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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 14:05
Feuille, mot doux de l'automne !

 



L'automne magnifie les feuilles, leur donne des teintes somptueuses, des marbrures dorées, les enivre d'embruns nouveaux, de glacis de luminosités...

Les feuilles se froissent, se créponnent, se tordent, se plient et s'envolent aux vents de l'automne.

Le mot si léger avec sa fricative initiale, sa palatale finale, semble traverser les airs et se laisser porter par le moindre souflle du vent.

Le mot aérien nous fait voir des envolées de feuilles, des tourbillons qui emportent tout sur leur passage...

Mot doux de l'automne ! Mot céleste, délicat !

Les feuilles frissonnent, frémissent sous le vent, elles finissent à terre, en amas de soie légère.

La feuille si souple, ondoyante, si volatile, aux voyelles variées qui ne s'entendent presque pas, est la discrétion même...

A peine crisse-t-elle sous nos pas, faisant entendre une douceur soyeuse et feutrée...

Mais, elle explose de teintes, elle pleure des coulées de bruns brûlés, des ardeurs de rouilles et d'argent.

Mais, elle embellit les arbres, les pare de lumières, les enlumine d'éclats nouveaux.

La feuille, "folium", en latin, proche de la "fleur", revêt, comme elle, des parures somptueuses, teintes de feux et de flammes vives, teintes d'incarnat, d'escarboucles rutilantes !


 




 

Photos : rosemar

 

Feuille, mot doux de l'automne !
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 14:50
Quand l'inspecteur vient inspecter les enseignants...

 

 

Les inspecteurs viennent "inspecter" les enseignants, pour vérifier la qualité de leur travail et leur donner une note pédagogique. Le terme d'inspecteur n'est en lui-même guère attractif : venu du latin "inspector", le mot désigne celui qui examine, qui regarde et observe attentivement.

 

Et, en plus, les inspecteurs ont tous les droits, le droit d'arriver en retard, de se tromper, en lisant le cahier de textes de l'enseignant, de hurler, en entrant en classe....

J'ai connu toutes ces situations...

 

Pour la plupart, ces inspecteurs sont d'anciens professeurs qui ont abandonné leur carrière, pour se consacrer à cette nouvelle activité.

Eloignés des réalités du terrain depuis des années, ils ne perçoivent plus les évolutions du métier et se targuent d'une expérience et d'un savoir que parfois ils ne maîtrisent pas, eux-mêmes.

 

On perçoit, en eux, une forme d'arrogance et de supériorité, à l'égard des enseignants qui sont là pour se soumettre à leur bon vouloir et à leur autorité...

 

Il fut un temps où l'on savait que l'inspecteur devait venir un jour de la semaine, fixé à l'avance : il m'est arrivé d'attendre cet inspecteur, toute une journée du matin au soir... en vain.

Inutile de dire que j'étais, toute la journée, sur des charbons ardents... mais l'inspecteur n'est pas venu et n'a même pas daigné prévenir le lycée de son absence.

 

Quelques jours plus tard, il m'a téléphoné pour me dire le motif de sa défection : il était malade, et curieusement, il n'avait même pas jugé utile de signaler son absence.

Inutile de dire que si je m'etais absentée moi-même, sans prévenir, j'aurais eu droit à de lourdes remontrances et, sans doute, à des sanctions.

Ce même inspecteur est venu, quelques jours plus tard, et dès son entrée dans la salle de classe, il s'est mis à invectiver les élèves, parce que ceux-ci ne s'étaient pas levés à son arrivée !

Ce donneur de leçons avait, pourtant, lui-même beaucoup à apprendre en matière de politesse !

 

Plus tard, les enseignants ont pu connaître la date et l'heure exacte à laquelle ils allaient être inspectés.

Et l'inspectrice est arrivée, ce jour-là, avec 20 minutes de retard et n'a donc pas pu assister au début du cours.

J'étais complètement déstabilisée par ce retard...

Si j'avais été moi-même en retard, il m'aurait fallu un motif très grave, mais l'inspectrice s'était simplement attardée à discuter, et c'était normal !

 

Autre problème : il vaut mieux, au fond, ne pas contrarier l'inspecteur , il vaut mieux se montrer servile, obéissant, il faut être dans l'admiration et la soumission.

Et, pourtant, au cours de l'entretien qui suit l'inspection, on ne peut s'empêcher de répondre à certains reproches adressés par l'inspecteur...

