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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 12:58
Le lutrin, un mot empli de mystères...

 



Le mot "lutrin" nous intrigue : que signifie ce nom qui chante avec sa voyelle nasalisée finale ? Terme peu employé, associé à la liturgie et à la religion, ce nom apparaît d'autant plus mystérieux et étrange...

Le "lutrin", voilà un mot qui semble lointain, obscur, opaque : qui possède un lutrin, qui s'en sert ?

Bel objet en bois luisant, le lutrin brille de ses reflets dans les églises... éclairé par des cierges, le lutrin nous fait voir ses veines boisées, il reçoit le livre sacré, à l'épaisse reliure, aux odeurs de papier ancien.

Objet religieux, sur lequel on pose le livre saint, le livre par excellence, la Bible, le lutrin permet la lecture...

Le radical du mot vient du verbe latin, "legere, lire", auquel on a ajouté un suffixe à valeur d'instrument, -trum.
Le lutrin nous fait accéder à des lieux sacrés, à des lectures chargées de symboles, à une ambiance feutrée, remplie de mystère, des odeurs d'encens, d'eau bénite, des obscurités apaisantes...

Ce mot empreint de rareté, aux sonorités de dentale, de gutturale, à la voyelle finale nasalisée nous fait rêver.

Placé dans la pénombre, il éveille la curiosité, il suscite l'intérêt, on a envie de tourner le pages du livre sacré, de sentir sous les doigts, le lourd papier, de déchiffrer certains messages.

Les chants liturgiques résonnent, alors, dans les replis des ténèbres...

Chants de Noel, chants de fêtes... On perçoit des airs connus et mystérieux à la fois, Adeste fideles, Veni creator, Gloria.

Chants en latin, aux éclats de consonnes, ces musiques nous éblouissent, nous exaltent...

Choeurs célestes, ces chants nous apaisent aussi, et nous apportent un réconfort.

Le lutrin associé à des éclats de musique, à des chants de Noël nous permet d'accéder à une forme de pureté originelle, celle de voix célestes, au charme envoûtant...


 

http://youtu.be/EAxT6GcXYQw



http://youtu.be/2Yquo5W8YBw


 


 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 15:35
Au pied du sapin, quelques branches...

 

 



Au pied du sapin, quelques branches coupées répandent leurs senteurs de résines, des odeurs boisées, des sucs de Noël... aussitôt des parfums de l'hiver se répandent : sous-bois, forêts, éclats de pignes et d'aiguilles de pins.

Les aiguilles étalent des palmes de vert, les branches  chargées et lourdes brillent d'un vert éclatant.

Les aiguilles forment des pinceaux de lumières, des entrelacs, sur les branches droites, elles exhalent des douceurs ambrées, un univers fait de bois, de mousse, de feuilles, de sentiers sous le vent de l'hiver.

Les aiguilles nous font voir des paysages, des arbres, des pins, des jardins aux pierres de mousse, une campagne sauvage, des chemins pentus, des pierres qui roulent sous nos pas...

On touche l'éclat épicé des senteurs de pins, on voit le toucher soyeux des aiguilles, on sent l'éclat doré des branches, on saisit la splendeur des brindilles satinées.

On admire les fuseaux de vert, les fils soyeux de verdure, on en perçoit les effluves si subtils.

Les aiguilles rutilent, semées d'étincelles de vif éclair, les aiguilles se dispersent sur les branches, formant des épis sauvages...



 

 

 

 

Photo : rosemar

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 10:53
Un étalage de Noël sulfureux... (Zola, Le ventre de Paris)

 



Dans son roman Le ventre de Paris, Zola dépeint le monde des Halles, son opulence, ses couleurs, ses bruits et ses clameurs : l'abondance de la nourriture montre le contentement des bourgeois qui peuvent se remplir le ventre, alors que les gens du peuple vivent, souvent, dans la misère.

Dans un extrait de ce roman, Claude Lantier, qui sera plus tard le peintre de L'Oeuvre, évoque une de ses "réalisations artistiques", quand il recompose l'étalage d'une charcuterie, pour les fêtes de Noël.

