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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 14:56
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas...

 

 


L'accent ! Tout le monde connaît ces signes orthographiques, qui ornent les voyelles, l'accent aigu, grave, circonflexe...

Mais ce mot désigne, aussi, une intonation sur certaines syllabes, une façon d'élever la voix.

Certains accents chantent, modulent les mots dans une ronde musicale : on rejoint, ainsi, l'étymologie de ce terme, venu du nom "accentus" issu, lui-même,"d'un verbe latin "accino", composé sur un autre verbe "cano", "chanter"...

De nombreux mots appartiennent à cette famille : "chanson, chansonnette, chansonnier, chant, chanterelle, chanteur, chantonner, chantre", avec des évolutions phonétiques différentes.

Le nom lui-même, "accent" virevolte, avec sa voyelle nasalisée "an", les consonnes gutturale et sifflante juxtaposées qui forment un contraste saisissant.

Certains accents  sont reconnaissables entre mille : l'accent de Toulouse, celui de Marseille, celui du Nord.

L'accent, lié à la musique, nous fait entendre des voix chantantes, des mots qui résonnent de prononciations particulières... 

L'accent rocailleux de Toulouse, la ville rose, l'accent de Claude Nougaro, aux éclats du sud...

L'accent de Pagnol, celui de Giono qui chante des collines imprégnées de lumières et de soleils, les paysages du sud, la garrigue, des parfums de thym, de romarin...

L'accent de Marseille, celui de l'Estaque qui nous fait sentir les embruns de la Méditerranée et des collines environnantes...

L'accent de la langue grecque, si ondoyante, qui chante les îles, Paros, Amorgos, Samos, Santorin, les vagues redoublées de la Méditerranée, des temples antiques de marbre blanc.


L'accent permet, aussi, dans chaque langue, d'exprimer des sentiments divers : joie, surprise, désarroi, tristesse, colère, indignation.

L'accent nous fait entendre la vie, ses joies, ses peines, ses difficultés... des éclats de voix qui s'exaspèrent, qui souffrent,  se révoltent, d'autres qui exultent de bonheur.


Les accents ornent, aussi, les mots, les voyelles, de petits signes qui sont comme des repères : l'accent circonflexe coiffe harmonieusement certaines voyelles, indique, parfois, des consonnes disparues ou un allongement... "pêcheur, âpre, pâle, vêtement, tâche, icône, île, pâtre, théâtre..."

Les mots sont comme embellis par ces légers embruns qui les auréolent...
 ils en acquièrent plus de mystères, de charmes.


Le nom "théâtre" revêt, ainsi, une dimension particulière avec sa voyelle "a", surmontée d'un accent circonflexe, venu d'une ancienne voyelle longue.

Ce mot issu d'un verbe grec "théaomai", "voir, regarder" semble suggérer toutes les harmonies du spectacle théâtral, on peut percevoir, dans l'accent circonflexe, toute la solennité de l'art théâtral.


L'accent n'est-il pas l'image même de la vie ? Associé à la musique, au chant, il révèle de nombreuses nuances, il signe une région d'origine, il peut exprimer des sentiments, nous faire remonter à l'étymologie des mots.

Quelles richesses dans ce seul mot ! L'accent nous fait découvrir un univers plein d'harmonie, de diversité, de contrastes, d'exotisme....


 


 

 

 

Photo : rosemar

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 16:22
Merveilles de la lecture...

 


 

Victor Hugo a découvert, très jeune, le bonheur de la lecture : il raconte cette expérience, dans un de ses poèmes les plus connus, extrait des Contemplations, intitulé Aux Feuillantines.


Les Feuillantines étaient un ancien couvent désaffecté où résida la mère de Hugo de 1809 à 1812... Ce poème nous replonge dans le monde merveilleux de l'enfance : Victor Hugo évoque ses deux frères, sa mère, dans une scène familière...


La mère apparaît à la fois protectrice et impérieuse : le jeu est permis mais il est interdit de piétiner "les fleurs" et d'escalader les "échelles"... Son discours, plein de simplicité, est reproduit directement, avec l'emploi de la première personne et du présent d'énonciation : "
je défends Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles."

L'impératif "jouez", les subjonctifs "qu'on marche " qu'on monte" traduisent la bienveillance attentive de la mère. 