Mais il vaut mieux éviter ce comportement...

Parfois, encore, l'inspectrice commet des erreurs, en lisant le cahier de textes de la classe, fourni par l'enseignant : cela m'est arrivé, une inspectrice me reprochait d'avoir étudié un auteur jugé trop difficile, en classe de seconde : Montaigne, en fait il s'agissait de Rabelais, un auteur au langage savoureux que les élèves savent apprécier très tôt.

Les inspecteurs donnent, aussi, de pressantes consignes d'indulgence pour la correction des épreuves du baccalauréat, afin de "gonfler" les résultats, mais est-ce là rendre vraiment service aux élèves ?

Là encore, les inspecteurs devraient être plus solidaires et respectueux du travail fourni par les enseignants, et trop souvent, ce n'est pas le cas...

Il faut, sans doute, revoir ce système des inspections, trop archaïque : comment juger de la qualité du travail d'un enseignant, à travers une seule heure de cours ?

C'est quasiment impossible et les inspecteurs qui se sentent tout puissants exercent vraiment un pouvoir exorbitant sur les enseignants...

 

 

 

 

 

 

Quand l'inspecteur vient inspecter les enseignants...
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 08:42
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...

 



 
"Puis il tourna autour d'un château médiéval, perché en haut d'une colline de sapins noirs ; de la brume blanche encerclait le burg sinistre, et les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon, une muraille rose et grise."

C'est ainsi que JMG Le Clézio décrit un château assez effrayant, entouré de hauteurs, de cimes vertigineuses, dans son recueil de nouvelles, intitulé La fièvre.


Le mot "cime" suggère tant d'images !


La cime, le sommet des arbres, d'une montagne, d'un rocher, nous élève vers des hauteurs célestes, elle nous enivre de visions aériennes, d'envolées de bleu, elle nous fait regarder le ciel, ses parures diverses, des nuées qui s'étirent à l'infini, des bleus d'azur, des soleils éblouissants...


Le mot lui-même nous montre un infini avec sa voyelle "i", pleine d'acuité, sa douce sifflante initiale, la labiale "m" pleine de promesses...

On est ébloui par des images : les cimes des arbres qui forment des ballets, sous les vents tempétueux de l'hiver, vagues déferlantes d'écumes de branches dénudées, houles d'entrelacs qui bruissent et s'agitent, suivant le rythme du vent.

On admire des sommets de colline et de montagnes abruptes, on respire un air de liberté, on se délecte de ces vertiges de hauteurs.

 

On est séduit par des teintes de neige qui reflètent la lumière, des embruns étincelants, des miroirs aux pentes vertigineuses.

La cime s'enfle comme une vague, elle domine et envahit le paysage.

La cime, c'est le flot qui gonfle, c'est le bourgeon qui pousse...

Tant d'images contenues dans ce mot ancien !

Issu du grec "kuma", "la vague", d'un verbe "kuo" qui signifie "enfler", le nom "cime" suggère la vie, le mouvement, un débordement sinueux, plein de charmes.


La cime des arbres ! Tout un paysage, tout un univers qui frémit, parle, bruisse, virevolte et touche l'infini du ciel ! Verdures frémissantes, chaloupes de verts !

La cime des montagnes nous raconte toutes les beautés du monde : escarpements rocheux, dégringolades de pins sur les ravines, étagements de cyprès sur les pentes !

Vertiges de paysages aux rochers tumultueux, pins qui s'accrochent sur les pentes, falaises calcaires, calanques abruptes de pierres blanches.

La cime des montagnes, joli bevédère éblouissant de lumières, nous offre des paysages infinis, des rivières, des plaines apaisées, des toitures aux teintes variées, des champs, des ciels, des jardins...


La cime nous fait voir, aussi, des roulis de vagues, des écumes ondoyantes, des flots qui s'emportent et se soulèvent, les crêtes acérées des ondes en fureur, des tempêtes, des embruns éclatants !

La cime embrasse le monde et le contient... Elle est onde, rocher, arbres, ciels, elle est et rassemble l'univers.

 

Ce mot si ancien qui nous fait remonter aux origines de notre langue, qui nous relie à une culture millénaire, à un passé prestigieux, nous entraîne vers des vertiges et des abîmes éblouissants....

 

 

 

 

 

Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 15:52
Son chant, c'est celui de l'amour...

