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10 septembre 2021 5 10 /09 /septembre /2021 11:20
Un savoureux spectacle culinaire...

Du XVème au XXIème siècle : chansons et poésies gourmandes du Sud de la France et d'ailleurs... Les poètes et les écrivains parlent des produits, du goût de la vie et du partage des bonnes choses... une histoire poétique de la nourriture...

Tel est le spectacle savoureux que nous ont présenté Bruno Paternot, comédien et Tom Pablo Gareil, musicien, vibraphoniste, percussionniste...

 

Il faut toujours commencer par une fable de La Fontaine... nous conte Bruno Paternot :

 

"Le glouton

A son souper un glouton
Commande que l'on apprête
Pour lui un seul esturgeon
Sans en laisser que la tête,
Il soupe ; il crève.
On y court,
On lui donne maints clystères,
On lui dit pour faire court
Qu'il mette ordre a ses affaires.
"Mes amis, dit le goulu, m'y voilà tout résolu.
Et puisqu'il faut que je meure,
Sans faire tant de façon,
Qu'on m'apporte tout à l'heure,
Le reste de mon poisson ".

Et puis, on n'oublie pas, avant le repas, un apéritif à la façon de Boris Vian :

" – Prendras-tu un apéritif ? demanda Colin. Mon pianocktail est achevé, tu pourrais l’essayer.
– Il marche ? demanda Chick.
– Parfaitement. J’ai eu du mal à le mettre au point, mais le résultat dépasse mes espérances. J’ai obtenu, à partir, de la Black and Tan Fantasy, un mélange vraiment ahurissant.
– Quel est ton principe ? demanda Chick.
– A chaque note, dit Colin, je fais correspondre un alcool, une liqueur ou un aromate. La pédale forte correspond à l’œuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l’eau de Seltz, il faut un trille dans le registre aigu. Les quantités sont en raison directe de la durée : à la quadruple croche équivaut le seizième d’unité, à la noire l’unité, à la ronde le quadruple unité. Lorsque l’on joue un air lent, un système de registre est mis en action, de façon que la dose ne soit pas augmentée – ce qui donnerait un cocktail trop abondant – mais la teneur en alcool. Et, suivant la durée de l’air, on peut, si l’on veut, faire varier la valeur de l’unité, la réduisant, par exemple au centième, pour pouvoir obtenir une boisson tenant compte de toutes les harmonies au moyen d’un réglage latéral.
– C’est compliqué, dit Chick.
– Le tout est commandé par des contacts électriques et des relais. Je ne te donne pas de détails, tu connais ça. Et d’ailleurs, en plus, le piano fonctionne réellement.
– C’est merveilleux ! dit Chick.
– Il n’y a qu’une chose gênante, dit Colin, c’est la pédale forte pour l’œuf battu. J’ai dû mettre un système d’enclenchement spécial, parce que lorsqu’on joue un morceau trop « hot », il tombe des morceaux d’omelettes dans le cocktail, et c’est dur à avaler. Je modifierai ça. Actuellement, il suffit de faire attention. Pour la crème fraîche, c’est le sol grave.
– Je vais m’en faire un sur Loveless Love, dit Chick. Ça va être terrible.
-Il est encore dans le débarras dont je me suis fait un atelier, dit Colin, parce que les plaques de protection ne sont pas vissées. Viens, on va y aller. Je le règlerai pour deux cocktails de vingt centilitres environ, pour commencer.

Chick se mit au piano. A la fin de l’air, une partie du panneau de devant se rabattit d’un coup sec et une rangée de verres apparut. Deux d’entre eux étaient pleins à ras bord d’une mixture appétissante."

 

Goûtons ensuite les sardines, celles de Raymond Queneau :

"Une fois n'est pas coutume : allons au restaurant 
nous payer du caviar et des ptits ortolans

Consultons le journal à la rubrique esbrouffe 
révélant le bon coin où pour pas cher on bouffe

Nous irons à çui-ci, nous irons à çui-là
mais y a des objections : l'un aimm ci, l'autre aimm ça

Je propose : engouffrons notre appétit peu mince 
au bistrot le troisième après la rue Huyghens

Tous d'accord remontons le boulevard Raspail 
jusqu'aux bars où l'on suss la mouss avec des pailles

Hans William Vladimir et Jean-Jacques Dupont 
avalent goulûment de la bière en ballon

Avec ces chers amis d'un pas moins assuré 
nous trouverons enfin le ptit endroit rêvé

Les couteaux y sont mous les nappes y sont sales 
la serveuse sans fards parfume toutt la salle

Le patron — un gourmet ! vous fait prendre — c'est fou 
du pipi pour du vin et pour du foi' du mou

La patronne a du cran et rince les sardines 
avec une huile qui fut huile dparaffine

La carne nous amène un rôti d'aspect dur 
orné concentricment de légumes impurs

Elle vous proposera les miettes gluantes 
d'une tête de veau que connurent les lentes

Elle proposera les panards englués
d'un porc qui négligea toujours de les laver

Peut-être qu'un produit à l'état naturel 
échappra-z-aux méfaits dla putréfiantt femelle

« Voici ma belle enfant un petit nerf de bœuf 
que vous utilizrez pour casser tous vos œufs »

De l'omelette jaune où nage le persil 
elle fera-z-hélas un morceau d'anthraci

Ce bon charbon croquant bien craquant sous la dent 
se blanchira d'un sel sous la dent bien crissant

Plutôt que de noircir un intestin qui grêle 
nous dévorerons la simili-porcelaine

L'hôtesse nous voyant grignoter son ménage 
écaillera les murs de l'ampleur de sa rage

Alors avalerons fourchettes et couteaux 
avant d'avec vitesse enfiler nos manteaux

Fuyards nous galoprons dans la rue où ça neige 
sans peur de déchirer la couturr de nos grèges

Nous retournant au bout de cinquante ou cent mètres 
nous verrons le souillon jouer au gazomètre

et nous péter au nez ses infâmes insultes
— patronne de bistrot, empoisonneuse occulte..."

 

Goûtons les recettes en vers de Léontine DESBOUCHAGES :

"Les RAYOLES

Avec de la fleur de farine,
Eau, beurre, œuf, quelques grains de sel,
Faites une pâte très fine ;
Étendez ; c'est l'essentiel.
Découpez beaucoup de rondelles,
Prenez un verre pour compas,
Et, pour bien garnir ces parcelles,
Écoutez..., et ne riez pas !...

Écrasez un peu de citrouille ;
Hachez des épinards blanchis ;
Garnissez : que votre doigt mouille
La pâte autour du hachis ;
Pliez d'un coup de main habile ;
Joignez les bords en les pressant ;
Dans l'eau qui bout, mettez, agile,
Cuire un instant chaque croissant.

Pilez des noix. Râpez ensuite,
Du bon fromage à votre choix.
Sur un plat, superposez vite
Un lit de pâte, un lit de noix,
Un lit de fromage et de beurre.
Voilà le chef-d'œuvre requis.
Couvrez et laissez un quart d'heure
Près du feu. Goûtez : c'est exquis !..."

