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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 12:21
L'Allemagne et l'économie du hard-discount...

 

 

 



Face à la crise grecque, l'Europe a laissé éclater ses dissensions, on perçoit une Europe fracturée : les allemands restent intransigeants et figés sur leurs positions, ainsi que les pays du Nord... la Grèce, malgré une restructuration de sa dette, reste, encore et toujours, soumise à des plans d'austérité, alors que cette politique fait des ravages en Europe...


Mais peu importent le destin et le bonheur des peuples, ce qui compte, c'est la bonne santé de l'économie, des banques, des financiers qui doivent être, à tout prix, rassurés...

Ce sont des allemands qui, ne l'oublions pas, ont inventé le hard discount : lancé en 1948, en Allemagne, par les frères Albrecht, le hard-discount a connu un essor considérable depuis la fin des années 1960, dans ce pays, avec des magasins comme Lidl, Norma et Aldi, puis, à la fin des années 1980, dans d'autres pays européens.


Certes, cette innovation correspondait à une économie d'après-guerre, mais ce concept a été largement exploité, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.


Une économie pour les pauvres, une économie de subsistance, des aliments et des produits à bas prix, une exploitation à outrance dans le domaine de l'agriculture et de l'élevage pour obtenir les prix les plus bas, tel est le système sur lequel repose le hard-discount.

Ceux qui ont inventé ce concept et ceux qui l'ont exploité se sont considérablement enrichis...

Dorénavant, avec l'Europe et ses politiques de restriction, le hard-discount semble avoir de beaux jours devant lui, dans la plupart des pays, en Allemagne même où le nombre de pauvres ne cesse de croître, en Grèce, en Espagne, au Portugal, où l'austérité aggrave, sans cesse, le chômage, et la précarité.


C'est l'Allemagne qui est à l'origine du hard-discount, on ne s'en étonnera pas, car ce pays, adepte d'une austérité dévastatrice, envisage d'étendre cette politique partout en Europe, et notamment en Grèce, accablée, ces dernières années, par des plans d'austérité intenables pour l'économie de ce pays.

En Roumanie, des fermes gigantesques ont été mises en place, pour pratiquer un élevage à outrance, dans des conditions déplorables pour l'environnement.

Ces fermes alimentent la filière hard-discount : des produits à bas prix inondent les marchés pour nourrir les pauvres.


Et le nombre de pauvres n'a pas fini de croître, avec une Allemagne qui veut imposer à tous une économie de guerre...

Une nourriture peu chère, de qualité médiocre, réservée aux pauvres, des conditions de travail inhumaines, pour ceux qui oeuvrent dans les usines hard-discount...

Qui peut vouloir d'un tel modèle ?

C'est pourtant ce qui est en train de se développer dans de nombreux pays : des magasins pour les pauvres, d'autres pour les riches, des déséquilibres s'installent, créant des injustices inadmissibles.

L'économie que l'Allemagne veut imposer à la Grèce, c'est celle du hard-discount, une économie pour les pauvres : les classes moyennes et les plus démunis vont être encore gravement affectés par l'austérité à venir...

Le libéralisme fou est à l'oeuvre : fondé sur une croissance infinie, sur le gigantisme, sur l'appauvrissement des peuples, ce libéralisme insensé court à sa propre perte.

 

 

 

L'usine aux dix mille porcs en Allemagne :

 

http://www.reporterre.net/En-Allemagne-pire-que-la-ferme

 

 

L'élevage porcin en Roumanie :

 


 http://television.telerama.fr/television/justin-bridou-aoste-cochonou-tout-n-est-pas-bon-dans-leurs-cochons,94476.php
 

 

http://lekiosqueauxcanards.com/justin-bridou-et-consorts-un-scandale-economique-et-environnemental

 




 

 

L'Allemagne et l'économie du hard-discount...
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 13:24
Sous les pins de l'été...

 

 


Les pins décorent les paysages, de leurs éclats de parfums, le chemin, sous les arbres, s'imprègne de cette odeur de pignes, de bois et d'écorces...

Les troncs hissent leurs fûts de colonnes marbrés, burinés de plaques grises et pâles.

Les branches, d'un vert profond, côtoient un ciel blanc de nuages cotonneux, le vert s'intensifie, sous ces légers panaches.

Le vert devient d'un noir de jais, près des nuages subtils qui s'effilochent dans l'air...


