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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:13
J'irai dans les sentiers...

 



"Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

 Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue."



On doit cette belle évocation des sentiers liés à une nature sauvage, à Arthur Rimbaud, dans un poème intitulé Sensation... On y perçoit une fusion harmonieuse de sensations, visuelle, tactile...



Le sentier, petit chemin de traverse, nous attire et nous séduit : ce mot aux douces sonorités de sifflante "s", de dentale "t", de voyelle nasalisée "en", nous charme par sa simplicité familière.

Les sentiers me plaisent : ils traversent la campagne, sont bordés, parfois, de végétations épaisses, denses...  sinueux, ils suivent les collines, ils évoquent la liberté, l'insouciance, un aspect sauvage.

La voyelle nasalisée "en" qui virevolte et s'envole suggère cette impression d'abandon, de délivrance.

Soudain, près d'un sentier, surgissent des oliviers, des pins, des chênes, des herbes sauvages, un bruit de sources lointaines, des escarpements rocheux, des surprises renouvelées....

Le sentier évoque des images de nature, herbes et arbustes sauvages, halliers, buissons, senteurs de terre et de fleurs, thym, romarin...

Le sentier nous enivre de parfums de liberté...

Issu du latin "semita", le mot suggère une évasion : le préfixe "se-" signifie "à part, à l'écart", et le deuxième élément vient du verbe "meo", "aller".

Le sentier "va" son chemin, il s'écarte des routes habituelles, toutes tracées, il invite à l'aventure et à la découverte.

Le sentier, c'est le mouvement, la vie, c'est le désir de découvrir, de se glisser dans les bois, les forêts, les collines, de s'en imprégner.

Le sentier nous permet de nous aventurer à l'écart du monde, de suivre d'autres chemins, d'autres voies.

Le sentier serpente dans les collines de Provence, il nous offre des paysages, des découvertes, des fleurs sauvages, des pierres, des rocailles aux formes étonnantes, des ciels lumineux...

Le sentier nous fait voir des horizons nouveaux de liberté, il nous abreuve de senteurs, de vents, de brises légères, il nous fait oublier toutes les rudesses du monde...

Un simple mot, et nous voilà devant des paysages éblouissants, une nature triomphante, des envols d'oiseaux, des trilles, des cailloux qui bruissent et roulent sous nos pas, des couleurs de verts, de bruns, d'ocres, des sensations diverses et pleines de séductions : le bruit du vent, les parfums de la terre, les formes variées de la végétation...

Un simple mot et nous voilà transportés loin des villes, dans des lieux et des espaces où règne un autre monde, celui de la vraie vie qui nous fait oublier les machines, les artifices qui nous entourent !

Le sentier nous donne des envies de fuir le monde ordinaire, frelaté et banal qui nous environne.

Redécouvrons ces bonheurs simples, ces sensations chères à Rimbaud : le bonheur de voir, de percevoir vraiment toute l'harmonie de la nature.

Le bonheur de goûter, d'observer, de s'attarder sur l'essentiel, le bonheur de la marche qui permet cette attention sur le monde....

 

 

Le poème de Rimbaud :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/sensation.html

 

 

 

J'irai dans les sentiers...
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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 16:19
Plus de stylo rouge !

 

 


C'est bien connu : les corrections des enseignants passent par le stylo rouge qui permet de souligner les différentes erreurs ou fautes d'orthographe commises par les élèves sur leur copie...

Ces erreurs peuvent être nombreuses, notamment, en français : barbarismes, incorrections, impropriétés, maladresses dans l'expression, des non-sens, des oublis, une absence de plan, des problèmes de méthode, des phrases trop longues, mal construites, etc.

Non seulement, il faut souligner les fautes, mais aussi, en indiquer la teneur, dans la marge. Ce travail, long, fastidieux exige minutie et patience.

Inéluctablement, le stylo rouge s'épuise vite, surtout lorsqu'il faut corriger 35 ou 36 copies par classe.

