Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 13:14
Dix mots qui ne manquent pas d'air !

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française : du 13 au 21 mars...

 

L'air, c'est ce que nous ne voyons pas, entouré de mystère : connaissons-nous vraiment cet air que nous respirons ?

L'air, c'est pourtant ce qui est vital, essentiel, comme l'eau...

L'air, c'est aussi le domaine des oiseaux : quand Arcimboldo veut représenter l'air, il peint un visage chargé d'oiseaux de toutes sortes.

Que de mots sont associés à l'air ! Que de mots qui ne manquent pas d'air !

 

Pour peu qu'on mette le nez en l'air, on peut admirer les "ailes" des oiseaux qui permettent le vol : magnifiques images d'oiseaux planant dans le ciel ! Images de liberté, de voyages lointains vers des mondes inaccessibles.

Le mot "aile" nous vient du latin "ala" : il a traversé le temps comme un témoignage du passé...

 

Les ailes n'offrent-elles pas aussi la possibilité de se déplacer à toute "allure" ? Un dérivé du verbe "aller", lui-même venu sans doute d'un verbe latin "alo", réduction d'un autre verbe : "ambulo".

 

Nous pouvons alors, les yeux levés vers le ciel, comme on le dit familièrement, "buller", paresser,  en contemplant les oiseaux du ciel : un moyen de se détendre, de rêver...

 A l'origine de ce mot, encore un terme latin bulla, « bulle » la "bulla" latine était une petite sphère d'or que les fils de patriciens portaient autour du cou jusqu'à l'âge de 17 ans.

 

En admirant les oiseaux, on a envie de "décoller", de s'imaginer en train de voler dans les airs : qui n'en a jamais rêvé ?

 

On peut se laisser alors porter par les ailes du vent... par l'énergie "éolienne"...

Et l'on retourne encore, avec ce mot, dans l'antiquité où Eole était le dieu des vents... Dans la mythologie grecque, Éole (en grec ancien Αἰόλος / Aiolos) est le maître et le régisseur des vents.

Eole, le mouvant, le tournoyant, le versatile...

 

Il peut être doux, apaisant comme le "Foehn",  un vent sec et chaud de secteur sud,  mais il peut être aussi tempétueux, violent, comme le Mistral, le vent magistral...

Encore des mots issus du latin : "favonius, vent doux" et "magistralis, de maître"...

 

Tous ces mots aériens nous "insufflent" des envies de voyage, des visions d'îles lointaines, de paysages à découvrir...

Tous ces mots aériens nous font voir des nuées "vaporeuses", aux teintes légères et nuancées.

L'adjectif "vaporeux" a également une origine latine : "vapor".

 

On respire ainsi  un air purifié, des "fragrances" nouvelles surgissent... un mot latin encore, venu du verbe "fragrare, sentir bon".

 

On est bien loin alors du plancher des vaches !

Loin du monde ordinaire soumis à des soucis, des tracas.... on est bien loin du quotidien, loin des contingences du monde moderne, on s'aère l'esprit, on oublie toutes les contraintes qui nous sont imposées par le travail.

Ce voyage aérien nous a aussi permis de percevoir l'omniprésence du latin et du grec dans notre belle langue française.

 

 

 

Les dix mots :

 

Aile (nom)
Allure (nom)
Buller (verbe)
Chambre à air (nom)
Décoller (verbe)
Éolien (adj.)
Foehn (nom)
Fragrance (nom)
Insuffler (verbe)
Vaporeux (adj.)

 

 

https://semainelanguefrancaise.culture.gouv.fr/

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-dis-moi-dix-mots-qui-ne-manquent-pas-dair

Dix mots qui ne manquent pas d'air !
Partager cet article
Repost0
10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 09:18
Michel Houellebecq : le peintre de la modernité...

 

 

Houellebecq est bien le Balzac du XXI ème siècle : il dépeint notre modernité avec tant d' acuité et de talent.

Pour preuve, l'incipit de son roman La carte et le territoire... en deux pages, Houellebecq aborde de nombreux aspects de nos sociétés, un véritable condensé de notre modernité.

Quand on l'interroge sur le sens de son oeuvre, l'artiste peintre Jed Martin, héros de ce roman, répond :"Rendre compte du monde, simplement rendre compte du monde."

Rendre compte du monde, c'est également le projet de Michel Houellebecq. Non seulement rendre compte du monde, mais aussi le révéler.

 

Le monde de l'art que décrit Houellebecq dans son roman est ainsi l'occasion d'aborder bien d'autres aspects de nos sociétés.