 

Un petit tour au  Dernier Restaurant avant la Fin du Monde de Douglas Adams :

"Un imposant animal laitier s'approcha de la table de Zappy Bibicy, vaste et gras quadrupède bovin aux grands yeux humides, avec des petites cornes et sur le mufle ce qui pouvait presque passer pour un sourire engageant.
«Bonsoir». La bovine créature s'assit pesamment sur son arrière-train. «Je suis le plat du jour. L'une ou l'autre partie de mon cops vous tenterait-elle?» Elle se racla la gorge, gigota de l'arrière-train pour se caler dans une posture plus confortable puis les considéra placidement. Examen qui lui permit de découvrir un regard de surprise abasourdie chez Arthur et Trillian, un haussement d'épaules résigné chez Ford Escort et l'estomac dans les talons de Zappy Bibicy.
«Un morceau d'épaule peut-être? suggéra la bête. Braisé dans une sauce au vin blanc.
-Euh… votre épaule à vous? souffla Artur, horrifié.
-Mais naturellement, mon épaule, monsieur, meugla la bête avec satisfaction. Je suis le seul maître de mon corps.»
Zappy avait déjà bondi de son siège pour venir tâter en connaisseur l'épaule de l'animal.
« Ou la culotte, qui n'est pas mal non plus, murmura le bovin; l'ayant beaucoup exercée et m'étant gavée céréales, je puis vous garantir qu'il n'y a que de la bonne viande dans ce coin.» Elle poussa un doux grognement, assorti d'un gargouillis et se remit à ruminer. Puis ayant ravalé le tout, ajouta :

 

«Ou alors un ragoût de moi peut être?
-Vous voulez dire que cet animal a réellement l'intention qu'on le mange? murmura Trillian à Ford.
-Moi? dit Ford, les, yeux vitreux. Je ne veux rien dire du tout.
-Mais c'est absolument horrible, s'exclama Arthur. Voilà bien le chose la plus révoltante que j'aie jamais entendue.
-Où est le problème terrien? dit Zappy dont l'attention s'était à présent reportée sur l'énorme croupe de la bête.
«Simplement que je n'ai pas envie de manger d'un animal planté devant moi s'il m'y invite, dit Arthur. Je trouve ça cruel.
-Ca vaut toujours mieux que de bouffer un animal qui n'en a pas envie remarqua Zappy.
-Là n'est pas la question», protesta Arthur. Puis il réfléchit à la chose : «D'accord, c'est peut être effectivement la question. Enfin, peu importe, je n'ai pas le coeur à y songer pour l'instant. Je vais juste...euh...»
(Autour de lui, l'Univers continuait de se convulser dans les affres de sa Fin.)
«Je crois que je vais me contenter d'une salade verte, marmonna t'il.
-Puis-je insister pour vous recommander mon foie suggéra la créature. Il doit être particulièrement tendre et moelleux à présent : cela fait des mois que je me gave.
-Une salade verte dit Arthur avec insistance..
-Une salade verte? dit la bête en roulant des yeux dépités.
-Vous n'allez pas me dire que je ne devrais pas prendre une salade verte quand même?
-Eh bien dit l'animal, je connais plus d'un légume à être ferme sur ce point. Ce qui est la raison pour laquelle en fin de compte on a décidé de trancher définitivement la question en élevant un animal effectivement désireux d’être mangé et capable de la dire à haute et intelligible voix. Et me voici»
La bête esquissa une légère révérence.
«Un verre d'eau s'il vous plaît, dit Arthur.
-Ecoute, expliqua Zappy. On veut tout simplement manger, on ne va pas en faire tout un fromage. Alors donnez nous quatre beaux steaks, s'il vous plaît et vite. On a rien avalé depuis cinq cent soixante seize mille millions d'années. »
La bovine créature se releva maladroitement. Elle laissa échapper un doux gargouillis.
«Un choix fort judicieux, monsieur, si je puis me permettre. Excellent dit-elle. Le temps d'aller m'en couper une tranche et de passer à la casserole»
Elle se tourna et lança un clin d'oeil amical à Arthur.
«Ne vous inquiétez pas monsieur, Je serai très humaine»
Et elle regagna sans se presser les cuisines.
L'affaire de quelque minutes, le garçon revenait avec quatre énormes et fumantes tranches de steak. Zappy et Ford les engloutirent recta sans l'ombre d'une hésitation. Trilian hésita, puis haussa les épaules et attaqua son morceau.
Arthur contemplait sa portion, l'air vaguement mal à l'aise.
«Eh l'Terrien», lança Zappy avec un sourire malicieux sur celui de ses visages qui ne se goinfrait pas, on est pas dans son assiette?»
Et l'orchestre enchaîna."


 

 

Et comment ne pas être tenté par le poisson au coup de pied de Colette ?

"Naturellement, vous aimez la Provence. Mais quelle Provence ? Il y en a plusieurs. Une est toute nue, à peine voilée d’un maillot de bain à dessins cubistes, et noire d’un hâle étudié. Elle trône sur un “ planking ” entre deux ou trois palaces et casinos. Celle-là, je la salue à peine quand je la rencontre. Une autre perche sur de petits monts aérés, secs, où tout est d’azur, le ciel, le silex pailleté, l’arbuste bleuâtre. Il y a des morceaux de Provence gras, herbus, baignés de sources, de petites Provences italiennes, même espagnoles ; une Provence — peut-être est-elle ma préférée — maritime, pays de calanques d’un bleu qui n’est point suave mais féroce, de petits ports huileux qu’on ne déchiffre qu’à travers une grille de mâts et de cordages... Une Provence forestière resserre, sous la longue ombre des pins parallèles, les parfums de la résine, et sous les
chênes lièges crépus, écorchés vifs, erre un assez septentrional arôme de fougère, de lichen ras, une fallacieuse annonce de truffe... La multitude des touristes désole, chaque année, toutes les Provences. Optimiste, le touriste habite une villa, dix mètres de sable et cent brasses de mer, et ne bouge guère. Il se rôtit et mijote au bain-marie, alternativement. Pessimiste, il roule en auto, et s’arrête pour boire, transpire, reroule et reboit. Il dit : “ Ce pays serait ravissant si on n’y avait pas si chaud et si la nourriture était  possible. ” Partout il réclame son bifteck aux pommes, tendre à point, ses oeufs au bacon, ses épinards en branche et son café“ spécial ”. Il fait observer que son estomac ne digère pas l’ail et que son médecin lui interdit la
cuisine à l’huile. Ce n’est certes pas pour la seule édification de ce Viking, de cet Anglais, de ce Parigot, de ce Brandebourgeois, de ce citoyen d’Amérique, de ce Genevois, de ce Balkanique, que je prônerai l’excellence de quelque vieux plat provençal, les vertus de l’ail, la transcendance de l’huile d’olive, et ma fidélité aux trois légumes inséparables, vernissés, hauts en couleur comme en goût : l’aubergine, la tomate et le poivron doux.

En forêt du Dom, il est une auberge... Son renom se fait si vite qu’il n’est pas besoin de la désigner plus clairement. Le lieu est beau, en pleine forêt profonde, et la route romantique tourne à souhait pour l’attaque des diligences... Les soirs d’été, deux, trois tables rudimentaires, égaillées sous les acacias, attendent les amateurs de gibier, et les friands du poisson que j’appelle “ le poisson au coup de pied ”. Est-ce une recette ? Non. Un accommodement culinaire primitif, vieux comme l’olivier, comme la pêche au trident.

Jamais cuisson n’a demandé moins d’apprêts —il n’y faut que la manière. Ayez seulement.... une forêt provençale, tout au moins méridionale. Fournissez-vous-y de bois choisi : bûches cornues d’olivier, fagots de
ciste, racines et branches de laurier, rondins de pin pleurant la résine d’or, menue broussaille de
térébinthe, d’amandier, n’oubliez pas le sarment de vigne. A même la terre, entre quatre gros éclats de granit, bâtissez, allumez le bûcher.


