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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 17:24

 

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"D'une des cheminées sortaient des étincelles qui montaient en gerbes pour retomber en pluie d'or, sous une fumée épaisse dont le ciel était voilé."

C'est ainsi qu'Anatole France décrit une cheminée dans son roman historique, La Rôtisserie de la reine Pédauque... Belle description qui fait rêver...

 

Issu du grec ancien "κάμινος, káminos, le fourneau, le four", le mot "cheminée" nous est familier : la cheminée représente le coeur du foyer, le centre d'une maison.

 

Avec ses sonorités de chuintante "ch", de labiale "m", ce nom crée une impression chaleureuse, et douce...

Images de flammes vacillantes, odeurs de bois brûlés, crépitements d'étincelles, chaleur prégnante près du feu, la cheminée nous offre une ambiance pleine d'harmonie.

 

Elle voit se réunir, autour d'elle, des amis, une famille, elle se donne en spectacle...

Un spectacle complet qui sollicite le regard, mais aussi l'ouie, les sensations olfactive et tactile...

Fascinant spectacle des flammes ! Vision éclatante du feu qui palpite, qui vibre, retentit d'un bruissement léger.

 

On voit des braises, des rougeoiements, des bois calcinés et sombres...

 

Des fumées, des fumerolles se dispersent, montent dans le conduit.

Les toits se couvrent de cheminées aux formes variées, cheminées de briques, carrées ou arrondies, massives ou légères.

 

La cheminée est, ainsi, un symbole de communication entre les hommes et le monde céleste : c'est un chemin, un conduit qui s'élève vers le ciel.

 

C'est la voie qu'empruntent les sorcières pour se rendre au sabbat, c'est par ce conduit que le père Noël passe, pour déposer tous ses cadeaux.

 

La fumée qui s'échappe évoque une sorte de respiration de la maison...

 

Symbole du lien social, la  cheminée rapproche et rassemble, autour d'elle, les âmes et les coeurs.

La cheminée évoque l'hiver et ses frimas, elle offre un refuge contre les rigueurs du vent, de la neige, du gel. 

 

Dans nos maisons modernes, la cheminée, l'âtre ont tendance à disparaître au profit de chaudières centralisées.

On en oublie tout le spectacle chaleureux que nous apportent les vraies flammes qui titubent, se penchent, vivent sous nos yeux...

 

La cheminée, lieu convivial, associée aux fêtes de Noël,  réunit les gens, dans une ambiance de bonheurs...

 

Elle fait briller des lumières dans les yeux, elle éblouit les regards, elle fascine...

 

 

http://youtu.be/tEFK1Z3l6GU

http://youtu.be/eWJi5wX_1t0

 

http://youtu.be/3POSI8SuMdo

 

http://youtu.be/kxZz8QbVRNE

 

http://youtu.be/Wb3scirJoOw

 

 

 

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cheminée cendrillon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photos : wikipédia  creative commons



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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 17:15

 

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Les aiguilles de pins déroulent leurs guirlandes de verts, brillantes, laquées : les aiguilles se hérissent, sur la branche, la décorent de panaches verdoyants...

D'aiguilles, elles portent bien le nom : elles lancent leurs pointes acérées et vives... 

Des fourreaux d'aiguilles entrelacées couvrent les rameaux, en une harmonie de pinceaux subtils.

 

Le mot "aiguille" résonne de sa gutturale "g", prolongée par les voyelles aiguës, "u" et "i", il nous fait entendre et entrevoir une pointe acérée... 

Venu du joli nom latin "acucula", formation de diminutif, le terme "aiguille"restitue bien la forme de l'objet.

 

De nombreux mots appartiennent à cette famille :"acéré, acerbe, exacerber, acétate, acétone, acétylène acide, acidifier, aciduler, acidité, acier, aciérie, acuité, acupuncteur, acupuncture, âcre, âcreté, acrimonie, acrylique, aigre, vinaigre, vinaigrette, aigrelet, aigrir, aigreur, aigu, aiguilleur, aiguiser, aiguillage, aiguillon..."

