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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:39
Pour dénoncer l'ignominie de la guerre...

 

 

 

La guerre : voilà un mot aux sonorités évocatrices de toutes les horreurs qu'elle génère...Des gutturales pleines d'âpretés viennent souligner l'atrocité des conflits qui ont traversé l'histoire, et qui persistent encore, dans nombre de pays...

Gutturale initiale, gutturales "r" redoublée, ce mot décrit la dureté des combats, la cruauté des adversaires qui s'opposent...

Une des plus cruelles fut, sans doute, la guerre de 14, celle qu'on appela "la grande guerre", celle qui vit, pour la première fois, l'apparition d'armes terribles, les gaz de combat qui annihilaient les soldats, infectaient, brûlaient et anéantissaient leurs poumons...

Une guerre qui a fait des millions de morts, des millions de mutilés, des millions de victimes, des jeunes gens, souvent...

Une guerre qu'on ne peut et qu'on ne doit pas oublier : nos grands parents ont connu cette guerre tragique, ils ont combattu dans les tranchées.
Une guerre dévastatrice, une guerre ignoble par toutes les atrocités et les destructions commises.

Une guerre dénoncée par de grands écrivains : on se souvient des pages écrites par Barbusse, Céline, Giono, des pages qui dénoncent un monde inhumain, où l'homme est transformé en girouette, en objet, et devient une marionnette...

Barbusse, dans Le Feu, met en évidence le désarroi des soldats face à des armes destructrices qui semblent s'animer, les objets personnifiés deviennent autonomes, et l'homme se trouve réduit à néant...


"Il y a quatre nuits qu’ils ont été tués ensemble... Nous étions de patrouille... Vers minuit, on est sorti de la tranchée, et on a rampé sur la descente, en ligne, à trois ou quatre pas les uns des autres et on est descendu ainsi très bas dans le ravin, jusqu’à voir, gisant devant nos yeux, le talus international. Des balles sifflaient autour de nous, mais elles nous ignoraient, ne nous cherchaient pas... L’un de nous s’est retourné, en bloc et son fourreau de baïonnette a sonné contre une pierre. Aussitôt une fusée a jailli en rugissant du boyau international. Alors une mitrailleuse placée de l’autre côté du ravin a balayé la zone où nous étions... J’ai vu quatre cadavres... Chacun d’eux contenait plusieurs blessures à côté l’une de l’autre, les trous des balles distants de quelques centimètres... Barque et Biquet sont troués au ventre, Eudoxe à la gorge... Lamuse a eu l’épaule droite hachée par plusieurs balles et le bras ne tient plus que par des lanières d’étoffe de la manche et des ficelles qu’on y a mises... Un nuage de pestilence commence à se balancer sur les restes de ces créatures avec lesquelles on a si étroitement vécu, si longtemps souffert."



Dans un extrait de son oeuvre, Le grand troupeau, Giono oppose, quant à lui, une nature bienveillante aux destructions de la guerre et la nature elle-même subit les affres des tourments de la guerre...


"Le jour est venu tout d'un coup. Le mont Kemmel fume de tous côtés comme une charbonnière. On est le long d'une route de saules : des saules déjà touchés de printemps ; des bourgeons de belle amitié qui s'ouvrent.
Les balles claquent dans les branches ; la peau d'herbe est toute blessée. L'étang doucement s'en va, on le voit s'en aller dans les trous et puis s'enfoncer dans la terre.
Des vols d'obus passent, s'abattent, sautent, arrachent des branches, rugissent sous la terre, se vautrent dans la boue, puis tournent comme des toupies et restent là. On creuse à la pelle de trou à trou. On a tout le temps dans les jambes cet étang qui veut s'en aller, et qui coule tantôt d'ici, tantôt de là, sans savoir. On le repousse, on le frappe, il revient, il geint. On le frappe à coups de pelle. Un obus se plante là tout près. On se couche sur l'étang et, tout de suite, il se met à lécher l'homme tout du long, des genoux à la figure avec sa langue froide.
Là-haut à trois cents mètres, on voit un moulin. Un peu à gauche, un petit tas de pierres. C'était un pigeonnier."



Dans le Voyage au bout de la nuit, Céline stigmatise, aussi, l'inhumanité de la guerre, la rage des hommes, quand ils se livrent des combats sans pitié.


