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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 09:18
Michel Houellebecq : le peintre de la modernité...

 

 

Houellebecq est bien le Balzac du XXI ème siècle : il dépeint notre modernité avec tant d' acuité et de talent.

Pour preuve, l'incipit de son roman La carte et le territoire... en deux pages, Houellebecq aborde de nombreux aspects de nos sociétés, un véritable condensé de notre modernité.

Quand on l'interroge sur le sens de son oeuvre, l'artiste peintre Jed Martin, héros de ce roman, répond :"Rendre compte du monde, simplement rendre compte du monde."

Rendre compte du monde, c'est également le projet de Michel Houellebecq. Non seulement rendre compte du monde, mais aussi le révéler.

 

Le monde de l'art que décrit Houellebecq dans son roman est ainsi l'occasion d'aborder bien d'autres aspects de nos sociétés.

Le roman s'ouvre sur une description de deux personnages, deux artistes de renom : Jeff Koons et Damien Hirst.

Jed Martin est, en fait, en train de les représenter dans un tableau.

 

Le décor nous fait découvrir, derrière une baie vitrée "un paysage d'immeubles élevés... un enchevêtrement babylonien de polygones gigantesques, jusqu'aux confins de l'horizon."

On perçoit là la démesure de nos immeubles modernes. Et Houellebecq de rajouter : "On aurait pu se trouver au Qatar ou à Dubaï." C'est bien l'occident transplanté dans le monde oriental qui est ici suggéré.

On voit aussi que "la décoration de la chambre" où se trouvent les personnages, "était inspirée par une photographie publicitaire, tirée d'une publication de luxe allemande."

Le décor lui-même est associé à l'univers publicitaire qui est une composante essentielle de nos sociétés de consommation.

 

On entre ensuite dans les pensées du peintre : il commente le physique des deux artistes, d'abord Hirst, "facile à saisir".

Il est "brutal, cynique, genre "je chie sur vous du haut de mon fric".

Et, bien sûr, on perçoit dans ce portrait l'importance capitale de l'argent : l'argent qui permet l'orgueil, le mépris, l'assurance et même la vulgarité.

 

De plus, le visage de Hirst "avait quelque chose de sanguin et de lourd, typiquement anglais, qui le rapprochait d'un fan de base d'Arsenal."

En une brève notation, Houellebecq évoque ici l'univers du football, une autre composante de nos sociétés, le football, ses fans,  hystérisés, lourds et prompts à l'emportement.

 

Koons, lui, a un physique plus ambigu : "Koons semblait porter en lui quelque chose de double, comme une contradiction insurmontable entre la rouerie ordinaire du technico-commercial et l'exaltation de l'ascète."

Plus loin, l'artiste évoque son "apparence de vendeur de décapotables Chevrolet".

Le commerce, les voitures, le luxe font aussi partie de nos sociétés de consommation.

C'est comme si la société en venait à imprégner l'aspect physique des individus, comme si la société contaminait les personnages.

 

D'autre part, les deux portraits s'opposent, comme si les deux artistes étaient en concurrence, l'un apparaît dans une attitude dynamique, l'autre est statique : "Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d'enthousiasme. Assis en face de lui sur un canapé de cuir blanc partiellement recouvert de soieries, un peu tassé sur lui-même, Damien Hirst semblait sur le point d'émettre une objection..." 

Houellebecq évoque souvent dans ses romans le domaine de la lutte économique caractérisée par un combat brutal pour la domination.

 

Selon Houellebecq, "le capitalisme est dans son principe un état de guerre permanente", comme il l'écrit dans son ouvrage Plateforme.

C'est "un monde, en somme conçu sur le modèle de l'hypermarché, un système qui prive les êtres de leurs repères pour mieux les soumettre à la tyrannie du désir, et les condamner finalement à n'être que des produits parmi d'autres, menacés eux aussi d'obsolescence rapide. Car telle est la logique du marché : sans désir, pas de profit et sans peur, pas de désir. Il s'agit donc de planifier le désespoir et la terreur - terreur de manquer, terreur de perdre sa place, terreur de se voir mis au rebut -  pour réduire l'homme à la docilité du consommateur et pour assurer le fonctionnement souverain de la machine." Agathe NOVAK-LECHEVALIER.

