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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:40
Anna Gould et Boni de Castellane... vous connaissez ?

 

Anna Gould, jeune héritière américaine, qui épousa le comte Boniface de Castellane, un dandy désargenté de l'aristocratie française... vous connaissez ? C'est la rencontre improbable de deux êtres que tout sépare...

La rencontre et le choc de deux cultures, si différentes, de deux caractères bien trempés, de deux milieux contrastés, de deux personnalités.

 

Boni de Castellane issu d'une illustre et antique lignée originaire de Provence (la Maison de Castellane) est né en 1867... Anna Gould, elle, est une richissime orpheline, la fille de l'homme le plus riche d'Amérique, elle est née en 1875. Ils se marient en 1895.

 

Laure Hillerin a consacré un ouvrage à ces deux vies tumultueuses.

Invitée lors du festival de la Biographie à Nîmes, Laure Hillerin évoque d'abord le Palais Rose...

Quand elle était jeune, elle passait souvent devant le Palais Rose, à Paris, avant sa destruction... "c'est un magnifique hôtel particulier dont la construction a été lancée par Boni de Castellane, à l'angle de l'avenue Foch et de l'avenue Malakoff, dans le 16ème arrondissement... il a été détruit en 1969. C'est une des hontes de l'époque de l'avoir détruit."

 

Ce qui a intéressé aussi Laure Hillerin, "c'est cette espèce de choc entre deux cultures, la culture française dans le sens le plus traditionnel et classique et la culture américaine du self-made man : le père d'Anna Gould était un véritable brigand, il avait fait sa fortune en une génération, ce qui est quand même assez exceptionnel... c'était quelqu'un qui n'avait pas le moindre scrupule. Anna Gould avait été élevée dans ce culte de l'argent et le mépris de tous ceux qui n'étaient pas capables de gagner de l'argent.

 

Lui était l'héritier d'une vieille famille française, il était passionné par l'art et par la politique et il s'était un peu trompé de siècle puisque son siècle de prédilection était le 17 ème siècle, le siècle d'or, le siècle de Louis XIV.

 

Boni de Castellane était un dandy dans le sens héroïque du terme, ces dandys qui font face en toutes circonstances et qui continuent à porter haut, c'était aussi un homme politique puisqu'il a été député pendant 4 mandatures.

Et puis, il avait le culte de l'art et de la beauté. Comme sa famille était ruinée, il avait cherché à épouser une riche américaine, pas vraiment par amour de l'argent mais pour assouvir sa passion de l'art, ses rêves de beauté, d'architecture.

 

A l'époque, on se moque souvent d'Anna Gould, de sa laideur avec ce bon mot : "Elle est plus belle vue de dot".

 

Boni de Casttellane a commencé par acheter un magnifique château dans les Yvelines, le château du Marais. Il avait été élevé dans le goût de la beauté classique, il avait beaucoup d'admiration pour Versailles et ses jardins.

La première chose qu'il a faite, après son mariage, c'est d'acheter des terrains pour faire construire le Palais Rose avec l'argent de sa femme...

L'idée était de ressusciter le Trianon et en même temps d'y loger l'escalier des ambassadeurs de Versailles, construit par Louis XIV."

 

Le mariage, d'intérêt et non d'amour, ne fut jamais heureux.

 

Anna Gould, bientôt lassé des frasques de son mari quitte le Palais Rose, avec ses 3 enfants. En janvier 1906, elle demande la séparation de corps. Le divorce est prononcé le 5 novembre 1906.

Boni quitte aussi le palais Rose inachevé, et il n'y remettra plus les pieds. Il devient courtier en objets d’art où son goût inné fait merveille...

Anna Gould se remarie civilement le 7 juillet 1908 avec un cousin de son premier mari, Hélie de Talleyrand-Périgord (1859-1937), prince de Sagan, puis duc de Talleyrand. Elle meurt en 1961, à l'âge de 86 ans.

Boni de Castellane meurt à Paris en 1932, à l'âge de 65 ans.

"On évoque souvent les relations de Boni avec Marcel Proust : l'écrivain avait besoin de lui pour certains aspects du personnage de Charlus, car Boni était un grand spécialiste de la politique étrangère, c'était une amitié téléguidée, ils ont échangé une vingtaine de lettres et se sont vus pendant deux ans...

Faut-il lire les mémoires de Boni de Castellane ? Il a écrit ses mémoires en deux tomes, le premier : Comment j'ai découvert l'Amérique ? Ce volume là est très drôle...

