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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 18:45

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Des noms d'îles qui s'égrènent, des sonorités exotiques et pleines de douceur : "Belle île en mer, Marie Galante, Saint Vincent, Singapour, Seymour, Ceylan", c'est ainsi que commence cette célèbre chanson de Laurent Voulzy...

 

Ces noms nous font rêver : images de beauté, sonorité de sifflante "s" répétée, la côte Atlantique, les Antilles, la mer des Caraïbes, l'Asie du sud-est, l'Antarctique se déroulent sous nos yeux...

 

Paysages proches ou lointains, ces îles nous font voyager aux quatre coins de la planète.

Elles représentent, aussi, des mondes à part : le verbe "séparer", l'adverbe "loin" évoquent cette idée de solitude.

 

L'île symbolise un univers séparé, isolé, une image paradisiaque, mais aussi un éloignement...

 

C'est bien ce thème essentiel qui est traité dans cette chanson : le poète s'adresse à ces îles, en les personnifiant, en employant la deuxième personne du pluriel, "vous", il insiste sur l'importance de l'eau qui les entoure et les isole.

 

L'auteur en vient à évoquer ses souvenirs personnels d'enfance, avec l'utilisation du pronom personnel "moi", il parle de rejet, de violence, d'une solitude due à des différences : la couleur de la peau, notamment : le poète a connu, aussi, ce sentiment de solitude, de mise à l'écart.

 

On perçoit une pudeur dans l'expression, la comparaison "comme laissé tout seul en mer" traduit bien l'isolement de l'enfant devenu "un corsaire sur terre", belle image qui fait de l'enfant un être différent, perdu sur terre, victime d'un certain rejet, condamné à voir "l'amour passer".

 

"Karukéra", l'île aux belles eaux, autre nom de la Guadeloupe, la Calédonie, Ouessant, d'autres îles sont encore évoquées : on est sensible à la beauté et à la poésie pleine d'exotisme du mot "karukéra", on est ébloui par les voyelles étincelantes du nom "Calédonie", les sonorités feutrées de l'île d'Ouessant...

 

Dénommées "vierges des mers", elles semblent avoir été délaissées et oubliées de tous, malgré leur beauté et leur charme évident.

 

Ainsi, Laurent Voulzy évoque bien dans ce texte, un thème personnel , celui de l'exclusion, des différences qui mettent à l'écart certains êtres, une forme de racisme : ce sujet est traité de manière, à la fois, pudique, imagée et poétique.

 

Comment ne pas être sensible à la force d'évocation de tous ces noms propres d'îles lointaines ?

 

Le message du texte nous fait percevoir toutes les difficultés que l'on peut éprouver à vivre des différences, surtout lorsqu'on est un enfant...

 

La mélodie très douce traduit bien la fragilité de l'enfance et restitue la beauté de ces îles lointaines.

 

http://youtu.be/RUHDQvujbGM

http://youtu.be/0UL_dhNTpA0

 

 

 

 

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 18:25

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L'Europe est à l'honneur, cette semaine, avec l'élection du parlement européen, ce dimanche 25 mai, mais l'Europe est-elle, vraiment, une réalité ? Certes, nous faisons partie d'un même continent mais partout, en Europe, ce sont des lois, des façons de penser différentes : l'Europe du sud, l'Europe du nord semblent des entités distinctes...

 

L'unité européenne paraît indispensable, pour faire face à la mondialisation, pourtant quand on voit la complexité des institutions européennes, une Europe sans cesse partagée entre Bruxelles et Strasbourg, des parlementaires nombreux qui sont payés grassement, des frais de transports, des privilèges, on peut se poser bien des questions...

 

Combien nous coûte l'Europe ? Au nom de l'Europe, on nous demande, sans cesse, de faire des sacrifices, de réduire les déficits, de travailler plus, de reculer l'âge de la retraite.

 

Au nom de l'Europe, on impose aux citoyens des régressions sociales, on leur impose des réductions de salaire.

 

Comment, dans ces conditions, peut-on se sentir européen ?

