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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 09:53
Petite pelote de laine soyeuse...

 

 



"Un oiseau s'est posé sur mon balcon, un instant de bonheur gracile et fragile... Un petit oiseau aux couleurs noires et cendrées, transi par le froid s'est posé sur la balustrade de mon balcon, prenant quelques instants la pose, sous mes yeux éblouis et ébahis...
 
Dans la splendeur de l'hiver glacial, l'oiseau en quelques bonds agiles a traversé l'espace...
 
Soudain, le cadre de ma fenêtre est devenu le cadre d'un merveilleux tableau, aux couleurs d'azur, sur lequel se détachait l'oiseau sombre et frêle.
 
L'oiseau s'est ensuite envolé mais est resté là, gravé dans ma mémoire, image de splendeurs, de rêves, de voyages. L'oiseau s'est envolé mais je revois sa silhouette légère de plumes irisées par le soleil... l'oiseau s'est échappé... et a laissé sa forme et sa rondeur de plumes dans mon esprit, petite pelote de laine soyeuse et grise, soie duveteuse si douce et si frêle."

C'est ainsi que je décrivais, dans un de mes articles, l'apparition d'un oiseau sur la balustrade de mon balcon, un matin d'hiver.

Le mot "pelote" évoque, souvent, une forme ronde, celle d'un petit oiseau, aux plumes légères.
Ce nom familier nous charme, avec sa labiale, pleine de séduction et d'attrait, avec sa dentale, aux éclats lumineux.

La pelote suggère des souplesses de laines, aux teintes variées, des fils soyeux, ondoyants, des enroulements voluptueux, des formes pleines de douceurs.

Les oiseaux, les nuages font songer à des pelotes soyeuses et délicates, la mousse des bois nous fait admirer, parfois, des pelotes irisées de verts et d'ocres.

Certaines fleurs ressemblent à des pelotes, petites boules de couleurs claires, aux filaments légers.

Les aiguilles de pin deviennent, aussi, pelotes lumineuses, sous le soleil du midi...

Les pelotes de laine colorées servaient à confectionner, autrefois, des écharpes, des tricots, des bonnets, des chaussettes... et dorénavant, les pelotes ont tendance à disparaître, car l'art du tricot se perd peu à peu.

On n'entend plus le cliquetis des aiguilles à tricoter, le soir, et ce bruit familier s'efface...

La pelote évoque de petites formes, c'est, d'ailleurs, une formation ancienne de diminutif.

Le mot viendrait du latin "pilotta", diminutif du terme "pila", "la balle".

J'aime ce mot ancien, qui peut désigner des objets, des oiseaux duveteux, des végétaux qui s'ébouriffent de soies légères et délicates.

La pelote fait surgir des images élégantes, fragiles.

La pelote si douce évoque des idées pleines de finesse, elle nous parle de couleurs, mais aussi de légèreté, de souplesse.

Elle parle à nos sens visuel, tactile, elle nous fait toucher du doigt toute la tendresse du monde...



 

 

http://rosemar.over-blog.com/article-un-oiseau-s-est-pose-sur-mon-balcon-113892328.html

 

Petite pelote de laine soyeuse...
Petite pelote de laine soyeuse...
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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 17:49
Chine : brouillards sur la ville...

 

 

Des images impressionnantes d'une ville de Chine paralysée par le brouillard : circulation bloquée, écoles fermées, aéroport à l'arrêt....

Cette ville, c'est Harbin, mégalopole de 11 millions d'habitants de la province du Heilongjiang dans le nord-est de la Chine, une ville fantôme perdue dans des brumes de pollution atmosphérique...

Cette ville, c'est aussi Pékin, la capitale chinoise qui connaît régulièrement des alertes à la pollution. Pékin a vécu, ce mardi matin, sa première alerte rouge.

Des voitures bloquées sur les routes, des chinois qui déambulent dans les rues, les visages couverts d'un masque, une visibilité réduite à quelques mètres.... c'est terrifiant....

Voilà un scénario digne d'un film de science-fiction, mais c'est bien la réalité que connaissent ces villes. On croirait voir des villes enveloppées dans un brouillard de brumes, dans un fog britannique, mais c'est bien la pollution qui est à l'origine de ces perturbations....