 

Tous ces termes sont, en fait, dérivés de l'adjectif latin, "acer", "aigu, tranchant, perçant, vif, âcre."

 

Dans le nom "aiguille", le radical initial s'est modifié notablement, mais il a gardé une gutturale devenue sonore "g" qui traduit bien la vivacité de la pointe...

 

Les aiguilles de pins toujours vertes, montrent leurs éclats soyeux, leurs vernis brillants.

 

Elles se couvrent de guirlandes lumineuses et colorées à l'approche de Noël, elles font briller des étoiles, elles exhalent leurs douces senteurs ambrées. 

Elles renvoient les lumières, les reflètent, les exaltent et les subliment...

Sur le sapin, des contrastes de rouges, de verts, de xanthe apparaissent : belles lueurs de Noël, sur les aiguilles ...

 

Les aiguilles répandent leurs entrelacs, emplis de parfums de l'hiver... elles forment des épis réguliers, des motifs géométriques, elles s'illuminent de brillances...

 

Elles nous font entrevoir toutes les splendeurs de l'hiver : des pins verdoyants encore, malgré le froid ou la neige, des éclats de verts, des arbres qui gardent leur frondaison malgré les frimas et le gel.

Elles s'irisent de pignes brunes, aux couleurs de bois et de brumes...

 

Leurs parfums mêlés à ceux de la mousse terreuse, au pied du sapin, nous enveloppent d'embruns de forêts et de sous bois....

 

http://youtu.be/YuB57LcUwRA

http://youtu.be/KFdVoKnPTKQ

 

http://youtu.be/E1L6ty1jGI4

 

 

 

http://youtu.be/5UT4UVQtoQc

 

 

 

 

 


 

 

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Photos : rosemar



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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 16:14

 

crèche

 

 

La crèche de Noêl est une véritable institution, en Provence : crèche vivante, crèche en carton, ou petite crèche improvisée avec quelques brins de mousse et des branches de houx... Partout, en Provence, c'est l'usage de préparer une crèche, à l'approche de Noël.

 

Ce nom nous étonne, avec ses sonorités de gutturales "c" et "r", et sa chuintante finale pleine de mystères : mélange hétéroclite de consonnes rudes et douce...

 

Il faut dire que la crèche initiale et originelle est une simple mangeoire, un râtelier, pour les animaux : telle est l'origine du mot.

C'est un lieu modeste, humble et inconfortable, c'est un lieu plein de rudesse et d'âpreté...

C'est une simple étable, une auge pour nourrir les animaux, c'est aussi l'endroit où est né l'enfant sacré, où il a ouvert les yeux, pour la première fois.

 

Le mot restitue bien, à la fois, la rudesse du lieu et son caractère empreint de douce solennité.

A la crèche, on associe le boeuf et l'âne qui encadrent l'enfant nouveau-né, qui lui apportent réconfort et chaleur.

 

On voit des images de recueillement, de bonheur, dans un lieu des plus modestes.

La crèche attire tous les regards : les santons sont tournés vers ce lieu, le vénèrent, comme un endroit sacré.

 

L'enfant rayonne sur l'humble paille, il est un symbole d'espoir et de renouveau, comme tout nouveau-né peut l'être...

Beau symbole que celui de Noël ! L'enfant, signe d'espoir annonce une ère nouvelle, un avenir étincelant...

 

Et la crèche nous émeut, par sa simplicité, par ses significations : elle est, d'abord, l'image d'une nourriture qui apporte l'essentiel, elle est aussi la marque d'une humilité originelle...

Celle des premiers chrétiens, d'une foi pure et intacte, celle d'un monde qui n'est pas frelaté.

 

Le mot a pris un sens plus commun et plus ordinaire et désigne, de nos jours, un établissement accueillant les jeunes enfants.

