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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 15:38
Les privilèges des profs ?

 

 


Alors que l'enseignement connaît une grave crise de recrutement, certains ne prennent même pas conscience du problème : certains parlent encore des privilèges des enseignants !

Mais quels privilèges ? Si ces privilèges existaient, assisterait-on encore à une telle pénurie de candidats aux concours d'enseignements ?
Où sont ces privilèges ? Les vacances, bien sûr, devraient attirer bon nombre d'étudiants vers cette profession ! Ce n'est plus le cas, pourquoi ?

La transmission des savoirs, noble tâche devrait, aussi, motiver nombre de jeunes gens... Mais ce n'est pas non plus une motivation suffisante, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Pourquoi ce métier connaît-il une telle désaffection ?

Quelles en sont les raisons ?

Les enseignants se retrouvent face à des classes surchargées, difficiles à gérer, leurs charges de travail se sont alourdies, copies, devoirs communs qui se multiplient, leurs décisions et leurs notations sont, parfois, contestées et remises en cause par les parents....

Le passage d'un niveau à un autre est devenu quasiment automatique, et des élèves sont admis, souvent, dans une classe supérieure, sans avoir les connaissances requises.

La notion d'effort a été complètement dévalorisée, ces dernières années, la grammaire, l'orthographe ont été négligées...

Certains élèves arrivent en lycée, sans avoir les bases nécessaires pour s'intéresser aux cours, beaucoup sont démotivés, ne sont pas à leur place, n'ont manifestement pas envie d'apprendre, perturbent les cours. L'enseignant obligé de faire de la discipline use, parfois, toutes ses forces dans cette tâche...


Les parents, eux-mêmes, renoncent à prendre en charge l'éducation de leurs propres enfants, ne leur inculquent pas des notions élémentaires de politesse, d'ailleurs ces parents ne respectent pas, parfois, l'autorité de l'enseignant.

Plus de mille enseignants ont démissionné de leurs postes, l'année dernière. Pourquoi ? Où sont les privilèges ? En période d'incertitude et de chômage, des professeurs en viennent à abandonner leur travail !

"Ah ! Les profs sont des enfants gâtés, gavés de privilèges !"
Et certains, de comparer ce métier à leur propre travail et certains, de dire que leur profession est bien plus ardue que celle des enseignants ! Les français aiment bien, ainsi, procéder par comparaison !
"Mais arrêtez de geindre, vous les enseignants, les privilégiés de la République !"
"Vous avez des vacances, vous travaillez auprès de jeunes pleins de vie ! Profitez-en !" Voilà le discours habituel...

Le niveau des élèves baisse, mais c'est, bien sûr, encore la responsabilité des enseignants, "ces paresseux de la République"... mais si le niveau baisse, c'est parce que des réformes nombreuses ont été initiées et voulues par les ministères : quand on supprime les redoublements, il ne faut pas s'étonner du peu d'efforts fournis par certains élèves, quand on amenuise les programmes de grammaire, il ne faut pas se récrier devant le niveau des élèves en grammaire ou en orthographe !


 Au fond, selon certains, les enseignants n'auraient même pas le droit de contester et fustiger des réformes qui ont déjà anéanti l'éducation nationale, qui ont fait baisser le niveau, ils devraient se plier, sans cesse, aux décisions des ministères qui n'ont fait qu'aggraver la situation de l'éducation...

Ils n'auraient pas le droit de se plaindre, parce qu'ils bénéficient de vacances, comme si ces vacances n'étaient pas indispensables, pour récupérer de la fatigue physique et mentale à laquelle ils sont soumis.

Si les enseignants étaient "des privilégiés", comme certains osent encore l'affirmer, il est évident qu'on n'assisterait pas à une tel repli, devant les concours de l'enseignement...

Le problème est grave : que chacun essaie d'en prendre conscience... bientôt, on ne trouvera plus d'enseignants pour former et encadrer les jeunes générations.

L'enseignement est, pourtant, l'avenir d'une nation et les enseignants ont le souci de cet avenir : s'ils contestent des réformes, c'est parce qu'elles vont encore et toujours dans le même sens : un amoindrissement et une réduction des savoirs et programmes...


