Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 12:21
Honneur aux femmes ! Jeanne, la Jeanne, Brassens...

 

Un bel hommage à la générosité, la tendresse des femmes : c'est cette chanson que Brassens écrivit pour Jeanne, Jeanne Planche, née Le Bonniec, qui l’hébergea pendant la guerre et jusqu'en 1961.

 

 

Dès le début, la maison de Jeanne est assimilée à une "auberge. ouverte aux gens sans feu, ni lieu", un endroit accueillant pour tous, et surtout pour les plus humbles, des SDF.

L'expression "sans feu ni lieu" en rappelle une autre "sans foi, ni loi" : Brassens revisite et réinvente ainsi souvent le langage usuel. 

 

Le prénom "Jeanne" répété tout au long de la chanson souligne la présence pleine de sollicitude de la dame.

 

Sa maison est ouverte à tous, comme le suggère l'emploi réitéré du pronom indéfini "on" : "on peut entrer sans frapper, sans montrer patte blanche".

Le style familier restitue bien aussi la simplicité de Jeanne.

 

Le vocabulaire religieux souligne sa générosité : Sa maison devient "l'Auberge du Bon Dieu", et "comme par miracle", "on fait partie de la famille..."

Il est question encore du "coeur" de Jeanne, dans lequel il reste toujours "une petite place".

 

Et pourtant, la dame est "pauvre", "sa table est souvent mal servie"... sa générosité n'en est que plus remarquable et exemplaire.

Ce "peu" qu'elle donne apporte un réconfort unique, ce que souligne une hyperbole : ce "peu assouvit pour la vie."

Et on assiste à une métamorphose miraculeuse de ses dons :

"Son pain ressemble à du gâteau
Et son eau à du vin comme deux gouttes d'eau".

Telle une magicienne, Jeanne transforme les réalités les plus ordinaires en bonheurs.

 

Pour mieux nous faire percevoir la générosité de Jeanne, le poète fait appel à une forme d'ironie :

"On la paie quand on peut des prix mirobolants :
Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs
Un semblant d'accord de guitare
L'adresse d'un chat échaudé
Ou d'un chien tout crotté comme pourboire…"

L'adjectif "mirobolants" contraste avec la modestie des offrandes faites par les hôtes de Jeanne : "un baiser, un semblant d'accord de guitare, un chat échaudé, un chien tout crotté..."

 

Et on perçoit dans ces offrandes simples toute la reconnaissance du monde.

 

Reprenant une expression populaire imagée, Brassens évoque le fait que Jeanne n'a pas eu d'enfants :

"La Jeanne, la Jeanne,
Dans ses roses et ses choux n'a pas trouvé d'enfant,
Qu'on aime et qu'on défend contre les quatre vents,
Et qu'on accroche à son corsage,
Et qu'on arrose avec son lait…"

On retrouve là un style familier, simple qui est aussi celui de Jeanne.

 

Mais, Jeanne a trouvé de quoi donne libre cours à toute sa tendresse : "Etre mère de trois poulpiquets, à quoi bon !"

On apprécie ici le choix du mot "poulpiquets" qui désigne des lutins malfaisants dans les légendes bretonnes, un mot rare, amusant par ses sonorités...

Jeanne n'est pas la mère de trois enfants, mais elle a trouvé mieux : "elle est mère universelle", encore une hyperbole qui vient souligner le grand coeur de Jeanne.

 

La mélodie très douce suggère bien toute la bienveillance de Jeanne, son dévouement aux autres... sa tendresse, son abnégation, son amour sans limites.

Et Brassens célèbre une fois encore, dans cette merveilleuse chanson, les vertus de l'hospitalité et de la générosité. Cette générosité est celle d'une femme du peuple, ordinaire, mais en même temps exceptionnelle.

 


 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 11:14
Charles Trenet, poète, chanteur et enchanteur...

 

Charles Trenet disparaissait il y a tout juste vingt ans, le 19 février 2001 : "Il a inventé la chanson moderne", assure Valentin Schmite, auteur de La révolution Trenet.

Nombreux sont les auteurs à l'avoir encensé ou chanté, de Jacques Higelin, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Anne Sylvestre à Benjamin Biolay...

Avec les chansons de Trenet, la nature, le rythme, la gaieté, l'invention verbale entrent en scène...

Ainsi, cette chanson "Ah dis, ah bonjour" qui nous invite à vivre "à la bonne heure", selon l'expression du philosophe et essayiste Patrick Viveret, c'est à dire à profiter de l'instant et des merveilles de la nature.