 

On a plutôt l'impression que l'Europe entretient et exacerbe les divisions : tant de disparités dans les salaires, dans les droits sociaux, dans les législations !

 

Suis-je européenne ? Difficile de se sentir européenne dans une Europe si diverse, si contrastée, si diffuse.

 

Difficile de voir une unité dans cet ensemble disparate, cette mosaïque de peuples, de langues, de cultures.

 

Pourra-t-on un jour atteindre une quelconque unité, tant les différences sont nombreuses ?

Il faudra, sans doute, de nombreuses décennies avant de parvenir à une harmonie et une harmonisation de tous les pays.

 

D'ici là, nous courons le risque de subir une sorte de tyrannie de l'Europe : nous en voyons, tous les jours, les effets néfastes, pernicieux : un parlement européen éloigné du peuple, d'autant plus éloigné, d'ailleurs, que nos gouvernants, eux-mêmes, ne perçoivent plus les réalités et les difficultés que rencontrent les salariés ou les chômeurs.

 

Si l'Europe nous est indispensable pour faire face à la mondialisation, elle paraît trop pesante, dans ses institutions mêmes : un parlement européen qui voyage entre Bruxelles et Strasbourg, un autre lieu de travail est basé à Luxembourg : il rassemble le secrétariat général ainsi que les services administratifs et de traduction...

 

Comment pourrais-je me sentir représentée par des parlementaires européens si lointains, des carriéristes, des gens qui gagnent beaucoup d'argent et qui ne peuvent percevoir nos problèmes ?

 

Comment ne pas voir toutes les incohérences de la construction européenne ? Un référendum annulé, le vote citoyen méprisé en 2005, une dispersion dans les centres de décision, une institution qui coûte très cher.

 

Faut-il encore cautionner ce système ? Faut-il l'accepter ? Faut-il voter ?

 

Si l'abstention est massive, si on constate un rejet des institutions européennes à travers cette abstention, le message sera fort.

 

Comment peut-on se sentir européen, dans une Europe qui anéantit et tue les peuples ? Comment peut-on se sentir européen dans une Europe qui ne tient même pas compte du vote des citoyens ?

 

 Comment peut-on se sentir européen, alors que des mesures d'austérité se multiplient dans de nombreux pays, asphyxiant le peuple, le réduisant à néant ?

 

Peut-on, encore, accepter une Europe de la misère et du chômage ?

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:50

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La farigoule ! Dans le sud, tout le monde connaît le nom de cette plante qui court sur les collines de Provence ! La farigoule, c'est étymologiquement, la "petite sauvage"... et c'est aussi l'autre nom de cette plante aromatique : le thym...

 

Dérivé de l'adjectif latin "ferus", sauvage, auquel on a ajouté un suffixe de diminutif -culum, ce mot nous fait entrer dans le monde de Giono, de Daudet, de Pagnol, tous ces auteurs du sud qui ont si bien évoqué la Provence !

 

Elle sent si bon, la farigoule ! Elle nous fait humer les saveurs du sud, ses parfums de soleil, de mistral...

 

Elle nous emmène vers des collines bleutées, arides, sauvages, rebelles.

 

Par ses sonorités, elle nous fait percevoir la douceur, la rudesse de ces paysages du sud : fricative au début du mot, gutturales au centre, des voyelles variées qui chantent l'accent du sud !

 

Voilà un mot qui chante, qui se décline parfois en farigoulette !

 

La farigoule suggère d'autres senteurs du sud : le romarin, la lavande, la menthe, le fenouil, senteurs prégnantes, éclatantes qui s'épanouissent sous le soleil du midi...

La farigoule explose de parfums quand le soleil redouble, elle exhale des envolées de bleu, des douceurs infinies.

 

Elle s'exacerbe sous les ardeurs de l'été, elle embaume tous les paysages, elle se disperse sur les chemins, rebelle, sauvage, vive, ardente.

 

L'odeur se répand, voltige dans l'air, imprègne les collines... L'odeur s'empare des chemins, les vivifie, les exalte.