 

 

 

Les privilèges des profs ?
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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 16:32
Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...

 

 

 

Le jardin regorge, cette année, de papillons : ils virevoltent dans les allées, dansent des ballets, des arabesques ondoyantes qui n'en finissent pas...

Les blancs de neige côtoient la verdure luisante des buissons, ils posent, sur les feuilles, des éclats de flammes, des enluminures éblouissantes.

Des gris, bistrés d'ocres, dessinent des motifs en reliefs sur les tiges, ils se parent de pupilles sombres.

Le gris et le rouille se mêlent, les ailes si fragiles tourbillonnent dans une ronde ininterrompue...

L'air s'emplit de vols d'insectes, minuscules et légers... l'air, chargé de chaleur et de l'odeur tenace des pins, accompagne tous ces envols.

Finesse des ailes, chrysanline bordée de gris, un papillon se pose sur un bouquet de lilas roses.

Des éclats de noirs parsèment les ailes, giboulées de cendres sur des flammèches orangées.

Un papillon, immobile, figé laisse voir des teintes brunes, adoucies de lumières de lunes...

D'autres nous emportent dans des volutes virevoltantes, des envolées majestueuses, des enroulements d'ailes aériennes.


D'autres nous éblouissent de vertiges de rouges et de noirs entrevus, puis disparaissent, tels des éclairs de feux...








 

 

Photos : rosemar

Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...
Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...
Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...
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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 17:23
Passion, mystères, aventures : Le tigre du Bengale...

 

 


J'ai revu, dernièrement, Le tigre du Bengale du réalisateur Fritz Lang, ainsi que le film suivant, Le tombeau hindou, des oeuvres inoubiables qui avaient marqué mon enfance : j'avais tremblé, alors, devant les nombreuses mésaventures vécues par ce jeune architecte, arrivé en Inde pour y superviser la construction d'un hôpital, sous les ordres d'un Maharadjah qui paraissait à la fois débonnaire et cruel...


J'avais frémi, en découvrant, dans les souterrains du palais, une horde de lépreux laissés à l'abandon, se précipitant à la poursuite du héros de l'histoire.

J'avais été éblouie par les décors somptueux de l'Inde et de ses palais, par la procession en l'honneur du Maharadjah, installé sur un éléphant caparaçonné de tissus soyeux.

J'avais admiré la danse de Seetha, la bayadère, aux mouvements ondoyants, accompagnés par une musique rythmée, envoûtante.

En revoyant ce film, j'avoue que le charme a, encore, opéré : ce beau livre d'images m'a, encore, emportée et fait rêver à une Inde mystérieuse et magique...

Les noms des personnages et des lieux aux sonorités exotiques, m'ont, encore, fait voyager vers des rives lointaines : Seetha, Asagara, Chandra, Eschnapur.

J'ai, encore, vibré devant les dangers bravés par les deux jeunes héros, Harald Berger (Henri Mercier, dans la version française) et Seetha.

J'ai  perçu mieux encore une société indienne où règnent les pires des injustices : face au luxe démesuré du palais de Chandra, on y voit des exclus, des malades, des réprouvés.

On est révolté par cette société de l'exclusion et de la démesure.

Tous les ingrédients du film d'aventures sont réunis : amour passionné, haine, jalousie exacerbée, désir de vengeance, poursuites dans le désert, cruauté, peur, angoisse...

Ce film nous donne, aussi, d'une certaine façon, une leçon de vie : le Maharadjah, devant l'amour qui unit les deux héros, finit par renoncer à sa vengeance et les laisse libres de repartir vers l'Europe.

On est sensible à l'humanité du personnage d'Asagara qui, malgré la soumission à son maître, essaie d'aider les personnages en difficulté.

On voit combien la cruauté, la jalousie humaines conduisent à des excès condamnnables : la violence des châtiments est terrible.

