Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 14:56
Les pigeons du Vieux Port...

 

 


Une photo d'autrefois, sur le Vieux Port de Marseille....

C'est le mois de Mai : en tenues légères, nous posons devant l'objectif, ma soeur, mon frère et moi....

Sur le fond, on perçoit les immeubles du port, avec leurs balcons de fer forgé, on voit quelques voitures garées : une 2 CV,  une dauphine... Toute une époque !

Tout autour de nous, la vie s'agite, des gens s'affairent et discutent, des inconnus qui passent.

Et nous sommes en arrêt, immobiles devant quelques pigeons, occupés à picorer, à nos pieds !

Tout un spectacle, ces pigeons pour les enfants que nous sommes ! 

Ils sont là, à portée de mains et nous offrent leurs plumages soyeux et bariolés.

Sourires aux lèvres, émerveillés de soleil, nous savourons cette scène...

Seul, mon frère a sa mine plus sérieuse de matamore : un peu à l'écart, il affiche un air impérieux et sûr de lui... Ma soeur d'une douzaine d'années, dans un geste protecteur, entoure mon visage de ses mains.

Sur le côté, la main droite dans la poche de son short, bien campé sur ses deux jambes, mon frère impose son minois de 5 ans, avec assurance... Pour ma part, éblouie de soleil, les yeux plissés, je souris légèrement, du haut de mes 3 ans.

La fratrie est réunie, pour une promenade sur le Vieux Port de Marseille : la mer toute proche nous enivre de bonheur, on sent des embruns marins, un air de liberté...

Devant nous, une dizaine de pigeons impassibles nous montrent leurs formes arrondies d'oiseaux familiers.

Le soleil rayonne, car on voit les ombres portées sur le bitume, le soleil enlumine les pigeons, fait ressortir leurs teintes contrastées de gris, de blancs, de noirs, leur plumage qui resplendit.

Des vagues se dessinent sur leurs plumages ombrés, des motifs ourlés, des embruns, des arrondis de brumes...

Les ombres portées redoublent les silhouettes des pigeons, et permettent de voir comme des éclats sur leurs plumages.

Nous-mêmes, nous sommes comme étourdis de soleil, les yeux émerveillés, étonnés de tout ce spectacle de la nature.

Les pigeons, le soleil, la mer toute proche, les bateaux du port, nos yeux n'en reviennent pas de tant de nouveautés et de bonheurs !

La photo en noir et blanc met en évidence un bonheur simple, ordinaire, des sourires esquissés, qui traduisent une sorte d'intériorité, de retenue.

Belle photo d'enfance ! Un joli moment qui révèle des caractères, des joies sereines...

Au dos de la photo, ma mère a écrit, de sa main appliquée, la date, le mois de Mai et le but de la promenade : "en allant à la Vierge de la Garde", un pélerinage que font souvent les Marseillais, maintenant encore.


 


 

Les pigeons du Vieux Port...
Les pigeons du Vieux Port...
Repost 0
6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 15:05
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...

 

 

 

Venu directement du grec, "sandalon", le mot "sandale" est très proche de son ancêtre hellénique...


Voilà un mot qui a traversé les siècles, resté proche du nom originel : on trouve ce terme dans les hymnes homériques, notamment dans l'hymne à Hermès : il désigne, dans ce texte, des sandales de bois fixées par des courroies.

Hermès, messager des dieux dans la mythologie grecque, possède des sandales ailées qui lui permettent de franchir les mers et les terres avec rapidité... Dans l'Odyssée, on le voit "nouer sous ses pieds ses divines sandales brodées de bel or".

Le terme utilisé par Homère est un autre mot "pédilon"qui désigne une semelle attachée sous le pied...

Le nom "sandalon" est employé, lui, dans les hymnes homériques, oeuvres moins connues.

Les Hymnes homériques sont, en fait, constitués d'une collection de trente-quatre courts poèmes épiques. 