Le roman s'ouvre sur une description de deux personnages, deux artistes de renom : Jeff Koons et Damien Hirst.

Jed Martin est, en fait, en train de les représenter dans un tableau.

 

Le décor nous fait découvrir, derrière une baie vitrée "un paysage d'immeubles élevés... un enchevêtrement babylonien de polygones gigantesques, jusqu'aux confins de l'horizon."

On perçoit là la démesure de nos immeubles modernes. Et Houellebecq de rajouter : "On aurait pu se trouver au Qatar ou à Dubaï." C'est bien l'occident transplanté dans le monde oriental qui est ici suggéré.

On voit aussi que "la décoration de la chambre" où se trouvent les personnages, "était inspirée par une photographie publicitaire, tirée d'une publication de luxe allemande."

Le décor lui-même est associé à l'univers publicitaire qui est une composante essentielle de nos sociétés de consommation.

 

On entre ensuite dans les pensées du peintre : il commente le physique des deux artistes, d'abord Hirst, "facile à saisir".

Il est "brutal, cynique, genre "je chie sur vous du haut de mon fric".

Et, bien sûr, on perçoit dans ce portrait l'importance capitale de l'argent : l'argent qui permet l'orgueil, le mépris, l'assurance et même la vulgarité.

 

De plus, le visage de Hirst "avait quelque chose de sanguin et de lourd, typiquement anglais, qui le rapprochait d'un fan de base d'Arsenal."

En une brève notation, Houellebecq évoque ici l'univers du football, une autre composante de nos sociétés, le football, ses fans,  hystérisés, lourds et prompts à l'emportement.

 

Koons, lui, a un physique plus ambigu : "Koons semblait porter en lui quelque chose de double, comme une contradiction insurmontable entre la rouerie ordinaire du technico-commercial et l'exaltation de l'ascète."

Plus loin, l'artiste évoque son "apparence de vendeur de décapotables Chevrolet".

Le commerce, les voitures, le luxe font aussi partie de nos sociétés de consommation.

C'est comme si la société en venait à imprégner l'aspect physique des individus, comme si la société contaminait les personnages.

 

D'autre part, les deux portraits s'opposent, comme si les deux artistes étaient en concurrence, l'un apparaît dans une attitude dynamique, l'autre est statique : "Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d'enthousiasme. Assis en face de lui sur un canapé de cuir blanc partiellement recouvert de soieries, un peu tassé sur lui-même, Damien Hirst semblait sur le point d'émettre une objection..." 

Houellebecq évoque souvent dans ses romans le domaine de la lutte économique caractérisée par un combat brutal pour la domination.

 

Selon Houellebecq, "le capitalisme est dans son principe un état de guerre permanente", comme il l'écrit dans son ouvrage Plateforme.

C'est "un monde, en somme conçu sur le modèle de l'hypermarché, un système qui prive les êtres de leurs repères pour mieux les soumettre à la tyrannie du désir, et les condamner finalement à n'être que des produits parmi d'autres, menacés eux aussi d'obsolescence rapide. Car telle est la logique du marché : sans désir, pas de profit et sans peur, pas de désir. Il s'agit donc de planifier le désespoir et la terreur - terreur de manquer, terreur de perdre sa place, terreur de se voir mis au rebut -  pour réduire l'homme à la docilité du consommateur et pour assurer le fonctionnement souverain de la machine." Agathe NOVAK-LECHEVALIER.

Terrifiante analyse ! Le monde moderne régi par la peur !

 

Enfin, quand on regarde les photographies des deux artistes dépeints par Houellebecq, on se dit que c'est finement observé !

L'oeil du peintre, du photographe !

 

L'incipit du roman :

 

https://www.lexpress.fr/culture/livre/les-premieres-pages-de-la-carte-et-le-territoire-de-michel-houellebecq_916938.html

Michel Houellebecq : le peintre de la modernité...
Partager cet article
Repost0
16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 12:58
Un temple romain au coeur de la ville...

 

 

On est comme ébloui par ce bâtiment construit il y a plus de 2000 ans : posé sur un socle de 2 mètres de haut, ce temple romain plein d'élégance et de majesté attire tous les regards.

 

Au détour d'une rue, on découvre ce somptueux monument au centre de la ville de Nîmes...

Belle apparition d'un temple romain qui étonne par son remarquable état de conservation...

Il faut dire que la Maison Carrée a été récemment rénovée et qu'elle a pu ainsi retrouver son lustre d'autrefois...