Les ramilles s'étirent à l'infini, paressent sous le soleil de l'été, formant des réseaux et des tresses sombres, sur l'azur.

Les pins se dressent, majestueux, éblouissants de lumières, les pins frémissent sous la brise, ils épanchent des senteurs qui s'emparent de la terre, des fleurs, des arbres environnants...

Tous nos sens s'enivrent de ces parfums, avivés par la chaleur, tous nos sens goûtent à ces ivresses de l'été.

Les pins bruissent de bonheur, ils libèrent de nouvelles teintes, ils nous imprègnent de leur éclat, nous disent toutes sortes de splendeurs.

 

Dorés, bruns, gris, noirs, verts d'opaline, les arbres nous montrent des palettes éblouissantes, des formes somptueuses, des arabesques infinies...

Des boucles, des volutes, des enroulements, des sillons chavirent le ciel.

Des envolées de branches gravissent l'horizon, ramures de verts qui s'épanchent voluptueusement.

Les pins se dorent et s'enluminent de couleurs, ils montent vers l'azur, impérieux, souverains, ils capturent tous nos sens...

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Sous les pins de l'été...
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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 16:25
De quoi la nuit rêvent les roses...

 

 

 


Les difficultés de l'amour, un amour non partagé qui fait souffrir, tel est le thème de ce texte écrit par Aragon, mis en musique et interprété par Jean Ferrat.

Le texte s'ouvre sur une question directe, avec l'emploi de la deuxième personne du singulier : 

"Que sais-tu des plus simples choses 
Les jours sont des soleils grimés 
De quoi la nuit rêvent les roses"

Le poète nous fait entrer dans une intimité, il semble s'adresser à chacun de nous, nous montre qu'on ne voit pas, souvent, l'essentiel, "les plus simples choses"... Les roses personnifiées, dotées de rêves deviennent un mystère de plus, une énigme à déchiffrer, belle expression qui évoque tant de sentiments retenus, cachés...

On perçoit une fêlure dans l'expression : "Les jours sont des soleils grimés", comme si la lumière n'existait plus vraiment, avait disparu, pour celui qui ne peut vraiment aimer, dans la plénitude... L'idée est développée dans la phrase qui suit "Tous les feux s'en vont en fumée", les flammes de l'amour, image traditionnelle, sont comme étouffés et ne deviennent que de vaines fumées.

Le refrain résonne, alors : "Que sais-tu du malheur d'aimer ?" L'amour transformé en souffrance est mis en évidence par une question douloureuse, une interrogation, pleine de tourments et de reproches...

La vaine quête amoureuse est soulignée par le verbe "chercher" : "Je t'ai cherché au bout des chambres, Où la lampe était allumée...", une quête qui semble infinie et impossible, comme le suggère l'expression : "au bout des chambres".

On perçoit, aussi, une dissonance dans la phrase "Nos pas n'y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés..." Les négations mettent en évidence une union impossible, un désaccord.
 

Le verbe "chercher" revient, les questions sont redoublées, comme pour intensifier le désarroi : "Je t'ai cherchée à la fenêtre Les parcs en vain sont parfumés Où peux-tu où peux-tu bien être."
Une autre question montre le vide de la vie, notamment, au printemps, saison du renouveau et du bonheur, quand l'amour semble impossible : "A quoi bon vivre au mois de mai"...

Le thème de "l'attente" vient renforcer la douleur, quand la vie se résume à "nommer" quelqu'un sans l'atteindre, un être insaisissable, comme le suggère l'oxymore "toujours même et différente".

Le poète est, de plus, seul responsable de cet amour inaccessible, il ne peut que s'en "blâmer", verbe très fort qui aggrave le malheur.

La quête se transforme en une sorte d'errance immobile, un oubli de la vie et finalement devient synonyme d'une mort qui n'en finit pas...

La mélodie douce et mélancolique s'intensifie dans le refrain, comme pour souligner toutes les souffrances de l'amour...



 

 

Photo : rosemar

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 11:29
Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...

 



En ces temps d'incertitude pour l'Europe, les mythes grecs inspirent les journalistes et les éditorialistes : certains évoquent, comme l'avait fait l'ex-ministre grec de l'économie Yanis Varoufakis, le mythe de Sisyphe, d'autres celui des Danaïdes...


