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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 09:50
La lune sur le pin...

 

 


Fin croissant de lune sur l'ombre du pin, brillances et douces lumières à peine rosées derrière les ramures du pin...


Un paysage se dessine, dans l'ombre naissante : les pignes, les branches forment des ombres chinoises, un contraste éblouissant de couleurs, pastels de roses et cannetilles sombres.

Quelques ramilles légères s'agitent, faisant palpiter le fond rosé du tableau, des dentelles, des résilles apparaissent et s'entrecroisent, des entrelacs ondoyants...

La lune sereine couronne le pin d'une lumière vive sur le ciel gris-bleu.

A l'ouest, le ciel se dore d'un coucher de soleil finissant, quelques nuages gris s'effilochent sur l'azur doré.

Les nuées s'étirent, formant des embruns et des vagues de brumes, les nuées se déchirent en tourbillons vaporeux...

Le paysage, derrière le pin, devient irréel, une lumière douce semble sourdre de la terre, fait vivre chaque ramille, les redessine avec délicatesse et subtilités.

Le tableau s'éclaire des douces lueurs du couchant, le paysage devient estampe japonaise, avec ces fines brindilles de pins qui se meuvent avec souplesse sur des harmonies de roses...

Chaque ramille se détache sur ce décor, chaque aiguille de pin palpite, dans l'air du soir.

La lune s'arrondit, en arc de cercle, sur les hautes branches, elle embellit le tableau, le couronne d'un éclair flamboyant.


 

 

 

 

Photos : rosemar

 

La lune sur le pin...
La lune sur le pin...
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 13:20
Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs...

 

 



Cette chanson de Jacques Brel s'ouvre sur l'évocation de la "rosée qui tremble au calice des fleurs", belle image qui personnifie la nature, et qui l'associe au coeur de la femme aimée à laquelle s'adresse le poète...


La fleur tremble de peur "de n'être pas aimée", sentiment que chacun a pu éprouver et que peut ressentir le coeur de la jeune femme..

La pluie se transforme en "clavecin de l'étang, jouant page de lune" et fait songer à la voix et au chant de l'amoureuse... On perçoit, là, une belle évocation qui mêle la nuit, la musique, la nature... on est sensible à une harmonie de sensations visuelles et auditives : la lumière de la lune se retrouve en harmonie avec le chant de la pluie et celui de la femme aimée...

On perçoit, dans ce tableau, un bel effet de clair-obscur, puisque le "noir de la pluie" s'unit à la clarté de la "lune"...

L'aube qui apparaît, hésitante, "lumineuse et fragile " fait songer au front de la belle... Le poète réunit, ainsi, toute la beauté et la délicatesse de la nature et celles de la jeune femme...

Puis, c'est l'aurore "battue par l'aile d'un oiseau" qui symbolise son rire rayonnant...

Le jour qui se lève évoque, aussi, la joie de celle qu'on aime... Ce jour nous fait percevoir des "dentelles de bois", comme si la nature se faisait créatrice de beauté et d'harmonies, en même temps que la jeune femme.

Le jour, encore, annonce le retour tant attendu de l'être aimé, parti et revenu.

Enfin la porte s'ouvre, et l'amour se traduit par un "cri qui jaillit" et qui réunit de nouveau, les deux amoureux.

La chanson, ponctuée, sans cesse, par la déclaration "je t'aime", réitérée à la fin, restitue des sentiments de bonheur, et traduit, à travers la beauté et la fragilité de la nature, un amour fait de limpidité, où le monde est à l'unisson de l'amoureux...

Les images utilisées, tout au long du texte, nous montrent, à la fois, la force et la délicatesse de l'amour.

La mélodie soulignée par des sons de flûte légère traduit bien toute l'harmonie qui réunit la nature et la femme aimée... elle s'intensifie, à la fin, quand les deux amoureux se retrouvent.

On perçoit une alternance de consonnes très douces, fricative "f" et sifflante "s"et de gutturales plus âpres,"r" et "c", une façon de souligner beauté et fragilité...


"Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs
De n'être pas aimée et ressemble à ton cœur
Je t'aime
Pour le noir de la pluie au clavecin de l'étang
Jouant page de lune et ressemble à ton chant
Je t'aime..."
 


Simplicité, beauté des images, fusion de la nature et de la jeune femme font de ce texte un poème plein de sensibilité...


 



Photo : rosemar

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 10:41
Les vacances : oublions le vide !

 



Le mot "vacances" vient d'un verbe latin, "vacare", "être vide"... 

Et le vide est là ! La vacuité s'empare du monde ! Les touristes se précipitent sur les plages, pour remplir le vide, pour bronzer à outrance et ramener une peau dorée, à souhait...

Certains remplissent le vide, sur des forums de discussions, évacuant leur ennui, à coup d'invectives, d'insultes virulentes.

D'autres accusent les grecs de tous les maux de la terre, méprisant le sort qui leur est réservé, éructant leur haine : les grecs ont osé demander l'aide des européens, pour faire face aux incendies qui ravagent l'Attique ou le Péloponnèse !

"Les grecs ont triché, ont volé, Tsipras est un populiste dangereux, un nouvel Hitler qui sème la panique en Europe !"

Le vide des insultes, le vide de la pensée !

Le vide consternant de la vacuité !

Certains se passionnent pour le tour de France, émaillé par des soupçons de dopage, par des incidents qui montrent encore la vacuité de certains : des coureurs insultés, arrosés d'urine ou humiliés...

Certains se lancent des défis sur internet, des paris stupides qui peuvent conduire à la mort, une nouvelle mode délirante qui montre encore le vide de nos sociétés. Boire une quantité impressionnante d'alcool, se lancer dans une mer glacée, par mauvais temps... Facebook devient, ainsi, une incitation au vide et à la bêtise.

La vacuité s'empare du monde !

Et pourtant, le temps des vacances permet tant de bonheurs simples : le bonheur de l'eau fraîche dans le jardin, celui de la lecture, de l'écriture.

La poésie, les romans nous offrent des horizons si variés, voyages dans le temps, l'espace, l'imaginaire, la beauté de paysages lointains.

Le temps de l'action est ouvert à tous : balades dans la nature, découvertes de sites, de musées, nuits à la belle étoile...

Le plaisir des plats légers de l'été, les salades, les fruits de l'été si savoureux : les pêches, abricots, fraises et pastèques si rafraîchissantes.

Le bonheur de goûter à la liberté, à un temps retrouvé qui permet de se cultiver, d'engranger des expériences nouvelles, différentes.

Le plaisir du soleil, sans outrance, la joie de lézarder et de s'occuper du jardin, de gratter la terre, d'arroser les fleurs, d'en sentir tous les parfums, menthe, romarins, lavandes de l'été.

Le plaisir de la plage, au petit matin, au lever du soleil, quand la chaleur est douce, et légère, quand les rives sont désertes, l'eau limpide et lumineuse.

Le bonheur de photographier des paysages, des couchers de soleils éblouissants, d'observer toutes sortes de spectacles offerts par la nature : des rouleaux de vagues, des ciels lumineux, des pins éblouis de soleil, aux senteurs si douces...

N'oublions pas de regarder et d'observer le monde, non pas à travers un écran, mais en ouvrant les yeux sur tous les spectacles qui nous entourent...

De véritables spectacles, pleins de vérités, d'harmonies, les arbres, les fleurs, un vol d'oiseaux qui s'emparent du ciel, le murmure des cigales.

Des nuits étoilées sous la Grande Ourse, des lunes qui illuminent le ciel de croissants irisés, la voie lactée qui peuple la voûte céleste de tableaux irréels.

La musique s'offre à nous : on peut écouter, apprécier et découvrir toutes sortes d'oeuvres musicales, chansons, concertos, jazz, rock...

Oublions le vide pour des activités enrichissantes, culture, lectures, musiques, saveurs, spectacles divers...

Oublions le vide, pour remplir chaque journée de découvertes nouvelles....


