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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 11:55
Prodiges !

 

Instrumentistes, chanteurs, danseurs, les jeunes prodiges ont une nouvelle fois livré un spectacle époustouflant de maîtrise et de fraîcheur...

Magnifique programme !

 

Ce spectacle diffusé sur France 2 mettait d'abord en valeur des instrumentistes :

Stella, 14 ans, interprète au piano la Rhapsodie hongroise n° 2 de Listz : accompagnée par l'orchestre philharmonique de Marseille, Stella nous entraîne dans le tourbillon de cette rhapsodie avec une virtuosité éblouissante ! Elle dit son bonheur de partager cette musique et le public ressent son enthousiasme.

 

Puis, Raphaël, 13 ans, joue au violon la liste de Schindler de John Williams, une musique emplie de mélancolie : émotion et sensibilité sont au rendez-vous.

 

C'est ensuite au tour de Liam, 15 ans, de nous faire apprécier un extrait de Prokofiev, Roméo et Juliette... La Danse des Chevaliers, qui nous emporte dans une ambiance romantique, pleine d'énergie et de vitalité.

 

 

Dans la catégorie chant, Armand, 12 ans, nous séduit de sa voix angélique et envoûtante, en interprétant Panis Angelicus de César Franck.

 

Isabelle, 16 ans, nous transporte, elle, dans un monde de rêves, celui du Magicien d'Oz grâce à sa voix enchanteresse : elle nous emmène vraiment "Somewhère over the rainbow"...

 

Auguste, 16 ans, fait ensuite vibrer et retentir l'air du toréador, extrait de Carmen, avec panache, conviction et un art maîtrisé de la mise en scène.

 

 

Dans la catégorie danse, c'est Pénélope, 16 ans, qui ouvre le bal : sur un air de Rachmaninov, on admire sa légèreté, sa finesse, sa grâce...

 

Paul, 16 ans, nous éblouit encore de ses pirouettes, de son élégance, et de la majesté de ses mouvements.... sur la symphonie n° 9 de Beethoven....

 

Enfin, Juliette, nous permet d'apprécier son aisance, sa grâce, sa malice, sa précision, sa technique avec la Marche de Casse Noisettes de Tchaikovsky...

 

 

Et c'est Isabelle à la voix envoûtante qui remporte la finale 2020 de PRODIGES : elle interprète encore Your Love, d'Ennio Morricone, sous les ovations méritées du public.

 

Comme l'écrit Claude Hagège : "La musique se situe au plus profond de l'identité humaine... la musique est une voie d'expression indépendante, une puissance créatrice. Elle définit les collectivités humaines bien davantage qu'elle n'est définie par elles...

L'éducation musicale est une nécessité impérieuse et devrait être développée partout, dans toutes les écoles de tous les pays, d'une façon approfondie et non comme un simple enseignement d'appoint. Faute de cela, la musique classique continuera d'apparaître comme un divertissement de luxe..."

Et Claude Hagège rajoute : "Les manifestations musicales collectives, ces communions sublimes, sont en péril. Car les ailes noires du coronavirus sont en train, en espérant qu'il disparaîtra, de porter, au dessus du monde, une menace de mort, contraignant partout les pouvoirs politiques à prendre des mesures qui limitent fortement les attroupements et les regroupements de personnes autour d'un spectacle."

La musique est pourtant essentielle, "la présence de la musique fortifie, peuple et enrichit la vie.", écrit encore Claude Hagège.

 

 

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154435-liam-danse-des-chevaliers-serguei-prokofiev.html

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154445-isabelle-somewhere-over-the-rainbow-harold-arlen-herbert-stothart.html

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154447-auguste-l-air-du-toreador-georges-bizet.html

 

https://www.france.tv/france-2/prodiges/prodiges-saison-7/2154455-juliette-la-marche-casse-noisette-piotr-ilitch-tchaikovski.html

 

 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 11:59
Une soirée de passion musicale avec la chorale Rap's Ody Swing...

 

 

Pour célébrer la fête de la musique...


La passion était au rendez-vous : elle se lisait sur les visages, les sourires, dans l'enthousiasme des choristes.

La passion de chanter, de partager des émotions, des sentiments, une sensibilité... Le chant choral n'est-il pas un partage, une communion entre les choristes eux-mêmes et avec les spectateurs ?