Un pic de pollution de l'air inédit a été enregistré : il est lié à l'arrivée de l'hiver et à l'utilisation du chauffage domestique. Les usines environnantes et les industries doivent participer, aussi, à cette pollution.

Ce n'est pas la première fois que la Chine connaît ces problèmes : la ville de Pékin, la capitale est souvent engluée dans un épais brouillard qui empêche ses habitants de respirer, de se déplacer.

La pollution devient, dans ce pays, un problème très préoccupant, la croissance à tout prix conduit aux pires désagréments : rivières polluées, alimentation contaminée, air irrespirable.

Oui, la Chine connaît une croissance exceptionnelle, elle nous vend toutes sortes de produits, elle investit partout, elle prospère, mais elle se heurte à de graves difficultés.

Nos industriels, nos multinationales s'installent, aussi, en Chine pour produire à bas prix toutes sortes de marchandises.

Mais comme toujours, ce sont les plus pauvres qui en font les frais et on peut parler d'un véritable scandale sanitaire : certains, les plus riches, peuvent équiper leur logement de purificateurs d'air, certains peuvent s'approvisionner dans des fermes biologiques.
Et tous les autres sont voués à pâtir de la pollution : les gens démunis, ceux qui n'ont pas les moyens de s'en prémunir et d'y échapper.

 

La Chine va-t-elle se trouver de plus en plus confrontée à ces dérèglements ? Saura-t-elle les résoudre ?

Les scandales alimentaires se sont multipliés ces dernières années : lait contaminé, légumes pollués, rivières saturées de produits chimiques.

La Chine et les autes pays ne peuvent croître à l'infini : les responsables politiques se doivent de trouver des solutions... la santé de tous les êtres qui vivent sur cette planète est menacée.


 



 

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 17:37
Quand la justice condamne des victimes...

 

 

 

Une femme de 69 ans a été condamnée à 10 ans de prison, pour avoir tué son mari, alors qu'elle a été, pendant de nombreuses années, victime de coups, d'abus sexuels, de violences physiques et verbales.

Où est la justice ? Une justice qui condamne une victime peut-elle être crédible ?

Le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage avait tué son mari de trois coups de fusils dans le dos, à leur domicile près de Montargis, dans le Loiret. L'homme lui faisait vivre un enfer depuis 47 ans : coups, abus sexuels, sur elle mais aussi sur ses filles. La veille du meurtre, le fils, battu par son père, s'était suicidé par pendaison. 

Face à de telles ignominies, quel pouvait donc être le recours de cette femme ?

Alors que les violences faites aux femmes se multiplient, en France et dans de nombreux pays, un tel verdict tendrait à cautionner et justifier ces violences.

La barbarie d'un homme tyrannique, qui faisait vivre toute sa famille dans la terreur, a atteint un paroxysme d'horreur dans cette affaire.

Comment un tel verdict est-il possible, en France, le pays des droits de l'homme ?

Les femmes seront-elles, donc, toujours, jugées coupables de la violence des hommes ?

Quand les victimes deviennent coupables, ne faut-il pas se poser bien des questions sur le fonctionnement de la justice ?

On peut, dès lors, parler de déni de justice : au cours du procès, les filles de l'accusée ont été, elles-mêmes, montrées du doigt, parce que, par peur de représailles pour leur mère, elles n'ont jamais dénoncé leur propre bourreau.

Une famille entière a souffert, pendant des années, sous le joug d'un tyran, et cette famille est, maintenant, victime de la justice.

Un fils qui se suicide, des filles violées, une mère accablée de coups, un tel tableau ne suffisait-il pas pour que soit prononcé un acquittement de Jacqueline Sauvage ?

Tuer un monstre qui martyrise ses proches, qui abuse de son autorité de père, est-ce un meurtre ?

Ce verdict n'est-il pas une honte ? Toutes les femmes battues se retrouvent bafouées par une telle décision.

Le bourreau qui a terrorisé sa propre famille est bien le coupable, et même si la loi interdit de se faire justice soi-même, il est des cas dramatiques où l'on perçoit la nécessité d'arrêter la tyrannie d'un monstre.