 

Une chanson printanière qui invite à la curiosité et à la découverte de la nature, c'est un véritable hymne aux bonheurs simples que nous offre Charles Trénet...

 

La chanson s'ouvre sur une succession d'interrogations qui soulignent une attention au monde.

Tout d'abord une question qui évoque "dans le bois", un "lumineux coquelicot"... Et on découvre qu'il s'agit d'une image pour suggérer un "soleil matinal", "plus matinal que les jolis yeux" d'une amoureuse...

 

Le texte lui est adressé à la deuxième personne comme le montre l'expression  "tes jolis yeux"... et il revêt, ainsi, une allure familière.

 

Après avoir mis en jeu la sensation visuelle, grâce à l'image du coquelicot, le poète nous invite à écouter le réveil de la nature : "Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico ?"

Il nous fait entendre les échos sonores du chant du coq, à l'aube.

 

Puis, il nous incite à observer attentivement cette nature, dans le moindre détail, avec "cette goutte sur la joue d'une fleur", qui symbolise la rosée du matin et "des larmes de bonheur"...

Le poète magnifie, ainsi la fleur, grâce à cette personnification...

 

L'emploi de déictiques, dans le premier couplet, semble suggérer la présence de tous les éléments du décor.

La nature entière associée à "l'ardeur" est elle-même personnifiée : "Elle a vingt ans"... 

 

Les nombreux impératifs qui se succèdent : "ouvre les yeux. Réveille-toi... ouvre ton coeur, ouvre ta fenêtre, laisse entrer" donnent du dynamisme et de la vitalité au texte...

 

Les verbes utilisés sont le plus souvent des verbes d'action ou de mouvement qui suggèrent aussi une vigueur et une énergie renouvelées.

 

Il s'agit de célébrer l'amour, la lumière, la liberté... il s'agit de rendre hommage de la manière la plus simple à la lumière, en disant tout simplement : "bonjour."

Les activités proposées sont elles-mêmes très simples : "Cueille la fleur, chante, va-t-en courir sur les chemins..."

Les chemins qui deviennent sous la plume du poète : "de la nature les lignes de la main", nouvelle personnification qui humanise la campagne environnante...

 

Puis le bonheur d'un bain dans la rivière, puis celui de se sécher au soleil sont évoqués et suggérés avec empressement, toujours grâce à des impératifs.

 

L'humour n'est pas oublié dans cette remarque : "N'assieds pas ton derrière Sur les orties familières."

 

Le poème s'achève sur le thème de la fuite du temps et sur une invitation à profiter du temps présent...

La mélodie légère, sautillante, enjouée est, en elle-même, une véritable invitation au bonheur.

 

 

Les paroles : 

 

https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-ah-dis-ah-dis-ah-dis-bonjour

 

 

Autres chansons :

 

http://rosemar.over-blog.com/article-la-mer-118362977.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-leurs-chansons-courent-encore-dans-les-rues-123775655.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/06/une-chanson-pour-saluer-la-lune.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/12/il-pleut-dans-ma-chambre-j-ecoute-la-pluie.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/05/pour-fleur-bleue.html

 

 

Partager cet article
Repost0
14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 10:08
Les sabots d'Hélène étaient tout crottés...

 

Une chanson d'amour pleine de tendresse...

Merveilleuse chanson de Brassens dans laquelle il reprend un texte connu du répertoire folklorique, en l'adaptant à sa façon...

Brassens aime ainsi s'inspirer de chansons populaires : on songe aussi à ce texte : Dans l'eau de la claire fontaine... Brassens aime revisiter des chansons, des expressions, des mythes...

Tout le monde connaît cette chanson, dont il s'inspire ici  : En passant par la Lorraine... 

 

Brassens donne un prénom à la jeune femme, "Hélène", ainsi le personnage nous paraît plus familier, plus proche.

Les "sabots crottés" renvoient bien sûr à sa condition modeste de simple paysanne.

 

On retrouve, comme dans la chanson populaire, "les trois capitaines" qui méprisent la jeune femme, en l'appelant "vilaine", mot dont la signification ancienne évoque encore ses origines paysannes. Car Hélène est jolie, malgré ses sabots crottés.

Brassens nous invite ainsi à voir au delà des apparences.

Hélène moqué pour ses sabots, recèle pourtant des trésors, qu'il faut savoir découvrir.