Terrifiante analyse ! Le monde moderne régi par la peur !

 

Enfin, quand on regarde les photographies des deux artistes dépeints par Houellebecq, on se dit que c'est finement observé !

L'oeil du peintre, du photographe !

 

L'incipit du roman :

 

https://www.lexpress.fr/culture/livre/les-premieres-pages-de-la-carte-et-le-territoire-de-michel-houellebecq_916938.html

Michel Houellebecq : le peintre de la modernité...
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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 13:02
Nous sommes tous les héritiers de Voltaire...

 

Voltaire incarne plus qu'un autre l'esprit des Lumières : il a combattu et dénoncé tous les fanatismes, il a lutté pour la liberté de penser. Voltaire s'est attaché à dénoncer le fanatisme religieux, les crimes commis par l'inquisition.

Il a pourfendu  toutes sortes d'injustices.

Une série télévisée diffusée sur France 2 met en scène la jeunesse de l'écrivain : une jeunesse aventureuse, comme l'indique le titre de la série, Les Aventures du jeune Voltaire.

Même si cette série prend quelques menues libertés avec la biographie de l'auteur, elle nous replonge dans une époque, et nous montre un jeune homme ambitieux, séducteur, empli de fougue, sans doute très proche de la réalité.

On entrevoit aussi bien sûr tout le talent de ce jeune écrivain désireux de se faire reconnaître à la cour, lui qui était  fils d'un simple bourgeois.

Fils de notaire, François-Marie Arouet est né en 1694 : il mène de brillantes études au Collège Louis-Le-Grand, et commence à écrire des vers.

Arouet quitte le collège en 1711 à dix-sept ans et annonce à son père qu’il veut être homme de lettres, et non avocat ou titulaire d’une charge de conseiller au Parlement.

La jeunesse mouvementée de Voltaire souligne bien sa volonté de combattre toutes sortes d'injustices.

Et on retrouve ce leitmotiv dans toute son oeuvre.

Voltaire s'attaque notamment à l'arrogance des nobles, il dénonce le règne et le pouvoir de l'argent.

 

Ainsi dans Candide, diverses péripéties emmènent le personnage jusqu'en Amérique du Sud, dans l'Eldorado, pays utopique, sorte d'idéal où l'argent n'a pas de valeur, où les gens sont généreux et accueillants, c'est bien l'envers du monde réel que nous présente ici Voltaire. Cet épisode qui se trouve au centre du conte revêt une importance capitale : c'est une critique du monde ordinaire où l'argent est la valeur suprême, où la générosité n'existe pas, où règnent la peur, l'appât du gain, la méfiance.

 

Voltaire critique encore les abus de pouvoir des rois et des courtisans.

Il met en évidence les horreurs de la guerre dont les principaux responsables sont les rois et les gouvernants, et dont les victimes sont souvent des populations civiles.

Voltaire se livre aussi à une satire de la religion et du clergé : il évoque des superstitions cruelles et inhumaines comme la pratique de l'autodafé.

Il fustige encore l'exploitation coloniale et l'esclavage qui ravale les êtres humains au rang d'objets.

Voltaire s'oppose à la torture et à la peine de mort.

Ecrivain engagé, Voltaire prépare et annonce la Révolution Française.

Son oeuvre diverse mérite d'être lue et relue tant elle est riche et passionnante.

"Voltaire, l'homme qui ne voulait pas se taire... " tels sont les derniers mots de la série télévisée présentée sur France 2.

Quoi qu'il en soit, nous sommes bien les héritiers de ses combats et de ses victoires contre l'obscurantisme et la barbarie.

 

Deux extraits célèbres :

 


Candide sur le champ de bataille, contre les Bulgares
"Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque.

    Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il était en cendres : c'était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, à demi brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés."

 
Voltaire, Candide, 1748.

 

 

 

"Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique.