Ainsi, le peintre refait la devanture, comme s'il s'agissait d'une véritable oeuvre d'art,  il dénonce, à cette occasion, ce que l'on peut appeler "la goinfrerie" du réveillon de Noël, et montre que l'artiste est souvent un être à part, éloigné de la foule.

 

Voici le texte :

..." Voulez-vous que je vous dise quelle a été ma plus belle oeuvre, depuis que je travaille, celle dont le souvenir me satisfait le plus ? C'est toute une histoire... L'année dernière, la veille de la Noël, comme je me trouvais chez ma tante Lisa, le garçon de la charcuterie, Auguste, cet idiot, vous savez, était en train de faire l'étalage. Ah ! le misérable ! Il me poussa à bout par la façon molle dont il composait son ensemble. Je le priai de s'ôter de là, en lui disant que j'allais lui peindre ça, un peu proprement. Vous comprenez, j'avais tous les tons vigoureux, le rouge des langues fourrées, le jaune des jambonneaux, le bleu des rognures de papier, le rose des pièces entamées, le vert des feuilles de bruyère, surtout le noir des boudins, un noir superbe que je n'ai jamais pu retrouver sur ma palette. Naturellement, la crépine, les saucisses, les andouilles, les pieds de cochon panés, me donnaient des gris d'une grande finesse. Alors je fis une véritable oeuvre d'art. Je pris les plats, les assiettes, les terrines, les bocaux ; je posai les tons, je dressai une nature morte étonnante, où éclataient des pétards de couleur, soutenus par des gammes savantes. Les langues rouges s'allongeaient avec des gourmandises de flamme, et les boudins noirs, dans le chant clair des saucisses, mettaient les ténèbres d'une indigestion formidable. J'avais peint, n'est-ce pas ? la gloutonnerie du réveillon, l'heure de minuit donnée à la mangeaille, la goinfrerie des estomacs vidés par les cantiques. En haut, une grande dinde montrait sa poitrine blanche, marbrée, sous la peau, des taches noires des truffes. C'était barbare et superbe, quelque chose comme un ventre aperçu dans une gloire, mais avec une cruauté de touche, un emportement de raillerie tels que la foule s'attroupa devant la vitrine, inquiétée par cet étalage qui flambait si rudement... Quand ma tante Lisa revint de la cuisine, elle eut peur, s'imaginant que j'avais mis le feu aux graisses de la boutique. La dinde, surtout, lui parut si indécente qu'elle me flanqua à la porte, pendant qu'Auguste rétablissait les choses, étalant sa bêtise. Jamais ces brutes ne comprendront le langage d'une tache rouge mise à côté d'une tache grise... N'importe, c'est mon chef-d'oeuvre. Je n'ai jamais rien fait de mieux."


On perçoit toute l'actualité de cet extrait : les fêtes de Noël arrivent et on voit les magasins se remplir de victuailles, alors que certains ont des difficultés à survivre, dans un monde où règnent précarité et chômage.

L'étalage devient, d'abord, sous la main du peintre, une véritable oeuvre d'art...

Le vocabulaire pictural est particulièrement présent : "oeuvre, couleurs, nature morte, j'avais peint, peindre, tons vigoureux".

La composition du tableau permet de juxtaposer des couleurs vives et contrastées qui attirent tous les regards : "rouge, jaune, bleu, rose, vert, noir, gris". On peut percevoir des nuances d'une même teinte : "rouge et rose, noir et gris". On pense, ici, à la technique des peintres impressionnistes, faisant appel à à des touches de couleurs vives ou nuancées. Le tableau met en vedette "une grande dinde" qui apparaît au sommet de l'oeuvre.

Le peintre est lui-même satisfait de son tableau, comme le montrent les termes hyperboliques  :"ma plus belle oeuvre, c'est mon chef d'oeuvre, je n'ai jamais rien fait de mieux".

Mais l'oeuvre d'art comporte, surtout, une fonction dénonciatrice car elle délivre un message...