Sorti en 1959, ce film montre une sorte de fascination du réalisateur pour l'Inde et ses mystères. A travers le personnage de Seetha, la danseuse sacrée, Fritz Lang nous fait percevoir la présence d'un autre monde, mystique, caché... Le palais d’Eschnapur symbolise bien cet univers secret, avec ses dédales, ses souterrains, sa léproserie, lieu inquiétant et révélateur de la détresse humaine, de sa fragilité.

Les lépreux mis à l'écart, enfermés, laissés à l'abandon, rebut de l'humanité sont une démonstration de la cruauté et de la barbarie des hommes.

Le palais lui-même, dans sa richesse au luxe tapageur, peut évoquer le délire du Maharadjah, sa soif de puissance qui le conduit vers l'excès, l'envie de domination, et d'un pouvoir absolu.

Certaines scènes empreintes d'érotisme dont la célèbre danse du Cobra exécutée par Seetha laissent entrevoir toute la force du désir humain, 


Ainsi, ce film d'aventures, contrairement au apparences, n'est pas si anodin : il  contient de nombreux messages, il révèle les êtres humains que nous sommes, il montre les conflits qui régissent les rapports humains, la haine, la violence animale qui est en chacun de nous, bien représentée par le tigre du Bengale qui donne son titre au film


Le palais de Chandra ne symbolise-t-il, ainsi,  pas tous les replis de l'âme humaine ? Beauté, éclats, cruauté, misère, désarrois et fragilités...

 

 

 

 

 

 

 

 

Passion, mystères, aventures : Le tigre du Bengale...
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:03
Comme s'ils venaient au monde...

 

 

"La mer sans arrêt, Roulait ses galets... ", tout le monde connaît le début de cette célèbre chanson, interprétée et composée par Jean Ferrat, Deux enfants au soleil.

Poème d'amour et de liberté, ce texte mêle l'évocation de la mer à l'innocence de sentiments naissants qui réunissent deux adolescents... 
Dès les premiers mots, on croirait entendre le roulis des vagues sur la grève, grâce aux sonorités  réitérées de gutturale "r".

L'emploi du pronom "ils", au pluriel, dès le premier couplet, donne une valeur générale au texte, les personnages n'étant pas nommés, ni caractérisés.

Le regard des deux amoureux qui se découvrent est souligné, à deux reprises, par un imparfait à valeur durative et itérative : "Ils se regardaient".

Le décor marin, qui sert de cadre à cette rencontre, est suggéré par quelques détails :"l'odeur des pins, du sable et du thym", belle harmonie de senteurs qui enivre les sens.

Ces parfums envahissent la plage, comme le montre l'emploi inversé du verbe "baigner", dans l'expression :"l'odeur qui baignait la plage."

Le décor et les personnages en viennent à se confondre : "Ils se regardaient, comme s'ils buvaient l'eau de leurs visages", belle image qui restitue cette fusion des deux amoureux et de la nature.

On assiste, alors, à une sorte de renaissance liée à la rencontre : "c'était comme si tout recommençait..."

L'innocence des deux jeunes gens est mise en valeur par l'emploi du verbe "trembler" qui traduit une émotion intense, celle du "miracle de l'amour".

Le terme religieux "miraculeux" associé au nom "voyage", montre toute la force de cet amour.

La "nuit" survenue  saisit les deux personnages, et ils se laissent bercer par la mer... Le texte empreint de pudeur suggère, plus qu'il ne dit, et les deux amoureux se réveillent "comme s'ils venaient au monde Dans le premier matin du monde..."

Ces images, pleines de fraîcheur, soulignent une idée de renouveau et de renaissance, liée à l'amour.

Le refrain déroule, alors, à nouveau les galets de la plage et l'on voit les deux enfants "courir dans l'eau, les pieds nus", images de liberté et d'insouciance.

Des gestes tendres apparaissent : "ils se sont pris la main Et sans se défendre Sont tombés dans l'eau Comme deux oiseaux."

Cette comparaison avec deux oiseaux relie encore les deux personnages à la nature et ils semblent, ainsi, se fondre harmonieusement en elle...
Les sonorités de sifflantes "s" et de fricative "f", empreintes de douceur, suggèrent toute la tendresse et la simplicité de cette évocation.