Lorsqu'une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. J'ai vu des convulsionnaires(1) qui, en parlant des miracles de saint Pâris, s'échauffaient par degrés malgré eux : leurs yeux s'enflammaient, leurs membres tremblaient, la fureur défigurait leur visage, et ils auraient tué quiconque les eût contredits.

Il n'y a d'autre remède à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal, car, dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir, et attendre que l'air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. Ces misérables ont sans cesse présent à l'esprit l'exemple d'Aod, qui assassine le roi Églon ; de Judith, qui coupe la tête d'Holopherne en couchant avec lui ; de Samuel, qui hache en morceaux le roi Agag. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'Antiquité, sont abominables dans le temps présent ; ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne.

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage, c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre."

 

VOLTAIRE, Dictionnaire philosophique.
 

 

https://www.france.tv/france-2/les-aventures-du-jeune-voltaire/2231571-jesuite-et-libertin.html

 

https://www.france.tv/france-2/les-aventures-du-jeune-voltaire/les-aventures-du-jeune-voltaire-saison-1/2231569-la-bastille-a-20-ans.html

 

https://www.france.tv/france-2/les-aventures-du-jeune-voltaire/les-aventures-du-jeune-voltaire-saison-1/2251811-courtisan-ou-rebelle.html

 

 

https://www.france.tv/france-2/les-aventures-du-jeune-voltaire/les-aventures-du-jeune-voltaire-saison-1/2251809-la-liberte-et-l-exil.html

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 09:11
Quand les hôpitaux deviennent les cibles de cyberattaques...

 

 

Rien n'arrête plus les pirates du web : voilà qu'en période de pandémie, ils s'attaquent aux hôpitaux où le personnel est déjà débordé de travail.

Quel cynisme ! Peu importe si la vie de patients est ainsi menacée...

 

Evidemment, l'argent est le moteur de leurs actions : ces pirates exigent des rançons souvent exorbitantes pour que soit rétabli le bon fonctionnement des ordinateurs.

On imagine la panique créée par ces dysfonctionnements !

 

Désormais, tout est informatisé : dans les entreprises, dans les maisons, dans les administrations, les banques, dans les hôpitaux, les communications, l'énergie, l'ordinateur est un outil précieux dont on ne peut plus se passer.

Nos sociétés de technologie avancée deviennent, ainsi, de plus en plus vulnérables.

La révolution numérique est en marche et elle crée de nouveaux problèmes auxquels nous ne sommes pas bien préparés.

 

Ainsi, l'hôpital de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône tourne au ralenti. Il est presque paralysé : plus aucun ordinateur ne fonctionne. Aux urgences comme dans tous les services, les équipes doivent travailler tant bien que mal à l'aide d'un stylo et de papier. Il faut reconstituer toutes les informations des patients. Lundi 15 février vers 4h du matin, un virus a été introduit dans le système informatique.

 

Les hackers ont exigé une somme d'argent dont on ne connaît pas le montant : on imagine que la somme doit être conséquente !

 

Reconstituer avec les moyens du bord toutes les informations des patients, récupérer les antécédents ! Un travail colossal qui mobilise le personnel hospitalier débordé par un afflux de malades en temps de pandémie.

 

Il y a une semaine c'était l'hôpital de Dax dans les Landes qui était visé par une attaque similaire.

 

Dans une période sanitaire difficile, les établissements de santé sont des cibles vulnérables. Les hackers ont repéré cette fragilité et ils n'hésitent pas à s'attaquer à des hôpitaux.

La consigne des autorités est de ne pas payer les rançons exigées.

 

Mais le retour à une situation normale prendra plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Les opérations non urgentes ont été déprogrammées.

Quelle sera la prochaine cible des hackers ? Quel sera le prochain hôpital visé ?

Et si ces attaques se multipliaient, notre système de santé pourrait-il faire face ?

 

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/internet/securite-sur-internet/cyberattaques/rhone-un-hopital-attaque-par-un-piratage-informatique_4299615.html

 

 

 

 

Quand les hôpitaux deviennent les cibles de cyberattaques...
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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 11:34
Médicaments : des études cliniques truquées ?

