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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 13:26
Pour NINA, la tendre, la révoltée...

 

 

 

Certains commentaires sur un blog sont inoubliables, forts, empreints de poésie, de tendresse ou de violence, ils nous émeuvent et nous touchent plus particulièrement.

Les commentaires de NINA furent de ceux-là... NINA, la tendre, la révoltée, la rebelle, qui évoquait son passé, son enfance avec tant de sincérité et de vérité.

NINA m'a offert tant de témoignages personnels, elle m'a encouragée de sa verve inoubliable, poussant des cris de colère ou exprimant toute sa bonhommie et sa tendresse.

Que de bons moments passés à lire ses réflexions et ses réactions spontanées, vives, étonnantes, parfois...

Mais NINA a brusquement disparu de la toile : je la savais malade, puisqu'elle évoquait, parfois, ses souffrances, sa solitude, son désarroi. Je connaissais ses douleurs, bien qu'elle fût toujours très discrète sur sa maladie.

NINA n'est plus là, pour lire mes billets, j'ai attendu, en vain, ses commentaires sur des articles qui auraient dû la toucher.

J'ai attendu en vain, un signe de vie et d'espoir.

Le vide, le silence, l'absence de NINA me troublent : on prend vite l'habitude de ces commentaires aigus, acérés, tendres, aussi.

NINA, la boutefeu, pleine de vivacité, à la personnalité bien trempée, nous manque.

Je ne sais si elle a pu achever le roman de sa vie qu'elle avait entamé, mais je garde en mémoire quelques-uns de ses commentaires qui montraient toutes ses qualités d'écriture.

Je me souviens, plus particulièrement, de ces quelques lignes sur un article consacré à l'encens : une merveille de sensibilité et d'émotion ! 

"L'encens... ah ! l'encens... Définitivement lié à mon enfance... La guerre était telle entre mon père et ma mère, que je ne savais où me mettre. Dans tout le sens du terme. Où poser mes fesses, où me recroqueviller, où poser mon esprit assoiffé de rêves.
Alors, dès que je le pouvais,je m'échappais jusqu'à l'église proche. Et là, je trouvais un recoin où je me blottissais. Enfin le silence. Un silence lourd, profond, qu'il était possible de toucher de mes mains.

Et surtout, surtout, l'odeur calme, prenante, de l'encens consumé en permanence.
Tout le temps.
L'encens m'ensorcelait. C'est le mot. Il me murmurait les mots dont j'avais besoin pour retrouver, par la suite, -hélas !- l'atmosphère assassine qui régnait chez moi, au point que la simple respiration y était impossible...

L'encens..."

On perçoit dans ces quelques phrases toute la sensibilité de NINA.


Je pense aussi à ce témoignage sur Mouloudji :

"Et à cette époque, il vivait seul, vivait mal sa solitude "tu sais, quand je rentre d'une tournée, il m'arrive de parler à mon buffet"... c'est dingue... Nous prenions un taxi ensemble, on se quittait en s'embrassant
"quand tu passes à Paris, appelle-moi". Chaque fois, je le faisais et c'était toujours de l'argent qu'il me donnait. Quand je refusais, il me disait : ma pauvre, mais dis-toi bien que d'autres ont moins de scrupules que toi... A chaque fin de gala, tout le monde vient me "taper". "Moulou, j'ai ma femme qui est malade, Moulou, j'ai pas de travail"... Et c'était vrai, Moulou donnait.
Nous avions aussi en commun, ancré très fort, le regret d'être né : parfois je me dis qu'il eût été préférable de n'avoir pas connu la vie, de n'avoir rien aimé, rien ressenti, rien regretté, jamais fait partie de cet univers horrible et d'ignorer l'angoisse d'attendre la mort. MOULOUDJI. J'ai eu un chagrin fou quand il est mort. C'était un être d'une incroyable pureté. Merci et bonne nuit."