Le rocher de Sisyphe, c'est cette dette sans cesse renouvelée qui accable les grecs, le tonneau des Danaïdes, c'est l'allègement de cette même dette, consenti aux grecs...

Ceux qui veulent accuser les grecs parlent de toutes les dépenses engagées pour aider les grecs, un véritable tonneau des Danaïdes et ceux qui les soutiennent évoquent le rocher de la dette et le mythe de Sisyphe...

Où est la vérité ?

Face aux mesures d'austérité qui ont été prises en Grèce, face à l'échec de ces mesures, on peut constater que les grecs se trouvent bien accablés par un rocher qui ne cesse de les affaiblir.


La Grèce devenue le tonneau des Danaïdes de l'Europe ? La Grèce, un puits sans fond qui écrase les autres peuples ?


Un reportage diffusé, lors du journal de 20 heures, sur France 2 montrait un petit pays, la Slovaquie : ses habitants se plaignaient de devoir payer indéfiniment pour les grecs, faisant des comparaisons de salaires, de retraites...

Pour eux, la Grèce symbolise un tonneau des Danaïdes inadmissible, d'autant qu'ils souffrent, eux-mêmes, de l'austérité et qu'ils essaient de redresser l'économie de leur pays.

L'Europe semble générer, ainsi, des oppositions, des hostilités entre les peuples, certains en viennent à jalouser et à accuser les grecs...

Mais la crise, en Grèce, a frappé durement, aussi, toute la population, les plus âgés, les jeunes : les grecs subissent le chômage, la précarité, ils ont été accablés, ces dernières années, par une économie de guerre.

Le peuple grec est-il coupable ? Il ne fait que survivre dans des conditions difficiles.

Les responsables, ce sont les dirigeants grecs qui ont menti, lors de l'entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, ce sont les technocrates à courte vue de l'eurogroupe qui pratiquent obstinément une politique d'austérité qui ne fonctionne pas.

Les coupables, ce sont les hommes politiques corrompus qui nous gouvernent : il suffit de regarder du côté de l'Espagne pour en être persuadé, le gouvernement espagnol croule sous les scandales financiers.

Les coupables, ce sont les financiers qui spéculent sur la dette, qui l'entretiennent pour s'enrichir toujours plus.

Quand on emprunte de l'argent à 1%, pour le prêter aux grecs, avec des intérêts à 5 ou 6%, parfois plus, on voit bien que le système de la dette est indigne : c'est une spéculation permanente qui n'a d'autre résultat que d'anéantir les peuples les plus faibles...

Les coupables, ce sont tous ceux qui pratiquent l'évasion fiscale, qui échappent à l'impôt, alors qu'ils sont les plus fortunés.

Que va devenir la Grèce ? Les grecs ont su faire preuve de courage et nous ont donné une leçon de démocratie, en organisant un référendum qui a permis au peuple de décider.

Mais, il semble que le gouvernement d'Alexis Tsipras a décidé de se soumettre encore aux diktats européens...

Les dernières propositions montrent que ce gouvernement cède encore à la pression des créanciers : Alexis Tsipras vient d'accepter la majeure partie des mesures imposées par  l'eurogroupe.

Dès lors, on peut se poser bien des questions sur l'avenir de la Grèce et sur le fonctionnement de l'Europe.

A quoi a servi le référendum, si le gouvernement Tsipras adopte la plupart des mesures d'austérité de l'eurogroupe ?

Il semble qu'on retourne à la case-départ : la démission du ministre des finances, Yanis Varoufakis semblait être, déjà, une démission face à l'Europe des banquiers et de la finance...

La déception est au rendez-vous pour les grecs et pour l'Europe.

Oui, la déception est réelle : on a l'impression que l'Europe tourne à vide et que l'on revient à une sorte de statu-quo : la Grèce et les autres pays voués à des plans d'austérité qui n'en finiront jamais...





Les idées reçues sur la Grèce :
 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/08/des-grecs-depensiers-inconstants-et-malhonnetes-le-tour-des-idees-recues_4675766_4355770.html

 

Le mythe des Danaïdes :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dana%C3%AFdes

 

Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...
Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...
Les grecs entre le rocher de Sisyphe et le tonneau des Danaïdes...
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 15:41
Des problèmes de correction pour le baccalauréat...