Sans stylo rouge, l'enseignant se retrouve vite démuni, car les copies se suivent et défilent rapidement, au cours d' une année scolaire.

Il est, parfois, impressionnant de voir ces copies d'élèves, saturées de rouge, et, pourtant, une des tâches essentielles de l'enseignant est bien de corriger des copies, pour mettre en évidence toutes les erreurs commises par les élèves.

Et les profs sont toujours à la recherche d'un stylo rouge pour finir la correction de leurs copies.

Pour ma part, j'ai fini par résoudre ce problème : j'utilise des stylos noirs, pour effectuer ce travail, et j'évite, ainsi, tout ce tracas des stylos rouges, qui ont l'air de s'épuiser plus vite que les autres couleurs.

Le noir est moins agressif, il se fond sur la copie et devrait permettre à l'élève de mieux relire son devoir pour en corriger les erreurs !

Que de temps passé à corriger des copies ! 

Et, on se rend vite compte, que nombre d'élèves ne s'attardent pas sur les annotations et la correction, ils se focalisent, le plus souvent, sur la note...

Cette note est, pour eux, un repère essentiel et sans elle, on a l'impression qu'ils se sentiraient perdus.

A l'heure où il est question de supprimer les notes, il convient de s'interroger : les élèves sont, eux-mêmes, attachés aux notes qui constituent une échelle de valeur et qui leur permet de se situer dans un niveau.

Regarderaient-ils mieux les annotations du professeur si la note n'apparaissait pas ? Ce n'est pas certain... Le plus sûr est de leur imposer une correction de leurs propres copies, avec valorisation ou dévalorisation de la note, en fonction de la qualité de correction de leurs rédactions.

L'enseignant se doit, alors, de revoir les copies, pour vérifier si le travail a été bien accompli.

Désormais, je ne suis plus à la recherche de stylo rouge, et les élèves ont pris le pli de cette correction, sans la couleur rouge qui traduit, souvent, un interdit...


Cela ne veut pas dire que je les encourage à commettre toutes sortes d' erreurs, bien au contraire, mais c'est une façon de changer les habitudes, et aussi, de me simplifier la vie....


 

 

 

 

Photo en haut de l'article : Fernando Martello  creative commons

photo de Tom Harpel

photo de Tom Harpel

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 16:34
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies...

 

 


L'enfance attire tous les regards et tous les espoirs. N'est-elle pas un symbole de renouveau et de bonheur ?

Un des poèmes les plus célèbres de Victor Hugo évoque ce thème avec une simplicité qui nous touche...

Lorsque l'enfant paraît, ce poème inséré dans le recueil intitulé Les feuilles d'automne, nous montre toutes les joies associées à l'enfance.

Les premiers mots du texte nous font voir "le cercle de famille" réuni, et aussitôt, l'enfant devient un véritable spectacle à contempler. Les expressions : "applaudir à grands cris, faire briller tous les yeux, on crie, on se récrie" insistent sur cette attraction irrésistible que suscite l'enfant...

Le champ lexical du bonheur ponctue ce spectacle : "se dérident, joyeux, la joie arrive, on rit..." Seule la mère "tremble à le voir marcher" alors que l'enfant effectue, sans doute, ses premiers pas.

Hugo nous fait entrer dans l'intimité d'un intérieur familial, où l'on voit les "chaises se toucher", se rassembler, pour observer l'enfant qui sollicite toutes les attentions.

L'enfant fait taire, alors, toutes les discussions graves, il fait briller "les plus tristes fronts"...

Comparé, ensuite, à l'aube qui s'éveille, l'enfant associé à la nature, est comme sacralisé. Dès que l'aube apparaît et vient briser une "voix qui pleure" dans la nuit, le murmure de "l'onde entre les roseaux", on sent percer comme un nouveau bonheur, représenté par "une fanfare de cloches et d'oiseaux".