 

L'odeur virevolte, rebondit, joyeuse et triomphante !

La farigoule évoque d'autres noms et d'autres parfums du sud : le pèbre d'ail, la marjolaine, l'estragon , le basilic ou plante royale !

 

Des mots aux sonorités méridionales, des mots qui bourdonnent de lumières, de clarté, qui nous font entendre le mistral, la tramontane !

 

Certains vocables sont, ainsi, irrémédiablement liés à l'enfance, on les a entendus depuis toujours, ils font partie de nous, ils sont une forme de patrimoine, on aime les utiliser, et on en savoure tous les parfums, toutes les sonorités...

 

Certains mots nous parlent plus que d'autres, ils nous éblouissent, suscitent en nous des émotions, des sensations...

 

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 19:37

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Une fois de plus, le ministère de l'éducation nationale s'est couvert de ridicule : sous l'impulsion de Vincent Peillon, l'ex-ministre, la prochaine pré-rentrée scolaire devait se dérouler, exceptionnellement, à la fin du mois d'août, et non en septembre, histoire de grignoter une ou deux journées supplémentaires de travail... comme si c'était, là, l'essentiel : c'est méconnaître, complètement, la lourdeur des emplois du temps des élèves et des professeurs.

 

Une fois de plus, le ministère s'est trompé : trop éloignés de la base et du terrain, ces gens ne voient plus les réalités vécues par le personnel éducatif. 

 

Rajouter des journées de travail n'a aucun sens : ce n'est pas, là, une façon de résoudre les difficultés que rencontrent les élèves, il serait préférable d'introduire un plus grand nombre de cours en demi-groupes, de faire en sorte de bien orienter les élèves : certains adolescents se retrouvent en lycée, mais n'ont pas l'envie réelle de poursuivre des études.

 

Face aux protestations des enseignants, le ministère a cédé : la pré-rentrée aura bien lieu le premier septembre et la rentrée des élèves s'effectuera le 2 septembre.

Cette décision paraît juste : inutile d'alourdir un premier trimestre déjà très chargé, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves.

 

Inutile, d'ailleurs, de faire semblant d'améliorer le système, en rajoutant des journées de travail.

Il serait temps que les politiques prennent conscience des véritables difficultés des enseignants : accablés par les critiques venant des parents, des élèves, ils doivent même, parfois, se justifier face à des contestations, des remises en cause : ils sont victimes du mépris de l'administration, d'une grande partie de la société.

 

Quelle dignité nous reste-t-il, quand les enseignants doivent justifier des punitions, quand l'administration met en cause notre travail, face à des allégations d'élèves ?

 

Quelle dignité nous reste-t-il, quand nous sommes confrontés à l'indiscipline, l'insolence des élèves soutenus par leurs parents ?

 

Quelle dignité nous reste-t-il, quand nous sommes jugés et méjugés par des inspecteurs qui commettent des erreurs grossières sur leur rapport d'inspection ?

 

Quel est ce métier où les enseignants sont obligés de compenser les manques et les difficultés d'une société en crise ?

 

Quel est ce métier méprisé, dénigré de tous côtés ?

La rentrée de septembre des enseignants et des élèves n'a cessé d'être avancée, ces dernières années : elle se déroulait, aupararavant, vers le 12 septembre. On voit bien que la tendance est d'alourdir le travail des enseignants, comme si cette fonction n'était pas suffisamment complexe et difficile.

 

Les professeurs en ont assez d'être considérés comme des privilégiés ou des paresseux par ceux-là mêmes qui les dirigent, par leur propre ministère !

 

Encore une fois, on perçoit les incohérences des directives données par les politiques qui nous gouvernent : bien calés dans leurs fauteuils de ministres, ils sont à mille lieues des gens qui travaillent et qui bataillent tous les jours pour maintenir à flot l'éducation nationale.

