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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 21:04
L'été on allait voir la mer...

 

 

Une chanson consacrée à la figure d'un père qu'on aurait dû mieux aimer, c'est, au fond, l'histoire de chacun d'entre nous...


Comment ne pas être sensible à la vérité de cette chanson  ? Souvent, on ne voit pas les êtres qui vivent à côté de nous, on n'y prête pas assez attention.


Le souvenir d'un père, "au vieux pardessus râpé", hante le poète : associé au verbe "aller", aux saisons contrastées que sont l'hiver et l'été, ce père est l'image d'un ouvrier qui travaille dur, pour gagner sa "graine", c'est bien l'image d'un gagne-petit, qui se léve dans le "petit matin frileux".

L'adjectif "frileux", associé au matin, dans un hypallage, suggère toute la rudesse de l'hiver et du monde du travail.


On perçoit une vie faite d'adversité et de dénuement : un seul jour de repos, le dimanche, des vacances qui se réduisent à "aller voir la mer".

On voit, aussi, le quotidien du personnage : un quotidien morne, "le même autobus de banlieue pris pendant des années", le retour du boulot et le silence dû à la fatigue, à un univers monotone... L'emploi de l'imparfait à valeur itérative, tout au long du texte, restitue cette monotonie : "il s'en allait, on allait voir la mer, il s'asseyait, on ne recevait, il rentrait, on connaissait la chanson, y'avait pas la télé, j'allais chercher."

Et même les dimanches sont faits d'ennuis, dans ce monde où les distractions sont limitées : "on ne recevait jamais personne".

"Les jours de paye" sont, ensuite évoqués, mais sont, aussi, l'occasion de soucis et de révoltes contre les "bourgeois, les patrons", contre celui qu'on appelle "le bon dieu".

Le poète regrette d'avoir fui ce père, cette maison où "il n'y avait pas la télé", pour rechercher à l'extérieur une évasion...

 

Le père et le fils ne se sont pas regardés, pendant des années... Et le regret transparaît à travers l'emploi des conditionnels : 

"J´aurais pu c´était pas malin 
Faire avec lui un bout d´chemin 
Ça l´aurait p´t´-êt´ rendu heureux 
Mon vieux. "

Et l'auteur en vient à évoquer l'adolescence, la jeunesse, une période où "l'on n'a pas le coeur assez grand..."
Quelle vérité dans ces propos ! 

Le texte, écrit dans un langage courant et familier, restitue bien un univers familial simple, le milieu ouvrier : "la graine, le boulot, gueuler, c'est con, la télé, toutes ces choses là..."
L'emploi d'octosyllabes réguliers traduit la monotonie, l'ennui de cette vie de pauvreté et de travail.

Le poème ponctué par l'apostrophe récurrente "mon vieux", un peu familière et péjorative, semble montrer toute la distance qui sépare le père et le fils.

A la fin du texte, le mot "papa" apparaît, enfin, comme une ultime reconnaissance, accompagnée  du regret de l'absence, ce que souligne encore l'utilisation du conditionnel : "j'aimerais."



C'est en 1962 que Michelle Senlis a écrit ce texte "Mon vieux", en hommage à son père, Jean Ferrat l'a mis en musique en 1963. La chanson a été reprise, ensuite, par Daniel Guichard.

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Christelle

 

L'été on allait voir la mer...
L'été on allait voir la mer...
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 19:01
Les mots disparaissent à travers l'univers...

 


Une chanson, emplie de poésie, où les mots sont comparés à "une pluie sans fin", où ils disparaissent à "travers l'univers", et semblent, ainsi, s'évaporer, telle est l'ouverture de cette chanson des Beatles, écrite et composée par John Lennon en 1969...


Dès le début, on entend des "mots qui volent", "Words are flowing out", sans doute des paroles prononcées avec une certaine virulence, ces mots sont comparés à "une pluie sans fin", "endless rain", symboles de tristesse, mais ces mots s'évanouissent, aussitôt, comme s'ils n'avaient pas vraiment d'importance...


"Regrets et joie" s'opposent, évoquant des sentiments contradictoires qui envahissent l'esprit, comme le suggèrent ces images associées à l'eau : "des bassins de regrets", "des vagues de joie"... "Pools of sorrow, waves of joy". Les participes présents, qui suivent, s'opposent, encore, restituant un déchirement, un trouble : "me possédant, me caressant"...