 

Dans un langage populaire et argotique le mot peut même évoquer une chambre, où l'on habite... Le verbe "crécher" en est le dérivé.

 

Ce mot a donc connu un bel essor, simple mangeoire pour des animaux, il en est arrivé à désigner un lieu sacré, d'abord, puis un endroit pratique et moderne pour recevoir des enfants.

 

J'aime ce mot simple et familier qui a pris une connotation sacrée et mystérieuse et que l'on utilise encore de nos jours, dans un sens plus commun et plus courant...

 

J'aime ce mot associé à la fête de Noël, symbole de simplicité, de bonheur, de rudesse et d'harmonie, à la fois...

 

http://youtu.be/IIBYxkG2yX0

 

http://youtu.be/wkhUdy5Z2ig

 

http://youtu.be/qw6YngfV9lM

http://youtu.be/-wybmi7sRKI

http://youtu.be/yfVe7np7TqE

 

 

 

 

 

 

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santon Pernmith

 

 

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Photos de santons : Creative commons   Le berger, auteur : Marie Blanche Sorribas

Le meunier et Le porteur de bois, auteur : Pernmith

 



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Published by rosemar - dans Noël étymologie
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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 17:09

 

 

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Le mot "papillote" évoque la fête de Noël : les enfants se voient offrir, en cette occasion, des papillotes, ces friandises entourées de papier brillant, aux éclats d'argent...

 

Les papillotes font miroiter leurs teintes vives, des étoiles lumineuses, des volutes et des dentelles...

 

Avec sa labiale"p" redoublée, sa dentale finale "t", ses éclats de voyelles variées, son suffixe de diminutif, ce mot fait rayonner des lumières...

Des rayons de rouges, de verts, de bleu, de jaune explosent, sous nos yeux...

 

Emerveillements des enfants, les papillotes sont une référence aux ailes chatoyantes des papillons.

Le papier découpé en petites lamelles offre des friselis dorés ou argentés, et entoure la friandise de ses reflets ondoyants.

 

Le mot "papillote" est issu de l'ancien français "papillot" qui désigne le petit papillon...

Le nom  "papillon" pourrait, lui-même, provenir d'un verbe grec, "pallo", palpiter, agiter vivement, mouvoir légèrement et rapidement.

 

On voit aussitôt le vol léger du papillon, ses envolées palpitantes, ses couleurs d'ocre, de rouille...

 

Avec les papillotes, on entre dans une ambiance de fêtes, on est ébloui par des dorures, des brillances.

 

Traditionnellement, la papillote contient, aussi, une devinette, une blague, une citation amusante, parfois, un pétard.

 

La légende veut que les papillotes soient nées à Lyon à la fin du XVIIIe siècle, quand le jeune commis d'un confiseur eut l'idée, pour séduire une jeune fille, de lui envoyer des petits mots d'amour, enveloppés autour d'une confiserie.

 

Voilà une jolie légende qui fait de la papillote un message de tendresse, qui lui confère une part de séduction supplémentaire...

 

Enfants, nous avons tous rêvé de papillotes : les couleurs, la surprise du contenu, les papiers étincelants nous promettaient tous les bonheurs du monde !

Voilà un mot d'enfance qui nous rappelle des Noëls d'autrefois, qui éveille, en nous, des souvenirs colorés et brillants !

 

http://youtu.be/1FO2kU5v6T8

 

http://youtu.be/FfG5ha7Zg5w

 

 

http://youtu.be/sa7i-YYhc5Q

 

http://youtu.be/IYdF4nKnqPQ

 

http://youtu.be/biw7vjHeZ4E

 

 

 

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 16:48

 

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Cette chanson, au rythme endiablé, célèbre l'hiver et ses paysages : la neige, le vent, la bise glacée... L'auteur en est James Lord Pierpont, compositeur et maître de chapelle de Boston, la chanson a été publiée pour la première fois en 1857, sous le titre de « The One-Horse Open Sleigh ». Deux années plus tard, le compositeur de Boston publie une nouvelle version de son chant avec un nouveau titre : « Jingle Bells ».