 

Encore une fois, les enseignants ne voient aucune réforme cohérente se mettre en place : on leur propose de travailler toujours plus, dans des conditions indignes. Il est même question de rattraper la journée de pré-rentrée par des cours dispensés le mercredi après midi !!

 

Les français, les européens, les salariés, les enseignants en ont assez de ces décisions des gouvernants qui visent à les accabler, à les anéantir, sous le prétexte fallacieux de sauver une Europe à l'agonie.

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 17:49

 

 

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Des pignes de pins frissonnent sous l'air du midi : petites ruches d'alvéoles ambrées, elle dévoilent leurs teintes d'opales mêlées de bruns, de noirs, de rouilles...

 

Ombres légères sur l'arbre, elles l'illuminent de leurs éclats nacrés de blancs...

 

Perdues sur les branches, elles se balancent au vent, forment un ballet d'éclats lumineux.

 

Sous la chaleur, elles répandent une douce odeur de résine... elles imitent de petits nids hérissés de bois, des oasis irisés sur l'arbre, elles alternent ombres et lumières.

 

De leurs écailles bien dessinées, elles s'enroulent autour des aiguilles, en font ressortir le vert tendre et lumineux.

 

Sur le grand arbre, elles forment des grappes, se rassemblent, s'unissent, se côtoient en ruisseaux boisés.

 

Sur le grand arbre, elles dessinent des arabesques, des motifs d'entrelacs.

 

Des cônes de teintes plus orangées naissent sur d'autres branches, viennent ajouter des éclats d'incarnat sur le vert...

 

Nacres, bruns, verts, chrysanlines s'entrecroisent en un tableau chaleureux de couleurs sur le ciel du printemps...

 

Les pignes se hérissent de friselis d'ocres, de brumes, de tourbillons de vagues.

 

Les pignes s'irisent de clartés ombreuses, elles oscillent de luminosités sous le ciel céruléen...

 

 

 

 

 

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 19:47

 

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Dénoncer la guerre, ses horreurs, c'est bien l'objectif de Georges Brassens quand il écrit cette chanson : avec une ironie mordante, le poète fustige les va-t-en guerre, ceux qui n'hésitent pas à valoriser cette entreprise de mort, de massacre que sont toutes les guerres...

 

La chanson s'ouvre sur l'évocation de siècles d'histoire retentissants de conflits divers : la guerre a toujours accompagné les hommes, depuis Homère, belle référence littéraire qui nous rappelle la guerre de Troie et ses massacres.

 

Le locuteur qui s'exprime semble vouloir choisir la guerre la plus meurtrière et il affirme sa préférence pour la guerre de 14-18.

 

Il égrène différents guerriers illustres, ceux de Sparte, les grognards de Bonaparte, la guerre de quarante pour réaffirmer une prédilection irrépressible pour la guerre de 14.

 

On voit les épées, on entend les bruits des fusils, on perçoit des massacres qui semblent terribles, atroces et le personnage qui s'exprime, en faisant l'éloge de la guerre de 14, en montre aussi toutes les horreurs : il opère même un classement entre toutes les guerres.

 

Par le biais de l'ironie, Georges Brassens dénonce, en fait, toutes les guerres, celles qui se prétendent "saintes", celles qui sont, le plus souvent "sournoises", qui se cachent derrière des apparences trompeuses.

 

La guerre est, de fait, souvent présentée comme une action héroique : il faut entraîner les soldats dans les combats en mettant en évidence les aspects clinquants, héroïques, les vertus virilisantes de la guerre...

 

C'est bien ce que fait le locuteur dans cette chanson : il utilise un vocabulaire élogieux : "mérite, plaire, délice, guerre favorite"...

 

La mélodie entraînante s'accorde avec les propos de ce partisan de guerres violentes : elle semble mimer des chants guerriers destinés à accompagner les soldats qui partent à la guerre, la fleur au fusil...

 

On perçoit dans la musique tonitruante, comme un air de fanfare militaire...

Humour grinçant, ironie, références littéraires et historiques font de cette chanson une dénonciation percutante.