Le refrain traduit, malgré tout, une sorte de paix retrouvée, une douceur infinie... il fait songer à une méditation,  un mantra, un hymne sacré, répété, une formule mystique et mystérieuse : "Jaï Guru Deva Om, Jaï Guru Deva…Om, Nothing's gonna change my world."
L'exotisme des mots employés, leur étrangeté contribuent à l'extraordinaire poésie de ce texte.


La phrase réitérée, au futur "rien ne changera mon monde"  traduit une certitude, et montre que, malgré tous les soucis quotidiens, la vie continue : il ne faut pas s'en inquiéter, au fond, il ne faut pas accorder trop d'importance à de simples mots, à des difficultés passagères.


Le couplet suivant évoque "des images de lumière vacillante", comparées à "un million d'yeux", expression pouvant suggérer une inquiétude qui sollicite et toumente le poète, d'autant que ces lumières sont comme des appels, venus de tout l'univers.


Assimilées à des "méandres", eux-mêmes devenus "vents sans repos", ces lumières semblent particulièrement violentes, puisqu'elles "dégringolent aveuglément".


On retrouve, plus loin, un contraste entre les "rires" et "les ombres de la terre", comme pour mettre en évidence une incertitude et une angoisse. 


Mais, c'est finalement l'amour qui triomphe et semble appeler le poète "à travers l'univers", un amour symbolisé par "un million de soleils"...


Cette chanson nous emporte dans un tourbillon d' images et de comparaisons, on ressent une oscillation permanente entre bonheur et tristesse, on perçoit des contrastes qui restituent la tessiture même de la vie, on découvre un message plein d'optimisme, à la fin, où l'amour triomphe de tous les obstacles.


La mélodie très douce et le refrain traduisent une harmonie, une paix infinie...

Les nombreuses sonorités de fricative "f", et de sifflante "s" contribuent à cette harmonie :

 

Words are flowing out like endless rain into a paper cup,
They slither while they pass, they slip away across the universe
Pools of sorrow, waves of joy are drifting through my open mind,
Possessing and caressing me.


Cette chanson nous montre que la violence fait partie du quotidien de chacun d'entre nous : elle se déchaîne en paroles, elle divise et déchire les individus, parfois, même, des couples, mais l'amour, le partage devraient  l'emporter sur tout le reste.

A travers l'univers, l'amour doit rester ce qui fait vivre le monde, c'est l'amour qui nous emporte vers la vie et le bonheur...

 

Ce message, maintes fois délivré par des poètes, n'est-il pas essentiel ? On songe, par exemple, à ce poème de Victor Hugo, intitulé Crépuscule ou à un autre texte adressé à sa fille : le poète nous invite à aimer le monde et les êtres qui nous entourent, pour mieux apprécier la vie...

 



 

En complément, les deux textes de Victor Hugo :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/crepuscule.html



http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/a_ma_fille.html




 

Les mots disparaissent à travers l'univers...
Les mots disparaissent à travers l'univers...
Les mots disparaissent à travers l'univers...
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 15:03
Où sont les pierres, où sont les roses ?

 

 

 

La maison de notre enfance reste gravée dans l'esprit de chacun d'entre nous : tel est le thème de cette chanson interprétée par Françoise Hardy, intitulée, La maison où j'ai grandi...

 

Ce texte à la première personne traduit des sentiments que nous avons tous pu éprouver... un décor simple, des "roses, un jardin, des arbres" : ces souvenirs restent vivaces, comme le suggère l'emploi du présent de l'indicatif : " je revois, je vois..."

En contraste, les imparfaits : "là où vivaient des arbres, les fleurs que j'aimais tant" évoquent un passé révolu.

 

Les arbres personnifiés, associés au verbe "vivre" sont comme magnifiés.

Le rire, l'amitié, le partage font, aussi, partie de ce passé perdu : d'ailleurs, le thème des larmes souligne le déchirement : il a fallu, un jour, partir... certes, la découverte du monde était présentée comme un espoir, un renouveau : l'univers de la ville paraissait merveilleux, dans les lumières de la nuit.

L'espoir du retour était, pourtant, bien présent, comme le montre le discours :" je reviendrai, je prendrai le train du souvenir..."



L'emploi des différents temps : présent, imparfait, futur suggère l'écoulement inexorable du temps.

