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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 18:05

 

torrent-Pere-Igor-creative.JPG

 

"Le Drac, avait dit l’abbé, est un des plus redoutables torrents qui soient en France ; actuellement, il se montre placide, presque tari, mais vienne la saison des ouragans et des neiges, il se réveille, pétille ainsi qu’une coulée d’argent, siffle et s’agite, écume et bondit, engloutit d’un coup les hameaux et les digues", a écrit Joris-Karl Huysmans, dans son roman, La Cathédrale.

 
Curieusement, le mot "torrent" est issu d'un verbe latin "torreo" qui signifie "brûler" : étrange étymologie qui peut s'expliquer par un sens voisin du verbe "torreo : être bouillonnant", et on perçoit bien, alors,  une eau vive, turbulente qui est celle des torrents.
 
Le torrent nous fait voir des paysages de montagnes abrupts, tourmentés, il nous fait entendre sa voix puissante d'eau emportée et tumultueuse, il nous montre des remous, des éclaboussements d'eau pure, des ruissellements pleins de force et de vivacité.
 
Ce mot aux sonorités de dentale, de gutturale répétée traduit une certaine violence : le torrent nous emporte dans un courant irrésistible, dans des flux tempétueux...
 
La voyelle nasalisée "an" fait virevolter ce mot et nous emmène dans un enroulement de vagues et de rebonds.
 
Le torrent, c'est la fougue, la vivacité, le débordement !
 
Le torrent, c'est la vie, la passion ! C'est le risque, l'aventure !
 
Ce mot est souvent utilisé de manière imagée : un torrent de larmes suggère une peine infinie, un chagrin inconsolable... le torrent des passions est irrésistible... un torrent d'injures peut être associé à la colère, on peut voir ondoyer aussi le torrent d'une chevelure, couleur d'or...
 
Le désir humain peut devenir un torrent... l'ambition peut être comparée à un torrent.
 
Ce mot implique une idée de violence : Homère, dans l'Iliade et l'Odyssée compare souvent les guerriers à des torrents impétueux qui emportent tout sur leur passage, comparaisons amplement développées qui donnent lieu à de véritables tableaux, ayant trait à la nature.
 
Le torrent nous ramène vers des lieux champêtres, sauvages, des paysages de montagne, vers une nature désirée, alors que nous vivons, souvent, dans des villes...
 
La montagne, son air pur, ses sommets aériens qui permettent d'oublier le monde moderne... La montagne, ses paysages vallonnés, boisés et ses senteurs d' épicéas, de sapins, de résineux....
 
Le torrent nous fait retrouver ces impressions d'une nature intacte, sauvage...
 
La fraîcheur de l'eau, sa pureté, sa transparence !
 
Cette eau limpide, vivifiante nous fait voyager vers une harmonie retrouvée : pureté des sons, de la lumière, des ondes, pureté des paysages, limpidité des couleurs....
 
Entendez-vous le torrent qui s'emporte et roule dans les montagnes ? Voyez-vous l'eau caracoler dans des tourbillons d'écumes ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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mont-viso-Aleks.jpg
Montagnes-du-jura Alaux auteur



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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 10:04

soleil libre

 

Une photo d'autrefois...

 

Ma mère, grande, brune, ma mère à 30 ans : élégante et fine, sourire radieux dans les rues de Marseille, ma mère auprès de mon grand-père, éclatante de bonheur : un instantané de vie rayonnante, un bonheur tranquille et serein.

 

Cheveux au vent, insouciance, visage épanoui et confiant, grand manteau, robe à carreaux que dévoile un pan du vêtement, les yeux rieurs, jambes allurées, démarche légère, aérienne...

 

A ses côtés, mon grand-père massif, un gros caban de couleur beige, une casquette claire, les mains dans les poches, et tout près, la silhouette frêle de ma mère...

 

C'est l'hiver, dans les rues de Marseille : on perçoit le froid un peu vif de l'air, un mistral qui souffle, peut-être... les tenues sont chaudes, ma mère porte des gants sombres et tient, à la main, un petit paquet de couleur blanche.

 

Cheveux épars bruns, bouclés, on sent un air de liberté, un épanouissement suprême sur le visage de ma mère, un bonheur rayonnant...