 

On ne peut qu'apprécier cette ferveur qui anime les choristes, qui les fait vibrer, et nous emporte loin du monde ordinaire...

On fut d'abord envoûté par un chant religieux : l' Ave Verum Corpus de Mozart qui nous entraînait dans un univers de paix et de sérénité, la religion a inspiré tant de chefs d'oeuvre d'harmonie aux plus grands compositeurs et cette oeuvre de Mozart pleine de nuances nous emmène dans un monde fait de pureté.

 

Puis, le Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré vint conforter cette impression de douceur et de paix.

 

Soudain, éclata la joie d'un autre chant fait d'exaltation : l'Hallelujah de Haendel, les voix s'entremêlaient, s'entrecroisaient pour chanter un bonheur suprême. Les voix disaient une forme d'ivresse et de tourbillon. Puissance et douceur alternaient dans l'interprétation...

 

C'est aussi un Halleluyah plus tendre, plus mystérieux et plus feutré qui nous était offert, celui de Léonard Cohen... On se laissait, alors, bercer par la mélodie.

 

La deuxième partie du tour de chant était consacrée à des airs de variété : ce fut d'abord Deux minutes 35 de bonheur, une chanson célèbre qui a été interprétée par Sylvie Vartan et Carlos, une musique qui swingue et la chorale nous emportait avec elle dans ce moment de bonheur partagé.

 

Puis, on entra dans la fantaisie d'une chanson de Maurane, La chanson de l'Autruche... Les choristes s'amusaient manifestement à jouer les autruches, à mimer leur bonheur.

 

C'est ensuite une invitation impérieuse qui nous était faite : Bois ton café de l'Affaire Louis Trio... une belle leçon de sérénité...

 

Atmosphère tropicale et ambiance alanguie pour la chanson suivante : Il fait chaud... 

 

La séduction fut aussi au rendez-vous avec ce titre : Coeur de Loup, de Philippe Lafontaine, un rythme endiablé pour cette chanson d'amour.

 

C'est le thème du départ qui était évoqué avec cette chanson de Jean Jacques Goldman : Puisque tu pars... texte mélancolique qui suggère à la fois tristesse et espoir : la séparation est un déchirement mais aussi une occasion de découvertes pour celui qui s'en va vers un ailleurs.

 

On était, enfin, séduit par les rythmes contrastés de la Prière à la vierge d'El Rocio, célèbre chanson de prière catholique andalouse. Chantée a cappella, cette prière nous faisait percevoir mieux encore toute la force de la musique des voix...

 

Ce concert éclectique a séduit tous les publics, dans une ambiance conviviale de partage et de bonne humeur : la musique nous permet de connaître toutes sortes d'émotions et de sentiments, elle réunit, elle réconforte, elle apaise, elle est source d'harmonie.

 

Bravo aux choristes, à la chorale Rap's Ody Swing, au chef de choeur, Nathalie Martinez pour ce moment de bonheur et d'émotions partagées...

 

 

2 minutes 35 de bonheur :

 

https://youtu.be/fhHvi90bOCg

 

La chanson de l'autruche :

 

https://youtu.be/tGfMQgs1II4

 

 

Bois ton café :

 

https://youtu.be/Q90c3q1aXMA

 

Il fait chaud :

 

https://youtu.be/VXe_Qk4DeHI

 

 

Puisque tu pars :

 

https://youtu.be/QfCkCIKxo5U

 

 

Prière à la Vierge d'El Rocio :

 

https://youtu.be/B70ZWzJ8LpU

 

 

AVE VERUM CORPUS MOZART

CANTIQUE DE JEAN RACINE de G Fauré

HALLELUYAH HAENDEL

HALLELUJAH Léonard Cohen

IL FAIT CHAUD

PUISQUE TU PARS

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 09:06
Un concert de Noël chaleureux et éclectique...

 

 


 

Un concert pour fêter Noël, une chorale pour faire résonner la musique de Verdi, Haendel, Schubert, mais aussi des textes de Goldman, Isabelle Boulay, Brel, Beau Dommage, ou encore des chants traditionnels connus de tous, comme Minuit Chrétien ou Happy day... Voilà de quoi séduire un public nombreux pendant cette période de Noël...

 

Un bel éclectisme dans ce répertoire : une occasion de réunir des musiques venues d'horizons différents et de créer, ainsi, une nouvelle harmonie.

