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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 10:18
Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ?

 

 



Le "myope", c'est celui qui ferme les yeux pour mieux voir, telle est l'étymologie du mot dont l'origine remonte au grec... Le verbe "muo" signifie "fermer".

Il s'agirait, en fait, anciennement, d'une onomatopée pour exprimer qu'on joint les lèvres, soit pour se taire, soit pour exprimer un son sourd...

Le myope ne ferme-t-il pas légèrement les yeux afin d' affiner son regard ?

Quelle expressivité dans ce terme qui évoque un geste ! Les termes "muet, mutisme, mystère" sont issus de ce même radical.

Curieusement, le "myope" et le "muet" sont, donc, voisins et font partie de la même famille !

Et, la "mouche", elle même, "muia", en grec, appartient à une espèce proche, le mot étant une onomatopée que l'on prononce en rapprochant les lèvres et qui  servirait à imiter le bourdonnement de l'insecte : "mmmmmm" !

Le mot "myope" suggère bien ce clignement des yeux soudain et brusque, propre à ceux qui sont atteints de ce défaut de vision.

Sa briéveté, les voyelles qui se suivent, fermée, puis plus ouverte, semblent imiter le mouvement des yeux...

Le terme "myope" comporte, dans sa deuxième partie, un autre radical '"ops", qui désigne, en grec, l'oeil.

De là viennent quelques mots : "optique, opticien, ophtalmologique, cyclope", et par l'intermédiaire du latin "oculus", les termes :" oculiste, oculaire, binoculaire, monoculaire, monocle, binocles, binoclard..."

Ainsi, le myope nous permet de constituer des familles de mots liés à l'idée de fermeture et de regard... Ainsi, le "myope" et le "binoclard" se rejoignent, de manière amusante.

Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ? Un flou, un clignement d'oeil sympathique,  le mot lui-même nous séduit par son ancienneté, ses origines, ses accointances avec de nombreux termes.

Les myopes nous offrent des regards pleins de mystères, leurs yeux sont, en général, plus grands et... ils nous séduisent d'autant plus, quand ils plissent les yeux.

 

Voilà encore un mot ancien dont on ne soupçonne pas les origines lointaines, un mot plein d'attrait qui nous relie au passé, qui nous montre tout un réseau de significations, qui nous parle des racines de notre langue : le latin et le grec...

 

 



 

Photo : rosemar

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:49
Ce soyeux cortège tout en larmes blanches...

 

 

Il suffit, parfois, de peu, d'une inversion du sujet, pour que naisse la poésie d'un texte, pour que l'on perçoive plus intensément, encore, un phénomène...

C'est cette magie des mots que l'on ressent, en écoutant cette célèbre chanson de Adamo... Tombe la neige...

Tombe la neige... et ausssitôt, une certitude apparaît, marquée par le futur de l'indicatif : "Tu ne viendras pas ce soir".

La négation souligne l'absence, le vide, le manque.

Le contraste saisissant entre la blancheur de la neige et le coeur du poète qui "s'habille de noir", vient souligner une infinie tristesse.

La neige devenue "soyeux cortège" semble rythmer la mélancolie et la renforcer par sa beauté immuable, d'autant qu'elle se métamorphose en "larmes blanches", belle image qui restitue un désarroi.

L'expression "soyeux cortège" réunit des sonorités contrastées : gutturales "c", "r", pleines d'âpreté et sifflante "s", chuintante "g" très douces, comme pour mimer, à la fois, la cruauté et l'harmonie créée par la neige.

Un oiseau vient même mêler ses pleurs et sa tristesse à celle du poète.

Cet oiseau n'est-il pas, d'ailleurs, l'image même du poète qui "pleure le sortilège", comme s'il était victime d'un mauvais sort ?

Le refrain s'égrène, avec cette simple phrase réitérée " Tu ne viendras pas ce soir...", phrase lancée par le désespoir du poète, qui est, ainsi, personnifié et qui semble encore plus intense et fort.

Le désespoir devient une entité extérieure qui accable l'auteur, dans une sorte de fatalité inexorable.

La neige se transforme, alors, en un "impassible manège", insensible à la douleur du poète.


Le paysage évoqué restitue, pourtant, l'état d'âme du poète :"tout est blanc de désespoir".

Le froid et l'absence viennent renforcer la douleur, ainsi que le silence qui en devient "odieux"....