Pendant qu’il flambe, rouge, blanc, cerise, léché d’or et de bleu, il n’y a rien à faire que le regarder. Le ciel vert du crépuscule provençal au-dessus de lui, tourne au bleu de lac. Les flammes baissent, se couchent ; vous avez sous la main, n’est-ce pas, une ou plusieurs belles pièces dé poisson méditerranéen, tout vidé ? Vous avez acquis à Saint-Tropez une rascasse monstrueuse, à gueule de dragon, ou vous avez apporté de Toulon les malins mulets à dos noirs, et vous n’avez pas omis, vidant ceux-ci ou celle-là, de glisser, tout le long de leur ventre creux, un fuseau de lard ? Bon. Apprêtez votre balai, j’appelle ainsi ce bouquet odorant de
laurier, de menthe, de pebredaï, de thym, de romarin, de sauge, que vous avez noué avant d’allumer votre feu.

Apprêtez donc le balai, c’est-à-dire qu’il trempe dans un pot empli de la meilleure huile d’olive mêlée de vinaigre de vin — ici nous n’admettons que le vinaigre rose et doux. L’ail — vous pensiez naïvement qu’on
pouvait se passer de lui ? — pilé, jusqu’à consistance de crème, rehausse le mélange comme il convient. Du sel, peu, du poivre, assez.


Attention. Votre feu n’est plus que braise bientôt. Un lit épais de braise qui chante bas, des tisons qui flambent encore un peu ; une fumée translucide, légère, porte à vos narines l’âme consumée de la forêt... C’est le moment de donner le magistral coup de pied qui envoie, au loin, bûches, brandons et fumerolles, qui
découvre et nivelle le charbon ardent d’un rose égal, met à nu le coeur pur du feu sur lequel halète un petit spectre igné, bleuâtre, plus brûlant encore que lui.


Un vieux gril, à trois pieds hauts, salamandre tordue au service de la flamme, reçoit le poisson bénit de sauce, et le tout se plante d’aplomb, en plein enfer. Là !... Vous n’en êtes pas encore à la maîtrise de l’homme du Dom, l’homme de qui l’on ne voit que l’ombre sur le feu. Le bras noir armé du balai aromatique,
le bras noir sans cesse humectant, aspergeant, retournant le poisson sur le gril, pendant...


Pendant combien de temps ? L’homme noir le sait. Il ne mesure rien, il ne consulte pas de montre, il ne. goûte pas, il sait. C’est affaire d’expérience, de divination. Si vous n’êtes pas capable d’un peu de sorcellerie, ce n’est pas la peine de vous mêler de cuisine.


Le “ poisson au coup de pied ” saute de son vieux gril dans votre assiette. Vous verrez qu’il est roide, vêtu d’une peau qui craque, s’exfolie et bâille sur une chair blanche, ferme, dont la saveur se souvient de la mer et des baumes sylvestres. La nuit résineuse descend, une lampe faible, sur la table, dénonce la couleur
de grenat du vin qui emplit votre verre...


Marquez, d’une libation reconnaissante cet instant heureux..."

Magnifique texte de Colette !

 

Un bon repas sans fromage ? Non !

Goûtons ceux de Zola dans Le ventre de Paris :

 

« Autour d’elles, les fromages puaient. […] Là, à côté des pains de beurre à la livre, dans des feuilles de poirée, s’élargissait un cantal géant, comme fendu à coups de hache ; puis venait un chester, couleur d’or, un gruyère, pareil à une roue tombée de quelque char barbare,  des hollande, ronds come des têtes coupées, barbouillées de sang séché, avec cette dureté de crane vide qui le fait nommer têtes-de-mort. Un parmesan, au milieu de cette lourdeur de pâte cuite, ajoutait sa pointe d’odeur aromatique. Trois brie, sur des planches rondes, avaient des mélancolies de lunes éteintes ; deux, très secs, étaient dans leur plein ; le troisième, dans son deuxième quartier, coulait, se vidait d’une crème blanche, étalée en lac, ravageant les minces planchettes, à l’aide desquelles on avait vainement essayé de le contenir. Des port-salut, semblables à des disques antiques, montraient en exergue le nom imprimé des fabricants. Un romantour, vêtu de son papier d’argent, donnait le rêve d’une barre de nougat, d’un fromage sucré, égaré parmi les fermentations âcres. Les roquefort, eux aussi, sous des cloches de cristal, prenaient des mines princières, des faces marbrées et grasses, veinées de bleu et de jaune, comme attaqués d’une maladie honteuse des gens riches qui ont trop mangés de truffes ; tandis que, dans un plat, à côté, des fromages de chèvre, gros comme un poing d’enfant, durs et grisâtres, rappelaient les cailloux que les bouc, menant leur troupeau, font rouler aux coudes des sentiers pierreux. Alors, commençaient les puanteurs : les mont-d’or, jaune clair, puant une odeur douceâtre ; les Troyes, très épais, meurtris sur les bords, d’âpreté déjà plus forte, ajoutant une fétidité à la cave humide ; les camembert, d’un fumet de gibier trop faisandé ; les neufchâtel, les Limbourg, les marolles, les pont-l’évêque, carrés, mettant chacun leur note aigüe et particulière dans cette phrase rude jusqu’à la nausée ; les livarot, teintés de rouge, terribles à la gorge comme une vapeur de soufre ; puis enfin, par-dessus tous les autres, les olivet, enveloppés de feuilles de noyer, ainsi que ces charognes que les paysans couvrent de branches, au bord d’un champ, fumantes au soleil. La chaude après-midi avait amolli les fromages ; les moisissures des croûtes fondaient, de vernissaient avec des tons riches de cuivre rouge et de vert-de-gris, semblables à des blessures mal fermées ; sous les feuilles de chêne, un souffle soulevait la peau des olivet, qui battait comme une poitrine, d’une haleine lente et grosse d’homme endormi ; un flot de vie avait troué un livarot, accouchant par cette entaille d’un peuple de vers. Et, derrière les balances, dans sa boîte mince, un géromé anisé répandait une infection telle, que des mouches étaient tombées autour de la boîte, sur le marbre rouge veiné de gris. »

 

Moi, à la fin de chaque repas, je m' fais toujours un petit Proust...

 

"Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, je me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblaient avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l’appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi. Il l’y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact à ma disposition, tout à l’heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C’est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière...

 

 Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir."
 

 

Pour finir, un petit mot d'amour de Charles d'Orléans à son amoureuse :

Mon doux cœur, je vous envoie,

Soigneusement choisi par moi,

Le brie de Meaux délicieux.

Il vous dira que malheureux

par votre absence je languis

Au point d’en perdre l’appétit.

Et c’est pourquoi je vous l’envoie,

Quel sacrifice c’est pour moi !

 

Poème dit avec l'accent de l'époque, s'il vous plaît !

 

Un spectacle ponctué par une douce musique délivré par Tom Gareil : un spectacle savoureux, rempli d'humour, de culture, de tendresse, de poésie...

 

Merci à Bruno Paternot et à Tom Gareil pour ce délicieux moment littéraire...

 

 

 

Un savoureux spectacle culinaire...
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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 11:33
En un quart d'heure !

 

Le "quick commerce", vous connaissez ? Le dogme de la rapidité encore et toujours à l'oeuvre...

 "La ville du quart d’heure c’est la nouvelle utopie : comprenez une ville où vous avez tout sous la main en un quart d’heure, la possibilité de faire ses courses, ses procédures administratives et ainsi de suite dans ce périmètre-là. J’imagine qu’il y a de longues explications psychosociales pour comprendre pourquoi le quart d’heure est devenue le laps de temps supportable dans cet océan d’impatience qu’est notre civilisation, le “tout, tout de suite” n’acceptant donc d’être modulé que par le quart d’heure."

