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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 18:11
Mes élèves et mon blog...

 

 

 

C'est arrivé ! Lors d'un exposé, consacré à l'Odyssée d'Homère, mes élèves ont utilisé un de mes articles publié sur mon blog, intitulé : Au commencement, était l'épopée...

J'étais étonnée et, bien sûr, ravie de voir qu'ils avaient su tirer parti, habilement, de ce document.

L'article était assez fourni et consistant, il évoquait les origines de l'épopée, jusqu'à nos jours, avec des références nombreuses et ces élèves, heureusement, ne se sont pas contentés de faire un copié-collé, mais ils ont su exploiter différentes informations tirées de cet article.

Je n'ai jamais fait aucune alllusion à mon blog, devant les élèves, et ils ignorent totalement que je tiens ce blog, depuis quatre ans.

Inutile de dire mon bonheur de constater qu'ils avaient pu se référer à un de mes articles, pour constituer leur exposé !

Je retrouvais des informations sur les héritiers de l'épopée, sur ses origines, sur Homère !

Je retrouvais les caractéristiques de l'épopée primitive, ses ressorts, son oralité, ses personnages prestigieux, ses héros !

Il existe, ainsi, dans l'enseignement, des moments de grâce, où l'on se sent utile, où l'on perçoit la valeur de son propre travail, où l'on prend conscience du chemin parcouru, des connaissances que l'on a accumulées...

L'enseignement est un métier où l'on s'enrichit d'expériences nouvelles, de savoirs renouvelés, un métier qui peut être passionnant dans ces découvertes.

Un métier difficile et exigeant, aussi, parfois, comme le sont les élèves eux-mêmes...

En tout cas, un métier qui permet d'apprendre, de se cultiver sans cesse, plus particulièrement, lorsqu'on enseigne le français et la littérature...

Cet exposé m'a montré aussi la variété de documents auxquels peuvent, désormais, accéder les élèves grâce à internet...
Tout est référencé, stocké, et on peut, facilement, trouver toutes sortes d'articles, de blogs intéressants.

Internet est un outil précieux et merveilleux, pour nous, les enseignants et aussi pour les élèves.
Un outil dont il faut savoir se servir et qu'il faut bien maîtriser, un outil qui ne doit pas, toutefois, devenir trop envahissant, dans les salles de classes elles-mêmes : le tout numérique n'est pas satisfaisant.

Les élèves ont, désormais, en main, un outil extraordinaire qu'ils peuvent utiliser chez eux, pour s'informer sur toutes sortes de sujets...

Internet est une source incommensurable de savoir, tout est accessible, mais il faut, aussi, prendre la peine de chercher, d'apprendre, de lire, surtout, car internet, à lui tout seul, n'est pas suffisant.


Les enseignants eux-mêmes peuvent diffuser toutes sortes de documents, pour aider les élèves dans la recherche de ce savoir qui permet d'embellir la vie, de la rendre attrayante, comme une source renouvelée de découvertes...



 

 

 

Au commencement, était l'épopée : 

 

 

http://rosemar.over-blog.com/article-au-commencement-etait-l-epopee-112302252.html

 

 

 

Mes élèves et mon blog...
Mes élèves et mon blog...
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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 16:35
Un costume de prof...

 

 

 

 

Il faut bien le reconnaître : le métier d'enseignant est un métier de représentation, le prof se doit d'être bien habillé et de varier au maximum les tenues, notamment les femmes...

Les jeunes ados sont de plus en plus sensibles à la mode et de moins en moins réceptifs dans d'autres domaines : c'est le règne du paraître qui l'emporte !

Il s'agit de séduire l'auditoire, un auditoire exigeant, difficile, et la tenue vestimentaire peut jouer un rôle non négligeable dans ce domaine.

Désormais, tout est permis. Si, autrefois, le pantalon était proscrit pour les femmes, il est possible de diversifier les styles : jeans, pattes d'éléphant, pantacourt etc. Je me souviens avoir utilisé ces gammes de pantalons très larges, sur le bas, et les élèves étaient stupéfaits de voir l'élargissement progressif de ces tenues virevoltantes...


La jupe et la robe sont, également, très appréciées des élèves, eux qui portent essentiellement des jeans ne dédaignent pas de voir une jambe nue, ou sous un collant fantaisie.

Mieux vaut proscrire, toutefois, la mini-jupe qui risque de décrédibiliser l'enseignante, et qui peut lui valoir quelques avances, de la part de ses élèves.
 