Ainsi ses larmes deviennent une "fontaine" où l'on peut étancher sa soif de bonheur et d'amour.

"Et la pauvre Hélène était comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine, toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène, va-t'en remplir ton seau"

L'eau de la fontaine peut être ici symbole d'un amour pur et sincère. 

 

Et soudain, le poète emploie de manière insistante la première personne :

"Moi j'ai pris la peine de les déchausser
Les sabots d'Hélène, moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine bien récompensée
Dans les sabots de la pauvre Hélène, dans ses sabots crottés
Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine et je les ai gardés"

Et voici la jeune paysanne transformée en "reine", grâce à l'amour.

 

Autre symbole de l'apparence : le vêtement, en l'occurrence "le jupon mité" de la belle, ce jupon qui cache "des jambes de reine"...

"Son jupon de laine était tout mité
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène était comme une âme en peine"

Enfin, c'est le coeur de la jeune femme qui est évoqué, "un coeur qui n' savait pas chanter", un coeur accablé par la misère, le dénuement, sans doute.

"Et le cœur d'Hélène n'savait pas chanter
Les trois capitaines l'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène était comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine, toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène, va-t'en remplir ton seau"

Et c'est dans ce pauvre coeur que le poète trouve "l'amour d'une reine..."

 

Une expression revient inlassablement dans la chanson : "j'ai pris la peine..." oui, prendre la peine, prendre le temps pour voir au delà des apparences, apprendre à connaître l'autre. Voir la beauté cachée sous les guenilles...

Voici une belle leçon de patience et d'amour que nous donne ici Brassens.

 

La mélodie joyeuse traduit bien ce bonheur de la rencontre, de la découverte...

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost1
8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 13:38
John Lennon, the dreamer... "Imagine !", dit le poète...


Il y a exactement 40 ans, John Lennon était assassiné le 8 décembre 1980 à New York... Fondateur des Beatles, il a composé de magnifiques mélodies... La plus célèbre : IMAGINE... Une belle utopie...

 

Un air de musique que tout le monde connaît ou reconnaît, une chanson qui a fait le tour du monde, une chanson dans laquelle le poète rêve d'un monde meilleur...

 

"Imagine !" dit le poète, il suffirait de supprimer de vaines croyances, comme le suggèrent les négations employées : "no heaven, aucun paradis, no hell, aucun enfer."

 

Et il faudrait garder à l'esprit seulement la beauté du ciel, au dessus de nous tous, pour réunir et rassembler le monde... "Above us, only sky."

 

L'utilisation du pluriel "all the people" marque une harmonie retrouvée, un désir d'union, enfin !

 

Et le poète souligne toute l'importance du présent dans lequel il faut vivre, car seuls le présent et la vie comptent :

"Imagine all the people,

Imagine tous les gens,
Living for today...
Vivant pour aujourd'hui..."

 

Le poète déroule, ensuite, tout ce qui sépare et désunit les êtres humains : "no countries, nothing, no religions", et, à nouveau, il a recours à de nombreuses négations, pour mettre en évidence l'inanité de tout ce qui divise les humains, des pays différents, des religions, pour lesquelles certains sont prêts à "tuer ou mourir", "kill or die".

 

Il imagine un monde de "paix."

Le poète se reconnaît comme "un rêveur", "a dreamer", et s'adressant à chacun de nous, grâce à la deuxième personne du singulier, il nous invite à le rejoindre dans ses rêves : 

"I hope some day you'll join us,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni..."

Rêvons à ce monde "sans possessions", "sans besoin d'avidité ou de faim", un monde de fraternité...

Un monde de partage et d'union...

"Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Sharing all the world...
Partageant tout le monde..."

 

Mais qui ne rêve de cette fraternité, qui ne rêve d'un monde apaisé et serein ?

"Je ne suis pas le seul à faire ce rêve", dit le poète, et "j'espère qu'un jour tu nous rejoindras"...

On perçoit toute l'universalité du texte, à travers cet emploi réitéré de la deuxième personne du singulier. Nous sommes tous concernés par cet appel à l'union, la fraternité...

La mélodie nous invite, aussi, à une forme d'harmonie retrouvée : doucement rythmée, elle nous conduit vers un crescendo d'apaisement.

 

Ecrite et composée en 1971 par John Lennon, cette chanson a été reprise maintes fois...

 

Il suffit juste d'imaginer...