La chanson a été, ensuite, adaptée, en 1948, par Francis Blanche qui ajoute des paroles françaises, totalement différentes de celles d’origine...

 

Dès le début, on voit un "long chemin" couvert de neige : la redondance "tout blanc de neige blanche" souligne l'épaisseur du tapis qui recouvre le sol, transformant le paysage en une nuée éclatante...

 

On perçoit le lent cheminement d'un vieux monsieur qui avance péniblement avec sa canne, image traditionnelle du père Noël.

Le vent personnifié se met à chanter une "romance", comme pour encourager le personnage.

Le vent semble, même, lui remémorer un chant de son enfance, pour lui insuffler de l'énergie : VIVE LE VENT !

 

Les sonorités de fricatives, de sifflantes donnent un air de fête et de bonheur à ce chant...

Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d´hiver
Qui s´en vsifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts...
Oh ! Vive le temps, vive le temps
Vive le temps d´hiver

Les voyelles nasalisées "an" ajoutent une note de gaieté à l'ensemble...

 

Le décor est évoqué : de grands sapins verts, des boules de neige, l'approche du jour de l'an, l'occasion de souhaiter une bonne année à une grand-mère...

On suit le personnage du père Noël qui descend vers le village : la description de l'intérieur des maisons est pleine de charmes, on voit "l'ombre qui danse au coin du feu", une ambiance de Noël, un feu de cheminée qui crépite, qui apporte chaleur et lumière, qui fait virevolter les silhouettes, et qui magnifie le décor.

 

On entrevoit une atmosphère de fête et de convivialité, puisque la table est prête pour  recevoir des invités...

Cette chanson de Noël insuffle à tous une impression de bonheur et de gaieté : on est comme entraîné par le souffle du vent, on ressent cette bise glacée et vivifiante...

 

La mélodie exaltante nous fait ressentir toutes les joies de l'hiver : beauté des paysages, vents qui tourbillonnent et nous poussent à lutter, à réagir.

 

Voilà un bel hymne à l'hiver et surtout à ses fêtes : Noël, le jour de l'an, occasions de se réunir, dans une ambiance chaleureuse autour d'un feu de bois...

 

 

http://youtu.be/aHwLer5ek4U

 

http://youtu.be/MiMtcga4gA8

 

 

http://youtu.be/E1L6ty1jGI4

 

http://youtu.be/4dX0nIE6JL8

 

 

 

 

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feu de bois

 

 

 

 

 

 

 

 



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Published by rosemar - dans chanson poésie Noël
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 15:56

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La page intitulée Les anciens du post a disparu sur overblog : encore un espace de liberté qui s'efface, devant la nouvelle version d'overblog.

 

Ainsi disparaissent des blogs réservés à la littérature, à la poésie, à l'actualité, un appauvrissement indéniable...

 

A la place, sur la page générale d'overblog, on trouve des blogs people, mode, beauté, high tech, business, VIP : bref, des sujets passionnants !

 

Culture et loisirs sont regroupés dans une même rubrique.

 

Après la disparition du post, voilà la communauté des anciens du post anéantie par une prétendue volonté de modernité !

 

De quoi décourager les blogueurs qui s'expriment sur des blogs personnalisés : le plus souvent, de nouvelles versions sont, ainsi, imposées aux utilisateurs de manière abusive.

 

Il suffit de voir la nouvelle mouture d'agoravox, pour comprendre que la nouvelle présentation de ce journal ne séduit pas : de moins en moins de lecteurs sur ce site, et des appels pressants à des dons d'argent, car ce journal connaît des difficultés...

 

Pourquoi ces changements incessants ? On a l'impression d'une uniformisation des informations, d'un appauvrissement de la culture...

 

Il faut lutter et résister contre ces évolutions permanentes qui nous sont imposées : souvent les gens sont dociles et se plient à ces nouveautés...