 

La chorale Rap's ody swing a donné ce spectacle, en l'église Sainte Jeanne d'Arc, à Nïmes.

 

Le concert s'ouvre sur un air célèbre de Verdi : Nabucco, Va pensiero...

Les choristes rentrent en scène et nous proposent toute la solennité de ce chant qui exprime un désir de liberté ainsi que la nostalgie et la beauté du pays natal... L'émotion est au rendez-vous, palpable et prenante... Le public vibre et ressent toute la ferveur de ce chant.

"Va, pensiero, sull’ali dorate ;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
Ove olezzano tepide e molli
L'aure dolci del suolo natal !"

"Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !"

La gaieté du Benedicat Vobis de Haendel éclate, ensuite, et restitue toute la joie de Noël....

"Aleluia, Aleluia 
Benedicat Vobis
Dominus, Dominus
qui fecit coelum et terram."

 

Puis, c'est un texte de Goldman, intitulé La mémoire d'Abraham qui est mis à l'honneur : un magnifique texte qui évoque les difficultés de la foi, et l'importance de l'amour.

Une chanson pour rêver nous est offerte : Chanson pour les mois d'hiver, pleine de tendresse, elle réunit deux coeurs.

 

L'humour est, aussi, de la fête avec La complainte du phoque en Alaska de Beau Dommage.

 

La poésie est convoquée, également : on peut se laisser bercer par cette chanson de Jacques Brel : Il neige sur Liège... un texte qui restitue toute la beauté, le mystère de la neige en train de métamorphoser les paysages, dans une atmosphère feutrée qui gomme les aspérités, les bruits...

 

C'est ensuite Un monde en sarabande qu'il nous est donné d'écouter sur une musique de Haendel : la folie du monde est opposée à la beauté de la terre, à un profond désir de tendresse.

 

La chanson suivante nous fait rêver à un monde meilleur, où les enfants pourraient s'épanouir et vivre dans un bonheur universel : un texte de André Daniel Meylan, Le meilleur de nous mêmes.

 

On peut se laisser emporter par le rythme de L'enfant au tambour, chanté traditionnellement à Noël, adaptation d'un texte anglo-saxon : The little drummer boy, écrit en 1941 par Katherine Davis, l'histoire d'un enfant parti à la recherche de son père, mort à la guerre.

 

L'Ave Maria résonne bientôt sous les voûtes de l'église : le chant s'élève et transporte les âmes et les coeurs dans une sérénité apaisante.

 

Un autre chant Minuit chrétiens fait rayonner la nuit de Noël et le nom même de cette fête.

"Noël ! Noël ! voici le Rédempteur ! 
Noël ! Noël ! voici le Rédempteur !"

 

Le gospel est également représenté grâce à l'hymne Happy day, que tout le monde connaît : rythmé par des battements de mains, il emporte l'enthousiasme du public.

 

La chanson Blue Christmas évoque un Noël triste, éloigné de l'être qu'on aime.

 

Le concert s'achève, déjà, avec le traditionnel Noël blanc dans une version modernisée et rythmée et le célèbre We wish you a Merry Christmas.

 

Bonne humeur, harmonie, enthousiasme s'expriment dans les applaudissements du public venu nombreux assister à ce concert de Noël, dirigé, de main de maître, par le chef de choeur, Nathalie Martinez.

 

Joyeux Noël à tous...

 

 

 

 

Vidéos : rosemar

 

Photo : Pixabay

Nabucco

Nabucco suite

Benedicat vobis

La mémoire d'Abraham

Chanson pour les mois d'hiver

La complainte du phoque en Alaska

Il neige sur Liège

Un monde en sarabande sur une musique de Haendel

Le meilleur de nous-mêmes

L'enfant au tambour

Ave Maria

Minuit chrétiens

Happy day

Blue Christmas

Noël blanc

We wish you a merry Christmas

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 13:24
Une chorale, un soir, à Redessan...

 

 

 

Savoir aimer l'harmonie, connaître le bonheur de chanter, le bonheur de se réunir pour célébrer des airs connus... C'est, là, tout le sens d'une chorale où s'accordent les coeurs et les voix.

 

Une fête pour les yeux qui s'animent, une fête pour s'imprégner de musiques, où l'on perçoit un bonheur évident pour les choristes, comme pour les spectateurs.

 

Le spectacle se déroule à Redessan, près de Nîmes, dans le Gard, dans une modeste salle aménagée pour la circonstance.

