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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:37
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...

 


Une exposition intitulée De bronze et de pierre, organisée par le musée archéologique, a lieu à la Chapelle des Jésuites, à Nîmes...

On peut y admirer des statues de divinités, Apollon, Vénus, Minerve, Hermès, et, aussi, le dieu gaulois Sucellus, qui a été intégré dans la religion romaine : dieu de la vie et de la mort, des récoltes et des troupeaux, Sucellus avait des dons et des attributions multiples : il ressuscitait les mortels avec son maillet, il protégeait les vignes, les tonneliers, les bûcherons. Il était, aussi, le dieu des forêts, des plantations et même de la bière... Il est représenté vêtu d'une tunique gauloise, ceinturée à la taille, formant des plis.

Cette exposition permet de voir des bustes de personnages divers, célèbres ou anonymes... on a, là, aussi, l'occasion d'apprécier de nombreux détails de la sculpture antique : des drapés harmonieux, des coiffures aériennes et sophistiquées, des stèles, des inscriptions...

Une stèle funéraire retient, plus particulièrement, l'attention : un bas relief de Julius Hesychus et de Julia Thalusa, où l'on entrevoit des signes plus ou moins ostentatoires de réussite sociale pour des affranchis de l'époque : la toge pour le personnage masculin, et de riches boucles d'oreilles pour sa compagne.

On admire, aussi, au passage, une statue d'un enfant portant affectueusement un chien, le torse d'un pêcheur, celui d'un berger.

Des personnages importants, comme l'empereur Tibère côtoient, ainsi, des statues de gens humbles, modestes, des anonymes.


Certains débris de statues sont l'occasion de voir tout l'art romain dans la représentation du corps humain, des pieds dont on perçoit le mouvement, des torses, des coiffures très sophistiquées avec des cascades de boucles.

On peut s'attarder devant la représentation d'une apothéose, et différentes statues pleines d'expressivité : Hermès, silènes, satyres.

Divinités personnifiant l'ivresse, les satyres et les silènes se confondent souvent dans les mythologies antiques : représentés sous la forme de vieillards, au ventre bedonnant, ou avec des pattes, des cornes de bouc, ils symbolisent une sensualité débordante.

L'exposition permet de voir différents aspects de l'art romain : tantôt familier, tantôt plus raffiné, ou pompeux et imposant.

On peut apprécier des scènes familières : une danseuse, aux drapés harmonieux, ou encore une porteuse d'eau, au regard profond et expressif.

Le marbre, le bronze produisent des effets contrastés dans les teintes, le blanc côtoie des couleurs mordorées et sombres.

Le cadre lui-même de l'exposition mérite une mention particulière, un édifice du 17 ème siècle, la Chapelle des Jésuites, aux ogives imposantes, à la lumière diffuse.


Un parcours tactile est possible, grâce à des reproductions accessibles aux visiteurs, ce qui permet de toucher les objets, d'en percevoir les contours.


Cette exposition est visible jusqu'au 31 octobre, à la Chapelle des Jésuites, à Nîmes...



http://www.objectifgard.com/2015/07/03/nimes-exposition-de-bronze-et-de-pierre-a-la-chapelle-des-jesuites-du-04-juillet-au-31-octobre-2015/



    

 

 

 

Photos : rosemar

Le dieu gaulois Sucellus  auteur : Siren.com       creative commons

Le dieu gaulois Sucellus auteur : Siren.com creative commons

Apollon

Apollon

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Femmes romaines

Femmes romaines

Stèle dédiée aux dieux Lares, les dieux du foyer

Stèle dédiée aux dieux Lares, les dieux du foyer

Femme romaine

Femme romaine

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Drapés

Drapés

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Pièces romaines

Pièces romaines

Drapé

Drapé

Torse musclé

Torse musclé

Stèle funéraire

Stèle funéraire

Statue  de la déesse Fortuna avec une corne d'abondance

Statue de la déesse Fortuna avec une corne d'abondance

Femme romaine à la coiffure sophistiquée

Femme romaine à la coiffure sophistiquée

Une apothéose

Une apothéose

Le dieu Silène

Le dieu Silène

Une porteuse d'eau

Une porteuse d'eau

Une urne funéraire

Une urne funéraire

Danseuse

Danseuse

Portrait d'un stratège ?

