peux m'empêcher de constater l'impasse dans laquelle se trouve notre pays.

 

Nous venons de subir la gouvernance de deux hommes politiques aux tempéraments opposés, et ni l'un ni l'autre n'ont su apporter des solutions aux problèmes de notre société : le chômage, l'éducation, la crise, les migrants aux portes de l'Europe...

Deux hommes différents, mais on ne perçoit pas vraiment des lignes de fracture dans les politiques menées...

Après un hyper-président, François Hollande est décrit, à l'inverse, comme un fantôme de président.

 

"Fadisme ? Sarkozysme ?" D'un côté, comme de l'autre, l'alternance a abouti aux mêmes résultats : de nombreux français excédés par leur président, en fin de mandat.

 

Entre un président fade et un autre hyperactif, les bilans se ressemblent, bien que le mandat de François Hollande ne soit pas encore terminé.

 

Il semble que les clivages droite et gauche se resserrent et n'existent plus vraiment.

Il semble que ce soit l'Europe qui nous gouverne, et nous impose sans arrêt des mesures de rigueur.

La France est bloquée entre la gauche et la droite.

Ces mots "gauche, droite" ont-ils, même, encore un sens ?

Après la loi sur le travail proposé par le gouvernement, on peut en douter...

 

Bien sûr, quelques mesures prises par le gouvernement de François Hollande ont été positives et bénéfiques : la possibilté pour les salariés qui ont à leur actif une carrière longue de prendre leur retraite à 60 ans, le recrutement d'enseignants, par exemple.

 

Mais ces actions restent limitées.

Dans cette impasse, on peut craindre le retour d'une droite dure qui prendra des décisions de plus en plus difficiles...

 

 

 

Michel Onfray sur France Culture :

 

http://www.franceculture.fr/emissions/le-monde-selon-michel-onfray/michel-onfray-le-quinquennat-supprime-la-fonction

 

 

 

 

 

 

Après le Sarkozysme... le "fadisme"...
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