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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 12:08
Ces mères russes qui ont perdu leurs fils et qui adhèrent au récit de Poutine...

 

Terrifiant ! Elles sont Russes, elles ont perdu leurs fils à la guerre, et les perçoivent comme des héros partis pour combattre le nazisme en Ukraine...

Ce sont des soldats très jeunes, presque des adolescents, ils sont morts en Ukraine, et leurs mères adhèrent totalement au récit de Poutine.

A Louga, en Russie, une de ces mères revient tous les jours sur la tombe de son fils : Nikita avait 20 ans, engagé dans un régiment de cavalerie russe, il est mort au combat près de Karkhiv, fin mars.

20 ans seulement ! Un tout jeune homme envoyé faire la guerre en Ukraine, envoyé à la mort, par la décision d'un seul chef qui détient tous les pouvoirs : Vladimir Poutine.

Comment peut-on envoyer des jeunes gens inexpérimentés faire la guerre ? Quelle abomination !

 

"Comme c'est un tankiste, on nous a d'abord dit que seul son tank avait été dynamité, puis plus tard on a appris que toute l'unité avait été attaquée, il avait de nombreuses blessures..." commente la mère de Nikita.

Son corps a été rapatrié 12 jours plus tard dans un cercueil fermé.

Lors de l'enterrement, un élu de la ville a dit qu'il s'était sacrifié pour combattre les néonazis et les nazis nationalistes.

"Que personne ne dise que ce petit garçon était parti là bas pour assassiner, non ! Il est allé défendre les civils, sauver des enfants cachés dans les caves, pour que tout aille bien pour eux" affirme la grand-mère de Nikita.

"Vous le considérez comme un héros ?", interroge un journaliste.

"Oui, bien sûr, évidemment !"

 

Malgré la disparition de leur enfant, cette famille soutient "l'opération spéciale", comme la qualifie toujours le pouvoir.

 

Dans ce cimetière, le tankiste de 20 ans n'est pas un cas isolé. Il y a quelques jours, un autre soldat a été enterré ici et d'autres soldats devraient bientôt être enterrés dans les prochains jours, les prochaines semaines.

Dans le cimetière de Louga, tout est prêt pour recevoir ces dépouilles de soldats.

Dans cette petite ville de 30 000 habitants à 700 km de Moscou, on est fier de son armée. Quelques voitures affichent des aides de soutien.

Le grand-père de Nikita avait combattu les nazis d'Hitler, le petit fils voulait faire pareil.

 

La mère montre alors les photos de son fils enfant, puis en habit militaire.

Cette famille n'a aucun doute sur le comportement de son fils à la guerre exemplaire ni sur celui des autres unités russes.

"Tout ça, comme Boutcha, ce sont des mises en scène pour salir nos garçons qui ont une mission absolument différente, vous voyez. Si nous avions voulu écraser réellement l'Ukraine, nous l'aurions fait. Mais, là, avec nos opérations très précises sur le terrain, on perd tous nos enfants.", se désole la grand-mère.

Un discours largement partagé en Russie...

 

La mère de Nikita, elle, ne souhaite plus s'exprimer, il lui reste un seul garçon de 15 ans : l'adolescent voulait s'engager plus tard dans l'armée. Cette fois, elle a refusé.

 

Selon l’OTAN, les pertes de l'armée russe seraient estimées entre 7 000 et 15 000 hommes.

. En Russie, la guerre et la mort font partie du récit national, révisé par la propagande. 

 

Par ailleurs, on ne sait pas ce que sont devenus les marins du Moskva, le bateau russe coulé par un missile ukrainien. Sur le Facebook russe, le père d'un marin ne cache pas sa colère, depuis jeudi, il est sans nouvelles de son fils...

"Il a été signalé que tout l'équipage avait été évacué. C'est un mensonge ! Mensonge flagrant et cynique !

Un autre sous-officier de marine serait manquant, selon son épouse.

Interrogée par un journaliste indépendant russe, une mère dont le fils a survécu affirme qu'il y aurait une quarantaine de morts.

Difficile de connaître la vérité : la propagande et la désinformation encore et toujours...

 

 

 

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-en-russie-enterrer-les-soldats-sur-fond-de-propagande_5086054.html

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-le-mystere-autour-du-sauvetage-de-l-equipage-du-navire-russe-moksva_5089099.html

 

 

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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 11:46
Le "déraillement" de Poutine et ses tragiques conséquences...