Ce temps a fui : la maison a disparu, et les interrogations montrent bien le désarroi : "Où sont les pierres et où sont les roses
Toutes ces choses auxquelles je tenais ? Et la maison, où est-elle, la maison
Où j´ai grandi ?"

On perçoit un attachement viscéral à un monde simple fait de pierres, de roses.

Le verbe "voler", très fort, souligne un vide terrible, dans l'expression : "D'autres gens, d'autres maisons ont volé leurs places..." 
La ville a remplacé le décor de l'enfance, associé au bonheur, aux rires.

L'adjectif possessif "ma" répété devant le mot "maison" insiste sur l'importance de ce lieu de l'enfance : "je ne sais pas où est ma maison..."

La mélodie douce et tendre accentue la nostalgie, la beauté, la simplicité des souvenirs évoqués... Elle s'anime à l'évocation du passé, des amis, du bonheur d'autrefois.

Le thème de l'enfance traité dans cette chanson est universel : le regret associé à cette période de la vie, la mélancolie du temps qui passe... la maison qui nous a vus grandir et qui, souvent, n'existe plus que dans des souvenirs. On perçoit aussi une ville envahissante qui a remplacé le modeste décor d'autrefois.


La fin de la chanson, grâce à des questions réitérées et insistantes, à la répétition du mot "maison", révèle un bouleversement, un désarroi.


Simplicité, émotion, poésie, tendresse sont réunies dans cette chanson, parue en 1966. Les paroles ont été écrites par Eddy Marnay et la musique composée par Adriano Celentano.

 

 

 

La chanson :


 https://youtu.be/Upg0BNJ3Y-Q



 



 



 

Où sont les pierres, où sont les roses ?
Où sont les pierres, où sont les roses ?
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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 16:15
Le nouveau clip de Stromae : une satire virulente des réseaux sociaux...

 

Ce nouveau clip de Stromae, en forme de dessin animé, réalisé par le dessinateur Sylvain Chomet, est une magnifique et terrible dénonciation d'internet et des réseaux sociaux : on y perçoit un monde d'égoïsme, de repliement sur soi, de grande solitude...


Le clip s'ouvre sur un joli chant d'oiseau, le volatile se pose sur une fenêtre, puis sur l'épaule d'un jeune garçon, isolé dans sa chambre : ce personnage a les yeux rivés sur son portable... cet oiseau bleu, aux chants si mélodieux, tout le monde le connaît : c'est le logo stylisé et le symbole du réseau Twitter.

Ainsi, Stromae dénonce, à juste titre, l'importance démesurée que prennent les réseaux sociaux dans nos vies. Qui, désormais, n'est pas branché sur Twitter ou sur Facebook ?

Détournant et parodiant la célèbre chanson de l'opéra Carmen, "L'amour est un oiseau rebelle", Stromae évoque l'amour et et ce qu'il devenu dans notre monde moderne : éphémère et factice... "L'amour est comme l'oiseau de Twitter, on est bleu de lui seulement pour 48 heures."

Mêlant le français et l'anglais, selon l'usage pratiqué dans les réseaux sociaux, Stromae dénonce ce langage moderne qui fait intervenir trop souvent des modes illusoires : "D'abord, on s'affilie, puis on se follow, puis on devient fêlé et on finit solo"...

On perçoit bien, là, la grande solitude et, surtout, la folie à laquelle aboutissent ces prétendus réseaux.

Tout y est superficiel, les "sourires" deviennent, rapidement, des "coups de hashtags", ils se transforment en haines affichées, ou en slogans illusoires.

Dans ce monde, les "amis" ne sont que des "followers", et servent à acquérir une "cote". Chacun recherche un succès de façade et on peut bien, au passage, écraser l'autre, le nier, afin de s'imposer.

Au fil du clip, le petit oiseau de départ prend des proportions et des dimensions de plus en plus inquiétantes, et il reste posé, constamment, sur les épaules du personnage.

L'oiseau devient, même, menaçant à l'égard d'une petite fille que le personnage croise dans la rue, il impose sa présence partout... C'est bien cette omniprésence des réseaux, dans la vie des gens, qui est, ici, mise en évidence.

Stromae, au passage, stigmatise la société de consommation : "Et c'est comme ça qu'on s'aime, c'est comme ça qu'onsomme..." Jouant sur le verbe "consommer" associé au verbe "aimer", il montre toutes les dérives de nos sociétés.

L'amour devient "enfant de la consommation", il en veut toujours plus...