 

Le temple a été réalisé en pierre de Lens, extraite d'une carrière située à 30 km de Nîmes. On admire la qualité de la pierre qui fait songer à du marbre. Une pierre si lumineuse aux teintes d'ocre et de roses...

 

Le raffinement des décors est une merveille : chacune des 30 colonnes qui entourent le monument est cannelée et les chapiteaux corinthiens sont ornés de délicates feuilles d'acanthe qui font songer à de la dentelle par leur finesse, leur délicatesse. 

Au dessus de l'architrave, on peut admirer une frise constituée de décors différents : une frise à rinceaux, des rosaces, des feuilles d'acanthe, fleurons et liserons, une grecque, des têtes de lions...

L'architecture comporte deux parties distinctes : le pronaos ouvert sur la ville, et la cella, salle fermée sans fenêtre, dans laquelle pénétraient les prêtres chargés d'apporter les offrandes liées au culte.

 

Inspirée par les temples d'Apollon et de Mars Ultor à Rome, la Maison Carrée séduit par l'harmonie de ses proportions. C'est le seul temple du monde antique complètement conservé.

 

La Maison Carrée doit son exceptionnel état de conservation à une utilisation sans interruption depuis le XIe siècle. Elle a été tour à tour maison consulaire, écurie, appartement, église. Après la Révolution française, elle devient le siège de la première préfecture du Gard, puis est aménagée en archives départementales.

 

Ce monument au coeur de la ville de Nîmes était un temple du culte impérial : construit entre 2 et 5 après J.C., il occupait à l'origine l'extrémité du forum, il était dédié aux Princes de la jeunesse, Caius et Lucius César, petits fils d'Auguste, destinés à lui succéder.

 

 

Source : Nîmes, au fil de l'histoire de Francine Cabane et Danièle Jean...

 

 

 

http://www.maisoncarree.eu/monument/architecture/le-decor-sculpte/frise/

 

 

 

Un temple romain au coeur de la ville...
Partager cet article
Repost0
17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 09:25
Tina Modotti... profession : les hommes...

 

Tina Modotti : quel destin étonnant ! Quelle vie éphémère !

La jeune Tina nait en 1896 près de Venise, à Udine, dans une famille très pauvre qui se voit contrainte d'émigrer aux États-Unis pour survivre. Tina fascine très tôt par sa beauté et sa forte personnalité.

Pour ma part, je ne connaissais même pas le nom de cette femme photographe : j'ai découvert sa vie d'errances au cours du festival de la Biographie à Nîmes.

Gérard de Cortanze, invité du festival, a écrit une biographie intitulée : "Moi Tina Modotti, heureuse parce que libre..."

L'auteur est interrogé par un journaliste : "Comment Tina Modotti est-elle arrivée dans votre vie ?"

 

"En fait, j'ai écrit beaucoup de livres sur Frida Kahlo, je connais bien le Mexique... et quand vous travaillez sur Frida Kahlo, vous tombez automatiquement sur Tina Modotti.

 

Tina Modotti a quelques années de plus que Frida. Elle a eu comme amant Diego Rivera.

Lorsque Tina Modotti vit au Mexique, elle dirige une sorte de salon, elle reçoit tout Mexico, et un jour, elle reçoit une très jeune fille qui a 16 ans : elle s'appelle Frida Kahlo. Elle va l'initier à la politique... et surtout, elle va lui présenter son ex amant : Diego Rivera, et on connaît la suite de l'histoire : Diego Rivera et Frida Kahlo se marieront deux fois...

"Mon amie Tina a changé ma vie", disait Frida...

En effet, c'est elle qui lui présente son premier mari, c'est elle aussi qui lui a donné l'idée de son engagement politique.

 

Il y a deux types d'engagement dans le couple Rivera-Frida Kahlo : il y a le côté dogmatique de Diego Rivera, ils s'engagent tous les deux dans le parti communiste mais Diego est un homme d'appareil, Frida Kahlo, elle, n'est pas une femme d'appareil...

 

Ce qui l'intéresse, c'est de se battre pour les démunis, pour les pauvres, pour les ouvriers. Il y a un vrai engagement politique, c'est l'aube du parti communiste en quelque sorte... c'est là où il y a des liens avec le christianisme, c'est à dire l'amour des autres.

 

Et on retrouve ce même combat chez Tina Modotti... Lorsqu'elle s'engage au parti communiste mexicain, elle est très jeune. Elle ne s'engage pas pour des raisons de dogme, elle n'est pas stalinienne. Elle s'engage pour les pauvres et ça, ça va la suivre toute la vie.