"L'ombre des pins" semble, aussi, veiller sur les amoureux et les protéger.

Un baiser plein de fougue et de tendresse les réunit, dans ce décor idyllique, fait de liberté et de bonheur...

La mélodie tendre et lyrique s'amplifie avec l'évocation du renouveau et du "voyage miraculeux de l'amour."

Simplicité, bonheur des sens, harmonie, cette chanson de Jean Ferrat nous emmène dans un univers empli de pureté, d'innocence.

Ce poème restitue aussi une intimité : les deux amoureux sont comme isolés sur cette plage : le monde alentour disparaît ou se met à l'unisson des deux jeunes gens.


Les paroles de cette chanson, parue en 1961, ont été écrites par Claude Delécluse, parolière à qui on doit de nombeux textes interprétés par Jean Ferrat, Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Léo Ferré, Fabienne Thibault et Hugues Aufray.


 


 https://youtu.be/ydQfmmon3tA


 https://youtu.be/8RrRHdRg2a8


 


 

Photo : Christelle

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 16:53
Les oiseaux qui chuchotent : aimons !

 

 


"La terre cache l'or et montre les moissons ;
Elle met dans le flanc des fuyantes saisons
Le germe des saisons prochaines,
Dans l'azur, les oiseaux qui chuchotent : aimons !
Et les sources, au fond de l'ombre, et sur les monts
L'immense tremblement des chênes."


Dans cet hymne à la terre, Victor Hugo célèbre le chant des oiseaux, leur murmure léger qu'il assimile à un chuchotement, un message de paix et d'amour.

Les oiseaux ne sont-ils pas des symboles d'harmonie, ne représentent-ils pas le poète lui-même, par leurs chants mélodieux ?

 

On entend, dans l'azur, les oseaux chuchoter : aimons !...


Le verbe "chuchoter" plein de douceur, nous fait percevoir des sonorités redondantes de chuintantes légères... Les voyelles "u" et "o" se répondent en une harmonie subtile...

Forme d'onomatopée, ce mot imite un murmure délicat, à peine audible.
Le verbe implique une idée de discrétion, de mystère, de pudeur, parfois.

L'étymologie en est incertaine mais le mot vient d'un autre verbe "chucheter" qui est utilisé pour le cri du moineau.

Associé à un oiseau, ce terme nous fait percevoir des chants dans les ramilles, des bruissements légers, des trilles délicates.
Les arbres se peuplent de ces paroles variées, légèrement perceptibles, ils semblent les répercuter de branche en branche.

Venus du ciel, ces mots azuréens, ces envols de murmures nous bercent de douceur, de sérénité, de bonheurs simples et tranquilles.

Les oiseaux chuchotent : "Aimons !" écrit Victor Hugo, un doux message, des mots simples, une injonction, celle d'aimer...

Aimer la nature, ses bruits, ses murmures, ses harmonies diverses, aimer les êtres qui nous entourent...

Aimer le ciel, la terre si féconde, les arbres, les aurores, les crépuscules, les brins d'herbes, les roses et leurs parfums.

Le chuchotement des oiseaux nous invite à l'harmonie, la communion avec le monde, un accord.

Comment ne pas être sensible à la simplicité de ce verbe "chuchoter" ?

Le redoublement de la consonne "ch" nous incite à la pudeur, à la retenue, la mesure.

On chuchote dans les églises, dans des lieux solennels, on chuchote pour ne pas envahir les autres.

On chuchote, aussi, pour confier des secrets, et préserver une intimité.

Le secret nous attire, nous séduit, nous donne envie d'en percer les mystères, il nous ouvre la voie de la curiosité, de la découverte...

 

"Murmurer, chuchoter," deux verbes pleins de charme, qui, par leurs douces sonorités de labiales et de chuintantes répétées nous montrent une sorte de modération, de tempérance.

 

En un temps où certains se plaisent à hurler leur haine et leur mépris, où la poésie elle même devient suspecte, il est bon de célébrer une forme de pudeur et de retenue.

"Chut ! " dit-on souvent pour imposer aux autres la discrétion et le silence... une interjection aussi expressive que le verbe chuchoter !