Et la "blanche solitude" vient ajouter à la détresse du poète...

On ne peut qu'être sensible à l'harmonie des images utilisées dans ce poème, à une forme d'évidence et de simplicité qui nous touchent.

Effets de contrastes ou de fusion avec le paysage, on se laisse bercer et emporter par la tristesse lancinante de la mélodie....

L'auteur réussit à nous faire ressentir toute la beauté et l'âpreté de la neige associée au froid de l'hiver.
 

Cette chanson, a, de plus, une valeur universelle : elle parle à chacun d'entre nous, grâce à l'emploi du pronom de la deuxième personne,"tu" qui reste très vague.

 

 

 

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 11:06
Que la force soit avec les enseignants !

 


Oui, décidément le ministère de l'éducation nationale peine, de plus en plus, à recruter de nouveaux enseignants, et la dernière campagne mise en oeuvre, qui se présente sous la forme d'une parodie de la saga Star Wars en surprendra plus d'un...


 "LA PASSION DE TRANSMETTRE AVOIR TU DOIS... UN PROF CONNECTE TU SERAS !"  peut on lire sur l'affiche... Puis, viennent des statistiques : "85 % des profs déclarent être heureux au travail, 79 % jugent leur activité passionnante..."

On s'inquiète de ce tapage médiatique qui passe par une référence cinématographique, venue d'outre atlantique...

Que la force soit avec les enseignants !

Et on oublie d'évoquer toutes les difficultés rencontrées par les professeurs dans nombre d'établissements, on passe sous silence les démissions d'enseignants, les surcharges de travail dans des classes pléthoriques, les problèmes de discipline...

On occulte et on élude l'opposition des enseignants à la nouvelle réforme des collèges, on oublie le mépris envers le personnel de l'éducation nationale qui s'est manifesté, en cette occasion...

Faites silence, Mesdames et Messieurs les enseignants, le ministère décide pour vous, le ministère affirme : "La passion de transmettre avoir tu dois", alors que cette transmission risque de se réduire à peau de chagrin, avec cette nouvelle réforme des collèges : le latin et le grec sacrifiés, devenus dorénavant des EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires...

Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le ministère a des difficultés de recrutement : dans certaines classes, ce sont les élèves qui font la loi, et l'administration ferme les yeux, les enseignants ne disposent plus de l'autorité nécessaire pour endiguer certains débordements, car les sanctions restent limitées et n'ont aucun effet sur des élèves démotivés et récalcitrants...

Les charges de travail s'alourdissent à l'infini : préparations de devoirs communs, de bacs blancs, corrections de copies de plus en plus nombreuses, réunions avec les parents qui se multiplient...

Les parents eux-mêmes, en mal d'autorité ont tendance à surprotéger leur progéniture et à vouloir les exempter de toute punition.

Certains contestent les notes, et prétendent même donner des conseils de pédagogie aux enseignants...

Qui veut affronter, ainsi, des élèves mal éduqués, des parents qui s'immiscent dans le travail des enseignants, une administration qui n'est plus à l'écoute et qui refuse de voir les difficultés des profs ?

Cette nouvelle campagne de recrutement n'est-elle pas bien dérisoire, face au manque de considération que rencontrent les enseignants ?

Il ne faut pas se leurrer : ce n'est pas avec de telles campagnes que le ministère peut parvenir à recruter, la seule solution est de revaloriser ce métier, en accompagnant les enseignants, en leur donnant les moyens d'exercer une véritable discipline dans leurs classes, en favorisant une meilleure orientation des élèves : certains d'entre eux se retrouvent en lycée, sans avoir acquis le niveau nécessaire...

Encore une fois, cette campagne n'est que de la poudre aux yeux et elle n'aura aucun effet : c'est au ministère de prendre conscience, enfin, de la gravité du problème.


 

 

La plaquette de recrutement :

 

http://www.vousnousils.fr/2015/12/16/je-suis-ton-prof-leducation-nationale-detourne-star-wars-pour-sa-campagne-de-recrutement-580496
 




 

Que la force soit avec les enseignants !
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 13:25
Kippa ou pas ?

 



La polémique enfle, après l'agression d'un professeur de confession juive à Marseille : le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar a incité à ne plus porter la kippa, "en attendant des jours meilleurs", a-t-il précisé.