La jupe doit être, cependant, suffisamment courte, pour intéresser et charmer l'auditoire : un peu au desssus du genou, voire un peu plus haut.

Une jupe trop longue risque d'être jugée "ringarde".

Il sera utile d'éviter les tenues trop excentriques, avec des mélanges de couleurs inadaptés : le bon goût doit prévaloir, dans tous les cas.

Les décolletés provocateurs n'étant pas à la mode, il vaut mieux les oublier pour conserver un style BCBG.
Pour les chaussures, il faudra privilégier des semelles souples, peu bruyantes, pour éviter de marteler le sol pendant le cours.

L'essentiel est, de toutes façons, de changer régulièrement de tenue et de style, car la variété plaît aux jeunes, elle est un signe extérieur de richesses et là encore, les jeunes sont sensibles à cet aspect.


Le bling-bling les impressionnne, les captive : on peut, aussi, en user modérément...

Il ne faut pas négliger tous ces aspects : le message passera mieux, l'écoute sera meilleure si l'enseignant se donne, en plus, la peine de se livrer à un défilé de mode tout au long de l'année scolaire...

On dit souvent que l'enseignant fait du théâtre, qu'il doit jouer des rôles, mais il n'est pas facile d'être dans une perpétuelle représentation, et on peut le dire : la tenue vestimentaire permet de varier les rôles !

Ne nous leurrons pas : à l'heure du paraître, le look est essentiel pour un enseignant... à l'heure du bling-bling, l'enseignant se doit d'afficher ses goûts, son bon goût, ses préférences dans le choix des vêtements...



 

 

 

Un costume de prof...
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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 16:02
L'univers de la fable : La mort et le bûcheron...

 



Les fables de La Fontaine, pleines d’enseignements, nous révèlent les réalités de la société du 17 ème siècle, mais elles évoquent, aussi, la condition humaine et ont une valeur universelle, comme la plupart des textes de cette époque…


La fable, court récit plein de vivacité, met souvent en scène des animaux personnifiés qui représentent des catégories sociales ou des défauts humains… Ce genre littéraire correspond bien à l’idéal classique, dans la mesure où il vise à "instruire et plaire", le récit comportant une ou plusieurs morales implicites ou explicites…


On perçoit bien toute la richesse de ce genre littéraire qui parvient à joindre l’utile à l’agréable : le récit fait intervenir des portraits, des descriptions, des discours directs, dialogues ou monologues, le récit est vivant, animé, plaisant. La morale ou les morales se déduisent du récit ou peuvent être exprimées directement, au début ou à la fin de la fable.


Nul animal dans la fable intitulée : La mort et le bûcheron, La Fontaine évoque un pauvre paysan du 17ème siècle... on le voit avancer lentement, chargé d’un fagot de bois : sa démarche est pesante, lourde, on perçoit sa misère physique, morale et sociale : il est âgé, accablé par le poids de sa charge, il se dirige péniblement vers sa "chaumine enfumée".

 La Fontaine nous fait voir ce bûcheron dans son travail quotidien : les premiers vers du texte nous peignent le portrait d’un homme affaibli qui a des difficultés à avancer. Les alexandrins entrecoupés de césures, soulignent la lenteur  et la pesanteur de la marche, ainsi que les nombreuses voyelles nasalisées qui ponctuent le début du texte : "bûcheron, ans, gémissant, pas pesants, n’en pouvant plus, songe".

Les imparfaits "marchait, tâchait" viennent souligner la lourdeur de son travail.

Cette peinture, pleine de réalisme, d'un paysan accablé de fatigue ne peut que susciter la pitié du lecteur, le personnage nous émeut, dans toutes les difficultés qu'il éprouve.

L'emploi des présents de narration, "Il met bas son fagot, Il songe" permet d'actualiser la scène, comme si elle se déroulait sous nos yeux.


Dès lors, ce paysan s’arrête et s’interroge : on entend son monologue intérieur, dans un discours indirect libre, sous forme de débat et de questions, il évoque sa misère, son désarroi et se demande même s’il a accès à un quelconque plaisir en ce monde… Pauvreté, absence de nourriture et de repos… sa vie lui paraît sans intérêt, il énumère, alors, tous les soucis qui l’accablent : les" impôts, la corvée, le créancier" et, aussi, en premier lieu,"sa femme, ses enfants". On le voit : même les occasions de joie et de bonheur deviennent sources d’inquiétude et d’angoisse, pour ce paysan du 17ème siècle, car il lui faut nourrir une famille…


Les réalités sociales de l’époque sont évoquées, notamment "la corvée, les créanciers".
Devant tant de malheurs et de souffrances, l’homme appelle la Mort, la demande est faite, dans un cri spontané, presque irréfléchi, comme le montre la brièveté de la demande : "Il appelle la Mort."