 

 

 

Une chanson qui met en vedette la Camargue, à travers le personnage d'un gardian... tout le monde a déjà entendu cette mélodie interprétée par Tino Rossi.

Le mot "gardian" vient, comme le montre sa terminaison, de l'occitan, il désigne en Provence, le gardien d'une manade, un troupeau de chevaux ou de taureaux.
 

Le gardian de Camargue est magnifié, par son chant qui semble ravir tous les coeurs...

Le texte s'ouvre sur l'évocation de ce chant, et aussitôt, les "belles" sont invitées à se méfier de l'attrait irrésistible qu'il représente.
L'impératif réitéré "attendez" marque une sorte d'impatience : le retour du gardian est espéré par toutes.

Ce personnage, redoutable séducteur, saura attirer les "belles", c'est une certitude, comme le suggère l'emploi du futur : "il reviendra, il vous sourira, il vous prendra dans ses bras."
Un simple sourire, et le chant du gardian suffiront pour qu'opère la magie d'une rencontre amoureuse...

Le mot "coeur" répété, dans le couplet suivant, en dit long sur la séduction de ce gardian... D'abord employé au singulier, il est, ensuite, utilisé au pluriel, pour montrer que le personnage parvient, justement, à remporter tous les coeurs...
Les verbes "prendre, garder" viennent souligner tous les pouvoirs de ce gardian qui sait capturer les "belles"...

Les amants sont, même, invités à monter la garde pour préserver leur amour "Gardez vos belles fermement".
L'adverbe "fermement" suggère à nouveau toute l'emprise du séducteur sur les jeunes filles.

La chanson est ponctuée par des "LADIA", qui semblent nous faire entendre la voix du gardian qui chantonne...
Et, de fait, on se laisse bercer par son chant...

Le texte fait appel à l'assonance de la voyelle "a", souvent reprise sous une forme nasalisée "an", ce procédé peut traduire une forme d'étonnement et d'admiration devant le personnage qui est, ici, mis en scène.


C'est le chant d'un gardian de Camargue
Belles filles attendez son retour
Attendez et pourtant prenez garde
Car son chant c'est celui de l'amour.

Ladia, quand il reviendra
Ladia, il vous sourira
Ladia, puis il vous prendr
Dans ses bras.

 

La mélodie, emplie de délicatesse et de douceur parvient, effectivement, à charmer toutes les belles !

Les paroles ont été écrites par Jean Féline, la musique composée par Louis Gasté...

Tino Rossi a interprété cette chanson, dans un film réalisé par Pierre Billon, intitulé Le soleil a toujours raison, et diffusé en 1943, pendant la guerre. Jacques Prévert a participé au scénario. La distribution en était prestigieuse : Micheline Presle, Pierre Brasseur, Charles Vanel et Germaine Montero. 



 


Cette chanson a été, aussi, interprétée par Patrick Fiori :

 

https://youtu.be/Eh6sGQHBJ90


 Les paroles :


C'est le chant d'un gardian de Camargue
Belles filles attendez son retour
Attendez et pourtant prenez garde
Car son chant c'est celui de l'amour.


Ladia, quand il reviendra
Ladia, il vous sourira
Ladia, puis il vous prendra 
Dans ses bras.


Votre coeur dira oui par mégarde
Et alors votre coeur sera pris
Car le chant d'un gardian qui s'attarde
Prend les coeurs et les garde pour lui.


Ô vous qui entendez ce chant
Gardez vos belles fermement
Le chant d'un gardian de Camargue
C'est l'adieu pour un amant.


C'est le chant d'un gardian qui s'attarde
Belles filles attendez son retour
Attendez et pourtant prenez garde
Car son chant c'est celui de l'amour.


 Ladia Ladia Ladia


Votre coeur dira oui par mégarde
Et alors votre coeur sera pris
Car le chant d'un gardian qui s'attarde
Prend les coeurs et les garde pour lui.


Ladia Ladia 









 

Photo  auteur : afroboof    creative commons

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 12:23
Des enseignants qui ont peur ?

 

 

 



"De plus en plus d'enseignants contractent l'assurance "offre métiers de l'éducation" pour faire face aux menaces dont ils font l'objet."

C'est ce que nous révèle un article du journal Le Parisien : l'assurance proposée par la Maif en partenariat avec les Autonomes de Solidarité offre aux professeurs, en cas d'incident, un accompagnement juridique, un soutien psychologique et une protection  des dommages corporels...