 

On perçoit toute l'hypocrisie qui préside dans ces conflits : il s'agit d'embellir la guerre, de la magnifier alors qu'elle conduit aux pires horrreurs, aux pires abominations !

 

Parfois mal compris, ce texte de Brassens a pu susciter des controverses mais il faut bien lire entre les lignes et percevoir toute l'ironie : ceux qui exaltent la guerre sont coupables de mensonges, de falsification de la réalité...

 

A l'heure où l'on commémore le centenaire de cette guerre meurtrière, il faut réécouter cette chanson de Georges Brassens car elle nous montre toutes les ignominies et atrocités commises à travers les siècles, au nom de la Guerre...

 

 

 

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 18:04

ecole

 "Il ne se passe jamais rien dans ce lycée." C'est ainsi que s'exprime une collègue... Evoquant une classe de seconde, dont la plupart des élèves sont bavards, peu travailleurs, je lui fais part de mon mécontentement et de ma volonté de signaler le problème à l'administration... C'est alors qu'elle m'assure de son soutien et déclare : "Il ne se passe jamais rien dans ce lycée", stigmatisant une sorte de loi du silence.

 

La loi du silence est, parfois, pesante dans les étabissements scolaires, il ne faut surtout pas provoquer des vagues et il faut absolument faire en sorte que le climat reste "serein".

 

L'administration fait, souvent, la sourde oreille : les CPE n'aiment pas trop être sollicités pour des problèmes de discipline... 

 

J'ai donc essayé d'évoquer ces difficultés au bureau de la vie scolaire : la réponse a été : "il ne faut pas hésiter à punir..." Mais lorsque les punitions n'ont plus aucun effet particulier sur les élèves, le problème demeure.

 

Effectivement, j'ai déjà puni plusieurs élèves de la classe et pourtant, les difficultés persistent...

 

Il semble que la plupart des collègues se plient à cette règle : la loi du silence, tout va bien, le lycée ne connaît pas l'indiscipline.

 

Pourtant, les embûches sont réelles : drogue, dispersion de l'attention, insolences, mensonges...

 

Avec 36 élèves par classe, il devient de plus en plus difficile de gérer les incivilités, les bavardages, les impolitesses, le manque de travail.

 

Et les enseignants sont seuls, face à des classes surchargées d'adolescents qui ne trouvent, parfois, aucun intérêt aux études : que font-ils là ? Ils s'ennuient, perturbent le cours, perdent leur temps.

 

L'isolement des enseignants est une réalité : trop souvent, ils ne sont pas entendus, écoutés, il leur faut régler, tout seuls, les problèmes.

 

Il leur faut subir une sorte de loi du silence, sinon, ils pourraient même être considérés comme des profs défaillants, des incapables.

L'enseignant est bien confronté à toutes les difficultés de la société à travers les élèves qu'il côtoie tous les jours...

 

Mais il faut sauver les apparences, faire semblant, ignorer les réalités : le lycée doit être préservé de toute atteinte.

 

Et quand des intervenants extérieurs se rendent dans les établissements, rencontrent les élèves dans leurs classes, ils perçoivent bien tous les obstacles rencontrés par les professeurs.

Ils sont même, parfois, atterrés par l'attitude de certains élèves : mépris, insolence, gestes déplacés, bavardages.

 

Ils ne pouvaient imaginer de tels comportements dans l'enceinte d'un établissement scolaire.

 

"Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes !" Cet adage est appliqué dans nombre de lycées et collèges : il faut éviter, à tout prix, de parler de ce qui fâche !

 

 

profs

 



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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:48

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 "Les ventres de girelles sanglées d'ocre et d'azur", c'est ainsi que Colette décrit les couleurs des girelles, dans un de ses romans, La naissance du jour.

 

La girelle est une de ces espèces de poissons osseux marins, très colorés, qu'on trouve dans l'océan Atlantique, le Pacifique, et surtout en Méditerranée.

 

Le mot vient du grec "γυρός rond, cercle", car le corps de ce poisson porte un ou plusieurs anneaux colorés : la girelle, poisson aux teintes lumineuses, étincelantes attire tous les regards...