 

 

 



Des problèmes sont intervenus en Ile-de-France, lors de la correction des épreuves du baccalauréat : certains professeurs ont reçu des copies à corriger, au dernier moment, en urgence et ont disposé d'une seule journée pour accomplir cette tâche.


Il ne faut pas s'en étonner : cette année, le calendrier de correction a été encore modifié : par exemple, les professeurs de lettres ont dû faire passer les épreuves orales de français sur une semaine complète, alors que, les années précédentes, elles se déroulaient sur deux moitiés de semaines, avec une pause pour le week-end.

Ces épreuves orales sont épuisantes pour les enseignants qui sont, le plus souvent, convoqués dans des établissements éloignés de leur lieu de résidence et passent des journées entières dans des salles de classe, sans climatisation...

En fin d'année, nombre de professeurs sont épuisés et la correction des épreuves du baccalauréat constitue une charge de travail très pesante, à l'écrit, comme à l'oral.

Certains professeurs se voient remettre une centaine de copies à corriger, or les copies du baccalauréat sont très lourdes :  chaque copie exige, environ, une demi-heure de temps de correction.

Les oraux eux-mêmes sont mal organisés, et les professeurs sont, parfois, mal reçus dans les établissements où ils sont envoyés.

J'ai, à plusieurs reprises, fait passer des oraux au quatrième étage d'un lycée, sous les toits, dans une ambiance de chaleur intenable, à la fin du mois de juin et au début du mois de juillet...

De plus en plus de professeurs sont si fatigués que face à telles conditions, ils n'ont qu'une seule solution : obtenir un arrêt maladie.

Le baccalauréat devient, ainsi, un véritable parcours du combattant, une machine trop lourde...

Il faut, sans doute, alléger les épreuves et prévoir de meilleures conditions d'accueil pour les professeurs.

Il paraîtrait normal que des boissons rafraîchissantes leur soient distribuées, au cours de ces journées d'oral qui sont interminables.

En cas de défection d'un enseignant, un autre professeur doit prendre le relai et, parfois, dans des conditions difficiles : réduction du temps de correction, stress, fatigue.

Le baccalauréat devient une machine infernale par son mode d'organisation qui ne facilite pas la tâche des enseignants.

On nous même demande, parfois, d'aller récupérer des copies dans un établissement éloigné de notre lieu de résidence, il faut, ensuite, les ramener une fois la correction effectuée... Des dépenses d'energie et d'argent qui pourraient être évitées...

Il serait plus judicieux de centraliser la réception des copies, de prévoir des allègements : par exemple, les professeurs de lettres sont convoqués une journée pour préparer les oraux, cette journée est totalement inutile car les enseignants pourraient consulter les programmes et les listes de textes étudiés par les élèves, sur internet.

L'administration éloignée du terrain ne perçoit plus les difficultés que peuvent rencontrer les enseignants : rien n'est fait pour leur faciliter la tâche, bien au contraire...

 



 
Sources :

 

 

http://www.lepoint.fr/societe/en-ile-de-france-la-correction-du-bac-s-est-tres-mal-passee-07-07-2015-1943132_23.php#xtor=CS3-192


http://www.bfmtv.com/societe/bac-la-correction-des-copies-s-est-tres-mal-passee-en-ile-de-france-900443.html
 


 



 

Des problèmes de correction pour le baccalauréat...
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 14:56
Les pigeons du Vieux Port...

 

 


Une photo d'autrefois, sur le Vieux Port de Marseille....

C'est le mois de Mai : en tenues légères, nous posons devant l'objectif, ma soeur, mon frère et moi....

Sur le fond, on perçoit les immeubles du port, avec leurs balcons de fer forgé, on voit quelques voitures garées : une 2 CV,  une dauphine... Toute une époque !

Tout autour de nous, la vie s'agite, des gens s'affairent et discutent, des inconnus qui passent.

Et nous sommes en arrêt, immobiles devant quelques pigeons, occupés à picorer, à nos pieds !

Tout un spectacle, ces pigeons pour les enfants que nous sommes ! 

Ils sont là, à portée de mains et nous offrent leurs plumages soyeux et bariolés.

Sourires aux lèvres, émerveillés de soleil, nous savourons cette scène...

Seul, mon frère a sa mine plus sérieuse de matamore : un peu à l'écart, il affiche un air impérieux et sûr de lui... Ma soeur d'une douzaine d'années, dans un geste protecteur, entoure mon visage de ses mains.