 

 

 

Le texte :

 

https://www.lacoccinelle.net/243444-john-lennon-imagine.html

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost1
23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 08:14
Châtaignes dans les bois...

 

 

Merveilleuse chanson sur l'alternance des saisons qui nous ravit et nous entraîne dans les tourbillons du temps...

 

Chanson apaisée et mélancolique à la fois sur la fuite du temps... "Colchiques dans les prés" : cette chanson fait partie de notre patrimoine... elle est dans nos coeurs et nos âmes...

Quel enfant ne l'a pas fredonnée ?

 

Dès le premier couplet, la nature entre en scène avec un magnifique tableau : une floraison de colchiques...

Le mot "Colchiques" est utilisé sans article : ainsi, les fleurs apparaissent comme personnifiées, pleines de vie et de vigueur...

Le verbe "fleurir" réitéré vient souligner cette impression...

Et cette floraison annonce inexorablement la fin de l'été...

 

Aussitôt, naît un autre tableau : celui des feuilles d'automne emportées par le vent : tristesse des feuilles qui tombent, mais le tableau est somptueux... on voit apparaître une "ronde" dans laquelle dansent ces feuilles...

 

L'automne nous apporte aussi ses fruits : les "châtaignes dans les bois... qui se fendent sous nos pas"...

Encore une image de bonheur et de vitalité : la nature se renouvelle pour nous apporter ses bienfaits...

Le mot "châtaignes" est lui aussi utilisé sans article, une façon de les personnifier.

 

Le tableau ne serait pas complet sans l'évocation du ciel et des nuages...

Belle image encore de nuages qui s'étirent dans le ciel... des nuages qui font immanquablement penser à des oiseaux puisqu'ils s'étirent "comme une aile"...

 

Enfin, dans le dernier couplet, par une sorte de mise en abîme, le chant lui-même est évoqué : un chant qui murmure, apaise et qui appelle le bonheur...

 

"Et ce chant dans mon coeur

Murmure, murmure,

Et ce chant dans mon coeur

Murmure le bonheur."

 

 

Voilà un bel hymne à la nature ! Une magnifique chanson qui nous entraîne dans une douce mélodie... une chanson inoubliable de l'enfance... et du renouveau des saisons...

 

Pour mémoire :

 

Colchiques dans les prés (dont le titre initial est Automne) est une chanson populaire française du xxe siècle. Les deux auteurs — Jacqueline Debatte pour les paroles et son amie Francine Cockenpot pour la mélodie —, toutes deux chefs scouts, créent cette ritournelle vers 1942/1943 à destination des jeunes des camps de scoutisme.

 

 

Les paroles :

 

https://paroles2chansons.lemonde.fr/paroles-chansons-enfantines/paroles-colchiques-dans-les-pres.html

 

 

 

Partager cet article
Repost0
26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 10:53
A la chasse aux papillons... avec Brassens...

 

 

Une chanson emplie de fraîcheur, de légèreté, de tendresse : c'est tout l'art de Georges Brassens que l'on retrouve dans ce texte intitulé La chasse aux papillons...

 

Un personnage est évoqué au début de la chanson, en des termes amusants : "un bon petit diable"... Brassens se plait à décrire un personnage attrayant et sympathique, un bon vivant, qui a "la jambe légère, et l'oeil polisson..."

 

L'oeil, la bouche de ce personnage sont soulignés, évoquant une forme de sensualité...

 

Les mots utilisés pour le décrire : "la fleur de l'âge, la bouche pleine de joyeux ramages" suggèrent grâce à des images, un être qui aime la nature, un homme plein de vivacité, d'énergie, un beau parleur, et même peut-être un poète, à l'image de Georges Brassens lui-même.

 

On ne s'étonne pas, dès lors, que ce personnage parte à "chasse aux papillons..."

Ces papillons qui pourraient être une métaphore de l'amour et de ses plaisirs...

 

Le bon petit diable rencontre alors, comme dans un conte, une "Cendrillon, filant sa quenouille", image d'une jeune fille humble et simple...

 

Le coup de foudre est suggéré par l'emploi du verbe "voir" au passé simple : "il vit Cendrillon...", une vision soudaine, inattendue, comme éblouissante....

 

Et, aussitôt, le personnage passe à l'action : il invite sa belle à une "chasse aux papillons", dans un discours direct et familier : 

"Bonjour, que Dieu te ménage,
J' t'emmène à la chasse aux papillons."