"Le vent s'était levé, brutal, de chaque côté des talus, les peupliers mêlaient leurs rafales de feuilles aux petits bruits secs qui venaient de là-bas sur nous. Ces soldats inconnus nous rataient sans cesse, mais tout en nous entourant de mille morts, on s'en trouvait comme habillés. Je n'osais plus remuer.
Ce colonel c'était donc un monstre ! A présent, j'en étais assuré, pire qu'un chien, il n'imaginait pas son trépas ! Je conçus en même temps qu'il devait y en avoir beaucoup des comme lui dans notre armée, des braves, et puis tout autant sans doute dans l'armée d'en face. Qui savait combien ? Un, deux, plusieurs millions peut-être en tout ? Dés lors ma frousse devint panique. Avec des êtres semblables, cette imbécillité infernale pouvait continuer indéfiniment ...Pourquoi s'arrêteraient-ils ? Jamais, je n'avais senti plus implacable la sentence des hommes et des choses.
Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? Pensais-je. Et avec quel effroi !...Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu'aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en auto, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage ( ce que les chiens ne font pas ), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m'étais embarqué dans une croisade apocalyptique."


Enfin, Giono montre les ravages de la guerre dans l'esprit humain, les séquelles qu'elle laisse, de manière irréversible...

"Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l’entends, je la subis encore. Et j’ai peur.... Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L’horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque. J’ai été soldat de deuxième classe dans l’infanterie pendant quatre ans, dans des régiments de montagnards. Avec M. V., qui était mon capitaine, nous sommes à peu prés les seuls survivants de la 6ème compagnie. Nous avons fait les Eparges, Verdun-Vaux, Noyons-Saint-Quentin, le Chemin des Dames, l’attaque de Pinon, Chevrillon, le Kemmel. La 6ème compagnie a été remplie cent fois et cent fois d’hommes. La 6ème compagnie était un petit récipient de la 27ème division comme un boisseau à blé. Quand le boisseau était vide d’hommes, enfin quand il n’en restait plus que quelques-uns au fond, comme des grains collés dans les rainures, on le remplissait de nouveau avec des hommes frais. On ainsi rempli la 6ème compagnie cent fois et cent fois d’hommes. Et cent fois on est allé la vider sous la meule. Nous sommes de tout ça les derniers vivants, V. et moi."


Tous ces témoignages, tous ces récits nous montrent l'ignominie de la guerre : que les hommes prennent conscience de ces abominations, que les nouvelles générations méditent ces messages, afin que ce mot terrible "la guerre" puisse, un jour, disparaître et s'effacer des réalités du monde...

La guerre est la plus grande défaite de l'homme, elle anéantit les corps, les âmes, les esprits, elle détruit l'humanisme, elle s'attaque souvent, aussi, à des victimes civiles innocentes et fragiles, des enfants, des femmes, des vieillards...


 
Autres articles sur ce sujet :


http://rosemar.over-blog.com/article-la-guerre-la-plus-grande-defaite-de-l-homme-124985982.html

http://rosemar.over-blog.com/article-a-l-encontre-du-vieil-homere-123645631.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-quand-des-enfants-meurent-124194067.html

Pour dénoncer l'ignominie de la guerre...
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:24
Tapis aux teintes de flammes et de feux !

 


"Nous menons une vie de fainéantise et de rêvasserie ; toute la journée vautrés sur notre tapis, nous fumons des chibouks et des narguilehs, en absorbant de la limonade et en regardant les rives du fleuve."
C'est ainsi que Gustave Flaubert raconte un de ses voyages en Egypte, sur le Nil, dans une lettre adressée à sa mère.
Et il nous fait percevoir toute l'oisiveté et les splendeurs de la vie orientale, notamment en évoquant un tapis sur lequel il se "vautre"...


Le "tapis" évoque un confort, un bien-être, il est, aussi, objet de décoration qui orne les sols des salons, des chambres...

Le tapis, c'est, comme on l'entrevoit dans la correspondance de Flaubert, le monde oriental, un certain luxe, une richesse dans les motifs, des arabesques...

Le mot lui-même nous invite au repos, avec ses consonnes dentale et labiale, la labiale, surtout, pleine de volupté et de douceur...

Les voyelles "a" et "i" assez contrastées, l'une ouverte, l'autre plus aiguë, nous intriguent, suscitent notre curiosité.

Ce mot, venu du grec, "tapès" a des origines très anciennes : Homère l'utilise dans l'Odyssée, au chant IV de l'épopée : dans la demeure de Ménélas, on voit un serviteur apporter "un tapis de laine moelleuse." (vers 124)

Tapis en laine, en coton, en soie, tapis moelleux... on aime les textures de ces tissus somptueux...
Tapis persans, d'Inde, de Chine, du Pakistan, ces revêtements nous font voyager vers des rives lointaines.

Des teintes de bleus, des couleurs de pourpre nous éblouissent, des dessins géométriques s'enroulent, des franges ornent les bords.
Les motifs s'entremêlent, s'enlacent, formant des paysages harmonieux de feuillages, des arborescences d'une richesse inouie...

Des pampres, des fleurs, des branches envahissent les fils de cotons, la soie brillante.

Certaines miniatures persanes représentent des personnages, coiffés de turbans, assis sur de somptueux tapis.

Tapis aux teintes de flammes et de feux, couleurs éclatantes, brouillards de lumières, rosaces, fleurs, enroulements....