Sur le côté, la main droite dans la poche de son short, bien campé sur ses deux jambes, mon frère impose son minois de 5 ans, avec assurance... Pour ma part, éblouie de soleil, les yeux plissés, je souris légèrement, du haut de mes 3 ans.

La fratrie est réunie, pour une promenade sur le Vieux Port de Marseille : la mer toute proche nous enivre de bonheur, on sent des embruns marins, un air de liberté...

Devant nous, une dizaine de pigeons impassibles nous montrent leurs formes arrondies d'oiseaux familiers.

Le soleil rayonne, car on voit les ombres portées sur le bitume, le soleil enlumine les pigeons, fait ressortir leurs teintes contrastées de gris, de blancs, de noirs, leur plumage qui resplendit.

Des vagues se dessinent sur leurs plumages ombrés, des motifs ourlés, des embruns, des arrondis de brumes...

Les ombres portées redoublent les silhouettes des pigeons, et permettent de voir comme des éclats sur leurs plumages.

Nous-mêmes, nous sommes comme étourdis de soleil, les yeux émerveillés, étonnés de tout ce spectacle de la nature.

Les pigeons, le soleil, la mer toute proche, les bateaux du port, nos yeux n'en reviennent pas de tant de nouveautés et de bonheurs !

La photo en noir et blanc met en évidence un bonheur simple, ordinaire, des sourires esquissés, qui traduisent une sorte d'intériorité, de retenue.

Belle photo d'enfance ! Un joli moment qui révèle des caractères, des joies sereines...

Au dos de la photo, ma mère a écrit, de sa main appliquée, la date, le mois de Mai et le but de la promenade : "en allant à la Vierge de la Garde", un pélerinage que font souvent les Marseillais, maintenant encore.


 


 

Les pigeons du Vieux Port...
Les pigeons du Vieux Port...
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 15:05
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...

 

 

 

Venu directement du grec, "sandalon", le mot "sandale" est très proche de son ancêtre hellénique...


Voilà un mot qui a traversé les siècles, resté proche du nom originel : on trouve ce terme dans les hymnes homériques, notamment dans l'hymne à Hermès : il désigne, dans ce texte, des sandales de bois fixées par des courroies.

Hermès, messager des dieux dans la mythologie grecque, possède des sandales ailées qui lui permettent de franchir les mers et les terres avec rapidité... Dans l'Odyssée, on le voit "nouer sous ses pieds ses divines sandales brodées de bel or".

Le terme utilisé par Homère est un autre mot "pédilon"qui désigne une semelle attachée sous le pied...

Le nom "sandalon" est employé, lui, dans les hymnes homériques, oeuvres moins connues.

Les Hymnes homériques sont, en fait, constitués d'une collection de trente-quatre courts poèmes épiques. 

 

Chacun des hymnes dédié à un dieu était destiné à être chanté par un aède en guise de prélude, avant de passer à une œuvre plus longue. Les Hymnes homériques varient par leur sujet, leur longueur, leur époque de rédaction, ils ont été écrits entre le VIIe s. av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère : un ensemble hétérogène, disparate, une compilation de poèmes variés.
L'épithète "homérique", qui leur est attribuée, n'est due qu'à leur mètre commun, l'hexamètre dactylique, qui est le vers par excellence de l'épopée.


En grec ancien, le mot "sandalon" est de genre neutre, comme de nombreux noms d'objets. Le français a perdu ce genre ancien, mais en conserve quelques résidus dans des mots comme : "cela, ça, ce, l'utile, l'agréable..."

Le mot devenu féminin, en français, traduit une délicatesse, une élégance, un raffinement.


Le nom "sandale" nous séduit par ses sonorités de sifflante "s", de dentale éclatante "d", par sa voyelle nasalisée "an" qui restitue et suggère une forme de légèreté...

La sandale dénudée laisse voir le pied, lui donne une sorte de liberté.

Les sandales se portent en été, elles offrent une respiration, un bonheur de pouvoir marcher dans des chaussures aérées, légères.

On oublie, alors, les carcans des chaussures fermées, on se libère des contraintes de l'hiver, on retrouve un confort oublié, une respiration nouvelle.

Les sandales prennent des formes diverses : élégantes, confortables, elles nous apportent  des possibilités infinies.