Le bruissement de l'aube fait penser à l'enfant qui paraît, superbe image pleine d'harmonie de sensations visuelles et auditives : "lumière, clarté, chant des oiseaux"...

Et Hugo poursuit sa métaphore dans la strophe suivante, avec une apostrophe directe :"Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine.."

Hugo, lui-même, s'associe à la nature, une nature embaumée des "plus douces fleurs"... grâce à l'enfant, son âme devient "forêt", charmée de "murmures", de "rayons dorés".


Toutes ces images permettent de relier l'enfant et le poète à la nature, "plaine, fleurs, forêt, ramures".

L'enfant n'est-il pas, aussi, symbole de douceur et d'innocence ? Le poète s'attarde sur les yeux, les petites mains de l'enfant qui définissent une forme de pureté.

Loin du mal, loin de la fange des adultes, l'enfant apparaît comme "un bel ange à l'auréole d'or", un être sanctifié, comme le suggèrent les exclamations : "Tête sacrée ! Enfant aux cheveux blonds, bel ange !"

Devenu "colombe de l'arche", l'enfant comparé à un oiseau, symbole de paix, se voit comme "revêtu d'ailes d'azur", encore une magnifique image qui relie l'enfant au monde céleste...

Hugo met, aussi, en évidence toute la simplicité de l'enfant à travers son regard empreint de naïveté : le corps et l'âme sont en harmonie, car ils sont exempts d'impureté. L'emploi de la deuxième personne du pluriel "vous"donne ampleur et solennité à cette évocation...

Les adjectifs "beau, doux", réitérés traduisent une admiration envers l'enfant, admiration soulignée par des sonorités de sifflantes et de fricatives, emplies de délicatesse : "il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire, sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire".

La dernière strophe s'adresse non plus à l'enfant mais à Dieu et s'ouvre sur cette apostrophe : "Seigneur". On perçoit une prière insistante qui a pour but de protéger l'entourage du poète et même tout ennemi éventuel. Le verbe "préservez", à l'impératif, est répété à deux reprises.

L'enfant apparaît, encore, comme le centre de tout : une maison sans enfant devient "un été sans fleurs, une cage sans oiseaux, une ruche sans abeilles"...

On retrouve ce réseau de comparaisons empruntées au monde de la nature qui fait de l'enfant l'essentiel de la vie et du monde...


 

 

Le poème :

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/lorsque_l_enfant_parait.html

 

 

 

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies...
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies...
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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 16:20
Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !

 

 

Les tilleuls se transforment en éclats de feux... des envolées de xanthe, en panaches lumineux enveloppent les branches couleurs d'ébène...

Les arbres floquetés de teintes d'or s'embrasent sous le doux soleil de l'automne....

 

Des brouées de nuées s'enflamment sur l'azur : noir et grappes de fruits semblent se mêler sur l'arbre de l'automne.

 

Les branches tortueuses dessinent des embruns sombres sur ces auréoles dorées....

Bel effet de clair-obscur ! Contraste étonnant de couleurs !

 

L'arbre forme un tableau éblouissant, dans des camaieux de verts, de jaunes pâles, d'orangés très doux...

 

L'arbre attire tous les regards : flammèches de feux sur le tronc obscurci et ténébreux !

 

Le tilleul devient pinceau de lumières, arbre de fête, aux teintes éclatantes, les feuilles parent les ramilles sombres de guirlandes étoilées....

Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !

 

Les feuilles s'illuminent des doux rayons de l'automne, elles couvrent les branches d'une parure éblouissante !

 

 

 

Photos : rosemar

Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !
Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !
Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !
Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !
Les feuilles éclaboussent l'arbre de lumières !
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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 09:03
Coup de théâtre : les nouveaux caprices de Marine...

 

 

Coup de théâtre ! Marine Le Pen a annulé, hier, sa participation à l'émission de France 2, Des paroles et des actes, la chaîne lui aurait imposé deux débats supplémentaires qui n'étaient pas prévus initialement : Marine Le Pen s'indignait de devoir finalement débattre avec Xavier Bertrand, représentant des Républicains et Pierre de Saintignon du Parti Socialiste, ses adversaires aux élections régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, en plus des deux débats déjà programmés.