Des serviteurs, portant des vases richement ornés s'avancent humblement vers ces tapis de lumières, tout à côté, des musiciens jouent un air de musique, avec une harpe et des cymbales.

L'atmosphère  festive traduit une sorte de bonheur et de langueur orientale.

Tapis volant des Mille et une nuits, tapis flottant miraculeusement dans les airs, emportant des héros vers des aventures étranges, remplies de mystères et de magie !

Tapis enchanteurs de notre enfance ! Qui n'a pas rêvé de se laisser emporter par ces tapis d'orient vers des rives nouvelles ?

Shéhérazade, Aladin, Sindbad le marin, Ali Baba, tous ces noms évoquent la magie de l'orient, des récits mythiques qui ont bercé notre enfance et qui ont inspiré tant de créateurs !

Tapis rouge que l'on déroule, en de grandes occasions, tapis de fêtes et de prestige !



Le tapis nous fait voir tant d'images radieuses !


 

 

 

 

 

Tapis aux teintes de flammes et de feux !
Tapis aux teintes de flammes et de feux !
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 14:01
La voix de son maître...

 

 

 

Un professeur travaille beaucoup avec sa voix : c’est, là, un outil essentiel, puisque la voix doit porter haut et fort pour l’ensemble des élèves : on a du mal à l’imaginer mais parler pendant 6 ou 7 heures à voix haute demande des efforts et une énergie incroyables… surtout pour une femme dont la voix est souvent plus ténue que celle d’un homme.

Devant une classe de 36 élèves, il faut se faire entendre et la voix ne doit pas faiblir ou dérailler, un seul instant.

L’enseignante ou l’enseignant sont amenés à forcer sur leur voix, à la malmener, parfois.

Combien de fois ai-je eu, pour ma part, une extinction de voix… après une journée de travail !


Sans sa voix, un professeur ne peut assurer un cours normal : il a la possibilité d’écrire quelques consignes au tableau, mais il a des difficultés à gérer une classe…
 
Parler à haute et distincte voix représente une fatigue physique indéniable : le degré d’intensité de la voix qui est appuyée entraîne une usure : les cordes vocales sont soumises à rude épreuve et il n’est pas facile de tenir un niveau de voix intense, en fin de journée.
 
De plus, l’enseignant est sans cesse amené à interroger et faire parler les élèves plus fort, car eux-mêmes ne se rendent pas compte qu’ils ne sont pas audibles.
 
L’enseignement est fait aussi de répétitions, de reprises : certains élèves en retard, en difficulté posent des questions : l’enseignant est contraint de redire certaines consignes, de solliciter encore plus sa voix.
 
La voix ne doit pas faillir, doit rester ferme et solide : elle est essentielle…
Au moindre rhume, au moindre mal de gorge, la voix est mise à mal et peut disparaître sous l’effet de la fatigue.
 
L’enseignement est, sans doute, le métier où la voix est sans cesse mise à l’épreuve dans la continuité et dans l’intensité. Impossible de ménager sa voix…


Ainsi, l’intensité et le forçage de la voix peuvent provoquer des troubles divers : maux de tête, fatigue, nodules sur les cordes vocales.
 
On oublie trop souvent que le métier d’enseignant est un métier physique et on ne perçoit que la fatigue intellectuelle. Mais ces aspects se combinent : un professeur dépense beaucoup d’énergie face à ses élèves : énergie intellectuelle, morale, physique.
 
La voix est bien essentielle dans ce métier de transmission et d'échanges...

La voix est un souci permanent pour les enseignants... véritable outil de travail, elle est, sans cesse, sollicitée....
 

 

 

 

 

La voix de son maître...
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 16:49
Un signe des temps : le succès d'Instagram...

 

 

 

Connaissez-vous Instagram ? En ces temps où l'image, les apparences submergent nos sociétés, cette application remporte un succès phénoménal, sur internet...

Instagram, comme son nom l'indique, c'est l'instantanéité dans l'envoi de photos, c'est la multiplication de ces envois...


On savait que le règne de l'image avait commencé, grâce à Facebook, et aux téléphones portables, mais avec Instagram, on atteint des sommets, dans la diffusion des images.

En septembre 2015, Instagram annonçait, sur son blog officiel, 400 millions d'utilisateurs mensuels actifs, dans le monde.

De quoi s'agit -il ? Instagram permet de partager des photographies et des vidéos avec un réseau d'amis, d'aimer ou plutôt de "liker" certains clichés, comme on le dit, dorénavant, de laisser des commentaires sur les clichés déposés par les autres utilisateurs. Cette application offre, aussi, l'occasion de dialoguer avec les membres via l'utilisation de la messagerie interne appelée "Instagram direct".

On est stupéfait par le succès extraordinaire de cette application, mais, au fond, elle correspond à une aspiration profonde de nos contemporains : se montrer, acquérir une petite ou plus grande célébrité, briller par les apparences...