Le métier d'enseignant deviendrait-il dangereux ?

Bien sûr, les violences physiques sont encore rares, exceptionnelles, mais les intimidations, les menaces, les insultes, les fausses insinuations, la diffamation ne le sont pas.

Quel enseignant, de nos jours, n'a jamais été la cible d'insultes, de comportements désinvoltes ?

Ces attitudes se multiplient dans de nombreux établissements scolaires : des violences verbales inadmissibles, d'autant que les parents d'élèves se permettent, eux-mêmes de remettre en cause les punitions ou les sanctions pour indiscipline.

Il m'est arrivé en tant qu'enseignante, de devoir affronter des paroles d'intimidation, après avoir puni un élève pour une tenue incorrecte, en classe : cet élève d'une classe de première s'est mis à contester sa punition, puis est venu à la fin de l'heure, avec une attitude menaçante, en affirmant qu'il n'avait pas peur de moi, une façon de dire que je devais avoir peur de lui.

Un jour, un autre élève, surpris en train de consulter ses cours lors d'un devoir surveillé, s'est mis à me tutoyer, en hurlant : il ne fallait pas toucher à son cartable que j'avais déplacé en la circonstance...

Face à certaines classes difficiles, des collègues femmes m'ont affirmé éprouver un malaise et même aller en cours, avec la peur au ventre...

Les parents font preuve aussi parfois de comportements inconvenants et irresponsables : certains se permettent de remettre en cause les notations données par les enseignants...

Certains en viennent à parler de trop grande sévérité, d'injustice !

Certains en viennent, même, à affirmer que l'enseignant a commis une erreur sur la notation qui figure sur le bulletin trimestriel !

D'autres mettent en concurrence les enseignants, affirmant que le professeur de l'année précédente avait des méthodes totalement différentes.

Ainsi, l'autorité des enseignants est, souvent, battue en brèche.

On le constate, de plus en plus, dans nos sociétés : la plupart des autorités sont contestées, et les enseignants, plus que d'autres, se voient jugés responsables de tous les problèmes et de toutes les difficultés que peuvent rencontrer les élèves.

Oui, dans certains établissements scolaires ou face à certaines classes, le métier d'enseignant devient périlleux.

Oui, dans certaines circonstances, les enseignants ont peur...

Il serait temps de redonner aux enseignants une autorité, en les épaulant par tous les moyens : les parents, l'administration doivent les soutenir.

Dans une société où l'enfant est roi, les adolescents sont en perte de repères et ne reconnaissent même plus dans l'enseignant une autorité...

L'administration, loin des réalités du terrain, fait semblant souvent de ne pas voir les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants.
 


 

 

Des enseignants qui ont peur ?
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 12:59
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...

 

 

 

 

L'antiquité grecque nous a légué de nombreuses sculptures, en marbre ou en bronze, d'un réalisme étonnant... Une de ces oeuvres les plus connues est l'Aurige de Delphes, image d'un conducteur de char.

 

Ce terme "l'Aurige" suscite, d'abord, notre curiosité : venu du latin "auriga", le cocher, il est composé de deux éléments anciens : "aureae ou oreae", "la bride", et le verbe "ago, conduire"... Le mot "oreae" est, lui-même, issu du nom latin "os" qui désigne la bouche ou la gueule d'un animal, en l'occurrence, d'un cheval.

 

Ce nom mystérieux "l'Aurige", alterne une consonne gutturale "r", pleine de force, et une chuintante "g", empreinte de douceur... 

 

Et cette statue réunit bien ces deux aspects : une énergie qui semble indomptable, et une délicatesse infinie dans les traits du visage.


L'Aurige est, bien sûr, représenté debout, la stature bien droite et élancée révèle l'élégance et la jeunesse du personnage.

 La statue, grandeur nature, mesure 1,80 m de hauteur.

Le visage de l'Aurige, aux traits harmonieux, montre une détermination et une parfaite maîtrise de soi. Quelle pureté dans les traits ! Les yeux sombres et grands sont ourlés de cils, le profil grec est bien dessiné, le menton traduit toute la volonté de ce jeune cocher.

Les cheveux bouclés encadrent le visage, débordent sur les joues et le front en volutes harmonieuses. Un bandeau doré, aux motifs géométriques, enserre la tête de l'Aurige. L'oreille petite est entourée de mèches de cheveux frisés qui dépassent.

