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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 08:38
Les corps se parent d'or et de cuivre...

 

 



J'aime les peaux doucement bronzées de l'été : un joli hâle donne bonne mine et apporte à la peau des couleurs de miel, aux saveurs exotiques....

Les visages se dorent de teintes lumineuses, les sourires en deviennent plus éclatants, les corps se parent d'or et de cuivre.

Belles couleurs d'ambre, emplies de lumières !


Le soleil nous enveloppe de ses douces caresses brunes, et nous offre des éclats nouveaux, le soleil embellit les paysages comme d'un halo, il magnifie aussi l' ovale des bras, des jambes, des corsages...

Eclats de brumes sur la peau, l'eau de mer sublime ces teintes, l'eau de mer ajoute ses nuances de nacre sur la peau...

L'air marin illumine, aussi, les corps et soudain, une harmonie nouvelle se révèle.

L'été nous donne ses teintes mordorées, si belles... taches de rousseur, lunules emplies de charmes sur la peau !

C'est le soleil du matin, et c'est celui du soir, Khépri et Atoum, chez les Egyptiens, qu'il nous faut apprivoiser et capturer, avec délicatesse.

Evitons les ardeurs du midi qui brûlent les peaux, sans les hâler vraiment...

C'est Khépri, le soleil levant, le Dieu Scarabée qui nous apporte sa douceur scintillante...

C'est Atoum, le couchant, qui nous apaise de ses rayons déclinants !

J'aime ces soleils aux éclats adoucis, teintés de roses, d'ocres et d'orangés...

J'aime les noms de ces soleils antiques, aux sonorités étranges, Khépri, Atoum !

Laissons-nous enlacer de ces soleils adoucis, laissons nous séduire par leurs teintes et leurs noms mystérieux !

Que les soleils de l'été nous étreignent de leurs rayons atténués, sereins, qu'ils nous éclairent de leurs éclats soyeux et veloutés !


 


https://youtu.be/utY4tcV1eCw


 


 

 

 

 

Les corps se parent d'or et de cuivre...
Les corps se parent d'or et de cuivre...
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 09:59
Un apologue à méditer...

 

 

 

« Ne marche pas de travers, disait une écrevisse à sa fille, et ne frotte pas tes flancs contre le roc humide. – Mère, répliqua-t-elle, toi qui veux m’instruire, marche droit ; je te regarderai et t’imiterai. »
Quand on reprend les autres, il convient qu’on vive et marche droit, avant d’en faire leçon.

 

Ce texte bref, intitulé L'écrevisse et sa mère, constitue ce que l'on appelle, en terme littéraire, un apologue, c'est à dire un court récit à valeur morale



On doit cet apologue à Esope, poète grec, inventeur de ce genre littéraire qu'est la fable...


Esope a vécu entre le 7ème siècle et le 6ème avant JC et il nous donne là une leçon universelle que chacun devrait méditer.

 

Je laisse à chacun le soin de développer cet apologue, à sa façon...

J'en ferai bientôt un commentaire détaillé sur mon blog.

 

A suivre, donc...

 

 

 



 

https://fr.wikisource.org/wiki/Fables_d%E2%80%99%C3%89sope/L%E2%80%99%C3%89crevisse_et_sa_M%C3%A8re

 

Un apologue à méditer...
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 08:39
Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...

 

 



Comment ne pas apprécier cette nouvelle fantastique de Théophile Gautier, un maître du genre incontesté ?

Le titre, d'abord, nous intrigue : quel est ce mystérieux pied de momie qui évoque l'Egypte ancienne, les Pharaons, les pyramides, les obélisques et leurs hiéroglyphes sacrés ?

Comme dans tout récit fantastique, le texte se déroule à la première personne, se présentant comme un témoignage et une expérience authentique.

La nouvelle commence comme un récit réaliste : on voit le narrateur entrer dans un magasin de "curiosités"... La scène est située, de manière très allusive, à Paris, puisqu'on trouve une référence à "l'argot parisien"...