L'artiste fustige la "gloutonnerie" du réveillon : les mots énumérés au pluriel montrent l'abondance démesurée de la nourriture : "langues, jambonneaux, pièces, boudins, saucisses, andouilles, pieds de cochons.."

De plus, Lantier se livre à une satire acerbe de la société et de la religion : la fête religieuse de Noël se réduit à la représentation d'une consommation frénétique, le champ lexical de la nouriture est amplement développé, la dinde elle même, au centre du tableau devient une parodie des images traditonnelles des saints : la dinde est entourée comme d'une auréole, une "gloire", dans le texte...

Par des rapprochements de mots audacieux, Zola montre que la religion n'est qu'un prétexte à faire ripaille : le corps et l'esprit sont réunis dans certaines expressions : "heure de minuit donnée à la mangeaille", "goinfrerie des estomacs vidés par les cantiques", "ventre aperçu dans une gloire".

Les termes employés sont fortement péjoratifs :"mangeaille, goinfrerie"...

Enfin, la thématique du "feu" rend ce tableau particulièrement sulfureux : "cet étalage qui flambait, j'avais mis le feu..." On songe aux flammes de l'enfer où officie le diable...

Les objets semblent s'animer dans la devanture, comme pour suggérer le péché, la tentation : "Les langues rouges s'allongeaient avec des gourmandises de flamme, et les boudins noirs, dans le chant clair des saucisses, mettaient les ténèbres d'une indigestion formidable." La nourriture semble dominer les hommes, les attirer irrésistiblement.

La "dinde", elle même, qui montre "sa poitrine blanche" fait songer à des nus impudiques, peints par Manet.

Devant la force dénonciatrice de ce tableau, on perçoit l'inquiétude de la foule, et même la "peur" d'un des personnages, la tante du peintre, Lisa.

Les commentaires de Lantier sur le garçon boucher qui a composé l'étalage comportent des termes dévalorisants marquant l'incompréhension, la distance qui sépare l'artiste des gens ordinaires : "cet idiot, le misérable, la façon molle dont il composait son ensemble."

Ainsi, l'artiste apparaît comme un être isolé, éloigné de la foule, du commun des mortels : il dénonce, il fait peur, et révèle le monde...

 

Cet extrait fait songer à un tableau impressionniste : cet étalage "barbare et superbe", aux violents contrastes de couleurs, peut évoquer certaines peintures de Renoir ou de Cézanne.

On peut, aussi, constater toute la modernité de ce texte : la "goinfrerie" de Noël est de plus en plus grande, alors que cette fête religieuse célèbre, à l'origine, la naissance d'un enfant divin dans un cadre modeste et humble. 


 

 

 

 

Un étalage de Noël sulfureux... (Zola, Le ventre de Paris)
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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 16:38
Nous devenons des marionnettes...

 


Le mot "marionnette" issu du prénom Marion, diminutif de Marie, désignait à l'origine une petite figurine de la Vierge. Ce terme a donc des origines religieuses, mais on connaît le sens actuel de ce nom : une figurine que l’on fait mouvoir, ordinairement par des fils, quelquefois par des ressorts, quelquefois simplement avec la main.

La marionnette est un jouet merveilleux pour des enfants, car elle permet une créativité : on peut inventer des histoires, des personnages, les faire se mouvoir, les faire parler.

On peut fabriquer des marionnettes en chiffons, avec des morceaux de bois articulés, des bouts de tissus.

On peut créer de véritables petites pièces de théâtre, les mettre en scène dans un décor...

Ce mot, avec son suffixe de diminutif, renvoie bien à l'enfance : labiale initiale, gutturale, dentale, voyelles variées, "a", "i", "o", la marionnette semble virevolter sans cesse et s'agiter sous nos yeux : image de mobilité permanente, pirouettes, envols...

Personnages mécanisés, les marionnettes symbolisent, aussi, une forme de manipulation.

Ne sommes-nous pas tous des marionnettes ? Manipulés par les médias, par la société de consommation, conditionnés pour acheter, nous devenons, souvent, des pantins dans une société de masse.