L'enfance associée au jeu, au bonheur, au rire, au bon appétit, apparaît, aussi, comme un monde de découvertes, de nouvelles expériences. Le grenier du couvent, lieu de jeu et de mystères, attire les jeunes enfants que sont Abel, Victor et Eugène.

L'imparfait d'habitude souligne l'intérêt que suscite ce grenier : "nous montions, nous regardions...  un livre inaccessible."

Le verbe "regarder" met en évidence, aussi,  toute la curiosité des enfants, car il évoque une observation attentive.

Et les enfants sont, rapidement, éblouis par ce livre lointain, situé sur le "haut d'une armoire", un livre qui leur paraît comme un trésor à atteindre et conquérir.


Ce livre devient l'objet d'une quête, d'une curiosité infinie, il est "noir", étrange, mystérieux, et finalement les enfants parviennent à atteindre l'objet, une "Bible", le livre par excellence.


Ce sont, alors, de véritables éclats de sensations qui apparaissent, soulignés par des exclamations : l'odeur du livre, la magie des images, des estampes, le ravissement de la découverte !

Les exclamations répétées restituent ce plaisir inédit de la découverte : "Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!"


Et, dès lors, les enfants se mettent à lire avec enchantement : des mots magiques apparaissent, exotiques et lointains, des noms bibliques : "Joseph, Ruth, Booz, le bon samaritain..."


La comparaison finale du livre avec "un oiseau des cieux" traduit le bonheur infini de cette découverte...un bonheur fait de rires, d'étonnements et d'enthousiasmes...


Le livre est assimilé à un oiseau inaccessible capturé par les enfants. La dernière sensation tactile du poème traduit encore leur émerveillement  : ils sentent dans leurs mains comme 'une douceur de plumes".


Le bonheur de tenir en mains le livre est, ici, exprimé par une image pleine de beauté et de rêves. Le champ lexical du rire et du plaisir souligne cet enchantement : "charmés, en riant, joyeux". Le participe passé "charmé" a un sens très fort et restitue une sorte d'ensorcellement magique. Le verbe "lire", répété à trois reprises, montre la fascination des enfants, qui en oublient de "jouer".

 

Les sonorités de sifflantes, à la fin du poème, suggèrent, aussi, le bonheur de cette découverte :

"Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,
S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes."



Ce poème, empreint de simplicité, nous fait percevoir, à travers différentes sensations, olfactive, auditive, tactile, visuelle, tous les bonheurs offerts par  la lecture...


 



 http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/aux_feuillantines.html


 


 

 

 

Merveilles de la lecture...
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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 16:05
Une nouvelle dérive sur internet : Gossip...

 



Comment ne pas être stupéfait de voir que des applications comme Gossip sont autorisées sur internet ?

Cette application controversée vient d'être réouverte, alors qu'elle incite les jeunes à la diffamation et au harcèlement : internet devient, ainsi, un lieu où tout est permis : les insultes, les fausses rumeurs, les amalgames, les propos malveillants...

La toile voit fleurir, depuis longtemps, toutes sortes de dérives, sur Facebook, sur Twitter ou même sur des sites journalistiques, tous les coups sont permis car l'internaute, bien à l'abri derrière son ordinateur et derrière un nom d'emprunt se défoule à qui mieux mieux de toutes sortes de frustrations.


 Gossip, dont l'icône est un loup, un demi-masque de velours, se pare ainsi d'une image qui annonce bien la couleur : ce site  propose, en effet, aux utilisateurs de poster anonymement une rumeur, un ragot grâce à un texte de 140 signes maximum ou une photo ou vidéo concernant l'un de leurs contacts. Les ragots publiés sont éphémères puisqu'ils n'apparaissent que dix secondes sur la page des utilisateurs...


C'est, là, une incitation pure et simple à la moquerie, la dérision, l'insulte, à des ragots de toutes sortes.

Tout le monde le sait : certains jeunes subissent un harcèlement qui peut conduire au pire, certains se suicident et ce site vient quasiment officialiser ce phénomène !

Autrefois, les ragots existaient aussi, mais avec internet, ce phénomène s'amplifie, atteint des proportions inégalées et peut faire des dégâts considérables.

Sur internet, on aura tout vu : des images violentes, pornographiques sont, parfois, diffusées, la violence des propos est inouie car les gens, même des adultes, se montrent totalement irresponsables....