La description détaillée de la boutique est empreinte de pittoresque : un vrai "bric-à brac", avec des objets hétéroclites... Gautier décrit avec précision les matières, les couleurs : "une lampe étrusque de terre rouge, une armoire aux panneaux d'ébène... rayés de filaments de cuivre, une table, aux spirales de bois de chêne, des plats
 aux dessins rouges et bleus, relevés de hachures d’or..."

On trouve, aussi, des indications concernant la provenance ou l'époque de ces objets : "une armure damasquinée de Milan, des magots de la Chine, des tasses de Saxe et de vieux Sèvres, une épaisse table du règne de Louis XIII,
 une duchesse du temps de Louis XV, d'immenses plats du Japon..."

On perçoit, également, des formes, des dimensions : "une épaisse table, aux lourdes spirales de bois, d'immenses plats, des cornets, les tabettes denticulées, des hachures..."

L'ensemble apparaît très hétéroclite et désordonné.

La description du marchand, qui suit, est tout aussi pittoresque, et nous introduit davantage, encore, dans l'univers fantastique.

Quelques détails sont soulignés et font de ce personnage un être inquiétant et mystérieux : "un crâne immense, auréolé de cheveux blancs, le scintillement de deux petits yeux jaunes qui tremblotaient dans leur obite, ses mains maigres fluettes, pleines de nerfs en saillie, onglées de griffes semblables à celles des chauves-souris."

Ses mains deviennent même des "pinces de homards" qui saisissent les objets de la boutique.

Les métaphores animales rendent ce personnage particulièrement étrange, d'autant qu'il propose au narrateur d'acheter des armes dont il vante la férocité et la beauté... ""regardez ces rainures pour égoutter le sang, ces dentelures pour arracher les entrailles."

Mais le narrateur, qui cherche un "serre-papier", décline toutes ces propositions et il est, soudain, attiré et séduit par "un pied charmant", comme le suggère l'emploi du passé simple "j'aperçus", qui marque une rupture et une surprise...

Il s'agit en fait, d'un pied embaumé, un pied de momie, dont on distingue "le grain de la peau"... Il s'agit du "pied de la princesse Hermonthis, fille d'un pharaon", selon les propos de l'antiquaire...

Après marchandage, l'affaire est conclue, pour cinq louis...

Le soir venu, dans l'obscurité, entre rêve éveillé et douces vapeurs de Champagne, le narrateur entend des bruits étranges et le pied de la princesse se met à s'agiter...

On retrouve là, tous les ingrédients du registre fantastique : la nuit, le rêve qui se confond avec la réalité, les objets qui s'animent et qui prennent vie.

L'apparition de la princesse Hermonthis, au charme oriental, captive le jeune narrateur...

La suite du récit nous emmène vers l'Egypte antique et ses décors somptueux.

Le texte rempli d'humour, de tendresse, ne peut que séduire et envoûter le lecteur.

Et il s'achève sur une ambiguité qui est le propre de tous les contes fantastiques... On hésite entre rêve et réalité, entre une explication rationnelle et une autre qui relève du surnaturel.

Voilà un récit bref, attachant, qui permet de découvrir toutes les subtilités du registre fantastique ! Une belle lecture de vacances pour tous, une lecture qui nous replonge dans l'ambiance de l'Egypte antique, qui nous permet de voyager dans l'espace et le temps !

 

 

 

Le texte :

 

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Romans_et_Contes_de_Th%C3%A9ophile_Gautier/Le_Pied_de_momie

 

 

 

 

 

 

Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...
Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 08:52
Mais que les ruines sont belles !

 

 



Le mot "ruines" nous fait voir des vestiges d'autrefois, des temples grecs aux marbres écornés, d'une blancheur de lys... Ruines de monuments anciens aux colonnes décimées, aux chapiteaux écroulés que l'oeil se plaît à observer...

