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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 16:42
Dom Juan, le combat de Molière...

 


 

 

Dom Juan, personnage de séducteur n' a pas été inventé par Molière : celui-ci suit une tradition littéraire. Dom Juan est né en Espagne, en 1630, sous la plume d'un moine : Tirso de Molina.


Dans la pièce espagnole, Dom Juan,  vil séducteur, arrogant, plein de morgue, est puni à la fin de la pièce, et meurt, sous la vindicte divine, aprés s'être repenti... La pièce de Tirso de Molina a, donc, un but moralisateur : le libertin, celui qui s'affranchit de la foi et de la morale religieuse, est condamné irrémédiablement. Le moine Tirso de Molina oeuvre pour l'église et en défend les valeurs...


La pièce de Molière, elle, est plus ambiguë : certes, on retrouve le personnage de séducteur qui trompe les femmes sans vergogne, se moque d'elles : Dom Juan abandonne Done Elvire après l'avoir épousée, il séduit,  tour à tour, deux jeunes paysannes, Mathurine et Charlotte, leur promet le mariage et abuse de leur crédulité, il leur fait, même, croire qu'elles peuvent échapper à leur misérable condition de paysannes... 


Pourtant, Dom Juan fait preuve d'un certain courage : à la fin de la pièce, il affronte son destin, la mort, la vengeance divine, avec une audace, une détermination hors du commun : confronté à la présence divine, au surnaturel, il reste fidèle à lui-même, et refuse de se repentir.


Personnage sulfureux, cruel, séduisant, Dom Juan sait manier les mots, le discours qui lui sert à tromper, et il sait, à l'occasion, se faire poète dans ses propos sur le plaisir de la conquête...

Le héros de la pièce incarne une forme d'indépendance, refusant les conventions et les croyances de son temps. 

Quelles sont, donc, les intentions de Molière dans cette pièce ? Paradoxalement, alors que Molière met en scène un héros libertin, féroce, avide de plaisirs et de libertés, Dom Juan est avant tout une pièce de combat contre le fanatisme religieux qui triomphe au 17ème siècle.


Il ne faut pas oublier que la pièce a été écrite, juste après l'interdiction d'une autre pièce de Molière : Tartuffe. Les autorités religieuses sont intervenues, pour censurer cette oeuvre qui mettait en scène un faux dévot dangereux, ridicule et grotesque. Evoquer le thème religieux dans une comédie, voilà qui n'était pas du goût de certaines compagnies religieuses, notamment de la fameuse compagnie du Saint Sacrement !


Après l'interdiction de Tartuffe, Molière, directeur d'une troupe de théâtre, écrit immédiatement une autre pièce, pour occuper la scène et faire vivre ses acteurs : Dom Juan.

Dès lors, on ne s'étonnera pas de voir Molière s'attaquer à la religion, à ses représentants, surtout. Son but est de dénoncer le fanatisme religieux dont il vient d'être, lui-même, la victime.

Il faut, bien sûr, se livrer à cette critique avec une certaine subtilité, pour échapper à la censure. Ainsi, la pièce s'ouvre curieusement sur un éloge du tabac prononcé par Sganarelle, le valet de Dom Juan. Or le tabac était, à l'époque, interdit par l'église et les autorités religieuses. Molière, avec cet éloge amusant, défie le monde religieux, tout en le ménageant, car l'éloge est, aussi, quelque peu ridicule.


Par ailleurs, Molière revient sur le thème de l'hypocrisie religieuse qu'il a déjà voulu dénoncer dans Tartuffe : en effet, le personnage de Dom Juan feint, à l'acte V, une conversion religieuse, afin d'échapper aux reproches de son père et de la société : il s'agit, là, d'une tactique. Molière montre, ainsi, que les dévots ne sont, parfois, que des libertins déguisés, et qu'ils prennent le masque de la religion, pour commettre les pires méfaits... d'ailleurs, l'actualité révèle encore, hélas, que sous couvert de la religion, certains se livrent aux pires perversions...


Ainsi, curieusement, tout en peignant un libertin, un séducteur sans foi, ni loi, Molière dénonce la religion qui détient tant de pouvoirs en son temps, même celui de censurer ses pièces, même celui de se livrer aux pires excès, sous le manteau de la religion.

Le personnage de Sganarelle qui défend la religion face à son maître, fait preuve d'une piété quelque peu ridicule : ainsi, il met sur le même plan, la religion et les superstitions, comme le "loup garou"...

Certes, Dom Juan est puni, à la fin de la pièce, dans une mise en scène très spectaculaire, il est englouti dans les feux de l'enfer, dans une atmosphère d'apocalypse : tonnerre, foudre, éclairs... Mais il reste indompable, refuse de se repentir, et la pièce s'achève dans le rire, avec l'intervention finale de Sganarelle, le valet de Dom Juan qui se contente de regretter ses gages, alors que son maître vient de mourir. Le rire dénonciateur l'emporte, à la fin de la pièce.


Certains passages de Dom Juan furent censurés, coupés et interdits, dès les premières représentations. La pièce, elle-même, ne fut pas jouée très longtemps. Plusieurs scènes furent, à l'époque, jugées scandaleuses, notamment, l'éloge de l'inconstance prononcé par Dom Juan, propos subversifs par lesquels le personnage inverse les valeurs traditionnelles, ou encore la scène du pauvre placée au coeur même de la pièce : Dom Juan s'amuse à séduire un pauvre hère, essaie de le contraindre au blasphème, en lui proposant un louis d'or : le blasphème était un péché puni de mort au 17ème siècle...

Dom Juan se heurte, alors, à l'intransigeance du pauvre homme, à sa foi sincère car le vieil homme refuse de blasphémer.... Dom Juan apparaît, ici, comme un être diabolique, dans sa tentative de corrompre cet ermite et dans son désir de le séparer de Dieu.