 

 

 

 

 

 

Photos : Christelle et rosemar

 

Les vacances : oublions le vide !
Les vacances : oublions le vide !
Les vacances : oublions le vide !
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 15:28
La demoiselle est l'image même de la légèreté !

 

 

Le mot "demoiselle" n'est plus guère utilisé, de nos jours, et pourtant quels charmes dans les sonorités du mot, quelle élégance !

Il est vrai qu'en ces temps d'émancipation et de libération de la femme, le terme apparaît quelque peu suranné et désuet, le mot "mademoiselle" n'apparaît plus, les jeunes filles qui passent leur baccalauréat sont, désormais, désignées par le terme "madame", sur les convocations qu'elles reçoivent.

Et pourtant ! Voilà un mot qui réunit la grâce de la féminité et celle de l'oiseau...

La "demoiselle" réveille des images de jeunesse, de fragilité, de beauté : elle suggère une certaine innocence, une impulsivité pleine de grâces.

Elle nous fait percevoir des envols et des murmures d'oiseaux dans les ramilles, on est comme saisi par une vivacité, un élan, une envie de se libérer, de parcourir le monde, de le découvrir...

On entrevoit un bonheur de vivre, de s'enivrer de toutes sortes de plaisirs...

Les sonorités du mot, dentale "d", labiale "m", sifflante "s", son amplitude, ses quatre syllabes révèlent, à la fois, sensualité, douceur, envie de s'affirmer.


Le son "elle" final donne à ce terme une subtilité aérienne, une légèreté étonnante.

La demoiselle semble survoler le monde, le saisir, s'en emparer, la demoiselle est l'image même de la légèreté.

Quel terme évocateur ! Quelles transparences et quelle limpidité dans ce seul nom !

Venu du latin "dominicella", diminutif de "domina", "la maîtresse de maison", la demoiselle est aussi la maîtresse et l'amie de coeur, celle qui ravit les esprits et attire les désirs...


La demoiselle, associée à l'amour, évoque des images passionnées et ardentes.

Formation de diminutif, le mot révèle délicatesse, douceur, tendresse.

Ce simple mot, aux sonorités évocatrices, nous montre toute l'ardeur et la fragilité de la jeunesse...

La demoiselle a fait aussi des émules : jolie forme de libellule, poisson des récifs coraliens, cheminées de fée pleines d'élégance, le mot fait surgir des insectes, des animaux, des paysages étonnants, aux teintes et aux formes éblouissantes...

 

Ce mot si doux ne pouvait que désigner des formes ondoyantes et légères, des images lumineuses de libellules qui frôlent les ondes, des hauteurs aériennes et subtiles...

Les cheminées de fée avec leurs chapeaux, séduisent tous les regards : paysages magiques de la Cappadoce, de la Grèce, couleurs d'ocres, falaises calcaires, éblouissements de blancs !

Les libellules se font danseuses sur l'eau, vertiges de lumières et d'ondoyances !

La demoiselle réunit en elle toutes ces hamonies, toutes ces teintes, ces envolées de bonheurs !

 

 

 

 

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:26
Du danger des stations-service...

 


Le ministre des Finances, Michel Sapin s'est fracturé le bras, après avoir fait une chute : il a glissé, en faisant un plein, dans une station-essence. Victime d'une fracture de l'humérus, il a été hospitalisé et opéré, dans un établissement parisien. L'accident a eu lieu dimanche, dans son fief d'Argenton-sur-Creuse, dans l'Indre.


Et aussitôt, chacun de se récrier : "Voilà un ministre qui ne sait même pas faire un plein d'essence, dans une station-service !"

Des lazzi de toutes sortes n'ont pas manqué de jaillir sur le sujet : "Voilà, on vous avait pourtant prévenu que le travail était dangereux à partir d'un certain âge... Maintenant, il sait que faire un plein d'essence, ça coûte un bras... Manifestement, il doit pas avoir l'habitude des gestes du quotidien."