La Mort ne se fait pas prier, et, aussitôt, on assiste à un revirement du paysan, il trouve un prétexte et demande simplement à la Mort de l’aider à recharger son bois sur ses épaules.


On peut remarquer l’extrême sobriété du récit dans cette évocation de la Mort : aucune description détaillée, aucun effet de terreur, la littérature classique se caractérisant par une grande pudeur dans l’expression.


La morale de cette fable aurait pu être essentiellement sociale et aurait pu souligner l’injustice du sort réservé à ce paysan, mais La Fontaine s’attache plutôt à une morale universelle et humaine : « Plutôt souffrir que mourir,/C’est la devise des hommes »
L’homme a peur de mourir, est viscéralement attaché à la vie, telle est la leçon qui est ici dégagée… C’est bien une morale qui concerne les hommes de tous les temps.

Au passage, on peut noter que la fable s’ouvre sur un singulier, "Un pauvre bûcheron" et s’achève sur un pluriel, "des hommes". On perçoit bien là une volonté de généraliser et de donner une valeur universelle au texte.


La Fontaine parvient donc, à travers cette fable, à délivrer plusieurs messages : l’extrême misère des paysans de l’époque, l’injustice qui les accable, et aussi l’attachement profond de l’homme à la vie.

Il le fait, grâce à un portrait plein de vie et de justesse d’un simple paysan qui représente, aussi, tous les hommes…
 

"Plutôt souffrir que mourir"… Ne doit-on pas voir, aussi, dans cette phrase, une forme de conservatisme propre à la société du 17ème siècle ? Une société où la révolte n’était pas encore de mise, où il fallait accepter son sort, la misère, les injustices.


C’est bien là, aussi, le message de ce texte qui nous montre une société hiérarchisée, injuste, faite d’acceptation et de soumission pour le petit peuple.


Hélas, la misère, les injustices font encore partie de ce monde et, depuis La Fontaine, la situation des pauvres gens n'a guère évolué dans nombre de pays : on peut, donc, constater toute l'actualité et la modernité de ce texte...
 
 
 

 

Le texte de La Fontaine :


http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/la_mort_et_le_bucheron.html
 

 

Illlustrations : en haut de l'article, gravure de Gustave Doré

En bas, gravure de Lecomte Hippolyte

L'univers de la fable : La mort et le bûcheron...
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 15:14
Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...

 

 


Prunes dorées, prunes brunes, aux rondeurs de l'été finissant... Les fruits se teintent, parfois, de xanthes panachés de rouille, ou de noirs obscurs, ténébreux, ambrés de nuées brumeuses.

Les fruits se dorent de soleils rougeoyants, ils exaltent des lumières de fin de journée... Parfois, se dessinent des embruns orangés.

Les fruits s'épanouissent dans des rondeurs alanguies, ils se parent de teintes subtiles, de camaïeux et de dégradés de teintes chaleureuses...

Les prunes nous offrent des saveurs et des sucs veloutés, les fruits nous enivrent de leur goût parfumé, empli de lumières.

Le mot "prune" nous charme, aussi, de ses consonnes, labiale et gutturale entrelacées... labiale pleine de suavité, gutturale plus âpre, révélant comme une ardeur, un mystère...

Le mystère de ces fruits dorés aux glacis de lumières, le mystère de ces rondeurs luisantes et miroitantes.

La peau fine, légère, laisse apparaître l'intérieur du fruit, ses couleurs de soleil, ses chairs parfumées de clartés.

La peau reflète la lumière, dans des éclats de transparences.

La peau s'illumine de brillances, d'ombres de rouilles, elle révèle des miroirs lisses et soyeux...

Ce mot ancien, issu du terme latin "prunum" et du grec "proumnon", nous fait remonter aux origines lointaines de notre langue...

"Proumnon !" Le nom grec s'éclaire, encore, de sonorités de voyelles remplies d'éclats !




 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...
Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...
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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 15:27
J'ai le coeur qui taille la zone...