 

De forme élégante, effilée, la girelle séduit par ses couleurs, sa finesse.

 

Les termes "gyrophare, gyroscope" appartiennent à la même famille, mais désignent des objets et des réalités moins attrayantes et moins poétiques.

 

Le terme "girelle" aux sonorités plus douces évoque l'univers marin, ses reflets, ses embruns, sa lumière : on voit le poisson qui brille dans l'eau...

 

En Provence, le mot peut désigner, aussi, une femme quelque peu voyante, trop maquillée, ou encore la compagne de quelqu'un : le terme oscille entre un sens péjoratif ou une signification plus neutre... Le nom est, dans ce cas, d'un usage familier.

 

La girelle fait partie du monde méditerranéen : elle entre dans la composition de la fameuse bouillabaisse, avec de nombreux autres poissons dont la rascasse, la vive, le rouget, le congre, la daurade, le merlan, la lotte...

 

Les noms des différentes variétés de girelles sont très évocateurs : arc en ciel, crépuscule, diamant, émeraude, nébuleuse, à raies d'or !

 

La girelle nous fait voir des paysages, de véritables tableaux, des couleurs variées, des pierres précieuses...

 

Univers minéral , nuages, ombres, lumières, tout un monde à découvrir tant les variétés sont nombreuses !

 

Le nom même de ce poisson résonne d'une syllabe finale très féminine, très aérienne.

Ce mot en évoque d'autres : "demoiselle, gazelle, oiselle, coccinelle, hirondelle".

 

Le suffixe-elle suggère souvent l'élégance, la séduction, la légèreté, la jeunesse.

Parmi tous les noms de poissons, la girelle se distingue par des sonorités éclatantes et douces à la fois....

 

Le mot fait songer à quelque prénom féminin, nous fait voir des silhouettes légères, des formes pleines de charme...

 

 http://youtu.be/cRwyVwHkNB8

 

 

 

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Photos : 1Cisamark,  2-3 Etrusko25,  4 Karelj        creative commons



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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 19:41

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Certaines personnes deviennent des spécialistes des logorrhées, et se livrent à des discours interminables, des blablas prétentieux pour énoncer des banalités...

 

La logorrhée ou "diarrhée verbale" révèle une envie de parler immodérée, excessive : le mot est dérivé du grec "logos", la parole, et du verbe rhéo qui signifie "couler, s'écouler".

 

La logorrhée est un flux verbal irrépressible, elle peut être écrite ou orale... Certains ignorent le sens de la concision, de la phrase bien ciselée, ils font des détours, des circonvolutions pour exprimer les idées les plus simples et les plus banales...

 

Les phrases sont parfois tortueuses, mal construites, délivrent des pensées, pour le moins, obscures : on s'y perd comme dans un labyrinthe, on butte sur des obstacles...

Le langage en devient, dans certains cas, amphigourique : le lecteur se noie dans un dédale cahotique, incertain, indécis et imprécis...

 

Dans leurs copies, certains élèves se laissent, ainsi, aller, au fil de la plume, à dégainer toutes sortes de phrases mal pensées, confuses, qui anéantissent le lecteur.

 

La logorrhée ne les gêne pas, comme elle ne gêne pas certains rédacteurs d'articles qui n'en finissent pas...

Certains se complaisent dans la confusion, dans un embrouillamini de phrases inextricables : ont-ils le respect des lecteurs ?

 

Ont-ils même le souci d'être compris ? Certains écrivent comme ils parlent, mêlant un vocabulaire familier à un langage courant.

 

Certains ne font plus la distinction entre l'écrit et l'oral : enchaînement de subordonnées mal construites, incorrections, phrases à rallonge.

 

L'écrit doit passer par un certaine considération du lecteur, mais ces habitudes se perdent : il s'agit d'aller vite, de dérouler ses pensées sans les mettre en forme et de déballer le maximum d'idées, en un minimum de temps.