Cap Sounion, le Parthénon, les Propylées, le temple de Delphes, Ephèse, Milet, Pergame, des théâtres antiques aux échos sonores si parlants !

Mycènes, Epidaure, Dodone, Olympie !

Ruines des vieux villages de Provence, maisons de pierres sèches, aux murs éblouis de lumières !

On aime ces blocs de pierre apaisants, aux contours incertains, remplis de tant d'histoire, au passé somptueux...

On aime ces volutes harmonieuses, ces motifs épurés, ces lignes élancées.

 

Sous un soleil de plomb, les marbres se redessinent, revivent sous un ciel azuréen.

Le mot "ruines" nous fait percevoir, avec sa gutturale "r" toute la dureté de la pierre, et, aussi, la rudesse du temps qui passe, les voyelles "u" et "i" très aiguës qui s'enchaînent semblent restituer toute la douleur de ces écroulements...
Voilà encore un mot expressif ! On voit des pans de murs crouler, sous l'effet de la fuite du temps.

Venu d'un verbe latin "ruo", "s'effondrer", le mot "ruine" nous montre tant de désolation et de désarrois !

Mais que les ruines sont belles, aussi ! Que ces vestiges d'autrefois nous parlent ! Pierres usées, certes, mais polies et patinées par le temps, pierres, où l'on perçoit encore le geste du sculpteur si précis...

Fûts de colonnes écroulées, comme un château de cartes, dans un étagement de pierres amoncelées ! 
Statues brisées, meurtries, mais pleines d'harmonies !


Des noms célèbres surgissent, Phidias, Praxitèle, artistes du passé, dont les oeuvres nous sont parvenues à travers les siècles...

Les ruines nous transmettent tant de poésie, de beauté et d'élégance !

Elles nous parlent des religions et des dieux d'autrefois, Zeus, Athéna, Poséidon, Arès, Bacchus, Artémis, elles évoquent, aussi, toute l'humanité de ceux qui nous ont précédés, leurs croyances, leur vie, leur goût pour la beauté.

Elles recèlent tant de messages ! Elles sont peuplées d'une multitude de souvenirs, d'êtres qui les ont animées...

La Sicile et sa vallée des temples, Olympie et ses fûts de colonnes brisées, Delphes, la Tholos, le théâtre, Aspendos, ville turque !

Que de noms résonnent et que de splendeurs !

 

 

 

 

 

Photos : rosemar  Le temple de Diane, à Nïmes

Mais que les ruines sont belles !
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 10:30
La plage du ciel se teinte de nacres dorées...

 

 

 

 



Des vagues de nuages devenues panaches de chrysanlines s'étirent dans le ciel...


Les nuées grises, orangées s'alignent sur l'horizon, forment des embruns, des fumerolles ouatées, des volutes, aux teintes de cuivre.


Tableau somptueux de l'été ! Les couleurs se fondent, se rejoignent, s'entrelacent et dessinent des enroulements majestueux...

Sur le bord du ciel, des filets légers de lueurs blanches et roses se détachent... Des écumes envahissent la plage du ciel, légères vaguelettes qui viennent mourir sur l'horizon...

La plage du ciel se nacre de teintes dorées, qui viennent s'éteindre sur le bleu de l'azur...

Les nuées deviennent vagues soyeuses et se replient sur l'azur.

Le ciel se couvre d'écumes marines, aux couleurs de roses !

Le tableau nous fait voir un magnifique clair-obscur : d'un côté, des nuées assombries d'ocres et de bruns, de l'autre, le bleu rayonnant du ciel, mer immense sur laquelle se brisent des vagues cotonneuses et vaporeuses...


Quel somptueux dégradé de couleurs,  gris et bleu azuréen, teinté de rose pâle !


Quel paysage céleste ! 


 

 

 

 

Photos : rosemar

La plage du ciel se teinte de nacres dorées...
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Published by rosemar - dans nature poésie
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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 10:34
Et les grands oiseaux qui s'amusent...