On reproche souvent aux hommes politiques une forme d'irresponsabilité dans leurs actions et leurs déclarations, mais il faut voir comme certains "citoyens" se lâchent sur la toile, répandant des ragots, des insultes, des propos grossiers et malveillants.

Qui donne l'exemple ? On peut se poser la question.

Qui est responsable vraiment ? On vit dans une société d'irresponsabilité totale, et, sur internet, cette irresponsabilité se développe en raison de l'anonymat.


Les jeunes s'engouffrent dans ce "jeu" de l'insulte facile, ils n'hésitent pas à mentir, falsifier la vérité, à injurier des camarades...

Pour ma part, je hais les ragots qui se répandent si facilement sur internet, ils sont un signe de désoeuvrement, et d'oisiveté : les jeunes ou les adultes ont bien du temps à perdre pour se livrer à tels jeux aux conséquences parfois dramatiques.

En tout cas, les jeunes ne doivent pas être incités à ce type de pratique sandaleuse et absurde...

Favoriser ainsi les insinuations, faire courir des rumeurs, dévoiler un semblant de vie privée, un tel voyeurisme est inadmissible. 

Il faut interdire cette application qui stimule les instincts les plus bas de l'être humain et il convient de protéger les adolescents de ce qu'il faut bien appeler un nouveau fléau de la modernité...

Internet peut être un merveilleux outil, mais avec de telles applications, il devient le vecteur de toutes les haines, de toutes les jalousies, de toutes sortes de vengeances, c'est une véritable incitation au harcèlement.



 

 

 

 

Une nouvelle dérive sur internet : Gossip...
Une nouvelle dérive sur internet : Gossip...
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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 15:45
L'optimisme béat de Najat Vallaud-Belkacem...

 

 

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, ose se glorifier de l'amélioration des résultats à l'admissibilité au Capes, un des concours de recrutement à l'enseignement.

On assiste, ainsi, à un véritable déni de réalité : les chiffres le prouvent, ces résultats sont alarmants et démontrent, bel et bien, une grave crise du recrutement qui affecte de nombreuses disciplines.

Un seul exemple suffit pour mettre en évidence ces carences : "en mathématiques, moins de 800 candidats (793) devraient être admis et 697 postes devraient rester vacants", d'après le site du café pédagogique, à peu près la moitié des postes risquent de n'être pas pourvus...

L'optimisme béat affichée par la ministre de l'éducation nationale est, pour le moins, inquiétant... refuser les réalités, c'est ne pas préparer l'avenir, c'est jouer sur le futur de l'éducation, un secteur, pourtant, primordial dans un pays qui se veut moderne.


Il est vrai que dans ce domaine, les ministres se succèdent, n'ont, le plus souvent, que des objectifs à court terme et se contentent de proposer des réformes hâtives et bâclées.

Les ministres essaient de sauver les apparences, en tenant des discours qui défient la réalité : "Tout va bien, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !"

Est-ce ainsi que les politiques gouvernent, désormais ? A coup de bluff, et de faux-semblant ?

Face à une situation plus que préoccupante, certains préfèrent fermer les yeux, afficher un grand sourire et ne pas voir les difficultés du monde éducatif.

Cela fait des années que ce phénomène perdure, cela fait des années que les inspecteurs déboulent dans les classes des enseignants, sans tenir compte des réalités du terrain, cela fait des années que l'on fait semblant de ne pas voir ce qui se passe dans certains établissements scolaires : violences, incivilités, indiscipline...

Vincent Peillon avait, lui aussi, refusé de voir les conséquences de sa réforme sur les rythmes scolaires qui avait désorganisé l'école, puis il s'était discrètement éclipsé de son poste, pour continuer une carrière politique au parlement européen.

Les ministres de l'éducation se suivent et se ressemblent, et au lieu de résoudre les problèmes en cours, ils ne font qu'aggraver la situation...


C'est bien ce qui se prépare, avec la nouvelle  réforme des collèges prévue et annoncée par la ministre pour la rentrée 2016, malgré l'opposition des enseignants et des syndicats de l'éducation.

Une réforme contestée de tous côtés, une réforme dont les enseignants ont perçu tous les dangers : dispersion, diminution des heures de cours consacrées à des enseignements fondamentaux : le français, les mathématiques...

Une réforme que la ministre défend envers et contre tous, défiant encore l' avis des principaux acteurs de l'éducation : les enseignants...