Dans le second dont le titre est formidable : L'art d'être pauvre et c'est vrai qu'il a eu l'art d'être pauvre, car après, il s'est retrouvé sans un rond, séparé de ses enfants, il a rebondi en faisant l'antiquaire parce qu'il avait un goût extraordinaire, le second volume est assez prudent et moins amusant. Comme disait un de ses amis, "l'humour est resté dans l'encrier"...

Anna Gould, elle, avait un gros problème avec l'écriture. Elle a beaucoup écrit à ses fils pendant la guerre, mais elle écrivait à peu près comme une enfant de 6 ans, elle avait un vocabulaire très limité."

 

Donc, ils étaient on ne peut plus mal assortis : lui était un homme très élégant, très cultivé, elle est toujours resté avec son côté très fière d'être américaine... "personne n'arrive à la cheville des américains, ceux qui n'ont pas d'argent sont méprisables..."

 

Etonnante rencontre de deux êtres que tout séparait ! La culture, l'aspect physique, l'argent... deux mondes si différents !

 

 

 

 

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 12:50
Soyez passionnés !

 

C'est la passion qui fait rêver, qui fait oublier le quotidien dérisoire, c'est la passion qui exalte les êtres, les rend beaux...

Tant de passions accessibles à tous ! Le sport, la danse, la peinture, le jardinage, l'histoire, la lecture, la littérature, l'écriture...

Soyez passionnés ! C'est le sel de la vie !

 

Les êtres passionnés suscitent notre intérêt, notre curiosité et notre admiration : la passion qui les anime les fait vibrer de sensibilité, d'émotions...

Les passionnés sont des êtres curieux, avides de connaissances, et de découvertes...

 

On songe à Sylvain Tesson, à sa passion des voyages, de l'aventure, à sa soif de connaissances... Sylvain Tesson qui nous fait partager sa passion par l'écriture.

 

Mais il est des passions plus accessibles à tout un chacun.

Une de mes amies est passionnée de danse, une autre passionnée de peinture, un autre passionné de musique et de chant choral.

On perçoit l'enthousiasme de cet amateur de musique : il connaît le répertoire classique, maîtrise des connaissances techniques très pointues, est capable de commenter toutes sortes d'oeuvres musicales...

Les musiciens sont des passionnés de leur art : ils nous émeuvent par leur sensibilité, leur capacité à transmettre des émotions.

 

C'est la passion qui éveille la curiosité, qui donne envie de progresser, la passion est source d'émerveillements...

Soyez passionnés ! Je vous conjure de l'être...

Soyez passionnés et vous serez plus épanoui et heureux !

 

J'ai lu récemment ce bel éloge de la passion, sous la plume de Jean-Claude Guillebaud...

"C'est le feu qui compte. La passion, quand elle est sincère, donne à la vie ses couleurs, son bruit, sa folie, sa beauté. Elle nous éloigne de la tiédeur et du calcul chipoteur. Les êtres passionnés portent en eux je ne sais quel principe de séisme. Ce sont autant de bateaux ivres rimbaldiens : "oh! que ma quille éclate ! Oh ! que j'aille à la mer !"

 

Vive les passions ! Elles nous aident à vivre, à aimer, elles nous font avancer...

 

 

 

 

 

Soyez passionnés !
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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 11:14
N'oublions pas la sensibilité !

 

 

Au pays de Descartes, où la raison est triomphante, nous oublions trop souvent l'importance de la sensibilité...

"Ne méprisez la sensibilité de personne ; la sensibilité de chacun, c’est son génie.", a écrit Charles Baudelaire.

La sensibilité c'est la faculté de sentir, c'est aussi un sentiment d'humanité, de tendresse envers les autres.

 

Dans nos sociétés vouées à la technicité, la sensibilité n'est plus à l'honneur : on la méprise, on la considère comme un signe de faiblesse.

Dans une société vouée à la consommation et au chiffre, la sensibilité n'a plus sa place.

Il faut être efficace, performant, on en oublie toute l'importance et toute la valeur de la sensibilité.

 

Les artistes font preuve d'une grande sensibilité, les peintres, les écrivains, les musiciens développent cette qualité grâce à l'exercice de leur art.

Que serions-nous sans les arts, sans la musique, la littérature, la poésie, la peinture ? Des êtres sans âme...

 

Nous oublions trop souvent dans le monde moderne de  faire appel à nos 5 sens.

Voir, contempler, toucher, sentir, entendre, écouter, goûter, nous ne prenons plus le temps de le faire...

Et pourtant, c'est ce qui fait notre humanité. 