 

Marine Le Pen avait, pourtant, affirmé, hier, dans la journée qu'elle participerait, malgré tout, à l'émission, "Non je ne renoncerai pas, pour une raison simple, c'est que je suis la voix de ceux qui n'en ont pas".

Eh bien, Marine Le Pen n'a pas saisi cette occasion et a annulé sa participation à l'émission de David Pujadas, trois heures auparavant...

 

La présidente du Front national n'en est pas à son coup d'essai, puisqu'elle s'était déjà, en 2012, dérobé a un débat face à Jean Luc Mélenchon, refusant de répondre à ses questions, adoptant une attitude de défi, consultant un journal, des papiers, au lieu de s'intéresser à ce que disait son interlocuteur.

 

Peur ? Refus d'être confrontée à certains arguments ? Il semble que Marine Le Pen ait quelques difficultés à se prêter à des confrontations d'idées.

Oui, on peut, désormais, évoquer les Caprices de Marine : on ne pouvait que réprouver son attitude inconvenante, en 2012, lors du débat face à Jean Luc Mélenchon, alors qu'elle avait été justement invitée pour débattre.

Pourquoi était-elle donc venue, si ce n'est pour faire un coup d'éclat ?

 

Et, une fois de plus, elle renonce à débattre, au dernier moment, après avoir affirmé dans un premier temps qu'elle ne renoncerait pas.

On peut parler d'un coup de théâtre bien orchestré : trois heures seulement, avant la prise d'antenne, elle refuse de participer à l'émission.

 

"Opération de communication réussie?" affirme François Fillon... Mais non, bien sûr, une telle reculade, au dernier moment, ne peut que desservir Marine Le Pen.

 

D'autant que cette reculade fait bien partie d'une forme de stratégie de la présidente du Front National.

Certains pointent du doigt, en l'occurrence, la collusion du PS et du Parti Républicain qui se seraient mis d'accord, avant l'émission pour exiger un débat avec Marine Le Pen.

 

Mais, tout le monde a pu s'en rendre compte : les débats avec Marine Le Pen ne sont pas faciles à organiser, dans la mesure où elle s'est déjà dérobé à certaines questions gênantes.

Marine Le Pen n'avait pas souhaité débattre, aussi, avec le président socialiste du Parlement européen, Martin Schulz....

Martin Schulz avait, alors, estimé que Marine Le Pen avait eu "peur" de débattre avec lui. "Elle ne veut pas débattre avec un député européen, car elle sait qu’elle n’a aucun bilan à défendre au Parlement européen, avait déclaré Martin Schulz. Elle ne veut pas débattre avec un homme politique européen qui réfutera point par point ses arguments populistes pour l’Europe." 

Ainsi, Marine Le Pen se discrédite et dessert sa propre cause, en évitant certaines confrontations et en refusant d'exposer ses idées, face à certains contradicteurs...

 

 

 

 

 

Coup de théâtre : les nouveaux caprices de Marine...
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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 09:37
Craquent les feuilles mortes...

 

 

L'amour et ses tourments ont inspiré de nombreux poètes depuis Ronsard jusqu'à Aragon, on retrouve ce thème dans une des chansons les plus célèbres de Barbara...

Bien que cette chanson  évoque le départ, l'absence de l'être aimé, le texte se présente comme un discours direct adressé à celui qui est parti, comme le montre l'emploi réitéré de la deuxième personne du singulier... dès le début, la reprise de l'adverbe "combien" traduit la répétition inlassable du temps qui passe, aggravant la distance et l'éloignement.