Face à ce déni permanent des réalités, face à cet optimisme béat, on est en droit de se révolter et de dénoncer ce jeu de dupes que devient le monde politique.

Le sourire de Najat Vallaud-Belkacem n'est plus qu'une façade, il est une preuve supplémentaire de ce deni des réalités dont les femmes et les hommes politiques se rendent coupables.

Au 18 ème siècle, Voltaire dénonçait la dangereuse théorie de l'optimisme dans un de ses contes les plus célèbres, Candide... L'optimisme conduit à effacer et nier toutes les aberrations de ce monde, il conduit à l'asservissement des êtres humains à qui on fait accepter les pires absurdités et les pires injustices !

 

"Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !", affirme Pangloss, le maître à penser du jeune Candide, mais celui-ci prend, peu à peu, conscience des réalités et des horreurs du monde.

Quand une ministre nous berce de tels discours, on comprend, alors, que les "responsables" politiques nous prennent tous pour des Candide, des marionnettes facilement manipulables...


 

 

 

 

 

 

L'optimisme béat de Najat Vallaud-Belkacem...
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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 16:17
Petit billet adressé à un plagiaire...

 


J'écris régulièrement des articles sur mon blog, qui est accessible à tout un chacun, et j'ai eu, dernièrement, la surprise de voir que le titre d'un de mes articles avait été repris par un "journaliste-blogueur" d'agoravox... l'article s'intitulait : "Les précieuses ridicules : le retour". Il figurait dans la modération de ce journal et reproduisait, avec des mots différents, le contenu de mon propre article qui, lui, portait ce titre : "Réforme des colléges, le retour des précieuses ridicules..."


Bon, finalement, l'article de ce blogueur-imitateur, n'a pas été publié sur agoravox, et c'est justice : le plagiat se généralise sur le web, et certains n'hésitent pas à se livrer à un pillage débridé et désolant.

Pour autant, ce blogueur, dont je tairai le nom, n'a pas hésité à publier cet article, sur son propre blog...
Bien sûr, il peut arriver à tout un chacun de reproduire des informations trouvées sur internet, mais, quand on reprend, à la fois, le titre et les idées essentielles d'un article, on va au-delà de ce qui est autorisé.

On commet une sorte de "plagiat" : le fait n'est pas glorieux, et devient, sans doute, répétitif sur la toile....

Il est bon de rappeler la définition du plagiat qu'on trouve sur wikipédia : "Le plagiat est une faute morale, civile, commerciale ou pénale, consistant à copier un auteur ou créateur sans le dire, ou à fortement s'inspirer d'un modèle que l'on omet, délibérément ou par négligence, de désigner. Il est souvent assimilé à un vol immatériel."

Les élèves eux-mêmes n'hésitent pas à faire des copiés-collés, quand ils sont invités à préparer des exposés, il répercutent même, parfois, des erreurs qui se trouvent sur la toile.

Le plagiat se généralise, ainsi, s'enfle, devient une habitude, une paresse, une façon d'aller vite...

Peu importe, même si l'on na pas assimilé ce qui est écrit sur un site : les élèves font des copiés- collés, pour contourner les difficultés.

Les tentations sont grandes pour les élèves, mais pour un blogueur adulte, le procédé est, pour le moins, cavalier, il me semble. Je n'ai pas pu adresser de message à ce blogueur indélicat, son blog étant relié à un compte google, et je ne possède  pas de compte google.

Mais, puisque c'est un fervent admirateur de mes articles, peut-être viendra-t-il lire, aussi, ce petit billet ? Qu'il en tire leçon : le plagiat ne valorise guère celui qui s'en fait l'adepte, il est un signe de faiblesse, voire d'une certaine paresse intellectuelle.

Le plagiaire est un voleur : le mot vient d'un terme latin "plagium" qui désigne un vol d'esclave dans l'antiquité.

Le plagiaire s'approprie ce qui ne lui appartient pas, il dérobe la parole d'autrui, il commet un vol, sans courir trop de risques puisque, en la ciirconstance, il ne sera ni poursuivi ni puni.

C'est, au fond, un cambrioleur de bas étage, sans grande valeur, ni courage.
Aucune vergogne de la part de ce cambrioleur, aucune retenue !

Je veux, malgré tout, le remercier, car il m'a, néanmoins, offert l'occasion d'écrire cet article... bien que je ne l'invite nullement à la récidive, comme le disait Brassens dans une de ses savoureuses chansons : Stances à un cambrioleur.