Nous sommes souvent comme aveugles, sourds, dépourvus d'odorat, de goût, de sensation tactile...

 

La sensibilité est en fait "une connaissance profonde, unique et définitive."

C'est un savoir précieux, elle est même ce qui nous permet de nous orienter dans la vie, de savoir ce que nous aimons, ce qui nous déplaît, ce qui nous motive.

Et il est vrai que notre sensibilité n'est pas vraiment éduquée : ainsi, les médecins sont recrutés sur leurs performances physico-mathématiques.

Les qualités sensibles ne sont pas prises en compte : elles sont pourtant essentielles, pour un médecin.

Un médecin ne doit-il pas écouter ses patients, avoir le sens de la personne ?

Or, souvent, les médecins deviennent de purs techniciens dénués d'humanité.

Il importe ainsi de redonner une place à la sensibilité dans de nombreux domaines, il importe pour chacun d'entre nous de retrouver une sensibilité.

 

 

 

Source :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/3-minutes-de-philosophie-pour-redevenir-humain/baudelaire-ne-meprisez-la-sensibilite-de-personne-la-sensibilite-de-chacun-cest-son-genie

 

 

N'oublions pas la sensibilité !
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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 12:38
"Composer"... un verbe lié à l'écriture...

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie : du 19 au 26 mars 2019...

 

"Composer" ! Voilà un verbe ancien issu du latin "componere", dans lequel on reconnaît le préfixe "cum", "avec" et le verbe "ponere", "poser, placer".

Qui n'a jamais pratiqué l'exercice de la composition française ? un exercice scolaire formateur qui exige rigueur, compétence, savoir-faire...

Un exercice essentiel en cours de français : ce que l'on appelle parfois aussi la "rédaction". Mais je préfère le terme ancien de "composition"...

Tout un art de raconter, toute une science pour développer des idées. La composition suppose une construction, une lente élaboration, une réflexion approfondie.

Elle s'accommode de la lenteur, d'une longue maturation, d'efforts successifs.

Il est certain que face à l'instantanéité des informations dont on nous abreuve, la lenteur n'est plus à la mode... Composer, c'est retrouver ce goût ancien de la lenteur et de la patience.

 

La composition commence par un brouillon car personne ne peut écrire d'un premier jet, il convient de réécrire, de gommer, de raturer, de recommencer.

Les adolescents d'aujourd'hui souvent ne savent plus faire un brouillon...

L'écrit se travaille : choix des mots, forme des phrases, ponctuations, plan, effets de style...

 

La composition développe et forme la créativité de chacun... à vos plumes, à vos stylos, à vos claviers !

Et soyez attentifs à l'originalité ! Veillez au style !

Commencez par rassembler des idées, faites un plan, puis rédigez...

Non, ce n'est pas un exercice facile, il demande du temps et de la réflexion.

 

Mais, au bout de l'effort, c'est la récompense d'avoir trouvé le mot juste, la tournure de phrase qui convient, une certaine harmonie dans la composition et le déroulé des phrases.

Le bonheur de l'écriture, de remplir la page blanche !

Que de sujets de réflexion s'offrent à nous ! Que de descriptions ! combien de récits !

En composant, en écrivant, on touche à tous les arts : musique, peinture, théâtre, poésie... Ne dit-on pas aussi "composer un tableau, composer une musique" ?

L'occasion de développer son imagination, l'occasion d'exprimer des sentiments, des émotions, une sensibilité...

Un temps de pause dans un monde qui s'accélère, un temps de réflexion et de repos : une oasis de détente...

 

 


Les dix mots choisis pour illustrer cette thématique sont : arabesque, composer, coquille, cursif/-ive, gribouillis, logogramme, phylactère, rébus, signe, tracé.

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots-2018-2019

 

https://semainelanguefrancaise.culture.gouv.fr/

 

 

 

 

 

 

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 10:22
Noël : n'oublions pas le message originel...

 

 

Qu'est-ce que la fête de Noël ? Quel est le message originel ? C'est bien sûr, celui de la crèche où un enfant est né dans la pauvreté, il y a deux mille ans, un enfant qui symbolise toute la richesse de l'amour.

 

Ce message a été oublié, perverti, car Noël est devenu dans nos sociétés une fête de la consommation, une célébration du capitalisme triomphant : que de richesses étalées dans les "temples de la consommation" que sont les grandes surfaces !

Quel luxe ! Quelle opulence !

Oublié l'esprit de Noël ! Oublié le message originel !