Faire ses courses sur son smartphone, être livré en un quart d'heure ! C'est la promesse du "quick commerce" !

Chic alors ! On consomme en "économisant du temps" !

Mais où est le plaisir ?

On ne peut plus choisir ses fruits, ses légumes, les regarder, les soupeser... on ne peut plus s'attarder dans les rayons...

On connaissait les fast-food, voici que le fast-service se met à connaître un vif succès.

Voici venu le temps du commerce servi à domicile...

Oui, mais servi par qui ?

Servi par ces nouveaux esclaves des temps modernes : on les voit circuler à vélo dans nos villes encombrées, chargés de sacs lourds de victuailles...

Encore un danger pour les petits commerces traditionnels et même pour les grands commerces...

 

"Car cette idée repose en effet sur des “dark commerces”, autrement dit des entrepôts situés par exemple en sous-sol, situés là où nous habitons, mais proposés à des loyers bien inférieurs que les commerces, tout simplement parce qu’ils sont moins accessibles et ils ne serviraient qu’à ces plateformes de livraison. Mais aussi et surtout, cette ville du quart d’heure ne peut exister que grâce à des forçats du quart d’heure."

"Des forçats du quart d’heure obligés de courir, ou plus précisément de pédaler, pour être dans les délais."

Et qui utilise ces forçats, ces livreurs précaires ?

Je me pose la question... pour ma part, je m'y refuse...

Qui utilise ce quick commerce ?

En fait ces sites  font de grosses Promotions, et s’affichent massivement dans le métro pour présenter la nouvelle distribution. Ainsi, des gens modestes ayant peu de moyens peuvent se laisser tenter par ce nouveau mode de consommation...

Ces services de livraison à domicile ultrarapides sont donc promis à un bel avenir, hélas !

 

 

 

Sources :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/l-humeur-du-matin-par-guillaume-erner/l-humeur-du-jour-emission-du-jeudi-02-septembre-2021

 

 

 

https://www.jebosseengrandedistribution.fr/2021/07/08/cest-quoi-le-quick-commerce-la-nouvelle-revolution-du-commerce-alimentaire/

En un quart d'heure !
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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 08:33
Une société du prêt-à-jeter...

 

Nous vivons dans une société où tout nous pousse à consommer : les publicités omniprésentes, la mode, les cartes de crédit, les soldes, les petits prix, les commerces qui regorgent de toutes sortes de produits...

Et si nous ne consommons pas, l'économie est à la peine, la sacro-sainte croissance est menacée.

Nous vivons dans une société d'hyperconsommation...

 

Et comme l'écrit Konrad Paul Liessman, "la société de consommation devrait en fait s'appeler la société du prêt-à-jeter, et pas seulement, parce que la stratégie dominante pour se débarrasser des objets consiste encore et toujours à les jeter au lieu de les recycler.

Au delà de cette pratique, jeter devient l'une des formes essentielles de l'utilisation d'un bien : on le voit, on l'achète, on le jette."

"Jette, achète...", telle est la devise de nos sociétés...

 

Les fabricants eux-mêmes font en sorte que les produits soient rapidement périmés : c'est le règne de l'obsolescence programmée.

La mode vestimentaire ne cesse de se renouveler : nouveaux modèles, nouvelles formes, nouveaux coloris, nouvelles longueurs, etc.

Les smartphones sont conçus pour ne durer que deux années.

Et Konrad Paul Liessmann d'évoquer les pics de consommation à Noël : "On achète une énorme quantité d'articles qui, sans avoir été utilisés -ils sont même souvent restés dans leur emballage d'origine- prennent très vite le chemin de la poubelle."

 

Nous jetons aussi des tonnes de nourriture. Chaque année, ce sont 1,3 milliards de tonnes de nourritures qui sont jetées ou perdues sur l’ensemble du globe !

Cette masse correspond à 1/3 des aliments que l’on produit sur la planète ! Paradoxalement, quelque 815 millions d’individus souffrent de la faim dans le monde.

 Plus on a accès à de grandes quantités de nourriture, plus on gaspille. Un Malien jette en moyenne 9 fois moins qu’un Français ou un Américain par an : 11kg contre 95kg ! Plus on peut consommer, plus on consomme. Rien qu'avec ce que l'Europe jette chaque année, on pourrait nourrir 1 milliard de personnes.

 

Ainsi, comme l'écrit Konrad Paul Liessmann, "les déchets sont l'affaire de l'homme. La nature ne connaît pas de déchets : tout ce qui voit le jour et meurt au cours du cycle naturel est réintroduit dans celui-ci, se transforme, change d'apparence, de forme, de fonction, mais rien n'est mis au rebut... Seul l'homme produit des déchets."

 

Et le philosophe de conclure : "Aller jusqu'à produire des objets, ce qui est parfois très énergivore, pour qu'ils se retrouvent à la poubelle sans même avoir été utilisés, frôle le cynisme quand d'innombrables personnes n'ont toujours pas le strict nécessaire pour vivre."

Le recyclage est sans doute une des solutions au problème... mais il faudrait aussi repenser notre façon de produire et de consommer... 

Vaste programme !

 

 

 

https://toogoodtogo.fr/fr/blog/penseataplanete-gaspillage-alimentaire-2019

 

 

 

 

Une société du prêt-à-jeter...
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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 10:22
Prendre le temps de manger...

 

Prendre le temps de manger, prendre le temps de savourer... est-ce possible alors que le prêt à consommer envahit nos supermarchés ?

Est-ce possible à notre époque où la plupart des cuisines sont équipées de four à micro-ondes ?

Nous en perdons le goût et la saveur des aliments...

 

Avec les aliments ultra transformés, nous nous gavons de sucre et de sel...

Comment dès lors pouvons-nous apprécier ce que nous mangeons ? 

 

D'ailleurs, nous ne mangeons plus, nous engloutissons...

Dans les années 60, on imaginait ce que pourrait être la nourriture du futur : "des pilules pour le dîner, des distributeurs de repas domestiques pouvaient servir des plats de lasagnes synthétiques, des poulets rôtis, ou encore des gâteaux chimiques au chocolat"... "une nourriture instantanée, le fantasme d'une culture obsédée par la vitesse..."

Nous n'en sommes pas loin...

 

Repas consommés en un quart d'heure devant téléviseur ou ordinateur, mode du fast-food, hyperconnexion dans le monde du travail... nous ne prenons plus le temps de nous nourrir...

 

Evidemment, de telles habitudes ne peuvent que nuire à notre santé.

Les taux d'obésité explosent : "nous nous jetons sur une nourriture industrielle saturée de sucres et de graisses."

 

Nous vivons dans un système où la vitesse est devenue la vertu cardinale...

"En visant des rendements toujours plus élevés, l'agriculture industrielle nuit aussi gravement aux ressources vivantes, à l'environnement, et même aux consommateurs."

Est-ce un bon calcul ?

"Nous devons ensuite dépenser des fortunes pour réparer les dégâts causés par l'agriculture industrielle sur l'environnement et la santé publique."

 

Il est donc important de faire des choix alimentaires plus judicieux...

Manger des fruits, des légumes, des amandes, des noix, plutôt que des plats transformés...

Cuisiner simple pour retrouver le vrai goût des aliments...

Cuisiner des légumes, les assaisonner avec de l'huile d'olive, du citron, retrouver le véritable goût des aliments en évitant trop de sel et trop de sucre...