"Ta moindre récidive abolirait le charme, 
Laisse moi je t'en prie, sur un bon souvenir.
Monte-en-l'air, mon ami, que mon bien te profite, 
Que Mercure te préserve de la prison, 
Et pas trop de remords, d'ailleurs, nous sommes quittes, 
Après tout ne te dois-je pas une chanson ? "

Evidemment, je ne tiens pas à ce que ce plagiaire vienne piller, de nouveau, mon blog, d'autant qu'il a pu laisser croire, en cette occasion, qu'il était un habitué du plagiat et... il risque d'être soupçonné d'avoir commis d'autres emprunts, quand bien même ce ne serait pas le cas.





https://youtu.be/aQBkeq6xq_Q


 


 

 

Photo : rosemar

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 15:38
Les privilèges des profs ?

 

 


Alors que l'enseignement connaît une grave crise de recrutement, certains ne prennent même pas conscience du problème : certains parlent encore des privilèges des enseignants !

Mais quels privilèges ? Si ces privilèges existaient, assisterait-on encore à une telle pénurie de candidats aux concours d'enseignements ?
Où sont ces privilèges ? Les vacances, bien sûr, devraient attirer bon nombre d'étudiants vers cette profession ! Ce n'est plus le cas, pourquoi ?

La transmission des savoirs, noble tâche devrait, aussi, motiver nombre de jeunes gens... Mais ce n'est pas non plus une motivation suffisante, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Pourquoi ce métier connaît-il une telle désaffection ?

Quelles en sont les raisons ?

Les enseignants se retrouvent face à des classes surchargées, difficiles à gérer, leurs charges de travail se sont alourdies, copies, devoirs communs qui se multiplient, leurs décisions et leurs notations sont, parfois, contestées et remises en cause par les parents....

Le passage d'un niveau à un autre est devenu quasiment automatique, et des élèves sont admis, souvent, dans une classe supérieure, sans avoir les connaissances requises.

La notion d'effort a été complètement dévalorisée, ces dernières années, la grammaire, l'orthographe ont été négligées...

Certains élèves arrivent en lycée, sans avoir les bases nécessaires pour s'intéresser aux cours, beaucoup sont démotivés, ne sont pas à leur place, n'ont manifestement pas envie d'apprendre, perturbent les cours. L'enseignant obligé de faire de la discipline use, parfois, toutes ses forces dans cette tâche...


Les parents, eux-mêmes, renoncent à prendre en charge l'éducation de leurs propres enfants, ne leur inculquent pas des notions élémentaires de politesse, d'ailleurs ces parents ne respectent pas, parfois, l'autorité de l'enseignant.

Plus de mille enseignants ont démissionné de leurs postes, l'année dernière. Pourquoi ? Où sont les privilèges ? En période d'incertitude et de chômage, des professeurs en viennent à abandonner leur travail !

"Ah ! Les profs sont des enfants gâtés, gavés de privilèges !"
Et certains, de comparer ce métier à leur propre travail et certains, de dire que leur profession est bien plus ardue que celle des enseignants ! Les français aiment bien, ainsi, procéder par comparaison !
"Mais arrêtez de geindre, vous les enseignants, les privilégiés de la République !"
"Vous avez des vacances, vous travaillez auprès de jeunes pleins de vie ! Profitez-en !" Voilà le discours habituel...

Le niveau des élèves baisse, mais c'est, bien sûr, encore la responsabilité des enseignants, "ces paresseux de la République"... mais si le niveau baisse, c'est parce que des réformes nombreuses ont été initiées et voulues par les ministères : quand on supprime les redoublements, il ne faut pas s'étonner du peu d'efforts fournis par certains élèves, quand on amenuise les programmes de grammaire, il ne faut pas se récrier devant le niveau des élèves en grammaire ou en orthographe !


 Au fond, selon certains, les enseignants n'auraient même pas le droit de contester et fustiger des réformes qui ont déjà anéanti l'éducation nationale, qui ont fait baisser le niveau, ils devraient se plier, sans cesse, aux décisions des ministères qui n'ont fait qu'aggraver la situation de l'éducation...

Ils n'auraient pas le droit de se plaindre, parce qu'ils bénéficient de vacances, comme si ces vacances n'étaient pas indispensables, pour récupérer de la fatigue physique et mentale à laquelle ils sont soumis.