Nous sommes comme mus par des ressorts : nous subissons l'envahissement des écrans, nous sommes comme happés par les médias, les portables, les ordinateurs.

Nous sommes dépendants d'ojets divers dont nous ne pouvons plus nous passer : voiture, télévison, ordinateur, tablettes...

Véritables marionnettes des temps modernes, nous ne réfléchissons plus par nous mêmes, nous devenons des objets, des jouets facilement manipulables.

Les médias nous façonnent, nous formatent, et même si nous sommes abreuvés d'informations, nous n'avons plus le temps de faire le tri, de choisir.

Les publicités font de nous des pantins de la consommation : nous sommes conditionnés pour gagner de l'argent et le dépenser le plus rapidement possible.

Les hommes politiques nous manipulent sans cesse, par des discours trompeurs et fallacieux : vaines promesses qui ne sont jamais tenues.

Nous devenons des jouets, nous ne savons plus vers qui nous tourner pour ne pas être manipulés.

Oui, nous sommes tous des marionnettes : sans cesse surveillés, épiés, nos faits et gestes semblent être contrôlés.

Il nous faut réagir contre cet envahissement des médias, par la lecture, la culture, l'ouverture sur les autres...

Il nous faut préserver nos libertés de penser, de juger, de réfléchir.

 




 

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 17:08
Quand les labos font leur pub...

 


On a vu apparaître, ces derniers temps, des publicités pour les laboratoires pharmaceutiques : elles se font de plus en plus présentes, sur les médias et elles mettent en valeur l'idée de "confiance"...

"Lorsque l'on fait quelque chose les yeux fermés, c'est que l'on est parfaitement sûr, parfaitement sûr de l'autre, et quand on prend un médicament, ce sentiment est essentiel"... Tel est le message que l'on peut entendre, au cours d'une de ces publicités pour le laboratoire Biogaran.

Or, si certains médicaments sont bénéfiques et constituent des progrès, d'autres génèrent des effets secondaires terrifiants, et il faut les manier avec les plus grandes précautions.

Certaines de ces substances sont, même, en vente libre, et présentent des dangers graves pour la santé.

C'est le cas de l'ibuprofène qui, pris à fortes doses, peut entraîner des maladies cardio-vasculaires, notamment une accélération du rythme cardiaque...

Ce même "médicament" peut détruire la flore intestinale.

Les publicités qui visent à promouvoir des laboratoires devraient être interdites : les médicaments ne devraient pas être des produits commerciaux, sur lesquels on fait du profit.

Or, c'est bien ce qui se passe : les labos lancent des médicaments de plus en plus chers, en font la promotion auprès des médecins qui sont intéressés par ce marché.

La médecine devient une grande affaire commerciale, les médicaments sont, parfois, mis sur le marché, sans recul sur les conséquences possibles de ces substances.

Comment peut-on parler, dès lors, de "confiance" ?

Quand le domaine médical devient une affaire de marketing, que les laboratoires ont pour principal objectif de faire du profit, en vendant le plus grand nombre de médicaments, on est en droit de s'interroger sur la fiabilité du système...

Dans une société où l'argent est roi, où les scandales sanitaires commencent à surgir et se multiplier, il est temps de réagir et de refuser un tel conditionnement publicitaire.

Prendre des médicaments les yeux fermés, comme le suggère la publicité d'un de ces laboratoires ? Sûrement pas !

Il est indispensable de lire attentivement les notices, de s'informer, avant toute prise de substances médicamenteuses.


Il serait nécessaire d'interdire toute publicité pour des produits dont on connaît les dangers : les patients devraient, d'ailleurs, être mieux informés sur ces substances et leurs effets délétères.


https://youtu.be/vQ9oBlzw_Qw


 http://dai.ly/x7rjui

 Un reportage sur ces "médicaments" :


 http://www.francetvinfo.fr/sante/medicament/sante-des-medicaments-du-quotidien-a-proscrire_1204119.html





 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 17:08
Les enseignants sous la menace de Daesh...