A l'inverse, dans son ensemble, la classe politique défend le port de la kippa, même dans le contexte actuel. Le président de la République François Hollande a ainsi déclaré à ce sujet : "Il est insupportable, dans ce pays, que des citoyens se voient agressés, en raison de leur choix religieux, il est insupportable qu'ils puissent en tirer la conclusion qu'il faudrait se cacher. "

S'agit-il vraiment de se cacher ?

La kippa est un signe ostentatoire d'appartenance à une communauté et à une religion, mais la vraie foi se vit-elle vraiment à travers un quelconque signe religieux ?

De plus en plus, on voit se développer ces signes d'appartenance à une communauté religieuse : foulard islamique, voile intégral, kippa.

Ces accessoires vestimentaires, particulièrement visibles, ont-ils une utilité pour un vrai croyant ? La foi n'est pas, ne devrait pas être une affaire de signe distinctif : elle peut s'affirmer dans la sphère privée, mais est-il besoin de la manifester dans l'espace public ?

S'enfermer, ainsi, dans une communauté, porter des signes religieux, c'est une tendance qui s'affirme de plus en plus, alors qu'elle s'était effacée dans les années 60.

A chacun de vivre sa foi, dans des rites, dans sa conscience intérieure.

Alors que certains hommes politiques ont vivement critiqué la présence de crèches dans des lieux publics, on incite les gens à afficher leur religion en toutes circonstances.

Dans l'antiquité, seuls les prêtres juifs portaient un couvre-chef, et c'est au Moyen âge que le port de la kippa s'est généralisé.

Pourtant, ce signe de soumission à Dieu n'est nullement obligatoire dans la vie quotidienne.

Pourquoi vouloir afficher une religion, quelle qu'elle soit, dans l'espace public, dans la vie de tous les jours ?

La religion doit-elle être présente partout ?

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Roger Cukierman, a, quant à lui, réagi vivement : "Donner une recommandation collective" contre le port de la kippa, "je trouve que ce n'est pas très digne. C'est donner la victoire aux djihadistes. Au contraire, il faut résister, se battre, c'est notre honneur et notre dignité de juifs", a-t-il déclaré.

Pourtant, la règle de la laïcité devrait inciter chacun, à ne pas afficher, en public, ses convictions religieuses.

Donner la victoire aux djihadistes ? Ou, plus simplement accepter de vivre ensemble, sans signes distinctifs qui séparent et qui marquent une appartenance à une quelconque communauté ?

Les signes religieux ostentatoires ne devraient-ils pas être bannis dans la vie de tous les jours et ce, quelle que soit la religion ?


 

 

 

 

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 11:42
Clémentine d'hiver...

 

 


Fruit de l'hiver aux couleurs du soleil, la clémentine resplendit de sucs lumineux et chaleureux...

Parfums fruités de la clémentine ! Rondeur de fruit aux feuilles vernissées, oblongues, d'un vert profond !

Couleurs d'orange et de vert s'entremêlent en un tableau contrasté de feu et de houles...


Le fruit révèle ses parfums dès qu'on l'effleure, parfums épicés de soleil, qui s'exaltent, se répandent, adoucissent les rigueurs de l'hiver.


Fruit du soleil, de la lumière, la clémentine se pare de couleurs éclatantes... L'écorce se couvre d'une multitudes de légères aspérités remplies de sucs de lumières.


Les gousses de fruits, juteuses, savoureuses, de la même couleur que l'écorce ont un goût de soleil, de splendeur, de luminosité, d'éblouissements de bonheurs.


Fruit solaire aux éclats odorants, aux teintes qui explosent, au toucher d'âpreté, la clémentine fait revivre l'hiver : elle l'illumine de ses parfums, de ses douceurs de lune rousse et orangée.


Le nom même de la clémentine rayonne, s'épanouit, fait rêver, un nom plein de douceurs aux sonorités de lumières.

 

La gutturale initiale et la dentale "t" nous font voir des éclats, la labiale "m" nous offre sa séduction, la voyelle nasalisée "en" nous grise et nous exalte de senteurs.

Le fruit lance des feux, des éclairs de rondeurs parfumées, de teintes dorées, sous les feuilles verdoyantes...

Le fruit nous fait savourer les parfums enivrants de l'été, au coeur même de l'hiver...



 

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 16:41
Elles s'en allaient vers le midi, la Méditerranée...