 

 



Les rêves de voyages hantent les esprits de bien des poètes : on songe à Baudelaire qui évoque, maintes fois, dans les Fleurs du mal, des voyages imaginaires vers des pays exotiques et lointains, des pays inondés de soleils et de lumières, des îles paradisiaques.


C'est aussi le rêve que fait Bernard Dimey, l'auteur de la chanson intitulée Syracuse, interprétée et mise en musique par Henri Salvador : il entrevoit l'espoir d'aller à Syracuse, ville aux sonorités magiques et mystérieuses, ville du Sud, en Sicile. Les consonnes sifflantes sourde et sonore, la finale féminine du mot, les voyelles variées nous entraînent vers un monde de rêves et de bonheur... 

Le conditionnel "j'aimerais tant" montre une forme d'illusion, que le poète souhaiterait voir se concrétiser un jour.

La Sicile, l'île aux trois pointes, la Sicile et ses temples grecs représentent bien ces voyages paradisiaques, ces terres ensoleillées qui suscitent des désirs d'évasion.

 

Le rêve se complète de voyages vers l'île de Pâques et Kairouan... noms pleins d'exotisme et de dépaysement, des lieux remplis de mystère et qui nous transportent de l'Océan Pacifique vers la Tunisie.

 

On songe aux fabuleuses statues de l'îles de Pâques, on est ébloui par le nom exotique "kairouan" qui nous fait voyager vers l'orient, ses mosquées somptueuses, ses oasis.


L'évocation des oiseaux, qui suit, est toute imprégnée de poésie : on voit les oiseaux s'amuser avec le vent et "glisser" majestueusement sous le souflle des alizés... Les oiseaux symbolisent, traditionnellement, un monde de liberté et d'errance associé au voyage.

Les sonorités de sifflantes suggèrent une harmonie, pleine de douceur : "les grands oiseaux qui s'amusent à glisser l'aile sous le vent..."


Le voyage nous emmène, ensuite, vers des mondes lointains et des vestiges du passé : les jardins de Babylone, une des sept merveilles du monde, le palais du grand lama au Tibet, puis la ville de Vérone en Italie et le mont Fuji Yama au Japon... Les sonorités exotiques et lointaines de tous ces noms propres nous font rêver... Le voyage dans l'espace se double, aussi, d'un voyage dans le temps.


La belle périphrase "le pays du matin calme" évoque la Corée, un pays fait d'harmonie et de beauté, comme le suggère bien l'expression.

Un bonheur idyllique transparaît dans ces vers, d'autant que le poète imagine les plaisirs associés à ces pays lointains :" pêcher le cormoran, s'enivrer de vin de palme... écouter chanter le vent" : on perçoit une vie insouciante et limpide, faite de bonheurs simples et tranquilles.


Dans la dernière strophe, l'auteur fait allusion au temps qui passe et qui est compté, pour chacun : il souhaite partir pour de lointains voyages, avant qu'il ne soit trop tard, avant que sa jeunesse se soit enfuie.


Il espère ainsi garder d'éternels souvenirs de ces découvertes et pouvoir les dérouler dans sa mémoire, tout en restant à Paris : le thème de la fuite du temps qui apparaît, à la fin du texte, donne une touche mélancolique à l'ensemble...


La mélodie très douce, composée par Henri Salvador,  accentue l'idée d'évasion et de rêve associés aux voyages... 


http://youtu.be/223tksvu7uw


 


http://youtu.be/tbY9ZJXdH1

 

 

 

 

 

 

Et les grands oiseaux qui s'amusent...
Et les grands oiseaux qui s'amusent...
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:03
Solennelle ! C'est bien le mot qui convient !

 

 



Une photo d'autrefois...


Ma soeur est photographiée pour sa communion solennelle : c'était l'expression consacrée à l'époque...

Solennelle ! C'est bien le mot qui convient, quand on voit la tenue somptueuse que porte ma soeur...

Un éblouissement de blancs ! Ue robe brodée de galons, pleine d'élégance, dont on perçoit la matière d'un tulle transparent sur un jupon de soie...