 

 

Une pétition à signer :


 https://secure.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_President_Francois_HOLLANDE_Grace_Presidentielle_pour_Jacqueline_SAUVAGE/?pv=2







 

 

Quand la justice condamne des victimes...
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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 16:38
Les arbres, entre automne et hiver...

 

 



Les marronniers perdent, peu à peu, leurs parures : seules, quelques feuilles roussies, isolées, comme calcinées, s'accrochent encore aux branches...


Les arbres montrent des bois brûlés, presque dépouillés de leurs éclats de feuilles.


Ils nous font voir des silhouettes décharnées, sombres, sur l'azur de l'automne... Quelques feuilles en détresse, lambeaux de l'automne, se dessinent sur les rameaux.


Les arbres, entre automne et hiver, sculptent des camaïeux de noirs, bruns, roux....


Les troncs sombres, les branches ténébreuses se découpent, en ombres chinoises, sur des horizons de bleu.


Le marronniers revêtent leur parure d'hiver, les branches dénudées nous font découvrir des arabesques, des volutes, des torsions aux embruns de l'hiver...


Les arbres deviennent des ombres, ils dévoilent et tracent des motifs somptueux, des dentelles de branches et des ramilles entrelacées, des réseaux d'ombres brunes.

Les arbres forment des voiles subtils, des embruns aériens.


L'hiver les enlace peu à peu... L'hiver les redessine, les enveloppe de ses brumes sombres...


 

 

 

Photos : rosemar

 

Les arbres, entre automne et hiver...
Les arbres, entre automne et hiver...
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 17:16
Qui sont ces assassins sous l'emprise d'idées sectaires ?

 

 

 

Le vendredi 13 novembre, des assassins ont investi les rues de Paris, une salle de spectacle le Bataclan, pour semer la terreur : des assassins, armés de kalachnikovs ont fait de nombreuses victimes innocentes.


Des inconscients qui tuent au nom de la religion, des fanatiques frappés d'une folie meurtrière ont commis des meurtres impitoyables, ils se sont attaqués à des jeunes gens sans défense.

Ils l'ont fait par surprise, dans des lieux de joie et de partage, des cafés, un stade, une salle de concert.

Ces assassins sous l'emprise d'idées sectaires, de drogues ont agi dans la haine, la fureur.

Le mot "assassin", avec ses douces sonorités de sifflantes, sa voyelle nasalisée finale, trompe son monde, le terme semble, même, vouloir masquer la réalité atroce qu'il désigne.

Les assassins agissent dans l'ombre, ils surprennent leurs victimes, ils propagent la mort, la servent, en font un but, une glorification..

L'origine du mot a de quoi nous étonner et, en même temps, cette étymologie nous montre toute l'emprise à laquelle se soumettent ces meurtriers.

En persan, le mot "ḥašišiywn" désignait les membres d’une secte musulmane, également nommée Nizârites, particulièrement active au XIe siècle en Perse et qui assassinait publiquement ses opposants... Leur chef charismatique était un certain Hassan ibn al-Sabbah.
L’origine de leur nom est discutée. Mais ce mot pourrait provenir de l’arabe حَشَّاشِين, ḥašāšīn, "les gens qui fument le haschisch". Le haschisch était une des drogues que Hassan ibn al-Sabbah aurait utilisées pour endoctriner et soumettre ses disciples. Il enivrait certains de ses fidèles en leur promettant que la mort leur permettrait d'acquérir les félicités dont ils venaient de prendre un avant-goût, il leur désignait ceux qu’il voulait frapper. 

Secte, drogue, conditionnement, on est bien là, dans le cadre d'une fanatisation, d'un endoctrinement.

Les djihadistes de Daesh ont été conditionnés pour tuer, ils ont été manipulés par des gourous qui ont une influence terrifiante, qui les entraînent vers la mort.

Comment peut-on se glorifier d'assassinats, comment peut-on se vanter de meurtres ignobles qui visent des êtres sans défense ?

Comment, si ce n'est en raison d'un endoctrinement qui annihile la pensée et la réflexion ?

Les fous de Daesh tuent, terrorisent, détruisent au nom de la religion, ils ne peuvent que desservir leur cause, et ils ne le perçoivent même pas.