 

Pourtant, ce message véhicule de belles valeurs, des idées de partage, de simplicité, d'harmonie : dans la crèche, on voit des gens simples venir rendre hommage à un enfant, symbole d'espoir, de paix.

Les bergers apportent des cadeaux à l'enfant : c'est une célébration du don et de l'échange.

 

Les personnages représentés sont des gens humbles et modestes : meunier, rémouleur, porteuse d'eau, etc.

C'est cet esprit de Noël qu'il faut avoir en tête.

 

Même si je ne suis pas croyante, comment ne pas adhérer à ces valeurs ?

Je ne peux les renier : elles constituent des repères de notre civilisation.

Faudrait-il renier ces valeurs ? Faudrait-il les oublier ?

Notre culture est empreinte de ces valeurs.

 

La musique sacrée a produit des chefs d'oeuvre : Bach, Mozart, Schubert, Gounod et tant d'autres ont écrit des morceaux magnifiques.

L'art sacré, c'est une évidence, a créé des merveilles : peintures, fresques, icônes, vitraux etc.

N'oublions pas le génie de Pascal, de Péguy, de Saint Augustin...

Cette culture est la nôtre : elle est belle, remplie de messages de paix et d'amour.

C'est notre héritage, c'est le mien.

 

En ces temps où tout s'accélère, nous avons besoin de ces repères : le nihilisme ne vaut rien pour faire un mauvais jeu de mots.

La culture nous relie au passé, à tous ceux qui nous ont précédés et qui ont oeuvré pour faire vivre cette culture et nous la transmettre.

 

Nous leur devons respect et reconnaissance : car même si la religion a été dévoyée et pervertie, elle a aussi produit des oeuvres somptueuses.

Ces oeuvres sont un patrimoine à préserver précieusement, un héritage essentiel...

Il en est de même pour le message de la crèche : un enfant fragile, nu qui symbolise un Dieu, mais aussi notre humanité, et qui évoque l'amour...

 

 

 

 

 

 

 

Noël : n'oublions pas le message originel...
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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 13:37
Jean-François Millet, le peintre des pauvres...

 

 

Tout le monde connaît le célèbre tableau reproduit des milliers de fois :"L'angélus" de Millet mais on connaît moins le peintre lui-même.

Qui était Jean-François Millet ?

 

Issu d'une famille de paysans normands, berger dans son enfance et plus tard laboureur, le jeune Jean-François Millet a accès à une certaine culture notamment grâce à son oncle, un curé lettré : grâce à lui, il apprend le latin, lit Montaigne, La Fontaine, Homère et Virgile, Shakespeare et Milton, Chateaubriand et Victor Hugo. Les parents de J.F Millet sont des paysans modestes. Il vit avec sa famille l’existence d’un jeune paysan. Ses compétences pour le dessin sont très vite remarquées et repérées dès son enfance par son entourage.

 

Il travaille dans la ferme familiale jusqu'à l'âge de 20 ans, puis, en 1833, il est envoyé à Cherbourg par son père, grâce à des relations pour apprendre le métier de peintre auprès de Paul Dumouchel et de Langlois de Chèvreville. 

Il peut ensuite se rendre à Paris pour se perfectionner : il étudie à l'école des beaux arts dans l'atelier du peintre Paul Delaroche. Il doit ensuite quitter la capitale et rejoint sa Normandie natale..

 

Ses premières œuvres, dans les années 1840, sont des scènes pastorales et des nus, ainsi qu'une série de beaux portraits appréciés de la clientèle bourgeoise de province. 

 

Très rapidement sa peinture s'oriente vers des sujets champêtres : les origines paysannes de Millet expliquent son engouement pour les scènes champêtres qui sont l'essence même de son oeuvre... Millet peint des paysans, un milieu qu'il connaît bien, une réalité qu'il a côtoyée et Millet le fait avec talent : il restitue les gestes ordinaires, simples de ces paysans du 19 ème siècle, on perçoit leurs mouvements, leur travail quotidien, ordinaire.

 

Les paysans sont au centre de ses tableaux, et Millet montre bien leur humanité, leur labeur acharné. Ses tableaux, comme Les Glaneuses (1857), dépeignent les plus pauvres des femmes de la campagne qui se courbent dans les champs pour glaner les restes de la moisson.

 

La paysannerie constituait à l'époque la majeure partie de la population française. Les Glaneuses, La Bergère, L’Angélus, Le vanneur, Les planteurs de pommes de terre, Le semeur, Les lavandières, La récolte… Millet reproduit avec grande précision ses sujets, montrant ainsi la vie difficile de la paysannerie de son époque. On peut parler du réalisme de Millet...