Ou encore cette merveilleuse évocation des lucioles :

"La 1ere fois que j'ai vu une luciole, c'était un de ces merveilleux soirs où -chose rare- mon père était très loin de ma mère.. c'est aussi en cela que c'était merveilleux. Nous étions dans le noir, en train de traverser un petit pont de pierres. en-dessous une petite rivière, et juste derrière, la mine désaffectée où chuintaient de majestueux oiseaux de nuit. Et là, je vois, comme posée dans la rivière, une lumière. -c'est quoi, papa ? t'as vu... c'est quoi ?" -ça, ma p'tiote, c'est un ver luisant". Je le questionne, ne le crois pas.. mais c'est pas possible, tu me fais marcher, çà bouge pas.. et ça éclaire tellement.. y'a quelqu'un, c'est une lumière de torche électrique." Il parle, parle, rit, -chose encore plus rare-. Nous sommes bien, là, tous les deux. Nous
poursuivrons les soirs suivants, les lucioles, presque toujours au même endroit. Ces jours-là, j'ai voulu croire à Mélusine, et aux fées. Loin de ma mère, mon père n'était plus le même. Ce petit miracle est désormais lié pour toujours aux lucioles. Bonne soirée, rosemar."


 Merci, NINA, merci pour tous ces messages, ces coups de gueule, ces évocations pleines de poésie et de vérité...


Amitiés et tendresse pour NINA et pour tous ceux qui la connaissent et l'aiment.





 

 

Pour NINA, la tendre, la révoltée...
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:37
Un de ces miroirs était une psyché à l'antique...

 

 


Il est des pays où l'on peut croire encore en la magie, où règnent encore des croyances anciennes, où l'on peut être ébloui par des miroirs magiques...

Un de ces miroirs était une psyché à l'antique, avec son support de bois ouvragé, il avait une particularité étonnante, car il reflétait l'âme de ceux qui s'y contemplaient : à une belle âme, le miroir renvoyait un beau visage, empreint d'harmonie. A une âme pervertie, il était donné de voir un visage infâme, couvert de plaies et de bosses.

Ainsi, le miroir était comme le révélateur de l'âme de chacun : il parvenait à percer le mystère des âmes les plus sombres.

Un seigneur des environs, nommé Langolfe, passant par là, ayant entendu parler de ce trésor, voulut s'emparer du miroir, afin de percer les secrets de tous ceux qu'il côtoyait...

Il convoitait l'objet et décida de le voler, et comme le miroir n'était pas surveillé, il parvint facilement à le dérober.

Il fit, ensuite, défiler chacun de ses voisins et amis devant le miroir magique : il découvrit, ainsi, toute la noirceur humaine, la méchanceté, la bêtise, la veulerie de ceux qui l'entouraient.

Il fit, aussi, l'expérience de la bonté, de la délicatesse et de l'amabilité pleine de tendresse de certains.

Il eut bien des surprises, car de vils courtisans se cachaient sous des apparences trompeuses, et le miroir dévoilait leur duplicité : des visages déformés, hideux apparaissaient dans la lucarne de la psyché.

Par ailleurs, des gens qui lui avaient paru antipathiques et lointains révélaient des visages pleins de bonhommie et de charmes.

Ainsi, il tria le bon grain de l'ivraie, il n'accepta dans son cercle d'amis que les gens dont le miroir renvoyait une image sympathique et accueillante.

Il se fit bien des ennemis, car ceux qui avaient été écartés lui vouaient, dès lors, une haine farouche. Certains rêvaient, déjà, de lui dérober le miroir magique.

Le seigneur Langolfe prit des précautions infinies, afin de protéger son miroir d'une quelconque avidité. Il posta des gardes devant la chambre où était enfermé le miroir, il leur imposa de veiller sur ce trésor, pendant de longues nuits, il les menaçait de mort, si l'objet était dérobé.

Une nuit, une tentative d'effraction se produisit : un rôdeur essaya de pénétrer dans la chambre, il avait réussi à assommer un des gardes, tandis que l'autre s'était absenté pour un besoin pressant...

Mais, par miracle, le garde revint à son poste, pour faire fuir le voleur et empêcher le vol de l'objet précieux.

Quand il apprit cet incident, le seigneur Langolfe entra dans une colère noire contre ces gardes qui avaient presque failli à leur mission... Il décida, même, de les punir, l'un pour avoir été assommé si facilement et l'autre pour s'être absenté au mauvais moment.

Le châtiment fut terrible : des coups de fouet leur furent infligés, si violemment qu'ils en gardèrent des cicatrices pendant une année entière.

Mais le miroir avait fait son oeuvre : le seigneur Langolfe eut la malencontreuse idée de regarder son image dans le miroir : il y vit un monstre aux traits déformés, hideux, il y vit la colère, la méchanceté, la jalousie, la haine !