 

Où est le plaisir d'écrire sans construction préalable, sans une concentration de la réflexion ?

Oublis de négations, style négligé, certains écrivent comme ils parlent, et parfois, la compréhension en est gênée...

N'est pas Céline qui veut ! 

 

D'ailleurs, les gens qui se livrent à cette forme de logorrhée font preuve d'une certaine arrogance : ils vous écrasent de leurs flots de paroles !

"Je parle beaucoup, donc, je domine !" Quelle aberration et quel aveuglement !

 

Certains deviennent même les chantres d'idées stéréotypées : "l'enseignement est fait pour formater", affirment-ils sans vergogne,  mais, enfin, c'est l'inverse !

 

L'enseignement et l'éducation sont conçus pour inciter à la réflexion : il faut ne pas avoir été enseignant, pour émettre de telles idées qui en viennent à nier la valeur de l'enseignement !

 

Combien de textes sont étudiés en classe et combien servent à la réflexion ! Textes sur la guerre, sur l'éducation, sur la misère et l'exploitation des hommes, sur l'égoïsme, sur la bêtise, sur le manque de lucidité !

 

La logorrhée conduit, parfois, à se laisser emporter, à oublier toutes nuances !

 

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 10:56
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"Rappelons-nous nos beaux jours, les jours où nous étions gais, où nous étions plusieurs, où le soleil brillait, où les oiseaux cachés chantaient après la pluie, les jours où nous nous étions promenés dans le jardin ; le sable des allées était mouillé, les corolles des roses étaient tombées dans les plates-bandes, l'air embaumait. Pourquoi n'avons-nous pas assez senti notre bonheur quand il nous a passé par les mains ?", a écrit Flaubert dans une de ses nouvelles, intitulée Novembre... Flaubert évoque des bonheurs d'autrefois associés à la nature, à ses beautés, aux corolles parfumées des roses.
 
 
La corolle d'une fleur ou "petite couronne" est, sans nul doute, la partie la plus élégante d'une fleur : telle une robe, elle se déploie autour du coeur de la fleur, se teinte de mille nuances, elle forme des tourbillons de pétales épanouis, elle constitue la parure de la fleur.
 
Diminutif du latin "corona", la couronne, ce nom est associée à la beauté, au rayonnement...
 
Avec ses sonorités de gutturales, sa voyelle "o" répétée, le mot contient l'idée même d'admiration, d'éclats...
 
La corolle s'ouvre progressivement et dévoile toute sa splendeur : des couleurs, des formes, des senteurs, des éblouissements de motifs, des pliages, des enroulements, des écumes de vagues qui déferlent.
 
Vagues de rose, de rouges, de xanthe, de ciel bleu, de lavande, de blanc de lys.
 
Vagues de senteurs, de parfums enivrants, de subtils ballets de lumières...
 
Des corolles de soie, d'organdi, de velours, de moires éblouissantes apparaissent... Textures étonnantes, douces, légères, évanescentes, vaporeuses.
 
Les couleurs s'entrecroisent, se confondent, se mêlent, se superposent dans des entrelacs inouis.
 
Les corolles dessinent de festons, des horizons ondulés, des éclats de feux, des rosaces, des trompettes, des tentures, des toiles si variées...
 
Les corolles se froissent parfois, se parent de frissons, de légers frémissements, elles forment un ballet rayonnant, elles tourbillonnent, virevoltent, s'embrasent de pourpre et d'éclats de roses.
 
Elles illuminent les jours de printemps, elles côtoient tout un monde de vie, de mouvements : papillons, insectes, abeilles, bourdons, coccinelles.
 
Elles attirent et séduisent tous les regards, elles s'emparent du monde, le saisissent, le rendent plus pur, plus éblouissant...
 
Elles capturent et captivent l'univers : elles sont l'essence même du monde, elles embaument les jardins, les peignent de mille teintes.
 
Et même tombées, les corolles envahissent, de leurs parfums, les jardins et irisent le sol de leurs éclats de couleurs...
 
 
 
 
 
 
 
 
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