 

Le peintre met en évidence la splendeur du geste. Qu'on observe attentivement ses vanneurs, ses semeurs, ses moissonneurs, ses fendeurs de bois... C'est leur geste précis, efficace qui retient l'attention du peintre. C'est à restituer ce geste que le dessinateur s'attache. Millet parvient à magnifier l'univers paysan tout en nous faisant percevoir le dur labeur de ces travailleurs de l'ombre et de la terre...

 


Millet peint une harmonie profonde entre l'homme et la nature où le geste paysan trouve sa vraie signification. A travers ses tableaux, on voit bien que le peintre est en symbiose avec les êtres qu'il peint, il les aime.

Millet joue un rôle capital dans l'histoire de la peinture puisqu'il ouvre la voie aux impressionnistes : Van Gogh le revendiqua comme modèle et s'en est inspiré dans nombre de tableaux .

 

Pourtant, malgré sa notoriété, son influence, Millet est un artiste moins reconnu que la plupart des impressionnistes dont la gloire a éclipsé la sienne...On peut dire aussi que le succès de certains de ses tableaux comme L'angélus l'ont desservi et qu'on a réduit son oeuvre à des clichés. Or, la production de J. F. Millet est beaucoup plus riche qu'il n'y paraît...

 


Millet a eu une grande influence sur des impressionnistes comme Claude Monet et Camille Pissarro, et surtout sur Vincent Van Gogh, qui a reproduit à sa façon la plupart de ses scènes rurales.

On perçoit en regardant ses oeuvres une profonde humanité,un bonheur de peindre le quotidien de gens ordinaires, une simplicité et une volonté de montrer l'utilité du labeur de paysan, sa noblesse même !

 

 

Le Palais des beaux-arts de Lille consacre une rétrospective, la première depuis 1975, au peintre français.

 

http://www.lemonde.fr/arts/article/2017/10/23/jean-francois-millet-le-sel-de-la-terre_5204653_1655012.html

 

 

https://youtu.be/fIF_6RZCgAw

 


 

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:02
Une rentrée sous le signe de la musique...

 

 

Le nouveau ministre de l'Education, Jean Michel Blanquer a imaginé une rentrée "en musique"...

"Il s'agit de proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l'année précédente, d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue", précise un communiqué de l’Education nationale.

 

En voilà une bonne idée ! L'éducation artistique a été trop souvent négligée, ces dernières années : elle est pourtant essentielle.

 

Où sont passés les cours de dessin, de musique, de travaux manuels que des professeurs qualifiés dans ces domaines prodiguaient autrefois aux élèves ?

 

Ces formations à l'art permettent une ouverture à la sensibilité : une qualité qui se perd dans notre monde d'indifférence et d'inattention.

A l'heure où les voitures sont bardées de capteurs, où elles peuvent se conduire seules, il est important de former l'attention des jeunes générations.

 

Il faut réhabiliter ces disciplines : la musique, le dessin.

L'enseignement artistique offre à chacun un épanouissement, un bonheur de la découverte.

 

Que serions-nous donc sans la musique qui apaise les coeurs et provoque tant d'émotions ?

C'est un langage universel qui parle à chacun de nous : elle peut exprimer toutes sortes de sentiments, joie, exaltation, douleur, révoltes.

Elle permet de réunir les gens, de les faire vibrer à l'unisson devant la beauté de certaines harmonies.

 

La musique est un art premier : la nature elle-même nous offre des musiques diverses, chants d'oiseaux, murmure du vent dans les arbres, bruissements d'une source.

 

Le dessin, la peinture sont aussi un langage universel accessible à tous.

Le dessin nous apprend la maîtrise du geste, une concentration, une observation minutieuse du monde.

Il nous permet une redécouverte de la nature : dessiner un arbre, c'est en percevoir toutes les formes, tous les détails, toutes les beautés.

 

Un grand nombre d'élèves ne savent plus se concentrer pendant les cours...

Il est donc important de retrouver ce goût de l'attention qui tend à se déliter dans notre monde moderne où défilent les images.

Le dessin, c'est justement la possibilité de faire un arrêt sur image.

 

Alors, bien sûr, l'idée de proposer une rentrée en musique est intéressante.

Mais on attend aussi que soient vraiment réhabilités les enseignements artistiques dans notre système scolaire...

 

 

 

 

 

 

Une rentrée sous le signe de la musique...
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 13:45
Tout l'art de la nuance...