Notre monde se focalise sur l'image qui est de plus en plus présente partout : publicités, internet, télévision...

Et l'image peut être même retouchée... comble du raffinement ! Certains filtres permettent de magnifier les photos...

Les jeunes se passionnent pour les selfies, et ils envoient leurs clichés à des milliers de fans.

Un utilisateur d'instagram connaît plus particulièrement du succès : il met en scène des petits jouets dans différents quartiers de Paris, et les gens attendent avec impatience ces photos : pour montrer leur engouement, ils utilisent des "like"...

Je "like", tu "likes", nous "likons", et on en oublie d'argumenter vraiment, de dire et d'exprimer les raisons de telles appréciations.

L'inventeur de cette application, un américain, Kévin Systrom, peut se frotter les mains, il a réussi à faire fortune, avec cette idée toute simple : des photos à partager...

Des "stars" du foot participent au succès de l'entreprise, en diffusant des photos, des vidéos.

Les marques publicitaires se sont, bien sûr, emparées de cette application pour faire du marketing.

Le monde de l'image s'élargit de plus en plus, avec Instagram, les gens passent de plus en plus de temps à faire des photos, à les regarder, à les commenter, alors qu'elles n'ont pas, le plus souvent, un grand intérêt.


Dès lors, la réflexion se perd, se délite, au profit de simples apparences : le paraître l'emporte sur l'être...

Le monde des images s'élargit à l'infini, et le risque est grand de perdre le contact avec certaines réalités...

 

 

Un reportage sur cette application : 


 

http://www.francetvinfo.fr/societe/instagram-un-succes-fulgurant_1112887.html

 

 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 15:34
Des éclairs de lumières traversent la rondeur du bois...

 

 

 


Formes oblongues, couleurs de bois veinés, les châtaignes se marbrent de teintes nuancées de bruns.

La surface lisse, brillante, fait miroiter la lumière, des filaments la cernent, l'encerclent de nuées plus sombres ou plus claires.

Des camaïeux apparaissent, tableaux étincelants, des éclairs de lumières traversent la rondeur du bois....

Douce au toucher, la châtaigne se fait plus rugueuse aux extrémités : une pique brumeuse la termine sur un côté, tout autour, des embruns légers se dispersent, formant des éclats irréguliers....

A l'autre extrémité, le bois nous fait découvrir des îlots, sur une surface d'un ovale imparfait, sans éclats, comme une terre brûlée.

La châtaigne bien opaque renferme une chair onctueuse, couleurs de nuages, pleine de saveurs et de douceurs.

La chair d'un blanc de lys, dense, compacte nous fait découvrir, encore, d'autres paysages : des ciels laiteux, des embruns de neige, des lumières brumeuses...

Des nuées d'automne, des écumes marines...

Le fruit répand de douces senteurs automnales, des brouées de parfums aux teintes brûlées, des envolées de sucs chaleureux.

Le fruit nous offre des teintes nuancées de l'automne, rouille, brun, à l'extérieur, ciels brumeux, quand on l'ouvre...


 

 

Photos : rosemar

Des éclairs de lumières traversent la rondeur du bois...
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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 13:39
Elle sent venir une larme de son coeur...

 

 


La solitude du monde moderne n'est-elle pas effrayante ? Alors que les moyens de communication se multiplient et se développent à l'extrême, alors que des gens sont connectés sur leur ordinateur, leur portable en permanence, la modernité conduit à la plus grande solitude, ce qu'Alain Souchon nomme l'Ultra-Moderne Solitude...

L'auteur nous fait, d'abord, percevoir un décor urbain : "Ça s'passe boul'vard Haussman à cinq heures".

Le regard se porte, alors, sur un personnage isolé et anonyme, comme le montre l'emploi du pronom de la troisième personne, au singulier "elle"...

Le thème de la tristesse transparaît, à travers une larme irrépressible, une larme aussitôt effacée, pour affronter le quotidien, une larme qui semble inexplicable et qui survient brutalement, du fond du coeur...

"Elle sent venir une larme de son cœur 
D'un revers de la main elle efface 
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe."

L'auteur s'interroge sur ces "rivières... qui coulent", belle image hyperbolique traduisant un désarroi profond, souligné par l'emploi du pluriel.

Le terme "fourmilière"  restitue bien l'agitation incessante de l'univers dans lequel nous vivons, un monde de fourmis, en perpétuels mouvements, qui ne se rencontrent pas et ne se voient même pas...

Et l'explication de ces larmes est, soudain, donnée dans cette phrase : "C'est l'Ultra Moderne Solitude..."

Les majuscules semblent magnifier cette modernité, alors qu'elle conduit au pire : c'est, là, tout le danger et tout le piège de nos sociétés plongées dans l'excès et la demesure, sans cesse valorisés...