L'oiseau s'invite même dans le lit de deux amoureux, il s'installe entre eux et il occupe toute la place... il se transforme en "un oiseau de malheur" qui perturbe la vie des gens, il en vient à provoquer des disputes dans le couple qui se sépare.

"Chacun pour soi, c'est comme ça qu'on s'aime..."

Au fil du clip, l'oiseau devient si énorme, que les rôles de départ sont inversés : l'oiseau porte, désormais, sur son dos, le personnage qui se laisse guider, aveuglément, dans les rues envahies de volatiles aux dimensions impressionnantes... Et la vie devient, pour tous, une course aux "followers".

Une phrase, dans sa brièveté tranchante, montre les absurdités de la société de consommation : "Un jour, t'achètes, un jour tu jettes..."C'est bien ainsi que se résume notre monde.

La fin du clip est particulièrement cruelle : un des oiseaux de Twitter, devenu un monstre gigantesque, écrase brutalement une jeune fille, et tous les oiseaux déversent, de leurs becs, les êtres humains dans un précipice où ils sont dévorés par une sorte de gros oiseau bleu qui ressemble à un chien-Cerbère, muni de crocs... et dans les déjections de l'animal, surgit, soudain, une main qui tient un téléphone.

Belle construction en boucle pour ce clip ! car on voit, alors, l'oiseau de Twitter aller reconquérir un nouveau territoire, il se pose au bord d'une fenêtre, près d'une fillette, en train de consulter son portable.
Et la chanson s'achève sur le refrain parodique : "Prends garde à toi, si tu t'aimes, garde à moi si je m'aime, garde à nous, garde à vous, garde à eux, et puis chacun pour soi..."

C'est bien ainsi que fonctionnent les réseaux sociaux : un monde âpre, dur, où tous les coups sont permis, où la haine se déchaîne parfois, où le harcèlement devient un fait presque banal et sans importance... où chacun n'aime que son petit ego surdimensionné.

Un monde d'égoïsme exacerbé, où chacun éprouve une sorte d'auto-satisfaction.

Un monde où il s'agit d'accumuler des "like", de briller de manière factice.

Cette chanson montre bien tous les dangers et les pièges de ces réseaux : la violence, la cruauté sont mises en scène d'une manière frappante, mais il est probable que beaucoup ne sauront pas s'y reconnaître, hélas...

Le texte, qui se présente comme une parodie du célèbre air de Carmen, a d'autant plus de résonances... Stromae, usant de l'inversion, de l'hyperbole, de l'antithèse, nous offre, ici, une parodie, pleine de vérité, du monde moderne...


https://youtu.be/UKftOH54iNU

https://youtu.be/wdpXyI3_Qpk


http://dai.ly/x2lete6






 

Le nouveau clip de Stromae : une satire virulente des réseaux sociaux...
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 12:37
Quelle gaieté dans cet hymne au soleil !



Une chanson consacrée au soleil, quoi de plus banal ? On en connaît tant, depuis O sole mio, cet air napolitain que tout le monde a fredonné...

Tout le monde a chanté, aussi, cette chanson des Beatles, Here comes the sun. Ecrit et mis en musique par George Harrison, ce texte a fait le tour du monde.

Quelle simplicité, quelle évidence dans cette musique et ces paroles évoquant le retour tant attendu du soleil ! Simplicité des mots, venus du quotidien, simplicité de la syntaxe, de la musique...

Le soleil associé à un verbe de mouvement paraît doté de vie : "Here comes the sun", le verbe est répété, à plusieurs reprises, dans le refrain.

L'apostrophe "little darling" "petite chérie" suggère un poème d'amour, et l'évocation d'un hiver long et froid fait espérer le retour tant attendu du soleil.

Le soleil semble, ainsi, avoir disparu pendant des années interminables.

Et aussitôt qu'il revient, les sourires réapparaissent, aussi ! Le thème de la glace qui fond vient renforcer, de manière symbolique, le retour du bonheur...

Quand la glace fond, n'est ce pas un signe d'amitié, d'amour ?

Des mots simples :"Tout va bien , tout est bien" traduisent un bonheur tout aussi simple... Les verbes "dire", "être" réitérés restituent une ambiance familière.