 

 

 

Pour le plaisir des mots : la nuance !

 

"Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !"

 

C'est ainsi que Paul Verlaine fait l'éloge de la Nuance dans son célèbre Art poétique...

Comment ne pas rendre hommage à la nuance, à ses éclats subtils ?

 Je n'aime pas les couleurs trop vives et criardes, je préfère les teintes nuancées de rose, de bleu, ou d'opale...


J'apprécie les teintes changeantes des nuages : gris, bleuté, neige, rosé, ocré, orangé. Les nuances de verts dans les pins du midi sont d'une infinie variété : verts sombres et lourds, verts anisés et tendres, verts jaunes et luisants...


J'aime, aussi, une certaine nuance dans les idées : certes, la diatribe, le pamphlet conviennent pour lutter contre les injustices, les horreurs de ce monde, la guerre, la violence cruelle et inhumaine, mais il importe de nuancer ses propos dans de multiples occasions...


La nuance n'est-elle pas essentielle ? La réflexion nous amène, ainsi, souvent à nuancer des idées trop tranchées : elle nous conduit vers une certaine subtilité de la pensée, elle nous fait percevoir différents aspects du monde.


Trop souvent, les gens, les hommes politiques expriment des opinions qui manquent de nuance : certains passent par l'invective, une virulence choquante et inadaptée.


Cet art de la nuance a tendance à se perdre, à se déliter dans une société de conflits permanents et d'opposition.

Les jugements de certains sont péremptoires, et ne sont même pas étayés par des arguments et des idées claires.

Une véritable argumentation fait appel à un certain art de la nuance et de la mesure...

Certains se plaisent à hurler leur haine, à cracher leur mépris, à déverser une forme de rancoeur, je préfère des attitudes plus nuancées et plus humaines.

Tous les arts ne sont-ils pas pétris de nuances ?

Les peintures des impressionnistes, qui nous font percevoir toutes les subtilités de la lumière, la musique de Vivaldi pleine d'exaltation qui, soudain, s'apaise et se nourrit de bercements légers, la poésie constituée d'images qui nous rend sensibles toutes sortes d'harmonies et de fusions....


Tout est si nuancé ! Beauté et laideur se confondent parfois, ombres et lumières se mêlent, harmonie et dissonances se croisent.

Vive les nuances ! Le mot lui-même n'est-il pas plein de charmes ? Voyelle nasalisée, sifflante lui confèrent une douceur inégalée...

Le mot vient, d'ailleurs, du verbe "nuer", de la même famille que les termes "nuages, nuées", ces ondoiements qui peuplent le ciel et qui lui donnent une beauté infinie...

Issu d'un nom latin "nubes", "le nuage", le mot "nuance" évoque le ciel, des images somptueuses.


Les nuées nous offrent des tableaux d'une variété inouie, les couchers de soleils se nuancent de teintes innombrables...


Quelle beauté et quels apaisements dans ces tableaux sans cesse renouvelés ! Quelle harmonie de nuances !





 

Photos : rosemar

Tout l'art de la nuance...
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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 09:02
Chéreau, un homme de passions...

 

 

Passions du théâtre, de la mise en scène, passions du cinéma, de la peinture, des arts, de l'opéra, de la musique, tel fut Patrice Chéreau...

 

Patrice Chéreau fut un metteur en scène de génie, un homme de théâtre passionné, un acteur, un réalisateur de talent... une exposition lui est consacrée dans la ville d'Avignon, à l'hôtel de Caumont.

Cette exposition réunit des lettres, des projets de décors, des sculptures, des peintures, des photographies représentatives de la carrière de Patrice Chéreau, homme engagé, dont on perçoit les idéaux, les valeurs, les passions.

Une exposition si riche qu'elle traverse toutes les époques et tous les arts.

Picasso, Giacometti, Georges de la Tour, Géricault, Goya, Delacroix, on peut admirer des oeuvres prêtées par différents musées, pour évoquer les différents thèmes qui ont suscité l'intérêt de Chéreau.

On est émerveillé et fasciné par ce musée imaginaire qui permet de réunir tant d'artistes d'époques différentes et tant d'oeuvres d'art.

La collection nous montre d'abord les débuts de Patrice Chéreau, sa passion pour le théâtre qui se manifeste, dès l'adolescence, au lycée Louis legrand, puis elle déroule différentes étapes de sa carrière jalonnée de mises en scène de théâtre et d'opéras, de films.