Portrait d'un stratège ?

Portrait d'Anacréon ?

Portrait d'Anacréon ?

Un vieux pêcheur

Un vieux pêcheur

Torse d'un berger

Torse d'un berger

Pieds

Pieds

Cupidon tenant une oie : statue en ivoire

Cupidon tenant une oie : statue en ivoire

L'enfant au chien

L'enfant au chien

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Le dieu Hermès réduit à sa plus simple expression...

Le dieu Hermès réduit à sa plus simple expression...

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Reconstitutions de coiffures romaines

Reconstitutions de coiffures romaines

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Le cadre : la Chapelle des Jésuites à Nîmes

Le cadre : la Chapelle des Jésuites à Nîmes

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 15:44
Les beaufs existent, je les ai rencontrés...

 

 



Les beaufs existent, hélas ! Ces gens incultes, vulgaires, braillards, qui n'hésitent pas à user de plaisanteries lourdes et grossières, sévissent partout dans le monde...

Les beaufs aiment volontiers rabaisser les autres : c'est sans doute une façon, pour eux, de se hisser sur les sommets.

Imbus de leur propre vulgarité, ils étalent leur mépris : ils traitent volontiers les autres de "gros tocards", ils se moquent d'eux avec arrogance et hauteur, et ne perçoivent même pas leurs propres manques.

On les repère facilement : usant d'un vocabulaire outrancier, caricatural, ils s'attachent à dénoncer chez les autres une bêtise et une inculture qu'ils ne détectent même pas chez eux !

Ils fustigent des attitudes, des comportements dont ils se rendent eux-mêmes coupables : modèles d'inconscience et d'aveuglement, ils ne voient pas leur propre cécité.

L'aveuglement ! Le pire des défauts dénoncé, maintes fois, par Molière ! Combien d'Orgon, combien de de M. Jourdain pouvons nous repérer tout autour de nous ! La lucidité, la clairvoyance leur font cruellement défaut.

Gens bornés, ils répètent et répercutent inlassablement les mêmes idées...

Les beaufs existent : ils se complaisent et se vautrent dans la boue et la fange, leur plaisir est de dénigrer autrui, de rabaisser, d'avilir.

Le beauf devient même, volontiers, collabo, en des temps difficiles, car il aime bien cafarder et moucharder.

Le beauf se plaît dans les turpitudes, le dénigrement facile, l'agression, le ton vindicatif.

C'est l'archétype du bonheur satisfait et béat : il se complaît dans la nullité et la négation d'autrui.

Incapable d'aménité, de sensibilité, le beauf aime bien se retrouver parmi d'autres beaufs : les troupeaux de beaufs se regroupent, rivalisent de haines, de vulgarité, d'impolitesse...

Quand les beaufs prennent le pouvoir et ils l'ont déjà pris, c'est le règne de l'arbitraire, du mépris des autres qui s'instaure.

Quand les beaufs veulent s'imposer, ils multiplient les insultes : une invasion de beaufs, et c'est le règne de l'auto-satisfaction et de l'inconscience qui s'installe.

Quand la populace vitupère, elle ne réfléchit plus, elle se laisse aller au simple réflexe et suit le troupeau bêlant qui l'accompagne.

J'aime le peuple, sa diversité, son humilité, je suis moi-même issue du peuple, mais qui pourrait apprécier ou côtoyer une horde de beaufs avides de sensations, de haines, de mépris ?

Le sexisme, la violence, le désir de dominer autrui s'emparent de certains d'entre eux, au delà de toute mesure... 

Oui, la populace peut être vile, malveillante, sans raison : elle ne se contrôle plus, elle n'a plus de conscience et se libère de ses pulsions.

 

 

 

 

https://youtu.be/ru3pXyf5Yjo

 

 

Les beaufs existent, je les ai rencontrés...
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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 15:26
La tyrannie des mathématiques...