Pris à son propre piège, le seigneur Langolfe comprit, alors la leçon : il était allé trop loin dans son désir de possession du miroir, il s'était perdu lui-même, avait rêvé d'une sorte de pouvoir absolu que lui conférait cet objet...

Il revint, alors, à des moeurs plus pacifiques, il fit amende honorable, demanda pardon aux deux gardes et se jura de se montrer, dorénavant, plus humble dans son comportement.


 

Illustrations : Tableaux de Berthe Morisot et de Jacques Emile Blanche

 

 

 

Un de ces miroirs était une psyché à l'antique...
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 10:56
Merci à tous ceux qui lisent mon blog !

 

Près de 14000 pages vues sur mon blog au mois de Novembre, plus de 10000 visiteurs ! Merci à tous ces lecteurs !

 

Le plaisir de partager des mots, des émotions, des bonheurs, des colères aussi...

Le plaisir de voir que les lecteurs se font de plus en plus nombreux, au fil du temps.

 

Chansons, poésie, musique, littérature, actualités, tant de sujets à évoquer, tant de tourments et de joies !

L'actualité terrible de ces derniers jours nous a tous bouleversés : une année terrible pour la France, une année douloureuse.

 

La blessure est encore à vif et nous ne l'oublierons pas.

 

Il est important, dès lors, de se réunir, de communiquer, d'échanger des idées, des expériences, de s'enrichir de l'essentiel : la connaissance, tous les bonheurs que nous offrent encore la nature, l'envie de découvrir, d'apprendre.

 

Merci à vous !

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:26
Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer...

 

 



Le départ d'une amoureuse, une séparation, et tout peut basculer, c'est ce qui arrive à "Jim", le héros de cette chanson écrite et interprétée par Alain Souchon : La ballade de Jim...

La mélodie commence sur des chapeaux de roue, entraînante et vive : on entrevoit l'énervement de l'amoureux qui a perdu son "héroïne".

Il se grise de "gin dans sa chrysler", il roule dans sa voiture, et même le paysage ne le séduit plus : "La presqu'île, le boulevard de la mer est con."

L'expression réitérée "comme elle est partie" traduit une sorte d' obsession, et le personnage est complètement déboussolé, ce qui est bien suggéré par la formule familière :"Jimmy tourne en rond"...
Le personnage de Jim apparaît très proche de nous, par cette dénomination même, un prénom, et même un diminutif.

Vitesse, griserie, alcool, désarroi viennent souligner la détresse du héros.

Le souvenir de la dernière soirée passée avec la belle semble exacerber, encore, la douleur  : "Hier soir encore, son héroïne / Le serrait si fort en disant Jim."

La jeune femme assimilée à un "calmant, un alcool profond" lui permettait de vivre une passion enivrante.

On perçoit, au passage, toute la modernité et l'originalité de ce texte, dans le vocabulaire, dans la façon de traiter ce thème de la séparation, si souvent abordé par nombre d'auteurs...

Soudain, l'auteur s'adresse simplement et directement à "Jim" en le tutoyant "Jimmy, t'es fort, mais tu pleures Sur le cuir de ta Chrysler..."

La belle voiture, le courage n'empêchent pas la tristesse qui déborde et même le paysage se met à l'unisson de l'amoureux éconduit : "Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer..." Le coucher de soleil se transforme en un effondrement qui est aussi celui du héros de cette histoire.

L'auteur rappelle, alors, à Jim, tous les dangers de l'amour, qui, comme "l'alcool et les révolvers", peuvent faire "tomber par terre", après avoir "sauté en l'air..."

Un soudain retour en arrière nous montre tous les rêves et les espoirs de Jimmy : "Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort 
Pour que sa starlette bronze en hors-bord 
Avec elle, il voulait un bébé, sans rire..."

Travail, argent, passion, espoir de fonder une famille n'ont, pourtant, pas suffi à retenir la belle.
L'envie de mourir effleure, alors, l'amoureux qui a perdu tous ses espoirs.

La vitesse, les pleurs, le parfum de la jeune femme qui traîne dans l'air... et c'est l'accident inéluctable, "La Chrysler s'envole dans les fougères et les nénuphars..."

La fin de la chanson, comme le suggére déjà la poésie de cette évocation des "fougères et nénuphars", montre que, malgré tout, la vie continue et que le personnage garde confiance en l'avenir, puisque la rencontre d'une belle infirmière lui redonne le goût de vivre et d'aimer, d'autant qu'elle lui sourit.