Les sonorités de sifflante "s", tout au long du texte, nous disent et nous racontent cette douceur de la tendresse et du bonheur retrouvés :

"Here comes the sun, here comes the sun,
Voici le soleil, voici le soleil,
And I say it's all right
Et je dis que tout est bien

Little darling, it's been a long cold lonely winter
Petite chérie, nous avons eu un long et froid hiver solitaire
Little darling, it feels like years since it's been here
Petite chérie, cela semble faire des années qu'il avait disparu..."

La mélodie, elle-même, très douce souligne une impression de sérénité, de calme, d'harmonie. Le son de la guitare acoustique sublime le texte. Comment ne pas être sensible à la simplicité de cette chanson, à sa pureté évidente ?

Comment résister à cet appel du soleil ?

Quelle gaieté dans cet hymne au soleil qui paraît comme une entité vivante ! Quels éclats de rires et de bonheur nous transmet la musique !

On peut bien parler d'un chef d'oeuvre de simplicité et de clarté !


http://youtu.be/BxzEeKfpyIg

Quelle gaieté dans cet hymne au soleil !
Quelle gaieté dans cet hymne au soleil !
Quelle gaieté dans cet hymne au soleil !
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 16:58
Le règne de la jeunesse ou celui de la vieillesse?



Nos sociétés ont le culte de la jeunesse : il faut avoir l'air jeune, porter le jean, éviter d'arborer des cheveux blancs... La jeunesse semble être une qualité essentielle, dans un monde d'apparences...


Les jeunes, désormais, ont acquis de nouveaux droits qui n'existaient pas auparavant : droit de s'exprimer, de revendiquer, de contester et certains ne s'en privent pas, évolution qui paraît favorable, à condition de ne pas en abuser...

Contester les notes d'un professeur devient une pratique courante, par exemple....

Les jeunes d'aujourd'hui disposent, souvent, de toutes sortes d'outils de communication : portables, ordinateur, MP3, tablettes tactiles. Tous ces instruments, plus ou moins futiles, leur sont fournis par leurs parents, parfois même par les établissements scolaires.

Toutes sortes de loisirs leur sont accessibles : sports, clubs, musique etc.

On a beaucoup évoqué "l'enfant roi" de nos sociétés : l'enfant semble avoir beaucoup de droits, beaucoup de privilèges et les adolescents également....

Que refuse-t-on aux jeunes ? Gavés d'objets de consommation, au coeur de toutes les sollicitudes, ils sont l'avenir d'un pays....

Jeunesse dorée, c'est ainsi qu'on peut qualifier les jeunes d'aujourd'hui : abreuvés de loisirs, vivant dans le confort matériel, ils sont au centre de nos sociétés....

D'aucuns voudraient les opposer aux personnes âgées mais enfin ! les jeunes d'aujourd'hui seront les vieux de demain !

D'aucuns affirment que les séniors sont privilégiés : il est absurde d'opposer, ainsi, les uns aux autres.

Nos sociétés divisent sans cesse : les jeunes et les vieux, les salariés du privé et du public, les chômeurs et les actifs, les gros et les maigres comme si ces oppositions étaient pertinentes, avaient une signification capitale...

Certes, les jeunes ont, souvent, des difficultés à s'insérer dans le monde du travail en raison de la crise mais nombre de seniors subissent, aussi, de plein fouet la crise et sont soumis au chômage, à l'exclusion...

Certes, on risque d'imposer aux jeunes un nombre d'annuités plus important pour accéder à la retraite et c'est, là, une injustice mais déjà certaines générations entre deux âges seront affectées par ces réformes pleines d'iniquité...


De plus, toutes les générations sont touchées par la crise : le chômage concerne les jeunes, mais aussi des personnes plus âgées....Certains retraités ont des difficultés pour survivre, car leur pension est dérisoire...

Certains sont même contraints d'exercer une nouvelle activité, à l'âge même de la retraite, pour subvenir à leur besoin...

Il est indéniable que la jeunesse est valorisée dans nos sociétés : porteuse d'espoir et de renouveau, il est normal qu'elle le soit mais pour autant, il n'est pas question de dénigrer les gens plus âgés sous prétexte qu'ils ont, parfois, plus de moyens financiers, par exemple.

Encore une fois, opposer les jeunes et les vieux n'a pas de sens parce que les jeunes eux-mêmes sont des vieux en devenir ! Ce sont les mêmes personnes...

Alors ? Parler de gérontocratie ? de juventocratie ? Tout cela n'a pas grand sens....


D'ailleurs, la dernière chanson des Enfoirés a créé une polémique, à ce sujet : accusé d'opposer les jeunes aux vieux, en
diffusant un message paternaliste, ce texte a été jugé insultant pour les nouvelles générations...