Le regard plein d'intensité traduit toute l'émotion du jeune homme avant une course de chars, sa volonté de l'emporter, de dominer l'adversaire ! La bouche, elle-même, ourlée, laisse entrevoir un léger sourire.

Le bronze patiné aux couleurs dorées confère encore plus de beauté à cette statue antique. Le cou robuste et vigoureux donne de la force à l'ensemble... L’Aurige incarne un éphèbe athlétique : de larges épaules témoignent de son énergie, on peut percevoir une volonté d'idéaliser la force virile d'un athlète qui concourt pour des jeux en l'honneur d'Apollon.

L'Aurige est revêtu d'une longue tunique plissée qui tombe jusqu'aux pieds, le bras droit tient les rênes du quadrige... La statue devait faire partie d'un ensemble plus vaste, comportant des chevaux, un char dont on a retrouvé quelques éléments dispersés.

Le visage de cet Aurige, à la beauté idéalisée, attire surtout les regards, plus que sa haute stature, un visage d'une douceur infinie qui recèle en même temps une grande énergie...

On est étonné par ce mélange de réalisme et d'idéalisation dans la représentation de ce jeune conducteur de char.

Comment ne pas tomber sous le charme de cet éphèbe aux traits déterminés, si pleins de fougue, d'élégance, de force ?

Cette statue en bronze fut peut-être commandée par Polyzalos, prince grec de Sicile, pour commémorer la victoire de son char aux Jeux Pythiques de 478 ou de 474 avant J.C. Une inscription, sur le socle, nous apprend que Polyzalos, tyran de Géla, pour fêter sa victoire, a consacré cette statue en l'honneur d'Apollon, dieu de Delphes...

 



L'article de wikipédia sur cette statue :
 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aurige_de_Delphes

 

 

 

Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 12:59
Douces journées d'automne...

 

 


Douces journées d'automne ! Un soleil léger s'alanguit et paresse sur l'azur. Des brises subtiles font palpiter les pins aux ramilles ondoyantes...

Des cripures de nuées se déchirent lentement et forment des voiles délicats, sur l'horizon.

Une chaleur tiède fait briller les buissons de tant de reliefs lumineux !

Dans le lointain, des brumes rousses couronnent quelques arbres, des brouées de lueurs embrasent des chaloupes de verdures : vert et xanthe se mêlent et s'entremêlent dans des teintes subtiles.

Sur le mur du jardin, les feuilles de vigne vierge prennent, tout à coup, des teintes de roses pourprées...

Le mur s'éblouit de ces guirlandes nouvelles, se pare, soudain, d'éclats de rouilles, d'un incarnat éclatant.

Le ciel, d'un bleu pâle, presque blanc, fait resplendir un soleil apaisé et doux.

Douceur de l'automne !

Flamboyance et fulgurance des arbres aux embruns d'incendie ! Lumières d'automne atténuées !

Saison des bonheurs adoucis ! Flammèches rousses !

L'automne se pare de douceur et de feux, de légèreté et d'éclats, dans un embrasement de couleurs...

Les marronniers façonnent des teintes de rouilles brûlées, les feuilles noires et roussies dessinent des camaieux éblouissants...

Des écumes de muscats, malvoisie, grenades envahissent les branches !



 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Douces journées d'automne...
Douces journées d'automne...
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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 13:18
Mademoiselle où allez-vous ?

 

 

 

Une chanson dédiée à une demoiselle soudain entrevue, c'est, là, un bel hommage pour toutes les femmes, qu'a écrit Leny Escudero...

Le texte prend la forme d'un discours adressé à une demoiselle, avec l'emploi de la deuxième personne "vous", alternant avec la première personne "je"...
"Mademoiselle voulez-vous
Que je me mette à vos genoux ?"

Ce geste de soumission fait penser aux troubadours du Moyen âge qui se mettaient, corps et âme, au service d'une dame.

La forme interrogative répétée est une façon d'interpeller, avec émotion et vivacité, la jeune fille.
Le texte, plein de vie, fait appel à des verbes de mouvement "où allez-vous... ne partez-pas... nous ferions quelques pas ensemble"...

Le poète évoque une forme de folie soudaine, souvent associée à l'amour et à la séduction : "je suis un peu fou"... Il propose de joindre le geste à la parole "me mettre à genoux, pour dire des choses..."