L'hôpital se transforme, alors, en un univers idyllique et paradisiaque, et l'infirmière devient "un ange".

Belle chute pleine d'optimisme et de renouveau !

Cette chanson, emplie de vivacité dans la mélodie, s'achève sur une note d'espoir, et traduit, malgré le thème abordé, une joie de vivre infinie.

C'est aussi ce qui fait tout le charme de ce texte écrit par Alain Souchon : la vie recommence soudain, grâce à une autre rencontre amoureuse...

La "ballade"de Jim lui a permis de découvrir un nouvel amour.




 

 

 

 

Photo : rosemar

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Published by rosemar - dans chanson musique poésie
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:36
Célébrons le vin et ses vertus enivrantes !

 


Le vin ! Le sang de la vigne ! Robes rouges, couleurs dorées ou ambrées ! Célébrons le vin et ses vertus enivrantes...

On apprécie les vins gaillards, robustes, revigorants, leurs couleurs sombres, aux embruns de nuits, les vins veloutés, si doux au palais !

Goûtons ces vins somptueux, ou d'autres aux robes légères, vaporeuses, aux envols de mousselines.

Des senteurs fruitées nous enveloppent, des goûts de soleil, des éclats de lumières, ceux des raisins qui mûrissent en grappes lourdes.

Le vin, symbole de vie, de bonheur nous offre ses sonorités de fricative, si douce, de voyelle nasalisée pleine d'envol et de mystères !

Le mot est ancien, bien sûr, et remonte au grec "oinos", par l'intermédiaire du latin "vinum" : les romains étaient passés maîtres dans la confection de ces nectars antiques, vins salés, vins aux coings, vins aux aromates !

Le vin évoque la Méditerranée, les paysages du sud, des cépages variés, symboles de régions françaises, le Bordeaux, le Bourgogne, le Champagne, des vins, des noms connus de tous qui rayonnent et chantent le savoir-faire des vignerons du terroir...


"Le vin, la vigne" ! Les deux mots se répondent et ont des origines communes.

Le vin se pare d'adjectifs aux échos valorisants : capiteux, charnu, corsé, charpenté, fruité, rond, loyal, viril ou suave.

Il peut être tendre, dur, austère ou aimable, bourru ou distingué, généreux, gouleyant, puissant, noble ou racé...

Le vin arrive à exprimer toutes sortes de sentiments, tant il est oeuvre humaine, travail patient du cultivateur qui entoure la vigne de tous ses soins.

Le vin, les vendanges célèbrent la fête de l'automne qui a commencé, de ses couleurs de rouilles et de bruns, de ses senteurs de terre humide.


 

 

 

 

Célébrons le vin et ses vertus enivrantes !
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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 10:16
Michel Onfray ferme son compte Twitter : une bonne idée !

 

 

 

On se souvient de la réaction de Michel Onfray face aux attentats commis à Paris. "Droite et gauche, qui ont internationalement semé la guerre contre l'islam politique, récoltent nationalement la guerre de l'islam", avait -il écrit le 14 novembre sur son compte Twitter...

Depuis, Daesh avait repris des extraits d'interviews de Michel Onfray, dans des vidéos de propagande, pour justifier les attaques de Paris. 

Et devant les multiples commentaires négatifs suscités par les propos de ce "philosophe", Michel Onfray a décidé de fermer son compte Twitter : judicieuse décision !

Est-ce bien le rôle d'un philosophe de réagir "à chaud" aux événements ? Est-ce le rôle d'un philosophe de commenter l'actualité sur Twitter ?

Tout le monde sait l'impact de cette façon de communiquer très superficielle.


Tweeter, ce n'est pas philosopher, c'est donner un point de vue très rapide, non argumenté.

En la circonstance, ce tweet qui a suivi les attentats du 13 novembre, ne pouvait que susciter la polémique : toutes les victimes de Paris ne sont même pas évoquées, et en plus, l'action des terroristes est présentée comme une juste réplique contre la France et les français qui ont été assassinés.

Un philosophe se doit de prendre du recul pour être à même de commenter une actualité douloureuse et dramatique.

Je pense particulièrement à toutes les familles de victimes qui ont dû prendre ce message en pleine figure.

Le tweet de Michel Onfray est forcément réducteur, dans sa briéveté et sa formulation péremptoire.