 

 

Les enseignants qui délivrent des connaissances, qui s'attachent à cultiver la réflexion deviennent les cibles des terroristes de Daesh.

Les professeurs, victimes d'incivilités de la part des élèves, parfois, des parents, sont aussi en butte à la vindicte des islamistes.

Dans le dernier magazine publié par Daesh, les islamistes s'en prennent à notre école, où seraient enseignées de fausses valeurs, comme la tolérance, le respect d'autrui.

Symboles de culture, de transmission des savoirs, voilà les enseignants mis en cause par des individus qui se réclament d'une religion et d'une foi empreintes de fanatisme.

Comment ne pas voir, là, une négation même de notre civilisation fondée sur l'esprit des lumières, la connaissance, la curiosité ?
Comment ne pas y voir une atteinte à ce qui est l'essence même de nos sociétés ?

Les enseignants ont à coeur de former des élèves, de leur inculquer un esprit critique, de transmettre des savoirs.
En face, c'est l'obscurantisme qui cherche à s'imposer, une force aveugle, meurtrière, qui méprise tout ce qui n'appartient pas au domaine religieux.
Le fanatisme est à l'oeuvre : il fait fi de la culture, de l'humanisme, de l'histoire.

Ce fanatisme déclare la guerre à notre école, s'attaque aux enseignants, à la laïcité, à toutes les valeurs portées par l'éducation et par des enseignements formateurs et essentiels.

L'école, symbole de la laïcité, est visée par des terroristes qui propagent une idéologie mortifère.
L'école, elle, est à l'inverse : elle représente la vie, l'avenir, une envie de découvrir et de s'ouvrir aux autres.
S'attaquer aux enseignants, aux savoirs, c'est s'attaquer à la vie, à la notion même d'épanouissement personnel, c'est viser une institution de la république qui est essentielle.

Nos sociétés sont fondées sur l'école, l'acquisition des savoirs et d'une autonomie de la pensée.
C'est cette école qu'il faut défendre plus que jamais, c'est cette école qu'il faut conforter et consolider, en insistant encore et toujours sur la valeur de la culture, qui est au centre de nos sociétés.

Les parents, les institutions doivent être solidaires des professeurs, eux qui jouent un rôle essentiel dans la formation des élèves.

Et surtout, il importe de ne jamais sacrifier la culture, en supprimant des savoirs fondamentaux, comme le latin, le grec si formateurs.

L'école se doit d'être exigeante dans son enseignement : c'est toute notre culture qui est en jeu.


 



 

Les enseignants sous la menace de Daesh...
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 16:38
Un curieux sapin de Noël...

 

 


Noël approche et l'on découvre, avec un bonheur renouvelé, les nouveaux sapins de Noël, dans les magasins, dans les rues.

Certains sont magnifiques et restent dans la tradition de Noël, avec des boules colorées, des étoiles, des guirlandes étincelantes...

D'autres, en revanche, semblent cultiver le mauvais goût et une tendance kitsch assez inquiétante : on y voit de gros papillons bleus, des boules de couleur noire, des guirlandes lumineuses tapageuses.

Des papillons ornés de strass s'étalent sur les branches, avec démesure.

D'énormes papillons bleus sur un arbre de Noël ! Comment ne pas s'en étonner ? 
De telles décorations  peuvent-elles encore faire rêver à la magie de Noël ?

On a tendance, de plus en plus, à vouloir moderniser nos traditions, ou à les oublier.
Pourtant, certaines traditions ne sont-elles pas essentielles ? Elles sont sources de bonheur, et d'harmonie, elles nous relient au passé, à nos parents, nos grands-parents.

Avec de telles décorations, on en vient à oublier ce qui fait la spécificité de Noël, une fête associée à l'hiver, une fête où l'on célèbre un renouveau, un espoir possible.

Le bleu, le noir qui se côtoient donnent un air sinistre à ces nouveaux sapins de Noël...

Oubliées les couleurs vives et chaudes pour ensoleiller l'hiver ! Oubliés les chaussons de Noël suspendus à l'arbre ! Oubliées les étoiles, symboles de la fête de Noël !