"Chut !", le mot même dans sa briéveté invite à la discrétion, au calme, à la sérénité...

 

Chut ! 

 




 Le poème de Hugo :
 
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/la_terre_hymne.html




Photos : rosemar

Les oiseaux qui chuchotent : aimons !
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 16:57
Insultes, ignorance et vulgarité...

 

 



Ignorance et vulgarité vont, souvent, de pair et la vulgarité s'invite partout : insultes, vocabulaire injurieux, grossier...

Au lieu d'argumenter, de manière posée et sereine, certains se livrent à des affirmations péremptoires : à défaut de raisonner, on en vient à traiter l'autre d'imbécile :  il est "bête, stupide, c'est un crétin, un con".
Ce qu'il écrit est une "foutaise", sans intérêt.

Inernet devient plus particulièrement le lieu privilégié de l'insulte. Et pourtant, l'insulte ne valorise pas celui qui l'utilise : c'est un aveu d'impuissance, un défaut de réflexion... L'insulte est liée à l'ignorance, un refus de tenir compte de l'autre, une façon de le nier, de le rayer de la carte.

Ce qui est terrible, c'est qu'on assiste à une sorte de contagion de l'insulte : même des intellectuels l'utilisent, maintenant, à tort et à travers.

Pourtant, l'insulte est contre-productive, elle ne cherche qu'à rabaisser l'autre pour se mettre soi-même en valeur. Insulter devient un réflexe absurde, et certains n'hésitent plus à le faire, l'insulte, la vulgarité deviennent, même, une preuve de courage, pour certains.

Il s'agit d'affronter l'autre en affirmant que, dans tous les cas, il est plus bête, plus stupide... que soi-même. L'insulte se veut, ainsi, blessante, et elle intervient comme un réflexe, une façon de dominer, de s'imposer.

Les forums de discussions deviennent des "foires d'empoignes", des combats de coqs, où l'essentiel est d'humilier l'autre, et tous les moyens sont bons pour le faire...
Certains éprouvent un malin plaisir à ce jeu cruel et inhumain : ils ont d'ailleurs beaucoup de temps à perdre, dans cette volonté de dompter autrui.

Curieuse façon de concevoir un débat ! Attitude irresponsable !

Pour ma part, l'insulte me révulse :  comme elle est liée au mépris, à la négation de l'autre, je répugne à l'utiliser et je la condamne...
L'anonymat que procure internet favorise cette pratique : il est facile d'insulter autrui, quand on est bien caché derrière son clavier, derrière un nom d'emprunt, une identité fictive...
Tout est permis, on se lâche, l'insulte et la vulgarité se débrident.

L'insulte peut même se tranformer en harcèlement, lorsqu'elle émane d'une foule, et les conséquences sont graves pour des adolescents qui sont, parfois, laminés par ce phénomène.

Les "fesses et le cul" ont aussi la cote : ils se vendent bien, en ces temps où l'insulte est à la mode... Ils s'affichent dans des films, des magazines, des journaux pour attirer le chaland. Ce business fonctionne bien.
Et internet est encore, dans ce domaine, un vecteur d'images vulgaires, qu'on trouve sur toutes sortes de sites, accessibles à des adolescents.

Ainsi, prospère la vulgarité, véhiculée par les médias, ainsi, se répandent des insultes qui envahissent la toile. Face à ces phénomènes, la réflexion s'étiole, s'évanouit, elle n'est plus mise en valeur.

Il faut lutter contre ces tendances à la facilité : oui, il est facile d'insulter quelqu'un, il est plus difficile de se livrer à une argumentation dénuée d'amalgames, à un vrai débat raisonné et raisonnable.
L'insulte, elle, est de l'ordre du réflexe, comme l'indique l'étymologie de ce terme qui vient d'un verbe latin : "insultare, sauter sur".
Insulter, c'est attaquer violemment l'autre, lui sauter dessus comme un animal sur sa proie.

Certaines images sont, aussi, une insulte à l'intelligence, il faut les dénoncer, en montrer la laideur et la vulgarité...