 

Elle a d'abord travaillé dans une usine de filature, dès l'âge de 10 ans. A l'âge de 17 ans, elle va retrouver son père qui est parti aux Etats-Unis, afin de reconstruire la ville de San Francisco qui avait été détruite par un tremblement de terre.

San Francisco a été reconstruit en partie par une colonie italienne...

 

La première chose étonnante de cette biographie, c'est ce voyage qu'entreprend cette jeune fille... il faut imaginer : elle a 17 ans, elle part à San Francisco avec une petite valise, 50 dollars en poche, un petit chapeau, parce qu'on lui a dit : "Si tu vas aux Etats-Unis, il faut que tu aies un chapeau..."

Elle part en carriole de Udine à Gênes, en bateau de Gênes à New-York, en train de New-York à San Francisco... 45 jours de voyage...

 

Sa vie, ce sont des voyages incessants...

 

Une fois qu'elle est arrivée à San Francisco, elle est très jolie, magnifique, totalement charismatique, elle intègre une troupe de théâtre italien, elle devient une vedette, actrice de cinéma, car le cinéma hollywoodien va pomper des acteurs dans les troupes italiennes... les hommes sont des bellâtres, les femmes sont des séductrices qui brisent les couples...

 

Mais très vite, elle en a absolument marre de cette vie là... au fond, ça pourrait être une vie mondaine, mais elle va très vite abandonner ce côté mondain, totalement superficiel qu'elle ne peut pas supporter.

 

Elle part au Mexique où elle apprend le métier de photographe, elle devient une immense photographe, elle s'inscrit au parti communiste, elle est expulsée des Etats-Unis, elle va faire le coup de poing contre les nazis à Berlin, puis elle va à Moscou, elle fait toute la guerre d'Espagne comme infirmière, elle revient en 42 au Mexique, puis aux Etats-Unis, puis à Barcelone : c'est une des dernières à fuir Barcelone encerclée par les franquistes.

 

On perçoit chez elle une hésitation permanente entre l'art et la vie...

Elle a réussi dans la photographie puisque c'est une grande photographe de son temps, elle a fait des émules, il y a des expositions partout, sauf en France, autour de Tina Modotti.

 

Elle ne cesse de relier la politique à l'esthétique, c'est ce qui va créer la séparation inéluctable avec son amant Edward Weston un immense photographe américain qui, lui, ne fait que des photos esthétiques et des photos de nus.

 

Elle une vie courte, elle est morte à l'âge de 45 ans : elle a une mort tragique, elle meurt seule dans un taxi à Mexico, en pleine nuit.

 

Elle a une vie compliquée : on n'a cessé de traîner cette femme dans la boue... parce qu'elle était libre. 

 

Pourquoi la connaît-on aussi mal ? Parce que c'est une femme photographe... un homme photographe, on en parlerait beaucoup plus.

 

Le problème de Tina Modotti, comme d'un certain nombre de femmes de cette époque qui sont libres, sexuellement, économiquement, qui sont tout à fait scandaleuses, c'est que ce sont des femmes.

 

On lui a reproché d'être trop belle... une femme si elle est trop belle, c'est qu'elle est idiote, bien entendu... donc, elle a passé sa vie à être rejetée par tout le monde.

 

Quand on lui demandait : "Quelle est votre profession ?" Elle répondait : "Les hommes"...

Il y a deux idées là dedans : la première, c'est "les hommes" parce qu'elle a eu beaucoup d'amants, et pourquoi n'en aurait-elle pas ?

C'est bien connu : les hommes qui ont des amantes, ce sont des Don Juan, les femmes qui ont beaucoup d'amants, ce sont des putes...

Mais il faut entendre aussi, derrière cette réponse de Tina Modotti : "Les hommes", "l'humanité", son engagement politique, elle aimait l'être humain."

 

 

 

 

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/moi-tina-modotti-heureuse-parce-que-libre-9782226439765

 

https://www.franceculture.fr/photographie/tina-modotti-et-edward-weston-lhistoire-dune-rencontre-photographique

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 11:52
Deux jeunes musiciens à l'honneur : Héloïse Houze et Basile Maurel...

 

 

Ils sont jeunes, remplis d'enthousiasme, ce sont des musiciens en formation, et ils ont donné un magnifique récital au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes.

 

Basile Maurel a fait une démonstration époustouflante de son talent au cours d'un récital de piano.

D'abord, il interprète avec brio le prélude et la fugue en ré majeur BWV 874 Livre II de Bach.

 

On est subjugué par la virtuosité de ce très jeune musicien : le piano claironne dans une mélodie dansante, puis la musique devient plus lente, s'apaise, s'adoucit et nous fait rêver.