D'ailleurs, le retour est attendu avec impatience, car les paroles de l'amoureux étaient sans ambiguité : il parlait de "dernier voyage", de retrouvailles au printemps, saison par excellence des amours. Cette saison est esquissée en quelques mots simples : " c'est joli, jardins refleuris". Et l'utilisation du pronom "nous", les verbes au futur semblent annoncer une réunion prochaine des deux amoureux :
"Nous irons voir ensemble les jardins refleuris, Et déambulerons dans les rues de Paris..."

 

Mais le printemps personnifié "s'est 'enfui", l'automne est arrivé avec ses "feuilles qui craquent", image même de la brisure qui semble avoir désuni les amants.... et l'attente se prolonge indéfiniment, malgré la beauté des paysages.

Les saisons rythment les espoirs perdus, elles s'égrènent inexorablement.

Une succession de verbes de mouvements transcrit, alors, les tourments, la souffrance : "Je tangue, je chavire, et comme la rengaine, Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne."

Le terme "rengaine" montre une sorte d'obsession, de tourment perpétuel : l'amoureuse en vient à parler dans le vide à l'être aimé.

Le verbe "hanter" aggrave les souffrances, le désarroi, la solitude. Les expressions "mal de toi, mal d'amour" retracent une douleur accablante, celle de l'amour-maladie qui fait souffrir...

Le dernier couplet, déclaration réitérée d'amour fait intervenir des répétitions insistantes du verbe "aimer", souligné par des adverbes de temps qui marquent une éternité : "J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours, J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour."

Et l'amoureuse revendique, alors, sa liberté : "Je reprendrai la route, le monde m'émerveille, J´irai me réchauffer à un autre soleil." L'emploi du futur, à deux reprises, marque la certitude, l'image du "soleil" restitue une envie de retrouver un nouveau bonheur. 
 
Le chagrin est nié, comme toute volonté de mourir par amour...
 
Mais, le refrain semble à nouveau anéantir cette liberté retrouvée :

"Dis, mais quand reviendras-tu,

Dis, au moins le sais-tu,

Que tout le temps qui passe

Ne se rattrape guère 

Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus."


 
Le refrain scande cette idée inlassable d'un amour attendu : le retour est encore espéré même s'il semble impossible.

D'ailleurs, l'emploi récurrent de la deuxième personne montre que l'amoureuse ne peut s'empêcher de s'adresser toujours et encore à celui qui est parti.

Le thème du temps qui passe irrémédiablement est souligné par les répétitions insistantes du mot "temps", des verbes "dire, rattraper."
 
La mélodie et le texte suggèrent un amour infini, un bonheur de vivre, malgré tout, et une envie de dépasser la tristesse, à travers des notes et des images lumineuses.

La chanson est magnifiée et sublimée par l'interprétation pleine de sensibilité, empreinte d'émotion, de Barbara...
 

 

Cette chanson, écrite et composée par Barbara, est sortie en 1964.
 
 

 
 
 
 

 

 

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 11:48
Quand les crises se multiplient...

 


Crises de la dette, des migrants, de la démocratie, de l'Europe, du monde ! Les crises n'en finissent pas de se multiplier, en ce début du XXI ème siècle : on nous avait promis monts et merveilles pour l'avénement de cette nouvelle ère, mais on découvre la triste réalité d'une accumulation de crises...

Finie la civilisation des loisirs, fini le plein emploi, finie la sécurité de l'emploi !

C'est le règne de l'argent qui se profile et s'amplifie de jour en jour... D'où nous vient la crise en Europe ? Nul ne peut l'ignorer : c'est une crise financière qui a pour origine la faillite du système économique américain.

Si des réfugiés fuient leurs pays en guerre, c'est aussi parce que ces conflits ont été alimentés, afin de favoriser le commerce des armes de plus en plus florissant.

Dans le domaine de la santé, les laboratoires lancent sur le marché des médicaments dont l'efficacité est contestée, dont les effets sont, parfois, terrifiants : on a tous entendu parler du scandale du Médiator et  celui du Crestor ne va pas tarder à éclater. Là, encore, le profit, l'appât du gain sont responsables de ces dérives et l'être humain est sacrifié sur l'autel de la finance !