Toutes ces polémiques sont inutiles...

En fait, ne l'oublions pas : les gens, quel que soit leur âge, connaissent des difficultés : si les jeunes sont confrontés aux problèmes du chômage, les personnes âgées ne sont pas épargnées par la crise et ses conséquences : oui, toutes ces polémiques sont vaines...

D'autant plus vaines que les gens d'un certain âge sont eux mêmes des parents ou des grands parents : ils se soucient de l'avenir de leurs enfants ou petits enfants : c'est un
e évidence...

Le règne de la jeunesse ou celui de la vieillesse?Le règne de la jeunesse ou celui de la vieillesse?
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:02
Flo, la bien nommée...

Cette chanson de Pierre Bachelet, intitulée Flo, est un bel hommage à Florence Arthaud : le texte se présente sous la forme d'un dialogue entre la jeune femme et Pierre Bachelet lui-même... une sorte de dialogue feutré, plein de tendresse...

L'auteur joue sur le prénom, en forme de diminutif, "Flo", qui suggère, bien sûr, les vagues de la mer, chères à la jeune femme... Le poète s'adresse familièrement à elle, il la tutoie, évoquant son prénom et l'associant à "la marée, à Saint Malo"...

Il n'oublie pas de souligner la couleur bleue de ses yeux dans l'expression, emplie de poésie : "sous tes paupières ultra-marines", et il perçoit, dans ce regard, associé à la mer, une impression de solitude, liée à la navigation et aux bateaux...

La réponse de la jeune femme, qui suit, joue, aussi, sur le prénom de l'auteur, Pierre, puisque celui-ci est comparé à "un rocher sur la lande", une sorte de rocher inébranlable qui voit passer "des rivières"...

Le refrain insiste sur l'idée de diversité, de particularité, avec l'emploi répété du pronom indéfini "chacun", chaque être a ses passions, ses affinités, mais, malgré les différences, certains se retrouvent dans une harmonie...

Rochers et oiseaux sont, ainsi, amenés à se retrouver sous "le ciel immense", belle image qui symbolise une sorte d'union et d'amitié entre deux êtres aux goûts divergents..

Guidés par le destin, des mains se croisent, se retrouvent pour se quitter...

Le dialogue se poursuit, avec les propos de la jeune femme qui s'adresse au poète : celle-ci évoque son voilier, comparé à un oiseau qui s'envole, on ressent une impression de liberté, d'évasion, mais en même temps, une forme de fragilité et de cruauté de la vie "j'ai le coeur sans illusion" dit-elle et immanquablement, elle voit le rocher comme un écueil, un danger...

Le dernier couplet nous fait entendre les paroles de l'auteur, en forme d'hommage :

Même si la pluie te mouille parfois
Les vagues tournent autour de toi
C'est toi qui les mènes en bateau...

Le poète suggère la violence des vagues qui déferlent, avec cette image de "la pluie" qui transperce, il nous fait voir une mer menaçante, avec ces vagues qui encerclent la jeune femme... Mais dans le dernier vers, grâce à un subtil jeu de mots, et une expression familière détournée, il montre toute l'habileté, l'adresse de la navigatrice, face à la mer : voilà qu'elle mène les vagues en bateau, qu'elle s'en amuse, les dompte...

La mélodie pleine d'émotion et de tendresse s'adoucit, encore, dans le refrain et unit les deux personnages...


http://dai.ly/x3mq08

Flo, la bien nommée...
Flo, la bien nommée...
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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 13:01
Et toi, pauvre fou, tu l'aimes...



Cette chanson de Dario Moreno, pleine de charme, et de drôlerie, évoque le roucoulement du pigeon destiné à séduire une "belle" : imitant le cri répété du pigeon, le refrain nous entraîne dans une mélodie lancinante et amusante, à la fois...

"Coucouroucoucou !" : on entend, d'abord, une colombe chanter sur une branche ... Et, à côté, un voit un pigeon énamouré, dont on perçoit le désarroi : il bat de l'aile, et il roucoule en vain...


La situation typique de l'amoureux éconduit nous est présentée ici. Soudain, on perçoit l'emploi de la première personne : "et moi, je pense à elle, si peu fidèle..."

Le personnage qui s'exprime se confond, en fait, avec le pigeon du premier tableau...