Si les enseignants étaient "des privilégiés", comme certains osent encore l'affirmer, il est évident qu'on n'assisterait pas à une tel repli, devant les concours de l'enseignement...

Le problème est grave : que chacun essaie d'en prendre conscience... bientôt, on ne trouvera plus d'enseignants pour former et encadrer les jeunes générations.

L'enseignement est, pourtant, l'avenir d'une nation et les enseignants ont le souci de cet avenir : s'ils contestent des réformes, c'est parce qu'elles vont encore et toujours dans le même sens : un amoindrissement et une réduction des savoirs et programmes...


 

 

 

Les privilèges des profs ?
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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 16:32
Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...

 

 

 

Le jardin regorge, cette année, de papillons : ils virevoltent dans les allées, dansent des ballets, des arabesques ondoyantes qui n'en finissent pas...

Les blancs de neige côtoient la verdure luisante des buissons, ils posent, sur les feuilles, des éclats de flammes, des enluminures éblouissantes.

Des gris, bistrés d'ocres, dessinent des motifs en reliefs sur les tiges, ils se parent de pupilles sombres.

Le gris et le rouille se mêlent, les ailes si fragiles tourbillonnent dans une ronde ininterrompue...

L'air s'emplit de vols d'insectes, minuscules et légers... l'air, chargé de chaleur et de l'odeur tenace des pins, accompagne tous ces envols.

Finesse des ailes, chrysanline bordée de gris, un papillon se pose sur un bouquet de lilas roses.

Des éclats de noirs parsèment les ailes, giboulées de cendres sur des flammèches orangées.

Un papillon, immobile, figé laisse voir des teintes brunes, adoucies de lumières de lunes...

D'autres nous emportent dans des volutes virevoltantes, des envolées majestueuses, des enroulements d'ailes aériennes.


D'autres nous éblouissent de vertiges de rouges et de noirs entrevus, puis disparaissent, tels des éclairs de feux...








 

 

Photos : rosemar

Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...
Giboulées de cendres sur des flammèches orangées...
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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 17:23
Passion, mystères, aventures : Le tigre du Bengale...

 

 


J'ai revu, dernièrement, Le tigre du Bengale du réalisateur Fritz Lang, ainsi que le film suivant, Le tombeau hindou, des oeuvres inoubiables qui avaient marqué mon enfance : j'avais tremblé, alors, devant les nombreuses mésaventures vécues par ce jeune architecte, arrivé en Inde pour y superviser la construction d'un hôpital, sous les ordres d'un Maharadjah qui paraissait à la fois débonnaire et cruel...


J'avais frémi, en découvrant, dans les souterrains du palais, une horde de lépreux laissés à l'abandon, se précipitant à la poursuite du héros de l'histoire.

J'avais été éblouie par les décors somptueux de l'Inde et de ses palais, par la procession en l'honneur du Maharadjah, installé sur un éléphant caparaçonné de tissus soyeux.

J'avais admiré la danse de Seetha, la bayadère, aux mouvements ondoyants, accompagnés par une musique rythmée, envoûtante.

En revoyant ce film, j'avoue que le charme a, encore, opéré : ce beau livre d'images m'a, encore, emportée et fait rêver à une Inde mystérieuse et magique...

Les noms des personnages et des lieux aux sonorités exotiques, m'ont, encore, fait voyager vers des rives lointaines : Seetha, Asagara, Chandra, Eschnapur.

J'ai, encore, vibré devant les dangers bravés par les deux jeunes héros, Harald Berger (Henri Mercier, dans la version française) et Seetha.

J'ai  perçu mieux encore une société indienne où règnent les pires des injustices : face au luxe démesuré du palais de Chandra, on y voit des exclus, des malades, des réprouvés.

On est révolté par cette société de l'exclusion et de la démesure.

Tous les ingrédients du film d'aventures sont réunis : amour passionné, haine, jalousie exacerbée, désir de vengeance, poursuites dans le désert, cruauté, peur, angoisse...

Ce film nous donne, aussi, d'une certaine façon, une leçon de vie : le Maharadjah, devant l'amour qui unit les deux héros, finit par renoncer à sa vengeance et les laisse libres de repartir vers l'Europe.

On est sensible à l'humanité du personnage d'Asagara qui, malgré la soumission à son maître, essaie d'aider les personnages en difficulté.