 

 

 

Qui n' a jamais rêvé de changer de vie, de "tailler la zone", comme le dit de façon imagée et familière Alain Souchon, dans une de ses plus célèbres chansons ?

La zone symbolise, bien sûr, la ville et ses faubourgs pauvres et tristes...

La chanson s'ouvre sur l'évocation d'une rencontre amoureuse qui permet d'échapper, justement, à la monotonie de la vie, et de rêver à d'autres univers.

N'est-ce pas l'espoir de beaucoup de gens ?

Cette rencontre se concrétise avec une "vendeuse de glaces", personnage d'origine modeste, auquel chacun peut s'identifier, d'autant que la jeune fille est "belle", "sous sa bâche".

L'oxymore "le sourire un peu triste" traduit bien une forme de mélancolie, et déjà une envie d'échapper à un monde morne et peu attrayant.

Et l'espoir de vivre autre chose conduit les deux personnages à aller contempler un coucher de soleil... L'évocation est pleine de gaieté, le poète amoureux évoque des parfums de "fraise-cassis" et de "vanille-fraise", qui illuminent soudain sa vie.

C'est comme si la jeune femme, vendeuse de glaces, parvenait, soudain, à embellir la vie, gâce à ces allusions à des parfums et des couleurs pleines de gaieté.

Le texte, empreint de vie, nous permet d' entendre le discours direct de la jeune fille : "Vendre des glaces m'ennuie, on laisse tout, on taille la zone".

Pourtant, la vie des personnages s'accommode d'un "deux pièces à Paris", d'habitudes inlassables, comme le suggèrent les verbes, à l'imparfait itératif :"elle répétait, je lui disais" "et l'expression au pluriel :"toutes les nuits"...
La jeune femme rêve de fuir l'hexagone, et lui temporise, affirmant que ce rêve va se réaliser.
Mais la vie quotidienne semble prendre le dessus, avec "l'ordinateur, le bureau, l'aspirateur, et des envies de mobil home".

Ultime concession à la vie ordinaire : le personnage masculin s'est "abonné au câble" !


Le langage familier utilisé par la jeune femme restitue le milieu simple auquel appartiennent les personnages "déconne pas, déconne pas".

Elle affirme une soif de liberté et de nature, loin de la ville :"je veux des fleurs jaunes, des prairies", et elle refuse ce monde de l'argent qui nous domine.

Le décalage entre les deux personnages se perçoit dans des pensées opposées : "voyages, paysages, grosses Harley", d'un côté, et "portable, calmants, plan d'épargne logement" pour l'autre.

Et finalement, c'est l'amour qui  taille la zone, l'amoureux se retrouve, soudain, seul, dans son lit, et le petit "kim cone" a disparu... expression pleine de tendresse qui traduit, aussi, le désarroi de l'amoureux.

La chanson s'achève sur ces mots désabusés : 

"Y a plein de filles sur la terre 
Mais quand je vois une planisphère 
J'ai le cœur qui taille la zone."

On perçoit un désespoir, l'envie de retrouver un bonheur perdu, avec, à nouveau, cette volonté de tailler la zone : la chanson tourne, ainsi, en boucle, traduisant une impossibilité d'échapper au monde de la ville...

Et la mélodie égrène des notes remplies d'espoir, comme un désir irrépressible de fuir la routine du quotidien.


 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

J'ai le coeur qui taille la zone...
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 16:37
Une mantille noire était jetée sur sa tête...

 



"Après avoir erré longtemps, sans pouvoir retrouver sa route, Aben-Hamet entendit une porte s'ouvrir. Il vit sortir une jeune femme vêtue à peu près comme un de ces reines gothiques sculptées sur les monuments de nos anciennes abbayes. Son corset noir, garni de jais, serrait sa taille élégante... une mantille également noire était jetée sur sa tête : elle tenait, avec sa main gauche, cette mantille croisée et fermée comme une guimpe au dessous de son menton, si bien que l'on n'apercevait, de tout son visage, que ses grands yeux et sa bouche rose..."

 

C'est ainsi que Chateaubriand décrit une de ses héroïnes, Blanca, à travers le regard d'Aben-Hamet, dans la nouvelle intitulée Le dernier Abencerage.

Le récit se déroule à Grenade, au 16 ème siècle, il  relate les aventures d'un survivant de la famille Abencerage, une tribu maure...

Ce personnage s'appelle Aben-Hamet : il revient sur la terre de ses ancêtres et s'éprend de Blanca, une chrétienne descendante de Rodrigue et  Chimène.