Le couplet suivant nous conduit vers un autre quartier, une autre ville, un autre continent : "Ça s'passe à Manhattan dans un cœur". 

Et l'on retrouve cette même solitude, avec à nouveau l'emploi du singulier "il", un personnage masculin, cette fois, qui éprouve un vague à l'âme et pourtant, il affirme "avoir" tout ce qu'il faut pour être heureux, "amis, soleil, amour, travail..."
"Il sent monter une vague des profondeurs 
Pourtant j'ai des amis sans bye-bye 
Du soleil un amour du travail..." 

L'auteur met ainsi en évidence l'universalité de ce phénomène :"Ça s'passe partout dans l'monde chaque seconde..."

Le pluriel vient, alors, se substituer au singulier, pour montrer que la solitude envahit de plus en plus nos sociétés : "Des visages tout d'un coup s'inondent 
Un revers de la main efface 
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe." 

Le verbe "avoir" répété suggère bien l'importance grandissante de l'argent, des possessions dans cet univers : "On a les panoplies, les hangars /Les tempos, les harmonies, les guitares..."

Et l'image qui suit nous fait percevoir un manque de bonheur, un désespoir dans un monde qui a perdu du sens, où la solitude l'emporte, malgré tout : " la musique est, ainsi, mouillée", mouillée de larmes et de tristesse...

Et l'auteur s'interroge, à nouveau, sur ce mystère,

"Pourquoi ce mystère 

Malgré la chaleur des foules 
Dans les yeux divers..."

C'est Laurent Voulzy qui a signé la musique de cette chanson, une mélodie tendre, douce et triste qui restitue un univers lisse et désespéré, à la fois...

Le texte met bien en évidence tout le paradoxe de nos sociétés, à travers les questions qui sont posées : une immense solitude, dans la foule, un immense désarroi, au milieu de tant de richesses....



 

 

 

 

 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 13:37
Pour vaincre le harcèlement...

 



Le harcèlement est une plaie du monde moderne : il s'organise de manière insidieuse, dans les entreprises, sur internet, et même à l'école...

Internet, les reseaux dits "sociaux" favorisent ce phénomène, d'autant que l'anonymat permet d'insulter, sans être inquiété.

Internet devient le lieu privilégié de la calomnie, du verbe insultant, de l'invective : le cyber-harcèlement fait des ravages, auprès des jeunes notamment...

Dépressions, suicides sont le résultat lamentable de ces comportements infâmes, d'autant que le groupe de harceleurs agit, souvent, de concert, en foule...

Le harcèlement traduit une forme de lâcheté, surtout quand il s'attaque à de jeunes esprits, facilement influençables.

Il faut que les adultes eux-mêmes ne donnent pas l'exemple de cette attitude irresponsable et délétère...

Or, sur internet, il n'est pas rare de lire de plus en plus de propos insultants, outranciers, et qui peuvent être dévastateurs pour ceux qui en sont la cible...

Internet est un outil fabuleux mais quand il devient un instrument de haines, d'invectives et d'injures gratuites, quand il sert des intentions purement malveillantes, quand il se fait le réceptacle d'ignominies, de jalousies stupides, il se transforme en un objet très dangereux.

A chacun de veiller au respect, à une forme de dignité dans les propos qu'il tient....

A chacun de ne pas suivre la masse qui harcèle, à chacun de ne pas suivre un meneur qui organise le harcèlement.

A chacun de mesurer les conséquences de ses propres actes et de ses paroles.

En classe et ailleurs, le harcèlement s'attaque au plus faible, à celui ou à celle qui est isolée, qui a des difficultés, qui est déjà affaiblie...

Haro sur le baudet ! La tentation est grande d'anéantir celui qui est sans force, ou encore celui qui brille par son intelligence, le premier de la classe.

On exclut, encore plus, celui qui est à part, on le jalouse ou on le méprise...

Les jeunes enfants, les adolescents sont particulièrement exposés à ce phénomène du harcèlement : fragiles, sensibles, ils éprouvent de grandes difficultés, pour faire face à ce déchaînement de violences verbales, et parfois même physiques....

Il convient aux adultes de montrer, par leur comportement, une forme d'exemple : si les adultes ne montrent pas la voie, si les adultes se livrent au harcèlement, comment les jeunes peuvent-ils, eux-mêmes, réagir ?


Il convient de dénoncer toute forme de harcèlement, d'où qu'il vienne, il convient, aussi, à chacun de se comporter en adulte responsable et digne...

Les parents, les adultes, dans leur ensemble, ont, aussi, un rôle à jouer, ils doivent dénoncer et stigmatiser toute la violence que comporte le harcèlement.

 

Six choses à savoir sur le harcèlement :

 
http://www.gouvernement.fr/6-choses-que-vous-devez-savoir-sur-le-harcelement-a-l-ecole-nah


 

http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/


 



 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 12:17
Petit cordonnier, tu me fais tourner la tête !