Ce tweet oublie d'évoquer le fanatisme qui est à l'origine des attentats commis à Paris... il peut, même, servir à cautionner l'action de terroristes, : il faut sans doute arrêter d'excuser, de justifier le fanatisme de ceux qui s'attaquent à des victimes innocentes, au nom de dieu.

Et nous ne sommes pas les seules victimes de ce fanatisme : les musulmans sont en première ligne, certains sont instrumentalisés, annihilés, réduits à l'état de bombes humaines, d'autres sont la cible de Daesh qui s'impose par la terreur, et les meurtres.

La France n'est pas coupable de ce fanatisme, elle le dénonce.

Les cibles de Daesh sont multiples : ces fanatiques ne supportent pas nos coutumes, notre façon de vivre, nos libertés.

La France a sans doute commis des erreurs, en s'engageant en Libye, notamment, mais l'idéologie propagée par Daesh est pernicieuse, elle utilise la terreur, l'endoctrinement, un fanatisme exacerbé qui dépasse l'entendement.

L'hybris de ces groupes terroristes s'attache à propager la peur, la haine, la mort. Cette idéologie mortifère conduit à une dégradation de l'humanité, au mépris de toutes les valeurs fondamentales de l'humanisme.

 

 



 

Michel Onfray ferme son compte Twitter : une bonne idée !
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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:24
Des tourbillons d'embruns qui sillonnent la mer...

 

 

"Les rafales d'une violence inouïe, accès de colère de Wottan ou de Thor, tombent des hauteurs en sifflant et soulèvent des tourbillons d'embruns qui sillonnent la mer." 

 

C'est ainsi que Jean-Baptiste Charcot dépeint la virulence d'une tempête qui sévit au Groenland, dans un de ses ouvrages, intitulé Dans la mer du Groenland...



Le mot "tourbillon" nous entraîne dans un enroulement, un tournoiement de consonnes, dentale initiale, gutturale "r", labiale "b", palatale finale... comme si le mot mimait la réalité qu'il désigne...

Les voyelles variées, le son "ou", le "i" assez aigu, la voyelle nasalisée "on" nous emportent dans un mouvement circulaire, dans des volutes virevoltantes !
Le tourbillon, c'est la vie, la tempête, un emportement de vents vigoureux.

On entrevoit des cyclones, des tornades, des broussailles ballotées par le vent, une mer qui s'enroule en vagues furieuses et violentes ! 

Quel mot expressif, plus expressif encore que son ancêtre latin "turbo" qui désigne, aussi, le tourbillon !

Avec ce mot, on voit des tourments, des troubles, des orages, des pluies soudaines, des tempêtes.

Avec ce mot, on est comme happé par des mouvements irrésistibles, des envolées de feuilles d'automne, des embruns qui s'emportent sur la mer, des arbres agités par des houles de vents, des tangages, des roulis...

On entrevoit une mer déchaînée, des hérissements de vagues, des rouleaux furieux... des naufrages, des bateaux chahutés dans des flots vertigineux...

La force du vent et des éléments ! 

On admire des tourbillons d'embruns, éclats de vagues impétueuses, des rondes de brumes sur l'océan, des cercles pleins de véhémence...

On retrouve le radical de ce nom dans les termes "tourment, tourner, tournoyer, tournoiements" qui évoquent, aussi, des emportements.

J'aime ce mot "tourbillon", aux sonorités si évocatrices, qui fait surgir tant d'images liées à la nature, sa force, ses colères parfois terribles.


Le tourbillon, vertigineux, violent est, parfois, magnifique, mais il peut être terrifiant, angoissant, évoquant des spirales auxquelles on ne peut échapper.

Quelle force dans ce mot, quels éclats !

Le mot peut être, aussi, utilisé dans un sens figuré : des tourbillons de mots, des tourbillons de lumières, de plaisirs.

Certaines danses nous font, aussi, tourbillonner, une musique pouvant être elle-même tourbillonnante...
 Plein de mouvements, de vie, de virulence, le tourbillon nous séduit et nous inquiète, en même temps.

Ne dit-on pas que la vie est un tourbillon qui nous emporte inlassablement dans ses bonheurs et ses tourments ?


 



 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 11:42
Le café : une tradition bien française....

 

 


J'aime les cafés, lieux de sociabilité et de convivialité, j'aime plus particulièrement les cafés littéraires, grande tradition française.