 

 

Avec le Covid-19, les médicaments sont à la UNE de l'actualité : les labos de la planète s'activent pour trouver le médicament miracle qui serait susceptible de guérir la maladie.

 

On s'en doute : les enjeux financiers sont colossaux, à la clé : des profits et des gains gigantesques ! 

 

Mais nous sommes en droit de nous poser cette question : les médicaments lancés sur le marché sont-ils fiables ? Les études cliniques qui permettent de les valider sont-elles sérieuses ?

 

En fait, "souvent les preuves sont gonflées pour les résultats positifs... tout est fait pour obtenir le résultat souhaité." C'est ce qu'affirme Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie.

"On sélectionne les patients, on élimine ceux qui ont des effets indésirables, et après, on commence l'essai."

"La population testée n'a souvent rien à voir avec celle de la vraie vie", déclare encore Bernard Bégaud.

 

"On choisit des gens plus jeunes avec moins de traitements associés, et davantage de cas graves susceptibles de bien réagir au traitement. On peut ainsi obtenir un petit résultat qui, présenté habilement, fera croire que le produit est indispensable."

 

"Ainsi, la plupart des études scientifiques sont erronées", écrit aussi Richard Smith, ex-rédacteur en chef du British médical journal.

C'est le cas des nouveaux médicaments contre le cancer, comme le rappelle l'oncologue Américain Vinay Prasad dans un livre paru en 2020 dont le sous titre est éloquent : "Comment de mauvaises preuves nuisent aux malades du cancer."

En plus, ces médicaments sont extrêmement coûteux !

 

On le voit : de telles pratiques sont indignes et scandaleuses.

Les labos font des profits au détriment de la santé des patients atteints du cancer.

En fait, c'est l'industrie du médicament qui a le monopole des essais sur les nouveaux traitements.

"Seulement 10 à 15 % des nouveaux médicaments apportent un progrès", révèle Bruno Toussaint, directeur de la revue Prescrire.

C'est vraiment peu et c'est particulièrement inquiétant et révoltant !

Bernard Bégaud, lui, a publié un ouvrage intitulé La France malade du médicament... un constat terrible sur le manque d'évaluation des médicaments, avant et après leur mise sur le marché.

 

Et les médecins eux-mêmes ont souvent la main lourde quand ils rédigent  leurs ordonnances...

 

 

 

 

 

Source : un article de Brice Perrier paru dans le journal Marianne

 

Médicaments : des études cliniques truquées ?
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29 juillet 2019 1 29 /07 /juillet /2019 09:46
Il est temps de nous autoriser à être humains...

 

 

"Soyez humain si vous voulez être original ; plus personne ne l'est... a écrit le poète Max Jacob.

 

Etre performant, être efficace, n'avoir aucun trouble, aucune hésitation, tel est le credo de nos sociétés...

C'est ainsi que les personnes âgées, les malades, les gens atteints de handicaps sont trop souvent déconsidérés et méprisés.

La faiblesse est stigmatisée, mal vue. Nous vivons dans un monde de la performance, de la vitesse, de la compétition.

Dans les maisons de retraite, les vieux sont mis au rebut, parfois maltraités, oubliés du monde extérieur.

Pour y résider il faut payer très cher, mais ces prix élevés ne garantissent pas du tout le confort et les soins promis.

Un véritable business s'organise, ainsi, autour de la vieillesse.

 

Les malades, les "patients", comme on dit, sont assommés de médicaments.

La médecine hospitalière est devenue une industrie comme une autre, particulièrement rentable.

Alors que le soin devrait être un humanisme, comme le conçoit Cynthia Fleury, il devient trop souvent une entreprise commerciale.

 

L'humain s'efface et disparaît dans une société de la rentabilité et du fric.

Triste réalité !

Faire du chiffre, gagner du pognon, c'est ce qui compte...

C'est l'argent qui corrompt et qui pollue l'humanité.