Quelle maîtrise dans l'interprétation !

Basile Maurel joue sans partition, de mémoire...

 

Puis, on découvre les Variations sérieuses op. 54 de Mendelssohn. La musique d'abord assez lente s'accélère dans un vertige de notes... on est emporté dans un vibrato et un tourbillon de notes...

Le rythme s'apaise à nouveau et nous berce de son harmonie.

 

L'extrait suivant nous transporte à nouveau dans une cascade, un torrent de notes : c'est époustouflant ! Il s'agit de l'étude n°4 op. 10 de Chopin...

 

Ce jeune garçon est impressionnant dans la maîtrise de son art, dans sa concentration, et ses interprétations étourdissantes...

 

Puis, c'est Héloïse Houze qui nous présente un extrait de Roxanna Panufnik, compositrice britannique née à Londres le 24 avril 1968.

La musicienne joue avec son alto une mélodie aux airs un peu tziganes, mélancolique et douce...

On est envoûté par cette musique au rythme empli de douceur...

 

Enfin, les deux jeunes artistes interprètent ensemble un concerto pour alto de Béla Bartok.

La musique est d'abord ponctuée par quelques notes graves au piano, un air lancinant, sombre, puis on écoute avec ravissement un ruissellement de notes au piano... l'alto crisse, pleure, puis, le rythme devient dansant, tourbillonnant...

Magie de la musique qui nous emporte au bord du rêve !

Bravo à ces deux musiciens, jeunes diplômés du conservatoire de Nîmes, dont on a apprécié tout le talent et toute la modestie.

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 12:55
Du Caravage à Cartier-Bresson...

 

 

Hugues Romano est un ophtalmologiste, spécialiste de l'imagerie médicale : il pratique depuis longtemps la photo, la peinture et la gravure... il a donné une conférence passionnante à Nîmes, intitulée : "Il a tué la peinture ? Du Caravage à Cartier-Bresson..."

 

Hugues Romano est né à Arles,  il était adolescent au début des rencontres Photos d'Arles, un ami de son père était un des créateurs, une des petites mains de ces rencontres.

Cet ami connaissait bien Cartier-Bresson, le célèbre photographe et Hugues Romano s'est intéressé assez tôt à la photographie, aux images et bien sûr à l'oeuvre de Cartier- Bresson.

Plus tard, il a même rencontré le célèbre photographe...

 

Il nous montre au cours de sa conférence que Cartier-Bresson faisait des photos comme on dessine... cadrer, faire des perspectives, construire l'image comme un graphiste, un peintre...

D'ailleurs, Cartier-Bresson a commencé à faire du dessin et de la peinture, il avait une culture classique picturale vraiment solide...

 

Et Hugues Romano en voyant certains clichés de Cartier-Bresson n'a pu s'empêcher de penser aux oeuvres du Caravage...

 

Car Le Caravage représente souvent de manière spectaculaire un temps particulièrement court, un instant, il peint des tranches de vie... comme peut le faire un photographe... ce qui fait songer à "l'instant décisif" de Henri Cartier-Bresson.

Une chose étonnante : dans une lettre adressée à un de ses clients et ami, Fréart de Chantelou, Nicolas Poussin avait écrit à propos du Caravage : "Il va tuer la peinture !"

Pourquoi un tel jugement si radical ?

Difficile de l'expliquer... peut-être parce que Le Caravage bouscule les codes picturaux de son époque, il peint avec une technique très moderne.

 

Sur de nombreuses photos de Cartier-Bresson, les personnages sont en mouvement, en action, ils ne sont que de passage, on a l'impression qu'ils se déplacent et vont sortir du cadre.

 

On retrouve ce mouvement dans les toiles du Caravage : ainsi, dans la vocation de Saint-Mathieu, le Christ et Saint Pierre sont au bord du tableau et viennent d'entrer dans la pièce où se trouve Saint-Mathieu, en train de compter son argent avec d'autres acolytes.

 

L'Arrestation du Christ représente un épisode du Nouveau Testament au cours duquel Judas vient à la rencontre de Jésus et l'embrasse afin de le désigner aux soldats qui viennent pour l'arrêter. Sept personnages sont représentés à mi-corps, au sein d'une composition très dense qui joue sur les expressions, les mouvements et les jeux d'ombre et de lumière. Parmi ces personnages apparaît un homme porteur d'une lanterne : il s'agit vraisemblablement d'un autoportrait du peintre lombard.