 

Chacun des hymnes dédié à un dieu était destiné à être chanté par un aède en guise de prélude, avant de passer à une œuvre plus longue. Les Hymnes homériques varient par leur sujet, leur longueur, leur époque de rédaction, ils ont été écrits entre le VIIe s. av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère : un ensemble hétérogène, disparate, une compilation de poèmes variés.
L'épithète "homérique", qui leur est attribuée, n'est due qu'à leur mètre commun, l'hexamètre dactylique, qui est le vers par excellence de l'épopée.


En grec ancien, le mot "sandalon" est de genre neutre, comme de nombreux noms d'objets. Le français a perdu ce genre ancien, mais en conserve quelques résidus dans des mots comme : "cela, ça, ce, l'utile, l'agréable..."

Le mot devenu féminin, en français, traduit une délicatesse, une élégance, un raffinement.


Le nom "sandale" nous séduit par ses sonorités de sifflante "s", de dentale éclatante "d", par sa voyelle nasalisée "an" qui restitue et suggère une forme de légèreté...

La sandale dénudée laisse voir le pied, lui donne une sorte de liberté.

Les sandales se portent en été, elles offrent une respiration, un bonheur de pouvoir marcher dans des chaussures aérées, légères.

On oublie, alors, les carcans des chaussures fermées, on se libère des contraintes de l'hiver, on retrouve un confort oublié, une respiration nouvelle.

Les sandales prennent des formes diverses : élégantes, confortables, elles nous apportent  des possibilités infinies.

Souples, légères, colorées, les sandales sont un des bonheurs de l'été, une libération !

Spartiates, tongs, mules, nu-pieds, elles se déclinent en plusieurs modèles.

Les tongs connaissent, ainsi, un succès considérable, dans la mesure où le pied est complètement dénudé.

Les spartiates sont nommées ainsi, en raison de leur simplicité, car la ville grecque de Sparte était réputée pour ses moeurs austères.

Voilà un mot connu des grecs, "la sandale", qui désigne une réalité encore moderne : j'aime ce mot venu d'ailleurs, d'une autre époque, mais si actuel !

Ce mot nous parle du passé, du présent, il évoque la langue grecque à laquelle on doit tant de mots de notre vocabulaire !

Il nous ramène vers un passé mythique, rempli de dieux et de déesses, il nous fait remonter aux sources de notre langue, à nos origines...

Les grecs de l'époque homérique portaient déjà des sandales : ils nous ont légué le mot et cet objet pratique, aéré, qui nous donnerait presque des ailes !




 

 

 

Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
Des sandales qui nous donneraient presque des ailes...
Repost 0
5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 16:28
Le Grec, ce pelé, ce galeux...

 

 

 

Les clichés ont la vie dure : les grecs présentés comme des paresseux, des voleurs, des menteurs, des tricheurs... Qui peut le croire ?

Comment le peuple grec peut-il être, ainsi, vilipendé ? Accepteriez-vous de telles calomnies, si vous en étiez la cible ?

Après cinq années d'austérité, les grecs ont voté pour un nouveau parti, Syriza,  afin de  sortir de cette impasse qui les mène vers le désespoir, ils ont choisi une autre route.

L'Europe les a acculés vers un gouffre, un abîme de misères et de désarrois : ils ne sont pas les seuls à être accablés par ces diktats implacables d'un eurogroupe intransigeant : les espagnols subissent, de plein fouet, la crise et se tournent, eux aussi, vers d'autres voies : Podémos représente, pour eux, un espoir d'échapper à des mesures d'austérité qui les ont accablés, d'autant que le gouvernement de Mariano Rajoy baigne dans un océan de corruptions...

Les Grecs, plus que d'autres, ont souffert de cures d'austérité implacables : ce petit pays, de tradition agricole, se voit maintenant la cible de toutes les critiques.

Coupables de tous les maux, jugés responsables d'une dette impossible à acquitter, montrés du doigt, les grecs sur la sellette n'ont fait qu'essayer de sortir d'une impasse...