L’argent s’impose dans de nombreux domaines : d’ailleurs nos sociétés nous invitent à une course perpétuelle à l’argent et aux loisirs qui deviennent infinis : séjours au ski, vacances, cinéma, médias, portables de plus en plus sophistiqués : le but essentiel de certains étant d’acquérir ces biens de consommation...
 
Est-ce là le sens de la vie ? La consommation devient aussi un facteur essentiel pour la bonne marche de l’économie : il faut consommer pour survivre, il faut acheter pour jeter et recommencer indéfiniment ce cycle.

 

Que deviennent les vraies valeurs de l'humanité ?  La solidarité, le partage, le goût des bonheurs simples, le bonheur de vivre au contact de la nature...

Que devient l'humanisme ?

Il est temps de nous autoriser à être humains, il est temps d'abandonner cette course incessante aux profits.

Il est temps de se soucier des autres, les plus démunis, ceux qui souffrent, ceux qui vivent dans la misère physique, morale.

 

Mais, hélas, dans un monde où l'argent est souverain, il reste beaucoup à faire pour retrouver notre humanité.
 

 


 

 

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/3-minutes-de-philosophie-pour-redevenir-humain/max-jacob-soyez-humain-si-vous-voulez-etre-original-plus-personne-ne-lest

 

 

 

Il est temps de nous autoriser à être humains...
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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 11:04
Rééditer les pamphlets de Céline ? Quel intérêt si ce n'est un intérêt financier ?

 

 

Céline a écrit un chef d'oeuvre, Le voyage au bout de la nuit : avec un  style original, populaire, en abordant des thèmes universels, Céline nous dévoile dans ce roman un condensé de l'humaine condition...

 

La guerre et son inhumanité odieuse, les souffrances intolérables de la vie sur le front pendant la première guerre mondiale, les horreurs du colonialisme, le rêve américain qui se révèle être une illusion, la dureté du monde du travail  avec la description infernale de l'usine Ford à Détroit, le capitalisme triomphant et le culte voué au  DIEU   DOLLAR... la misère humaine transparaît  dans toutes les pages du roman...

Et quel style flamboyant ! Quelle dérision dans l'horreur !

 

Mais les pamphlets antisémites de Céline, eux, n'ont aucun intérêt littéraire, si ce n'est quelques rares fulgurances, ils ne sont qu'un concentré de haine et de mépris, et on peut les classer dans la catégorie des ouvrages de propagande...

Pourquoi rééditer ces écrits honteux qui vilipendent les juifs d'une manière ignominieuse, et qui ne sont qu'une incitation à la haine ?

Au nom de la liberté d'expression, disent certains...

 

Et cette liberté est précieuse et fondamentale, j'en suis persuadée, mais quand la liberté passe par des propos ignobles, dégradants, elle perd de sa substance, elle devient haine dégoulinante.

Peut-on parler de censure ? Non, ce terme est  injustifié, car ces ouvrages peuvent être consultés en ligne ou dans les bibliothèques. Personne n’est empêché d’y avoir accès.

 

Alors pourquoi rééditer ces pamphlets si ce n'est pour des motifs purement mercantiles et financiers ?

Il s'agit pour les Editions Gallimard de faire du profit avec ces ouvrages qui sentent le soufre...

Notre monde est encore et toujours celui de la marchandisation.

Tout se vend et tout s'achète.

L'argent est au centre de tout : chaque jour, sont lancés de nouveaux produits, chaque jour, on invente de nouvelles taxes pour générer des profits.

La consommation est devenue le Graal de nos sociétés : elle est le moteur de nos économies...

Et les pamphlets de Céline sont encore une occasion de faire du fric, de vendre des livres sans véritable valeur littéraire mais qui par leur réputation sulfureuse, vont attirer quelques chalands et quelques lecteurs friands de saloperies.

 

D'ailleurs, Céline, de son vivant s'est opposé à la publication de ces écrits.

Pourquoi ne pas respecter cette volonté?

Aucune véritable qualité littéraire dans ces pamphlets, aucune âme, aucun souffle.

Ce ne sont que déversoir de haines et chapelet d'insultes.