Et, pourtant, dans certaines stations, il n'est pas rare de voir de l'essence, à même le sol, près des pompes, des résidus très dangereux qui peuvent provoquer des accidents très graves.

Souvent, les clients qui se servent eux-mêmes laissent échapper, en fin de parcours, des gouttes qui se répandent sur le sol....

 

Le terrain en devient très glissant et peut provoquer des accidents.

J'en ai moi-même fait l'expérience, d'une toute autre manière, mais dorénavant, je vérifie que le sol ne soit pas détrempé d'essence, avant de faire le plein.

Ce jour-là, il pleuvait, et après avoir rempli mon réservoir, j'ai emprunté un rond-point, sur lequel ma voiture a, soudain, fait un tête à queue impressionnant : je me suis retrouvée à contresens de la circulation, et les autres conducteurs hébétés n'ont pas compris ce qui avait pu m'arriver.

En fait, mes pneus imbibés d'essence ont provoqué cet accident qui aurait pu être très grave, puisque ma voiture est allée percuter le terre-plein central du rond point et s'est retournée, en sens inverse de la circulation.

Je n'ai pas été blessée, mais j'ai éprouvé le danger de ces dépôts d'essence, aux pieds des pompes de station-service...

Il est vrai que, dorénavant, la plupart des stations-service fonctionnent sans personnel ou presque : chaque client se sert, plus ou moins rapidement, et souvent des flaques d'essence jonchent le sol.

Il n'est pas étonnant, dès lors, que de tels accidents se multiplient...

Eh oui, la modernité, la robotisation, le manque de surveillance dans ces stations peuvent conduire au pire.

L'essence sur le sol laisse des résidus très glissants, et les alentours se transforment en véritables patinoires.

Tout le monde peut s'en rendre compte : les stations services deviennent des lieux vides de personnels, souvent les clients paient par carte bleue, et il n'est même pas besoin d'un employé pour encaisser l'argent.

La robotique triomphe, dans de nombreux domaines : elle supprime des emplois et entraîne un manque de sécurité indéniable.

La robotique s'impose partout : dans les magasins, dans les gares, aux péages des autoroutes.

Dans les gares, en particulier, il est difficile de trouver des employés, quand on veut obtenir des renseignements : les guichets, la billetterie, tout est automatisé...

 Il est en tout cas, prudent de changer de pompe, dans une station-service si l'on voit que le sol est saturé d'essence !!
 

 

 


 

 

Du danger des stations-service...
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 11:21
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers...

 

 

 

Les voiles marines ne sont-elles pas le symbole même du voyage, de l'évasion ? Le voyage a inspiré tant de poètes, au 19 ème siècle, depuis les auteurs romantiques, jusqu'à Baudelaire... L'exotisme est un thème récurrent dans la littérature du 19 ème siècle : Chateaubiand est, sans doute, un des initiateurs de cette thématique, avec son Itinéraire de Paris à Jérusalem...



C'est ce thème du voyage maritime que l'on retrouve dans un poème de Lamartine, intitulé Les voiles. Le texte se présente comme une confidence intime, avec l'emploi de la première personne du singulier : "j'étais, j'ouvrais", on perçoit un registre lyrique, marqué, aussi, par le vocabulaire de l'intimité : "mon âme, ma pensée, mes rêves"...


Le voyage est souvent associé à la mer, à ses flots infinis, le poète devient même un oiseau qui ouvre ses ailes, pour mieux goûter à ce bonheur de la découverte et du voyage...


Image de liberté, l'oiseau représente une soif d'absolu, une envie de parcourir le monde, de tout découvrir, comme le suggèrent les nombreux pluriels "tous les vents des mers, les voiles, les flots amers, des continents, des îles..."


La mer est un univers de "rêves", elle emporte l'imagination du poète, elle est liée à des images pleines de beauté et d'harmonie : "les voiles" des navires, la "nef qui blanchit l'écume"... Ainsi, surgissent des tableaux teints de couleurs limpides, le bleu, le blanc de l'écume et des voiles...