 

La chorale Rap’s Ody Swing comporte 58 choristes, elle oeuvre sous la direction de Nathalie Martinez et chaque année de nombreux concerts sont organisés dans un répertoire varié : jazz, gospel, classique, variété...

 

Le récital commence par une chanson de Calogero : Yalla, un magnifique hommage à Soeur Emmanuelle, un message d'amour adressé à l'humanité :

 

"Tu trouveras le soleil 
Dans le coeur des enfants 
Sans nulle autre joie pareille 
Ni sentiment plus grand 
Un mot d'amour à  l'oreille 
Peut en chacun réveiller un volcan pour qui l'entend... "

 

Les voix nous transmettent toutes les émotions, toute l'humanité de cette chanson inspirée... Des frissons passent dans les rangs des spectateurs, à l'unisson de la chorale qui transmet elle même tant de générosité et de passion... Et la chorale nous emmène avec elle...

Puis, on écoute une des plus célèbres chansons de Michel Berger : SOS d'un terrien en détresse : le choeur nous raconte en musique le mal de vivre moderne, le besoin d'échapper à un mode de vie stéréotypée.

La chorale nous fait ressentir toute la détresse de ce terrien qui représente notre humanité...

 

On est, ensuite, sensible aux instruments qui sont tour à tour évoqués dans la chanson L'orchestre, une comptine pleine de charmes et de vivacité...

 

Puis, les choristes entonnent "The rose", cet air célèbre qui évoque les difficultés de l'amour mais aussi tout l'espoir qu'il représente, à travers une fleur.

 

Chanson d'amour, encore, avec "Le mot fin", et la tristesse d'une histoire qui s'achève.

 

Et puis soudain, c'est la fantaisie et la gaieté de l'Avsenik medley qui s'imposent sur la scène : on se sent comme transporté par cette musique entraînante...

 

On se laisse aussi bercer par le rythme exotique de la chanson "Il fait chaud"... interrompue par une panne d'électricité... Ce sont, là, les aléas du direct, mais aussi une occasion de plaisanter sur l'incident, comme si la chaleur évoquée dans le texte avait fait fondre les câbles !

Très vite le spectacle reprend et la fête continue dans la bonne humeur et la convivialité.

D'abord "J'envoie valser", une chanson de Zazie qui dénonce la société de consommation, puis un bel hymne à la tendresse, "Savoir aimer"...

Le récital se poursuit sur une chanson de Goldmann, "Famille", une chanson que je découvre, qui évoque les liens du coeur, de la tendresse, de la complicité...

Puis on peut entendre une chanson de Zazie, "Je suis un homme", une autre de William Sheller, "Les filles de l'aurore".

Le spectacle s'achève avec du Gospel et deux airs connus, Mammy Blue et Happy day...

Un bel éclectisme dans le choix des chansons, un bel enthousiame dans cette chorale, menée de main de maître par l'énergique Nathalie Martinez.

Un bon moment de détente pour les spectateurs : un partage d'émotions, de sensibilité, de tendresse, d'humour, d'harmonie.

Merci pour cette soirée de chansons, de bonne humeur : une occasion de redécouvrir ou de découvrir un répertoire varié, riche de messages, une occasion de se laisser emporter par des musiques, des voix qui s'unissent...

 



 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 10:26
Le calme enchantement de ton mystère...

 

 


Un hymne à la nuit, plein d'espérance, et de douceur, associé à la nuit de Noêl... tout le monde connaît ce chant dont la musique a été composée par Jean Philippe Rameau, et les paroles écrites par Edouard Sciortino.

D'emblée, la nuit est personnifiée dans une apostrophe solennelle, à la manière antique : "ô Nuit".

Le silence, le calme infinis de cette Nuit sont soulignés, l'emploi de la deuxième personne du singulier, de la majuscule contribue à faire de la Nuit une entité dotée de vie :" O Nuit ! viens apporter à la terre le calme enchantement de ton mystère..."

La Nuit apparaît, alors, dans toute sa splendeur, lumineuse, remplie d'étoiles d'or.

Associée aux songes, elle permet de calmer ceux qui souffrent, et l'auteur s'adresse à elle, pour qu'elle accentue son pouvoir apaisant. Une succession d'impératifs transforme le texte en une véritable prière destinée à la Nuit.