Souples, légères, colorées, les sandales sont un des bonheurs de l'été, une libération !

Spartiates, tongs, mules, nu-pieds, elles se déclinent en plusieurs modèles.

Les tongs connaissent, ainsi, un succès considérable, dans la mesure où le pied est complètement dénudé.

Les spartiates sont nommées ainsi, en raison de leur simplicité, car la ville grecque de Sparte était réputée pour ses moeurs austères.

Voilà un mot connu des grecs, "la sandale", qui désigne une réalité encore moderne : j'aime ce mot venu d'ailleurs, d'une autre époque, mais si actuel !

Ce mot nous parle du passé, du présent, il évoque la langue grecque à laquelle on doit tant de mots de notre vocabulaire !

Il nous ramène vers un passé mythique, rempli de dieux et de déesses, il nous fait remonter aux sources de notre langue, à nos origines...

Les grecs de l'époque homérique portaient déjà des sandales : ils nous ont légué le mot et cet objet pratique, aéré, qui nous donnerait presque des ailes !




 

 

 

Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 16:28
Le Grec, ce pelé, ce galeux...

 

 

 

Les clichés ont la vie dure : les grecs présentés comme des paresseux, des voleurs, des menteurs, des tricheurs... Qui peut le croire ?

Comment le peuple grec peut-il être, ainsi, vilipendé ? Accepteriez-vous de telles calomnies, si vous en étiez la cible ?

Après cinq années d'austérité, les grecs ont voté pour un nouveau parti, Syriza,  afin de  sortir de cette impasse qui les mène vers le désespoir, ils ont choisi une autre route.

L'Europe les a acculés vers un gouffre, un abîme de misères et de désarrois : ils ne sont pas les seuls à être accablés par ces diktats implacables d'un eurogroupe intransigeant : les espagnols subissent, de plein fouet, la crise et se tournent, eux aussi, vers d'autres voies : Podémos représente, pour eux, un espoir d'échapper à des mesures d'austérité qui les ont accablés, d'autant que le gouvernement de Mariano Rajoy baigne dans un océan de corruptions...

Les Grecs, plus que d'autres, ont souffert de cures d'austérité implacables : ce petit pays, de tradition agricole, se voit maintenant la cible de toutes les critiques.

Coupables de tous les maux, jugés responsables d'une dette impossible à acquitter, montrés du doigt, les grecs sur la sellette n'ont fait qu'essayer de sortir d'une impasse...

 

L'impasse, c'est l'Europe, telle qu'elle a été conçue : une Europe de la dette qui enrichit les banquiers et appauvrit le peuple.

Qui peut vouloir de cette Europe ?

Le grec, ce pelé, ce galeux, ce misérable doit être sacrifié sur l'autel de la dette : "Haro sur le baudet !", comme l'écrivait La Fontaine, dans sa célèbre fable, Les animaux malades de la peste.

La commission européenne souveraine a décidé que les Grecs étaient coupables et devaient être punis, comme l'âne de la fable...

Encore plus d'austérité et de misères ! Encore plus de détresses !

Peu importe, si le peuple souffre : n'est-il pas fait pour souffrir depuis la nuit des temps ?
Peu importe, si les injustices triomphent, il faut que les plus riches prospèrent et que les plus pauvres se soumettent...

Encore et toujours, la loi du plus fort ! Décidément le monde n'évolue guère...

"La raison du plus fort est toujours la meilleure", écrivait, aussi, La Fontaine...

Est-il possible de se rebeller contre cet ordre établi ? Est-il possible de lutter contre la commission européenne, de contester ses décisions ?

Est-il possible de consulter le peuple par un référendum ? Sacrilège !

Crime de lèse-majesté ! Les peuples sont là pour obéir et cette règle semble intangible !

L'Europe a sacrifié ses peuples, mais elle n'est pas coupable, elle a anéanti des vies, provoqué des suicides, des exils, mais elle n'est pas coupable...

Le Grec, lui, a tenté de survivre dans des conditions difficiles : coupes budgétaires, baisse des salaires, des pensions, restrictions.

Qu'il soit maudit, lui qui n'accepte pas l'austérité de la dette !


Qu'il soit maudit, ce pelé, ce galeux, ce misérable !



 

 

La fable de La Fontaine : Les animaux malades de la peste

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste.html

 

 

 

Le Grec, ce pelé, ce galeux...
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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 15:50
Candeurs de cygne...