 

L'impasse, c'est l'Europe, telle qu'elle a été conçue : une Europe de la dette qui enrichit les banquiers et appauvrit le peuple.

Qui peut vouloir de cette Europe ?

Le grec, ce pelé, ce galeux, ce misérable doit être sacrifié sur l'autel de la dette : "Haro sur le baudet !", comme l'écrivait La Fontaine, dans sa célèbre fable, Les animaux malades de la peste.

La commission européenne souveraine a décidé que les Grecs étaient coupables et devaient être punis, comme l'âne de la fable...

Encore plus d'austérité et de misères ! Encore plus de détresses !

Peu importe, si le peuple souffre : n'est-il pas fait pour souffrir depuis la nuit des temps ?
Peu importe, si les injustices triomphent, il faut que les plus riches prospèrent et que les plus pauvres se soumettent...

Encore et toujours, la loi du plus fort ! Décidément le monde n'évolue guère...

"La raison du plus fort est toujours la meilleure", écrivait, aussi, La Fontaine...

Est-il possible de se rebeller contre cet ordre établi ? Est-il possible de lutter contre la commission européenne, de contester ses décisions ?

Est-il possible de consulter le peuple par un référendum ? Sacrilège !

Crime de lèse-majesté ! Les peuples sont là pour obéir et cette règle semble intangible !

L'Europe a sacrifié ses peuples, mais elle n'est pas coupable, elle a anéanti des vies, provoqué des suicides, des exils, mais elle n'est pas coupable...

Le Grec, lui, a tenté de survivre dans des conditions difficiles : coupes budgétaires, baisse des salaires, des pensions, restrictions.

Qu'il soit maudit, lui qui n'accepte pas l'austérité de la dette !


Qu'il soit maudit, ce pelé, ce galeux, ce misérable !



 

 

La fable de La Fontaine : Les animaux malades de la peste

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste.html

 

 

 

Le Grec, ce pelé, ce galeux...
Repost 0
4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 15:50
Candeurs de cygne...

 

 

Deux cygnes, diaprés de lumières, glissent sur l'onde, sillonnent les replis obscurs, de leur majesté sereine et  impérieuse...


Des rondeurs et des douceurs de plumes s'ébrouent dans l'eau... le cygne blanc sur les flots sombres et vineux, resplendit de candeurs.

Le soleil éclaire la scène, se réflète dans l'eau, il redouble, de ses éclats, la candeur de l'oiseau : double soleil sur les ondes, double splendeur !

L'eau, aux algues profondes, se plisse, et ondoie, sous les mouvements somptueux de l'oiseau.

L'eau frémit sous le vent, se froisse, aussi, sous les emportements de l'air...

L'eau se nuance de teintes de verts, de bruns, de bleu, de rose doré...

Les moires infinies de l'eau reflètent la candeur de l'oiseau, miroir de l'onde qui dessine à nouveau l'animal, sous les flots...

Double candeur, encore !

Deux oisillons se pressent autour des grands cygnes, promesses de l'aube, annonces de renouveau et de beautés, encore...

Deux oisillons suivent les cygnes, promesses de grâce et de splendeurs...


 


 

Photos : rosemar

Candeurs de cygne...
Candeurs de cygne...
Repost 0
Published by rosemar - dans nature poésie
commenter cet article
3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 15:07
Tant je t'aime que j'en tremble...

 

 



Comment ne pas être sensible à la simplicité d'une chanson d'amour ? Ce texte d'Aragon mis en musique par Jean Ferrat nous est si familier, il évoque l'évidence et la limpidité d'un amour sans fin...

La chanson s'ouvre sur l'évocation de la succession des jours et du temps, avec une énumération "dimanche ou lundi, soir ou matin, minuit, midi", les jours, les heures s'écoulent, des moments de bonheurs, d'harmonie, mais aussi de douleurs et de souffrance, comme le suggère l'antithèse : "Dans l'enfer ou le paradis..."