Un long voile retombe, en plis, jusque vers le milieu de la jupe, révélant des broderies sous forme de ramages et d'arabesques.

Le bord du voile laisse voir un galon soyeux... Sur la tête, une couronne de roses retient le voile qui encadre le visage juvénile de ma soeur et qui laisse entrevoir ses longs cheveux sombres.

A la ceinture, est accrochée une aumônière, piquetée de filaments, d'une blancheur de lys.

Les mains, gantées d'un très léger voile, tiennent un missel et un long chapelet...
La tenue est complétée par une croix ouvragée, en or, qui descend sur le col.
Les manches sont ornées de galons et laissent entrevoir des envolées de tulle.
Le missel, lui-même, est couvert de broderies.

On est subjugué par cette tenue somptueuse, d'autant que nous sommes issus d'une famille très modeste.

Mais, à cette époque, on ne badinait pas avec les robes de communiantes ! Il suffit de regarder des photos de ces jeunes filles aux robes longues, majestueuses pour en prendre conscience.

Plus tard, "l'aube", une tenue plus sobre et plus stricte a remplacé ces robes d'autrefois, faisant disparaître un peu de la magie de ces cérémonies religieuses...

Cette robe, c'est ma grand-mère paternelle qui l'avait cousue et conçue de toutes pièces !

Un véritable travail d'artiste ! Ma grand-mère avait des doigts de fée !

Ma grand-mère mexicaine, ma grand-mère aventureuse qui avait tenté de s'exiler au Mexique pour y faire fortune, avait des talents extraordinaires de couturière.

Un jour, ma mère m'a montré cette robe, conservée comme une relique, dans la cave de la maison familiale : elle-même en admirait encore la facture et me révélait son émerveillement pour les dons et le travail de ma grand-mère.

Instant magique, moment de connivence avec ma mère ! Une façon de rendre, aussi, hommage à ma grand-mère...

Elle avait accompli un travail digne d'une couturière professionnelle qui était, aussi, la marque d'un goût raffiné, d'une envie de perfection.

A cette époque, il n'était pas rare que les mères, les grands-mères confectionnent toutes sortes de vêtements, et la communion solennnelle était l'occasion de déployer tout un savoir-faire qui a disparu de nos jours...

Cette robe somptueuse paraissait digne de figurer dans un conte de fées, tant elle rayonnait d'éclats, tant elle signait une tenue de rêve !


 

 

 

 

Solennelle ! C'est bien le mot qui convient !
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 08:51
Des éponges imbibées d'eau fraîche...


 

Dans un extrait du célèbre Roman de la momie de Théophile Gautier, on voit deux explorateurs utiliser des éponges, pour se rafraîchir et apaiser les chaleurs du désert, juste avant de pénétrer dans une tombe...


"La chaleur devenait si intense que le jeune lord se défit de son paletot blanc, et le docteur de son habit noir, que suivirent bientôt leur gilet et leur chemise ; Argyropoulos, voyant leur souffle s'embarrasser, dit quelques mots à l'oreille d'un fellah, qui courut à l'entrée du souterrain et rapporta deux grosses éponges imbibées d'eau fraîche, que les deux voyageurs, d'après le conseil du Grec, se mirent sur la bouche pour respirer un air plus frais à travers les pores humides, comme cela se pratique aux bains russes quand la vapeur est poussée à outrance.
On attaqua la porte, qui céda bientôt.
Un escalier taillé dans le roc vif se présenta avec sa descente rapide."


Le mot "éponge", si familier, a des origines lointaines et une histoire très ancienne !

Encore un mot venu du passé dont on ne soupçonne pas toute l'ancienneté, la noblesse et le prestige...

L'éponge qui  absorbe les liquides, grâce à sa  substance poreuse, qui revêt de somptueuses couleurs de sable nous séduit et nous étonne !

La douceur de l'éponge, sa rondeur, sa souplesse en font un objet sympathique et bienveillant...