C'est une fureur insensée qui s'emparent d'eux, une folie qui résulte de manipulations ignobles.

On peut noter la jeunesse de ces extrémistes : ils sont d'autant plus malléables et inflençables, ce n'est pas un hasard.

L'emprise de leurs chefs s'exerce d'autant plus facilement sur eux.

Des jeunes filles sont, ainsi, entraînées vers ces dérives sectaires, par l'intermédiaire d'internet, et les familles n'arrivent pas à endiguer cet endoctrinement qui agit comme une drogue.

 

 

Le témoignage d'une jeune fille endoctrinée :


http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/lea-15-ans-endoctrinee-par-les-djihadistes-640767

 

 

Qui sont ces assassins sous l'emprise d'idées sectaires ?
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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 13:26
Pour NINA, la tendre, la révoltée...

 

 

 

Certains commentaires sur un blog sont inoubliables, forts, empreints de poésie, de tendresse ou de violence, ils nous émeuvent et nous touchent plus particulièrement.

Les commentaires de NINA furent de ceux-là... NINA, la tendre, la révoltée, la rebelle, qui évoquait son passé, son enfance avec tant de sincérité et de vérité.

NINA m'a offert tant de témoignages personnels, elle m'a encouragée de sa verve inoubliable, poussant des cris de colère ou exprimant toute sa bonhommie et sa tendresse.

Que de bons moments passés à lire ses réflexions et ses réactions spontanées, vives, étonnantes, parfois...

Mais NINA a brusquement disparu de la toile : je la savais malade, puisqu'elle évoquait, parfois, ses souffrances, sa solitude, son désarroi. Je connaissais ses douleurs, bien qu'elle fût toujours très discrète sur sa maladie.

NINA n'est plus là, pour lire mes billets, j'ai attendu, en vain, ses commentaires sur des articles qui auraient dû la toucher.

J'ai attendu en vain, un signe de vie et d'espoir.

Le vide, le silence, l'absence de NINA me troublent : on prend vite l'habitude de ces commentaires aigus, acérés, tendres, aussi.

NINA, la boutefeu, pleine de vivacité, à la personnalité bien trempée, nous manque.

Je ne sais si elle a pu achever le roman de sa vie qu'elle avait entamé, mais je garde en mémoire quelques-uns de ses commentaires qui montraient toutes ses qualités d'écriture.

Je me souviens, plus particulièrement, de ces quelques lignes sur un article consacré à l'encens : une merveille de sensibilité et d'émotion ! 

"L'encens... ah ! l'encens... Définitivement lié à mon enfance... La guerre était telle entre mon père et ma mère, que je ne savais où me mettre. Dans tout le sens du terme. Où poser mes fesses, où me recroqueviller, où poser mon esprit assoiffé de rêves.
Alors, dès que je le pouvais,je m'échappais jusqu'à l'église proche. Et là, je trouvais un recoin où je me blottissais. Enfin le silence. Un silence lourd, profond, qu'il était possible de toucher de mes mains.

Et surtout, surtout, l'odeur calme, prenante, de l'encens consumé en permanence.
Tout le temps.
L'encens m'ensorcelait. C'est le mot. Il me murmurait les mots dont j'avais besoin pour retrouver, par la suite, -hélas !- l'atmosphère assassine qui régnait chez moi, au point que la simple respiration y était impossible...

L'encens..."

On perçoit dans ces quelques phrases toute la sensibilité de NINA.


Je pense aussi à ce témoignage sur Mouloudji :

"Et à cette époque, il vivait seul, vivait mal sa solitude "tu sais, quand je rentre d'une tournée, il m'arrive de parler à mon buffet"... c'est dingue... Nous prenions un taxi ensemble, on se quittait en s'embrassant
"quand tu passes à Paris, appelle-moi". Chaque fois, je le faisais et c'était toujours de l'argent qu'il me donnait. Quand je refusais, il me disait : ma pauvre, mais dis-toi bien que d'autres ont moins de scrupules que toi... A chaque fin de gala, tout le monde vient me "taper". "Moulou, j'ai ma femme qui est malade, Moulou, j'ai pas de travail"... Et c'était vrai, Moulou donnait.
Nous avions aussi en commun, ancré très fort, le regret d'être né : parfois je me dis qu'il eût été préférable de n'avoir pas connu la vie, de n'avoir rien aimé, rien ressenti, rien regretté, jamais fait partie de cet univers horrible et d'ignorer l'angoisse d'attendre la mort. MOULOUDJI. J'ai eu un chagrin fou quand il est mort. C'était un être d'une incroyable pureté. Merci et bonne nuit."