Dans cette scène de rencontre amoureuse, le héros est sensible à la beauté de la jeune femme, mise en valeur par une mantille...



Une mantille ! Le mot, en lui-même, résonne d'éclats : il évoque l'Espagne, Grenade, l'Andalousie, la Castille, l'Estramadure, des noms aux sonorités mystérieuses, exotiques et lointaines.

On entend, aussi, des airs de fandangos et séguédilles, des cliquetis de castagnettes, des guitares, des musiques entraînantes.

La mantille déroule ses dentelles sombres, elle nous fait découvrir des douceurs de tissus soyeux, des entrelacs pleins de finesse...

La mantille qui sert à voiler la tête, les épaules des espagnoles crée un mystère, elle cache, elle dissimule, tout en révélant la beauté.

Le mot "mantille" nous émeut, par ses échos de labiale, dentale et palatale finale, des consonnes emplies de douceur et d'éclats.

La voyelle nasalisée "an" suggère la légèreté, la souplesse du tissu, des évanescences de dentelles. Elle semble mimer l'élégance de ce foulard qui sert à envelopper le haut du corps.

La mantille forme des résilles, sur les longs cheveux bruns des espagnoles, parure subtile et pleine d'attraits.

Le mot semble avoir des origines lointaines, et doit être rattaché au nom "manteau", en latin "mantellus", avec un suffixe à valeur de diminutif.

"Petite couverture", la mantille cache, à peine, les cheveux qu'elle laisse entrevoir.

Parfois vaporeuse, elle s'épanouit dans des envolées de tulles, de mousselines et de dentelles.

On entrevoit des motifs légers, aériens, des transparences : la mantille sublime la beauté des espagnoles.

Un mot plein de charmes, d'élégance,de poésie, un mot qui fait rêver à des danses virevoltantes, à des parures légères et somptueuses !

Dans l'extrait de l'oeuvre de Chateaubriand, on perçoit toute la séduction de cette parure, associée à un geste de la jeune femme.

Comparée à une "guimpe", mot plein d'étrangeté, la mantille devient un véritable objet de séduction.

 

 

Le dernier Abencerage, le texte de Chateaubriand :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dernier_Abencerage

 

 

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/chateaubriand-francois-rene-de/les-aventures-du-dernier-abencerage,744499.aspx





 

Illustration : un tableau de Goya

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 09:02
Chéreau, un homme de passions...

 

 

Passions du théâtre, de la mise en scène, passions du cinéma, de la peinture, des arts, de l'opéra, de la musique, tel fut Patrice Chéreau...

 

Patrice Chéreau fut un metteur en scène de génie, un homme de théâtre passionné, un acteur, un réalisateur de talent... une exposition lui est consacrée dans la ville d'Avignon, à l'hôtel de Caumont.

Cette exposition réunit des lettres, des projets de décors, des sculptures, des peintures, des photographies représentatives de la carrière de Patrice Chéreau, homme engagé, dont on perçoit les idéaux, les valeurs, les passions.

Une exposition si riche qu'elle traverse toutes les époques et tous les arts.

Picasso, Giacometti, Georges de la Tour, Géricault, Goya, Delacroix, on peut admirer des oeuvres prêtées par différents musées, pour évoquer les différents thèmes qui ont suscité l'intérêt de Chéreau.

On est émerveillé et fasciné par ce musée imaginaire qui permet de réunir tant d'artistes d'époques différentes et tant d'oeuvres d'art.

La collection nous montre d'abord les débuts de Patrice Chéreau, sa passion pour le théâtre qui se manifeste, dès l'adolescence, au lycée Louis legrand, puis elle déroule différentes étapes de sa carrière jalonnée de mises en scène de théâtre et d'opéras, de films.

La dispute de Marivaux, Dom Juan, Phèdre, Richard II, Hamlet, Dans la solitude des champs de coton, La Fausse suivante, Les Paravents...

On peut écouter quelques interviews de Chéreau, on découvre sa façon de travailler avec les comédiens, ses expériences  au théâtre national populaire, au théâtre des Amandiers à Nanterre.

Est évoquée également la carrière cinématographique de Chéreau, avec des films célèbres, La Chair de l'orchidée, en 1975, la sanglante Reine Margot, avec Isabelle Adjani, primée par deux fois au festival de Cannes et couronnée par cinq Césars. ou encore, Ceux qui m'aiment prendront le train, en 1998.