 

Elle rayonne de jeunesse, de distinction, elle goûte l'air du midi et s'en délecte...

Elle sait capter l'instant fragile et fugace, elle sait, sans doute, la rudesse du monde mais elle est pleine de légèreté.

 

Pleine d'harmonie dans la démarche et le visage encore un peu rond de l'enfance, pleine de certitude, ouverte sur le monde, épanouie...

 

Telle est ma mère, telle, elle a toujours été, aimant le monde, son harmonie, les senteurs du monde, ses parfums, ses couleurs et ses formes.

 

Le soleil est là, on voit les ombres qui se profilent, sur le trottoir, mais le soleil est surtout sur le visage et dans les yeux de ma mère.

 

Le soleil est dans sa démarche, dans ses gestes, dans la rondeur du visage...

Le soleil rayonne, il est là, dans le sourire, dans le regard lointain, posé sur l'avenue, sur le monde, le regard est conquérant, assuré...

 

Le paquet blanc, près du manteau sombre de l'hiver, est tenu précieusement, comme un objet à préserver, à protéger.... comme un trésor...

 

Sur un mur, on lit l'inscription tronquée : défense d'afficher, le décor urbain fait voir dans le fond, des immeubles, des balcons, la foule dans les rues.

 

C'est l'hiver, mais le soleil resplendit dans les yeux de ma mère...

 

 

http://youtu.be/ZpA0l2WB86E

 

 

 

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Published by rosemar - dans souvenirs
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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 16:48

 

lucioles-Quit007-creative.jpg

 

Les lucioles sont des insectes vraiment étonnants : invisibles le jour, elles émettent de vives lueurs, dans l'obscurité de la nuit... elles parent, alors, les jardins de guirlandes lumineuses éblouissantes.

 

Les lucioles, associées au nom latin "lux", qui désigne la lumière, possédent de merveilleux pouvoirs de brillance, dans les ténèbres de la nuit.

 

En plein été, c'est une aubaine que de les percevoir, sous un ciel étoilé, comme des réverbérations d'étoiles, sur le sol...

 

C'est comme si le ciel et la terre se rejoignaient dans une harmonie d'éclats !

 

C'est comme si les lucioles imitaient les étoiles, les reflétaient à dessein...

 

Miroirs du ciel, les lucioles sont capables de reproduire un ciel illuminé d'étoiles.

 

On en voyait, autrefois, dans le jardin de la maison de l'Estaque : il suffisait de se poster sur le balcon qui surplombe les plates-bandes, pour en apercevoir plusieurs, entre les branchages des rosiers...

 

Belles lueurs nocturnes !

Il suffisait de lever les yeux vers le ciel, pour voir s'éclairer la Grande Ourse, le Grand Charriot et son scintillement.

 

Eclats du ciel et de la terre se rejoignaient et étaient, alors, accessibles à nos regards ébahis : ma petite nièce raffolait de ce spectacle divin et c'était, comme un jeu, d'aller observer ces étoiles du ciel et de la terre.           

 

Tous les soirs, on allait contempler les lucioles et tous les soirs, elles nous offraient le spectacle de leurs chapelets lumineux...

 

Elles ne manquaient jamais à l'appel et on les retrouvait, tous les soirs, à la même place, fidèles au rendez-vous.

 

On regardait, ensuite, attentivement le ciel, pour repérer l'étoile polaire, une des plus brillantes dans le ciel...

 

Ce jeu d'observation se prolongeait, un moment, dans la douceur des nuits d'été : on commentait la clarté du ciel, l'éclat particulièrement intense des lucioles, leur taille, leur nombre.

Ce jeu de lumières nous fascinait, et emplissait nos yeux de rêves lumineux.

 

On admirait, comme un spectacle, ce jeu de reflets, ces images brillantes de la nuit, venues du fond du jardin et des espaces célestes.

 

On se délectait des splendeurs de la nuit, de l'odeur des cyprès qui encadraient le jardin, du parfum des roses qui traînait dans l'air...

 

 

Pour la nuit des étoiles : pour repérer le grand charriot, et l'étoile polaire :

            http://video.lefigaro.fr/figaro/vid...