Le mystère qui entoure les ombres est source d'enchantement et l'auteur demande à la nuit de prolonger cette douceur par une obscurité renouvelée et bienfaisante.

L'adjectif "doux" réitéré souligne une harmonie. 

La personnification de la nuit se poursuit avec l'image de l'ombre qui devient son "escorte", et celle de ses "voix" qui "chantent l'espérance".

L'éloge de la nuit s'intensifie, grâce à l'évocation de son pouvoir qui se manifeste à travers des rêves accordés à chacun... Des adverbes d'intensité "si doux, si grand" viennent souligner cet éloge majestueux.

Cette espérance portée par le "mystère" de cette nuit, évoque implicitement le mystère de la naissance de l'enfant divin.

Le texte s'achève sur deux questions oratoires qui nous persuadent des pouvoirs infinis de la Nuit :
"Est-il une beauté aussi belle que le rêve ? Est-il de vérité plus douce que l'espérance ?" Le rêve, l'espérance apportés par la Nuit sont, encore, magnifiés grâce à des adverbes d'intensité :"aussi, plus".

Les nombreuses sonorités de sifflantes et de chuintantes, très douces, qui ponctuent ce chant, contribuent à restituer l'apaisement procuré par ce moment solennel :

"Ô Nuit ! Viens apporter à la terre

Le calme enchantement de ton mystère.

L'ombre qui t'escorte est si douce,
Si doux est le concert de tes voix
chantant l'espérance..."


La musique de cet hymne à la Nuit, composée par Rameau, sur une harmonisation de Joseph Noyon, emplie de solennité et de douceur, nous emporte dans l'univers des songes.

 

 

Une version plus complète du texte :
 

http://www2.cpdl.org/wiki/index.php/%C3%94_Nuit_(Jean-Philippe_Rameau)

 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 16:45
Des castagnettes de bois d'ébène...

 

Pour que vivent la musique, la danse, la culture, la fraternité, la liberté, la beauté....



"Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.


Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubler un coeur moins malade que le sien."


Dans cet extrait de la nouvelle intitulée Le dernier Abencérage,  Chateaubriand nous montre son héros complètement subjugué par la danse de Blanca, une jeune espagnole, aux cheveux noirs, au teint d'albâtre... une danse rythmée par le son d'une guitare et de castagnettes.

Amour, musique, joie de vivre sont associés dans ce texte : les mouvements de Blanca, sa voix, sa beauté séduisent tous les spectateurs et tous les lecteurs.


"Castagnette !" Il suffit de prononcer ce nom pour voir surgir toute l'Espagne, ses danseuses, aux robes couleur de pourpre, ses musiques andalouses, ses flamencos rythmés par ces petits instruments de bois...

Des tenues soyeuses, des châles ondoyants, des basquines légères se dessinent...

Un spectacle haut en couleurs, des rythmes entraînants, une musique qui donne envie de danser...

Le mot lui-même claque, de sa gutturale initiale, de sa sifflante "s", de ses dentales "t" redondantes... Le mot chante l'Espagne, avec sa voyelle "a" réitérée, le mot chante la gaieté, l'insouciance, avec son suffixe de diminutif "ette".

La "castagnette" suggère bien ce petit instrument tenu entre les doigts, qu'on entrevoit, à peine, sous les mains des danseuses.

Le mot venu du latin "castana", la châtaigne, a des origines lointaines. La castagnette, "la petite châtaigne", nous fait entendre sa jolie musique cliquetante...

Elle nous fait voir des envolées de robes longues, aux couleurs éclatantes et chatoyantes, des danses espagnoles, fandangos, séguédilles, paso doble, sardanes, des airs de guitare, aux échos sonores pleins de charmes.

Des danseuses, aux lourds cheveux bruns, au tempérament de feu, virevoltent et enflamment le public...

Carmen, femme fatale, exécute une danse envoûtante et sensuelle... Elle subjugue tous les spectateurs, de ses grands yeux sombres, de sa silhouette altière.

Son jupon virevolte, la soie du vêtement accompagne, de frémissements, ses arabesques ondoyantes...

Les bras s'enroulent, se déroulent pendant que la danseuse tourne lentement.

Les castagnettes rythment ses mouvements, tantôt très lents, tantôt, pleins d'élans, de feu, et de vivacité...

Sombre, puis éclatante, la danse fait voler les jupons aux teintes de flammes !