Et, en même temps, on sent une infinie pudeur et une grande retenue : "c'est la première fois que j'ose..."

Pourtant, le poète s'enhardit, avec un impératif "Laissez-moi prendre votre bras/
Nous ferions quelques pas ensemble..."

"Une perle qui tremble" dans les yeux de la jeune fille traduit un désarroi, une tristesse, et vient ajouter à la séduction : il s'agit bien d'une larme que l'on découvre à la fin du premier couplet. Le mot est mis en relief, dans un seul vers...

"Mademoiselle dans vos yeux
Brillante comme un premier feu
Je vois une perle qui tremble
Une larme..."

Au fil du texte, les propositions adressées à la demoiselle se font de plus en plus audacieuses :
"Mademoiselle voulez-vous
Que je me pende à votre cou ?
J'essayerai même d'être drôle."

Le jeu de la séduction se poursuit, et commence à faire ses preuves, puisque le rire et le sourire viennent remplacer les larmes... Un sourire vient "fleurir" la bouche de la jeune femme.
Ainsi, le poète reprend, ici, le thème plein de charme de la femme-fleur, si souvent évoqué par Ronsard au seizième siècle...

Et même si la rencontre amoureuse n'aboutit pas, car le poète ne fait que passer, l'idée  de cette rencontre restera gravée dans son coeur, comme "un souvenir très doux"...

Et la jeune femme transformée en "un oiseau triste dans sa cage" restitue l'image d'une sorte d'enfermement dont sont, souvent, victimes les femmes.

La chanson s''achève sur l'offrande d'une fleur, "une rose", représentée comme "une fleur qui se meurt d'être sage"...

Ainsi, la rose personnifiée devient le symbole de la jeune fille, on retrouve le thème éminemment poétique de la femme-fleur, grâce à une subtile inversion...

Ce poème ponctué par l'apostrophe "Mademoiselle" restitue un amour plein de retenue et d'émotion.

 

La mélodie, composée par Thierry Fervant, emplie de clarté et de tendresse souligne toute l'harmonie du texte...

Leny Escudero, nouveau troubadour, nous séduit par des images empreintes de délicatesse : fleur, oiseau, rose....



 

 

 

 

 

Illlustration : tableau de Ingres

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 17:26
Pauvre Nadine !

 

 



Bon, c'est vrai, on connaît, depuis longtemps, les nombreuses gaffes de Nadine Morano, elle est assez coutumière du fait... Fidèle de Nicolas Sarkozy, la voilà écartée des prochaines élections régionales par son propre mentor.

Se réclamant du général De Gaulle, elle a parlé de la France comme "d'un pays de race blanche", ce qui a soulevé un tollé de réactions, déjà, sur le plateau de l'émission de France 2, On n'est pas couché....

Aussitôt, Nicolas Sarkozy a senti tout le danger d'une telle déclaration, lui qui a perdu les élections présidentielles, sans doute, pour avoir voulu trop se rapprocher des thèses extrémistes du Front National.

Bien sûr, les propos de Nadino Morano, datés, étaient d'une grande maladresse, inadaptés... mais, on perçoit dans son éviction, toute une stratégie qui se met en place, de la part de Nicolas Sarkozy.

Il s'agit de ne plus réitérer les erreurs du passé, et tout cela relève plus d'une stratégie électorale que d'une réelle conviction, semble-t-il...

Pauvre Nadine ! On en viendrait presque à la plaindre, parce qu'elle fait les frais d'une manoeuvre politique à l'intérieur même de son parti, mené par Nicolas Sarkozy.

La voici lâchée par son propre camp ! Et tout le monde lui tombe dessus ! Le pouvoir en place, les Républicains, les animateurs de l'émission On n'est pas couché...


Elle a persisté, signé et en a perdu la tête de la liste, Les Républicains pour le Grand Est. Nadine Morano s'est exprimée ce jeudi , lors du journal de 20 heures sur TF1, face à Gilles Bouleau, revenant sur la polémique qui, depuis plus de dix jours, agite la droite.

A cette occasion, elle a tout de même déclaré : "Je n'ai pas fait de lettre, mais si des Français ont été blessés, je m'en excuse auprès d'eux".

Là voilà, donc, sacrifiée pour des considérations électorales ! Et Nicolas Sarkozy ne sort pas grandi de cette éviction ! Bien au contraire !