 

 

http://youtu.be/ZHIwnAk2gGA

 

http://youtu.be/dqwSde_eEv4

 

http://youtu.be/vG16V1OAwMI

 

 

 

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 14:18

 

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Au sommet des colonnes, des forêts somptueuses de feuilles d'acanthe se hérissent, se dressent, et retombent en corolles.

 

Issu du grec ancien, "ανθός, anthos", la "fleur", le mot "acanthe" désigne une plante, aux feuilles épineuses et acérées...


Les feuilles d'acanthe composent de véritables motifs, en volutes, sur les chapiteaux corinthiens : des retombées de feuilles, pleines d'élégance, s'épanouissent, en haut des colonnes.

Le mot résonne de sa voyelle "a" reprise sous une forme nasalisée, "an", comme un écho sonore, il retentit de ses consonnes, gutturale et dentale.

 

Ce mot rappelle d'autres noms de fleurs : anthémis, chrysanthe, chrysanthéme, amaranthe, aux sonorités éblouissantes.

Les feuilles d'acanthe nous font voir des formes voluptueuses, des enroulements, des vagues, des motifs délicats.

 

Sur les hautes colonnes élancées, on admire des encorbellements, des subtilités de feuilles, celles-ci débordent sur la colonne, elles s'épanchent, formant des embruns, des dentelles finement ouvragées.

 

L'acanthe orne les colonnes, les sublime, en fait des oeuvres d'art lumineuses, l'acanthe dessine des fleurs d'élégance, des corolles épanouies, des basquines légères.

 

Les colonnes se parent de ces souplesses de feuilles, de ces friselis, de ces frémissements subtils.

 

Les feuilles découpées forment des réseaux et les colonnes se drapent de tissus, de mailles, d'étoffes dentelées d'une blancheur étonnante...

 

Les éclats de feuilles se multiplient en haut des colonnes, ils composent des motifs en relief, des arabesques, des épis de lumières.

 

Belle harmonie de formes pour ces oeuvres sculptées par des artistes d'autrefois, grecs ou romains...

Belle pureté dans les lignes qui se croisent et s'entrecroisent !

 

Des forêts de motifs, de nervures se dessinent...

 

Certaines feuilles semblent se mouvoir, chavirer, s'enrouler sur elles mêmes, comme agitées par des souffles d'air.

 

http://youtu.be/X-77I_VFNm8

 

http://youtu.be/PuyYc0gINbU

 

 

 

 

 

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Photos : 1-2-3 : rosemar / 4 : Meneerke Bloem / 5 : Sony Mavica   créative commons

 



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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 16:53
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"Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !"
 
Ces vers célèbres de Baudelaire sont extraits d'un poème intitulé "Harmonie du soir", inséré dans Les Fleurs du mal. Baudelaire évoque, ici, une sorte de vertige des sensations, lié au crépuscule.
 
Le mot "vertige" vient d'un verbe latin "vertere" qui signifie "tourner" : l'étymologie révèle bien ce qu'est le vertige : un tournoiement de tête, un malaise, un égarement...

Le vertige nous fait "tourner", il nous fait perdre l'équilibre, il nous perturbe, nous trouble la vue... Le vertige est, souvent, un vrai malaise mais il peut être dû, aussi, à notre imagination.

 

C'est Montaigne qui, dans une page célèbre des Essais, analyse ce phénomène du vertige : Montaigne montre bien toutes les illusions de la perception et de la vue : on peut, parfois, éprouver une impression de vertige, quand on se trouve sur une hauteur, même lorsqu'on est protégé par un parapet, et que l'on ne court aucun danger.

 

C'est notre imagination qui intervient, qui nous fait éprouver de la peur, alors même qu'on ne risque rien : l'imagination nous trompe, nous abuse.

 

Le mot peut être utilisé, aussi, de façon imagée : le vertige de l'ambition, de la haine, de la jalousie, de l'amour, le vertige de la passion... Le mot suggère, alors, une forme d'égarement qui nous emporte dans un tourbillon.

 

Ce nom aux sonorités de fricative, de gutturale, de dentale et chuintante nous entraîne dans un tourbillon de consonnes variées et nous fait éprouver ainsi une sensation de vertige !

 

Etonnante correspondance entre le mot et la notion qu'il désigne !

 

Le vertige nous entraîne sur des échelles, des hauteurs de montagnes escarpées, des précipices, des sentiers périlleux.