 

 

 

 

Source : Eloge de la lenteur de Carl Honoré

Prendre le temps de manger...
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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 08:56
Les secrets de l' alimentation industrielle...

 

Les coulisses de l'alimentation industrielle sont parfois peu reluisantes... Une émission dans la série "Tout compte fait" nous en dévoile les arcanes...

"Cette alimentation représenterait un tiers de notre nourriture du quotidien : pizzas, surgelés, céréales que mangent les enfants... pratique, souvent bon marché...

Mais sait-on ce que contiennent ces aliments ? Quel impact ont ces produits transformés sur notre santé ?

 

"Tout compte fait" a mené une enquête sur le sucre : les industriels abusent de cet ingrédient qui peut nous rendre accros, sur les additifs aux noms compliqués omniprésents dans nos assiettes.

On assiste à une course en avant de la malbouffe...

 

Au cours du reportage, on voit une mère de famille de 5 enfants qui fait ses courses : elle essaie d'abord de remplir son caddie avec des fruits et légumes. Mais, pour faire plaisir à tout le monde, elle craque aussi pour des produits industriels.

De retour chez elle, on a tout déballé.

On a regardé les étiquettes, on a additionné tous les ingrédients présents dans les courses du week-end.

Résultat : 2 kilos et 200 grammes de sucre, 100 grammes de sel, du gras en abondance et 19 additifs dont 5 controversés.

 

De nombreuses familles se font ainsi piéger par les ingrédients cachés dans les aliments car les compositions sont indiquées en tout petits caractères et avec des noms barbares.

 

Le sucre se glisse insidieusement un peu partout, dans les boissons, les plats sucrés et même salés.

Résultat : un Français chaque année en consomme en moyenne 35 kilos, 10 fois plus qu'il y a un siècle.

Et, regardant de plus près les étiquettes de certains produits, on trouve aussi de drôles de noms de code : E440, E224, etc. un charabia derrière lequel se cachent 338 additifs autorisés par l'Union Européenne.

Colorants, conservateurs, texturants, un quart d'entre eux sont suspectés d'être nocifs pour notre santé...

Des ingrédients controversés alors que les enfants sont les premières cibles des industriels. A la télévision, 87% des pubs qui leur sont destinées mettent en avant des aliments trop sucrés, trop gras.

 

Alors, pourquoi les industriels ont-ils tendance à forcer sur les ingrédients qui ne sont pas toujours les meilleurs alliés de la santé ?

 

Parmi tous ces ingrédients problématiques, il y a une star : le sucre. On le retrouve partout, dans les produits transformés.

Et si les industriels l'utilisent autant, c'est d'abord parce qu'il est très bon marché.

Tout commence dans d'immenses champs, par exemple, en Picardie : 90 % du sucre que nous consommons en France vient de la betterave à sucre.

La betterave est un des végétaux qui contient le plus de sucre, comme la canne à sucre. Elle nécessite peu de main d'oeuvre, et, en ce moment, il y a une surproduction, ce qui fait d'elle une matière première très bon marché.

25 euros la tonne de betteraves.... ce n'est pas assez cher pour le producteur, c'est certain, mais très lucratif pour les industriels.

Il faut 7 kilos de betteraves pour produire 1 kilo de sucre.

 

Toutes les qualités nutritives de la betterave sont éliminées : vitamines, minéraux, fibres, il ne reste plus qu'un seul composant, le sucre.

Le prix du sucre est dérisoire : 38 centimes d'euro, le kilo, presque 6 fois moins que le café. C'est donc un produit bon marché qui fait les affaires des industriels de l'agroalimentaire.

Ceux qui l'utilisent le plus sont évidemment les fabricants de produits sucrés, comme les biscuits ou les céréales.

Alors que l'OMS recommande de ne pas manger plus de 25 grammes de sucre par jour, soit l'équivalent de 4 morceaux, 3  biscuits peuvent déjà contenir un morceau de sucre.

On pourrait se dire qu'on peut diminuer sa consommation de gâteaux et de friandises, mais ce n'est pas si simple.

 

En effet, le sucre est aussi utilisé dans les produits industriels salés. Un procédé que les fabricants ne crient pas sur tous les toits.

Viandes et légumes surgelés sont agrémentés de sucre : "c'est pour le goût", disent les fabricants.

Ainsi, un paquet de pâtes fraîches à la ricotta contient 3 morceaux de sucre, une brique de soupe en contient 4.

Les fabricants avancent une question de goût, mais les vraies raisons seraient peut-être un peu moins valorisantes.

 

En fait, rajouter du sucre qui ne coûte pas cher permet de réduire d'autant la présence d'autres ingrédients plus coûteux. L'argent est encore le nerf de la guerre : tous les distributeurs communiquent sur le prix de leurs produits pour attirer des clients.

Le sucre fait donc baisser le prix de revient, mais il aurait aussi un autre rôle plus sournois.

En rajoutant du sucre, on donne au consommateur une sensation agréable et cela l'incite à en consommer davantage.

Le sucre a un effet sur nos cerveaux, il a un pouvoir addictif très puissant, il agit comme une véritable drogue.

Cette dépendance au sucre a de lourdes conséquences sur la santé publique : aujourd'hui 17 % des Français sont obèses et une nouvelle maladie due à cette surconsommation de sucre est apparue : la NASH, ou Non Alcoolique Stéatose Hépatique, une grave inflammation du foie.

 

Les additifs posent aussi problème : colorants, conservateurs, texturants...

Les crèmes dessert contiennent toutes un épaississant : le E 407 qui permet d'obtenir une consistance en bouche plus agréable pour le consommateur. Le E 407 est un produit naturel mais tous les additifs ne sont pas naturels. Beaucoup sont chimiques, notamment certains colorants alimentaires.

Le E 122 fait partie des colorants de synthèse bon marché : il donne une belle couleur rouge, comme le E 127.

Avec seulement quelques gouttes, bonbons, gâteaux et même des médicaments pour les enfants prennent une teinte rouge qui tient longtemps et aide à donner un bel aspect aux produits.

Le E 131 et le E 133 qui donnent une coloration bleue sont susceptibles de provoquer hyperactivité, asthme, réactions cutanées, nausées, problèmes de tension artérielle, tremblements, insomnie.

Ces colorants sont interdits en Australie, mais autorisés en Europe.

 

Si chaque additif est évalué, personne ne sait vraiment comment ces 338 substances interagissent entre elles.

Le E 171, un colorant blanc très controversé, soupçonné d'être cancérigène, a été interdit en France et devrait bientôt l'être en Europe.

Les E 250 et E 252, les nitrites sont très utilisés dans la charcuterie.

 

De plus, les aliments hyper transformés font l'objet de publicités qui s'adressent aux enfants : ces pubs viennent s'intercaler dans les programmes jeunesse destinés aux enfants.

Confiseries, chocolats, restauration rapide, céréales dans leurs versions les plus sucrées sont promus auprès des enfants, donc des aliments trop sucrés et gras.

 

C'est donc un véritable pousse au crime nutritionnel, en totale contradiction avec les recommandations sanitaires.

Un matraquage publicitaire d'autant plus problématique que les enfants sont un public particulièrement vulnérable..."

 

 

 

Source :

 

https://www.france.tv/france-2/tout-compte-fait/2604387-aliments-transformes-la-course-en-avant-de-la-malbouffe.html

Les secrets de l' alimentation industrielle...
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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 11:03
La prévention pour lutter contre les épidémies...

 

Prévenir pour mieux soigner : ce devrait être le maître mot d'une politique de santé efficace...