 

 

 

C'est une évidence : depuis des années, les sections scientifiques sont privilégiées dans nos sociétés, et les mathématiques permettent d'opérer une sélection dont on perçoit toute l'injustice et l'incohérence.

Dans les lycées, les classes de séries littéraires sont de moins en moins nombreuses et la plupart des bons élèves sont orientés vers les sections S, avec de nombreuses heures de mathématiques.

Quelle est cette aberration ? On peut ne pas avoir la bosse des maths et être tout à fait performant dans nombre de disciplines.

C'est, pourtant, bien une formation littéraire qui permet à l'être humain de mieux s'intégrer dans la société, de mieux comprendre le monde qui nous entoure, de mieux appréhender le présent tout en faisant référence au passé.

C'est d'ailleurs ce bagage littéraire qui fait défaut, de nos jours, à de nombreux adultes dont on repère assez vite les lacunes et les difficultés en grammaire, en orthographe, ou qui manquent de culture générale...

Oui, on peut parler d'une véritable tyrannie des mathématiques : de nombreux élèves seraient intéressés par des études littéraires, mais la pression des parents, de la société les conduit souvent à s'orienter vers des sections scientifiques jugées plus valorisantes et offrant plus de débouchés.

Il faut changer cette tendance qui conduit à appauvrir les séries littéraires, à les déprécier totalement, tendance d'autant plus dangereuse qu'elle anéantit tout un pan de notre culture.

Les lettres, la littérature, les langues anciennes ou vivantes, l'histoire sont des disciplines fondamentales et essentielles : or, elles sont de plus en plus négligées, mises au rebut.

Il suffit de voir le sort réservé au latin et au grec dans la nouvelle réforme des collèges pour comprendre que la primauté des mathématiques peut faire des ravages...

Selon le journal Le Point, "plus de 99 % des adultes n'utilisent que les notions de calcul enseignées avant le collège. Un peu d'honnêteté personnelle obligerait chacun d'entre nous à le reconnaître...", déclare le journaliste Didier Raoult.


En revanche, tout adulte a besoin de structures pour comprendre sa langue, la maîtriser, réfléchir sur le monde actuel.

Il serait temps de rétablir des équilibres perdus, depuis longtemps, dans notre enseignement : il n'est plus admissible que les classes de littéraires soient ainsi déconsidérées et méprisées.

Arrêtons de sacrifier des générations d'élèves sur l'autel des sacro-saintes mathématiques. Certes, nos sociétés font une large place à la technicité, à l'informatique, mais justement, il nous faut retrouver le sens de l'humain, des humanités que l'on a tendance à négliger.

Certains bons élèves sont même orientés vers des sections scientifiques, alors qu'ils ont du goût et des compétences pour des études littéraires : il faut encourager ces adolescents et leur donner la possibilité de s'épanouir dans une filière littéraire.



 

 L'article du journal Le Point : 

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/raoult-arretez-la-selection-par-les-maths-11-09-2015-1963909_445.php


Les enseignants se mobilisent contre la réforme des collèges :

 

https://www.snalc.fr/national/article/1642/


 


 



 

La tyrannie des mathématiques...
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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 14:46
Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...

 

 

 

Formes oblongues, couleurs lie de vin, les figues nous offrent des saveurs parfumées, des sucs de l'été, et en même temps des couleurs de l'automne...

La peau se marbre de lignes plus sombres qui encerclent le fruit. Des nuées légères semblent nimber ce fourreau obscur.

C'est la saison des figues !

L'intérieur se pare de petites graines aux réseaux infinis, le fruit recèle des filaments d'étoiles, des couleurs pourprées piquetées de blancs.

Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents, des résilles aux couleurs éclatantes...

La chair pulpeuse libère des fibrilles légères, vaporeuses.

Le mot, avec sa fricative initiale, "f", sa gutturale "gu" affiche, à la fois, tendresse et âpreté... tendresse des saveurs sucrées, âpreté des petites graines qui râpent le palais.

"Ficus" ! Le nom latin évoque les pays du sud, où poussent des figuiers à flancs de collines, sur des à-pics vertigineux.