Sa capacité d'absorption surprend : voilà un outil magique qui retient l'eau et la libère, par la simple pression de la main !

Le mot, avec ses consonnes labiale, chuintante n'est-il pas empreint de charme et d'élégance ? La voyelle nasalisée "on" lui confère, aussi, une légèreté infinie.

Les anfractuosités forment comme des remous, des vagues sinueuses sur l'objet, lui donnent des reliefs, des pleins, des déliés, une structure surprenante.

L'éponge, pleine de délicatesse dans sa texture, nous fait percevoir toute sa subtilité, on aime ses aspérités légères, aériennes.

L'éponge peut être d'origine animale, végétale ou synthétique...

L'éponge marine ou "porifera", est la plus étonnante : cet animal aux couleurs variées de rose profond, vert, blanc, mauve, aux formes diverses, nous fait entrer dans l'univers des profondeurs marines, mystérieuses, étranges, secrètes... Et on découvre que les éponges ont, ainsi, toutes sortes de propriétés, elles sont capables de se régénérer, de revivre, de s'associer !

Les éponges pourraient, même, être les plus vieux êtres vivants du monde !

Ces animaux sédentaires ont le pouvoir de vivre et de s'incruster sur différents supports : roche dure, sédiment meuble, coquilles, carapaces de crustacé...

Les éponges peuvent même abriter d'autres animaux, comme des crevettes, ou les larves de certains insectes...

Le mot, lui-même, très ancien nous fait remonter aux origines lointaines de notre langue, le latin et le grec. Le terme latin "spongia" vient du grec "spoggia"...ou "spoggos".


On trouve ce mot dans l'Odyssée d'Homère, par exemple dans cet extrait du chant I au vers 111... On y voit des serviteurs de la maison d'Ulysse nettoyer les tables, grâce à des éponges :

" Athéna part en s'élançant des sommets de l'Olympe et s'arrête au milieu de la population d'Ithaque, devant le vestibule d'Ulysse, sur le seuil de la cour. La déesse, sous les traits de l'étranger Mentes, roi des Taphiens, tient entre ses mains sa lance redoutable ; elle trouve les fiers prétendants se livrant au jeu de dés, couchés sur des peaux de bœufs qu'ils avaient immolés eux-mêmes ; /des hérauts et des serviteurs actifs s'empressaient, les uns de mêler le vin et l'eau dans les cratères, les autres de nettoyer les tables avec des éponges douées et poreuses, de les mettre en place et de diviser les viandes par morceaux. /Le premier qui aperçoit au loin la déesse est Télémaque, semblable à un dieu ; assis parmi les prétendants à la main de sa mère, son cœur est dévoré de chagrins.."


/"κήρυκες δ᾽ αὐτοῖσι καὶ ὀτρηροὶ θεράποντες


οἱ μὲν οἶνον ἔμισγον ἐνὶ κρητῆρσι καὶ ὕδωρ,


οἱ δ᾽ αὖτε σπόγγοισι πολυτρήτοισι τραπέζας


νίζον καὶ πρότιθεν, τοὶ δὲ κρέα πολλὰ δατεῦντο."/


Ainsi, ce mot ancien, utilisé par un des premiers auteurs de la littérature grecque, Homère, nous apparaît d'autant plus précieux, chargé d'histoire, d'un passé prestigieux...

L'éponge ! Mot venu du grec ! Les grecs, peuple de marins, ont dû découvrir, très tôt les propriétés étonnantes de l'éponge et s'en servaient déjà pour nettoyer différents supports !

L'adjectif qui qualifie le mot dans le texte grec, "polytrétos" signifie "aux mille trous", et caractérise bien la nature même de l'objet, couvert de crevasses et d'aspérités...

Voilà un mot qui nous fait découvrir des profondeurs marines, emplies de splendeurs, qui nous fait voyager dans le temps, qui nous charme de sonorités séduisantes !