La jeune fille, aussitôt séduite, se prépare et" met sa robe neuve" : le présent de narration accentue et souligne l'empressement de la belle.

On peut percevoir, là, une référence et un clin d'oeil au conte de Perrault, où Cendrillon se rend au bal, avec une jolie robe.

 

L'expression "bras d'ssus bras d'ssous'" souligne la proximité qui unit les deux personnages.

Brassens nous laisse entrevoir malicieusement une sorte de fausse ingénuité du séducteur : "Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l'amour et son aiguillon..."

Le vocabulaire amoureux apparaît : "amour, coeurs".

La jeune fille, devant l'empressement du jeune homme, évoque en quelques mots, la curieuse chasse aux papillons à laquelle il se livre...

"J' présage
Qu' c'est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l'échancrure de mon corsage,
Qu'on va à la chasse aux papillons."

Les vêtements de Cendrillon, son cotillon, son corsage sont mis en valeur et montrent les gestes audacieux de l'amoureux.

Le rapprochement entre les deux personnages est mis en évidence par la répétition du mot "bouche".


"Sur sa bouche en feu qui criait : "Sois sage !"
Il posa sa bouche en guis’ de bâillon..."

Et l'expression suivante : "Et c'fut l'plus charmant des remu’-ménage
Qu'on ait vu d' mémoir' de papillon" suggère tout le bonheur des amants, leurs ébats, avec tendresse et délicatesse.

On les voit, ensuite, revenir au village, "un volcan dans l'âme", une belle image qui souligne le trouble amoureux, et la métamorphose qu'il produit.

Ils se promettent "d'aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm' davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons."

On perçoit tout l'enthousiasme des amoureux à travers ces promesses hyperboliques, un élan, un bonheur.

La dernière strophe, avec l'emploi du futur, évoque l'avenir des personnages : tant que durera leur amour, "Il f'ra bon voler dans les frais bocages,
Ils f'ront pas la chasse aux papillons."

 

Jolie conclusion pour cette chanson qui nous laisse entrevoir le bonheur des papillons qui seront épargnés par les amoureux.
 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 10:51
Est-ce que ce monde est sérieux ?

 

Comment dire la barbarie de la corrida ? Comment restituer la souffrance de l'animal voué à être sacrifié dans l'arène ?

Francis Cabrel a fait le choix judicieux de nous faire entendre les pensées d'un taureau qui s'exprime à la première personne : il personnifie l'animal qui retrouve ainsi toute sa dignité et toute sa noblesse.

 

Le poète nous fait voir le taureau, au moment même où il va entrer dans l'arène, enfermé, isolé dans une "chambre noire", un lieu effrayant alors que l'animal perçoit des bruits de fête au bout du couloir : le contraste est saisissant entre l'obscurité et la gaieté de l'ambiance créée par les hommes : "on s'amuse, on chante... les fanfares"....

Le contraste est saisissant aussi entre la solitude du taureau et la foule compacte représentée par le pronom indéfini "on" et plus loin par le mot au pluriel : "les fanfares".

L'animal est assailli de sensations, visuelles, auditives, particulièrement intenses : "la chambre noire", puis "le grand jour", le bruit du "verrou", les chants de la foule.

Et tout d'un coup, après une longue attente, le taureau découvre brutalement "le grand jour"...

 

On entre alors dans les pensées de l'animal, qui évoluent vers la compréhension de la situation : il est acculé, obligé d'avancer dans l'arène et d'affronter cette "danseuse ridicule"...

Le torero désigné par cette métaphore est dévalorisé et rabaissé grâce à l'emploi du féminin. Vêtu de son costume clinquant, il se réduit à une image grotesque.

 

Dès lors, l'animal n' a plus qu'une solution : avancer, combattre.

La question réitérée : "Est-ce que ce monde est sérieux ?" montre bien l'absurdité de la situation à laquelle est confronté le taureau : des gens qui se réjouissent d'un combat à venir.

 

L'animal évoque ensuite son pays d'origine l'Andalousie et ses "prairies bordées de cactus"... pour se donner du courage face à l'adversaire désigné encore par des termes péjoratifs : "ce pantin, ce minus".

L'homme est d'ailleurs mis sur le même plan que son chapeau dans l'expression : "lui et son chapeau", il est ainsi ravalé au rang d'objet, méprisable.

 

Et on perçoit la hargne de l'animal acculé à combattre : "Je vais l’attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil..."