Le vocabulaire de l'amour apparaît : "fidèle, mon coeur, aime"...

Des clichés sont utilisés : "la blanche colombe", l'image du "printemps qui bourgeonne", les filles et les pigeonnes qui ont la même attitude, qui semblent volages !


"Coucouroucoucou"! Le roucoulement s'impose, alors, entremêlé de cris d'oiseaux.

L'apostrophe "méchante" souligne le comportement indigne de la pigeonne infidèle qui, en plus, chante de bo
nheur, car elle a trouvé un nouvel amour.

Des cris de détresse, "aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe" ponctuent le texte, soulignant le désarroi de l'amoureux éconduit.

Le personnage s'invective lui-même, familièrement, comme s'il se dédoublait : "Et toi, pauvre fou, quand même, tu l'aimes."

Les tourments de l'amour sont évoqués, de manière amusante et drôlatique, avec des images conventionnelles...

On retrouve des clichés, la fragilité d'une pigeonne, la beauté d'une autre, sa coquetterie...

Un dialogue s'instaure avec un interlocuteur, comme le suggère l'emploi de la deuxième personne : "ta pigeonne, la tienne", encore des clichés, puisque la femme semble appartenir à l'homme, être sa propriété...


Les deux acolytes pourront mêler leur chagrin, se raconter leurs déconvenues.


Le texte s'achève sur ce cri d'espoir et avec un impératif : "fais qu'elle revienne", comme si le personnage implorait le ciel.


Voilà une jolie parodie de chanson d'amour : constitué de clichés, le texte nous fait sourire souvent et le refrain nous emp
orte dans un tourbillon de cris d'oiseaux...

La mélodie, pleine de gaieté, souligne bien la parodie...

Pour rejoindre l'actualité : dans le cadre de la journée de la femme, des hommes posent non pas avec une pigeonne, mais avec une poule...

http://www.aufeminin.com/news-societe/sexisme-des-hommes-posent-avec-une-poule-pour-le-denoncer-s1276398
.html




http://youtu.be/tMl5WXxGjgs

Et toi, pauvre fou, tu l'aimes...
Et toi, pauvre fou, tu l'aimes...
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 12:00
Une chanson qui évoque le passé avec un simple mot, yesterday...



Une chanson qui évoque le passé, d'un simple mot "yesterday", "hier", un passé qui paraît si proche et si lointain, en même temps, voilà le thème de ce texte célèbre des Beatles...


Dès le premier couplet, le passé et le présent sont opposés en un contraste saisissant : "yesterday", now", "hier, maintenant". Les deux mots s'opposent, en début de vers...


Cet "hier" est magnifié, exempt de soucis et de poblèmes alors que le présent intensifie et fait perdurer des angoisses...


Et la phrase "I believe in yesterday" vient souligner une sorte de credo voué au passé.


L'adverbe "suddenly", répété à deux reprises, souligne la brutalité du changement : des images très fortes apparaissent : une "ombre" qui se glisse, qui pèse comme une menace, symbole de désespoir, et le constat de n'être plus que la "moitié" de soi...


L'explication de ce désarroi est donnée dans le couplet qui suit : un amour disparu, sous forme d'une question : "pourquoi devait-elle partir ?"


Le pronom "elle" employé restitue une forme d'éloignement, la jeune femme n'est pas nommée, comme si elle était devenue inaccessible, elle est partie sans donner d'explication et le poète se pose des questions : des paroles malencontreuses et blessantes ont été peut-être prononcées...


On perçoit le doute, l'incertitude de l'amoureux, son incompréhension...


Et désormais "yesterday", "hier" devient une absence, un manque incommensurable


L'amour apparaît dans le passé comme un "jeu" mais le poète marque une volonté de se cacher, de se retirer du monde, face à l'absence..


La mélodie emplie de nostalgie souligne le texte...


Quelle pureté dans cette chanson ! "Yesterday" dev
ient le symbole de toute nostalgie, ce simple mot qui sert de titre nous parle et nous fait percevoir le temps qui passe irrémédiablement, qui nous bouscule et nous entraîne...



Yesterday a été composé par Paul McCartney... Elle est parue sur l’album Help ! le 6 août 1965 au Royaume-Uni. Elle a connu un succès planétaire puisque ce fut la chanson la plus reprise de tous les temps...