Voilà un objet aux propriétés magiques, aux contours sinueux, remplis de douceurs !

 

 

 

 

Des éponges imbibées d'eau fraîche...
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:51
Après les grecs, les agriculteurs sont coupables...

 

 

 

Les agriculteurs français sont souvent montrés du doigt, dans la crise qui les oppose au gouvernement : alors que nombre d'entre eux n'arrivent plus à vivre du fruit de leur travail, ils sont coupables, selon certains, d'un abus de pesticides et d'engrais, ils sont coupables de pratiquer une agriculture intensive et ce qui leur arrive n'est que justice...

Les agriculteurs ont accepté de se soumettre et de se livrer à une production intensive...

Mais n'est-ce pas le système actuel qui les a conduits vers ce type de production ? Alors que se sont installées en Allemagne, en Roumanie des fermes gigantesques, où sont élevés des porcs, des volailles à bas prix, face à une concurrrence effrénée, quelles étaient les solutions ?

N'est-ce pas l'Europe avec ses directives insensées qui doit être incriminée ?

Les coûts de production qui sont dérisoires dans certains pays de l'union européenne entraînent, aussi, immanquablement les paysans français vers la faillite.

Après les grecs coupables de tous les maux, voilà les agriculteurs cloués au pilori, condamnés pour avoir employé des pesticides que tous les agriculteurs européens utilisent !

Dans notre beau pays, on a vite fait d'accuser les autres, ceux qui exercent un autre métier que le sien...

Les coupables sont tout trouvés : les agriculteurs sont fautifs, les enseignants sont responsables, bien sûr, aussi, de la crise que connaît, à l'heure actuelle, l'éducation...

Pourtant, rien n'est simple et il est trop facile d'accuser les paysans d'être responsables de la situation difficile dans laquelle ils se trouvent.

Certes, la FNSEA a joué, souvent, un rôle trouble et inadapté, mais a-t-on le droit de stigmatiser les agriculteurs, des gens humbles, qui travaillent dur, qui, parfois, n'ont même pas droit à des vacances ?

La mondialisation a bouleversé cette profession, les techniques de production ont évolué, grâce à des outils performants.

Mais ce métier est des plus complexes : avez-vous essayé de faire pousser des légumes ou des fruits de manière totalement naturelle ?

Les paysans sont soumis à de multiples aléas : la sécheresse, les intempéries, les différentes maladies qui s'attaquent aux plantes, les insectes...

Comment ne pas percevoir toutes les contraintes de ce métier ?

Des milliers d'oliviers ont dû être détruits en Italie, en raison d'une bactérie tueuse, la xyllela fastidiosa, au nom bien révélateur,  celle-ci a peut-être, même, atteint les rivages de la Corse... On voit bien que les obstacles sont nombreux et terribles, dans une telle profession.

Un paysan qui n'arrive pas à vivre de son activité, en France, c'est une indignité, des agriculteurs qui se suicident, parce qu'ils ne parviennent pas à vivre de leur travail, c'est une honte.

Comme nous tous, les agriculteurs sont "livrés", pieds et poings liés à l'Europe, à ses financiers, à ses lobbies : c'est le système tout entier qu'il faut remettre en cause.

Arrêtons de jeter la pierre à autrui, à celui qui travaille dur, pour essayer de survivre : mon grand-père était paysan et je sais toutes les âpretés et les difficultés de ce métier...

Un métier très rude qui exige une disponibilité totale, un métier aux multiples contraintes qui doit être valorisé.
 

 

 

 

 

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 15:57
Une invention révolutionnaire !

 

 

Une vidéo que je ne peux m'empêcher de diffuser, tellement elle me ravit : une invention révolutionnaire !


Une vidéo si réjouissante ! 


Eh oui ! Cette invention est quelque peu ancienne, si bien que nous en avons oublié les nombreux avantages !


Vive le livre, le vrai !


 


https://youtu.be/Q_uaI28LGJk



 

 

Une invention révolutionnaire !
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