Ou encore cette merveilleuse évocation des lucioles :

"La 1ere fois que j'ai vu une luciole, c'était un de ces merveilleux soirs où -chose rare- mon père était très loin de ma mère.. c'est aussi en cela que c'était merveilleux. Nous étions dans le noir, en train de traverser un petit pont de pierres. en-dessous une petite rivière, et juste derrière, la mine désaffectée où chuintaient de majestueux oiseaux de nuit. Et là, je vois, comme posée dans la rivière, une lumière. -c'est quoi, papa ? t'as vu... c'est quoi ?" -ça, ma p'tiote, c'est un ver luisant". Je le questionne, ne le crois pas.. mais c'est pas possible, tu me fais marcher, çà bouge pas.. et ça éclaire tellement.. y'a quelqu'un, c'est une lumière de torche électrique." Il parle, parle, rit, -chose encore plus rare-. Nous sommes bien, là, tous les deux. Nous
poursuivrons les soirs suivants, les lucioles, presque toujours au même endroit. Ces jours-là, j'ai voulu croire à Mélusine, et aux fées. Loin de ma mère, mon père n'était plus le même. Ce petit miracle est désormais lié pour toujours aux lucioles. Bonne soirée, rosemar."


 Merci, NINA, merci pour tous ces messages, ces coups de gueule, ces évocations pleines de poésie et de vérité...


Amitiés et tendresse pour NINA et pour tous ceux qui la connaissent et l'aiment.





 

 

Pour NINA, la tendre, la révoltée...
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:37
Un de ces miroirs était une psyché à l'antique...

 

 


Il est des pays où l'on peut croire encore en la magie, où règnent encore des croyances anciennes, où l'on peut être ébloui par des miroirs magiques...

Un de ces miroirs était une psyché à l'antique, avec son support de bois ouvragé, il avait une particularité étonnante, car il reflétait l'âme de ceux qui s'y contemplaient : à une belle âme, le miroir renvoyait un beau visage, empreint d'harmonie. A une âme pervertie, il était donné de voir un visage infâme, couvert de plaies et de bosses.

Ainsi, le miroir était comme le révélateur de l'âme de chacun : il parvenait à percer le mystère des âmes les plus sombres.

Un seigneur des environs, nommé Langolfe, passant par là, ayant entendu parler de ce trésor, voulut s'emparer du miroir, afin de percer les secrets de tous ceux qu'il côtoyait...

Il convoitait l'objet et décida de le voler, et comme le miroir n'était pas surveillé, il parvint facilement à le dérober.

Il fit, ensuite, défiler chacun de ses voisins et amis devant le miroir magique : il découvrit, ainsi, toute la noirceur humaine, la méchanceté, la bêtise, la veulerie de ceux qui l'entouraient.

Il fit, aussi, l'expérience de la bonté, de la délicatesse et de l'amabilité pleine de tendresse de certains.

Il eut bien des surprises, car de vils courtisans se cachaient sous des apparences trompeuses, et le miroir dévoilait leur duplicité : des visages déformés, hideux apparaissaient dans la lucarne de la psyché.

Par ailleurs, des gens qui lui avaient paru antipathiques et lointains révélaient des visages pleins de bonhommie et de charmes.

Ainsi, il tria le bon grain de l'ivraie, il n'accepta dans son cercle d'amis que les gens dont le miroir renvoyait une image sympathique et accueillante.

Il se fit bien des ennemis, car ceux qui avaient été écartés lui vouaient, dès lors, une haine farouche. Certains rêvaient, déjà, de lui dérober le miroir magique.