La pièce a aussi le mérite de mettre en évidence les inégalités  qui divisent la société du 17 ème siècle : d'un côté, un libertin qui fait partie de la caste des nobles, qui s'amuse à séduire de jeunes femmes, de l'autre, des paysans et des paysannes qui parlent patois, qui se laissent facilement abuser par ce "grand seigneur, méchant homme."

Le personnage du pauvre ermite qui intervient, au coeur de la pièce, nous montre, aussi, toute la misère du petit peuple, et ce pauvre, malgré son désarroi, sait rester digne, car il refuse de blasphémer, face à la tentation du louis d'or que lui propose Dom Juan.

Au passage, Molière se livre, aussi, à une satire de la médecine de son temps, un thème récurrent dans son oeuvre... Sganarelle déguisé en médecin, faisant l'éloge de la médecine, la présente, en fait, comme une escroquerie, elle devient une sorte de "croyance", au même titre que la religion, et il suffit de porter un habit de médecin pour acquérir de la considération auprès des malades.


En tout cas, cette pièce pleine de subtilités, mélange de tragédie et de comédie, est bien une oeuvre de dénonciation et de combat : elle reste, hélas, plus que jamais d'actualité ! Le fanatisme religieux qui s'érige en censure est condamnable.

L'apparence de religion ou de bonté dont se couvrent certains pour commettre les pires actions doit être dénoncée. Les inégalités sont, encore, présentes dans notre monde et elles ont, même, tendance à s'aggraver, avec la crise et ses conséquences.

Ainsi, cette pièce qui dénonce des excès de toutes sortes, ceux de la religion, ceux des grands de ce monde, reste d'une grande modernité...




 

 

La tirade sur l'inconstance :

 



DON JUAN. - Quoi ? tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n'est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable ; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

 

La tirade sur l'hypocrisie : 

Dom Juan à Sganarelle :

Il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure et chacun a la liberté de les attaquer hautement, mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un, se les jette tous sur les bras ; et ceux que l’on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés, ceux là, dis-je, sont toujours les dupes des autres ; ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers, et appuient aveuglément les singes de leurs actions. Combien crois-tu que j’en connaisse qui, par ce stratagème, ont rhabillé adroitement les désordres de leur jeunesse, qui se sont fait un bouclier du manteau de la religion, et, sous cet habit respecté, ont la permission d’être les plus méchants hommes du monde ? On a beau savoir leurs intrigues et les connaître pour ce qu’ils sont, ils ne laissent pas pour cela d’être en crédit parmi les gens ; et quelque baissement de tête, un soupir mortifié, et deux roulements d’yeux rajustent dans le monde tout ce qu’ils peuvent faire. C’est sous cet abri favorable que je veux me sauver, et mettre en sûreté mes affaires. Je ne quitterai point mes douces habitudes ; mais j’aurai soin de me cacher et me divertirai à petit bruit. Que si je viens à être découvert, je verrai, sans me remuer, prendre mes intérêts à toute la cabale, et je serai défendu par elle envers et contre tous. Enfin c’est là le vrai moyen de faire impunément tout ce que je voudrai. Je m’érigerai en censeur des actions d’autrui, jugerai mal de tout le monde, et n’aurai bonne opinion que de moi. Dès qu’une fois on m’aura choqué tant soit peu, je ne pardonnerai jamais et garderai tout doucement une haine irréconciliable. Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel, et, sous ce prétexte commode, je pousserai mes ennemis, je les accuserai d’impiété, et saurai déchaîner contre eux des zélés indiscrets, qui, sans connaissance de cause, crieront en public contre eux, qui les accableront d’injures, et les damneront hautement de leur autorité privée. C’est ainsi qu’il faut profiter des faiblesses des hommes, et qu’un sage esprit s’accommode aux vices de son siècle.


Extrait de la scène 2 de l'acte V de Dom Juan - Molière

 

 

 

 

Dom Juan, le combat de Molière...
Dom Juan, le combat de Molière...
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 16:15
Emmanuel Todd ose comparer Valls à Pétain...

 


Ls mots dépassent, parfois, la pensée, mais quand on s'exprime devant des médias, il faut, tout de même, réfléchir à la portée des propos que l'on tient...

Sur BFM TV, Emmanuel Todd a étrillé le Premier ministre, qu'il juge"vraiment bête", et dont l'optimisme évoque, pour lui, celui "du maréchal Pétain" ! Ces propos féroces, sans nuance dénotent une haine virulente contre le pouvoir en place. Emmanuel Todd dénonce, souvent, à juste titre une politique libérale qui aggrave les inégalités.

Mais, quand l'argumentation passe par l'insulte, le dénigrement ou des comparaisons plus qu'approximatives, elle n'a plus grande valeur.

Les propos d'Emmanuel Todd frisent le ridicule, tant ils sont excessifs et inappropriés.

"Seul, un premier ministre désoeuvré peut perdre son temps à faire faire des notes par des collaborateurs... pour moi, ça indique soit qu'il na pas lu mon livre, soit qu'il est vraiment bête, les deux ne s'excluent pas, d'ailleurs... Nous avons un premier ministre optimiste, le taux de chômage est à 10 %, il augmente. L'islamophobie se répand, pour moi, l'optimisme de Manuel Valls, c'est l'optimisme du maréchal Pétain", a-t-il déclaré...

On voit que le sociologue a, tout de même, tendance à tout mélanger, le problème du chômage n'a aucun rapport avec les manifestations du 11 janvier, ce sont, là, de curieux amalgames.

Il apparaît, aussi, normal que Manuel Valls ait commenté l'ouvrage polémique d'Emmanuel Todd, dans la mesure où le sociologue présente les manifestations du 11 janvier comme une imposture.