 

 

 

Le mot "cordonnier" nous est si familier, alors que ce nom de métier tend à disparaître, en ce monde où les chaussures ne se font plus guère réparer...

Nous achetons et nous jetons rapidement les chaussures, car elle sont souvent fabriquées, pour ne durer qu'une saison.

Les chaussures en cuir se font, aussi, rares, d'autres matériaux moins nobles sont utilisés, comme le plastique, le polyester, différents textiles.
Et, pourtant, quels charmes avaient le cordonnier et son échoppe aux bonnes odeurs de cuir !

Le mot révèle, d'ailleurs, les nombreux talents de cet artisan : gutturales "c" et "r", dentale "d" restituent à la fois l'âpreté de son travail et les éclats du cuir, si doux au toucher, si confortable...
La voyelle "o" réitérée suggère les formes arrondies des chaussures, leurs brillances, leur lustre....

De nombreux petits métiers ont, ainsi, disparu, le vitrier qui passait dans les rues, en se signalant par ses cris "VITRIER, VITRIER !", le chapelier, le crieur de journaux, l'étameur, le cordonnier...

Il reste bien des magasins où l'on fabrique des clés, où l'on répare quelques chaussures, mais l'activité se perd, à l'ère de la chaussure jetable.

 

Autrefois, on faisait ravauder des cartables, des sacs, des souliers en cuir.
Doénavant, on jette ces objets très rapidement et on les remplace par d'autres.
La réparation n'est plus à la mode, tout se consomme et se consume, très rapidement...

Le cuir souple offre, pourtant, un confort, un bien-être inégalable, il renvoie la lumière, répand des arômes pleins d'élégance...

Le mot "cordonnier" est, d'ailleurs bien lié à cette matière noble, puisque ce nom vient de l'ancien français "cordoan, cuir de Cordoue"... Cordoue, ville espagnole, dont le cuir était, autrefois, très réputé !

Voilà une origine étonnante, et pleine d'éclats ! Une origine qui nous emmène en Andalousie, près du Guadalquivir... Cordoba, ville ibérique, au passé prestigieux !

Ville du cuir, du textile, du papier et des livres, Cordoue a rayonné de toutes ces activités, par le passé.

Et voilà qu'un simple cordonnier fait surgir des images d'une ville somptueuse, aux jardins bordés par le Guadalquivir !

Voilà qu'un simple cordonnier nous fait rêver à des paysages lointains, pleins de charmes et de poésie !

Cordoue, ville du sud de l'Espagne, Cordoue, ancienne ville romaine, Cordoue ville musulmane au patrimoine si riche et si divers !

Cordoba au nom si éclatant, avec sa voyelle "o" redondante ! Le Gualdalquivir, terme empreint d'exotisme, nous fait voyager vers des rives lointaines...




https://youtu.be/HagdXFPNghE


 
 

Petit cordonnier, tu me fais tourner la tête !
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 18:01
Le gigantisme moderne...

 

 

 

Par curiosité, je suis allée voir, ces jours-ci, le rayon "télévisions" dans un grand magasin, et là, comme ailleurs, c'est le règne du gigantisme qui s'impose : des écrans "led" impressionnants, ultra-plats, certes, mais aux dimensions écrasantes.


Qui peut avoir envie d'acquérir des appareils si envahissants ?

Pour ma part, je me refuse à une telle mégalomanie, à cette gabegie technologique, qui n'a aucune utilité.

En passant dans les allées du magasin, on se sent comme écrasé par cette débauche d'écrans surdimensionnés. C'est un monde effrayant où les écrans dévorent l'espace, où les objets s'emparent de l'environnement, où l'on se sent minuscule...


Des téléviseurs de plus d'un mètre, parfois un mètre cinquante, qui sont si encombrants qu'on en est, à la fois, étonné et inquiet.

Pourquoi tant de démesure et d'hybris ? Notre monde est déjà envahi d'écrans en tous genres : tablettes, ordinateurs, téléphones... Pourquoi fabriquer des téléviseurs de cette dimension surhumaine ?

Bientôt, on ne trouvera plus de télévisions de dimensions modestes, on nous imposera une démesure dont nul n'a besoin.

Les voitures ont, aussi, tendance à prendre du volume : les nouveaux modèles sont souvent beaucoup plus imposants que les anciens...

Et là encore, on nous oblige à une sophistication, une démesure dont nous ne voulons pas.

Les fabriquants seraient bien inspirés, s'ils veulent vendre leurs produits, de laisser le choix aux consommateurs d'une certaine modestie, d'une certaine modération et même d'une discrétion bienvenue, en maintes circonstances...

Non, je n'aime pas l'excès, la démesure, je suis favorable à un monde qui garde des dimensions humaines.