 

Faudra-t-il trouver une autre plateforme, pour éviter cette uniformisation et ces cadrages réducteurs ?

Dans tous les cas, il sera difficile de refonder une page commune aux anciens du post...

 

La nouvelle version d'overblog présente de nombreux inconvénients : mise en page, illustrations, décrochage de commentaires, utilisation d'un jargon anglais, les "like", par exemple...

 

On remarque, au passage, que la rubrique "politique" a disparu de la page commune de la nouvelle version ! 

Curieux tout de même ! Comme s'il était interdit d'évoquer certains sujets !

 

La rubrique "A la une" est un véritable fourre-tout où l'on trouve des articles sur Christine Lagarde, sur le vin et le foie gras, la bûche de Noël, le premier ministre Manuel Valls, les marchés de Noël...

On est perdu dans un ensemble disparate et divers... On a l'impression d'un désordre volontairement organisé pour éparpiller l'attention du lecteur.

 

Ainsi donc, le titre de mon dernier article paru sur Les anciens du post était, déjà, prémonitoire : les pleurs de la biche aux abois...

On peut bien pleurer sur la disparition de ce site qui nous était dédié, qui permettait une solidarité et une convivialité, désormais, menacées...

 

 

 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 15:26

 

forêt Tom Harpel creative

"J'aime le son du cor, le soir, au fond des bois,

 Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,

Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille

Et que le vent du nord porte de feuille en feuille."

 

Tout le monde connaît ces vers célèbres d'Alfred de Vigny : c'est, là, le prélude d'un poème où Vigny raconte la mort de Roland, à Roncevaux... le poète évoque la tristesse, la solitude d'une biche traquée par des chasseurs.... On y perçoit toute la fragilité de cet animal, une biche...


Ce mot "biche", aux sonorités si douces, a des origines bien étranges : le terme vient, en fait, du latin, "bestia" qui désigne la bête, l'animal.

Le nom "bestia" est, donc, à l'origine de deux dérivés distincts en français, la "bête", et la "biche"...

 

On voit que le mot "biche" a connu des évolutions phonétiques importantes : la voyelle"e" s'est transformée en "i", les consonnes "st" ont évolué vers une chuintante "ch".

 

Quelle poésie dans ce mot qui n'était, au départ, que le nom d'une bête, parmi d'autres !

 

Labiale initiale, prolongée par un "i", chuintante finale pleine de douceur, et d'harmonie, le mot "biche" déroule des images de nature, de bois, de forêts...

 

Des images d'un animal gracile, à l'élégance raffinée, au charme rempli de féminité.

On entre dans l'univers des contes merveilleux de Perrault, on entrevoit des images de légéreté, de grâce...

 

Ce mot nous fait aussi percevoir toute l'importance des sonorités de notre langue : les mots "biche" et "bête" produisent des effets totalement différents : on est sensible à la douceur de la biche et on ressent la brutalité de la bête.

 

La chuintante "ch", notamment, apporte une douceur qui n'apparaît pas du tout dans le terme "bête".

Le mot a pris, d'ailleurs, une valeur affecteuse dans les expressions :"ma biche, ma bibiche, des yeux de biche".

 

Dans les contes, la biche est, souvent, une figure féminine : animal à la course légère, au caractère farouche, elle symbolise la beauté... Des jeunes filles, des princesses sont souvent métamorphosées en biches.

 

Dans la mythologie grecque, la biche était consacrée à Héra, déesse de l'Amour et de l'hyménée, et elle était associée à Artémis, la vierge chasseresse.

 

Des images de liberté, de courses dans la nature, de légèreté surgissent à l'évocation de cet animal sauvage.

On perçoit une harmonie, une finesse dans les lignes, un museau fuselé, des pattes graciles, toute l'élégance de cet animal.

 

De grands yeux doux, un pelage couleur de brun doré parsemé de blanc...

 

Tout autour, un cadre champêtre : des arbres, des bois, des taillis, de grands espaces, des étangs, une nature intacte et préservée...