 



 

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 08:39
Un défi : le cri baudelairien mis en musique...

 

 


Trois chorales réunies autour d'un pianiste et chanteur pour interpréter des poèmes des Fleurs du mal, voilà un spectacle original, comme on en voit peu, de nos jours...

Le chanteur Théophile Minuit a composé toutes les musiques pour adapter et mettre en scène les textes du poète maudit, on peut parler d'un véritable défi, quand on connaît la difficulté de la tâche : mettre en musique des poèmes célèbres...

Le musicien et la chorale se répondent en un jeu subtil de reprises, de relances pour mieux mettre en valeur les poèmes.

Le récital s'ouvre sur des extraits du poème, intitulé Les phares, un hommage aux grands peintres, Rubens, Léonard de Vinci, Rembrandt, Michel Ange... L'oeuvre d'art est associée aux thèmes du déchirement et de la souffrance : on entend un cri qui fait frissonner.

Au passage, on reconnaît, ensuite, des poèmes et des vers célèbres de ce grand poète du 19 ème siècle...

"J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.."

"Sois sage, o ma douleur, et tiens toi plus tranquillle, Tu réclamais le soir, il descend, le voici.."

"Mon enfant, ma soeur, Songe à la douceur d'aller là-bas..."

On est sensible à ces thèmes égrenés par Baudelaire dans son oeuvre : le Spleen, ce mal de vivre douloureux et lancinant qui assaille le poète, les rêves de voyage qui permettent d'échapper à la monotonie du monde.

La présence de la femme qui vient apaiser ou tourmenter le poète est évoquée, aussi, dans de nombreux textes : la mendiante rousse dont le poète révèle toute la beauté, ou encore la femme madone, magnifiée....

"Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;"


"Blanche fille aux cheveux roux, 
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté 
Et la beauté..."


"Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse, 
Un autel souterrain au fond de ma détresse, 
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur, 
Loin du désir mondain et du regard moqueur, 
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée..."


Les parfums, si importants dans la poésie baudelairienne, sont, aussi, mis en scène de façon à mettre en valeur leurs épanchements qui se répandent et se déploient : les reprises de la chorale se font, alors, insinuantes et insistantes... "Chaque fleur s'évapore, ainsi qu'un encensoir... Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ! Langoureux vertige ! Langoureux vertige !"

Baudelaire est un des premiers poètes à avoir, ainsi, mis les parfums à l'honneur dans son oeuvre, la sensation olfactive, jusque-là, méprisée par nombre de poètes, jugée trop animale trouvait, enfin, sa place dans la production littéraire française.


Le récital s'achève sur le poème L'albatros, qui représente le poète lui-même, maudit par la foule, méprisé souvent, alors qu'il règne en souverain dans le ciel, où il atteint, grâce à son art, des sommets de pureté, de finesse et d'harmonie...

L'harmonie ! C'est bien le maître mot de la poésie baudelairienne, que l'on trouve résumé dans ce vers célèbre extrait du sonnet intitulé Correspondances : "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent... "

L'harmonie et le cri déchirant d'un poète exilé sur la terre, c'est aussi ce qui ressort de ce spectacle... une alternance émouvante où l'on sent la détresse humaine et une soif d'évasion et de pureté, une envie d'absolu.

Après un rappel, on entend encore un dernier poème : "Oh mort vieux capitaine, il est temps, levons l'ancre", ultime cri de désespoir d'un poète déchiré et meurtri.

On prend conscience, au cours du spectacle, de tout le travail de synchronisation de la chorale et du soliste. On perçoit la force des gestes des chefs de choeur qui mènent le groupe et créent un ensemble harmonieux.

Il faut saluer, aussi, tout le talent du soliste qui tient le spectacle à bout de bras, l'anime de son piano et de sa voix.

 


Au cours de ce spectacle, les chorales Aureto de Poulx, Voix d’Argence de Jonquières-Saint-Vincent et Rap’s Ody Swing de Redessan ont uni leurs chœurs avec beaucoup d’enthousiasme, d’émotion et de complicité...
Bravo aux deux chefs de choeurs Nathalie Martinez et Cécile Veyrat.

 


https://youtu.be/OCluaRAN6Do


 

Merci à Huguette S., grâce à qui j'ai pu voir ce spectacle, à Poulx...
 

Un défi : le cri baudelairien mis en musique...
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