On voit combien la cruauté, la jalousie humaines conduisent à des excès condamnnables : la violence des châtiments est terrible.

Sorti en 1959, ce film montre une sorte de fascination du réalisateur pour l'Inde et ses mystères. A travers le personnage de Seetha, la danseuse sacrée, Fritz Lang nous fait percevoir la présence d'un autre monde, mystique, caché... Le palais d’Eschnapur symbolise bien cet univers secret, avec ses dédales, ses souterrains, sa léproserie, lieu inquiétant et révélateur de la détresse humaine, de sa fragilité.

Les lépreux mis à l'écart, enfermés, laissés à l'abandon, rebut de l'humanité sont une démonstration de la cruauté et de la barbarie des hommes.

Le palais lui-même, dans sa richesse au luxe tapageur, peut évoquer le délire du Maharadjah, sa soif de puissance qui le conduit vers l'excès, l'envie de domination, et d'un pouvoir absolu.

Certaines scènes empreintes d'érotisme dont la célèbre danse du Cobra exécutée par Seetha laissent entrevoir toute la force du désir humain, 


Ainsi, ce film d'aventures, contrairement au apparences, n'est pas si anodin : il  contient de nombreux messages, il révèle les êtres humains que nous sommes, il montre les conflits qui régissent les rapports humains, la haine, la violence animale qui est en chacun de nous, bien représentée par le tigre du Bengale qui donne son titre au film


Le palais de Chandra ne symbolise-t-il, ainsi,  pas tous les replis de l'âme humaine ? Beauté, éclats, cruauté, misère, désarrois et fragilités...

 

 

 

 

 

 

 

 

Passion, mystères, aventures : Le tigre du Bengale...
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:03
Comme s'ils venaient au monde...

 

 

"La mer sans arrêt, Roulait ses galets... ", tout le monde connaît le début de cette célèbre chanson, interprétée et composée par Jean Ferrat, Deux enfants au soleil.

Poème d'amour et de liberté, ce texte mêle l'évocation de la mer à l'innocence de sentiments naissants qui réunissent deux adolescents... 
Dès les premiers mots, on croirait entendre le roulis des vagues sur la grève, grâce aux sonorités  réitérées de gutturale "r".

L'emploi du pronom "ils", au pluriel, dès le premier couplet, donne une valeur générale au texte, les personnages n'étant pas nommés, ni caractérisés.

Le regard des deux amoureux qui se découvrent est souligné, à deux reprises, par un imparfait à valeur durative et itérative : "Ils se regardaient".

Le décor marin, qui sert de cadre à cette rencontre, est suggéré par quelques détails :"l'odeur des pins, du sable et du thym", belle harmonie de senteurs qui enivre les sens.

Ces parfums envahissent la plage, comme le montre l'emploi inversé du verbe "baigner", dans l'expression :"l'odeur qui baignait la plage."

Le décor et les personnages en viennent à se confondre : "Ils se regardaient, comme s'ils buvaient l'eau de leurs visages", belle image qui restitue cette fusion des deux amoureux et de la nature.

On assiste, alors, à une sorte de renaissance liée à la rencontre : "c'était comme si tout recommençait..."

L'innocence des deux jeunes gens est mise en valeur par l'emploi du verbe "trembler" qui traduit une émotion intense, celle du "miracle de l'amour".

Le terme religieux "miraculeux" associé au nom "voyage", montre toute la force de cet amour.

La "nuit" survenue  saisit les deux personnages, et ils se laissent bercer par la mer... Le texte empreint de pudeur suggère, plus qu'il ne dit, et les deux amoureux se réveillent "comme s'ils venaient au monde Dans le premier matin du monde..."

Ces images, pleines de fraîcheur, soulignent une idée de renouveau et de renaissance, liée à l'amour.

Le refrain déroule, alors, à nouveau les galets de la plage et l'on voit les deux enfants "courir dans l'eau, les pieds nus", images de liberté et d'insouciance.

Des gestes tendres apparaissent : "ils se sont pris la main Et sans se défendre Sont tombés dans l'eau Comme deux oiseaux."

Cette comparaison avec deux oiseaux relie encore les deux personnages à la nature et ils semblent, ainsi, se fondre harmonieusement en elle...
Les sonorités de sifflantes "s" et de fricative "f", empreintes de douceur, suggèrent toute la tendresse et la simplicité de cette évocation.