Ces sapins synthétiques ornés dans une tendance moderniste sont une façon de renier certaines coutumes essentielles.

J'aime ces traditions qui nous rattachent à notre passé : les crèches provençales en font partie, et dans nombre de foyers, on peut voir cette tradition respectée.

Et là, encore, les santons de Provence, en argile, petites figurines peintes de couleurs nous permettent de rester dans ces traditions.

Pourquoi vouloir innover dans ces usages anciens ? Et surtout, pourquoi tant de clinquant et de mauvais goût ?

Certains aiment tant le bling bling du monde moderne qu'ils en viennent à le transposer partout, en toutes circonstances...

Vive les sapins de Noël d'autrefois, avec leurs décorations de rouge et d'or, leurs guirlandes argentées, leurs bonnes odeurs de bois et de mousses !



 

 

 

Photos : rosemar

Un curieux sapin de Noël...
Un curieux sapin de Noël...
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 16:26
Une libellule sur le rideau...

 

 

 

Une libellule vient de se poser sur le rideau de la fenêtre entrouverte : elle se laisse bercer par le doux mouvement du tissu....

 

Sur la blancheur de la toile tissée, la libellule nonchalante semble goûter, savourer, même, la douce caresse du soleil de l'automne.

Corps effilé, ailes diaphanes aux éclats de noir, la libellule paresse, elle fait admirer, sur les fils blancs du rideau, sa silhouette élancée de danseuse, un fuseau brun si subtil.

Les quatre ailes tissent des dentelles fines, légères, translucides, des filoselles évanescentes, autour de la demoiselle.

Les quatre ailes se dessinent à peine, sous le soleil qui illumine le rideau...

Le rideau se soulève légèrement, dans un balancement apaisé : la libellule se donne en spectacle !

 

Sur le tissu blanc de lys, ses formes graciles se détachent avec harmonie et tant de délicatesse !

Immobile, impassible, telle une reine lumineuse, elle fait admirer les éclats dorés de sa parure.

 

Figée, les quatre ailes croisées, elle s'empare des rayons lumineux, elle les fait miroiter...

Dans le lointain, des oiseaux célèbrent, de leurs trilles, la douceur de l'automne.

 

 

 

 

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Published by rosemar - dans nature automne poésie
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 15:51
J'ai fait un rêve merveilleux...

 

 

 

Un prénom "Ramona" reste dans la mémoire de chacun d'entre nous, grâce à cette chanson que tout le monde a entendue ou fredonnée, un jour.

Un prénom plein de charmes grâce à des sonorités redondantes et contrastées : la voyelle "a" réitérée, comme dans un écho, la gutturale "r" assez âpre, et la labiale "m", empreinte de sensualité et de séduction...

Un prénom associé à "un rêve merveilleux", un rêve de bonheur à deux, un rêve de voyage comme le suggèrent les verbes de mouvement : "Nous étions partis, nous allions..."

L'emploi de la première personne du pluriel "nous" réunit les deux amoureux dans une harmonie bienheureuse.

Et l'amour semble devoir éviter les "regards jaloux", pour être vécu pleinement...

Ainsi, les "deux amants" ont connu, dans ce rêve, un bonheur idéal, une sorte d'absolu, comme le montrent l'adverbe  de temps "jamais" et l'adverbe d'intensité "plus":

"Et jamais deux amants 
N'avaient connu de soir plus doux."


L'amoureux peut aimer, avec une plénitude de sensations visuelle, olfactive, et avec toute sa sensualité :"Ramona, je pouvais alors me griser 
De tes yeux, de ton parfum, de tes baisers..."

Le poète ne rêve que de retrouver ces moments vécus autrefois.

La simplicité du texte, de la syntaxe, du vocabulaire, sa brièveté nous séduisent, la mélodie très enlevée traduit un bonheur plein de légèreté, celle d'un rêve...

On est comme emporté par cet air empli de gaieté.

Mon père fredonnait, souvent, cette chanson, comme, d'ailleurs, d'autres chansons interprétées par Tino Rossi.