 

Lutte contre la cigarette, contre la consommation excessive d'alcool, contre la consommation d'une alimentation trop sucrée, trop salée, trop grasse, lutte contre la sédentarité, promotion de l'exercice physique : autant de mesures utiles pour préserver la santé des gens.

Quelles sont les personnes les plus impactées par le Covid-19 ? Les obèses, les diabétiques, les personnes atteintes de maladies chroniques...

Le coronavirus est aussi une maladie de la malbouffe. Les personnes en situation d'obésité ont été les plus touchées.

 

Le problème est que ces mesures de prévention vont à l'encontre de nos sociétés de consommation.

La publicité nous incite à consommer toujours plus une alimentation ultra transformée, contenant des additifs, riche en sucres, en gras et en sel.

 

Si la pub pour le tabac est interdite, "la Ligue contre le cancer dénonce la valorisation et la promotion du tabagisme dans les films français... elle publie une enquête sur plus de 150 films, an amont de la journée mondiale sans tabac du 31 mai. "Le tabac demeure quasi omniprésent dans les films français : entre 2015 et 2019, 90,7 % comprennent au moins un événement, un objet ou un discours en rapport avec le tabac : personnes en train de fumer, présence de cendriers, cigarettes, personnage qui parle de tabac", note la Ligue d’après la 3e édition de son enquête."

 

"Cette surreprésentation du tabac dans les films est d’autant plus préoccupante que, depuis le 1er confinement en mars 2020, 66 % des 18-24 ans indiquent passer plus de temps devant des films ou séries, quel que soit le support. (TV, ordinateur, tablette, smartphone….)"

 

Ainsi, la politique de prévention se heurte à des lobbies très puissants, contre lesquels il est difficile de lutter.

Il y a les lobbies du tabac mais aussi ceux de l'industrie agroalimentaire, le premier secteur industriel en France, pourvoyeur de centaines de milliers d'emplois, un secteur très influent où les lobbies travaillent activement pour servir ses intérêts.

 

Les lois contre la malbouffe sont souvent rejetées en raison de pressions exercées par les lobbies.

L'économie et la santé ne font pas bon ménage.

 

Encore un problème difficile à résoudre !

Les consommateurs que nous sommes doivent sans doute oeuvrer pour éviter d'acheter tous ces produits nocifs pour la santé, que nous vend l'industrie agroalimentaire.

Mais cette alimentation nocive est peu chère : elle est donc achetée par les plus pauvres, et ce sont les plus pauvres qui sont victimes de ce système.

 

 

Sources :

 

https://www.lepoint.fr/sante/l-omnipresence-du-tabac-dans-les-films-francais-denoncee-26-05-2021-2428185_40.php

 

https://tv.marianne.net/rencontres/alimentation-aujourd-hui-les-pauvres-n-on

 

 

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 11:08
Mais que deviennent nos déchets plastiques ?

 

Nous sommes désormais contraints de trier nos déchets, et de mettre à part les cartons, papiers, emballages en plastique.

Chaque minute dans le monde, l'équivalent d'un camion poubelle rempli de déchets plastiques se déverse dans les océans.

Que deviennent donc nos déchets plastiques ? Qu'est-ce qui est vraiment recyclé ?

Comme on nous demande de trier, nous pensons que les déchets plastiques sont tous recyclés. Mais c'est loin d'être le cas...

Un reportage diffusé sur la Cinq, intitulé La face cachée du recyclage, nous apprend avec précision ce que deviennent ces déchets.

 

"A Ivry sur Seine, se trouve le plus grand incinérateur d'Europe : il engloutit chaque année 650 000 tonnes de déchets... Des fumées s'échappent continuellement de cette usine, jour et nuit.

Dans les fumées blanches, il y a beaucoup de vapeur d'eau, mais aussi du dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre, plus inquiétant : du dioxyde de souffre, des tonnes de poussières, de l'acide chlorhydrique, des traces d'ammoniac, de plomb, de l'arsenic...

Des poules installées près d'un incinérateur pondent des oeufs avec des taux de dioxine bien supérieurs à la normale.

 

Les déchets sont brûlés, "valorisés", dit-on, car avec la chaleur produite, un incinérateur fait chauffer de l'eau pour alimenter les radiateurs des immeubles alentour et pour produire de l'électricité.

 

Après incinération, il reste des résidus qu'on appelle le mâchefer : tout ce qui n'a pas brûlé.

En moyenne, dans les incinérateurs français, 20% des déchets ressortent en mâchefer, un cinquième de ce que l'on jette. Chaque soir, une péniche vient collecter ces tonnes de résidus toxiques, plombés par les dioxines et les métaux lourds.

50 kilomètres plus loin, se trouve un centre de maturation où est entassé du mâchefer : on y retrouve de la faïence, du verre, des métaux, du plastique. Il faut le traiter, c'est à dire le laisser à l'air libre, certains polluants vont naturellement se dissoudre mais un tiers du mâchefer est trop pollué, il finira dans une décharge : nous le laissons aux générations futures.

Au bout de 3 mois, on fait des analyses et on regarde si le produit est valorisable ou non.

Les mâchefers valorisables, les deux tiers, ceux qui respectent les seuils réglementaires de pollution sont triés et sont envoyés sur des chantiers routiers.

Le mâchefer est donc utilisé pour construire des routes : 50 000 tonnes de mâchefer sont utilisées pour remblayer les terrains où sont construites les routes... c'est là que finissent nos poubelles !

Mais certains clients ne veulent pas du mâchefer : il y a des contre-indications pour des cours d'eau, il peut y avoir des eaux d'infiltration, c'est quand même du recyclage d'ordures ménagères, donc cela peut potentiellement polluer la nappe phréatique.

Un échantillon de mâchefer a été prélevé et envoyé dans un laboratoire spécialisé : les résultats sont sans appel.

"Ce mâchefer, on ne peut pas le mettre en sous couche routière, parce qu'il y a un risque potentiel de par sa teneur en dioxines : pour les dioxines, la réglementation tolère 10 nanogrammes par kilo, et dans l'échantillon, on trouve 56 nanogrammes par kilo.

Si de l'eau s'infiltre dans le mâchefer, ces dioxines pourraient se répandre dans l'environnement et rejoindre une nappe phréatique.

La dioxine est un composé cancérigène reconnu.", commente un des scientifiques chargé de l'analyse.

Mais d'où provient cette dioxine ? De quels déchets ? La présence de dioxine est souvent liée à la présence de composés plastiques.

Ainsi, nous roulons sur nos poubelles, nous n'imaginions pas que des déchets non brûlés étaient discrètement stockés sous le bitume...

 

A la sortie des incinérateurs, il y a aussi les REFIOM, 2,5 % des déchets qui sortent des usines. Ces REFIOM sont tellement toxiques qu'on ne peut pas les réutiliser, ils sont en fait exportés en Allemagne et enfouis dans des mines.

Les REFIOM, ce sont les cendres volantes récupérés par les filtres. Ils sont traités avec un protocole strict pour que personne n'y soit exposé.

Les REFIOM sont des déchets ultimes destinés à des décharges spéciales pour déchets dangereux.

A Philippsthal, en Allemagne, se trouvent des mines de sel, avec sous terre, des galeries, creusées par les mineurs : les REFIUM viennent combler ces cavités.

Un géologue en colère, Ralf  Krupp, travaille sur le problème des mines de sel depuis des années : "en acceptant ces déchets, on gagne beaucoup d'argent. C'est un immense business, et les pays qui les envoient sont ravis puisqu'ils n'ont plus à s'en soucier. Le seul perdant, c'est l'environnement.", déclare ce géologue.