Si de nombreux français sont descendus dans la rue, le 11 janvier, c'était, d'abord, pour manifester leur soutien aux familles des victimes, qui n'étaient pas tous des journalistes. L'émotion a été grande, partout en France et, moi-même, quand j'ai appris les attentats meurtriers contre Charlie Hebdo, j'étais submergée par une forme de désarroi et par une immense tristesse.


Non, on ne peut pas affirmer que les manifestations du 11 janvier étaient dirigées contre les musulmans... ce mouvement visait tous les intégrismes et les fanatismes, et était, surtout, une révolte contre l'ignominie des assassinats perpétrés par des terroristes...


Ces victimes ne méritaient-elle pas soutien et compassion ? Pourquoi Emmanuel Todd n'en parle-t-il pas ?

Emmanuel Todd, dans son souci de défendre des minorités qu'il juge faibles et sans défense, oublierait-il les victimes de ces attentats ?

Alors que la manifestation du 11 janvier avait pour but de dénoncer  l'intégrisme, le fascisme, le terrorisme, voilà qu'Emmanuel Todd compare le premier ministre au maréchal Pétain.

On perçoit comme une anomalie dans le raisonnement : ceux qui défendent cette manifestation deviennent, eux-mêmes, des partisans du fascisme, des lâches.

Emmanuel Todd sombre, encore une fois, dans l'excès, dans des déclarations outrancières qui ne l'honorent guère.

 

Il faut le rappeler : l'insulte ne valorise, en aucun cas, celui qui l'utilise... elle le rabaisse, même, et montre la faiblesse de sa pensée.

Le débat intellectuel mérite mieux et il se limite de plus en plus à des réflexes qui passent par le mépris et l'insulte, il s'agit de rabaisser l'autre pour se mettre soi-même en valeur... 

Ainsi, à vouloir défendre, à tout prix, sa propre thèse, Emmanuel Todd en oublie de raisonner et de parler avec toute la mesure nécessaire dans toute discussion digne de ce nom.

Emmanuel Todd, dans son opposition au gouvernement socialiste, en oublie d'argumenter avec sérieux et rigueur...



 

 

 

http://www.bfmtv.com/societe/todd-petainisme-charlie-valls-885009.html

 

 

 

 

 

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 16:15
La lune est devenue dorée...

 


Décor plein de mystères et de charme, la lune est souvent associée à la poésie romantique. On songe à ces vers célèbres de Victor Hugo, dans le poème intitulé Clair de lune, extrait du recueil Les Orientales...

"La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots."

Ce magnifique tableau forme un contraste saisissant avec la suite du poème, où Victor Hugo évoque la cruauté d’un châtiment infligé aux Grecs par les Turcs.

La lune, symbole de beauté, d'harmonie est, aussi, le thème d'une chanson très célèbre : Blue Moon... Comme dans le poème de Victor Hugo, la lune est personnifiée, puisque l'auteur s'adresse à elle, à la deuxième personne, comme si la lune était une entité vivante... L'apostrophe "Blue moon", réitérée en debut de strophe, suggère une intimité.

 

"Lune bleue, tu m'as vu debout, solitaire... Blue moon, you saw me standing alone."

La lune reflète, ainsi, la tristesse du personnage : elle devient "lune bleue", image de la mélancolie, due à la solitude : on peut parler d'un véritable paysage-état d'âme, un procédé souvent utilisé dans la poésie romantique... La couleur "bleu" évoque, également, "le blues", cette musique vocale et instrumentale, dérivée des chants afroaméricains où l’interprète exprime sa tristesse.


La solitude est soulignée par la préposition "without", "sans", répétée à deux reprises : absences d'amour et de rêve sont, ainsi, liées : "without a dream, without a love."

On voit s'instaurer une connivence entre le personnage et la lune qui semble comprendre son interlocuteur, comme le suggère l'emploi du verbe "savoir"...

La lune, à l'écoute, a entendu une prière et semble avoir exaucé celui qui l'a prononcée.

Cette prière s'adresse à un être cher, et aussitôt, comme par miracle, cet être est apparu, répondant aux attentes du personnage... un être unique, correspondant aux aspirations de celui qui exprime ses sentiments, comme le montrent les mots "the only one".

Et, aussitôt, des paroles d'un amour intense et passionné sont prononcées et entendues :"je t'adore".

La lune se métamorphose, alors, pour représenter un nouvel état d'âme, fait de bonheur : elle devient "dorée", symbole d'harmonie, de beauté.

Le refrain s'égrène, de nouveau, pour clamer, cette fois, le bonheur de ne plus être seul.

La mélodie traduit, à la fois, mélancolie, douceur, et tendresse.

Cette célèbre chanson a été composée en 1934 par Richard Rodgers, les paroles ont été écrites par Lorenz Hart.

Interprété par la grande Ella Fitzgerald, ce texte, sublimé par la pureté de la voix de la chanteuse nous touche, par sa simplicité, son évidence...

La sobriété, la clarté du vocabulaire, la personnification, la métamorphose soudaine de la lune permettent de renouveler un thème éternel, celui de la rencontre amoureuse...

 

 

Le poème de Victor Hugo : 

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/clair_de_lune.html




Les paroles de la chanson :

 

 

http://lyricstranslate.com/fr/blue-moon-lune-bleue.html 





 
Photos : Christelle





 

 

La lune est devenue dorée...
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 15:50
Le jusqu'au-boutisme de Najat Vallaud-Belkacem...

 

 

 

Face à la fronde qui se lève contre la réforme des collèges, François Hollande soutient sa ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem, contre vents et marées.

La ministre, elle-même,  affirme qu'elle défendra sa réforme jusqu'au bout et le président de la République prétend fustiger l'immobilisme qui caractérise le monde de l'enseignement...