 

 

 

Le texte de cette chanson de Michel Delpech, intitulée Le chasseur, débute comme un récit, avec des circonstances de temps et de lieu : "cinq heures du matin... Dans les marais couverts de brumes...", avec un verbe d'action : "on avançait..."

Le narrateur qui parle, ensuite, à la première personne, se présente "avec un fusil dans les mains." Mais le personnage reste passif.

Et, aussitôt, du récit, on passe à la description du paysage environnant, comme si ce spectacle fascinait le regard du personnage...

"Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux." 

L'oeil est attentif à la beauté d'un envol d'oiseau qui s'élève dans le ciel, puis aux chiens qui accompagnent les chasseurs. L'imparfait à valeur durative restitue cette envie d'observer la nature, et une forme de plénitude.

Le verbe "voir" suggère une sensibilité à la beauté du monde environnant, représentée par "un étang, des oies sauvages". Le regard s'élève vers le ciel, symbole de liberté, comme le montrent les verbes de mouvement :"passer, elles s'en allaient..."

La destination de ces oies sauvages ne fait-elle pas rêver ? Le poète évoque "le midi, la Méditerranée".


Des "perdreaux qui montent dans les nuages" traduisent, aussi, une envie de liberté, alors que la forêt est personnifiée dans cette expression : "la forêt chantait". La nature, pleine de vie, le soleil qui "brille"incitent le chasseur à abandonner sa quête de gibier pour partir "en promenade".

Le "fusil dans les mains" semble, dès lors, inutile et le poète se sent "un peu coupable", devant tant de beautés révélées par la nature.

Il s'éloigne, alors, des autres chasseurs : la solitude lui permet de vivre pleinement ses sensations : il "regarde" le "bleu du ciel, les oiseaux, les nuages". L'observation se fait plus attentive et s'élève encore un peu plus vers les hauteurs.

Le chanteur rejoint, ainsi, l'harmonie de la nature comme le suggère ce parallélisme : "J'étais bien, les oiseaux qui étaient si bien..."

D'ailleurs, le poète aspire à rejoindre ces oiseaux dans leur voyage, à les accompagner dans leur quête de bonheur, de soleil et de liberté.

La mélodie, qui va crescendo, restitue l'enchantement et l'émerveillement croissant du chasseur qui observe le paysage...

Au fil du texte les sonorités se font plus douces : on perçoit, au début, de nombreuses gutturales "r" qui traduisent une âpreté : 

"On avançait dans les marais 
Couverts de brume 
J'avais mon fusil dans les mains 
Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux ..."


Par la suite, ce sont les sonorités de sifflantes "s", et de chuintantes qui dominent, notamment, grâce à la rime féminine en "-age", dans les mots "sauvages, nuages, marécages, voyage."

La simplicité du style, l'évocation d'une nature sauvage, symbole d'évasion et de liberté nous donnent une leçon de vie, d'humanité, de paix et d'harmonie : comment ne pas y être sensible ? 

Comment ne pas suivre les pas de ce chasseur qui oublie son fusil, pour devenir poète et se livrer à une observation attentive des beautés de ce monde ?


 Le texte :


 http://www.lacoccinelle.net/950212.html


 


 

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 09:43
Noël ! Voilà un mot qui rayonne !

 



Noël ! Voilà un mot qui rayonne par sa briéveté, ses voyelles qui s'enchaînent, le son "el" final qui comporte un élan, une envolée...

Un mot associé à l'hiver, ses frimas, sa rudesse, un mot qui représente la fête, le jeu, le bonheur.

On aime les senteurs de Noël, odeurs de pins, de mousse terreuse... On apprécie les couleurs contrastées du houx de Noël, des baies de pourpre sur le vert brillant des feuilles ourlées.

On est ébloui par les lumières de Noël, guirlandes, girandoles d'éclats sur les branches vertes du sapin.

Les scintillements de neige sur les aiguilles, sur les toits de la crèche, sur les santons de Noël, figurines d'argiles aux teintes éclatantes.

Le berger, le ravi, le puisatier, le rémouleur, le meunier peuplent la crèche et l'animent de leurs formes naïves.

La mousse répand ses odeurs douces au pied du sapin, elle l'illumine de ses embruns aux teintes nuancées...

On se prend à croire à cette belle histoire de Noël, un enfant nouveau-né dans une pauvre étable, un enfant qui représente et porte tout l'espoir du monde.

Symbole de pauvreté, de simplicité, la crèche nous montre toute l'humilité de la religion originelle.