L'ancêtre grec, "
σῦκον,  sukon", est, aussi, plein de charmes, avec ses sonorités de sifflante et de gutturale !

Les mots "sycomore" et "sycophante" rappellent cette forme grecque, à travers un nom d'arbre et celui moins sympathique d'un délateur, anciennement "celui qui dénonce les voleurs de figues" !

Car les figues ont toujours attiré et attisé les convoitises ! Qui n'en a jamais cueilli, sur les bords des chemins ?

La figue, le figuier ne sont-ils pas, aussi, liés aux paysages méditerranéens ?  Ces arbres aux feuillages épanouis sont nombreux, sur les rivages et les terres du sud.

Belles feuilles de figues découpées, dentelées où l'on pose les fruits de l'automne ! Verts profonds et teintes sombres se mêlent dans des harmonies et des tableaux somptueux.

Voici revenu le temps des figues, aux embruns de noirs !

Voici revenu le temps des saveurs plus âpres de l'automne !



 

 

 

Photos : rosemar

Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...
Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...
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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 15:32
Elle a cet indéfinissable charme...

 


Un bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson de Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
Qui nous fait sentir étrangement bien..."

On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
Que d'autres n'ont pas 
Qui nous met dans un drôle d'état..."

On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
Cet indéfinissable charme 
Cette petite flamme".

Des mots pleins d'intensité, "flamme,  charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
Sur des pianos 
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
"Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
Tu vois ça ne s'achète pas 
Quand tu l'as tu l'as..."

Le texte insiste bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...


 

 

 

Photo : rosemar

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 15:02
Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction...

 

 


Pour commencer un récit, quel qu'il soit, il faut savoir intéresser le lecteur, le séduire et capter son attention : en lisant les deux premiers vers de l'Odyssée, on perçoit tout le pouvoir de séduction de l'aède qui introduit l'épopée.

Le poète raconte des aventures extraordinaires, un périple hors du commun en Méditerranée, un périple accompli par un être d'exception : le héros de l'épopée et de l'histoire...

"Muse, raconte-moi l'homme aux mille tours, qui erra très longtemps sur la mer, lorsqu'il eut détruit la citadelle sacrée de Troie."

En grec :

"Ἄνδρα μοι ἔννεπε, μοῦσα, πολύτροπον, ὃς μάλα πολλὰ

πλάγχθη, ἐπεὶ Τροίης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσεν·"

(Andra moi énnépé, mousa, polutropon, os mala polla

Planchté, épei Troiès iéron ptoliéthron épersen")


D'emblée, le héros, Ulysse, nous est présenté avec la forme "andra, l'homme", c'est le premier mot du texte, une façon de valoriser le personnage, de le mettre en vedette, alors même qu'il n'est pas nommé.

Ce personnage, dès le premier vers, est associé au terme "poly", qui signifie "nombreux, abondant", dans deux mots "polutropon", "aux mille tours" et "polla", "souvent, de nombreuses fois"...

On perçoit, là, des hyperboles qui servent à magnifier et valoriser le héros de l'épopée : comment ne pas être attiré par ces exploits qui nous sont annoncés, en ce début de récit ?

En même temps, ce héros est très humain, proche de nous, puiqu'il est désigné par ce terme : "andra, l'homme".

Par ailleurs, ce personnage nous est présenté dans une temporalité, une histoire fabuleuse, à l'époque : la guerre de Toie, on apprend que le héros a participé à cette guerre et a oeuvré pour la destruction de la citadelle de Troie...

Il semblerait même qu'il soit presque le seul acteur de cette guerre à avoir vraiment fait en sorte de la gagner ! L'emploi du singulier est assez remarquable dans l'évocation du deuxième vers.

De plus, on comprend que l'invocation à la Muse, dès le premier vers, apporte une certaine solennité à cette introduction : la muse est là pour inspirer le poète, lui apporter ses ressources, son soutien...

Elle donne une dimension surnaturelle au texte, une sorte de caution divine.

L'impératif employé par l'aède : "raconte-moi, dis-moi" suggère, aussi, toute l'oralité de l'épopée primitive, faite pour être racontée, récitée, au son d'un instrument de musique, avant même d'être fixée par écrit...