Qui imagine, en sortant ses poubelles le soir, qu'une partie va finir dans une mine de sel, en Allemagne ?

D'après l'entreprise allemande, il n' y a aucun risque pour l'environnement.

Pourtant, il y a de gros problèmes d'infiltration d'eau dans ces mines, un jour, l'eau pourrait atteindre ces déchets toxiques et rejoindre ensuite les nappes phréatiques.

Les REFIUM peuvent rester toxiques pendant des milliers d'années.

 

Ce que la plupart des gens ignorent aussi, c'est que la moitié du plastique jeté en France finit dans un incinérateur.

La meilleure solution serait de diminuer nos déchets car le plastique est partout. Beaucoup d'industriels multiplient les couches de plastique, sans prendre en compte les conséquences pour l'environnement. 

C'est le plus souvent une affaire de marketing : il s'agit d'inciter à consommer toujours plus.

Dans les années 50, les humains fabriquaient un million de tonnes de plastique par an, dans les années 70, 50 millions, dans les années 90, 150 millions, aujourd'hui, plus de 350 millions de tonnes !

Le monde est devenu accro à cette matière, tellement pratique et si peu chère à produire.

 

Arriver à vivre sans plastique : c'est le combat d'une scientifique française, Nathalie Gontard : elle passe son temps à montrer la nocivité de ce matériau créé à partir du pétrole.

Le plastique, au fil du temps, se dégrade, devient minuscule et quand il se dégrade, il voyage et peut rejoindre des cours d'eau, les mers, les océans : rien ne peut arrêter les micro-plastiques.

Le plastique est dangereux lorsqu'il devient invisible. Nous savons qu'il y a du plastique dans nos océans.

 

Sur la côte méditerranéenne, des volontaires ont découvert les dégâts faits par le polystyrène : il s'agglutine sur le bois. Avec la tempête Alex, et les inondations, des millions de billes de polystyrène ont été charriées, elles vont finir par être assimilées dans la chaîne alimentaire par des petits poissons, par certains oiseaux, et au final, c'est nous qui allons les manger, puisque le dernier maillon de la chaîne alimentaire, c'est nous. 

A côté de l'étang de Berre, ce n'est pas la tempête qui a apporté le plastique, ce sont les hommes qui s'en sont débarrassés : on découvre une mare où surnagent des blocs de pastique,  une piscine de déchets, un étang de polystyrène. Là, des oiseaux cherchent leur nourriture, essaient de survivre dans un monde pollué et dévasté.

Comment l'humanité peut-elle continuer à se regarder dans une glace ?

 

Un Français moyen ingère à minima l'équivalent d'une carte bleue par semaine, notre corps ne sait pas s'en débarrasser.

Impossible de tout miser sur le recyclage parce que le plastique n'est pas recyclable, à proprement parler.

Et pourtant, nous passons notre temps à le trier...

Dans un centre de tri, arrive le plastique trié, les différents plastiques sont isolés et envoyés dans des bacs appropriés. Le rebut non reconnu part vers l'incinérateur.

Les plastiques triés sont ficelés dans d'énormes balles, classées par catégories : certaines sont recyclées, d'autres pas vraiment. Ont été isolés les bouteilles transparentes, le plastique souple, les bouteilles colorées, le plastique opaque et les barquettes.

Les bouteilles transparentes sont recyclées : on peut en faire de nouvelles bouteilles, en ajoutant du plastique neuf, le plastique souple redevient aussi du film plastique.

Les bouteilles colorées ne peuvent être recyclées à l'identique, on en fait des rouleaux d'isolation pour les maisons, les bouteilles opaques sont en partie réutilisées pour en faire des tuyaux d'arrosage ou des équipements automobile et le jour où ça ne servira plus, ce ne sera plus recyclable.

Il faut savoir qu'il y a au minimum 30% de perte à chaque cycle de recyclage. Les bouteilles ne sont pas recyclables à l'infini, on peut les recycler deux ou trois fois seulement.

Les autres plastiques sont décyclés c'est à dire transformés en d'autres objets, par exemple des cintres en plastique qui vont venir remplacer des cintres en bois, en métal.

On ne sait pas recycler l'écrasante majorité des déchets plastiques, donc il faut arrêter de fabriquer et d'acheter du plastique.

Le plastique se recycle mal, pas, très peu...

Pendant longtemps, la France a exporté des déchets plastiques vers l'Asie.

En Indonésie, un village croule sous les détritus : pour une partie, ce sont des déchets locaux mais beaucoup viennent d'ailleurs, de France.

Tous les pays d'Europe et les Etats-Unis avaient pris l'habitude d'envoyer leurs déchets plastiques en Asie, jusqu'au jour où les gouvernements asiatiques ont décidé de taper du poing sur la table : l'Indonésie intercepte le plastique importé illégalement et renvoie les containers vers la France, tous ses voisins prennent des mesures similaires.

La Chine déclare en 2018 qu'elle ne veut plus être "la poubelle du monde", elle est suivie par l'Inde, le Cambodge et la Thaïlande. 

La France s'est donc cherché de nouveaux débouchés, comme la Turquie.

En Floride, à Daytona, la ville ne savait plus où envoyer ses déchets, alors, ils ont tout simplement arrêté de trier, la poubelle de déchets recyclables a disparu, et les décharges débordent.

"Un pays capable d'envoyer des hommes sur la lune, mais incapable de gérer ses déchets plastiques.", commente une habitante.

La ville aurait pu continuer à recycler le plastique aux Etats-Unis, mais c'était plus cher !

Les Etats-Unis cherchent un nouveau point de chute pour leurs déchets, en Afrique : le Kenya. Des négociations sont en cours pour faire de ce pays la nouvelle destination du plastique américain, en échange d'un gigantesque accord commercial.

C'est scandaleux ! Des Kényans se mobilisent contre ce projet.

 

Ainsi la seule solution viable serait d'interdire les plastiques, d'autant qu'en raison de la pandémie, on déplore une augmentation de ce polluant, avec les masques jetables, les gels hydroalcooliques conditionnés sous plastique.

 

Tous les emballages plastiques seront interdits en France à partir de 2040 : pourquoi attendre encore 20 ans ? Remplaçons-les au plus vite !"

 

 

Source :

 

https://www.france.tv/france-5/sur-le-front/2399403-la-face-cachee-du-recyclage.html

 

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 08:28
Amazon lance les supermarchés sans caisse...

 

Souriez ! Vous êtes filmé, tous vos gestes sont surveillés par des caméras, et des caméras, il y en a partout dans ces nouveaux supermarchés sans caisse....

"A Londres, on trouve ainsi un magasin qui peut révolutionner tous les supermarchés. Les rayons sont classiques, mais il n' y a aucune caisse, même automatique !

Les clients se servent et s'en vont sans jamais sortir leur carte bancaire.

 

Avec ce concept déjà lancé aux Etats-Unis, Amazon part à l'assaut du secteur alimentaire, en Europe.

Pour entrer, il faut avoir un compte chez le géant américain, un QR code permet de franchir les portiques. Puis, le moindre de vos gestes et surtout de vos achats est observé de très près.

 

Au plafond, une multitude de caméras qui repèrent en direct chaque article que le client choisit.

Puis, il reçoit sa facture automatiquement sur son adresse mail, en sortant du magasin.

 

Les caméras sont partout, une par mètre carré, environ : il ne s'agit pas de reconnaissance faciale mais d'intelligence artificielle, selon  Amazon.