Les sonorités de fricatives, pleines de douceur, viennent souligner cette harmonie : "les vents des mers, les voiles, mes rêves flottaient sur les flots"


Le poème developpe, aussi, le thème de la fuite du temps, un lieu commun de la littérature romantique : ainsi, Lamartine oppose constamment le passé et le présent...

On remarque des contrastes évidents, dans les temps employés : l'imparfait, au début du poème, sert à évoquer la jeunesse et ses certitudes triomphantes : "Quand j'étais jeune et fier..."

Le présent apparaît, ensuite, au milieu du poème : "j'aime encore". On trouve, aussi, deux adverbes de temps antithétiques : "maintenant, autrefois".

Le passé était rayonnant, rempli d'espoirs, de rêves, le vocabulaire qui lui est associé valorisant et élogieux, évoque un bonheur débordant : "verdoyants, des continents de vie, de îles de joie"

On y entrevoit des rêves de "gloire et d'amour", un avenir qui semblait, autrefois, prometteur et brillant...

A l'inverse, le présent est triste et montre toutes les déceptions qu'a pu vivre le poète : à la "vie" s'oppose l'idée de "mort", à la verdure s'opposent "des débris"... Les voyages vécus ont apporté déception et désillusions.

Les rêves du poète semblent s'être brisés face à la réalité du monde...

Le poète apparaît meurtri par le temps qui passe, le vocabulaire péjoratif, le champ lexical de la  mort et de la  destruction soulignent une forme de désespoir "morts, débris, brisa, ce bord funeste, ma fortune sombra".

Les rêves de voyages et de bonheur se sont transformés, et ont fait naufrage, ce que suggère bien le verbe "sombrer"...

Les sonorités de gutturales, présentes dans le dernier quatrain mettent en évidence une forme d'amertume et de tristesse : "Cet écueil se brisa, ce bord surgit, ma fortune sombra, la foudre sur moi, chacun de ces flots roule un peu de mon coeur"...

Le poète se confond, à la fin du poème, avec l'élément marin, puisque les flots en viennent à "rouler" et emporter le "coeur" même de Lamartine....

Belle fusion du poète avec la mer qui conclut ce texte ! La mer, ses vagues semblent à la fois bercer et tourmenter l'auteur... et on retrouve, ainsi, dans le dernier vers, à la fois, la beauté des flots, mais aussi leur agitation permanente, symbole de désarroi.


Dans ce texte, Lamartine met en évidence toutes les désillusions de l'homme face au temps qui passe, il montre, aussi, toutes les beautés et les harmonies de la mer, qui fait rêver tous les hommes, rêves d'infini, de mystères, de liberté.

Le voyage peut représenter, aussi, la vie humaine, traversée d'épreuves, de difficultés, d'obstacles divers, avec "l'écueil, la foudre"...

On perçoit bien toute la mélancolie de ce poème : le voyage devient une métaphore de la vie humaine, tragique, douloureuse...


 


Le poème : 


Les voiles


Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, 
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, 
Les voiles emportaient ma pensée avec elles, 
Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.


Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie 
Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin 
Des continents de vie et des îles de joie 
Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main.


J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, 
Heureuse d'aspirer au rivage inconnu,
Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, 
J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu.


Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées, 
Non plus comme le champ de mes rêves chéris, 
Mais comme un champ de mort où mes ailes semées 
De moi-même partout me montrent les débris.


Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, 
Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ;
La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste 
Et chacun de ces flots roule un peu de mon coeur.








 

Les ailes de mon âme à tous les vents des mers...
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers...
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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 13:19
Le chat tigré...

 

 

 

Un chat, sur la terrasse de la maison de l'Estaque, un chat tigré qui revient dans mes souvenirs, un chat plein de modestie et de tendresse...

Le regard du chat en dit long sur son degré d'humanité, j'ai vu des chats au regard perçant, aigu, acéré.

J'ai vu des chats à l'oeil vif, intense, pleins d'éclats...

Mais ce chat tigré avait l'oeil intelligent, compréhensif, parfois même mélancolique, et empreint de tristesse.