N'oublions pas les mises en scène d' opéras célèbres : La Tétralogie de Wagner, Don Giovanni et Cosi Fan tutte de Mozart, Elektra de Richard Strauss.

L'exposition laisse une impression de foisonnement : on perçoit toute la richesse du travail de Patrice Chéreau, dessinateur, directeur d'acteurs, metteur en scène, scénariste, auteur...

Certaines oeuvres exposées suscitent plus particulièrement notre émotion : le portrait de Chéreau réalisé par un peintre chinois, Yan Pei-Ming.

L'homme qui marche de Giacometti, célèbre sculpture qui parvient à saisir l'essence de la fragilité humaine.

Un tableau de Jules-Elie Delaunay, intitulé  "Peste à Rome", peint en 1869, qui est une métaphore du massacre des Protestants par la catholique Catherine de Médicis, cette œuvre du musée d’Orsay évoque les tragiques épisodes des épidémies de pestes qui sévirent à Rome ou à Marseille... une toile de Georges De La Tour : "L’apparition de l’ange à Saint Joseph" qui date de la  1ère moitié du 17e siècle. Chef-d’œuvre du maître du clair-obscur, ce tableau nous montre un ange au visage radieux, illuminé par la flamme d'une bougie.

Une toile de Hugo Hodiener, La marche des pèlerins de Tannhäuser vient illustrer des extraits filmés de la Tétralogie, montée à Bayreuth par Chéreau en 1976.

 

Un tableau de Alexander Harrison, évoque le thème de la solitude : une barque dans l'obscurité de la nuit, dans laquelle se dresse un personnage isolé et perdu qui semble chercher une issue.

Patrice Chéreau passionné de peinture, d'oeuvres d'art, nous est, ainsi, dévoilé dans son parcours, ses obsessions, ses engagements, ses convictions...

L'amour, la mort, le sexe, les corps, la cruauté humaine, la violence, la haine, la passion, l'art, autant de thèmes qui l'ont inspiré...

 

L'hôtel de Caumont offre un cadre plein d'élégance à cette exposition : ce bâtiment, qui date du  18 ème siècle, avec ses grandes fenêtres en forme d' arcades, ses murs roses, ne peut que séduire le visiteur, amateur d'art.

 

Une exposition à voir jusqu'au 18 octobre, à l'hôtel de Caumont...

 

 

http://www.lemonde.fr/arts/portfolio/2015/07/18/la-collection-lambert-rend-hommage-a-patrice-chereau_4688423_1655012.html


 http://www.actes-sud.fr/actualites/exposition-patrice-chereau-un-musee-imaginaire-du-11-juillet-au-11-octobre-avignon

 http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00355/la-dispute-de-marivaux-par-patrice-chereau.html

 

http://lci.tf1.fr/jt-we/videos/2015/festival-d-avignon-exposition-patrice-chereau-pour-la-reouverture-8633911.html

 

Une émission consacrée à Chéreau sur France Culture :

https://www.youtube.com/watch?v=27pZ3RbDUfI

 


 

Photos : rosemar

En haut de l'article : le portait de Patrice Chéreau de Yan Pei-Ming

Chéreau, un homme de passions...
Dessin pour une mise en scène

Dessin pour une mise en scène

Chéreau, un homme de passions...
Etude de maquillage de Patrice Chéreau pour Dans la solitude des champs de coton, de Koltès

Etude de maquillage de Patrice Chéreau pour Dans la solitude des champs de coton, de Koltès

Chéreau, un homme de passions...
Georges de la Tour : Apparition de l'ange à Saint Joseph

Georges de la Tour : Apparition de l'ange à Saint Joseph

Chéreau, un homme de passions...
Sculpture de Giacometti

Sculpture de Giacometti

Marche des pèlerins de Tannhäuser de Hugo Hodiener

Marche des pèlerins de Tannhäuser de Hugo Hodiener

Chéreau, un homme de passions...
La solitude de Alexander Harrison  1893

La solitude de Alexander Harrison 1893

Peste à Rome

Peste à Rome

Portrait de Charles IX

Portrait de Charles IX

Dessin de Géricault

Dessin de Géricault

La Mort du jeune Bara est une peinture inachevée de Jacques-Louis David qui date de 1794. Le tableau représente Joseph Bara jeune tambour de l'armée républicaine, tué par des vendéens. Il est érigé en héros et martyr de la Révolution, l'œuvre de David participe à cette célébration