Le seigneur Langolfe prit des précautions infinies, afin de protéger son miroir d'une quelconque avidité. Il posta des gardes devant la chambre où était enfermé le miroir, il leur imposa de veiller sur ce trésor, pendant de longues nuits, il les menaçait de mort, si l'objet était dérobé.

Une nuit, une tentative d'effraction se produisit : un rôdeur essaya de pénétrer dans la chambre, il avait réussi à assommer un des gardes, tandis que l'autre s'était absenté pour un besoin pressant...

Mais, par miracle, le garde revint à son poste, pour faire fuir le voleur et empêcher le vol de l'objet précieux.

Quand il apprit cet incident, le seigneur Langolfe entra dans une colère noire contre ces gardes qui avaient presque failli à leur mission... Il décida, même, de les punir, l'un pour avoir été assommé si facilement et l'autre pour s'être absenté au mauvais moment.

Le châtiment fut terrible : des coups de fouet leur furent infligés, si violemment qu'ils en gardèrent des cicatrices pendant une année entière.

Mais le miroir avait fait son oeuvre : le seigneur Langolfe eut la malencontreuse idée de regarder son image dans le miroir : il y vit un monstre aux traits déformés, hideux, il y vit la colère, la méchanceté, la jalousie, la haine !

Pris à son propre piège, le seigneur Langolfe comprit, alors la leçon : il était allé trop loin dans son désir de possession du miroir, il s'était perdu lui-même, avait rêvé d'une sorte de pouvoir absolu que lui conférait cet objet...

Il revint, alors, à des moeurs plus pacifiques, il fit amende honorable, demanda pardon aux deux gardes et se jura de se montrer, dorénavant, plus humble dans son comportement.


 

Illustrations : Tableaux de Berthe Morisot et de Jacques Emile Blanche

 

 

 

Un de ces miroirs était une psyché à l'antique...
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 10:56
Merci à tous ceux qui lisent mon blog !

 

Près de 14000 pages vues sur mon blog au mois de Novembre, plus de 10000 visiteurs ! Merci à tous ces lecteurs !

 

Le plaisir de partager des mots, des émotions, des bonheurs, des colères aussi...

Le plaisir de voir que les lecteurs se font de plus en plus nombreux, au fil du temps.

 

Chansons, poésie, musique, littérature, actualités, tant de sujets à évoquer, tant de tourments et de joies !

L'actualité terrible de ces derniers jours nous a tous bouleversés : une année terrible pour la France, une année douloureuse.

 

La blessure est encore à vif et nous ne l'oublierons pas.

 

Il est important, dès lors, de se réunir, de communiquer, d'échanger des idées, des expériences, de s'enrichir de l'essentiel : la connaissance, tous les bonheurs que nous offrent encore la nature, l'envie de découvrir, d'apprendre.

 

Merci à vous !

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:26
Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer...

 

 



Le départ d'une amoureuse, une séparation, et tout peut basculer, c'est ce qui arrive à "Jim", le héros de cette chanson écrite et interprétée par Alain Souchon : La ballade de Jim...

La mélodie commence sur des chapeaux de roue, entraînante et vive : on entrevoit l'énervement de l'amoureux qui a perdu son "héroïne".

Il se grise de "gin dans sa chrysler", il roule dans sa voiture, et même le paysage ne le séduit plus : "La presqu'île, le boulevard de la mer est con."

L'expression réitérée "comme elle est partie" traduit une sorte d' obsession, et le personnage est complètement déboussolé, ce qui est bien suggéré par la formule familière :"Jimmy tourne en rond"...
Le personnage de Jim apparaît très proche de nous, par cette dénomination même, un prénom, et même un diminutif.

Vitesse, griserie, alcool, désarroi viennent souligner la détresse du héros.

Le souvenir de la dernière soirée passée avec la belle semble exacerber, encore, la douleur  : "Hier soir encore, son héroïne / Le serrait si fort en disant Jim."

La jeune femme assimilée à un "calmant, un alcool profond" lui permettait de vivre une passion enivrante.

On perçoit, au passage, toute la modernité et l'originalité de ce texte, dans le vocabulaire, dans la façon de traiter ce thème de la séparation, si souvent abordé par nombre d'auteurs...