La sécurité sociale est, aussi en crise, car les laboratoires, avides d'argent, lancent imprudemment sur le marché des médicaments de plus en plus chers, et parfois même délétères puisqu'ils vont conduire le patient à subir d'autres pathologies, et à prendre d'autres médicaments, un cycle infernal terrible.

La pollution qui gangrène la terre est le résultat d'abus, d'excès, de démesure dans l'agriculture. L'objectif est de gagner de plus en plus d'argent, grâce à des fermes géantes...

L'Europe est dominée par les banquiers et le monde de la finance : la dette de certains pays a généré des gains considérables... Des agioteurs se sont enrichis de manière scandaleuse sur cette dette.


La démocratie est, elle-même, bafouée, désavouée, dans de nombreux pays, car les citoyens doivent subir des décisions souvent iniques, la situation en Grèce est, désormais, préoccupante, car les grecs sont soumis à des mesures drastiques d'austérité : certains peinent à survivre et se retrouvent sans ressources.

Et même si des erreurs ont été commises dans la gestion de ce pays, les grecs se retrouvent dans une impasse : le règne des banquiers s'impose, en Grèce et ailleurs, c'est l'argent qui est roi...

Des migrants, des réfugiés, venus de Syrie, d'Afrique, du Moyen orient, lancés sur les routes, se retrouvent dans une situation désastreuse, après avoir fui la guerre et la misère.... 

Attardons-nous sur le sens originel du mot "crise"... Ce terme, venu du grec, "krisis", désigne, au départ, un choix, il est issu d'un verbe grec "krino", "distinguer, choisir, décider". Secondairement , le mot "krisis" a pris le sens d'un "dissentiment, une contestation ou une phase décisive d'une maladie".

Paradoxalement, les crises viennent justement du fait que nous ne décidons plus, la démocratie étant confisquée par des financiers, des gens riches qui ne rêvent que de s'enrichir un peu plus...

Nous n'avons plus véritablement le choix de décider de notre avenir : même si nous votons, les hommes et les femmes politiques sont inspirés par ces grands financiers qui nous gouvernent.

Le règne des lobbies, des "argentiers" se fait de plus en plus pesant : ce sont eux qui dirigent le monde, et ce sont eux qui sont responsables des crises que nous connaissons...



 

 

 

 

Quand les crises se multiplient...
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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 14:02
Un suppôt de Bacchus...

 

 



"Chacun a son défaut où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souvient :
Je ne dis rien que je n'appuie
De quelque exemple.

Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit et sa bourse.
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course
Qu'ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci plein du jus de la treille,
Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille,
Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.
Là les vapeurs du vin nouveau
Cuvèrent à loisir."





C'est ainsi que débute la fable de La Fontaine, intitulée L'ivrogne et sa femme : le poète y dépeint un ivrogne invétéré, incapable de se corriger et d'évoluer vers plus de tempérance.

L'expression "un suppôt de Bacchus" prête à sourire : on connaît les "suppôts de Satan", serviteurs du diable et La Fontaine utilise ici le mot dans un autre contexte, de manière amusante et parodique.

Le mot lui-même "suppôt" grâce à la sifflante initiale, à la labiale redoublée ne suggère -t-il pas une certaine douceur et servilité ?

Ce mot ancien venu du latin "suppositus", "placé en dessous" est, à l'origine, un participe passé, issu d'un verbe "suppono, subordonner, soumettre".

Le participe passé a un sens passif, en français, comme en latin et cette forme correspond bien à la passivité du personnage.

Le "suppôt de Bacchus" se soumet, ainsi, à sa passion pour le vin, se grise de toutes sortes d'alcool, aime se vautrer dans l'ivrognerie.

Le mot a pris très tôt un sens péjoratif et désigne, souvent, un partisan d'une personne nuisible : "un suppôt de tyran, un suppôt du diable"...