Refusons d'acheter n'importe quoi ! Refusons un progrès qui est parfois néfaste, où le clinquant l'emporte sur la commodité des objets.

La 3 D, la smart TV, les écrans incurvés, trop de sophistication annihile le plaisir, restons dans une certaine authenticité...

Cette complexité grandissante est inquiétante, elle peut même créer des problèmes de pannes.

Le gigantisme s'impose, dans bien des domaines : les grandes surfaces deviennent démesurées, les "boutiques" d'autrefois perdent de leur caractère intimiste : les locaux donnent une impression impersonnelle, ils ont des dimensions écrasantes et l'on s'y sent, parfois, mal à l'aise.

Les miroirs, eux-mêmes, s'étalent jusqu'aux plafonds et paraissent encombrants, inutiles...

Ce gigantisme moderne révèle, aussi, nos sociétés : une envie de briller, de dominer s'empare des consommateurs et ils se laissent appâter par ces produits hors normes, ils se laissent happer par cette démesure qui envahit les magasins.


"Méden agan, rien de trop", disait un proverbe, en grec ancien : les excès sont néfastes, dans tous les cas, et un monde qui privilégie, ainsi, la démesure ne va-t-il pas à sa perte, inéluctablement ?


 

 

 

 

 

Le gigantisme moderne...
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 16:30
A la rencontre de Pétrarque et de René Char...



"Quiconques voit de la Sorgue profonde 
L'étrange lieu, et plus étrange source, 
La dit soudain grand merveille du monde, 
Tant pour ses eaux que pour sa raide course."

Maurice Scève

 



Pétrarque, René Char : mais qu'est ce qui peut réunir ces deux poètes qui appartiennent à des époques si lointaines et si différentes ?

Tous deux sont, en fait, liés à un site célèbre par ses hautes falaises rocheuses, ses eaux tumultueuses et limpides qui surgissent du coeur de la terre de Provence : Fontaine de Vaucluse...

Le poète italien Pétrarque séjourna près de 15 ans en Vaucluse où il fut attiré et ému par ce site d'exception.

René Char, quant à lui, est originaire de la région, puisqu'il est né en 1907, à l' Isle sur la Sorgue, et il a aimé passionnément ces lieux connus de tous.

Un musée, situé à l'entrée du site, est consacré à ces deux écrivains, Pétrarque et le poète René Char, son lointain successeur : une maison de style provençal, où l'on peut admirer des sols à l'ancienne, garnis de tomettes, un escalier en colimaçon, orné d'une balustrade en fer forgé.

Ce musée nous permet de découvrir ce poète inspiré que fut Pétrarque : on peut y admirer des dessins, des estampes et des tableaux représentant Pétrarque, Laure de Noves qui fut son inspiratrice, des paysages de Fontaine-de-Vaucluse, on peut découvrir des éditions anciennes des œuvres de Pétrarque et de pétrarquistes français et italiens, ainsi qu'une bibliothèque.

On est ému par ces ouvrages anciens, ces livres du passé, conservés précieusement dans ce musée...

C'est dans ce cadre que l’écrivain italien écrivit ses œuvres les plus célèbres dont ses fameux poèmes à Laure de Noves. Pétrarque situe la rencontre avec Laure dans le décor grandiose de Fontaine de Vaucluse. 

Mais c'est, en fait, dans la ville d'Avignon qu'il tombe amoureux fou de la jeune femme ; il éprouve pour elle un amour violent, idéalisé mais sans espoir, puisque Laure est mariée à Hugues de Sade, ancêtre du célèbre marquis... il écrit, alors, de nombreux sonnets sur ce thème. La mort de Laure, en 1348, lui inspire ses plus belles oeuvres. Il évoque la beauté de Laure, il raconte la mélancolie de leurs séparations successives et dépeint, aussi, cette nature où vécut sa bien-aimée.

Pétrarque, auteur du 14 ème siècle, fut un grand humaniste, nourri de culture antique, il apprit le latin, et fut largement influencé par des auteurs comme Cicéron, Sénèque, ou Virgile...

Pétrarque inspira, aussi, de nombreux autres auteurs : il est à l'origine de ce mouvement littéraire nommé "le pétrarquisme", fondé sur l'imitation, un amour idéalisé, des images et des métaphores qui insistent sur la force de la passion amoureuse.

 Les poètes français de la Pléiade ont, d'abord, imité Pétrarque, avant de s'en détacher...

Quant à René Char, originaire de la région, il sut magnifier, dans ses poèmes, les eaux de la Sorgue et de Fontaine de Vaucluse : 

« Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer.

Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux,
De l'ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau.

Rivière au cœur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon. »

René Char a, comme Pétrarque, chanté l'amour, l'a parfois vécu, mais l'a également idéalisé.

René Char, a, comme Pétrarque, lu et admiré des auteurs anciens, notamment Héraclite d'Ephèse.