On peut évoquer, aussi, l'extraordinaire poésie de la langue grecque, aux sonorités de voyelle "a" récurrente dans le premier vers, la voyelle "o" étant réitérée dans le vers deux : on entendrait presque des cris d'admiration adressés à ce héros d'exception dont l'aède va raconter l'histoire et les exploits.


Il faut rappeler, enfin, que l'épopée est écrite en vers : l'hexamètre dactylique, comportant six mesures, où alternent voyelles longues et brèves, dans des rythmes scandés par la voix.


 Pour entendre ces deux premiers vers et la suite du texte : des essais de reconstitution de la prononciation du grec ancien à écouter...

 

http://www.homeros.fr/IMG/mp3/lascouxodysse_eprologuessanswawsanscoupes.mp3

 

http://www.homeros.fr/IMG/mp3/lascouxodysse_eprologuefaibleme_lodisationdigammapulsation.mp3

 

 

http://www.homeros.fr/spip.php?rubrique3







 
 

Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction...
Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction...
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 08:40
Les secrets du cagibi...

 



Le cagibi est un lieu particulier, un peu mystérieux et secret, dans une maison : on y stocke toutes sortes d'objets, de l'outillage, des cordes, des fils, des lampes.

Le mot intrigue par ses sonorités étranges, sa voyelle "i" redondante, sa gutturale initiale tempérée par la chuintante "g" et la labiale "b", un capharnaüm de consonnes variées, aux effets divers.

Le cagibi sombre, obscur suscite l'inquiétude, la curiosité, une envie de découvertes...

Le cagibi de la maison de l'Estaque était un étroit couloir qui débouchait sur une excavation plus grande, il était situé sous l'unique escalier de l'habitation et il offrait sa part de mystères.

Sur des étagères, étaient entassés des outils de bricolage, des objets mis au rebut, de vieux tableaux, des morceaux de tapisseries, des rouleaux de ficelles, tout un bric-à-brac hétéroclite.

Le couloir minuscule ne laissait guère de place pour la circulation, il fallait se lover dans la pièce avec précaution, pour éviter les obstacles des étagères.

La demi-obscurité qui régnait dans ce lieu, mal éclairé créait une vague inquiétude et contribuait, aussi, à l'étrangeté de ce réduit.

Au fond, dans l'excavation, on pouvait admirer une ancienne machine à coudre, avec pédale, une de ces machines aux décors de bois somptueux, telles qu'on les fabriquait, autrefois.

C'était le "clou" du cagibi, on pouvait s'asseoir, faire tourner le roue, écouter le bruit de la machine, s'essayer, même, à piquer quelques points.

Cette vieille relique  était une véritable oeuvre d'art : autrefois très utilisée, elle était devenue un objet de vénération, conservée par ma mère comme un souvenir du temps passé.
Sur les bords, des tiroirs recélaient des aiguilles, du fil, des dés à coudre, des boutons de toutes les formes et de toutes les couleurs.
Le bois marqueté permettait d'admirer des motifs géométriques, les tiroirs étaient ornés de ferrures ouvragées.

Une singer ! Un luxe ! 

Rien à voir avec les machines modernes d'aujourd'hui, laquées de blanc, électriques, sans socle, objets assez impersonnels.
Les machines à coudre d'autrefois étaient de véritables meubles en bois, des objets décoratifs, pleins de charmes et de secrets...

La roue, la pédale faisaient de cet engin un objet mystérieux et fascinant, même si dans les derniers temps, la machine ne fonctionnait plus vraiment, on pouvait en admirer tous les détails.

Le métal de la machine était, aussi, orné de motifs étranges, de ramages ondoyants, de feuillages dorés.

A côté, sur le sol, était posée une boîte à couture en bois qui se dépliait et laissait découvrir d'autres trésors....

Une boîte en acajou vernis qui contenait, aussi, des rubans, des boutons-pressions, des épingles à nourrice, des fils de cotons, de la laine.