Ce terme dont la voyelle "o" est surmontée d'un accent circonflexe semble, ainsi, nous montrer un individu qui se met sous l'autorité d'une autre souvent malfaisante, et malveillante...

Le suppôt n'attire guère la sympathie : son attitude servile ne plaide guère en sa faveur, la façon dont il se soumet au mal le dessert et l'avilit.

On peut imaginer toutes sortes de suppôts : suppôts de la paresse, de l'indifférence, de la bêtise, de l'insulte.

Notre monde regorge de suppôts qui se laissent dominer par des passions et vivent sous l'emprise d'habitudes néfastes.

Le suppôt perd sa propre liberté en se soumettant, ainsi, à différentes passions, il se laisse emporter et submerger par toutes sortes de fureurs et de folies.

Un suppôt vit sous la dépendance, il n'est plus maître de lui-même...

On perçoit dans ce terme toute une expressivité, et l'étymologie nous révèle bien la signification essentielle de ce nom...

Ce mot ancien est, de nos jours, peu utilisé : d'un emploi littéraire, il mérite d'être remis à l'honneur, il montre la servilité humaine, il suggère toutes sortes de passions qui guident l'homme et le conduisent au pire : n'ayant plus de volonté, se soumettant à des envies, l'être humain oublie l'essence même de son humanité...

Les suppôts ont, hélas, encore de beaux jours devant eux : l'être humain ne se laisse-t-il pas dompter par toutes sortes de tentations ?


 La fable de La Fontaine  L'ivrogne et sa femme


http://www.poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/l_ivrogne_et_sa_femme.html
 





 


 

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 10:37
Une civilisation du désir...

 

 

 

Notre monde est bien celui du désir permanent : sans cesse, on nous impose de nouveaux désirs, de nouvelles envies... La publicité nous montre des images de perfection, dans de nombreux domaines.


Elle passe par des supports attrayants, elle nous fait miroiter des promotions qui n'en sont pas vraiment... Par exemple, on nous vend un deuxième produit à - 50%, certains magasins se spécialisent dans des vêtements bon marché et clinquants, dont la qualité est douteuse.

Les jeunes, avides de nouveautés, se laissent appâter par ces produits aux prix très abordables....

Et, aussitôt achetés, certains produits sont vite délaissés, considérés comme obsolètes, les armoires débordent, les vêtements s'entassent, les téléphones portables se succèdent....

Les magasins regorgent de marchandises dans tous les rayons : beauté, alimentation, loisirs.

Les produits sont de plus en plus diversifiés, de plus en plus sophistiqués, et novateurs... Dans le domaine des cosmétiques, les choix se multiplient, à l'infini, les crèmes, les onguents de toutes sortes promettent aux clientes et aux clients "monts et merveilles."

Les adolescents désirent posséder le dernier modèle de téléphone plus performant que le précédent.

La civilisation du désir s'empare d'eux : une envie de briller, de se mesurer aux autres, de dominer par l'avoir et le paraître.

Une frénésie d'achats s'empare de chacun de nous, lors des fêtes de Noël et du Nouvel an : des produits de luxe sont exposés dans les magasins, foie gras, champagne, langouste, volailles en tous genres, desserts, bûches...

Le désir ne s'attache plus à des plaisirs simples et ordinaires : une balade à la campagne, une cueillette de mousse, à l'occasion de Noël...

Les magasins sont pris d'assaut par une foule avide de la dernière nouveauté, désireuse d'acquérir des biens de consommation de toutes sortes....

Où est la vraie vie, où sont les bonheurs simples ?

On nous incite, sans cesse, à une consommation effrénée : on recherche la croissance à tout prix...

On reçoit sur nos ordinateurs, nos téléphones portables des messages incessants d'incitation à la consommation.

Les magasins ouverts le dimanche deviennent la principale attraction de la fin de semaine : les gens y passent beaucoup de temps, se perdent dans le dédale des rayons pour satisfaire le dernier désir qui leur a été insufflé par la publicité...