 

En un temps où l'antisémitisme ressurgit, est-il besoin de l'alimenter encore par ces écrits outranciers et vulgaires ?

Le culte du Dieu DOLLAR que fustigeait Céline va-t-il encore l'emporter avec cette publication ??

Ce serait désolant et regrettable....

L'argent encore et toujours gouverne notre monde : le commerce s'érige en une divinité toute puissante.

Les pamphlets antisémites de Céline ne méritent pas publication, ils ne sont qu'un ramassis de propos dégradants.

 

 

 

 

Une émission sur France Culture :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/faut-il-reediter-aujourdhui-les-pamphlets-antisemites-de-celine

 

 

 

 

 

Rééditer les pamphlets de Céline ? Quel intérêt si ce n'est un intérêt financier ?
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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 13:35
Manchester : des enfants, des adolescents pris pour cibles...

 

 

 

Deux mois après l'attaque de Westminster, le Royaume-Uni a été de nouveau frappé par le terrorisme.

 

De nombreux morts, des blessés qui sont entre la vie et la mort.

 

Une explosion a retenti à l'extérieur de la salle de concert Manchester Arena, qui contient 21 000 places, alors que se terminait un concert, celui d'une chanteuse américaine : Ariana Grande.

 

Encore un symbole déjà visé par les terroristes : un lieu de divertissements, fréquenté par un public jeune, une salle de concerts.

 

La musique, la culture, les divertissements, le théâtre ont été pendant longtemps méprisés et vilipendés par les fanatismes religieux.

 

"Les religions monothéistes invitent à renoncer au vivant ici et maintenant : elles vantent un au-delà fictif, pour empêcher de jouir pleinement de l'ici-bas.", écrit Michel Onfray dans son Traité d'athéologie.

Et il rajoute ceci : "Leur carburant ? La pulsion de mort et d'incessantes variations sur ce thème."

Depuis les bûchers chrétiens d'autrefois jusqu'aux fatwas musulmanes d'aujourd'hui, c'est la mort, la mort toujours recommencée.

 

On assiste, ainsi, à une escalade interminable de la violence : les attentats se multiplient partout, et se succèdent, avec pour objectifs la mort, la haine de la vie.

"Attaque épouvantable... Ne pas céder à la terreur", dit-on, alors inlassablement.

Mais la terreur se perpétue.

 

J'ai de plus en plus l'impression que notre monde voit, ainsi, s'affronter deux terrorismes : celui d'une religion fanatique et mortifère et celui d'un  monde où règnent l'argent et la finance.

Des deux côtés, l'excès, la démesure s'imposent. Des deux côtés, la haine, le mépris de la vie.

La fracture est immense, la division est incommensurable.

 

Les pays riches vendent des armes à tout va : les guerres s'intensifient, les conflits perdurent, entretenus par les puissances de l'argent.

En face, les fanatismes religieux s'exacerbent et n'en finissent pas.

 

L'attentat de Manchester a été revendiqué par Daesh, en début d'après-midi.

 

 

 

 

 

 

 

Manchester : des enfants, des adolescents pris pour cibles...
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 13:36
Vivre intensément ! C'est le credo de beaucoup de gens...

 

 

 

 

Vivre intensément ! C'est le credo de beaucoup de gens, à notre époque...

 

Pour ce faire, il faut à tout prix partir en vacances, se rendre dans des parcs d'attraction où l'on cultive des émotions fortes...

 

Ces parcs d'amusement collectif ont de plus en plus de succès : parcs nautiques, avec des toboggans, des vagues artificielles, parcs d'attractions, avec grandes roues, balançoires géantes, grand huit...

En hiver, il est indispensable de rejoindre les stations de ski, d'emprunter les pistes enneigés, de se mêler à la foule des vacanciers qui font la queue devant les téléskis...

 

Tous ces loisirs coûtent cher : il faut payer pour vraiment s'amuser et prendre du bon temps.

Il faut payer pour vivre intensément !

Comme si l'argent était une garantie de bonheur, comme si ces loisirs factices, encadrés pouvaient offrir un véritable épanouissement...