On aspire à des joies simples, proches de la nature.

La cueillette de la mousse dans le froid de l'hiver, une quête qui associe tant de bonheurs simples : promenade dans la nature, senteurs de bois, vents qui fouettent le visage, découvertes de ces plaques épaisses de mousse aux senteurs variées d'herbe, de terre, d'humidité...

Douceurs de ces éclats de mousse qui se parent de mille nuances, des tableaux inouis de teintes, de formes...

Le bonheur de préparer le sapin, de le décorer et d'en percevoir toutes les effluves boisées.

Le bonheur d'installer la crèche, de la garnir de mousse et de houx.

Le mot Noël issu du latin "natalis", "natal" évoque, bien sûr, l'idée de naissance, d'un renouveau possible, d'espoirs à venir.

Ce mot évoque des perspectives, il annonce une année nouvelle, une volonté de se ressourcer à des valeurs premières et essentielles : valeur de fraternité, de solidarité, de simplicité...

Une envie d'harmonie, de retour à l'essence du monde : des parfums, des couleurs, des échos, des éclats, des éblouissements et des scintillements de bonheurs...





 

 

 

Noël ! Voilà un mot qui rayonne !
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 10:26
Le calme enchantement de ton mystère...

 

 


Un hymne à la nuit, plein d'espérance, et de douceur, associé à la nuit de Noêl... tout le monde connaît ce chant dont la musique a été composée par Jean Philippe Rameau, et les paroles écrites par Edouard Sciortino.

D'emblée, la nuit est personnifiée dans une apostrophe solennelle, à la manière antique : "ô Nuit".

Le silence, le calme infinis de cette Nuit sont soulignés, l'emploi de la deuxième personne du singulier, de la majuscule contribue à faire de la Nuit une entité dotée de vie :" O Nuit ! viens apporter à la terre le calme enchantement de ton mystère..."

La Nuit apparaît, alors, dans toute sa splendeur, lumineuse, remplie d'étoiles d'or.

Associée aux songes, elle permet de calmer ceux qui souffrent, et l'auteur s'adresse à elle, pour qu'elle accentue son pouvoir apaisant. Une succession d'impératifs transforme le texte en une véritable prière destinée à la Nuit.

Le mystère qui entoure les ombres est source d'enchantement et l'auteur demande à la nuit de prolonger cette douceur par une obscurité renouvelée et bienfaisante.

L'adjectif "doux" réitéré souligne une harmonie. 

La personnification de la nuit se poursuit avec l'image de l'ombre qui devient son "escorte", et celle de ses "voix" qui "chantent l'espérance".

L'éloge de la nuit s'intensifie, grâce à l'évocation de son pouvoir qui se manifeste à travers des rêves accordés à chacun... Des adverbes d'intensité "si doux, si grand" viennent souligner cet éloge majestueux.

Cette espérance portée par le "mystère" de cette nuit, évoque implicitement le mystère de la naissance de l'enfant divin.

Le texte s'achève sur deux questions oratoires qui nous persuadent des pouvoirs infinis de la Nuit :
"Est-il une beauté aussi belle que le rêve ? Est-il de vérité plus douce que l'espérance ?" Le rêve, l'espérance apportés par la Nuit sont, encore, magnifiés grâce à des adverbes d'intensité :"aussi, plus".

Les nombreuses sonorités de sifflantes et de chuintantes, très douces, qui ponctuent ce chant, contribuent à restituer l'apaisement procuré par ce moment solennel :

"Ô Nuit ! Viens apporter à la terre

Le calme enchantement de ton mystère.

L'ombre qui t'escorte est si douce,
Si doux est le concert de tes voix
chantant l'espérance..."


La musique de cet hymne à la Nuit, composée par Rameau, sur une harmonisation de Joseph Noyon, emplie de solennité et de douceur, nous emporte dans l'univers des songes.

 

 

Une version plus complète du texte :
 

http://www2.cpdl.org/wiki/index.php/%C3%94_Nuit_(Jean-Philippe_Rameau)

 

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 10:29
Sa houppelande retombait en plis majestueux...

 

 

"Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande !..."

 

Tout le monde a en mémoire cette description élogieuse de la chèvre de Monsieur Seguin, dans les lettres de mon moulin de Daudet...

 
Une houppelande ! Quel mot étonnant, étrange, envoûtant ! Un mot rare, aux sonorités éblouissantes !