Et de rajouter avec une assurance marquée par l'emploi du futur :

"Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles..."

 

Mais le voilà frappé et terrassé par des coups violents, contraint de "s'incliner".

Et à nouveau, l'animal ne comprend pas qui sont ces êtres qui l'entourent : il pose une question dénonciatrice : les toreros sont assimilés à des "acrobates, Avec leurs costumes de papier" et aussi à des "poupées".

Ces métaphores, cette féminisation les discréditent et les ridiculisent à nouveau.

"Ils sortent d’où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier?
J’ai jamais appris à me battre
Contre des poupées..."

 

Face à la douleur, seul le sable de l'arène réconforte l'animal, ainsi que le souvenir de son Andalousie natale.

On le voit aussi "prier pour que tout s'arrête."

 

Le dernier couplet met en scène la mort en direct du taureau avec des contrastes poignants qui soulignent la cruauté dont sont capables les humains : le rire, la danse devant la mort.

"Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu’on puisse autant
S’amuser autour d’une tombe."

 

Le texte s'achève avec ces paroles en espagnol, une invitation à danser encore autour de la mort des taureaux, comme une tradition qui se perpétue inlassablement :

"Si, si hombre, hombre
Baila, baila

Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros

Oui, oui mec
Danse, danse
Faut danser de nouveau
Et nous en tuerons d’autres
D'autres vies, d'autres taureaux
Et nous en tuerons d'autres
Allez viens
Venez, venez danser… "

 

La mélodie d'abord sombre, ténébreuse restitue bien la cruauté de la corrida, puis elle s'anime au rythme de la fête, et s'emporte pour évoquer l'agonie terrible de l'animal.

Cette dénonciation de la tauromachie met bien en évidence la violence des hommes, leur inconscience face à la douleur, leur mépris du vivant.

 

Le texte :

 

https://www.paroles.net/francis-cabrel/paroles-la-corrida

 

 

Partager cet article
Repost0
18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 08:44
Je lui dirai les mots bleus...

 

 

Une chanson que nous avons tous fredonnée, une chanson d'amour où l'on perçoit toutes les difficultés d'exprimer ses sentiments amoureux : "ces mots bleus qu'on dit avec les yeux...", ces mots que seul le regard peut traduire...

Le chanteur Christophe, de sa voix douce, fragile et rauque à la fois, nous a tant émus et charmés avec ces mots bleus...

 

C'est sur un cadre familier et quotidien que s'ouvre cette chanson : 

"Il est six heures au clocher de l'église
Dans le square les fleurs poétisent"

Un cadre que tout le monde peut côtoyer : "une église, un square, une mairie" quoi de plus banal ? 

 

Et pourtant, dès le deuxième vers, les fleurs personnifiées "poétisent", comme si elles voulaient accompagner la rencontre amoureuse qui va suivre, belle expression qui confère au texte une sensibilité particulière.

 

C'est une rencontre régulière et attendue qui est évoquée, un rendez-vous, un rituel, comme le montre l'expression "chaque soir".

La jeune fille "sourit" à l'inconnu qui l'attend : n'est-ce pas une invitation à l'amour ? Et l'amoureux se sent d'autant plus encouragé pour l'aborder, lui parler.

Mais seul le regard permet de dire l'essentiel :

"Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre..."

Les hésitations de l'amoureux, son trouble, son émotion transparaissent physiquement dans ses gestes : "Je m'élance et puis je recule".

On entre même dans ses pensées : "Parler me semble ridicule", et il nous semble ainsi d'autant plus proche de nous. On perçoit aussi son inquiétude dans cette expression : "l'instant fragile".

Et l'amoureux réaffirme sa volonté de "dire les mots bleus", avec un futur de l'indicatif qui marque une certitude, comme  un élan associé à l'idée de bonheur, celui d'une rencontre amoureuse.

"Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre"

Le personnage se sent alors en décalage : "peut-être démodé", à l'unisson tout de même de la nature, puisqu'un "vent d'hiver souffle en avril".

L'expression poétique "le silence immobile" restitue bien le moment sacralisé de la rencontre, un moment où le temps est comme suspendu, un moment de grâce, bien sûr.

Soudain, le cadre change : le personnage se retrouve sur le quai d'une gare, et voit à nouveau la jeune fille qui lui sourit... on a l'impression d'être dans un rêve différent de la réalité : "plus d'horloge, plus de clocher, Dans le square les arbres sont couchés..."