La dispute de Marivaux, Dom Juan, Phèdre, Richard II, Hamlet, Dans la solitude des champs de coton, La Fausse suivante, Les Paravents...

On peut écouter quelques interviews de Chéreau, on découvre sa façon de travailler avec les comédiens, ses expériences  au théâtre national populaire, au théâtre des Amandiers à Nanterre.

Est évoquée également la carrière cinématographique de Chéreau, avec des films célèbres, La Chair de l'orchidée, en 1975, la sanglante Reine Margot, avec Isabelle Adjani, primée par deux fois au festival de Cannes et couronnée par cinq Césars. ou encore, Ceux qui m'aiment prendront le train, en 1998.

N'oublions pas les mises en scène d' opéras célèbres : La Tétralogie de Wagner, Don Giovanni et Cosi Fan tutte de Mozart, Elektra de Richard Strauss.

L'exposition laisse une impression de foisonnement : on perçoit toute la richesse du travail de Patrice Chéreau, dessinateur, directeur d'acteurs, metteur en scène, scénariste, auteur...

Certaines oeuvres exposées suscitent plus particulièrement notre émotion : le portrait de Chéreau réalisé par un peintre chinois, Yan Pei-Ming.

L'homme qui marche de Giacometti, célèbre sculpture qui parvient à saisir l'essence de la fragilité humaine.

Un tableau de Jules-Elie Delaunay, intitulé  "Peste à Rome", peint en 1869, qui est une métaphore du massacre des Protestants par la catholique Catherine de Médicis, cette œuvre du musée d’Orsay évoque les tragiques épisodes des épidémies de pestes qui sévirent à Rome ou à Marseille... une toile de Georges De La Tour : "L’apparition de l’ange à Saint Joseph" qui date de la  1ère moitié du 17e siècle. Chef-d’œuvre du maître du clair-obscur, ce tableau nous montre un ange au visage radieux, illuminé par la flamme d'une bougie.

Une toile de Hugo Hodiener, La marche des pèlerins de Tannhäuser vient illustrer des extraits filmés de la Tétralogie, montée à Bayreuth par Chéreau en 1976.

 

Un tableau de Alexander Harrison, évoque le thème de la solitude : une barque dans l'obscurité de la nuit, dans laquelle se dresse un personnage isolé et perdu qui semble chercher une issue.

Patrice Chéreau passionné de peinture, d'oeuvres d'art, nous est, ainsi, dévoilé dans son parcours, ses obsessions, ses engagements, ses convictions...

L'amour, la mort, le sexe, les corps, la cruauté humaine, la violence, la haine, la passion, l'art, autant de thèmes qui l'ont inspiré...

 

L'hôtel de Caumont offre un cadre plein d'élégance à cette exposition : ce bâtiment, qui date du  18 ème siècle, avec ses grandes fenêtres en forme d' arcades, ses murs roses, ne peut que séduire le visiteur, amateur d'art.

 

Une exposition à voir jusqu'au 18 octobre, à l'hôtel de Caumont...

 

 

http://www.lemonde.fr/arts/portfolio/2015/07/18/la-collection-lambert-rend-hommage-a-patrice-chereau_4688423_1655012.html


 http://www.actes-sud.fr/actualites/exposition-patrice-chereau-un-musee-imaginaire-du-11-juillet-au-11-octobre-avignon

 http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00355/la-dispute-de-marivaux-par-patrice-chereau.html

 

http://lci.tf1.fr/jt-we/videos/2015/festival-d-avignon-exposition-patrice-chereau-pour-la-reouverture-8633911.html

 

Une émission consacrée à Chéreau sur France Culture :

https://www.youtube.com/watch?v=27pZ3RbDUfI

 


 

Photos : rosemar

En haut de l'article : le portait de Patrice Chéreau de Yan Pei-Ming

Chéreau, un homme de passions...
Dessin pour une mise en scène

Dessin pour une mise en scène

Chéreau, un homme de passions...
Etude de maquillage de Patrice Chéreau pour Dans la solitude des champs de coton, de Koltès

Etude de maquillage de Patrice Chéreau pour Dans la solitude des champs de coton, de Koltès

Chéreau, un homme de passions...
Georges de la Tour : Apparition de l'ange à Saint Joseph

Georges de la Tour : Apparition de l'ange à Saint Joseph

Chéreau, un homme de passions...
Sculpture de Giacometti

Sculpture de Giacometti

Marche des pèlerins de Tannhäuser de Hugo Hodiener

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Chéreau, un homme de passions...
La solitude de Alexander Harrison  1893