Dans ce tableau, on retrouve cette même impression de mouvement, le Christ est poussé vers la gauche par des hommes en armes, le porteur de lanterne vient de rentrer dans l'espace de la toile, un autre s'apprête à en sortir...

 

Dans une autre toile Judith décapitant Holopherne, au bord du tableau, se trouve une suivante, une vieille dame, prête à recueillir la tête avec un sac dans les mains : elle rentre dans l'image, elle va en ressortir.

On n'est pas dans un espace global, à l'inverse des peintures de Nicolas Poussin.

 

Dans une autre toile, Saint-Mathieu et l'ange, on voit l'ange qui vient souffler à l'évangéliste ce qu'il fallait qu'il écrive... l'ange rentre dans l'image et lui explique ce qu'il faut faire... et Saint-Mathieu n'a même pas le temps de s'asseoir, il faut aller vite, c'est vraiment l'inspiration du moment.

 

Autre caractéristique : Le Caravage représente souvent ses personnages avec des habits contemporains : on est dans une dynamique théâtrale.

 

On l'a vu : Le Caravage représente souvent des moments, des instants de vie...

Chez les Grecs, le dieu Kairos est un petit dieu ailé de l'opportunité, qu'il faut saisir quand il passe. Il a des ailes, il a un toupet de cheveux : au moment où il passe, on tend la main pour saisir sa touffe de cheveux et on saisit alors l'opportunité... Parfois, on ne le voit pas car il est tout petit, parfois, on le voit, mais on ne fait rien.

Le kairos est le temps du moment opportun. Il qualifie un moment.

Dans le langage courant, on parlerait de point de basculement décisif, avec une notion d'un avant et d'un après.

Ainsi, dans une oeuvre de jeunesse, Le garçon mordu par un lézard, Le Caravage peint le moment où le garçon est agressé, on est bien dans l'instant décisif.

 

Dans Le Souper à Emmaüs, le peintre représente le moment où les pèlerins d'Emmaüs réalisent brutalement qu'ils ont face à eux le Christ ressuscité. Les trois compagnons sont figés dans un effet de surprise...

 

Si le peintre Poussin est dans une narration, Le Caravage, lui, s'intéresse plutôt au visible : des images choc, des instants, il développe un nouveau sens de la réalité lié à ce qu'il voit. Les corps sont ceux de ses modèles, beaux ou laids, les détails sont ceux de la vie quotidienne, les sentiments sont ceux de la douleur et de la violence... un nouveau langage pictural se met en place, questionnant le concept de beauté.

Et bien sûr, les tableaux du Caravage font songer à ce que sera la photo de reportage.

Réalisme, force dramatique, cadrage, effets de surprise, l'oeuvre du Caravage est d'une modernité absolue.

 

 


Hugues ROMANO

Il propose aussi régulièrement des conférences mêlant histoire de l’Art et histoire des Sciences autour de thèmes unissant l’image et les phénomènes visuels ( par exemple « la couleur à Florence à la Renaissance », « l’œil et la vision chez Léonard De Vinci », « la parabole des aveugles chez Bruegel », etc.), à l’occasion de congrès médicaux ou de toute autre manifestation (conférences à Carré d’Art à Nîmes, dans le cadre d’universités populaires, etc.)

 

 

 

Du Caravage à Cartier-Bresson...
Du Caravage à Cartier-Bresson...
Du Caravage à Cartier-Bresson...
Partager cet article
Repost0
19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 11:06
"Notre époque ne serait-elle pas digne des flèches ?" Sylvain Tesson...

 

 

La flèche de Notre Dame qui s'effondre sous l'effet d'un incendie.... Faut-il voir là un signe, un symbole ?

"Comme si notre époque n'était pas digne des flèches", déclare Sylvain Tesson.... comme si notre époque trop préoccupée de matérialisme et d'efficacité à court terme, avait perdu de vue l'essentiel : le sens de la beauté, la force d'un héritage culturel qui nous réunit...

Notre Dame oubliée, que nous ne voyions plus, s'est affaissée sous nos yeux...

 

Oui, le patrimoine est important : c'est une part de notre histoire, de notre littérature, de nos arts...

C'est une part de nous-mêmes...

 

Qui ignore dans le monde le nom de Quasimodo, la figure d'Esméralda ? Qui ne connaît le nom même de Notre Dame de Paris ?

Le roman de Victor Hugo a célébré cette cathédrale devenue un symbole de la ville de Paris... une référence.

 

Dans un monde où prime l'économie, où s'impose le règne de l'argent, nous devons retrouver de vraies valeurs : celles qui nous relient au passé, à nos ancêtres, à tous ceux qui nous ont précédés et qui nous ont transmis une culture, des monuments uniques, exceptionnels.