On a l'impression d'entrer dans l'univers onirique du personnage ou peut-être le temps a-t-il passé et l'amoureux évoque alors des "retrouvailles".

 

Et la volonté d'utiliser les mots bleus revient... il s'agit toujours de ne pas "gâcher l'instant fragile" des retrouvailles.

"Les excuses" sont comparées à des "baisers que l'on vole", les mots ordinaires sont à nouveau discrédités par cette belle comparaison.

 

"Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles"

L'amoureux se méfie encore du "protocole", des "longs discours futiles"... il préfère les mots bleus, ceux de la sincérité et de la vérité.

 

Ainsi, les mots sont-ils toujours adaptés pour dire l'essentiel ? Un geste, un regard, un élan disent parfois beaucoup plus que les mots et les grands discours.

 

La mélodie traduit à la fois douceur et déchirure, bonheur de la rencontre et difficulté de rendre compte de ses sentiments...

 

Paroles de Jean-Michel JARRE
Musique de Daniel BEVILACQUA  (le vrai nom de Christophe)

 

Le texte :

https://www.paroles.net/christophe/paroles-les-mots-bleus

 

 

 

Partager cet article
Repost0
13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 13:46
Deux branches de tilleul entrent par la fenêtre...

 

Il y a dix ans disparaissait Jean Ferrat : ses chansons ont une valeur universelle et intemporelle, ce sont des leçons d'humanité, de justice, de beauté...

 

Jean Ferrat a chanté l'amour, la valeur de l'instant précieux, l'harmonie de la nature... On retrouve ces thèmes dans une chanson intitulée "Ce qu'on est bien mon amour..."

La nature qui entre par la fenêtre, avec deux "branches de tilleul", le ciel personnifié qui "cligne des yeux", des papillons qui dansent la "passacaille", voilà un cadre propice à un duo amoureux. C'est ce cadre familier que décrit Jean Ferrat, dans cette chanson, en rendant hommage aux paysages du sud...

 

Toute la nature s'anime et semble participer à la fête, au bonheur de la vie et de l'amour.

 

La passacaille, danse populaire d'origine espagnole qui remonte à la Renaissance évoque un monde d'autrefois, où régnait la lenteur, où l'on prenait le temps de vivre : la voyelle "a" répétée de ce mot crée un rythme plein de charme et d'harmonie.

On voit aussi un "lézard, des genêts, des bruyères", toute une faune et une végétation du sud, une ambiance chaleureuse.

 

Un oxymore, "pays de tendresse et colère" suggère bien les paysages du sud, remplis de soleil, de chaleur où soufflent, parfois, des tempêtes de mistral, pays de contrastes étonnants.

 

Un torrent se permet de "déchirer" le silence du paysage, verbe évocateur très fort qui personnifie le torrent et lui donne une force intense.

 

Et même la fumée d'une cigarette, tenue par la jeune femme s'anime d'une vie particulière, et semble participer à la beauté du décor : la fumée se donne en spectacle, fait des "pirouettes" et souligne les "longs doigts" de l'amoureuse.

 

Le poète intervient, alors, tel un vrai "saltimbanque" qui séduit par ses gestes : il s'adresse à la sensualité même de la jeune fille : "ses bras, sa bouche, ses jambes malignes..."

 

Le mot "saltimbanque", plein de vie, de joie, grâce aux sonorités de voyelles nasalisées, participe au bonheur de la scène.

 

Le pays à la fois "si riche, si pauvre" donne des leçons d'humilité et de vie : on y apprend une certaine liberté, un certain art de vivre, on y devient plus "nôtres", comme le dit si bien Ferrat.

 

Ce nouvel oxymore traduit bien l'ambivalence du sud : pays "riche" de son climat, de sa beauté, de son harmonie, mais pays "pauvre", aussi, dans son aridité, sa rudesse.

 

Le refrain, plein de simplicité et de familiarité, traduit une harmonie, un bien-être infini : "ce qu'on est bien..."

 

C'est là, une invitation à profiter du temps présent, de la nature offerte, des plaisirs les plus simples, c'est là, un poème plein de sensualité : la vision des papillons, l'odeur des tilleuls, le murmure du torrent entremêlent différentes sensations... Les couleurs de vert, de blanc, de genêt flamboyant participent à la beauté du paysage évoqué.

 

La mélodie légère, volatile donne une impression de liberté, de bonheur infini...

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 11:23
Vertige de l'amour... selon Bashung...