Si jeune, il semblait avoir le regard d'un vieux chat, empli de sagesse, de ferveur et d'empathie.

Si jeune, ses moustaches blanches qui retombaient sur son museau lui donnaient un air de vieux sage, impassible et serein.

Sa fourrure somptueuse faisait de lui un tigre si doux et moelleux, ses pattes légères piquetées de taches et de marbrures paraissaient si délicates.

Curiosité, tendresse, émotion, voilà ce que révélait le regard de ce chat !

Une photo d'autrefois montre ses yeux intenses, attentifs, comme si ce chat scrutait l'objectif, voulait en pénétrer les mystères.


Les oreilles en éveil, le museau plein de finesse, l'attitude attentive sont si étonnants et attendrissants.

Une beauté mélancolique, un charme inoui se dégageaient de cet animal.

Un air de tigre si doux, comment y résister ? Des yeux si lumineux, comment y être insensible ?

Ce chat tigré provoquait, en chacun de nous, tendresse, émotion, complicité.

Ce chat tigré respirait la bonté, la simplicité, toute la délicatesse du monde...

Il suffit d'observer la photo pour retrouver ce charme délicat, cette fourrure marquetée si floue, caressante.

Ce chat semble nous parler de ses yeux si doux, il semble nous inviter à toutes sortes de générosités et de tendresse...



 

 

 

Photos : rosemar

Le chat tigré...
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Published by rosemar - dans souvenirs
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 12:26
Les boucles soyeuses...

 

"Sur un signe affirmatif de la jeune femme, elle lui peigna ses cheveux blonds tout en désordre, à la suite des scènes violentes de la veille et des inquiétudes nerveuses de la nuit, en noua les boucles soyeuses avec des nœuds de velours et s’acquitta de sa besogne en coiffeuse qui sait son métier. Elle tira ensuite d’une armoire pratiquée dans le mur plusieurs robes d’une richesse et d’une élégance rares, qui semblaient coupées à la taille d’Isabelle..."

 

Dans cet extrait du Capitaine Fracasse de Théophile Gautier, on voit une servante coiffer les cheveux de l'héroïne, Isabelle, en les attachant avec des noeuds de velours... On perçoit les "boucles soyeuses" de la jeune femme...

 


Issu du nom latin "buccula", "la petite bouche", le mot "boucle" nous enroule dans ses motifs circulaires d'anneaux : boucle-bijou, boucle de cheveux, de ceinture ou figure de voltige aérienne, la boucle nous séduit de maintes façons...


Ce mot pein de sensualité, aux sonorités de labiale initiale, de gutturale prolongée par la consonne "l", avec sa finale féminine, nous fait voir des images variées et harmonieuses.


Une chevelure qui retombe en boucles, des anneaux somptueux, des enroulements de motifs....

Beaux replis de cheveux, belles toisons brunes ou blondes qui s'échappent en rouleaux de vagues somptueuses !

Des bijoux qui encadrent le visage et brillent, scintillent sous les cheveux.

Des dessins de volutes harmonieuses, des arabesques voluptueuses.... Boucles de noirs ou de xanthe, éclats de lumières !

Des vagues somptueuses qui se déroulent sur la grève, parsemées d'écumes, aux senteurs de brume marine.

Les cours d'eau, les ruisseaux, les chemins  forment, parfois, des boucles sinueuses, pleines de charmes et de mystères.

Les origines mêmes du mot qui évoquent la bouche, ses formes d'arrondis nous étonnent et nous emportent dans un monde et un tourbillon de sensations...

La bouche qui goûte la nourriture, mais aussi les mots, leurs arrondis, leurs pleins et leurs déliés, la bouche qui déroule des mots, des phrases, des harmonies musicales si variées !

Les boucles de la bouche qui suggèrent la sensualité, la parole, le partage...

Formation de diminutif, comportant le suffixe -"ula", ce mot a, dès les origines, une valeur affective, pleine de tendresse.

Le terme latin"buccula" dont il est issu est, lui-même, plein d'harmonie....