Nous devons préserver ces monuments, nous devons les sauver : ils appartiennent à notre histoire...


Une oeuvre d'art qui disparaît, c'est une défaite de la réflexion et de la pensée, c'est nier le geste d'un artiste, d'un artisan, leur travail, leur génie, c'est nier l'être humain...

Comme le déclare Alain Finkielkraut, il ne s'agit pas de sauver Notre Dame en vue des Jeux Olympiques, non, il s'agit de sauver un monument qui est une partie de nous-mêmes, qui nous structure.

Car nous avons tous besoin de nous inscrire dans une histoire, nous avons tous besoin de repères, de phares pour nous éclairer.

 

Que d'oeuvres ont été consacrées à Notre Dame ! Romans, poésies, tableaux... quelle diversité, et que d'hommages rendus à cette cathédrale !

Un monument qui a inspiré tant de chefs d'oeuvre ne peut pas disparaître.

 

Et les Parisiens ne se sont pas trompés, eux qui se sont attroupés et réunis autour de Notre Dame incendiée, eux qui se sont émus de cette catastrophe.

La vision de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris s’effondrant lundi 15 avril, sous l’effet d’un violent incendie parti des combles, a en fait bouleversé le monde entier.

 

 

Source : La grande librairie

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-11/973355-notre-dame-histoire-et-litterature.html

 

 

 

 

"Notre époque ne serait-elle pas digne des flèches ?" Sylvain Tesson...
Partager cet article
Repost0
17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 13:55
D'étonnantes créatures de plage...

 

 

J'avoue rester souvent perplexe devant certaines expositions d'art contemporain ... Un art intellectuel, assez hermétique... un art qui exige d'être décrypté, décortiqué. Certaines oeuvres restent malgré tout assez obscures et lointaines.

 

Mais, en découvrant ces créatures de plage, oeuvres de Théo Jansen, lors d'une conférence dédiée au vent, souffle créateur, j'étais émerveillée et sidérée par tant d'inventivité...

Il est vrai que la conférencière Muriel Alle a su replacer ces oeuvres dans une évolution historique, depuis les origines jusqu'à l'art contemporain...

Le mot "souffle" est anciennement porteur d'un poids métaphorique, associé à la respiration des êtres vivants, au souffle vital...

Et de fait, Théo Jansen parvient à donner une sorte de souffle vital à ses créatures...

 

Quelle poésie dans ces créations mues simplement par la force du vent !

Ces créatures prennent vie sous nos yeux, elles semblent tout droit sorties d'un film de science fiction...

 

Elles imitent de gros insectes, des mille-pattes, des êtres dotés de tentacules, des bestioles aux envolées de drapeaux...

Elles suscitent le rêve, l'imagination : on a l'impression qu'elles viennent d'une autre planète...

 

Elles pourraient être effrayantes, mais on perçoit toute leur fragilité quand elles s'effondrent sous les souffles du vent...

Ces structures colossales aux teintes de lys semblent respirer, être animées d'un souffle vital...

Création d'un monde imaginaire mais aussi recours à un art cinétique très rigoureux dans la construction de ces créatures improbables...

Quelle maîtrise technique dans la réalisation de ces géants des plages !

On est émerveillé devant ces images somptueuses de ces êtres sortis de l'imagination de Théo Jansen.

On est ébloui par leurs mouvements synchronisés...

 

"Theo Jansen est un artiste sculpteur néerlandais du courant de l'art cinétique, qui se base sur l'art du mouvement que ce soit à travers des œuvres mobiles ou des illusions optiques. Ses œuvres sont notamment caractérisées par des sortes de myriapodes géants réalisés avec des tubes en plastique et des bouteilles vides, se mouvant grâce à la force du vent."

Theo Jansen travaille avec la nature : ses créatures font songer à d'énormes insectes, elles évoluent dans un cadre naturel, propulsées par le vent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 10:41
Le vent, principe créateur... Botticelli, La naissance de Vénus...

 

 

Muriel Alle a présenté à Nîmes une conférence passionnante intitulée Le vent, une poétique du souffle dans l'art contemporain.... 

Et pour évoquer, ce thème, elle remonte bien sûr aux origines...

 

Le vent, c'est d'abord, dès l'antiquité, le souffle des Dieux qui inspire les poètes... Le vent paraissait un phénomène si mystérieux aux Anciens qu'il ne pouvait être que d'essence divine. Le plus célèbre, Éole, maître des vents, fils de Poséidon, pouvait déclencher tempête ou ouragan.