L'expression au pluriel "les amours aux amours ressemblent" donne une valeur universelle à ce poème, et le mot "amours" réitéré prend ici un relief particulier, gâce à l'inversion.

L'alternance, présent, imparfait, futur traduit bien la fuite du temps mais l'amour reste inaltérable, malgré ce déferlement des jours... "c'était hier et c'est demain, nous dormirons..."

La phrase qui sert de titre à la chanson, "Nous dormirons ensemble" traduit dans sa simplicité une certitude, grâce à l'emploi du futur, certitude d'un amour éternel, certitude, aussi, d'un amour partagé puisque le poète fait appel à la première personne du pluriel "nous", qui réunit les deux amoureux.

Les adverbes de temps "hier, demain" soulignent ce caractère intangible des sentiments qui animent le poète et sa compagne.

La jeune femme comparée à un "chemin" devient une sorte de guide unique, comme si l'amour remplissait toute la vie.

On perçoit une confiance absolue dans ce vers : "J'ai mis mon coeur entre tes mains..."

La belle expression "aller l'amble" restitue une harmonie de deux coeurs qui vont à l'unisson et qui ne peuvent se séparer.

L'absolu de cet amour se traduit par les mots très forts : " Tout ce qu'il a de temps humain, Nous dormirons ensemble".

Le ciel assimilé à un "drap" devient le décor qui embellit cet amour : "Le ciel est sur nous comme un drap." Le geste, plein de tendresse, "J'ai refermé mes bras sur toi" montre une volonté de garder et préserver cet amour, de le protéger.

L'amour est si fort qu'il se manifeste par des émotions intenses, qui se traduisent physiquement, comme le montre le verbe "trembler".

L'adverbe d'intensité "tant" souligne la violence des sentiments éprouvés et la volonté de les partager, en accord avec l'être que l'on aime, sans contraintes.

Ce texte empreint de lyrisme et d'émotion, faisant alterner première et deuxième personne, se présente comme une déclaration d'amour et une confidence.

La mélodie emplie de tendresse et d'émotion traduit une sorte d'harmonie immuable... Les sonorités de sifflante et de labiales soulignent cette impression de douceur, de bonheur partagé...

La simplicité des mots, le thème de la fuite du temps, la valeur universelle de ce texte parlent à chacun d'entre nous...
 


 https://youtu.be/Ejvg0hDhYkQ



Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon



 





Photo : rosemar

Repost 0
2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 14:36
Imposer au peuple grec une retraite à 67 ans, une honte !

 

 

La mode est au recul de l'âge de la retraite : elle est passée de 60 ans à 62 ans, en France et bientôt, ce sera probablement 65 puis 67 ans... Il paraît, d'après les statistiques, que les gens vivent plus longtemps, oui, mais dans quel état de santé ?

De plus, si l'on fait travailler les gens jusqu'à cet âge avancé, il n'est pas douteux que leur santé va connaître des pathologies encore plus lourdes...

Autant dire aux salariés : vous êtes condamnés à travailler jusqu'à épuisement des forces, et ainsi, seront résolus les problèmes liés aux retraites...

Le recul de l'âge de la retraite à 67 ans, c'est ce qu'exige l'eurogroupe pour les grecs : dans un pays qui connaît un chômage galopant, est-il raisonnable d'envisager de telles solutions ?

Les dirigeants européens semblent ne plus avoir le sens des réalités : l'austérité passe par des mesures totalement aberrantes qui asphyxient les peuples et les réduisent à néant...

A n'en pas douter, le plan proposé aux grecs va aggraver, à nouveau, la situation de ce pays : aucune croissance, aucun véritable rééquilibrage financier, aucune réduction de la dette.


L'Europe et ses technocrates sont-ils encore crédibles ? Les solutions proposées, jusqu'à présent, n'ont fait qu'amplifier et alourdir les difficultés de la Grèce.

L'intransigeance figée de l'Eurogroupe ressemble de plus en plus à un déni de réalité et à un mépris des peuples.