A travers les rayons, le client est suivi en permanence. L'entreprise promet que son système établit, avec une parfaite précision, la liste des achats. En sortant du magasin, le client n'a aucune démarche à faire.

Le montant de ses achats est prélevé automatiquement sur le compte bancaire enregistré sur le compte Amazon. La facture est envoyée après un quart d'heure.

Une jeune cliente interrogée sur ce nouveau concept de magasin déclare : "C'est super ! Les prix sont très corrects, et ça rend les achats tellement plus simples !"

Que dire ?

Cette technologie interroge sur la protection de la vie privée... les données sont conservées pendant 30 jours."

Que dire aussi de tous les emplois supprimés ? Les caissières n'ont plus de raison d'être, il ne reste que quelques employés destinés à garnir les rayons... une façon de réduire le personnel et de faire des économies pour l'entreprise.

 

Que dire encore de la déshumanisation d'un tel système de vente ? Une civilisation du sans contact...

Finie la petite conversation avec la caissière, finis les sourires, finie la communication...

 

Déjà, face à la crise sanitaire liée au coronavirus, afin de limiter les risques de propagation du virus, le paiement sans contact est fortement conseillé et facilité... et bientôt, peut-être, un QR code sera exigé à l'entrée des lieux de culture, des magasins, des cinémas, etc.

 

Avec ce nouveau concept de magasin, on assiste à une déshumanisation complète du système de vente : on entre dans un univers de machines, inhumain. L'homme est scanné sous toutes les coutures.

Amazon prévoit de lancer bientôt d'autres supermarchés sans caisse au Royaume Uni, sans en préciser le nombre.

Arriveront-ils un jour en France ? Aucune certitude pour l'instant, mais le géant américain a clairement l'intention de gagner du terrain face aux commerces alimentaires traditionnels.

 

 

Source : à 29 minutes

 

https://www.france.tv/france-2/journal-20h00/2370327-edition-du-lundi-12-avril-2021.html

 

 

 

Amazon lance les supermarchés sans caisse...
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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 13:29
Le corps de l'anthropocène...

 

L'anthropocène : que désigne ce nom mystérieux ?

Ce néologisme, construit à partir du grec ancien "ἄνθρωπος, anthropos, être humain" et " καινός, kainos,  nouveau", apparaît au début des années 1990, pour signifier que l'influence des activités humaines sur le système terrestre est désormais prépondérante. 

 

La terre est dégradée, polluée dans toutes ses dimensions : l'air est pollué à cause de l'accumulation de gaz dans l'atmosphère, les glaces polaires sont en train de fondre, on assiste aussi à un effondrement de la biodiversité accéléré par le réchauffement climatique, l'eau, les mers, les océans sont asphyxiés par la pollution.

Ainsi, l'homme détruit son environnement, la planète qui lui permet de vivre. Nos sociétés consuméristes sont à l'origine de cette dégradation.

 

Et on peut remarquer que "cette entrée dans la société consumériste altère aussi profondément les corps et la physiologie des consommateurs."

Nous mangeons de plus en plus de graisses, si bien que l'obésité explose.

"Aux Etats-Unis, en deux siècles, la quantité de graisse ingérée a été multipliée par 5 et celle de sucre par 15 !"

La consommation de viande et de produits laitiers s'est également accélérée.

 

"Une alimentation fortement carnée et sucrée, dominée par des produits transformés si concentrés en calories que le sentiment de satiété en est retardé..."

 

Conséquences : une augmentation des maladies chroniques : cancers, obésité, maladies cardiovasculaires.

La société de consommation pollue l'environnement mais pollue aussi l'être humain lui-même.

 

Que dire de ces substances toxiques introduites dans les aliments ultra-transformés ? Additifs, colorants, substances chimiques de synthèse...

N'oublions pas les résidus de pesticides présents dans nos fruits et nos légumes, car notre agriculture intensive utilise de nombreux polluants qui souillent la terre.

 

Enfin, l'automobile a aussi façonné le corps de l'anthropocène : la motorisation a entraîné une diminution de l'activité physique, l'être humain ne marche plus, il roule...

Et que dire des écrans qui sont venus accroître la sédentarité de l'homme ? Des écrans qui se multiplient et devant lesquels les êtres humains passent de plus en plus de temps.

Ainsi, se modifient la morphologie et la physiologie humaines : plus d’une personne sur quatre dans le monde pourrait être obèse en 2045.

En France, 20 millions de patients souffrent de maladies chroniques, soit un tiers de la population. Ces maladies entraînent souvent une détérioration de la qualité de vie des patients. Elles sont à l'origine de nombreuses complications graves, d'invalidités et de souffrances physiques et morales.

Ainsi, le consumérisme en vient à dégrader non seulement la planète mais aussi les humains eux-mêmes...

Pouvons-nous continuer cette course effrénée qui nous entraîne dans une consommation infinie ?

 

 

 

 

 

Source : L'événement Anthropocène, un livre de Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz

 

 

 

Le corps de l'anthropocène...
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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 09:49
Un Noël particulier...

 

Avec la crise du Covid, cette année, la fête de Noël s'annonce différente : pas de grands rassemblements familiaux, pas de grands repas de Noël...

 

Et si on en profitait pour mettre un peu plus de frugalité dans nos menus ?

Plus de simplicité dans les plats, plus de naturel...

Evitons les aliments transformés qu'on nous propose à tout va : pâtés en croûte au foie de canard, pains d'épices, gougères aux quatre saveurs, saucisses costumées, canapés, petits fours, sapin brioche au coeur fondant, tielles sétoises, cakes, black burgers au saumon fumé, saucisses cocktail, verrines aux écrevisses, poivrons, artichauts marinés, feuilletés au ris de veau et aux morilles, parmentier de poulet, de canard, coquilles Saint-Jacques à la Normande... etc. j'en passe et des meilleures... une véritable orgie consumériste...

 

Moins de cadeaux aussi : de nos jours, la plupart des enfants sont submergés de cadeaux, ce qui les laisse indifférents et blasés...

Trop, c'est trop !

Comme pour la nourriture, les excès ne sont pas bons...

 

"Alors qu'ils ne reçurent pendant longtemps qu'une orange dans leur soulier jusqu'au milieu du siècle dernier... les enfants n'ont pas seulement acquis le droit de désirer et de faire commande de leurs désirs. Ils y sont pour ainsi dire poussés avec la plus grande énergie par des adultes qui se repaissent de leur joie et se font les auxiliaires consentants de la main bien visible du marché...."écrit fort justement Stéphane Floccari, dans son ouvrage intitulé Survivre à Noël.

Les enfants rois sont désormais au centre de la société de consommation. Les enfants reçoivent tant de cadeaux !

 

Et les adultes eux-mêmes ne sont pas en reste : l'usage s'est répandu d'offrir des cadeaux à tout un chacun, et pas seulement aux enfants...

Ainsi, se perd l'esprit de Noël...

 

Qu'est-ce que la fête de Noël ? Quel est le message originel ? C'est bien sûr, celui de la crèche où un enfant est né dans la pauvreté, il y a deux mille ans, un enfant qui symbolise toute la richesse de l'amour.

 

Ce message a été oublié, perverti, car Noël est devenu dans nos sociétés une fête de la consommation, une célébration du capitalisme triomphant : que de richesses étalées dans les "temples de la consommation" que sont les grandes surfaces !

Quel luxe ! Quelle opulence !

Oublié l'esprit de Noël ! Oublié le message originel !

 

Alors, il faut souhaiter que ce Noël soit l'occasion de revenir à plus de simplicité et de retenue...

Mais, on peut en douter, car des habitudes sont installées...

 

 

 

 

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