Le cagibi recélait toutes sortes d'objets, mais le plus intriguant, le plus attirant, le plus mystérieux était cette machine à coudre qui ressemblait à un meuble antique ouvragé...

Placée au fin fond du cagibi, la machine à coudre était un objet de curiosité et d'admiration, elle fascinait par ses dimensions, ses pouvoirs, sa grâce.

 

 

 

 

 

Les secrets du cagibi...
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Les secrets du cagibi...
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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 17:02
L'élégance simple...

 

 


"C'est l'élégance simple qui nous charme" a écrit le poète Ovide, dans son ouvrage intitulé L'art d'aimer... 


"Simple !" J'aime ce qui est simple, naturel, j'aime ce mot qui traduit une forme de modestie, de pudeur...


Le mot "simple" nous charme et nous attire par des sonorités douces, séduisantes, une sifflante, une labiale, par sa voyelle nasalisée "im" qui suggère une liberté, une volonté d'échapper à des contraintes.

La simplicité, la clarté vont, souvent, de pair, elles se complètent agréablement et sont accessibles à tous.

Les auteurs hermétiques ou grandiloquents me rebutent assez vite, je préfère la simplicité d'une littérature qui se veut humaine, proche de nous.

Hugo qui parle de ses filles, Baudelaire qui évoque l'infini des flots, Verlaine qui épanche les "sanglots longs des violons de l'automne", Montaigne qui raconte familièrement son goût pour les voyages,  son bonheur d'aller à la rencontre des autres, de leurs différences.

J'apprécie plus que d'autres les peintres impressionnistes qui nous font admirer des réalités ordinaires, la nature, des champs de coquelicots, des bouquets de fleurs, un marronnier sauvage, des paysages marins aux reflets étonnants, des décors urbains emplis de brumes.

L'art grec et ses formes épurées me séduisent, des korès et des éphèbes aux lignes élégantes, des temples de marbre blanc aux colonnes éblouissantes...

J'avoue que le cinéma d'art et d'essai ne m'attire guère, je préfère les films qui savent distraire, tout en délivrant des messages intéressants.

L'arrogance de ceux qui se piquent de mots, de phrases compliquées me hérisse.

La simplicité des gens humbles me plaît, elle se veut accueillante aux autres, humaine et bienveillante.
La simplicité n'est jamais méprisante, elle est pleine d'humilité et de tendresse.

Ce qui est simple ne se cache pas, ne triche pas : l'étymologie du mot le prouve, l'adjectif vient du latin "simplex", qui signifie "plié une fois"...

Composé de deux éléments, l'adverbe "semel, une fois", et le verbe latin "plico, plier", ce mot révèle bien ce qu'il veut dire...

Ce qui est plié une seule fois peut être facilement ouvert, et accessible... tout en restant un peu secret et mystérieux.

J'aime, aussi, les décors simples, sans fioritures, les fleurs sans artifices, les jardins aux allées sauvages, les sentiers des collines, aux senteurs rustiques de thyms.

Les bonheurs simples me conviennent : un bain de mer, le matin, quand le soleil, plein de douceur, darde ses premiers rayons, une promenade dans la nature pour y cueillir des fleurs ou ramasser des pierres.

Photographier des couchers de soleil, dormir à la belle étoile...

Oui, la simplicité est remplie d'élégance et de bienveillance ! C'est cette simplicité qui nous apporte, aussi, une forme de sérénité, de bonheur tranquille.

 

C'est cette simplicité qu'il faut cultiver dans un monde de technicité croissante, pour éviter de perdre le contact avec la nature...

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

L'élégance simple...
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 14:44
L'écorce devient un paysage chaotique...

 

 



Les pins se craquellent sous les chaleurs de l'été, leurs écorces s'épanchent, parfois, sur le sol et nous font voir des plaques de bois martelées d'éclats de rouille.

On peut admirer des superpositions d'écorces successives, des étagements boisés, en éclats de noirs et de brisures...

Des vagues de reliefs apparaissent, les bois se soulèvent, s'épanouissent, formant des copeaux aux camaieux de gris et de roses.

Les couleurs s'entrelacent, se fondent sur des plages dorées de roux.