Les mots écrits ne sont-ils pas, eux aussi, constitués de boucles, d'arrondis, de cercles majesteux ?  La boucle du "o" qui se referme sur elle même, celle de la gutturale "c", en demi-cercle, celle de la consonne "l" qui se noue en hauteur...

La labiale "b" qui se prononce avec les lèvres rapprochées n'est-elle pas associée au baiser ? 

Les boucles des lettres ornent les pages, s'enroulent et nous subjuguent de beautés, d'étonnements, de découvertes....


Beaux arrondis de l'écriture manuscrite qu'il faut préserver, belles boucles, beaux motifs qui décorent et enluminent les pages !

Nulle origine grecque, pour ce mot, puisque le terme grec qui désigne la boucle est le nom "plokamos", d'un verbe "pléko, plier, enrouler"...

Mais ce nom "boucle", issu du latin nous parle encore des origines lointaines de notre langue, il évoque, aussi, tant d'images lumineuses !
 

 

 

 

 

 

 

Photo en haut de l'article : Tableau La femme au miroir, Le Titien

Page d'enluminures

Page d'enluminures

Page d'enluminures

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 13:11
Avec la crise grecque, l'Europe connaît des heures sombres...

 

 


Avec la crise grecque, l'Europe connaît des heures sombres, elle montre ses incohérences, ses fractures, ses limites, elle montre aussi des déséquilibres dangereux : c'est l'Allemagne qui impose ses règles, c'est l'Allemagne qui donne des directives... l'austérité devient le maître mot de la politique européenne.


Or, tout le monde le sait, cette politique anéantit les plus faibles et enrichit les plus nantis. Les allemands eux-mêmes en ont fait la triste expérience : précarité, salaires de misères, mini-jobs, flexibilité.


L’Allemagne crée de plus en plus de pauvres, hypothéquant les chances de nombreux jeunes. Un enfant, né dans la pauvreté ou la précarité aura les plus grandes difficultés à sortir de cette situation, une fois adulte. Ce sont ainsi 2 millions et demi d’enfants qui seraient concernés soit 19,4% des jeunes de moins de 18 ans. 


De nombreux retraités sont, aussi, paupérisés en Allemagne, 

Et c'est ce modèle mortifère que l'Allemagne veut imposer à toute l'Europe.

L'Allemagne, présentée comme un pays riche, a produit de la pauvreté, de l'inquiétude, du désarroi...

Non, l'Europe ne connaît pas la guerre, mais elle subit une guerre économique qui anéantit les peuples : un nouveau prolétariat voit le jour, dès lors, on assiste à de véritables régressions : mépris de l'être humain, des fossés qui se creusent entre les riches et les pauvres, la précarité qui s'installe...


Les allemands pauvres souffrent et subissent les diktats de leur gouvernement, et ce modèle semble s'imposer en Europe.

La Grèce a obtenu un report de sa dette, mais à quel prix ? Hausse de la TVA, retraite à 67 ans, privatisations, baisse des salaires...

Les grecs sont, quoi qu'il en soit, encore accablés par des plans d'austérité qui les écrasent et les empêchent d'envisager un espoir dans l'avenir...

L'Europe, sous l'impulsion d'une Allemagne inflexible, s'engage dans une voie périlleuse : celle de l'austérité, de la violence faite aux peuples, celle de la régression sociale...

Faut-il appauvrir et asservir les peuples pour que l'Europe survive ? 

La position de l'Allemagne dans la crise grecque est aussi un message adressé aux autres pays européens : le refus de l'austérité peut conduire au pire, à une mise sous tutelle, à des mesures d'austérité encore plus grandes...

Un message qui s'adresse aux espagnols, aux italiens, aux français : il faut absolument se conformer à une rigueur budgétaire, quitte à sacrifier les plus pauvres, quitte à tuer les gens à la tâche, quitte à leur enlever toute dignité et tout espoir.

Ce message signe la mort d'une Europe sociale et humaine, tournée vers une idée de bonheur et d'humanisme.