Soudain, l'auteur s'adresse simplement et directement à "Jim" en le tutoyant "Jimmy, t'es fort, mais tu pleures Sur le cuir de ta Chrysler..."

La belle voiture, le courage n'empêchent pas la tristesse qui déborde et même le paysage se met à l'unisson de l'amoureux éconduit : "Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer..." Le coucher de soleil se transforme en un effondrement qui est aussi celui du héros de cette histoire.

L'auteur rappelle, alors, à Jim, tous les dangers de l'amour, qui, comme "l'alcool et les révolvers", peuvent faire "tomber par terre", après avoir "sauté en l'air..."

Un soudain retour en arrière nous montre tous les rêves et les espoirs de Jimmy : "Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort 
Pour que sa starlette bronze en hors-bord 
Avec elle, il voulait un bébé, sans rire..."

Travail, argent, passion, espoir de fonder une famille n'ont, pourtant, pas suffi à retenir la belle.
L'envie de mourir effleure, alors, l'amoureux qui a perdu tous ses espoirs.

La vitesse, les pleurs, le parfum de la jeune femme qui traîne dans l'air... et c'est l'accident inéluctable, "La Chrysler s'envole dans les fougères et les nénuphars..."

La fin de la chanson, comme le suggére déjà la poésie de cette évocation des "fougères et nénuphars", montre que, malgré tout, la vie continue et que le personnage garde confiance en l'avenir, puisque la rencontre d'une belle infirmière lui redonne le goût de vivre et d'aimer, d'autant qu'elle lui sourit.

L'hôpital se transforme, alors, en un univers idyllique et paradisiaque, et l'infirmière devient "un ange".

Belle chute pleine d'optimisme et de renouveau !

Cette chanson, emplie de vivacité dans la mélodie, s'achève sur une note d'espoir, et traduit, malgré le thème abordé, une joie de vivre infinie.

C'est aussi ce qui fait tout le charme de ce texte écrit par Alain Souchon : la vie recommence soudain, grâce à une autre rencontre amoureuse...

La "ballade"de Jim lui a permis de découvrir un nouvel amour.




 

 

 

 

Photo : rosemar

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Published by rosemar - dans chanson musique poésie
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:36
Célébrons le vin et ses vertus enivrantes !

 


Le vin ! Le sang de la vigne ! Robes rouges, couleurs dorées ou ambrées ! Célébrons le vin et ses vertus enivrantes...

On apprécie les vins gaillards, robustes, revigorants, leurs couleurs sombres, aux embruns de nuits, les vins veloutés, si doux au palais !

Goûtons ces vins somptueux, ou d'autres aux robes légères, vaporeuses, aux envols de mousselines.

Des senteurs fruitées nous enveloppent, des goûts de soleil, des éclats de lumières, ceux des raisins qui mûrissent en grappes lourdes.

Le vin, symbole de vie, de bonheur nous offre ses sonorités de fricative, si douce, de voyelle nasalisée pleine d'envol et de mystères !

Le mot est ancien, bien sûr, et remonte au grec "oinos", par l'intermédiaire du latin "vinum" : les romains étaient passés maîtres dans la confection de ces nectars antiques, vins salés, vins aux coings, vins aux aromates !

Le vin évoque la Méditerranée, les paysages du sud, des cépages variés, symboles de régions françaises, le Bordeaux, le Bourgogne, le Champagne, des vins, des noms connus de tous qui rayonnent et chantent le savoir-faire des vignerons du terroir...


"Le vin, la vigne" ! Les deux mots se répondent et ont des origines communes.

Le vin se pare d'adjectifs aux échos valorisants : capiteux, charnu, corsé, charpenté, fruité, rond, loyal, viril ou suave.

Il peut être tendre, dur, austère ou aimable, bourru ou distingué, généreux, gouleyant, puissant, noble ou racé...

Le vin arrive à exprimer toutes sortes de sentiments, tant il est oeuvre humaine, travail patient du cultivateur qui entoure la vigne de tous ses soins.

Le vin, les vendanges célèbrent la fête de l'automne qui a commencé, de ses couleurs de rouilles et de bruns, de ses senteurs de terre humide.


 

 

 

 

Célébrons le vin et ses vertus enivrantes !
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