"Je soutiendrai cette réforme du collège jusqu'au bout (...) et de toutes mes forces, sans jamais faillir face à ceux qui ne proposent rien, et qui voudraient qu'on reste sur le statu quo actuel", a déclaré jeudi Najat Vallaud-Belkacem, sur Radio Classique et LCI.


Défendre une réforme dont personne ne veut ? La tâche risque d'être difficile : comment peut-on penser que les enseignements interdisciplinaires vont résoudre les difficultés des élèves ?

Ce qu'il faut renforcer à tout prix, c'est l'enseignement de l'orthographe, de la grammaire qui ont été sacrifiées, ces dernières années..

Il faut rétablir la valeur du savoir, transmettre des connaissances, sans supposer que les élèves sont aptes à tout découvrir par eux-mêmes.

La pédagogie de la découverte a fait trop de dégâts, ces dernières années. Les élèves ne peuvent inventer le savoir, il faut leur donner des clefs pour qu'ils puissent progresser, des cadres pour qu'ils puissent avancer.

Bien sûr, le principe de l'accompagnement personnalisé, préconisé par la réforme, ne peut être que loué et approuvé, à condition que cet accompagnement s'effectue réellement, en petit groupe.

Or, la tendance actuelle consiste à appeler "accompagnements personnalisés", des cours en classe complète : c'est ce qui se passe, le plus souvent, dans les lycées : 36 élèves pour ces accompagnements dits "personnalisés"!

On voit bien, là, qu'il s'agit d'un leurre et d'un faux-semblant.

Cette réforme ne fera qu'aggraver les difficultés des élèves qui ne maîtrisent pas les bases élémentaires de la grammaire et de la langue, car certaines heures vont disparaître au profit des EPI, présentés comme un remède miracle.

Les EPI, ou enseignements pratiques interdisciplinaires, pour ludiques qu'ils soient, ne peuvent nourrir les élèves de connaissances sûres, d'acquis solides...


Combien d'élèves arrivent au lycée et ne maîtrisent pas la langue française, combien d'élèves ont des difficultés à trouver le mot juste, à rédiger correctement une phrase !

Combien d'élèves méconnaissent les conjugaisons, notamment le passé simple ou le conditionnel !

Combien d'entre eux font des fautes grossières dans les accords élémentaires !

Les lacunes sont énormes, parfois : ce sont ces lacunes qu'il faut combler... On ne peut en faire l'impasse.

Il faut, absolument donner aux jeunes la maîtrise de leur propre langue : la langue n'est-elle pas le support même de la pensée ? Elle permet de construire, d'émettre des idées, de raisonner, de comprendre le monde !

C'est cette ambition  qu'il faut avoir pour les élèves !

Il faut leur donner la possibilité de s'exprimer aussi bien à l'écrit qu'à l'oral : si les bases grammaticales sont déficientes, le retard ne sera jamais rattrapé en lycée.


C'est au collège que ces bases doivent être consolidées, de manière efficace, par un véritable soutien aux élèves en difficulté et non par de vagues travaux pratiques où ils risquent de perdre leur temps.

Dans un monde où domine l'argent, où les apparences triomphent, il est temps de restaurer le savoir, de lui redonner toute sa valeur,  le savoir  offre à chacun un épanouissement, la possibilité d'être, d'exister réellement, d'avoir une consistance...

Le savoir nourrit et développe la pensée, il est essentiel... Le savoir fait de nous des êtres humains, il nous permet de réfléchir, de progresser, de comprendre le monde, d'en refuser les excès et les dérives...

 

 

 

http://www.lepoint.fr/politique/najat-vallaud-belkacem-soutiendra-la-reforme-du-college-jusqu-au-bout-07-05-2015-1926986_20.php

 

 

 

 

 

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 16:16
Dans la famille Le Pen, rien ne va plus...

 


Dans la famille Le Pen, rien ne va plus : le père, devenu incontrôlable, malgré la désapprobation de son entourage, se livre, encore et toujours, à des déclarations intempestives et tonitruantes, il est, même, intervenu, le premier mai, sur l'estrade, au cours d'un meeting de sa propre fille. Vêtu d'un pardessus rouge, pour être vu de tous, le voilà qui fait le fier à bras et se fait acclamer par la foule...

Le voilà qui devant la statue de Jeanne d'Arc, lance des appels désespérés : "Au secours, Jeanne ! ", s'écrie le père indigne...

Cette dramaturgie prête à sourire, tellement elle apparaît puérile !

Suspendu lundi par le bureau exécutif du Front national, Jean Marie Le Pen n’est, pourtant, pas décidé à se taire. Après avoir dénoncé une véritable "félonie", de la part de sa fille, il évoque un "complot" contre lui.


"Je ne souhaite pas que la présidente du front national s'appelle Le Pen, je ne reconnais pas de lien avec quelqu'un qui me trahit, d'une manière aussi scandaleuse... Je considère que c'est une félonie, une honte qu'elle porte le même nom que moi... Oui, je suis dur, encore plus dur que ça, cela ne fait que commencer. Le bureau exécutif, c'est un peloton d'exécution", a déclaré, encore, Jean Marie Le Pen.


 Il ne souhaite pas, non plus, que sa fille remporte les élections de 2017, car "ce serait scandaleux, parce que si de tels principes moraux devaient présider à l’Etat français, ce serait scandaleux."

Il va plus loin, encore : il conseille à sa fille de se marier le plus rapidement possible, et il en vient à répudier sa progéniture. Le torchon brûle, les propos sont féroces de part et d'autre : "complot, félonie, répudiation, mensonge, trahison, malveillance". 

La guerre est déclarée : les haines s'affichent, irréconciliables, une famille se déchire, par le biais de la politique.

Ce sont bien des ambitions qui s'opposent : Jean Marie Le Pen, le patriarche de 86 ans ne veut pas céder un pouce de terrain et refuse, au fond, de quitter la place, il tient à jouer, encore, un rôle dans son parti, à ne pas être évincé et privé de parole.