 

Sur internet, sur Facebook, les jeunes se lancent des défis absurdes : des défis liés à l'alcool, défis de résistance à la douleur ou encore des défis de mise en danger : sauter dans de l'eau glacée, s'extirper des rails du train à la dernière seconde...

L'image l'emporte sur tout le reste : il s'agit de montrer au plus grand nombre ce dont on est capable...

 

D'où vient ce besoin de vivre intensément l'instant présent ?

La plupart d'entre nous vivent dans des villes, dans le béton, les rues encombrées de voitures.

 

Eloignés du monde de la nature, les gens vivent dans l'urgence, la précipitation, l'impatience : il faut jouir à outrance de l'instant présent...

 

On en oublie le passé, on en oublie une forme de quiétude et de tranquillité...

 

On en oublie de voir l'essentiel... on en oublie de retrouver le contact avec la nature, la vraie, les arbres, les couleurs du ciel qu'on ne regarde même plus, puisque le bulletin météo nous donne tous les jours, les tendances du lendemain...

 

On ne regarde plus la terre, les fleurs, on ne connaît plus les différentes variétés d'arbres, leurs noms, leurs caractéristiques...

 

On oublie ce lien essentiel avec la terre, cette harmonie qui nous relie au monde, à l'univers....

On oublie que l'on fait partie d'un tout.

Vivre intensément, ce devrait être, précisément, renouer un lien avec la nature, l'observer, l'écouter, suivre son rythme...

Vivre intensément, c'est s'intéresser au monde qui nous entoure en oubliant tablettes, iphones, c'est profiter de joies simples, accessibles à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:07
Taxer le soleil... voilà une idée lumineuse !

 

 


Eh oui, l'idée a germé dans la tête de certains hommes politiques : taxer le soleil, afin de récupérer de l'argent... l’idée de taxer les logements les plus ensoleillés et disposant de la plus belle vue commence à poindre au Portugal...

 

Non, ce n'est pas un hoax, un canular, une fausse nouvelle, une mauvaise blague ! Le gouvernement portugais envisage bel et bien de mettre en place, un impôt foncier proportionnel à l’intensité de la lumière et à la qualité de la vue dont bénéficie chaque logement.

 

Faire payer le soleil, la lumière ! Jusqu'à présent personne n'y avait pensé, mais c'est chose faite chez nos amis portugais...

On pourrait, aussi, imaginer une augmentation de taxes pour ceux qui habitent dans le sud de La France, et qui profitent d'un meilleur ensoleillement que les gens du Nord.

On pourrait taxer l'air que l'on respire et qui est moins pollué dans certaines régions...

On pourrait faire payer des taxes aux gens qui ont la chance d'habiter au bord de la mer et qui bénéficient de bains agréables, d'un air marin vivifiant...

On pourrait imaginer des taxes supplémentaires sur tous les biens que possèdent les gens : voiture, caravane, meubles, etc.

Tout est possible !

 

En France, d'ailleurs, il serait question, aussi, de taxer les propriétaires occupant leur logement... eux qui ont la "chance" de ne pas payer de loyer et pour cause... ils ont consacré une large partie de leur argent et leurs économies à l'achat de ce logement.

L'Observatoire français des conjonctures économiques, l 'OFCE songe à faire payer des prélèvements sociaux aux propriétaires occupants...

 

Mais, enfin, les gens modestes ont souvent fait des sacrifices tout au long de leur vie pour acheter un appartement ou une maison, et il faudrait taxer ce capital acquis grâce à un dur labeur ?

Les gouvernements ne savent plus quoi inventer pour récupérer de l'argent, partout, et de préférence auprès des gens modestes.

 

Taxer le soleil ! Taxer des appartements qui ont été achetés au prix d'économies faites tout au long d'une vie !

On crie à l'injustice, à l'infamie de ceux qui nous gouvernent.

Des gens se sont privés, tout au long de leur vie, de vacances, de loisirs, de sorties, pour acquérir un toit et il s'agirait de les pénaliser encore parce qu'ils sont propriétaires ??