La solitude de Alexander Harrison 1893

Peste à Rome

Peste à Rome

Portrait de Charles IX

Portrait de Charles IX

Dessin de Géricault

Dessin de Géricault

La Mort du jeune Bara est une peinture inachevée de Jacques-Louis David qui date de 1794. Le tableau représente Joseph Bara jeune tambour de l'armée républicaine, tué par des vendéens. Il est érigé en héros et martyr de la Révolution, l'œuvre de David participe à cette célébration

La Mort du jeune Bara est une peinture inachevée de Jacques-Louis David qui date de 1794. Le tableau représente Joseph Bara jeune tambour de l'armée républicaine, tué par des vendéens. Il est érigé en héros et martyr de la Révolution, l'œuvre de David participe à cette célébration

Un dessin de Picasso   Le minotaure

Un dessin de Picasso Le minotaure

Chéreau, un homme de passions...
L'art antique grec : une couronne en or

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Chéreau, un homme de passions...
Le cadre de l'exposition : l'hôtel de Caumont

Le cadre de l'exposition : l'hôtel de Caumont

L'aveu de Phèdre à Hippolyte mise en scène de Patrice Chéreau

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 08:40
Les secrets du cagibi...

 



Le cagibi est un lieu particulier, un peu mystérieux et secret, dans une maison : on y stocke toutes sortes d'objets, de l'outillage, des cordes, des fils, des lampes.

Le mot intrigue par ses sonorités étranges, sa voyelle "i" redondante, sa gutturale initiale tempérée par la chuintante "g" et la labiale "b", un capharnaüm de consonnes variées, aux effets divers.

Le cagibi sombre, obscur suscite l'inquiétude, la curiosité, une envie de découvertes...

Le cagibi de la maison de l'Estaque était un étroit couloir qui débouchait sur une excavation plus grande, il était situé sous l'unique escalier de l'habitation et il offrait sa part de mystères.

Sur des étagères, étaient entassés des outils de bricolage, des objets mis au rebut, de vieux tableaux, des morceaux de tapisseries, des rouleaux de ficelles, tout un bric-à-brac hétéroclite.

Le couloir minuscule ne laissait guère de place pour la circulation, il fallait se lover dans la pièce avec précaution, pour éviter les obstacles des étagères.

La demi-obscurité qui régnait dans ce lieu, mal éclairé créait une vague inquiétude et contribuait, aussi, à l'étrangeté de ce réduit.

Au fond, dans l'excavation, on pouvait admirer une ancienne machine à coudre, avec pédale, une de ces machines aux décors de bois somptueux, telles qu'on les fabriquait, autrefois.

C'était le "clou" du cagibi, on pouvait s'asseoir, faire tourner le roue, écouter le bruit de la machine, s'essayer, même, à piquer quelques points.

Cette vieille relique  était une véritable oeuvre d'art : autrefois très utilisée, elle était devenue un objet de vénération, conservée par ma mère comme un souvenir du temps passé.
Sur les bords, des tiroirs recélaient des aiguilles, du fil, des dés à coudre, des boutons de toutes les formes et de toutes les couleurs.
Le bois marqueté permettait d'admirer des motifs géométriques, les tiroirs étaient ornés de ferrures ouvragées.

Une singer ! Un luxe ! 

Rien à voir avec les machines modernes d'aujourd'hui, laquées de blanc, électriques, sans socle, objets assez impersonnels.
Les machines à coudre d'autrefois étaient de véritables meubles en bois, des objets décoratifs, pleins de charmes et de secrets...

La roue, la pédale faisaient de cet engin un objet mystérieux et fascinant, même si dans les derniers temps, la machine ne fonctionnait plus vraiment, on pouvait en admirer tous les détails.

Le métal de la machine était, aussi, orné de motifs étranges, de ramages ondoyants, de feuillages dorés.

A côté, sur le sol, était posée une boîte à couture en bois qui se dépliait et laissait découvrir d'autres trésors....

Une boîte en acajou vernis qui contenait, aussi, des rubans, des boutons-pressions, des épingles à nourrice, des fils de cotons, de la laine.

Le cagibi recélait toutes sortes d'objets, mais le plus intriguant, le plus attirant, le plus mystérieux était cette machine à coudre qui ressemblait à un meuble antique ouvragé...

Placée au fin fond du cagibi, la machine à coudre était un objet de curiosité et d'admiration, elle fascinait par ses dimensions, ses pouvoirs, sa grâce.

 

 

 

 

 

Les secrets du cagibi...
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