Ce parti familial, fondé sur l'héritage, pouvait-il finir autrement que dans les divisions et la discorde ?

Marine Le Pen doit beaucoup à son père : une carrière politique, des soutiens, une "notoriété", devenue, certes, dorénavant encombrante...
Ce parti, où la filiation joue un rôle si important, avec des héritages successifs, (le père, la fille, la petite-fille), apparaît bien factice et il est en train d'imploser sous nos yeux.

 

De toute façon, le père et la fille s'opposent-ils, vraiment, sur le fond et sur les idées ? Ce qui les divise, c'est essentiellement la stratégie à adopter, pour remporter le pouvoir...

Immigration, insécurité, peur, tels sont les thèmes de prédilection de Jean Marie Le Pen et de sa fille.

Le Père et la fille développent, depuis longtemps, les mêmes thèses, ce qui les sépare, ce sont des "points de détails", si on peut dire !

Jean Marie Le Pen jure, donc, d'employer tous les moyens, pour conserver la présidence d'honneur, un titre dont sa fille veut le priver, en convoquant une assemblée générale extraordinaire d'ici les trois prochains mois. Il est même prêt à porter l'affaire devant les tribunaux.

Le front national est-il encore un véritable parti politique ? C'est devenu une affaire de famille où s'affrontent des ego exacerbés.

Il suffit de regarder la photo qui illustre l'article et l'on perçoit toute la hargne d'un père qui refuse de céder du terrain, bras levés, triomphant, il réclame, encore, reconnaissance...

 

La guerre est déclarée dans la famille Le Pen, une guerre sans merci et sans pitié qui déchire inéluctablement un parti dont le fonctionnement est vicié, dès les origines...

 


 


http://dai.ly/x2p3clq


 


 

Dans la famille Le Pen, rien ne va plus...
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 15:04
Au rythme de la flûte...

 

 

"Mais il arriva, du fond de la salle, un bourdonnement de surprise et d'admiration. Une jeune fille venait d'entrer. 


  Sous un voile bleuâtre, lui cachant la poitrine et la tête, on distinguait les arcs de ses yeux, les calcédoines de ses oreilles, la blancheur de sa peau. Un carré de soie gorge-de-pigeon, en couvrant les épaules tenait aux reins, par une ceinture d'orfèvrerie. Ses caleçons noirs étaient semés de mandragores - et d'une manière indolente, elle faisait claquer de petites pantoufles en duvet de colibri. 

 Sur le haut de l'estrade, elle retira son voile - c'était Hérodias, comme autrefois dans sa jeunesse - puis elle se mit à danser. 

Ses pieds passaient l'un devant l'autre, au rythme de la flûte et d'une paire de crotales. Ses bras arrondis appelaient quelqu'un qui s'enfuyait toujours. Elle le poursuivait, plus légère qu'un papillon, comme une Psyché curieuse, comme une âme vagabonde et semblait prête à s'envoler. "


C'est ainsi que Flaubert dépeint la danse de Salomé, dans un de ses Contes, intitulé Hérodias... La description montre toute la puissance d'évocation de Flaubert : la jeune fille danse, au son de la flûte, et envoûte les spectateurs de ses gestes ondoyants. La flûte accompagne et souligne ses arabesques.


Le mot "flûte", si familier, donne une impression de légèreté, d'élégance, grâce à sa fricative initiale "f", pleine de douceur, ses éclats de voyelles feutrées "u" et "e".

La fricative peut suggérer le souffle du flûtiste dans l'instrument... Cette consonne élancée nous montre, aussi, la forme de l'objet, plein de finesse.

On entend des airs champêtres d'autrefois : le son de la flûte, simple roseau utilisé par des bergers et des pâtres, nous émeut et nous séduit, par sa rusticité et sa simplicité.

On songe à d'autres instruments proches, la clarinette, le piccolo, des mots pleins de résonances et de lumières...

La flûte plus simple, encore, nous emporte vers des temps anciens, mythiques, à l'époque d'Homère ou de Virgile, vers des paysages apaisés et sereins... des bords de rivières, des arbres aux ombrages bienveillants, des pins aux rondeurs anisées, des cyprès élégants et fuselés...

Tityre, Mélibée, Corydon, des bergers d'autrefois, dans un décor champêtre, s'expriment comme des poètes, composent des chants harmonieux, jouent, sur leur "calame", des airs envoûtants.

Le musicien nous transmet, par son souffle, tant d'émotions, de vertiges de sensations, de pureté, d'harmonie !


On perçoit, aussi, des airs célèbres : la flûte enchantée de Mozart, féérie musicale, empreinte de fantaisie... Tamino, Papageno, la reine de la nuit, Pamina ! Des noms mystérieux, aux sonorités lointaines et exotiques, pleines de poésie !
Une flûte qui envoûte des bêtes sauvages... Des personnages aux pouvoirs merveilleux...
Force, beauté, sagesse viennent triompher de toutes les épreuves que traversent les personnages !

 

On est  ébloui par le concerto pour flûte traversière de Vivaldi, on est subjugué par les concertos de Quantz pour flûte et orchestre, on est séduit par la musique somptueuse de Mozart.

 

On se laisse emporter par les sons étranges de la flûte de Pan...

La flûte, souvent associée à des pouvoirs magiques et étranges, met, ainsi,  en évidence tous les charmes de la musique, capable de bercer les coeurs, de les transformer, de métamorphoser la vie...