 


Photo en haut de l'article : tableau de Simon de Vos

Tableau de Cornelis Lens : Hercule luttant contre l'ignorance

Tableau de Cornelis Lens : Hercule luttant contre l'ignorance

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 16:51
Au mépris de l'effort...

 

 


L'école subit, depuis des années, un assaut de la part de pédagogues qui visent à nier la notion d'effort : pendant des décennies, a régné la pédagogie de la découverte : l'enfant devait découvrir, par lui-même, le savoir, sans trop d'efforts...


On a voulu simplifier l'orthographe, alléger la grammaire, la rendre attractive, on a gommé des difficultés pour que l'élève se sente plus à l'aise.

Mais à force de gommer et d'effacer les obstacles, les élèves perdent aussi le goût de l'effort et de la persévérance.


Non seulement ils perdent le goût de l'effort, mais, ils ne peuvent acquérir les connaissances nécessaires à une bonne maîtrise de la langue.

"Les élèves s'ennuient au collège", affirme notre ministre de l'éducation nationale : on leur a offert une forme de laisser-aller, de passivité...  comment pourraient-ils ne pas s'ennuyer ?

C'est une fois qu'on a franchi des obstacles que l'on peut mieux aller de l'avant, progresser, avoir envie d'acquérir d'autres savoirs et d'autres compétences...

Les difficultés sont nécessaires dans toute progression, elles font partie de la vie, et on éprouve une satisfaction sans bornes à les avoir dépassées et franchies...

La nouvelle et énième réforme du collège va encore dans ce sens, et c'est déplorable !

On veut supprimer le latin et le grec, les intégrer dans des EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires, et d'une certaine façon aplanir encore les désagréments de l'apprentissage de ces langues qui sont, pourtant, tellement formatrices...

J'ai entendu un jour une inspectrice me dire : "Vos élèves prennent trop de notes en cours, l'ambiance est trop studieuse !"

Etre studieux à l'école était donc devenu un problème : "des bavardages ! de la vie ! du mouvement !" Voilà ce qu'apprécient les inspecteurs !!

"Transmettre des connaissances" ? Du superflu ! De l'inutile ou presque !

Au fond, les efforts qu'accomplissaient mes élèves n'étaient pas du tout valorisés : pourquoi prenaient-ils tant de notes inutiles ? Pourquoi étaient-ils si attentifs ?

Tout cela devenait suspect et incongru !

Mais vers quels abîmes d'ignorance et de passivité nous ont conduits toutes ces réformes qui ont visé à amoindrir les programmes ?

Quel gâchis ! Le constat est éloquent : en voulant aplanir les obstacles, l'école a perdu sa fonction première et fondamentale d'apprentissage de la vie.

Un jour, ma soeur, professeur dans un collège a entendu un de ses élèves lui dire : "Mais à quoi bon travailler ? Mon père qui est chômeur est cent fois plus heureux que vous !!"

Les enseignants, face à cette démission devant l'effort, ont perdu tout pouvoir devant leurs élèves : parfois, même, ce sont les élèves qui prennent le pouvoir et font la loi !

L'école doit former les élèves à l'effort, au travail, elle doit montrer que l'effort est valorisant parce qu'il permet de dépasser certaines difficultés.

Or, depuis des années, c'est l'inverse qui se produit, on fait l'éloge de la facilité... On conduit les élèves vers une forme de laisser-aller et de paresse...

 

 

 

 

 

Au mépris de l'effort...
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 17:11
Le Hollande bashing : ça suffit !

 

 

 



François Hollande n'en finit pas d'essuyer des bordées de critiques et d'insultes : certains saisissent le moindre prétexte, pour tirer sur lui à boulets rouges ! L'excès, la violence des propos dépassent les bornes et reflètent une forme d'outrance et d'hybris...


Et même le discours qu'a prononcé le président, pour célébrer l'entrée au Panthéon des quatre résistants Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay a été l'occasion de railleries, et de lazzis démesurés.

Alors que la nation était invitée à se rassembler dans une situation solennelle, on a entendu çà et là des voix discordantes, des propos méprisants.