Le vent n'est-il pas lié à l'imaginaire ? Le vent ne se voit pas, on n'en perçoit que les effets sur le paysage, sur nos autres sens, le toucher, l'ouie...

Le vent est à même de représenter l'inspiration poétique, la créativité, l'imagination de l'artiste.

Le vent, c'est ainsi un élément essentiel de l'Odyssée, le périple d'Ulysse : Ulysse  peut se déplacer d'île en île grâce au vent...

Ainsi, ce souffle vital, divin et créateur est présent dans de nombreuses oeuvres, et particulièrement dans cette célèbre toile de Botticelli, La naissance de Vénus... un paradigme fondateur...

Voici l'analyse qu'en fait Muriel Alle :

"Vénus, déesse de l'Amour et de la beauté, du désir, immobile au centre de la toile, semble prendre la pose dans un déhanché  qui fait songer à la statuaire grecque...

 

Son visage traduit une impassibilité comme beaucoup de visages féminins chez Botticelli.

 

Et tout autour, on perçoit des frissons : les chevelures traitées selon une ligne serpentine, les fleurs, les tissus très ondoyants, les vagues sur la mer, un rivage dentelé dans le fond de la toile.

 

Ce qui anime la Vénus, ce qui donne l'illusion de vie à ce corps vide de toute émotion, c'est l'ensemble de ces souffles qui passent sur la toile comme une immense caresse cosmogonique : le vent constitue bien le principe d'animation de la figure, la naissance de Vénus est conçue comme un processus temporel et la peinture explore le passage entre immobilité et mouvement, entre visible et invisible."

 

Magnifique tableau où l'on perçoit les souffles du vent dans tous les éléments du décor, dans les chevelures !

Magnifique allégorie du souffle créateur, de l'imagination de l'artiste qui crée le tableau !

Le peintre arrive à nous rendre sensible le souffle du vent... le souffle, c'est aussi la force vitale qui donne naissance à la vie.

Vénus, déesse de l'amour, devait donc naturellement être associée aux souffles créateurs du vent...

Muriel Alle analyse aussi cette thématique du vent, dans de nombreuses oeuvres contemporaines, où l'on voit s'exercer toute la créativité des artistes de notre époque : ce sera le sujet d'un prochain article...

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

Le vent, principe créateur... Botticelli, La naissance de Vénus...
Partager cet article
Repost0
7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 13:46
Un peintre du Dimanche...

 

 

Peindre avec ses doigts, sans pinceau, créer des tableaux abstraits pétillants de couleurs, qui suggèrent la vie, les mouvements de la mer, des montagnes, des embruns... et les offrir en cadeaux aux enfants, aux passants qui s'attardent...

 

Voilà une belle activité à laquelle se livre ce peintre du Dimanche...

 

Des tourbillons, des vagues, des silhouettes étranges, des feux d'artifice, des citrouilles colorées naissent sous ses doigts... tout un monde de rêve, où on peut voir se dessiner des fleurs, des explosions, des éclats lumineux...

 

Le peintre crée des tableaux en reliefs, en mouvements...

 

Des créatures mystérieuses surgissent : chevaux qui se cabrent, dragons qui crachent du feu, nuées rouges, lacs aux teintes de bleu et de verts, arbres sous la lune...

 

Concentré sur son travail, il peint en musique, étalant ses couleurs dans de subtils dégradés...

Le geste est sûr, la technique éprouvée...

Puis, il se dresse, et jette de nouvelles taches de couleurs sur la toile...

 

Le peintre est inspiré par Dieu : il le pense avec ferveur. Et il distribue des messages de paix et d'amour.

"Rien n'arrête la puissance de son amour", a-t-il écrit sur la dédicace du tableau qu'il m'a offert.

Inspiré par la foi protestante, il offre son temps, sa passion à ceux qui passent.

 

Il lui arrive aussi de distribuer des fleurs, ou des séances de maquillage pour enfants...

Professeur de gym, il donne son savoir-faire aux autres, il partage, il est dans l'action au service des autres.

Dans un monde où règne l'individualisme, il oeuvre pour le partage... il est disponible pour les autres.

La technique qu'il utilise, la peinture à l'acrylique, permet une grande liberté dans la composition de ses tableaux.

Les couleurs vives traduisent un optimisme, une joie de vivre, une envie de partage...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos et vidéo : rosemar

Un peintre du Dimanche...
Un peintre du Dimanche...
Un peintre du Dimanche...
Partager cet article
Repost0