 

Ce mot appartient à une famille très productive, issue du verbe latin, "vertere" : versant, versatile, verser, verset, versification, version, verso, adversaire, anniversaire, averse, aversion, bouleverser, controverse, conversation, conversion, déverser, divers, envers, inverse, irréversible, malversation, pervers, reconversion, renverser, subversif, tergiverser, transversal, travers, univers...

On voit, là, un vertige de mots dont la relation avec le sens initial "tourner" n'est pas toujours évidente !
 
Le terme "univers", par exemple, signifie d'abord : "tourné d'un seul élan vers", puis, "tous ensemble"... L'anniversaire "retourne" et revient tous les ans... Le "versus" ou le "vers" désigne, d'abord, le fait de "tourner" la charrue au bout du sillon, puis il évoque une ligne d'écriture.
 
Le vertige, quant à lui, nous fait tournoyer de peurs, d'émotions, de passions, parfois.
 
Associé au soir, dans le poème de Baudelaire, le mot suggère des moments qui nous conduisent vers l'oubli, le sommeil, les rêves...
 
Baudelaire nous entraîne dans un tourbillon d'images et de sensations... images religieuses, sensuelles, mélancoliques, liées à la nuit qui arrive...
 
Le poète arrive, même, à nous faire percevoir et ressentir la sensation de vertige, grâce à un chiasme, dans l'expression : "Valse mélancolique et langoureux vertige !" Les adjectifs inversés, dans les deux groupes de mots, suggèrent un tournoiement irrésistible.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Photos : Christelle et rosemar



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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:25

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On l'appelait pépé, comme on le faisait, autrefois : pépé Déri, diminutif de son prénom Frédéric, un beau prénom qui claque ! 

 

On le voit, sur une photo d'autrefois, assis sur sa barque de pêcheur, à l'Estaque, en train de ravauder ses filets, attentif à sa tâche, pendant que, derrière lui, enfants, nous mimons le salut militaire.

 

Tout autour, des paniers, des sacs, des jambins, des cordages, des rames, tout un attirail de pêcheur...

 

Tout autour, la mer, le port de l'Estaque, une bette dans le lointain, les replis de la mer, la jetée...

 

Le teint basané, les cheveux blancs qui dépassent d'une casquette de marin, de couleur sombre, mon grand-père s'occupe de ses filets, largement étalés sur la barque, il les ravaude, les met en ordre pour la prochaine pêche, travail attentif et patient.

 

Le filet de nylon, d'une blancheur éclatante, et son quadrillage de mailles régulières envahissent l'espace de la barque.

La mer est là, sereine, à peine ridée, tranquille, comme l'est mon grand-père, paisible, aux mouvements calculés et lents.

 

On sent l'odeur de la mer, le sel marin, les senteurs de poissons, de cordages.

 

On perçoit le dur labeur du pêcheur et aussi, le temps qui s'étire, le temps que l'on prend, un certain bonheur de profiter du temps qui passe.

On perçoit le temps d'autrefois, un certain art de vivre, sans se presser.

 

Mon frère et moi, sur le fond du bateau, nous semblons étonnés et émerveillés de ce spectacle de la mer, comme bercés par la barque.

Mon frère avec sa petite casquette de marin semble vouloir imiter mon grand-père, son salut est mal assuré, comme le mien, gestes à peine esquissés...

 

Mon grand-père apparaît comme le maître incontesté de sa barque : assis, impassible, il nous tourne le dos, pris par son travail, l'air sérieux, concentré, alors que nous sourions timidement pour la photo.

 

Le dos penché en avant, les mains rugueuses... on sent, aussi, la lassitude du pêcheur, ses soucis, ses angoisses, l'âge qui pèse, les soucis du lendemain.

 

On entrevoit le dur labeur de l'ouvrier pêcheur qui doit entretenir son bateau, ses outils.

On lit la fatigue, on voit les traits marqués du pêcheur qui travaille au grand air, dans le froid ou sous les soleils accablants de l'été.

 

Le paysage alentour est superbe : la mer redoublée, l'infini des flots, leur murmure, l'eau moirée de mille reflets, le sac et le ressac de la mer...

 

Le paysage impassible nous raconte la nature immuable et les splendeurs renouvelées de la mer...