La Mort du jeune Bara est une peinture inachevée de Jacques-Louis David qui date de 1794. Le tableau représente Joseph Bara jeune tambour de l'armée républicaine, tué par des vendéens. Il est érigé en héros et martyr de la Révolution, l'œuvre de David participe à cette célébration

Un dessin de Picasso   Le minotaure

Un dessin de Picasso Le minotaure

Chéreau, un homme de passions...
L'art antique grec : une couronne en or

L'art antique grec : une couronne en or

Chéreau, un homme de passions...
Le cadre de l'exposition : l'hôtel de Caumont

Le cadre de l'exposition : l'hôtel de Caumont

L'aveu de Phèdre à Hippolyte mise en scène de Patrice Chéreau

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 12:01
Un jour, la France pourra être musulmane...



"Un jour, la France pourra être musulmane...Ce sera le mouvement de l'histoire...", cette déclaration de Yann Moix, en réponse à Nadine Morano, n'est-elle pas encore une provocation du romancier, désormais chroniqueur de  l'émission, On n'est pas couché ?


Beaucoup de gens se sont moqués, à juste titre, des propos de Nadine Morano qui évoquait, maladroitement, la France comme "un pays de race blanche." Mais personne n'a souligné la phrase provocatrice de Yann moix...

 


A force de mettre en avant la laïcité, on en vient à gommer notre culture et nos racines : peintures, littérature, architecture, musique, tous nos arts sont imprégnés de culture chrétienne...

En Provence, l'usage de confectionner des crèches de Noël est, depuis longtemps, une tradition.

L'humanisme, inspiré de principes chrétiens est un mouvement essentiel qui a traversé le seizième siècle et cet humanisme est constitutif de notre histoire.

J'espère que la France ne deviendra pas musulmane, imprégnée d'une religion très régressive, où les femmes sont considérées, parfois, comme des mineures, où elles ont l'obligation de se voiler, de vivre cachées, soumises à un mari omnipotent.

Je sais bien qu'il existe un islam progressiste, mais peut-on voir un pays comme la France devenir musulman ?

Non, la France est de tradition chrétienne et le restera et, même si la religion chrétienne perd, effectivement, de son influence, la France restera fortement imprégnée d'une longue histoire et d'une culture inspirée par la chrétienté...

Les notions de partage, d'humanisme font partie de notre essence : et on ne peut envisager de les effacer de notre culture et de nos traditions.

Nous pouvons être accueillants à la religion musulmane, à ses adeptes, à condition que cette religion refuse les fanatismes, l'intolérance, à condition qu'elle accepte la satire, les critiques, traditions bien françaises, qui sont très anciennes : on songe à Rabelais, grand humaniste, qui, en son temps, n'hésitait pas à critiquer les institutions en place.

Certes, Nadine Morano s'est fourvoyée, en évoquant la notion périmée de race blanche, mais elle a raison de défendre la culture française, largement inspirée par la religion chrétienne.

Le mot "chrétien" n'est pas un gros mot, même si la religion chrétienne, catholique a été, maintes fois, dévoyée et détournée de sa vocation initiale.

Elle comporte des valeurs qu'il faut, encore, défendre, le partage, la compassion, le pardon, par exemple.

Il faut arrêter de renier et de reléguer, au second plan, notre propre culture, et ce, au nom de la laïcité.

Il faut arrêter de renier notre identité, notre passé riche d'un patrimoine culturel considérable, et il faut préserver ce patrimoine et cette histoire...

Non, la France n'est pas musulmane et ne le sera jamais, ses traditions ancestrales sont tout autres, notre pays est de culture chrétienne et le restera.
 

On le voit : la provocation devient, pour Yann Moix, un fonds de commerce, il s'agit de faire le "buzz", de se livrer à des déclarations outrancières et dangereuses.

 

 

 

 

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 14:53
Le passé nous construit : à chacun son histoire...

 

 



Le monde moderne nous emporte dans un tourbillon de technologies et d'informations, sans cesse renouvelées. Nous sommes submergés par ce flot de technicité, par un trop plein d'actualités qui déferlent dans les médias.

Et pourtant, nous avons tous besoin d'être ancrés dans le passé, ce passé qui nous a construits, qui constitue notre histoire, celle de nos parents, de nos grands parents qui nous ont façonnés à leur image.

Nous sommes tous influencés par notre milieu social, familial, nous sommes pétris de souvenirs du passé.
Nous sommes, aussi, ce passé et nous lui sommes redevables : que serions nous sans nos parents, sans notre famille de coeur, que serions-nous, sans ce passé ?