Qui peut être accusé de vol, de tricherie, et de mensonges ? Sûrement pas le peuple grec, mais assurément tous ces technocrates européens qui se gavent de privilèges et qui acculent les petits salariés à la misère et au désespoir !

Honte à ces dirigeants européens ! On devrait leur imposer à eux, une vraie cure d'austérité : baisse des salaires, recul de l'âge de la retraite, augmentation d'impôts...

Pourquoi les cures d'austérité seraient-elles réservées aux pauvres ?

L'Europe et ses dirigeants dépensent des sommes d'argent colossales pour toutes sortes de réunions, de congrès.

Et dans tous les pays, c'est l'austérité pour les plus pauvres qui est appliquée.

Comment ne pas se révolter contre tant d'injustices et d'incohérences ?

On ne peut que le constater : l'Europe est dirigée par des incapables, sûrs de leurs privilèges, ils n'hésitent pas, dans un renversement des rôles, à accuser les grecs de tous les maux et ne voient même plus leur propre incompétence pleine d'auto-suffisance...

Les grecs ont fait des concessions mutiples, jusqu' à accepter un report progressif de l'âge de la retraite à 67 ans : il vaut mieux, sans doute, qu'ils sortent de l'euro pour éviter le pire, et pour échapper à toutes sortes de mesures qui écrasent les pauvres gens.

Oui, il vaut mieux que les peuples échappent à ce  piège infernal d'une austérité grandissante qui n'aura jamais de fin...



 

Sept économistes se déclarent en faveur de la Grèce :

 

http://www.liberation.fr/monde/2015/06/05/des-economistes-se-declarent-en-faveur-de-la-grece_1323765?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

 

 

Ce n'est pas la Grèce qui est déraisonnable :

http://trends.levif.be/economie/politique-economique/ce-n-est-pas-la-grece-qui-est-deraisonnable-ce-sont-les-creanciers/article-normal-401169.html?utm_source=Newsletter-18/06/2015&utm_medi

 

 

http://www.reporterre.net/spip.php?page=redirect&id_article=2995

 

 

 

 

 

 

 

Imposer au peuple grec une retraite à 67 ans, une honte !
Repost 0
1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:55
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...

 

 



« J'ai un pressentiment que nous trouverons dans la vallée de Biban-el-Molouk une tombe inviolée, disait à un jeune Anglais de haute mine un personnage beaucoup plus humble, en essuyant d'un gros mouchoir à carreaux bleus son front chauve où perlaient des gouttes de sueur, comme s'il eût été modelé en argile poreuse et rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette de Thèbes.

- Qu'Osiris vous entende, répondit au docteur allemand le jeune lord : c'est une invocation qu'on peut se permettre en face de l'ancienne Diospolis magna ; mais bien des fois déjà nous avons été déçus ; les chercheurs de trésors nous ont toujours devancés."

Tels sont les premiers mots de l'oeuvre de Théophile Gautier, Le roman de la momie. Un des deux personnages transpire abondamment et son visage qui laisse perler de la sueur est comparé à une "gargoulette".


Le mot "gargoulette" rayonne de sonorités du sud : ce récipient poreux en terre cuite est utilisé pour conserver l'eau fraîche, dans les régions du sud, notamment dans le midi de la France.

Avec ses consonnes gutturales redondantes, "g" et "r", ce mot nous fait entendre un bruit d'eau qui s'écoule.

Le son "ou" prolonge ce bruissement d'eau, la finale de diminutif "-ette" donne un air sympathique à ce vase.

Le bec étroit de la gargoulette permet de diriger le jet directement vers le fond de la gorge, tout en maintenant le bec à distance de la bouche. De là vient l'expression "boire à la gargoulette", synonyme de "boire à la régalade". Il n'est pas facile de boire à la gargoulette et cela demande une technique particulière mais on perçoit dans ces expressions tout un bonheur de s'abreuver et de goûter une eau fraîche.