La biche aux yeux pleins de douceur nous entraîne dans un univers sauvage, un monde éloigné des réalités que nous connaissons...

 

Quelle légèreté, quel charme dans ce seul nom !

 

Le poème de Vigny : 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandscl...

 

 

 

http://youtu.be/bLNxHW4ZgXE

 

http://youtu.be/4_BavGnbmKM

 

 

 

 

 

 

 

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La parodie du poème de Vigny :

 

 



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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:17

 

ordinateur-internet

J'ai publié, récemment, un article sur la confiture, les images qu'elle évoque, l'art de la confectionner, l'étymologie du mot, ses origines...

 

Et, rapidement, les publicités sur la plateforme overblog se sont adaptées au sujet de cet article : trois publicités sont venues s'afficher, la première en haut : Mini pots confiture, ici... La deuxième : Créez gratuitement vos étiquettes à confiture... Et la dernière : Tu veux cuisiner comme un chef à la maison ? Clique ici pour gagner le Thermomix !

Des images colorées de fruits accompagnent les messages, un gros gâteau au chocolat se dessine, entouré de toques de chef-cuisinier...


Incroyable ! Désormais, la publicité est partout, et elle se conforme aux sujets traités sur internet....

Est-ce que des robots sont, ainsi, chargés d'illustrer les articles de messages publicitaires, en relation avec les thèmes traités, sur telle ou telle page ?

 

On a l'impression d'être, sans cesse, ciblé, pisté par la publicité !

Souvent, on a tendance à minimiser l'influence du phénomène, mais, sur internet, il suffit de cliquer sur un lien, pour se laisser tenter par tel ou tel produit...

 

On donne, même, l'illusion à l'acheteur potentiel qu'il va pouvoir gagner facilement un produit ou qu'il va pouvoir l'acquérir gratuitement.

L'essentiel est d'attirer le chaland, de l'appâter, par n'importe quel moyen de séduction...

Ces publicités sont, en plus, évolutives, elles changent : soudain, on voit apparaître une nouvelle fenêtre : une machine à faire des gaufrettes nous est proposée... Des recettes de cuisine gourmandes et délicieuses sont, aussi, présentées.

 

L'article est cerné, encerclé de publicités : comment y échapper ? 

Sur internet, on peut toujours télécharger l'application gratuite, Adblock, qui permet de bloquer toutes les publicités....

 

Mais par ailleurs, les publicités envahissent nos rues, nos écrans de télévision, les lieux mêmes de vente, les magasins...

 

Sur internet, on reçoit aussi  de nombreux mails publicitaires, aux titres aguicheurs : le deuxième produit à moins 50 %, soldes, réductions etc.

 

Internet devient le lieu de tous les pièges : il m'est arrivé de recevoir des mails frauduleux avec usurpation d'identité : de faux mails provenant de mon fournisseur d'accès internet, qui réclamait mes coordonnées bancaires... Parfois même, il était question de me rembourser un trop plein perçu en échange de mes coordonnées...

 

Internet se transforme en un réseau de duperies et d'artifices : nous sommes entourés d'embûches et d'embuscades de toutes sortes : il faut nous en prémunir et ne pas tomber dans ces leurres qui n'ont qu'un but : nous soutirer de l'argent...

 

Certains achats, sur internet, deviennent périlleux, car des réseaux se mettent en place, pour abuser les internautes : dans tous les cas, il faut rester vigilant !

 

 

 

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confiture Arnaud25

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 17:03
nid-d-oiseau-Stefan-Xp-creative-commons.jpg 
Texte emblématique du début de la seconde guerre mondiale, cette chanson dont les paroles ont été écrites par Louis Poterat, la musique composée par Nino Rastelli, inspirée par un air de Puccini, a connu un succès mondial... 
 