On songe à une autre légende plus tragique : celle du joueur de flûte de Hamelin.... racontée, notamment, par les frères Grimm. Elle évoque un désastre survenu en 1284 en Allemagne. Le maire de la ville promit au joueur de flûte une somme de mille écus s'il parvenait à débarrasser la ville des rats qui l'infestaient. L'homme, grâce à sa flûte, attira les rats qui le suivirent jusqu'à la Weser, la rivière qui arrose la ville, où ils se noyèrent. Les habitants  refusèrent, alors, de payer le joueur de flûte en le chassant, même, à coup de pierres. On sait comment se vengea le musicien... Il entraîna, de son instrument, tous les enfants de la ville qui se noyèrent dans le fleuve.

Cette légende montre bien tous les pouvoirs ensorceleurs que recèle la musique : elle enchante les esprits, les envoûte...

La flûte signe, ainsi,  une forme d'élégance et de mystères...

 

Ce mot venu, peut-être, du verbe latin, "flare", "souffler" semble évoquer une sorte de souffle spirituel et magique...


 

Pour compléter, un article sur la musique des chalumeaux :

 

http://rosemar.over-blog.com/article-la-musique-des-chalumeaux-123265229.html
 

 

 

 

 

Flûtes   photo de Christel42   creative commons

Flûtes photo de Christel42 creative commons

Au rythme de la flûte...
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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 15:39
Emmanuel Todd persiste et signe...

 

 

 

Emmanuel Todd persiste et signe, dans ses déclarations concernant les attentats qui ont visé Charlie Hebdo, et les manifestations qui ont suivi : il publie, même, un essai intitulé "Qui est Charlie ?", où il dénonce ce qu'il appelle "le laïcisme radical". J'avais écrit, il ya quelque temps, un article à ce sujet, et je m'étonnais des prises de position de cet essayiste...

Voici ce qu'il affirme encore :


« Lorsqu’on se réunit à 4 millions pour dire que caricaturer la religion des autres est un droit absolu - et même un devoir ! -, et lorsque ces autres sont les gens les plus faibles de la société, on est parfaitement libre de penser qu’on est dans le bien, dans le droit, qu’on est un grand pays formidable. Mais ce n’est pas le cas. (…) Un simple coup d’œil à de tels niveaux de mobilisation évoque une pure et simple imposture. »




Comment souscrire à des propos si outranciers ? Les gens qui se sont mobilisés contre les attentats meurtriers du 7 janvier ont voulu manifester, d'abord, une solidarité, un soutien aux familles de toutes les victimes qui n'étaient pas seulement des journalistes et des caricaturistes, mais aussi des policiers, un agent de maintenance, des gens ordinaires comme vous et moi.

Le slogan "je suis Charlie" a pu choquer certains... Pour ma part, il ne me choque pas : la France est, depuis longtemps, le pays de la libre-pensée, de la contestation et de la révolte.

L'esprit de Charlie-Hebdo, quoi qu'on en pense, c'est, aussi, cette volonté de préserver ce droit à s'exprimer, à dénoncer des religions, des idées.


En conscience, je pense que la plupart des français sont attachés à cet esprit : on peut ne pas apprécier certaines caricatures de Charlie-Hebdo, les trouver grossières, excessives, mais c'est, souvent, le propre de toutes les caricatures.

L'esprit rabelaisien, le grossissement, l'excès font partie de la satire : peut-on renier la valeur de ces critiques, y renoncer ?

L'esprit de Charlie Hebdo s'attaquait au fanatisme religieux, d'où qu'il vienne, et il ne s'agissait pas de piétiner une religion plutôt qu'une autre.

Les attaques contre la religion catholique ont été nombreuses dans ce journal...

Vive la dénonciation du fanatisme et de ses excès condamnables ! Vive la dénonciation de l'intolérance religieuse !

Ce serait un recul considérable que d'y renoncer... Ce serait un recul inconcevable que de ne pas s'indigner de la mort de victimes innocentes assassinées lâchement, dans des attentats indignes !


Défendre nos valeurs, un esprit de liberté, et de contestation, c'était aussi la volonté des gens qui sont descendus dans la rue, dans un élan de soutien et de solidarité...


Il nous a fallu des siècles, pour acquérir cette liberté d'expression qui nous est si chère, il faut continuer à la défendre, envers et contre tout.

Condamner le fanatisme religieux, ce n'est pas piétiner les croyants ou les mépriser, c'est souligner les excès de la religion, c'est en montrer toutes les horreurs...

Molière, Voltaire, en leur temps, ont dénoncé ces outrances et s'ils n'ont ni été condamnés à mort ni exécutés, ils ont dû affronter la censure...

Evoquer le sujet religieux était "tabou" au 17ème et au 18ème siècles : faut-il revenir en arrière, régresser, pour satisfaire Emmanuel Todd ?

Faudrait-il passer sous silence les excès de la religion, exactions, violences, terreurs, meurtres, assassinats ?


Les déclarations d'Emmanuel Todd vont à l'encontre de l'esprit de liberté qui est le nôtre... C'est dommage car on apprécie d'autres prises de position de ce sociologue qui, en l'occurrence, se trompe de cible en condamnant une volonté de s'associer à un esprit de liberté.

Je pense que l'émotion des gens était réelle, après les attentats contre Charlie-Hebdo, l'indignation également. Des gens ont été assassinés, et en conscience, personne ne pouvait rester indifférent face à ces horreurs... non, personne...

 

La France doit rester le pays de la liberté d'expression : tant de pays vivent sous d'autres lois, tant de pays connaissent l'horreur de la censure et de la répression...

Emmanuel Todd, lui-même, a le droit d'exprimer ses idées sur les manifestations du 11 janvier qui ont rassemblé les français.

Il a le droit de parler, de dire, de critiquer, et il faut continuer à défendre ce droit précieux qui est le nôtre.


 Article du 2 mars 2015 sur les déclarations d'Emmanuel Todd :


 http://rosemar.over-blog.com/2015/03/une-etonnante-declaration-d-emmanuel-todd.html

Lien du nouvel obs :
 
http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20150428.OBS8114/emmanuel-todd-le-11-janvier-a-ete-une-imposture.html

 

 

 

 

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 16:48
Pour sauver le latin et le grec...