La gargoulette évoque des images du sud, des paysages incendiés de soleil, une eau apaisante au coeur de l'été, un plaisir de boire à l'ancienne, comme on le faisait autrefois avec des récipients rustiques de terre cuite.

La gargoulette suggère des sources limpides, où l'on puise l'eau pour s'abreuver en été, elle nous fait voir des formes élégantes, une matière naturelle, aux couleurs de terre cuite...

La base pansue s'épanouit, les anses se déroulent voluptueusement autour du vase et l'encerclent de formes pleines de douceurs et d'harmonie.

 

La gargoulette ressemble à un objet d'art, aux teintes vernissées ou mates...

Ce mot fait "gargouiller" l'eau, il nous éblouit par son expressivité, ses sonorités du sud, ses éclats de voyelles.

D'ailleurs, ce mot provient, sans doute, de l’occitan "gargoleta, le cruchon" ou de l'ancien français "garoule, gargouille" et peut-être, plus anciennement, du grec "γαργαρίζειν, gargarízein, se gargariser", il serait apparenté au latin "gula, gosier, gorge".

La "gargoulette" possède bien un "gosier", par lequel s'écoule l'eau.

Objet anthropomorphe, la gargoulette nous séduit par ses formes, son utilisation, sa beauté d'oeuvre d'art.

Ce mot, aux origines lointaines nous fait entendre la langue originelle, le grec, langue du sud aux sonorités familières et étranges, à la fois.

La gargoulette nous fait goûter la langue et l'accent du sud, celui de Pagnol, de Giono qui décrivent la Provence, la racontent, et soulignent la beauté et la rudesse de ses paysages.

La gargoulette nous fait voir la garrigue, des senteurs du sud, du thym qui serpente sur les chemins, qui exalte les collines et enivre les promeneurs.

Elle dessine des ciels bleus, balayés par le mistral, des envolées de nuages qui se dispersent soudain, une source qui bruisse dans la campagne, des parfums de menthe, de romarins...



 

 

 

 

 

Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
Repost 0
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 15:34
Une dictée facile pour le brevet des collèges...

 

 


L'orthographe n'a plus la cote, ce que démontre, une fois de plus, l'épreuve de la dictée du brevet des collèges : notée seulement sur 6 points pour l'ensemble de l'épreuve de français, cette dictée ne présentait pas de difficultés majeures...

De plus, le texte court et simple ne contenait aucun piège.

Rappelons le principe de l'épreuve : l'extrait est d'abord lu intégralement, puis dicté aux élèves, avec toutes les liaisons et la ponctuation, il est, enfin, relu une dernière fois.


En voici le texte, un extrait de l'oeuvre intitulée Désert de J M G Le Clézio, 

"Il n’y avait rien d’autre sur la terre, rien, ni personne. Ils étaient nés du désert, aucun autre chemin ne pouvait les conduire. Ils ne disaient rien. Ils ne voulaient rien. Le vent passait sur eux, à travers eux, comme s’il n’y avait personne sur les dunes. Ils marchaient depuis la première aube, sans s’arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. La faim les rongeait. Ils n’auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le le désert, pleins de lumière quand le soleil brûle au centre du ciel vide."

Le mot "gangue", plus difficile, était donné, préalablement, aux élèves et devait être écrit au tableau.

Pour le reste, on peut le constater : ce texte bref ne contient aucun accord complexe : par exemple, aucun accord du participe passé employé  avec l'auxiliaire avoir, quand un cod est placé avant le verbe.
Les accords sont, pour la plupart, évidents. Les mots employés sont d'un usage courant, accessibles à tous.

Le barême appliqué montre, aussi, une forme de mépris pour l'orthographe : 6 points seulement !
Il n'est pas étonnant de voir arriver, en lycée, des élèves qui font d'énormes fautes d'accord ou d'usage : on ne les a pas formés pour qu'ils puissent prêter attention à l'orthographe, si bien que certains écrivent phonétiquement des mots pourtant simples...