"L'ombre des pins" semble, aussi, veiller sur les amoureux et les protéger.

Un baiser plein de fougue et de tendresse les réunit, dans ce décor idyllique, fait de liberté et de bonheur...

La mélodie tendre et lyrique s'amplifie avec l'évocation du renouveau et du "voyage miraculeux de l'amour."

Simplicité, bonheur des sens, harmonie, cette chanson de Jean Ferrat nous emmène dans un univers empli de pureté, d'innocence.

Ce poème restitue aussi une intimité : les deux amoureux sont comme isolés sur cette plage : le monde alentour disparaît ou se met à l'unisson des deux jeunes gens.


Les paroles de cette chanson, parue en 1961, ont été écrites par Claude Delécluse, parolière à qui on doit de nombeux textes interprétés par Jean Ferrat, Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Léo Ferré, Fabienne Thibault et Hugues Aufray.


 


 https://youtu.be/ydQfmmon3tA


 https://youtu.be/8RrRHdRg2a8


 


 

Photo : Christelle

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 16:53
Les oiseaux qui chuchotent : aimons !

 

 


"La terre cache l'or et montre les moissons ;
Elle met dans le flanc des fuyantes saisons
Le germe des saisons prochaines,
Dans l'azur, les oiseaux qui chuchotent : aimons !
Et les sources, au fond de l'ombre, et sur les monts
L'immense tremblement des chênes."


Dans cet hymne à la terre, Victor Hugo célèbre le chant des oiseaux, leur murmure léger qu'il assimile à un chuchotement, un message de paix et d'amour.

Les oiseaux ne sont-ils pas des symboles d'harmonie, ne représentent-ils pas le poète lui-même, par leurs chants mélodieux ?

 

On entend, dans l'azur, les oseaux chuchoter : aimons !...


Le verbe "chuchoter" plein de douceur, nous fait percevoir des sonorités redondantes de chuintantes légères... Les voyelles "u" et "o" se répondent en une harmonie subtile...

Forme d'onomatopée, ce mot imite un murmure délicat, à peine audible.
Le verbe implique une idée de discrétion, de mystère, de pudeur, parfois.

L'étymologie en est incertaine mais le mot vient d'un autre verbe "chucheter" qui est utilisé pour le cri du moineau.

Associé à un oiseau, ce terme nous fait percevoir des chants dans les ramilles, des bruissements légers, des trilles délicates.
Les arbres se peuplent de ces paroles variées, légèrement perceptibles, ils semblent les répercuter de branche en branche.

Venus du ciel, ces mots azuréens, ces envols de murmures nous bercent de douceur, de sérénité, de bonheurs simples et tranquilles.

Les oiseaux chuchotent : "Aimons !" écrit Victor Hugo, un doux message, des mots simples, une injonction, celle d'aimer...

Aimer la nature, ses bruits, ses murmures, ses harmonies diverses, aimer les êtres qui nous entourent...

Aimer le ciel, la terre si féconde, les arbres, les aurores, les crépuscules, les brins d'herbes, les roses et leurs parfums.

Le chuchotement des oiseaux nous invite à l'harmonie, la communion avec le monde, un accord.

Comment ne pas être sensible à la simplicité de ce verbe "chuchoter" ?

Le redoublement de la consonne "ch" nous incite à la pudeur, à la retenue, la mesure.

On chuchote dans les églises, dans des lieux solennels, on chuchote pour ne pas envahir les autres.

On chuchote, aussi, pour confier des secrets, et préserver une intimité.

Le secret nous attire, nous séduit, nous donne envie d'en percer les mystères, il nous ouvre la voie de la curiosité, de la découverte...

 

"Murmurer, chuchoter," deux verbes pleins de charme, qui, par leurs douces sonorités de labiales et de chuintantes répétées nous montrent une sorte de modération, de tempérance.

 

En un temps où certains se plaisent à hurler leur haine et leur mépris, où la poésie elle même devient suspecte, il est bon de célébrer une forme de pudeur et de retenue.

"Chut ! " dit-on souvent pour imposer aux autres la discrétion et le silence... une interjection aussi expressive que le verbe chuchoter !

"Chut !", le mot même dans sa briéveté invite à la discrétion, au calme, à la sérénité...

 

Chut ! 

 




 Le poème de Hugo :
 
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/la_terre_hymne.html




Photos : rosemar

Les oiseaux qui chuchotent : aimons !
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