 

 

C'est bien d'un sauvetage dont il est question, ici : les humanités, le latin et le grec, ont été, depuis des années, sacrifiées, au nom de la rentabilité...



Les professeurs de lettres classiques ont dû se battre, pour défendre leurs droits à enseigner ces disciplines : sans cesse concurrencées par de nouvelles options, les humanités ont été reléguées, mises au rebut, placées, dans les emplois du temps des élèves, en fin de journée....
 

De plus en plus, dans les établissements scolaires, les enseignements optionnels sont mis en concurrence : portugais, occitan, théâtre, arts plastiques, cinéma, danse,  latin, grec...

Les enseignants usent de tous les subterfuges, pour attirer les élèves  : des réunions sont même organisées, des "shows médiatiques", au cours desquels, les professeurs se livrent, devant les parents d'élèves, à une promotion de leur propre discipline...


La démagogie est à l'oeuvre : il faut "capturer" le plus grand nombre d'adeptes :  pour atteindre le public le plus large possible, il convient de faire preuve de la plus grande indulgence, séduire les élèves par un enseignement attractif, facile, par des bonnes notes...


Les lycées se transforment, ainsi, en entreprises commerciales où il s'agit de vendre les produits les plus attractifs...

Pour ma part, je me refuse à entrer dans ce jeu qui transforme le métier d'enseignant en une activité commerciale.

Il devrait être évident, pour tous, que le grec et le latin sont le substrat de notre culture, nos sources premières, que ces disciplines sont le fondement de notre langue : d'une certaine façon, nous parlons, tous, grec et latin, en utilisant notre propre langue, le français...

Vocabulaire familier ou scientifique, la plupart des mots que nous employons nous viennent du latin et du grec.
La plupart des termes de la stylistique, de la grammaire sont issus de ces langues.

Notre littérature, dans son ensemble, s'inspire des auteurs de l'antiquité : les grands genres littéraires ne sont-ils pas nés en Grèce ? Théâtre, comédie, tragédie, poésie, fable, discours, éloges.....

Dès lors, peut-on passer sous silence et occulter ces enseignements ?

Il est vrai que la culture n'est plus valorisée dans nos sociétés, elle devient, même, parfois suspecte, alors qu'elle permet à chacun un épanouissement et une ouverture.

La culture littéraire est essentielle pour comprendre le monde qui nous entoure, elle suscite critique, réflexion, rigueur, esprit d'analyse...

La culture classique constitue un apport capital, dans un monde de technicité grandissante, où les mathématiques sont triomphantes.


Il faut, sans doute, rétablir des équilibres perdus : la filière littéraire a été, depuis des années, laissée à l'abandon, mise au rebut, il faut lui redonner toute sa valeur, en offrant des perpectives à ceux qui choisissent cette voie...


Il paraît, aussi,  normal d'offrir à chacun la possibilité d'apprendre conjointement le latin et le grec dans tous les établissements... or, cette possibilité n'existe pas dans nombre de lycées et de collèges.

Pour sauver le latin et le grec, il convient de revaloriser ces enseignements, d'en montrer toutes les richesses, tous les apports.

Oui, ces disciplines sont exigeantes, elles demandent des efforts, de la persévérance, de l'ambition, une volonté d'apprendre, et c'est pourquoi elles doivent être préservées, une façon, sans doute, de combattre une certaine facilité, un laisser-aller qui envahissent nos sociétés.


Dans ce but, voici un appel de l'Association des Professeurs de Lettres au président de la République pour l'avenir des langues anciennes et de l'école...

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-latin-la-lettre-a-hollande-04-05-2015-1925962_2134.php

 

 

Pour sauver le latin et le grec...
Pour sauver le latin et le grec...
Pour sauver le latin et le grec...
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 16:24
Najat Vallaud-Belkacem : de l'art d'inverser les rôles...

 

 



La nouvelle réforme des collèges, prévue pour la rentrée 2016, a suscité de nombreuses critiques, de la part d'un grand nombre de pédagogues et d'éditorialistes...


La ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a affirmé à ce sujet, sur RTL : " Beaucoup de commentaires circulent, des éditorialistes, des polémistes, des pseudo-"z"intellectuels s'expriment sur la réforme du collège, sans avoir lu le contenu de cette réforme, ce qui les fait commenter des contre-vérités, des mensonges."

Voilà que les détracteurs de la réforme des collèges deviennent des pseudo-"z"intellectuels !


On est, pour le moins, sidéré par cette déclaration : quand on voit les termes utilisés dans cette réforme, des formules alambiquées, amphigouriques, des périphrases obscures, ténébreuses, prétentieuses, incompréhensibles, employées par les rédacteurs de ce projet, qui, donc, peut être qualifié, à juste titre, de pseudo-intellectuel ?

Les textes mêmes de la réforme montrent, de la part des fonctionnaires qui les ont rédigés, une volonté de faire appel à des termes compliqués, pour énoncer des réalités tout à fait ordinaires...

Ce sont ces gens-là qui sont des pseudo-inellectuels, qui se gargarisent de mots pompeux et pleins de vanité.

Non, les détracteurs de la réforme ne disent pas de mensonges, ils ont lu les textes, les ont analysés.

Pour le démontrer, il suffit de citer un exemple : celui de l'enseignement du latin et du grec.

Ces disciplines, si elles ne disparaissent pas complètement, risquent d'être, bel et bien, sacrifiées dans nombre d'établissements scolaires.


Elles figureront, désormais, dans des EPI, ou enseignements pratiques interdisciplinaires sous forme de travaux pratiques, en concurrence avec d'autres EPI...