Depuis des années, l'exercice de la dictée a été sacrifié et malmené : dictées préparées à l'avance, dictées partielles à trous, leçons d'orthographe méprisées.

Quel dommage ! Certains élèves se retrouvent sur les bancs du lycée, avec des lacunes énormes, qu'ils ont, ensuite, les plus grandes difficultés à combler.

D'ailleurs, on en vient à donner des cours de rattrapage et d'orthographe dans certaines universités, car nombre d'étudiants se retrouvent démunis face à ces manques.

Ne serait-il pas plus judicieux de remettre l'orthographe à l'honneur, dès l'école primaire et le collège, de consolider les connaissances des élèves en grammaire, dès le plus jeune âge ?

Non, l'orthographe n'est pas la science des ânes ! Elle révèle tout le passé de notre langue, elle est une preuve de rigueur, elle clarifie la pensée et la réflexion : un texte mal orthographié est souvent incompréhensible ou difficile à déchiffrer !

Revenons aux fondamentaux que sont l'orthographe et le grammaire, donnons aux élèves des bases solides pour  qu'ils aient la posssibilité de s'exprimer et de réfléchir avec rigueur.

L'exercice de la dictée doit retrouver une place de choix, dans l'enseignement primaire et dans les collèges.... L'orthographe doit être enseignée comme une discipline à part entière.

L'orthographe est esentielle parce qu'elle se rattache à l'étymologie des mots, à leur histoire, à leur sens originel, souvent précieux et oublié...

 

 

 

 

 

 

 

 

Une dictée facile pour le brevet des collèges...
Repost 0
29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 16:06
La défaite de l'Europe...

 

 

 

La Grèce mise au pied du mur, la Grèce sommée, encore et toujours, d'appliquer des plans d'austérité qui ont été catastrophiques pour le pays, la Grèce sacrifiée au nom d'une rigidité intransigeante, la Grèce va probablement quitter la zone euro.

Le premier ministre acculé par l'eurogroupe a pris la décision d'organiser un référendum : le peuple grec devra décider s'il accepte le énième plan d'austérité concocté par les brillants technocrates de l'euro-groupe.

On peut parler d'une véritable défaite de l'Europe qui ressemble, de plus en plus, à un véritable château de cartes, comme je le disais dans un article précédent.

L'Europe a échoué, car elle est devenue un système technocratique, figé sur ses positions, incapable de tenir compte des difficultés rencontrées par les peuples.

Bien que de nombreuses voix se soient élevées, maintes fois, pour dénoncer cette politique de l'austérité qui anéantit les travailleurs, les retraités, qui les pousse au désespoir, les dirigeants européens restent aveugles et sourds face à la détresse des grecs.

Le référendum annoncé par Alexis Tsipras a mis un coup d'arrêt aux négociations entre la Grèce et ses partenaires.

Le référendum n'est-il pas la "bête noire" de l'Europe ? 

Consulter les peuples ? A quoi bon ? D'autant que ces consultations ont abouti parfois à des annulations pures et simples...

L'Europe n'aime pas les référendums, une façon de mépriser la démocratie, et les désirs des peuples, une façon d'annihiler leurs volontés.

L'Europe décide pour les peuples, faisant fi de leur bonheur : que de temps perdu à accabler les grecs de plans d'austérité pour en arriver à ce résultat !

L'Europe a échoué, car le FMI, l'eurogroupe semblent porter des oeillères : partout les politiques d'austérité ont créé du chômage, ont appauvri les gens les plus humbles, ont entraîné des drames humains...

L'Espagne, l'Italie, le Portugal, la France connaissent des difficultés : l'avenir est incertain, inquiétant.

Qui peut encore vouloir de cette Europe du désespoir et de la misère ?

A quoi sert d'appauvrir encore et toujours le peuple grec ?

A quoi sert de poursuivre obstinément une politique qui a échoué ?

L'Europe gouvernée par des banquiers, très éloignés des préoccupations des gens simples, a perdu toute crédibilité.