Ce simple titre "J'attendrai" est familier, pour beaucoup de gens : le verbe "attendre" employé au futur, à 4 reprises, dans le refrain, accentue l'idée de l'attente interminable du retour de celui qui est parti à la guerre. Des compléments et un adverbe de temps viennent ponctuer le texte et souligner la longueur de l'attente : "le jour et la nuit, toujours..."
 
Le son "ou" répété, les nombreuses voyelles nasalisées ralentissent le rythme et viennent insister sur cette idée d'attente infinie...
"J'attendrai
Le jour et la nuit, j'attendrai toujours
Ton retour
J'attendrai
Car l'oiseau qui s'enfuit vient chercher l'oubli
Dans son nid
Le temps passe et court
En battant tristement
Dans mon cœur si lourd
Et pourtant, j'attendrai
Ton retour..."
 
L'évocation de l'oiseau qui revient vers son nid donne, tout de même, de l'espoir à celui ou celle qui attend.
 
Mais, le thème du temps qui passe s'impose, avec le champ lexical de la tristesse :"tristement, coeur si lourd".
 
Les symboles de ce temps qui passe sont bien révélateurs : "des fleurs qui pâlissent, le feu qui s'éteint, une ombre qui s'avance et glisse", autant de belles images qui soulignent la fuite du temps.
 
L'horloge, aussi, rythme le temps et souligne de ses battements réguliers, la lassitude de l'attente : "les sons las" ne sont que le reflet de la fatigue éprouvée par celui ou celle qui est dans l'attente de l'être aimé...
 
Inéluctablement, l'imagination intervient, alors : on entend des bruits, on espère vainement.
 
Le texte s'achève sur un impératif répété "reviens", comme une prière adressée à celui qui n'est plus là.
 
Le thème du temps réapparaît, avec l'évocation "des jours et des nuits", l'absence se traduit par des "jours froids", et, à nouveau, avec une idée de tristesse.
 
Le vocabulaire affectif "si doux, émouvoir, tendresse, tes bras "accompagne cet espoir, une façon de provoquer un retour si attendu.
 
La mélodie semble osciller entre tristesse et espoir : la mélancolie se perçoit dans l'attente prolongée et qui n'en finit pas...
 
Nos parents et grands-parents ont fredonné cette chanson, elle a marqué la période de la guerre, au cours de laquelle de nombreux couples ont été séparés.
 
Elle reste liée à une période difficile, mais on perçoit dans le texte, l'espoir qui portait les gens, leur attente d'un renouveau...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Published by rosemar - dans chanson poésie guerre
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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:01

 

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Arbre déchiqueté, brûlé, courbé, silhouette noire et somptueuse, branches qui s'enroulent, et s'embrument des ciels de l'hiver...

 

Arbres aux ombres de brumes, aux éclats obscurs, aux formes tortueuses...

 

Formes étranges, squelettiques et fantomatiques, les arbres dénudés montrent leurs fourreaux sombres, ténébreux.

Des écheveaux de branches se dispersent sur l'horizon, des résilles entrelacées, des éclats de bruns, des envolées de fumerolles.

 

Des arantelles se dessinent, finement tressées, magnifiquement ouvragées.

 

Des dentelles apparaissent, si souples, si légères, elles envahissent le ciel de leurs entrelacs subtils...

Les branches se tordent, se replient, se courbent, se croisent et s'entrecroisent.

 

Des filets souples relient les rameaux, formant des myriades de motifs, d'une inextricable texture...

Noirs fuseaux de l'hiver, arbres calcinés, aux réseaux lumineux de dentelles !

 

L'arbre dépouillé révèle de nouvelles splendeurs, des teintes sombres et aériennes, des envols de brindilles.

 

L'arbre se découpe sur le ciel gris de l'hiver, sculpture étrange, fascinante.

 

L'arbre répand des fibrilles, il enlumine le ciel de ses arabesques somptueuses...

 

http://youtu.be/hOA-2hl1Vbc

 

 

 

http://youtu.be/0MYzkBiJn5Y

 

 

 

 

 

 

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