Je me souviens qu'une agoranaute, avait, un jour, qualifié mes articles de véritables cafés littéraires où l'on pouvait discuter de sujets divers, et inutile de dire que j'avais apprécié ce commentaire...

Bon, plus tard, d'autres agoranautes plus belliqueux sont venus "mitrailler" mes articles, pour m'exclure de ce journal, mitraillage symbolique, il est vrai, mais dont je fus, aussi, quelque peu blessée moralement.

Une blessure morale bien légère en regard des terribles attentats de djihadistes qui ont assassiné des victimes innocentes, en tirant, au hasard, dans la foule... 

En fait, ces terroristes n'ont pas seulement visé un lieu de consommation, mais surtout un lieu où la parole est libre, où les hommes et les femmes peuvent converser dans une liberté totale.

Le café, c'est en France, un endroit où l'on consomme, certes, mais aussi, un lieu où l'on parle, où l'on échange, où l'on communique...

Oui, les français aiment discuter, argumenter, refaire le monde et ils le font souvent aux terrasses des cafés.

Le café littéraire est une tradition bien française qui remonte au 18ème siècle, le siècle des lumières, des grands philosophes, Voltaire, Rousseau, Diderot... le siècle où s'est diffusé un esprit de liberté, où s'est developpée la pensée, au service de la critique des institutions et des injustices.

C'est dans des cafés que se réunissent, encore, de nos jours, de jeunes étudiants, des lycéens et c'est, pour eux, une occasion de se livrer à de grandes discussions.

Quand j'étais étudiante, j'aimais fréquenter, ainsi, les cafés, et nous discutions abondamment sur nos études, sur la politique, le monde, son évolution.

Le café qui permet ces rencontres, une forme de liberté propre à nos sociétés a été la cible de terroristes, avides d'anéantir certains modes de vie.

Le café permet, ne l'oublions pas, une liberté d'expression, il offre la possibilité d'une réflexion.

C'est le lieu par excellence de la convivialité, du savoir vivre, des échanges.

C'est dans ces lieux que se sont épanouis la philosophie, le bonheur de communiquer des idées, le plaisir de la libre parole.

J'aime les cafés parce qu'ils sont l'expression d'une liberté bien française, on aime y plaisanter, rire, s'amuser, faire de bons mots, et aussi échanger de multiples idées.

Le café est, en France, plus qu'une occasion de consommer : c'est véritablement un lieu de culture et de communication.

Il nous faut préserver tous ces symboles de notre société, des symboles que certains fanatiques veulent anéantir, en s'attaquant aussi, à une forme de liberté.


 

 

 

 

 

Le café : une tradition bien française....
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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:28
Les arbres m'ont appris bien des leçons...

 



"Les arbres ont tenu une place essentielle dans ma vie et m’ont appris bien des leçons. Chaque arbre est le symbole vivant de la paix et de l’espoir. Avec ses racines profondément ancrées dans la terre et ses branches qui s’élancent vers le ciel, il nous dit que pour aspirer à aller toujours plus haut, nous aussi nous devons être bien enracinés au sol car, aussi haut que nous nous élancions, c’est toujours de nos racines que nous puisons notre force."


C'est ainsi que Wangari Maathai évoque toute l'importance des arbres et de la nature, dans un de ses ouvrages intitulé Celle qui plante les arbres.

Les arbres semblent, aussi, fournir des leçons à chacun de nous, puisqu'ils nous montrent le rôle essentiel de nos racines, de notre culture..

Le mot "leçon" nous renvoie à l'enfance : leçons de grammaire, d'orthographe, d'histoire, de mathématiques... Leçons récitées le soir : à la maison, c'est maman qui se chargeait de nous faire réciter nos leçons, notamment des poèmes que l'on devait apprendre, avec rigueur.


On savait l'importance de tous ces apprentissages, on en mesurait toute la valeur, on s'appliquait à revoir ces leçons avec précision.

Le mot apparaît lui-même, plutôt séduisant, avec sa consonne sifflante "ç", sa voyelle nasalisée finale "on" qui semble promettre comme un envol, un épanouissement.

La petite cédille, en forme de crochet, sous la consonne "c", qui sert à l'adoucir, confère au mot une singularité : le "c" semble se dupliquer, se miroiter comme pour impliquer une idée d'imitation.