Triste civilisation du désir ! car une fois un besoin assouvi, on nous en suggère un autre et la course aux désirs est incessante : désirs de fêtes, de loisirs factices, d'objets dont l'utilité n'est pas toujours évidente.

Cette civilisation nous fait rebondir de désir en désir... Sans arrêt, il faut consommer des vêtements, des machines, des ordinateurs, des robots.

Sans arrêt, on nous invite à la fête de la surconsommation, dans un débordement qui n'en finit pas...


 



 

 

Une civilisation du désir...
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 13:50
Pour écouter la musique des mots...

 

 


Les mots assemblés dans les phrases produisent une sorte de musique, une véritable mélodie, grâce à leurs sonorités. La poésie fait intervenir des effets de sonorités et a été, elle-même, souvent mise en musique : Brassens, Léo Ferré ont repris des poèmes d'Aragon ou de Victor Hugo. La musique des mots nous permet de mieux apprécier un texte, d'en savourer, aussi, tout le sens.

Les sons produisent des effets très différents et divers : doux ou durs, ils sont souvent en adéquation avec les idées exprimées dans un texte...

La phonétique permet de distinguer les sonorités et a pour but de classer les phonèmes, en fonction de leur articulation et de leur prononciation.

Les consonnes, tout d’abord, donnent lieu à des effets variés :

On distingue les gutturales, prononcées avec le fond de la gorge : les sons "gue, que, re". La gutturale est considérée comme une consonne assez dure, pleine d’âpreté, sans doute, parce que son articulation part du fond de la gorge… La langue allemande comporte de nombreuses gutturales, elle est réputée pour être pleine de rudesse.

On peut, aussi, évoquer les dentales, prononcées la langue contre les dents : les sons "d et  t". Les dentales sont, dit-on, assez éclatantes.

Les labiales "b, p, m" sont articulées avec les deux lèvres rapprochées et représentent donc l’image même du baiser et de la sensualité, dans la poésie amoureuse.

Les sifflantes "s, z "sont des phonèmes pleins de douceur et d’harmonie… La fricative "f " donne, aussi, une impression de tendresse.

Les chuintantes "ch, ge" apparaissent, également, très légères et douces.

Quant aux voyelles, elles sont, parfois, associées à certaines idées : la voyelle "i", assez aiguë, peut faire songer à un cri.

Les voyelles nasalisées, les sons "on, in, an" ont pour effet de ralentir le rythme des phrases et donnent, parfois, une impression de rêverie, de doux balancement…

On voit que les sons peuvent faire naître des émotions, des sentiments bien distincts, les écrivains, notamment les poètes, les utilisent pour créer une certaine musicalité, une certaine harmonie.


On peut, ainsi, observer ce vers de Victor Hugo :

"Le soleil s'est couché, ce soir, dans les nuées..."

Cet alexandrin qui ouvre le poème intitulé Soleils couchants est particulièrement doux : on repère, à 4 reprises, l'emploi de la sifflante "s": c'est une allitération. La chuintante "ch", utilisée au milieu du vers renforce cette impression.

Victor Hugo, dès ce premier vers, décrit la beauté d'un coucher de soleil, grâce à une harmonie de sonorités : le lecteur perçoit d'autant mieux le calme de ce tableau, plein de charmes, de sérénité ....


La Fontaine dans la fable, Les animaux malades de la peste, évoque, au début du texte, cette terrible maladie :


"Un mal qui répand la terreur

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés..."


On remarque, dans cet extrait, l'emploi récurrent de la consonne gutturale "r": La Fontaine traduit, ainsi, la violence de l'épidémie et la peur qu'elle suscite.

Nous sommes indéniablement sensibles à la musique des mots et nous percevons la dureté ou la douceur de certaines notes consonantiques ou vocaliques.

Ainsi, les mots constituent une sorte de mélodie et leur enchaînement peut nous emporter dans des univers teintés de nuances variées : rêve, émotion, peur, angoisse, harmonie...


 

 

 

 

 

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