 

Philippe de Lara, philosophe et maître de conférence en science politique à Paris nous explique la situation en Ukraine et évoque le basculement de Poutine :

"Le moment du déraillement de Poutine, c'est Poutine 1 :  il était encore premier ministre de Eltsine, avant même qu'il ne devienne président, la façon dont il a déclenché, par des moyens peu glorieux, la deuxième guerre de Tchétchénie, et dont il l'a conduite, était un geste de rupture avec l'Occident.

 

L'une des meilleures oeuvres sur la Russie post-soviétique, c'est celle d'Anna  Politkovskaïa qui a beaucoup enquêté sur la guerre de Tchétchénie, elle a été assassinée en 2006 pour ça et quand on lit ses ouvrages, on comprend l'importance qu'elle donne à cette guerre (bien sûr, il y a un aspect humanitaire de dénonciation, de l'horreur, des massacres) elle a compris  et expliqué alors que la Russie changeait de nature...

(Dans la Russie du début des années 2000, Anna Politkovskaïa était devenue dangereuse pour le pouvoir car elle était la journaliste qui défiait le Président, Vladimir Poutine… Une insoumise qu’on ne pouvait pas arrêter avec des menaces. Travailleuse infatigable, elle était persuadée que le courage civique individuel finirait par avoir raison de l’État despotique. Connue dans le monde entier pour ses enquêtes sur les exactions russes en Tchétchénie, les violences dans l’armée, la corruption et les mensonges des responsables politiques, elle était devenue la figure de l’opposition médiatique… Elle le paiera de sa vie.

La Tchétchénie ! Le déshonneur de la Russie !

Voici la monstrueuse et cynique déclaration de Poutine,  à la mort de cette journaliste, en 2006 : "Oui, il est vrai que cette journaliste avait pour habitude de critiquer les autorité fédérales, je pense donc qu'elle devait savoir que ce qu'elle écrivait ne pouvait pas rester sans conséquences , mais je vous rassure : son degré d'influence sur la vie politique en Russie était minime."

Une intervention du Président russe qui est à l'image de sa politique en matière de liberté de la presse et des Droits de l'homme.)

Le règne de la peur et une menace à peine voilée envers tous les opposants au régime...

Gare à ceux qui se permettent de critiquer Poutine !

On voit comment fonctionne ce régime : les opposants sont rapidement jugulés, réduits au silence, emprisonnés, voire assassinés, s'ils sont trop gênants.

Une femme, une journaliste assassinée par les sbires de Poutine. Quelle honte !)

 

Anna Politkovskaïa a compris que la page plus chaotique que démocratique de 91 à 99, donc les années Eltsine, était tournée de manière très profonde, et en particulier du fait de l'assentiment d'une partie importante de la population russe à la guerre de Tchétchénie et au comportement de l'armée russe en dépit du fait que tout le monde savait que la seconde guerre de Tchétchénie a été déclenchée en riposte à des attentats terroristes tchétchènes qui, en fait, étaient organisés par le FSB. (Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie.)

Les Américains ont été divisés et fluctuants, d'une façon générale... Georges Bush sénior était très réservé sur l'indépendance de l'Ukraine, il était obsédé par le problème de la dissémination des armes nucléaires. Il y avait un arsenal nucléaire soviétique très important en Ukraine et l'indépendance de l'Ukraine s'est faite rapidement, malgré les Etats-Unis.

Un mot sur l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN : l'indépendance a été plébiscitée en Ukraine mais pas du tout la perspective d'adhérer à l'OTAN... nous avons des sondages au moins depuis l'an 2000 et même avant sur l'opinion vis à vis des différentes possibilités d'insertion dans la communauté internationale, neutralité, adhésion à l'union eurasiatique proposée par la Russie, adhésion à l'Union Européenne, adhésion à l'OTAN... l'opinion fluctue : au début, les Ukrainiens sont très prudents, ils ont été très vite pour l'Union Européenne, c'était un peu le symbole de l'Etat de Droit : "nous méritons de vivre comme des Européens", disaient-ils, et en revanche, il y avait alors une grande hostilité à l'adhésion à l'OTAN.

Et la courbe s'est inversée d'un coup en 2014, après l'annexion de la Crimée et l'intervention russe dans le Donbass.

L'histoire de l'Ukraine, c'est l'histoire d'une bascule permanente entre l'Est et l'Ouest : il y a eu des périodes où une partie des élites s'est trouvée tout à fait à l'aise dans l'Empire russe, il y avait beaucoup d'Ukrainiens dans les élites politiques et intellectuelles, mais le paradoxe de l'Ukraine, c'est que en dépit du fait que c'est une nation très étendue entre l'Est et l'Ouest, aux portes de l'Europe, le sentiment de l'unité de cette nation a été très précoce : il y a un sentiment national en particulier lié à la langue.