On perçoit, là, une ruse politique, un changement de stratégie : à trop se mouler sur les idées du FN, le risque était de perdre pied, et les Républicains veulent se démarquer, pour ménager, sans doute, une partie de leur électorat.

On a l'impression que l'ancien président ne sait plus trop où se situer, il louvoie, sans cesse, entre des idées extrémistes à l'égard des migrants, des réfugiés, et des tentatives pour adoucir son discours.

L'éviction de Nadine Morano en dit long sur ces tiraillements et ces contradictions incessantes...

Il semble que Nicolas Sarkozy ne sait plus à quel saint se vouer, il alterne des attitudes contrastées, tel un homme aux abois, incapable de se tenir à une ligne politique.

Ainsi, il se discrédite complètement, en sacrifiant une fidèle admiratrice, tout simplement, pour des raisons de stratégie politique...

Pauvre Nadine ! Oui, on en viendrait, presque à la plaindre ! La voici transformée en victime expiatoire par son propre mentor !
"Je crois que Nicolas Sarkozy fait une faute politique majeure", a-t-elle affirmé.


Il semble que l'ex-président se retrouve, lui-même, en porte à faux avec certaines de ses positions antérieures,
N'oublions pas que Nicolas Sarkozy a une lourde part de responsabilité, dans la dérive droitière de son parti, et ce, sous l'influence d'un certain Patrick Buisson...

 

 

 

 


 

Pauvre Nadine !
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 15:31
J'aurais dû me méfier des vents qui tourbillonnent...

 

 

 


L'obsession d'un amour perdu, le désarroi, la solitude imprègnent cette chanson de Francis Cabrel, dont la mélodie teintée d'une douceur mélancolique émeut chacun d'entre nous.

"Je pense encore à toi", tel en est le titre révélateur : le poète, esseulé, entre dans une église, espérant, sans doute, trouver un réconfort, mais il ne perçoit que le "regard" vide et "éteint de statues".

L'emploi du pronom "je" réitéré traduit une forme de solitude, d'autant que l'auteur ne rencontre que ce "regard éteint du plâtre des statues".

Le poète évoque, alors, un endroit où "il n'y a rien au dessus", peut-être, un univers appartenant au passé, où l'amour comblait tous les désirs, sans que l'on ait besoin de prier un quelconque dieu.

Des regrets interviennent, avec l'emploi du conditionnel passé, "j'aurais dû", le poète aurait dû percevoir certains dangers de la passion amoureuse symbolisés par des "vents qui tourbillonnent", ou encore, par "des pierres qui taillent cachées sous l'eau qui dort."

Tempêtes, pierres coupantes représentent bien les difficultés de l'amour, fait souvent de tourments, de blessures.

En même temps, ces images qui évoquent la nature sont empreintes de beauté, de poésie et d'harmonie... Elles retranscrivent, aussi, tous les charmes attirants de l'amour.

Une autre métaphore suggère toute la lente construction du sentiment amoureux, dans l'expression " des bouts de ruisseaux qui deviennent des ports."

Le pronom indéfini "on" utilisé par le poète renvoie à l'opinion commune : "on m'avait dit que tout s'efface". Mais, on voit bien que le souvenir ne parvient pas à disparaître dans un amour qui est si intense.

Le thème du temps qui passe apparaît, alors : le mot répété traduit l'écoulement, la fuite du temps... Seul le temps permettra, peut-être, d'atténuer la douleur et les souffrances de l'amour perdu...

Les voyelles nasalisées restituent bien ce lent écoulement : "longtemps, heureusement, le temps passe, je pense encore..."

La rencontre d'un mendiant, à la fin de la chanson, renvoie au poète sa propre image : comme lui, il est couvert "d'un manteau de pluie", symbole de tristesse, comme lui, il a perdu sa route.

Et l'image de la femme aimée revient de manière obsessionnelle : elle est même "plantée" dans les yeux de l'amoureux, terme très fort qui suggère une fusion.

Le refrain bref et simple exprime le refus de l'oubli ou plutôt son impossibilité : "Je pense encore à toi".

La mélodie, emplie de tendresse et d'émotion, restitue à la fois douceur et désarroi.

La simplicité du texte, sa brièveté même, le refrain insistant traduisent une infinie mélancolie...





 
 

Photo : rosemar

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Published by rosemar - dans chanson poésie musique
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