 

http://youtu.be/P5ItNxpwChE

 

 

 

 

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Photo sous la vidéo : Jean Pierre Bazard  creative commons / Tableaux de Haquette, Maroniez et Cézanne



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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 17:02

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Dans cette belle chanson d'amour, forte et passionnée, Francis Cabrel évoque les tourments de celui qui aime : la chanson s'ouvre sur le pronom "elle", qui désigne la femme aimée... celle-ci semble dotée de tous les pouvoirs : capable de "faire changer la course des nuages", capable de "balayer les projets" de l'amoureux.

 

L'amour emporte tout, sur son passage, il est si fort, provoque tant de tortures qu'il "fait vieillir, bien avant l'âge".

 

La femme, même volage, même disparue et perdue, dans "les vapeurs des ports", est toujours présente, à l'esprit de l'homme qui aime et on perçoit, malgré toutes ses infidélités, un amour qui reste immuable.

 

Malgré les trahisons, les révoltes, l'amour s'impose. Le verbe "hurler", la malédiction, à laquelle est vouée la femme, suggèrent toute la violence de la passion.

L'emploi du futur : "elle te fera, tu la perdras, elle rentrera" souligne une sorte de fatalité inéluctable, à laquelle l'amoureux ne peut échapper.

 

Et même le pardon est inéluctable : "Elle voudra que tu pardonnes et tu pardonneras"... La volonté de la femme aimée l'emporte sur tout.

Une phrase, brève, récurrente et péremptoire, "c'est écrit", restitue cette fatalité irréversible.

 

L'utilisation de la deuxième personne "tu", tout au long du poème, confère une sorte d'universalité et de familiarité au message... Tout le monde a pu connaître ce sentiment du caractère impérieux de l'amour.

 

Le thème de l'attente transparaît dans les prières, dans les nuits passées à regarder dehors, dans les bars écumés, pour retrouver l'amoureuse perdue. Les pluriels : "les heures, tous les bars, les nuits" soulignent cette attente et cette quête inlassable.

 

Une succession de questions restitue l'angoisse de l'amoureux : "Qu'est-ce qu'elle aime, qu'est-ce qu'elle veut ? Qu'est-ce qu'elle rêve, qui elle voit ?"

 

L'image des "ombres", sous les yeux, dessinées par la jeune femme, celle des "cordes", qu'elle enroule autour des bras, traduisent bien, à la fois, les tourments de l'amour et sa force.
 
Un nouvel interlocuteur semble intervenir pour évoquer "les soupirs, les dentelles" de l'amoureuse qui a vieilli, qui "n'est plus vraiment belle".
 
Mais, peine perdue, l'amour est toujours là, intense, dans le refrain : "Elle n'en sort plus de ta mémoire..."
 
L'image de la femme réapparaît, sans cesse, comme dans un rêve récurrent, elle "danse derrière les brouillards." Cette simple phrase imagée suffit à évoquer une sorte d'obsession de l'amoureux : les sonorités de dentale "d", de gutturale "r" répétées peuvent suggérer une forme de hantise.
 
Le poème s'achève avec l'idée de quête "tu cherches et tu cours ", et avec l'emploi insistant de la première personne : "Moi, j'ai vécu la même histoire"...
 
Le poète en vient à évoquer sa propre expérience douloureuse, sa propre quête de l'amour et réaffirme à trois reprises qu'il "compte les jours". Ainsi, l'attente semble se prolonger à l'infini...
 
La mélodie retranscrit bien les difficultés de la passion amoureuse, alternant douceurs, tendresse, force et éclats.
 
Photos : 1: Vassil / 2 : tableau de Sisley / 3 : llias 81   creative commons                                         
 
  
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brouillard llias 81 Libre
brouillard D Friedrich)



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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 17:41

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La guerre en Palestine, la guerre en Ukraine, un avion de la compagnie Malaisia Airlines abattu en plein vol au dessus de l'Ukraine, un autre avion d'Air Algérie disparu, la crise, le chômage, le mauvais temps, les orages qui ont fait des victimes, l'actualité résonne, tous les jours, d'échos effrayants et terribles : on aurait presque envie de ne plus regarder les infos, de se couper du monde, pour ne plus assister à ce cortège inlassable et infini de mauvaises nouvelles.