Et, pourtant, certaines leçons étaient âpres, difficiles, pouvaient présenter des difficultés.

Les mathématiques me rebutaient, l'histoire m'effrayait, avec tous ces événements à retenir, la physique me paraissait lointaine.

Je préférais, de loin, apprendre des textes littéraires, m'initier à la grammaire, à l'orthographe, me laisser emporter par la poésie, celle de Ronsard, Hugo, Verlaine, Baudelaire, et tous les autres.

Les leçons de grammaire me charmaient et j'aimais percevoir le dédale des phrases, leur enroulement, leur construction...

L'orthographe me faisait goûter aux mystères des mots, à leurs origines lointaines, à leur passé tumultueux, souvent.

Ce mot "leçon" recouvre tant de disciplines, tant d'apprentissages si variés !

Le mot a d'ailleurs, lui-même, des origines lointaines : venu d'un verbe latin, "legere", "lire, choisir", la leçon est reliée à la lecture...


Et "lire", c'est "cueillir, faire une moisson de mots", pour s'en enrichir et progresser dans de nombreux domaines...

Belle étymologie pour ce mot familier, associé à l'enfance !

On apprécie moins ceux que l'on appelle "les donneurs de leçons", qui n'hésitent pas à fustiger la conduite d'autrui, alors qu'eux-mêmes s'exemptent, parfois, de toute morale...

Mais les leçons restent des apprentissages fondamentaux pour les enfants, les adolescents, et les adultes que nous sommes, car, chaque jour peut apporter sa moisson d'informations, de lectures nouvelles...


 

 

 

Photos : rosemar

Les arbres m'ont appris bien des leçons...
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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 16:55
Nom de code : Isis...

 


"ISIS" : je viens de découvrir cet acronyme anglais dont usent les djihadistes de Daesh, dans leurs communications et sur les réseaux sociaux...

"Islamic State in Irak and Syria", "Etat islamique en Irak et en Syrie", voilà une des significations possibles de cette dénomination, mais aussi "Islamic State in Irak and al-Sham", c'est à dire, "Etat islamique en Irak et au levant"...

Divinité égyptienne, Isis, soeur et épouse d'Osiris était souvent représentée, dans la mythologie égyptienne, comme une belle jeune fille couronnée d'un disque solaire.

Elle était une déesse très populaire, dotée d'une puissance universelle.

Le nom de cette divinité, aux sonorités de sifflantes, pleines de douceur et de charme, ne contraste-t-il pas avec l'idéologie haineuse et destructrice de Daesh qui règne par la terreur ?

Pourtant, on ne s'étonnera pas qu'une organisation terroriste ait choisi cet acronyme pour signe de ralliement.

Une bien belle dénomination, en effet, qui vise à faire illusion et qui fait partie de la propagande organisée par Daesh.

Par ailleurs, on perçoit que cette dénomination est complètement usurpée : une organisation terroriste ne constitue pas un "état", quant au terme "islamiste", il prête, aussi, à confusion, puisque nombre de musulmans ne se reconnaissent pas dans l'idéologie extrémiste de Daesh.

Quant à la déesse Isis, image de sagesse, elle est utilisée, en l'occurrence, par une organisation qui fait appel à la terreur, aux exactions, aux meurtres.

La propagande fait, ainsi, feu de tout bois, pour imposer une vision positive, valorisante.

Il arrive souvent que des partis extrémistes usent de ces dénominations, à connotations élogieuses, pour tromper l'opinion.

Je songe, par exemple, à ce parti d'extrême droite, d'obédience nazie, qui, en Grèce, se fait appeler "Aube dorée", un bien joli nom, empli de poésie, qui cache bien les turpitudes et les déviances de cette organisation politique.

On le voit : la propagande bat son plein et elle utilise tous les moyens pour leurrer, abuser les esprits.

La déesse Isis, image de beauté, de sérénité, utilisée par un groupe extrémiste, ne mérite pas d'être, ainsi, détournée des symboles qu'elle évoque.

La déesse Isis, protectrice et salvatrice, souvent représentée sur les papyrus et les monuments égyptiens, devient un outil de propagande, alors qu'elle symbolise la paix, la sérénité.

En usant de cet acronyme, Isis, le groupe Daesh se gonfle d'importance, et a recours à une représentation trompeuse et illusoire.

Personne ne peut en être dupe.







  

 

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