 

Dès lors, insérés dans des travaux pratiques, le latin et le grec seront enseignés conjointement à une autre discipline... Un peu d'étymologie, quelques mythes, voilà à quoi cet EPI risque de se limiter, s'il est mis en place.

On voit bien, ainsi, se profiler la disparition de l'étude des langues anciennes...

De la même façon, le programme d'histoire rend bien obligatoire l'étude de l'Islam, et fait du christianisme médiéval un enseignement facultatif en classe de cinquième...

Cette réforme ne satisfait aucun pédagogue sérieux, soucieux de l'avenir de jeunes élèves, à qui on ne doit pas proposer un enseignement au rabais.

Elle vise, probablement, à réaliser encore des économies, puisque les EPI font disparaître d'autres heures d'enseignement, mais elle ne permettra pas de donner des bases solides aux élèves.

Il faut, pour ce faire, renforcer l'enseignement du français, de la grammaire, de l'orthographe, accorder aux enseignants et aux élèves encore plus d'heures réelles d'accompagnement personnalisé, en petits groupes...

Je le rappelle : l'accompagnement personnalisé ne peut être réalisé en classe entière... or, c'est ce qui se passe actuellement dans de nombreux lycées, en classe de seconde : 36 élèves, dans un accompagnement dit "personnalisé" !!

Les mots utilisés et les réalités sur le terrain sont parfois très éloignés.

La plupart des enseignants qui sont, eux, sur le terrain, rejettent et dénoncent cette nouvelle réforme : il serait souhaitable qu'ils soient entendus !

 

L'éducation doit redevenir une priorité, et ce n'est pas, avec une telle réforme que les enfants en réelle difficulté pourront progresser : les EPI, même s'ils sont récréatifs, ne permettront, en aucun cas de résoudre les problèmes de lecture, de compréhension rencontrés par certains élèves...

 

Les EPI qui sont présentés comme une recette miracle ne sont que de la poudre aux yeux, pour masquer les insuffisances d'une réforme qui ne comblera pas les lacunes et les difficultés des élèves dans la maîtrise de la langue.

Les réformes successives, qui ont été initiées, ces dernières années, dans le domaine de l'éducation, n'ont été, le plus souvent, que des régressions, à quoi servent-elles si ce n'est à conforter un modèle libéral et à réaliser des économies ?


 


http://www.rtl.fr/actu/politique/reforme-du-college-les-pseudo-intellectuels-en-parlent-sans-avoir-regarde-son-contenu-accuse-najat-vallaud-belkacem-7777517203




http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-madame-la-ministre-les-pseudo-z-intellectuels-vous-saluent-bien-30-04-2015-1925469_1886.php


 

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 15:43
Seul sur la colline...

 

La différence isole, souvent, les êtres humains : on se souvient de ce célèbre poème de Baudelaire, L'albatros, où l'oiseau, capturé par des marins, devient l'image même du poète, incompris, méprisé par le commun des mortels...

 

On retrouve ce thème dans une célèbre chanson des Beatles, intitulée "The foll on the hill"...  le thème de la solitude d'un être différent, considéré comme fou, est traité, dans ce texte, avec poésie et tendresse.


Le personnage, placé en hauteur, sur une colline, semble, par sa position, dominer et poser un regard détaché sur le monde... Il s'inscrit, aussi, dans une continuité, comme le montre l'expression "day after day", "jour après jour", au début du texte. La colline, sur laquelle il se trouve, apparaît comme un beau symbole de liberté et d'indépendance.

On perçoit une sérénité absolue de ce personnage, réduit, pourtant, à la solitude et l'isolement, puisque le dialogue avec les autres semble impossible...

Ce fou sur sa colline n'est-il pas le symbole de tout homme différent, mis au ban de la société, rejeté par tous, montré du doigt ?

 

La foule représentée par le pronom "ils" au pluriel, le met à l'écart, le rejette à cause de ses différences.
On perçoit, ainsi, une foule conformiste, anonyme qui refuse de reconnaître des êtres différents et les rejette.

L'existence de cet homme à part est niée, comme le prouve la négation répétée "nobody"... "But nobody wants to know him, Nobody ever hears him, Nobody seams to like him."

Pourtant, le refrain montre que ce personnage est à l'écoute du monde et de la nature : il admire des couchers de soleil, et semble observer toutes les saisons... Le verbe "voir" répété est, ici, essentiel et souligne l'importance du regard porté sur le monde qui l'entoure.

Sensible à la beauté du monde, ce "fou" fait songer à un poète incompris, mis à l'écart, vilipendé par la foule.


Le couplet suivant nous fait voir le personnage "la tête dans les nuages".
Ce rêveur sympathique, rejeté de tous, se signale par une voix forte, alors que personne ne veut entendre ses messages... Beau contraste qui souligne encore l'isolement de cet être.

L'expression, "l'homme aux mille voix" suggère la valeur et le nombre de messages que le personnage pourrait délivrer aux hommes. Mais, il se heurte, inéluctablement, à un désamour, une forme de haine.


Belle chanson qui évoque le thème de l'exclusion par des images pleines de poésie, ce texte nous émeut, tout en délivrant une leçon de tolérance : les hommes oublient trop souvent de respecter les différences, ils les condamnent, les stigmatisent, les taxent même de folie... 

La mélodie très douce souligne la profonde tendresse qui se dégage de cet être humain, mis au ban de la société....Elle se fait même un peu sauvage pour montrer l'esprit de liberté qui anime ce personnage et l' emmène hors des sentiers battus.

Cette chanson des Beatles écrite par Paul McCartney est parue en 1967, sur l'album Magical Mystery Tour...


 

 

Le poème de Baudelaire :
 
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/l_albatros.html

 La chanson des Beatles, texte et traduction :


http://www.lacoccinelle.net/244763.html


 

 

Photo : Fr Latreille   Creative commons


 

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