Certains parlent d'incapacité, de médiocrité, certains trouvent le chef de l'état ridicule et grotesque !

Il ne faut, quand même, pas tout mélanger ! 

Certes, François Hollande connaît des difficultés dans sa gouvernance : chômage croissant, déficits, incertitudes économiques, mais ce n'est pas le sujet !

Il était question, ici, d'honorer la mémoire de résistants, des héros célébrés par la République.

La sobriété des propos, leur clarté, leur évidence sont tout à l'honneur du président de la République.

Son discours a souligné le parcours exemplaire de ces quatre personnalités, peu soucieuses d'acquérir la gloire, des femmes et des hommes qui incarnent l'esprit de la résistance.

Le président a fait revivre ces héros de la guerre, leur action, leur volonté de s'opposer à l'occupant.

L'hommage a été élargi aux résistants dans leur ensemble, à tous leurs visages, "des glorieux, des anonymes, des français, des étrangers" et il était empli d'émotion.

Le président a mis en valeur le courage de ces héros qui ont su résister à la torture, la refuser, mourir pour la liberté. Ce fut le cas de Pierre Brossolette, interrogé longuement par la gestapo...

Le courage de Germaine Tillion, déportée, a été exaltée, elle qui a su défier le mal, qui a, plus tard, dénoncé la torture en Algérie, qui a fustigé l'esclavage, qui a su prendre la défense des plus faibles...

Le chef de l'état s'est attaché à montrer toute l'énergie déployée par Geneviève de Gaulle-Anthonioz, pour  mettre en avant  l'importance de la solidarité, dans des circonstances difficiles.

Le souvenir, la fidélité à ceux qui sont tombés ou se sont dévoués pour servir la France ne sont-ils pas essentiels ?

La lutte contre la pauvreté ou l'exclusion, menée par Geneviève de Gaulle-Anthonioz fut exemplaire.

Jean Zay, adepte de la démocratisation de l'enseignement, fut à l'origine du centre national de la recherche scientifique, il créa même le festival de Cannes...

François Hollande a stigmatisé, aussi, l'indifférence qui caractérise notre monde et il a affirmé, avec justesse, la nécessité de lutter contre cette indifférence, il a souligné l'importance de l'histoire qui réunit les hommes, qui nous fournit des exemples à méditer.

Bien sûr, on peut reprocher à ce discours sa teneur politique, une certaine façon de justifier l'action du gouvernement, dans le domaine éducatif, par exemple.

Mais, pour le reste, les paroles du président ont su mettre en évidence tout l'honneur porté par ces quatre résistants, leurs actions multiples, au service de la France.

En quoi est-ce ridicule ? En quoi est-ce condamnable ? Le ton solennel convenait à la circonstance, la teneur des propos était de qualité.

Assez de caricature ! Dans des occasions solennelles de rassemblement, de communion, il paraît tout à fait incongru de se livrer à des critiques de façade, à des postures de rejet permanent.

On peut condamner la politique menée par François Hollande mais il est des moments où le respect s'impose, ne serait-ce que pour rendre hommage aux figures de la résistance qui étaient honorées et qui méritaient de l'être !

La France avait, effectivement, "rendez-vous avec le meilleur d'elle-même", comme l'a affirmé le président, au début de son discours... Il est regrettable que certains s'attachent à réduire à néant un hommage si important.


 



 

 

Le Hollande bashing : ça suffit !
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 16:15
Le coquelicot devient fleur de braise...

 

 



Rouge flamme sur l'escarpement rocheux !


Eclats de feux et de pourpres ! Un coquelicot fait éclater ses couleurs flamboyantes sur la colline.

La fleur, isolée, rutile, on perçoit, de loin, ses envolées de pourpre et toute son ardeur.

Le printemps fait vibrer ses corolles légères, si fragiles, alors que la couleur flambe, si intense, si vive.

Le coquelicot s'épanouit, devient fleur de braise, escarboucle rougeoyante, lumière vive sur la roche.

Le coquelicot fait briller des incandescences, des teintes d'amarante.