 

 

 Une chanson qui nous entraîne dans les vertiges de l'amour... par son rythme endiablé, par ses paroles déjantées... c'est une chanson célèbre de Bashung.

 

Le poète nous emmène dès les premiers mots dans un monde onirique, celui de ses propres rêves, comme le montre l'emploi de la première personne...

"J'ai crevé l'oreiller

J'ai dû rêver trop fort..."

Ce sont des rêves pleins d'intensité, ce que suggère bien l'expression contenant un verbe très familier : "J'ai crevé l'oreiller". On rentre ainsi dans l'intimité de l'auteur qui nous confie ses rêves et ses fantasmes.

 

Une indication de temps "les jours fériés" évoque un moment de liberté propice aux rêves, à l'amour, à la liberté... une liberté rendue possible aussi peut-être par le départ de "Gisèle", quand elle "clape dehors."

 

Vertige de l'amour nous raconte ainsi les rêves érotiques d'un homme blotti contre son oreiller. 

Les images délirantes se succèdent comme dans un rêve : on voit successivement apparaître une "rouquine carmélite", une "mère sup", "Dieu qui porte un kilt".

Dans cette chanson d’amour atypique, l’auteur décrit ses sentiments dans un langage onirique. Il raconte les tourments provoqués par l’amour. Il les compare aussi à un vertige. Il accuse même peut-être le ciel de conspirer contre lui car selon lui, ‘’Dieu aurait mis un kilt’’. Il vivrait une histoire torride avec une carmélite et chaque fois, ils doivent se cacher en priant pour éviter les foudres de la mère supérieure.

"J’aurais pas du ouvrir
A la rouquine Carmélite
La mère sup’m’a vu v’nir
Dieu avait mis un kilt
Y’a du y’a voir des fuites..."

 

L'amour lui fait perdre la raison, comme le montre l'expression imagée et familière : "Mes circuits sont niqués... L' courant peut plus passer", on a l'impression qu'il est devenu un objet, un jouet victime de l'amour... et on perçoit à travers cette image toute la force du sentiment amoureux.

 

Dès lors, le poète souhaite peut-être passer dans une autre dimension : "Non mais t’as vu c’qui passe
J’veux l’feuill’ton à la place..."

 

La suite du texte est tout aussi délirante et étrange comme dans un rêve : 

"Tu t’chop’ des suées à Saïgon
J’m’écris des cartes postales du front..."

"Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour..."

 

L'auteur explore le champ de l'imaginaire qui est infini.  Avec le parolier Boris Bergman, Bashung utilise un langage fait d'écriture automatique, d'images abstraites, de double-sens, de propos surréalistes et de calembours.

Par exemple : "si ça continue j'vais m'découper" au lieu de "j'vais me casser", puis il ajoute : « suivant les pointillés ».

 

L'amour est associé aussi à la folie du désir : on retrouve là un thème traditionnel... qui est bien sûr renouvelé dans l'expression :

"Désir fou que rien ne chasse
L’cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d’glaces..."

 

La suite est encore plus délirante : 

"Mon légionnaire attend qu’on l’chunte
Et la tranchée vient d’être repeinte écoutez"

 

Ainsi, cette chanson nous fait ressentir tous les vertiges de l'amour, sa folie, ses éblouissements et ses égarements... 

La mélodie  nous berce et nous enchante de son rythme "rock'n roll".

 

Le texte :

 

"J’ai crevé l’oreiller
J’ai du rêver trop fort
Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors
J’aurais pas du ouvrir
A la rouquine Carmélite
La mère sup’m’a vu v’nir
Dieu avait mis un kilt
Y’a du y’a voir des fuites
Vertige de l’amour

Mes circuits sont niqués
D’puis y’a un truc qui fait masse
L’courant peut plus passer
Non mai t’as vu c’qui passe
J’veux l’feuill’ton à la place
Vertige de l’amour

Tu t’chop’ des suées à Saïgon
J’m’écris des cartes postales du front
Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour

Désir fou que rien ne chasse
L’cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d’glaces
Non mai t’as vu c’qui s’passe
J’veux l’feuilleton à la place
Vertige de l’amour

Mon légionnaire attend qu’on l’chunte
Et le tranchée vient d’être repeinte écoutez
Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour

J’ai crevé l’oreillé
J’ai du rêver trop fort,
Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors

Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors
J’ai crevé l’oreillé
J’ai du rêver trop fort"

 
 

 

Partager cet article
Repost0