 

Cet été 2014 est bien morose : nulle bonne nouvelle à se mettre dans la tête, nulle éclaircie qui permette de rêver à un avenir meilleur...

 

Les journaux déroulent leur défilé implacable de malheurs et de haines.

 

C'est,  pourtant, l'été, le temps des vacances, le bonheur des retrouvailles avec la nature...mais même la météo est contraire et vient obscurcir le ciel estival.

 

Ce monde est-il en train de sombrer dans le marasme, le désarroi ? On s'inquiète, tous les jours, de la tournure de nombreux événements.

 

La morosité est partout : sur les journaux, dans l'air, dans le ciel...

 

Tout semble tourner mal, se détériorer... Même le journal Agoravox a perdu sa présentation originale et si particulière : ce journal s'est aligné et formaté sur tant d'autres publications, avec une présentation uniformisée, sous forme de colonne interminable...

 

Il faut voir la cascade de mauvaises nouvelles qui se déversent....une avalanche d'articles sur la Palestine, Israël, l'antisémitisme, sur cet avion abattu en Ukraine, sur le président F. Hollande accablé de tous les lazzis possibles et imaginables.

 

Vive la diversité et le pluralisme ! Vive la liberté d'expression ! 

 

On est accablé par le déversement, sans fin, de nouvelles alarmantes, on étouffe sous le poids de la colonne !

 

Mieux vaut, sans doute, éviter de se laisser prendre au vertige d'internet, mieux vaut ne plus se laisser accabler par tant d'horreurs et de misères !

On a envie de respirer un air pur, moins pesant, on a envie de souffles nouveaux, de respirations...

 

On a envie de passer du temps au jardin, de sentir le parfum des fleurs, de marcher dans la nature, d'oublier ce monde infernal, fait de violences et de haines.

 

On a envie d'oublier un monde informatisé, encadré, quadrillé, on a envie de liberté !

 

Face à une information accablante et désolante, mieux vaut fermer l'ordinateur, mieux vaut oublier cette uniformité écrasante d'informations aux relents d'apocalypse !

 

La nature, ses couchers et ses levers de soleil, le vent, la campagne environnante nous attendent.

L'odeur des pins, de la mer, le parfum des roses, les couleurs infinies de verts, les éclats nuancés du ciel nous appellent...

 

 

 

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Photos : rosemar



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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 16:43
curcuma guilleron creative commons

"Sur la fadeur de la nourriture de base, viennent se poser les saveurs éclatantes des épices, comme autant de couleurs vives sur une page blanche." C'est ainsi que Michel Tournier fait l'éloge des épices, dans un de ses ouvrages, intitulé Célébrations...
 
Le nom "épice" vient du latin, "species", qui a diverses significations : "vue, regard, aspect, apparence", puis, "espèce", "denrée, drogue, ingrédient, épice".
 
Le terme latin "species" est, donc, à l'origine de deux noms distincts : "espèce et épice"... avec des spécialisations de sens très différents.
 
Le mot "épice" renferme mille saveurs, des myriades de parfums exotiques et lointains... Avec ses sonorités de labiale, de sifflante, le mot dessine des goûts subtils ou plus intenses, des parfums mystérieux, étranges, qui semblent recéler des vertus et des pouvoirs magiques.
 
Une "apparence", tel est le sens premier du mot "species", dans lequel on perçoit une sorte d' énigme, de secret.
 
On songe à la route des épices : les épices comme la cannelle, la cardamome, le gingembre, et le curcuma étaient connues, et commercialisées en Orient, depuis la haute Antiquité. Ces épices étaient acheminées le long des routes du Moyen-Orient, avant le début de l'ère chrétienne, elles étaient associées à des histoires fantastiques, faisant intervenir la magie.
 
Les épices évoquent, aussi, une multitude de couleurs : rouge, ocre, orangé, vert, brun, couleur de terre.
 
Arômes, couleurs, goûts, parfums, quel monde de sensations variées dans les épices !
 
On songe à tous ces mots : le clou de girofle, la muscade, le poivre, le gingembre et le safran, noms variés d'épices, noms anciens issus du grec, du sanscrit ou de l'arabe.
 