 

L'argent ne manque pas, en fait : l'argent est pléthorique du côté des gens les plus riches qui ne cessent de s'enrichir... les écarts se creusent sans arrêt, entre les plus modestes et les gens les plus aisés.

Ce sont les gens et les entreprises les plus riches qu'il faut taxer et poursuivre quand ils ne s'acquittent pas de leurs impôts, ce sont les grands patrons de mieux en mieux rémunérés qui doivent payer davantage, pour éponger la dette.

 

 

 

 

http://immobilier.lefigaro.fr/article/le-portugal-veut-taxer-les-logements-les-plus-ensoleilles_e6688496-9b62-11e6-b6d2-21d92bf1c42f/

 

 

 

Taxer le soleil... voilà une idée lumineuse !
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 10:25
Hier soir, un concert de klaxons interminable...

 

 

 

 

Hier soir, soudain, dans ma ville, un concert de Klaxons à n'en plus finir : j'ai mis du temps à prendre conscience de la signification d'un tel tintamarre, à la nuit tombée, c'était, bien sûr, pour saluer la victoire de la France face à l'Allemagne, lors de la demi-finale de l'euro de foot.

 

Comme je ne suis pas du tout cette compétition, je ne soupçonnais pas, d'abord, la raison de telles manifestations.

Beaucoup de bruit pour rien, beaucoup de bruit pour un simple résultat de foot !

Quelle folie s'empare, ainsi, des supporteurs ! On pouvait entendre des cris, des coups de klaxons réitérés qui se sont prolongés au delà de minuit.

Le football suscite de véritables délires : un tel engouement paraît incroyable pour une simple victoire !

 

Le concert s'est poursuivi tard dans la nuit : la ronde des voitures a répercuté une sorte de joie festive qui ne faiblissait pas.

Quant aux titres des journaux, ils sont, aujourd'hui, dans le même registre : l'excès, la démesure, on pouvait lire, par exemple, à la Une du Point, ce titre : Les Bleus un peu plus près des étoiles ! et plus loin cette phrase : l'hexagone peut chavirer de bonheur ! ou encore : "une victoire historique des Bleus !"

 

Un joueur de foot est, soudain, transformé en héros parce qu'il a marqué deux buts, au cours de la rencontre. Certains parlent même de super héros !

Voilà notre joueur de foot devenu un chevalier, un être d'exception, un demi-dieu !

Comme si l'héroïsme pouvait se réduire à un simple but !

 

Mais, enfin, l'héroïsme est tout autre : avons-nous perdu le sens des réalités pour assimiler des footballeurs à des braves, des modèles ?

N'avons-nous pas besoin d'autres exemples ? C'est, pourtant, ce type de modèle auquel les jeunes s'identifient plus volontiers.

Les vrais héros sont ceux qui se dévouent pour les autres, qui se rendent utiles dans une société en crise.

Les vrais héros se mettent au service des autres : par exemple, des médecins qui partent pour sauver des enfants dans des pays pauvres.

 

Dans tous les cas, le football fait rêver encore, malgré ses nombreuses dérives : dopage, matchs truqués, corruption, argent à gogo...  et cet excès dans les manifestations de joie paraît hors de propos, pour une simple rencontre sportive où le hasard joue un rôle non négligeable.

Un match de foot tient à si peu de choses !

 

J'imagine, désormais, ce que pourra être la réaction des supporteurs si la France remporte la finale...

Dans ce cas, le chauvinisme sera encore plus à l'oeuvre.

"La France a gagné", dit-on, alors, comme si une équipe sportive représentait la réussite de tout un pays !

C'est ainsi que va notre monde : il encense des joueurs de foot et ne voit même pas ceux qui, dans l'ombre, oeuvrent pour l'humanité...

En fait, avec ces compétitions, c'est encore et toujours l'argent qui est le grand gagnant :  les commerçants, les hôteliers, les marchands de bières et de boissons se frottent les mains.

Et l'argent étant la valeur essentielle de nos sociétés, l'Euro de football vient conforter ces dérives inquiétantes.

 

 

 

 

Hier soir, un concert de klaxons interminable...
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