Et quand j'entends cette mélodie, ressurgissent des souvenirs d'autrefois...

Ce prénom "Ramona" quelque peu oublié, doit évoquer, pour beaucoup de gens, cette chanson au rythme balancé et radieux...

La mélodie pleine d'entrain nous transporte dans un univers idéal, celui du rêve...

Cette chanson a été écrite par Gilbert Wolfe, en 1927, dans une première version, en anglais, Mabel Wayne en a composé la musique, pour un film de Edwin Carewe, intitulé Ramona. Traduite en français, elle a été rendue populaire en France par Tino Rossi et de nombreux autres chanteurs, comme Patrick Bruel.

 

 

La version originale chantée par Dolorès Del Rio dans le film Ramona : 

 

https://www.youtube.com/watch?v=7WXASMlUvV8

 

 

 

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Published by rosemar - dans chanson poésie musique
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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 09:53
Petite pelote de laine soyeuse...

 

 



"Un oiseau s'est posé sur mon balcon, un instant de bonheur gracile et fragile... Un petit oiseau aux couleurs noires et cendrées, transi par le froid s'est posé sur la balustrade de mon balcon, prenant quelques instants la pose, sous mes yeux éblouis et ébahis...
 
Dans la splendeur de l'hiver glacial, l'oiseau en quelques bonds agiles a traversé l'espace...
 
Soudain, le cadre de ma fenêtre est devenu le cadre d'un merveilleux tableau, aux couleurs d'azur, sur lequel se détachait l'oiseau sombre et frêle.
 
L'oiseau s'est ensuite envolé mais est resté là, gravé dans ma mémoire, image de splendeurs, de rêves, de voyages. L'oiseau s'est envolé mais je revois sa silhouette légère de plumes irisées par le soleil... l'oiseau s'est échappé... et a laissé sa forme et sa rondeur de plumes dans mon esprit, petite pelote de laine soyeuse et grise, soie duveteuse si douce et si frêle."

C'est ainsi que je décrivais, dans un de mes articles, l'apparition d'un oiseau sur la balustrade de mon balcon, un matin d'hiver.

Le mot "pelote" évoque, souvent, une forme ronde, celle d'un petit oiseau, aux plumes légères.
Ce nom familier nous charme, avec sa labiale, pleine de séduction et d'attrait, avec sa dentale, aux éclats lumineux.

La pelote suggère des souplesses de laines, aux teintes variées, des fils soyeux, ondoyants, des enroulements voluptueux, des formes pleines de douceurs.

Les oiseaux, les nuages font songer à des pelotes soyeuses et délicates, la mousse des bois nous fait admirer, parfois, des pelotes irisées de verts et d'ocres.

Certaines fleurs ressemblent à des pelotes, petites boules de couleurs claires, aux filaments légers.

Les aiguilles de pin deviennent, aussi, pelotes lumineuses, sous le soleil du midi...

Les pelotes de laine colorées servaient à confectionner, autrefois, des écharpes, des tricots, des bonnets, des chaussettes... et dorénavant, les pelotes ont tendance à disparaître, car l'art du tricot se perd peu à peu.

On n'entend plus le cliquetis des aiguilles à tricoter, le soir, et ce bruit familier s'efface...

La pelote évoque de petites formes, c'est, d'ailleurs, une formation ancienne de diminutif.

Le mot viendrait du latin "pilotta", diminutif du terme "pila", "la balle".

J'aime ce mot ancien, qui peut désigner des objets, des oiseaux duveteux, des végétaux qui s'ébouriffent de soies légères et délicates.

La pelote fait surgir des images élégantes, fragiles.

La pelote si douce évoque des idées pleines de finesse, elle nous parle de couleurs, mais aussi de légèreté, de souplesse.

Elle parle à nos sens visuel, tactile, elle nous fait toucher du doigt toute la tendresse du monde...



 

 

http://rosemar.over-blog.com/article-un-oiseau-s-est-pose-sur-mon-balcon-113892328.html

 

Petite pelote de laine soyeuse...
Petite pelote de laine soyeuse...
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