Il existe une grande littérature de langue ukrainienne, dès le début du 19ème siècle.

Il 'y a pas vraiment de séparatisme dans le Donbass, il y a bien des différences entre l'Est et l'Ouest mais il est inexact de dire que l'Ouest est ukrainophone, que l'Est est russophone parce que la répartition des langues maternelles ressemble plus à une carte en peau de léopard. Il y a beaucoup de russophones à l'Ouest, les grandes villes de l'Est et du Sud sont russophones mais pas forcément les campagnes alentour.

Les soi-disant séparatistes du Donbass en 2014 sont en réalité des Russes, des supplétifs russes qui ont lancé le mouvement séparatiste... jusqu'à 2014, il n'y a jamais eu de séparatisme dans l'est de l'Ukraine, pas plus qu'à Odessa.

Quels sont les buts de guerre de Poutine ?

Une volonté de revenir aux frontières anciennes de l'Empire ?

Hubert Védrine, quant à lui, rapporte ces propos de Poutine :

Poutine disait : Celui qui ne regrette pas l'Union Soviétique n'a pas de coeur, mais celui qui veut la reconstituer n'a pas de tête.", tout le problème étant : est-ce qu'il n'a pas oublié la deuxième partie du propos ?

Et Védrine donne aussi son avis sur l'armée russe : une armée de soudards non préparée, pas encadrée, il n'y a pas de sous-officiers, les soldats sont parfois ivres, ils se livrent à des abominations : dans certains chars, on trouve des uniformes de parade, on leur avait expliqué que c'étaient des manoeuvres et qu'ils seraient bien accueillis !

 

 

 

Sources :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/que-nous-apprend-la-guerre-en-ukraine

 

 

 

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mercredi-02-mars-2022

 

 

 

Le "déraillement" de Poutine et ses tragiques conséquences...
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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 12:20
Ce que révèle la crise du coronavirus...

 

 

Des hôpitaux débordés, au bord de l'asphyxie, des gens qui meurent faute d'appareils respiratoires, un manque de masques, un personnel médical en souffrance face à l'afflux des malades : face à la crise du coronavirus, on perçoit toute la misère de notre système de santé, autrefois le meilleur du monde.

Depuis des mois, l'hôpital réclame en vain des moyens supplémentaires.

 

Quant à nos dirigeants, ils n'ont pas su anticiper la crise : "gouverner, c'est prévoir", dit-on souvent, mais force est de constater que les politiques n'ont pas vu la gravité du problème.

Pourtant, l'exemple de la Chine et plus encore celui de l'Italie, pays voisin auraient dû nous servir de leçons et nous alerter sur la gravité de la situation. L'Italie toute proche a connu avant nous une crise sanitaire très grave.

 

Ainsi, le premier tour des élections municipales a été maintenu en France, en dépit de la progression de l'épidémie sur notre territoire. Bien sûr, de nombreux électeurs, eux, se sont abstenus et ne sont pas allés voter, conscients de l'irresponsabilité d'organiser des élections dans un tel contexte. Et ils ont bien fait.

 

Le maintien des élections municipales était incompatible avec l’ampleur de la contagion et les décisions annoncées dès jeudi soir par le président de la République (la fermeture des écoles). La réalité, c’est que les intérêts particuliers de certains partis politiques ont empêché que soient reportées ces élections municipales. C’est totalement irresponsable.

 

Que dire de notre armée ? Soumise à des coupes budgétaires, l'armée est à la peine pour soutenir le personnel médical : il faut plusieurs jours pour mettre en place un hôpital de campagne !

 

De manière plus générale, cette crise du coronavirus révèle la fragilité de nos sociétés et de la mondialisation libérale axée sur la croissance et le profit.

 

Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible, impalpable, sournois. Mais nous sommes désarmés, nous ne pouvons identifier notre ennemi.

Une guerre étrange qui nous oblige à rester terrés chez nous : notre pays est à l'arrêt, notre économie est à l'arrêt, les écoles, de nombreuses entreprises sont fermées, la vie sociale est interrompue.

 

Notre seul arme : le confinement, se calfeutrer chez soi.

L'angoisse risque de s'installer face à cette paralysie, mais nous n'avons que cette solution et il convient, devant la gravité de la situation, de respecter les consignes données par le gouvernement.

 

Certains salariés sont, eux, contraints d'aller travailler : ils sont, on les comprend, inquiets pour leur santé. Bien sûr, les mesures de distanciation sociale doivent impérativement être appliquées dans les locaux de l'entreprise. Mais est-ce toujours possible ?

 

 

 

 

 

Ce que révèle la crise du coronavirus...
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