Ce message montre que l'Europe a perdu sa vocation première : assurer une sécurité, permettre aux hommes d'espérer un avenir meilleur...

Des incidents se sont produits, hier, devant le parlement grec : des affrontements violents ont opposé des manifestants et les forces de l'ordre...

Comment le peuple grec peut-il désormais réagir ? Les grecs ont voté contre l'austérité et on leur impose, à nouveau, des mesures régressives dans de nombreux domaines.

Une fois de plus, l'Europe fait fi de la volonté des peuples, elle annihile leur vote et anéantit leur avenir et leurs espoirs.
 

 

 

Un article du Figaro... Allemagne : la pauvreté à son plus haut niveau...

 
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/02/19/97002-20150219FILWWW00353-allemagne-la-pauvrete-a-son-plus-haut-niveau.php

 


 


 

 

Avec la crise grecque, l'Europe connaît des heures sombres...
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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 10:40
Je serais sable dans le vent...

 

 

"Comme un halo de la lune 
Mon souffle entoure le tien 
Et sans la rosée de tes lèvres 
Je serais sable dans le vent."

C'est ainsi que Max-Pol Fouchet évoque l'amour, sa toute puissance, dans un de ses poèmes. Et sans cet amour, il ne serait plus que "sable dans le vent", une belle image qui restitue le désarroi de l'amoureux privé de celle qu'il aime...


Il suffit de prononcer ce mot : "sable !" Et, aussitôt, surgissent des images de poussières qui virevoltent !


Ce nom "sable" traduit légèreté, douceur, éclats, grâce à ses sonorités de sifflante "s" et de labiale "b".

On voit se dresser des dunes, de molles barcanes, dans des déserts d'azur infini, on voit des soleils se refléter, sur des étendues ondoyantes...

La mer déroule ses replis sur le sable, elle le couvre d'écumes sur les bords, créant des tableaux, des éclats de transparences.

Par grand vent, le sable vit, s'agite, tourbillonne, devient cinglant.... ses grains volatiles s'immiscent partout, virevoltent, caracolent avec virulence.

Le sable est violent, agressif sous le mistral du midi, il s'emporte, se disperse, se multiplie à l'infini...
 

Au repos, il s'apaise, redevient douceurs de soie, caresse...

Il se fait source, sous les doigts, il s'échappe, léger, fluide, il s'égrène en pluie de lumières...

Grains de sable, minuscules, éclats de roche, étoiles infimes.

Finesse du mot ! Souplesse, limpidité !

Venu du latin, "sabulum", ce terme ancien, est issu, sans doute, d'un mot grec "psammos" qui désigne, aussi, le sable !

"Psammos !" Quelle légèreté dans les consonnes labiales et les sifflantes, quel souffle aérien !

Aussitôt, on voit la poussière de sable s'envoler dans l'air !

Ne sommes-nous pas tous des grains de sable, fragiles, légers, inconsistants ? Ne sommes-nous pas ces grains de poussières volatiles ?

Le sable doré fait miroiter le soleil, s'en empare, le reproduit et diffuse des lumières éblouissantes.

Chaudes couleurs du sable, pailletées d'or ! Le sable devient fournaise, au coeur de l'été, il s'embrase de feux, il éblouit les regards.

Le sable brûle, il redouble la chaleur de l'été, il la répercute, l'exacerbe et garde longtemps sa brûlure.

Le sable devient, parfois, château auréolé de lumières, il se façonne, se métamorphose...

Malléable, souple, il revêt différentes formes : coquillages, oiseaux, bateaux, enroulements d'escargots, poissons.

Il se marbre d'empreintes, de vagues, de reliefs, sous les flots du rivage, il se teinte de couleurs mordorées....

Sous les vagues, le sable s'irise de reflets lumineux, il se fait ondoyant, il forme des dunes légères et subtiles, il nous fait découvrir de nouveaux paysages...

 

 

 

 

 

Photos : Christelle et  rosemar

Je serais sable dans le vent...
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