Ray Charles, Franck Sinatra, Count Basie, Marvin Gaye, Sarah Vaughan, Elvis Presley, Oscar Peterson ont, ainsi, interprété cette chanson...​

La simplicité du texte, des mots, l'universalité du thème, la fuite du temps donnent à cette chanson une valeur intemporelle : comment ne pas y être sensible ?

Photos : rosemar

http://youtu.be/S09F5MejfBE

Une chanson qui évoque le passé avec un simple mot, yesterday...
Une chanson qui évoque le passé avec un simple mot, yesterday...
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:37

 

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Bel hommage aux musulmanes, à leurs douleurs, leur vie de soumission, leur courage, cette chanson de Michel Sardou évoque, avec tendresse et émotion, le destin de ces femmes vouées à l'anonymat, la solitude, l'enfermement...

 

La chanson s'ouvre sur une évocation poétique et symbolique des paysages du désert : "Le ciel est si bas sur les dunes", "ciel et dunes" semblent se confondre, si bien qu'on a l'impression de "pouvoir toucher la lune"... Ce désert qui se mêle au ciel, c'est peut-être, aussi, une façon de mettre en évidence la toute puissance de Dieu, dans cet univers...

 

Ces paysages grandioses sont, ainsi, restitués dans leur beauté étrange et mystérieuse, paysages mystiques, et incendiés de soleil, si bien que la chaleur a l'air de sourdre de la terre : "pierres brûlées" et "toits" incandescents de blancheur de la ville algérienne de "Ghardaia" le suggèrent...

 

Puis, vient l'évocation des femmes, images traditionnelles de musulmanes voilées, cachées, entourées de silence... des images fortes d'enfermement dominent : elles sont "cernées d'un silence absolu, dans des jardins clos de solitude".

 

On perçoit, aussi, leur beauté hiératique, elles deviennent des "vierges de pierre, aux corps de Diane", déesse traditionnellement associée à la chasteté...

 

Mais on entend, aussi, leur "long sanglot", à travers des chants répétés, psalmodiés, le youyou des musulmanes.

Le refrain revient sur cette monodie "un cri, un chant", à la fois... L'antithèse souligne toute l'ambivalence de leur vie, une vie âpre dans des paysages de désert, l'amour, mais, aussi, la "gloire des hommes" auxquels elles doivent se soumettre.

 

On entrevoit une vie consacrée à l'homme qu'elles doivent servir, au risque de côtoyer la "mort".

 

Joie et douleurs sont mêlées dans ce chant : joie de l'amour, des enfants qui naissent, mais aussi souffrances et peurs qui viennent des "hommes et du ciel", en même temps. Cette association de ces deux termes permet de montrer la toute puissance des hommes assimilés à des dieux... On perçoit, aussi, "toutes les fureurs" de ces femmes : ce mot très fort met en évidence toutes les raisons qu'elles pourraient avoir de se révolter...

 

Leur courage est souligné et magnifié puisqu'on les voit "debout sur champs de ruines", "sous le vent glacé des collines"...

 

Elles sont comme des images figées, pour lesquelles "le temps s'est arrêté", une sorte de "crépuscule" qui les condamne à l'oubli... Le "crépuscule de Sanaa", ville du Yémen les recouvre comme leurs vêtements sombres.

 

Le dernier couplet est un véritable hommage aux musulmanes, à leur abnégation, leur beauté, leur douleur symbolisée par un cri, un "long sanglot", alors que "leurs amants s'endorment" paisiblement.

 

Le contraste est saisissant entre la douleur des femmes et l'impassibilité des hommes.

 

Les sonorités de gutturales, à la fin du texte, viennent souligner toutes les violences et les contraintes subies par les musulmanes : "un cri, la douleur, toutes les fureurs, elles portent, la peur, les forêts..."

 

Le texte est ponctué de quelques noms propres exotiques aux sonorités évocatrices d'un univers oriental : "Ghardaia, Sanaa, les forêts du Liban"... Ces mots ajoutent beauté et mystères à l'évocation de ces musulmanes.

 

La musique elle-même souligne le courage de ces femmes anonymes, elle s'intensifie dans le refrain : on perçoit cmme un cri de révolte, une envie de vivre envers et contre tout...

 

http://dai.ly/x16xdth

 

http://youtu.be/fN-J_eK2KTQ

 

 

 

 

desert-mauritanie---Ji-Elle--creative.JPG

 

 

desert-Atacama-libre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

niqab steve evans

 

 

 

 

 

 

 


 

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