Ainsi, ces deux poètes se rejoignent, par delà les siècles : tous deux férus de culture antique, tous deux amoureux de l'amour et d'un lieu fascinant, ils sont réunis dans ce musée qui se trouve à l'entrée du site de Fontaine de Vaucluse.

On voit se côtoyer, ici, des poèmes de René Char illustrés par Georges Braque, des ouvrages de Pétrarque...

Modernité, surréalisme et humanisme sont profondément liés, et se complètent dans ce musée très riche de documents divers : livres, peintures, dessins, poèmes...

 

 

Des poèmes de Pétrarque :

 

Béni soit le jour..
Béni soit le jour, bénis le mois, l'année
Et la saison, et le moment et l'heure, et la minute
Béni soit le pays, et la place où j'ai fait rencontre
De ces deux yeux si beaux qu'ils m'ont ensorcelé.


Et béni soit le premier doux tourment
Que je sentis pour être captif d'Amour
Et bénis soient l'arc, le trait dont il me transperça
Et bénie soit la plaie que je porte en mon coeur


Bénies soient toutes les paroles semées
A proclamer le nom de celle qui est ma Dame
Bénis soient les soupirs, les pleurs et le désir.


Et bénis soient les poèmes
De quoi je sculpte sa gloire, et ma pensée
Tendue vers elle seule, étrangère à nulle autre


Francesco Petrarca (1304-1374)



 

 



A LA FONTAINE DE VAUCLUSE
CANZONE
Eau claire, fraîche et bienfaisante
Où la dame, unique à mes yeux,
Baignait ses membres gracieux;
Gentil rameau sur qui sa main charmante,
Je tressaille à ce souvenir,
Se plaisait à se soutenir;
Gazon fleuri sur lequel s'étendirent
Sa jupe et son beau sein ; air pur où sans retour
Ses yeux adorables ouvrirent
L'accès de mon cœur à l'amour;
Soyez tous attentifs à ma plainte dernière.
Si tel doit être mon destin
Et si le ciel exauce ma prière
C'est en ces lieux, qu'à mes pleurs mettant fin
L'amour fermera ma paupière.
Si quelque honneur doit recouvrir encor
Parmi vous mon corps périssable,
Et si mon âme doit prendre l'essor
Vers sa demeure véritable,
Avec un tel espoir la mort
Dans ce pas incertain me sera moins pénible,
Car mon esprit lassé n'a pas de meilleur port
Et ma chair et mes os de fosse plus paisible.
Peut-être reverrai-je encore en ce séjour,
Comme autrefois dans un bienheureux jour,
Cette beauté cruelle et pourtant si charmante,
Elle tourne vers moi joyeuse et séduisante

Elle tourne vers moi joyeuse et séduisante
Ses yeux en me cherchant; elle voit se creuser
La terre et, n'écoutant que l'amour qui l'inspire,
Elle semble oublier le ciel et s'accuser,
Tant son cœur tristement soupire,
Et de son voile elle étanche ses pleurs.
Des beaux rameaux incessamment des fleurs
Pleuvaient sur son beau corps; assise et bienheureuse
On la voyait pourtant jouir modestement
De sa gloire et déjà cette pluie amoureuse
La recouvrait complètement;
Telle fleur se posait au bord du vêtement,
Telle autre sur ses tresses blondes,
Comme des perles sur de l'or;
Telle atteignait la terre et telle autre les ondes;
Et, plus audacieuse encor,
Telle autre, tournoyant lentement, semblait dire :
De l'amour c'est ici l'empire.
Combien de fois effrayé je me dis :
« Elle naquit sans doute au paradis. »
Son port divin, sa voix, ses traits et son sourire
M'avaient troublé l'esprit, tout m'était devenu
Incertain et confus, et j'en vins à me dire :
Comment suis-je en ces lieux, quand y suis-je venu ?
Me croyant dans le ciel; aussi dans mon délire
Sur ces gazons je me plais désormais
Et c'est là seulement que je trouve la paix.
 


 

 

 

Photos : rosemar

Le site de Fontaine de Vaucluse sur une gravure ancienne

Le site de Fontaine de Vaucluse sur une gravure ancienne

Poème de René Char illustré par Georges Braque

Poème de René Char illustré par Georges Braque

Laure de Noves

Laure de Noves

La paix du soir  poème de René Char La paix du soir aborde chaque pierre y jette l’ancre de douleur Puis vient la nuit grosse de batailles.

La paix du soir poème de René Char La paix du soir aborde chaque pierre y jette l’ancre de douleur Puis vient la nuit grosse de batailles.

Poème de René Char

Poème de René Char

A la rencontre de Pétrarque et de René Char...
A la rencontre de Pétrarque et de René Char...
A la rencontre de Pétrarque et de René Char...
Le musée

Le musée

La Sorgue à Fontaine de Vaucluse

La Sorgue à Fontaine de Vaucluse

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