Des fantômes sans âme, des êtres sans histoire, sans ancrage...

Ce passé nous a construits, nous a donné des bases : l'école, aussi, nous a appris beaucoup, elle nous a structurés, nous a donné des cadres de vie, une envie d'apprendre, de progresser.

Nos lectures nous ont enrichis, certains professeurs nous ont imprégnés de leur culture.
L'être humain est fait pour apprendre tous les jours, et ces apprentissages sont fondés, aussi, sur une culture antérieure.
Cette culture qui ouvre l'esprit et qui donne envie d'apprendre, encore...

Et ces découvertes incessantes sont l'occasion de s'enthousiasmer, de s'enrichir à nouveau : la culture nourrit la culture et permet ainsi de la développer.

Nous sommes tous constitués d'apprentissages divers : certains ont acquis des compétences manuelles, d'autres ont développé des connaissances diverses, en histoire, en littérature, en sciences...
Et chacun de nous est la somme de ces expériences accumulées.
Chacun peut exploiter ces expériences, l'être humain étant apte à emmagasiner toutes sortes de savoirs.

Ce sont ces savoirs qui font la richesse et l'essence de l'homme...
Ce sont ces savoirs qu'il faut préserver et c'est grâce à eux que l'homme progresse, va de l'avant et s'épanouit.

Il est donc important de vénérer le passé, de conserver le souvenir de ceux qui nous ont précédés et qui nous ont aidés à être ce que nous sommes.
Oui, le passé est essentiel, il nous sert de base et de tremplin pour aller plus loin...

Notre histoire, notre passé nous permettent, sans cesse, de mieux vivre le présent, de mieux le comprendre et l'assimiler.

Je suis redevable à mes parents de ce que je suis, avec des défauts et des qualités, ils m'ont transmis des valeurs, des idées, un certain humanisme, ils m'ont apporté ce qu'ils avaient, eux-mêmes, d'humanité, et même s'ils n'étaient pas des gens cultivés, ils m'ont montré l'importance du travail, du devoir accompli.

Ils ont su me montrer une façon de faire, d'agir, même s'ils n'ont pas toujours été exemplaires : qui peut l'être tout au long de sa vie ?

Ils constituent mon histoire, ils sont en moi et continuent, sans doute, à me façonner dans ma vie, dans mes idées.

Notre passé est notre essence, il est souvent un moteur, il donne envie d'évoluer.

Notre passé nous appartient, il fait partie de nos vies, il est essentiel.

 

 

 

 

Photos : rosemar

Le passé nous construit : à chacun son histoire...
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 12:53
L'automne est là, flamboyant et superbe !

 

 


L'automne va bientôt nous envelopper de ses éclats flamboyants, de ses teintes dorées et lumineuses, le mot nous invite, lui-même, à l'admiration et à l'étonnement, avec ses sonorités de voyelle "o" réitérée...

La dentale "t", au milieu, retentit d'échos, annonce des explosions de couleurs : bientôt, des teintes de rouille, de xanthe, de bruns vont éblouir les paysages !

L'automne va installer ses embruns lumineux sur les jardins, les feuilles vont se parer de feux, de flammes, de clartés nouvelles !

L'automne est là, flamboyant et superbe !

Le roux côtoie le vert et le brun, les arbres commencent à s'enflammer de rayons de xanthe.

Des rubescences apparaissent, des envolées de brouées rousses !

Des brasiers surgissent sur l'horizon, des nuées couvrent l'azur, le nimbent de parures légères ou plus sombres...

L'automne est là, pour adoucir les brûlures de l'été... ses couleurs dorées vont remplacer les candeurs de l'été rayonnant.

Miel, ambre, corail, brun brûlé se superposent sur les feuilles de l'automne.

Bientôt, des douceurs de feuilles sous nos pas, des sons feutrés, soyeux de l'automne...

Bientôt, des odeurs de sous bois, de terre humide, des chaloupes de rousseurs sur les branches, des fraîcheurs matinales, des lumières atténuées....


Bientôt, des harmonies de couleurs intenses et chaleureuses !







Photos : rosemar

L'automne est là, flamboyant et superbe !
L'automne est là, flamboyant et superbe !
L'automne est là, flamboyant et superbe !
L'automne est là, flamboyant et superbe !
L'automne est là, flamboyant et superbe !
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