Des torsions de bois se font jour, s'étirent, des écailles jaillissent, formant des reliefs étonnants.

L'écorce devient un paysage chaotique, ondoyant.

La croûte du bois se morcelle, fait naître des envolées de reliefs, des coulées de rouilles et de bruns.

Des nuances de gris surgissent, gris léger, anthracite, argent, cendres de lumières !

L'écorce compacte devient falaise de rochers, avec ses teintes brunes, rouges et violacées.

On perçoit comme des terres brûlées, des aridités qui s'emparent du bois et le submergent...

 

L'intérieur révèle des motifs ondoyants, des rouleaux de vagues, des coulées de laves incandescentes.

L'écorce sent, aussi, le bois chauffé par le soleil, elle exhale de douces senteurs de pins...

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

L'écorce devient un paysage chaotique...
L'écorce devient un paysage chaotique...
L'écorce devient un paysage chaotique...
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Published by rosemar - dans nature Provence poésie
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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 15:02
La force de l'image...

 

 


Oui, l'image a, parfois, plus de poids et de force que les mots, ou les beaux discours. L'image a, d'abord, une valeur universelle : comprise par tous, elle parle à tout le monde, elle a un impact indéniable, et elle peut mener à des prises de conscience.

L'image nous aide, aussi, à comprendre l'essentiel, elle comporte une charge émotive très forte.

La photo de ce petit Syrien Aylan noyé, échoué sur une plage turque a fait le tour du monde : tout le monde a perçu, à travers cette image, l'urgence de la situation et toute la détresse humaine des réfugiés de Syrie...

Un symbole de la misère, du désarroi, des dangers que subissent ces migrants lancés en Méditerranée, à la recherche d'une nouvelle patrie.

A travers cette photo, on perçoit la fragilité, l'innocence de ceux qui sont frappés, des enfants, des femmes, des êtres affaiblis, sans défense, des gens déjà meurtris par la guerre.

Oui, il faut oser regarder cette photo en face, même si elle choque et dérange nos consciences.

La réalité est là, sous nos yeux, terrible, atroce... pourquoi refuserions nous d'être confrontés à cette réalité : celle d'un enfant sacrifié, au nom de l'indifférence humaine ?

Faut-il nous voiler la face, faut-il détourner pudiquement le regard ? Ce serait une lâcheté de plus, un refus de voir la réalité dans toute son horreur.
D'ailleurs, un peu partout, dans le monde, les gens ont réagi devant ce drame : des actions de solidarité ont vu le jour, en France, en Espagne, en Allemagne...

Cette photo a mobilisé les esprits, elle a suscité de nombreuses réactions, elle a, plus que des mots, montré l'urgence de la situation.

Oui, cette image dérange. Comment pourrait-on admettre une telle image ? Elle est un condensé de notre inhumanité, elle nous renvoie à une forme d'inconscience, devant des réalités dont on parle depuis des mois.

Certains voient dans cette photo, un "scoop", une forme "d'instrumentalisation" de l'information ! Mais enfin, des centaines d'enfants meurent, dans ces naufrages en Méditerranée : comment peut-on parler de manipulation ?
Cette photo nous dit que le sort de ces réfugiés est inacceptable, elle nous parle d'une sorte d'indifférence qui est la nôtre, face au destin de ces migrants.

Et cette situation perdure depuis des mois, avec des naufrages successifs, des milliers de victimes.

La force de l'image est indéniable : certaines photos sont fabriquées, retouchées, mais cette image n'est que le reflet d'une terrible réalité. Nous ne pouvons l'occulter, et nous devons trouver des solutions d'urgence pour aider et secourir des gens qui souffrent.

La mort reste un sujet tabou dans nos sociétés, nous refusons de la voir en face, et, encore plus s'il s'agit d'un enfant, mais si cette photo dérange, elle a, aussi, cet objectif : troubler nos consciences, et nous inciter à l'action.

 

Face à cette photo, nous devons nous montrer solidaires : cette image comporte une forte dimension symbolique à laquelle on ne peut rester insensible...

 

 

 

 

 

 

La force de l'image...
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