Ce long manteau, à manches évasées, était un vêtement dont se couvraient, autrefois, les bergers.

 
Voilà un mot qui chante, avec des sonorités si claires, éclatantes ! Voilà un mot dont on aimerait connaître l'origine... or, l'étymologie en est incertaine.
 
Ce nom, employé par Daudet, permet de personnifier l'animal : revêtue d'un long manteau, la chèvre se pare d'une toison qui se voit... le mot, grâce à sa longueur, ses quatre syllabes, semble, aussi, nous montrer toute l'ampleur du manteau.
 
La voyelle nasalisée "an", le son "ou" donnent une impression de majesté, de grandeur. La labiale, la dentale suggèrent, à la fois, séduction, élégance et éclats...
 
Quelle poésie dans ce seul mot ! Quelles résonances ! 
 
La houppelande semble  recouvrir le petit animal de son épaisseur ouatée. L'animal est, ainsi, magnifié sous son épaisse toison !
 
D'ailleurs, Daudet emploie de nombreuses exclamations qui traduisent l'admiration : on remarque plusieurs termes élogieux : "jolie, doux, luisants..." 
 
La houppelande avec son "h" aspiré attire notre attention : ce manteau de poils donne à l'animal une allure rustique et noble à la fois !
 
Un simple mot... et on entrevoit tant de significations, tant de connotations ! La houppelande est campagnarde mais aussi pleine d'élégance avec ses longues manches, son tissu épais et ouaté...

La houppelande évoque, aussi, des tenues et des matières somptueuses, soie, velours, satin, fourrures.
 
Ce mot nous fait voir des images du passé : un berger vêtu d'un long manteau... je revois, ainsi, un santon de la crèche de mes parents : un berger portant une houppelande couleur d'amarante, un bâton entre les mains, il était entouré de ses moutons frisés à la blancheur cotonneuse, il était coiffé d'un chapeau noir d'autrefois, à l'allure rustique.
 
Sa houppelande retombait en plis majestueux, sa stature imposante, son air tranquille révélaient un paysan d'expérience.
 
Sa houppelande le grandissait, lui donnait de la prestance !
 
Les houppelandes ont disparu, on n'en voit plus ni dans les villes, ni dans les campagnes, mais ce mot résonne en nous comme un vêtement à la fois modeste et somptueux.
 
 
 

 

 

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 14:31
Voici le premier jour de l'hiver...

 

 

 

 


Voici venu le premier jour de l'hiver, le jour le plus court de l'année, celui qui annonce le froid, celui qui nous promet, aussi, un renouveau, des lumières qui vont s'accroître au fil du temps.

Le mot "hiver", avec sa fricative très douce, sa gutturale pleine d'âpreté, sa voyelle aiguë "i", nous emporte vers un univers glacé où règnent le vent, la neige, les frimas...

Les rigueurs de l'hiver ! Ses beautés blanches et neigeuses ! Le mot résume bien les splendeurs et les tourments de cette saison.

Aussitôt, surgissent des paysages couverts de gel, balayés par un air vif, des embruns de blancs sur les arbres et le sol, des matins embrumés...

La neige nous fait voir ses tourbillons lumineux, elle virevolte dans l'air, elle encercle les jardins de ses replis soyeux.

Elle transforme les paysages, les remodèle, les capture des ses envolées de lys.

L'hiver et ses bonheurs, l'hiver et ses tourmentes s'annoncent...

Ce mot ancien, venu de l'adjectif latin "hibernus", est formé sur le nom "hiems", "l'hiver"...

Et l'ancêtre grec "kheimon" désigne, aussi, cette saison.

On retrouve, dans tous ces mots, la consonne "h" qui traduit, en grec, une aspiration, et une forme de rudesse.

L'hiver, le bien nommé, doit être, évidemment, rapproché du nom de la neige, en grec ancien, "khion", avec cette même aspiration.

Le mot nous fait ressentir, par ses sonorités, sa brièveté, un froid âpre, dur, perçant.

L'hiver arrive, il se fait vents tempétueux, mistral virulent, il glace, rugit, s'emporte, bouscule les paysages.

L'hiver s'adoucit, parfois, pour nous donner, aussi, de belles journées ensoleillées, il fait croître progressivement la luminosité et prépare, ainsi, l'arrivée du printemps...



 

 

 

 

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