Les pétales palpitent, frémissent au moindre souffle, la fleur vibre de sa délicatesse, si volatile....

La fleur, près des tiges cotonneuses, dans les broussailles, fait resplendir ses couleurs de feux et d'ébène : le noir côtoie le rouge, la cendre fait briller les éclats de la fleur.

Les pétales, diaphanes sous le soleil, se parent de motifs subtils, de lignes ondoyantes.

La fleur, elle-même, ondoie sous le vent, elle danse un ballet de feux et de flammes !


Almée lumineuse aux formes élégantes, la fleur aux basquines légères dessine des arabesques.

Des veloutines rubescentes s'embrasent sous le soleil, des fibrilles sombres ornent le coeur si délicat de la fleur.


Tout autour, l'odeur prégnante et lourde des pins, les insectes virevoltants exaltent, aussi, la beauté de la fleur...



 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Le coquelicot devient fleur de braise...
Le coquelicot devient fleur de braise...
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:13
Toute la beauté d'un tableau de Renoir...

 


Auguste Renoir, un des plus célèbres peintres du mouvement impressionniste, est surtout connu pour ses portraits, mais il a peint, aussi, de nombreux paysages et des natures mortes...

Dans un de ses tableaux, intitulé Le marronnier en fleurs, Renoir nous fait découvrir un décor champêtre, au bord d'un ruisseau.

Le marronnier, au centre de la toile, impose sa présence somptueuse : coloré de vert et de rose, il s'épanouit largement, au delà de la rive d'un ruisseau... Au premier plan, des herbes folles poussent, au bord d'un chemin qui conduit à la rivière : on voit des herbes hautes, hérissées, d'un vert tendre, qui masquent quelque peu le courant de l'eau.


Le ciel bleu, traversé de nuages légers et transparents, révèle un temps serein et doux.

Au pied du marronnier, on perçoit les silhouettes fragiles de deux enfants habillés de blanc et de bleu, un chapeau de paille sur la tête... L'un semble se baisser pour cueillir des fleurs, l'autre debout l'observe attentivement, les mains sur les hanches. Les silhouettes floues sont à peine esquissées.

 

On contemple une scène familière, dans un cadre naturel : on retrouve, là, un des thèmes de prédilection des peintres impressionnistes qui se sont attachés à évoquer des sujets de la vie quotidienne.

 

Loin de la peinture académique, loin des décors pompeux, les impressionnistes font revivre le monde ordinaire, celui du travail ou des activités de loisir des gens simples. On perçoit un contact authentique avec la nature, les arbres, les fleurs. La présence de l'eau et de ses jeux de reflets est, aussi, une des caractéristiques essentielles de l'impressionnisme : l'eau fascine et attire tous les regards...

De l'autre côté de la rive, on entrevoit deux autres personnages vêtus de blanc, esquisses plus frêles, plus légères encore, peut-être une jeune fille et un enfant.

Au centre, le ruisseau déroule son ruban de bleu teinté de vert. Au fond du tableau, en perspective, se dresse sur l'horizon une forêt de sapins, pour compléter ce tableau champêtre.

On voit bien, dans cette oeuvre, s'exprimer toute la technique impressionniste : des coups de pinceaux légers qui esquissent des formes, avec des touches de couleurs... Les contours sont flous, à peine dessinés.


Le vert des arbres, le bleu du ciel et de la rivière, couleurs froides dominent la toile. Mais les fleurs du marronnier, au centre, dans des tons de rose éclatant, attirent irrésistiblement le regard. On a vraiment l'impression de voir l'écoulement du ruisseau, les mouvements des personnages, pris sur le vif.

 

Ce tableau qui esquisse des formes, plus qu'il ne les dessine nous donne une étonnante impression de vie... Les personnages, le décor sont en harmonie : ils nous transmettent une leçon de vie et de bonheur, dans un cadre naturel.


 

http://youtu.be/BAv9UwdLi2o


http://youtu.be/azuYYHlaKUs


http://youtu.be/cuyl7Rr3YiM


http://youtu.be/dM_BbPSylKU


 



 

 

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