 

 

Deux cygnes, diaprés de lumières, glissent sur l'onde, sillonnent les replis obscurs, de leur majesté sereine et  impérieuse...


Des rondeurs et des douceurs de plumes s'ébrouent dans l'eau... le cygne blanc sur les flots sombres et vineux, resplendit de candeurs.

Le soleil éclaire la scène, se réflète dans l'eau, il redouble, de ses éclats, la candeur de l'oiseau : double soleil sur les ondes, double splendeur !

L'eau, aux algues profondes, se plisse, et ondoie, sous les mouvements somptueux de l'oiseau.

L'eau frémit sous le vent, se froisse, aussi, sous les emportements de l'air...

L'eau se nuance de teintes de verts, de bruns, de bleu, de rose doré...

Les moires infinies de l'eau reflètent la candeur de l'oiseau, miroir de l'onde qui dessine à nouveau l'animal, sous les flots...

Double candeur, encore !

Deux oisillons se pressent autour des grands cygnes, promesses de l'aube, annonces de renouveau et de beautés, encore...

Deux oisillons suivent les cygnes, promesses de grâce et de splendeurs...


 


 

Photos : rosemar

Candeurs de cygne...
Candeurs de cygne...
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:07
Tant je t'aime que j'en tremble...

 

 



Comment ne pas être sensible à la simplicité d'une chanson d'amour ? Ce texte d'Aragon mis en musique par Jean Ferrat nous est si familier, il évoque l'évidence et la limpidité d'un amour sans fin...

La chanson s'ouvre sur l'évocation de la succession des jours et du temps, avec une énumération "dimanche ou lundi, soir ou matin, minuit, midi", les jours, les heures s'écoulent, des moments de bonheurs, d'harmonie, mais aussi de douleurs et de souffrance, comme le suggère l'antithèse : "Dans l'enfer ou le paradis..."

L'expression au pluriel "les amours aux amours ressemblent" donne une valeur universelle à ce poème, et le mot "amours" réitéré prend ici un relief particulier, gâce à l'inversion.

L'alternance, présent, imparfait, futur traduit bien la fuite du temps mais l'amour reste inaltérable, malgré ce déferlement des jours... "c'était hier et c'est demain, nous dormirons..."

La phrase qui sert de titre à la chanson, "Nous dormirons ensemble" traduit dans sa simplicité une certitude, grâce à l'emploi du futur, certitude d'un amour éternel, certitude, aussi, d'un amour partagé puisque le poète fait appel à la première personne du pluriel "nous", qui réunit les deux amoureux.

Les adverbes de temps "hier, demain" soulignent ce caractère intangible des sentiments qui animent le poète et sa compagne.

La jeune femme comparée à un "chemin" devient une sorte de guide unique, comme si l'amour remplissait toute la vie.

On perçoit une confiance absolue dans ce vers : "J'ai mis mon coeur entre tes mains..."

La belle expression "aller l'amble" restitue une harmonie de deux coeurs qui vont à l'unisson et qui ne peuvent se séparer.

L'absolu de cet amour se traduit par les mots très forts : " Tout ce qu'il a de temps humain, Nous dormirons ensemble".

Le ciel assimilé à un "drap" devient le décor qui embellit cet amour : "Le ciel est sur nous comme un drap." Le geste, plein de tendresse, "J'ai refermé mes bras sur toi" montre une volonté de garder et préserver cet amour, de le protéger.

L'amour est si fort qu'il se manifeste par des émotions intenses, qui se traduisent physiquement, comme le montre le verbe "trembler".

L'adverbe d'intensité "tant" souligne la violence des sentiments éprouvés et la volonté de les partager, en accord avec l'être que l'on aime, sans contraintes.

Ce texte empreint de lyrisme et d'émotion, faisant alterner première et deuxième personne, se présente comme une déclaration d'amour et une confidence.

La mélodie emplie de tendresse et d'émotion traduit une sorte d'harmonie immuable... Les sonorités de sifflante et de labiales soulignent cette impression de douceur, de bonheur partagé...

La simplicité des mots, le thème de la fuite du temps, la valeur universelle de ce texte parlent à chacun d'entre nous...
 


 https://youtu.be/Ejvg0hDhYkQ



Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon



 





Photo : rosemar

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