Le safran, l'or rouge aux saveurs parfumées, originaire du Moyen Orient, fait épanouir ses teintes d'ocre et de rouille.
 
Le poivre aux éclats de gris, de noirs rayonne de piquant et de douceur à la fois.
 
Le gingembre résonne de ses voyelles nasalisées qui chantent et réveillent les sens.
 
Les épices sont comme des écumes de goût, des embrasements de couleurs : le curcuma se pare de teintes de chrysanline, le curcuma, aux sonorités redoublées, fait plaisir à entendre.
 
La cannelle, avec son suffixe de diminutif, nous fait songer aux couleurs douces de l'enfance.
 
Les épices, leurs noms, leurs couleurs nous emmènent vers l'orient, ses paysages de dunes, de barcanes, ses ondoiements de sable... les épices nous font voir des souks, des étalages bariolés et pittoresques.
 
Les épices nous font rêver à un monde coloré, aux parfums audacieux, pimentés ou plus doux...
 
 
 
Un film : La route des épices : 
 
 
 
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Photos : en haut : Le curcuma auteur : Guilleron / en bas : La cannelle  auteur : Thiry  Creative commons



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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 17:35

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Nous gardons tous des souvenirs des lieux de notre enfance : maison d'autrefois, cuisine, chambre, terrasse...

 

La terrasse, en particulier, est un lieu de découvertes : ouverte sur l'extérieur, elle permet de s'aérer, de goûter l'air du temps, de jouer.

 

La terrasse de notre enfance était une cour rectangulaire, assez pauvre et dénudée, cernée, d'un côté, par un mur gris, couvert de dessins à la craie, de l'autre, par un grillage.

 

Une table en bois, éraflée, avec des abattants, se dressait près du mur, garnie d' un seau et d' un vieux pot de fleurs.

 

Au fond, la porte d'entrée de la maison, mi-bois, mi-vitrage, un rideau de lanières en plastique aux couleurs bariolées, un vieux mur lézardé.

Près de la porte, était disposée une caisse à jouets, sorte de caisson en bois où l'on rangeait des objets divers...

Calés sur le bord, dans un coin, on pouvait voir des rames, un salabre, un parasol... Près de la table une chaise longue en tissu rayé.

 

Aucun luxe, un certain dépouillement dans le décor, une terrasse d'autrefois animée par nos petits jeux d'enfants : la marelle, le hula hoop ou le cerceau, le diabolo, la corde à sauter, des balles, des billes.

 

Ma grande soeur excellait à lancer le diabolo, et à le rattraper, avec habileté, sur le fil en nylon... J'essayais, pour ma part, de faire tourner le hula hoop, autour de ma taille et j'ai dû acquérir, à ce jeu, une certaine souplesse.

 

Des chats peuplaient aussi la terrasse et faisaient toute notre joie : chat tigré, chat grisé et blanc, chat noir.

 

Petits, ils égayaient la terrasse de leurs jeux, de leur mines, de leurs découvertes...

Des chats aux minois inoubliables, charmeurs, tantôt attentifs, tantôt rieurs.

 

La terrasse permettait de prendre le frais, le soir, aux beaux jours, de goûter à la clarté de la lune, de paresser au soleil pendant l'été...

La terrasse nous offrait un havre de paix, à l'abri des regards extérieurs : même pauvre, c'était un luxe ! 

 

On pouvait y faire la lessive en été, étendre du linge : ma mère sortait sa vieille machine à essorer, avec un rouleau où l'on passait le linge.

 

On pouvait, à loisir, toucher l'eau et savourer le bonheur des lessives d'autrefois, en plein air...

 

En été, mes parents installaient une bassine assez grande pour que nous puissions barboter et clapoter dans l'eau.

 

On pouvait s'asseoir sur le pas de la porte, deviser,  observer la rue et ses passants.

 

La terrasse n'était pas un jardin fleuri, verdoyant, c'était, pourtant, une sorte de luxe !

 

La terrasse nous donnait une impression de liberté, d'ouverture, elle nous offrait un cadre extérieur : on y sentait les odeurs marines qui nous parvenaient du petit port de l'Estaque, on y percevait les bruits de la mer...

 

On y ressentait l'air ambré des flots de la Méditerranée toute proche...

 

http://youtu.be/-IRIqII4z_c

 

 

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