Fondée sur le règne de l'argent, l'Europe n'est plus viable car elle ne correspond plus aux aspirations des peuples.

Loin du rêve initial, loin d'une Europe de la justice et du partage, elle est devenue une terre de désunion et de rejet...


 

Un article sur le système des retraites en Grèce : ( les retraites ont constitué la pierre d'achoppement des négociations...)

 

http://www.europe1.fr/economie/grece-le-systeme-de-retraites-est-il-si-genereux-que-ca-1358194

 

 

La défaite de l'Europe...
Repost 0
28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 16:52
Uberpop, le modèle américain...

 

 

Nous le savons tous : internet, c'est, à la fois, le meilleur et le pire. Le meilleur, parce que c'est un magnifique outil de communication et de transmission des connaissances, le pire, parce que, chaque jour, naissent de nouveaux sites et systèmes dangereux. 

L'application Uberpop qui déboule en France bouleverse toutes les régles liées au monde du travail. Peut-on admettre que tout un chacun puisse s'improviser chauffeur de taxi, via une application sur internet ?


Et pourquoi pas hôtelier, professeur, loueur d'emplacement de campings, maçon ?

 Aux Etats Unis, le règne d'Uber s'est imposé : voulons-nous, aussi, de ce modèle chez nous ?

Uber, le libéralisme à outrance,  l'absence de lois dans le monde du travail, l'anarchie, pouvons-nous adhérer à un tel système ? Uber, c'est une forme de superlatif qui s'empare de l'économie, qui dérégule, qui anéantit certaines professions...

Voulons nous être tous "ubérisés" ? Désormais, grâce à internet, tout métier risque de l'être : les chauffeurs de taxis qui ont payé chèrement leur licence sont menacés, mais tous les métiers peuvent être concernés.

Tout un chacun peut se dire et s'improviser hôtelier, bricoleur, loueur et se faire rémunérer.

C'est ce que l'on appelle une forme de libéralisme sauvage qui a cours aux Etats-Unis.

Pour ma part, je suis française et je tiens à le rester : dans une société organisée, des lois doivent s'imposer, le travail doit être réglementé, les droits des travailleurs doivent être préservés et protégés.

Certains s'insurgent contre les abus auxquels se livrent des chauffeurs de taxis : c'est exact, ces abus peuvent exister mais nous avons, tous, rencontré, aussi, des chauffeurs de taxis sympas qui font correctement leur travail.

Certes, le système Uberpop offre la possibilité à des gens ayant peu de ressources, d'arrondir leur fin de mois,  car leur salaire ne leur permet pas de vivre correctement.

Mais, en fait, il faut en prendre conscience : la crise, l'austérité, le libéralisme effréné font le lit de ce genre d'application.

Quand le libéralisme s'applique à faire baisser les salaires, à exploiter les salariés, les gens essaient de trouver des solutions, en accomplissant de petits boulots supplémentaires.

Le système est, ainsi, complètement perverti.

Il est normal que les chauffeurs de taxis défendent leurs droits du travail et leur combat est juste, même s'il faut condamner les violences commises par certains d'entre eux, ces derniers jours.


Il faut refuser le système Uber, venu des Etats-Unis, un système ultra-libéral, où tout est possible, où les travailleurs ne sont plus protégés dans leurs droits essentiels.

Aux Etats-Unis, il est déjà facile d'acheter une batterie susceptible de stocker l'électricité afin d'emmagasiner cette énergie lorsque celle-ci est bon marché, au tarif heures creuses... puis chaque particulier peut la revendre !

On le voit : Uber bouleverse, ainsi, toutes les lois du travail et conduit à une marchandisation de l'économie.

Restons français, défendons des droits acquis par de longues luttes !

Défendons le modèle français et ne nous laissons pas envahir par un capitalisme outrancier et débridé, où tout se vend et s'achète, sans aucune règle...



 

 

Uberpop, le modèle américain...
Repost 0

Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Http://fatizo.over-Blog.com/